EuraStudy
Fiches/Physique-Chimie/Modéliser l'équilibre et prévoir l'évolution
Fiches · Physique-ChimieFR · Bac

Modéliser l'équilibre et prévoir l'évolution

Une transformation chimique n'est pas toujours totale : le système se fige dans un état d'équilibre où réactifs et produits coexistent. Le quotient de réaction Qr et la constante d'équilibre K(T) permettent de quantifier cet état et de prévoir le sens d'évolution spontanée d'un système hors d'équilibre. Cette grille de lecture s'applique notamment aux transformations spontanées d'oxydo-réduction qui font fonctionner une pile.

5 sections·~31 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 3 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·0222 / 11
Profil d’examen
Relier le caractère non total d'une transformation à la présence, à l'état final, de tous les réactifs et de tous les produits, et le mettre en évidence par un nouvel ajout de réactifs.Déterminer le sens d'évolution spontanée d'un système en comparant le quotient de réaction Qr à la constante d'équilibre K(T).Déterminer un taux d'avancement final et le relier au caractère total ou non total de la transformation ; montrer l'indépendance de Qr,éq vis-à-vis de la composition initiale à T fixée.Modéliser et schématiser le fonctionnement d'une pile (demi-piles, électrodes, pont salin, tension à vide) et déterminer sa capacité électrique ; citer des oxydants et réducteurs usuels.
Opérateurs :déterminercalculercomparerinterpréterjustifierschématisermodéliser

niveau de base

Maîtriser parfaitement le critère d'évolution (comparer Qr,i à K) et savoir écrire un quotient de réaction adimensionné suffit pour l'essentiel des questions de cours et d'exploitation.

niveau approfondi

Aller jusqu'au calcul complet d'un taux d'avancement final via un tableau d'avancement, au calcul de la capacité électrique d'une pile et à l'argumentation rigoureuse sur l'indépendance de Qr,éq vis-à-vis des conditions initiales.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Modéliser l'équilibre et prévoir l'évolution
    • 01Transformation non totale et équilibre dynamique○
    • 02Quotient de réaction Qr et constante d'équilibre K(T)◐
    • 03Critère d'évolution spontanée et taux d'avancement final◐
    • 04Transfert spontané d'électrons : piles, demi-piles et pont salin◐
    • 05Capacité électrique d'une pile et oxydants/réducteurs usuels●
§ 01

Transformation non totale et équilibre dynamique#

●○○BaseLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Transformation totale et transformation limitée

Totale : x → x_max · limitée : plateau à x_f < x_maxCourbe de totale, racines en x = 0, ordonnée à l’origine y = 0, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 150, Courbe de limitée, racines en x = 0, ordonnée à l’origine y = 0, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 150, asymptote horizontale en y = 1204060801001201400.20.40.60.81xmaxxf (équilibre)totalelimitéeavancement xt
Fig. 1Une transformation limitée s'arrête à x_f < x_max : réactifs et produits coexistent (équilibre).

Points clés

Une transformation chimique met en jeu une réaction entre des réactifs ; sa description quantitative repose sur l'avancement xxx (en mol), introduit en première, qui mesure « jusqu'où » la réaction est allée. La question centrale de ce chapitre est simple : la réaction va-t-elle jusqu'au bout, ou s'arrête-t-elle avant ? La réponse distingue deux régimes — transformation totale et transformation limitée — et conduit à la notion d'équilibre chimique.
Une transformation est dite TOTALE lorsque le réactif limitant est intégralement consommé à l'état final : l'avancement final xfx_fxf​ est alors égal à l'avancement maximal xmaxx_{max}xmax​ (la valeur qu'imposerait la disparition complète du réactif limitant dans le tableau d'avancement). Au contraire, une transformation est NON TOTALE — on dit aussi limitée — lorsque, à l'état final, tous les réactifs ET tous les produits sont présents simultanément : la réaction s'est arrêtée avant d'avoir consommé le réactif limitant, et xf<xmaxx_f < x_{max}xf​<xmax​. Le système s'est alors stabilisé dans un état d'équilibre chimique.
L'image intuitive est celle de deux réactions antagonistes qui se font concurrence. Tant que les réactifs sont abondants, la transformation directe (réactifs → produits) l'emporte largement ; mais à mesure que les produits s'accumulent, la transformation inverse (produits → réactifs) devient de plus en plus rapide. L'état final est atteint lorsque les deux se déroulent à la même allure : la composition cesse alors d'évoluer, non parce que tout s'est arrêté, mais parce que les deux sens se compensent exactement.
C'est le modèle de l'ÉQUILIBRE DYNAMIQUE : à l'échelle macroscopique, les quantités de matière n'évoluent plus (concentrations, couleur, pH, conductivité constantes) ; mais à l'échelle microscopique, la transformation directe et la transformation inverse se poursuivent en permanence, à la même vitesse. L'équilibre n'est donc pas un arrêt des réactions mais un régime stationnaire où vitesse directe et vitesse inverse sont égales et non nulles.
Pour rappeler cette coexistence des deux sens, on écrit l'équation d'une transformation susceptible d'être limitée avec une DOUBLE FLÈCHE (le symbole d'équilibre === ou ⇌\rightleftharpoons⇌) entre réactifs et produits, et non la flèche simple →\rightarrow→ réservée aux transformations modélisées comme totales. Le choix de la flèche traduit donc une information physique sur l'état final atteint.
Comment prouver expérimentalement qu'une transformation est non totale ? D'abord en constatant la coexistence de réactifs et de produits à l'état final (par exemple, une mesure de pH montrant qu'un acide n'est que partiellement dissocié). Ensuite — et c'est la mise en évidence la plus convaincante — en perturbant l'état d'équilibre : si l'on ajoute un réactif à un système que l'on croyait « terminé » et que la transformation REPART (la couleur, le pH ou la conductivité évoluent de nouveau), c'est que ce réactif n'avait pas disparu, donc que la transformation était bien limitée.
L'exemple canonique est la mise en solution d'un acide faible, comme l'acide éthanoïque CH3COOHCH_3COOHCH3​COOH dans l'eau : à l'état final coexistent l'acide CH3COOHCH_3COOHCH3​COOH non dissocié et sa base conjuguée, l'ion éthanoate CH3COO−CH_3COO^-CH3​COO−. La transformation acide-base n'est pas totale, ce qui distingue précisément un acide faible d'un acide fort (dissociation totale). Cette distinction sera quantifiée plus loin par le taux d'avancement final et par la constante d'équilibre.
Deux écueils à éviter. D'une part, équilibre n'est pas synonyme d'égalité des concentrations : à l'équilibre, [reˊactifs][\text{réactifs}][reˊactifs] et [produits][\text{produits}][produits] sont généralement DIFFÉRENTS — c'est leur combinaison particulière (le quotient de réaction) qui se fige, pas chaque concentration individuellement. D'autre part, il ne faut pas confondre l'état d'équilibre d'une transformation limitée avec l'équivalence d'un titrage (où l'on mélange les réactifs en proportions stœchiométriques et où la transformation support est, elle, considérée comme totale). La suite du chapitre quantifie l'état d'équilibre grâce au quotient de réaction QrQ_rQr​ et à la constante d'équilibre K(T)K(T)K(T).
xmax  tel que un reˊactif limitant est entieˋrement consommeˊx_{\text{max}} \;\text{tel que un réactif limitant est entièrement consommé}xmax​tel que un reˊactif limitant est entieˋrement consommeˊ

Avancement maximal (rappel de première)

xmax est l'avancement qu'atteindrait le système si la transformation était totale ; il est fixé par le réactif limitant via le tableau d'avancement.

vdirecte=vinverse≠0(aˋ l’eˊquilibre)v_{\text{directe}} = v_{\text{inverse}} \neq 0 \quad (\text{à l'équilibre})vdirecte​=vinverse​=0(aˋ l’eˊquilibre)

Équilibre dynamique

À l'équilibre, les transformations directe et inverse se poursuivent à la même vitesse non nulle : les quantités macroscopiques n'évoluent plus, mais les réactions ne sont pas arrêtées.

Équilibre dynamique : égalité des vitesses

À l'équilibre, les deux vitesses s'égalisent sans s'annulerCourbe de v_directe, ordonnée à l’origine y = 1, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 120, Courbe de v_inverse, racines en x = 0, ordonnée à l’origine y = 0, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 120204060801001200.20.40.60.81vd = vi ≠ 0vdirectevinversevitesse (u.a.)t
Fig. 2L'équilibre est atteint quand v_directe = v_inverse (non nulles) : la composition se fige.
Exemple corrigé

Mettre en évidence une transformation non totale par ajout de réactif

Une solution d'acide éthanoïque est préparée. Après stabilisation, on souhaite vérifier expérimentalement que la transformation de l'acide avec l'eau est non totale, c'est-à-dire qu'il reste à la fois de l'acide CH3COOH et des ions éthanoate CH3COO−. Proposer un raisonnement et une expérience.

  1. 01Écrire l'équation de la transformation

    L'acide éthanoïque réagit partiellement avec l'eau selon une transformation pouvant être limitée.

  2. 02Argument sur l'état final

    Une mesure de pH donne pH ≈ 3,4 pour une concentration d'apport c = 1{,}0 \times 10^{-2} mol/L. La quantité d'ions H3O+ formée est très inférieure à celle attendue si tout l'acide avait réagi : il reste donc de l'acide non transformé. Réactifs et produits coexistent.

  3. 03Expérience de confirmation

    On ajoute quelques gouttes d'une base (par exemple de la soude). Le pH évolue à nouveau et l'acide résiduel est consommé : cela confirme qu'à l'état final initial il restait de l'acide, donc que la transformation était bien non totale.

Résultat : La coexistence mesurée de CH3COOH et de CH3COO−, et la reprise de la transformation après ajout d'un réactif, établissent que la transformation acide-eau est non totale : le système est dans un état d'équilibre.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : justifier, à partir de la composition de l'état final fournie, qu'une transformation est non totale (présence simultanée de réactifs et de produits) plutôt que totale.
  • Objectif Bac : proposer ou interpréter une expérience d'ajout de réactif qui démontre la présence d'un réactif à l'état final, et donc le caractère limité de la transformation.
  • Objectif Bac : décrire le modèle de l'équilibre dynamique (les deux sens se poursuivent à la même vitesse non nulle) et l'opposer à l'idée fausse d'une réaction « arrêtée ».

Erreurs fréquentes

  • Croire que l'équilibre signifie « la réaction s'est arrêtée » : non, les deux sens continuent et se compensent (équilibre dynamique).
  • Confondre état d'équilibre (transformation limitée, double flèche) et équivalence d'un titrage (proportions stœchiométriques, transformation considérée comme totale) : ce sont deux notions distinctes.
  • Croire qu'à l'équilibre les concentrations de réactifs et de produits sont égales : c'est le quotient de réaction qui prend une valeur fixe, pas les concentrations qui s'égalisent.

Révision active

On dissout de l'acide éthanoïque dans l'eau. À l'état final, une mesure montre que la solution contient encore de l'acide éthanoïque CH3COOH ET des ions éthanoate CH3COO−. Expliquer en quoi cette observation prouve que la transformation est non totale, et décrire une expérience permettant de confirmer la présence d'acide à l'état final.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Programmes et ressources en physique-chimie — voie générale et technologique (Éduscol)

§ 02

Quotient de réaction Qr et constante d'équilibre K(T)#

●●○StandardLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Évolution de Qr vers K(T)

Quel que soit l'état initial, Q_r évolue vers K(T)Courbe de Q_r,i < K, ordonnée à l’origine y = 0.5, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 100, Courbe de Q_r,i > K, ordonnée à l’origine y = 7.5, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 1002040608010012345678K(T)Qr,i < KQr,i > KQrt
Fig. 3À T fixée, tout système rejoint le même Q_{r,éq} = K(T), indépendamment de sa composition initiale.

Points clés

Pour caractériser quantitativement l'état d'un système — et plus tard prévoir son évolution — on introduit une grandeur unique, le QUOTIENT DE RÉACTION QrQ_rQr​. Construite à partir des concentrations à un instant donné, elle résume en un seul nombre « où en est » le système par rapport à l'équilibre.
Le quotient de réaction QrQ_rQr​ est une grandeur ADIMENSIONNÉE associée à une équation écrite dans un sens donné. Pour une équation a A+b B=c C+d Da\,A + b\,B = c\,C + d\,DaA+bB=cC+dD, il est défini comme le rapport des concentrations des produits sur celles des réactifs, chacune divisée par la concentration standard c∘=1 mol L−1c^{\circ} = 1\ \text{mol}\,\text{L}^{-1}c∘=1 molL−1 et élevée à son nombre stœchiométrique.
Une règle essentielle gouverne ce qui figure dans QrQ_rQr​ : seules les espèces DISSOUTES (aqueuses) y interviennent, par leur concentration rapportée à c∘c^{\circ}c∘. Les espèces SOLIDES et le SOLVANT (l'eau liquide) n'y apparaissent PAS : leur « activité » vaut 1. Les espèces gazeuses, décrites par leur pression partielle, sont hors programme ; on se limite donc aux phases liquide, solide et dissoute.
La division par c∘=1 mol L−1c^{\circ} = 1\ \text{mol}\,\text{L}^{-1}c∘=1 molL−1 a deux rôles : elle rend chaque facteur sans dimension (de sorte que QrQ_rQr​ — et donc KKK — est un nombre pur, sans unité), et elle fixe l'état de référence des concentrations. Numériquement, comme c∘=1c^{\circ} = 1c∘=1, on calcule QrQ_rQr​ en reportant directement les concentrations exprimées en mol L−1\text{mol}\,\text{L}^{-1}molL−1 — mais il ne faut jamais lui attribuer d'unité.
Lorsque le système atteint l'état d'équilibre, le quotient de réaction prend une valeur particulière, notée K(T)K(T)K(T) : la CONSTANTE D'ÉQUILIBRE. On écrit Qr,eˊq=K(T)Q_{r,\text{éq}} = K(T)Qr,eˊq​=K(T). Fait remarquable, cette valeur ne dépend NI des concentrations initiales, NI du chemin suivi : pour une équation et une température données, tous les états d'équilibre accessibles partagent le même Qr,eˊq=K(T)Q_{r,\text{éq}} = K(T)Qr,eˊq​=K(T).
La constante d'équilibre K(T)K(T)K(T) ne dépend que de la TEMPÉRATURE (et de la façon dont l'équation est écrite : inverser l'équation remplace KKK par 1/K1/K1/K, la multiplier par un coefficient élève KKK à la puissance correspondante). Sa valeur renseigne sur la position de l'équilibre : un KKK très grand (K≫1K \gg 1K≫1) traduit une transformation quasi totale dans le sens direct (les produits dominent) ; un KKK très petit (K≪1K \ll 1K≪1) traduit une transformation très peu avancée (les réactifs dominent) ; un KKK de l'ordre de 1 traduit une coexistence équilibrée.
L'indépendance de KKK vis-à-vis de la composition initiale est une propriété centrale, qui se vérifie expérimentalement : on prépare, à la même température, plusieurs systèmes de compositions initiales différentes ; on mesure les concentrations à l'équilibre ; on calcule Qr,eˊqQ_{r,\text{éq}}Qr,eˊq​ dans chaque cas et l'on retrouve, aux incertitudes près, la même valeur. C'est ce qui fait de KKK une véritable constante caractéristique de la transformation à température fixée, et non un simple paramètre d'expérience.
Attention à ne pas confondre QrQ_rQr​ (qui se calcule à TOUT instant, hors équilibre comme à l'équilibre) et KKK (la valeur particulière de QrQ_rQr​ À l'équilibre). C'est précisément la comparaison de ces deux nombres — Qr,iQ_{r,i}Qr,i​ initial face à K(T)K(T)K(T) — qui permettra, dans la section suivante, de prévoir le sens d'évolution spontanée du système.
Qr=([C]c∘)c([D]c∘)d([A]c∘)a([B]c∘)bavec c∘=1 mol⋅L−1Q_r = \dfrac{\left(\dfrac{[\text{C}]}{c^{\circ}}\right)^{c}\left(\dfrac{[\text{D}]}{c^{\circ}}\right)^{d}}{\left(\dfrac{[\text{A}]}{c^{\circ}}\right)^{a}\left(\dfrac{[\text{B}]}{c^{\circ}}\right)^{b}} \quad \text{avec } c^{\circ}=1\ \text{mol}\cdot\text{L}^{-1}Qr​=(c∘[A]​)a(c∘[B]​)b(c∘[C]​)c(c∘[D]​)d​avec c∘=1 mol⋅L−1

Quotient de réaction pour a A + b B = c C + d D

Seules les espèces dissoutes interviennent ; les solides et le solvant ont une activité égale à 1 et n'apparaissent pas. Qr est adimensionné car chaque concentration est divisée par c°.

Qr,eˊq=K(T)Q_{r,\text{éq}} = K(T)Qr,eˊq​=K(T)

Quotient de réaction à l'équilibre

À l'état d'équilibre et à température fixée, le quotient de réaction est égal à la constante d'équilibre K(T), indépendamment de la composition initiale.

Quelles espèces figurent dans Qr

Espèces présentes dans le quotient de réactionTableau de 2 colonnes et 4 lignes, Données: espèce · dans Q_r ?; soluté (aq) · oui : [X]/c°; solvant (eau) · non (a = 1); solide (s) · non (a = 1); gaz · hors programmeESPÈCEDANS Q_R ?soluté (aq)oui : [X]/c°solvant (eau)non (a = 1)solide (s)non (a = 1)gazhors programmeSeules les espèces dissoutes interviennent ; solides etsolvant ont une activité égale à 1.
Exemple corrigé

Vérifier l'indépendance de Qr,éq vis-à-vis de la composition initiale

On étudie en solution aqueuse la transformation A(aq) + B(aq) = C(aq) + D(aq) à 25 °C. Deux expériences sont menées avec des compositions initiales différentes. Dans les deux cas, on mesure à l'état final les concentrations et on calcule le quotient de réaction. Expérience 1 : [A] = [B] = 3{,}33 \times 10^{-2} mol/L et [C] = [D] = 6{,}67 \times 10^{-2} mol/L. Calculer Qr,éq et conclure quant à la constante d'équilibre.

  1. 01Écrire le quotient de réaction

    Toutes les espèces sont dissoutes ; on divise par c° = 1 mol/L (valeurs numériques inchangées).

  2. 02Application numérique à l'état final

    On reporte les concentrations mesurées.

  3. 03Interprétation

    À l'équilibre, Qr,éq = K(T). On obtient donc K(25\,°\text{C}) = 4{,}0. Une seconde expérience menée à la même température, avec d'autres concentrations initiales, conduirait à la même valeur de Qr,éq : c'est la signature de l'indépendance de K vis-à-vis de la composition initiale.

Résultat : Qr,éq = 4{,}0, d'où K(25 °C) = 4{,}0. La constante d'équilibre ne dépend que de la température, pas des conditions initiales.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : écrire correctement le quotient de réaction d'une équation donnée, en n'y faisant figurer que les espèces dissoutes et en respectant l'adimensionnalité (division par c°).
  • Objectif Bac : calculer Qr à l'état final pour plusieurs compositions initiales et constater qu'on retrouve la même valeur K(T) à T fixée.
  • Objectif Bac : exploiter la valeur de K (grande ou petite devant 1) pour discuter du caractère plus ou moins avancé d'une transformation dans le sens direct.

Erreurs fréquentes

  • Faire apparaître un solide ou le solvant eau dans le quotient de réaction : leur activité vaut 1, ils n'y figurent pas.
  • Oublier de diviser les concentrations par c° = 1 mol/L et donc attribuer une unité à Qr ou à K : ces grandeurs sont sans dimension.
  • Oublier les exposants stœchiométriques (a, b, c, d) dans l'expression du quotient de réaction.

Révision active

Pour la transformation en solution aqueuse 2 Ag+(aq) + Cu(s) = 2 Ag(s) + Cu2+(aq), écrire l'expression du quotient de réaction Qr en justifiant quelles espèces y figurent et lesquelles en sont absentes.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

Critère d'évolution spontanée et taux d'avancement final#

●●○StandardLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Axe du quotient de réaction et sens d'évolution

Position de Q_{r,i} par rapport à K(T)Droite numérique, K(T), Q_r < K : sens direct →, Q_r > K : sens indirect ←012345678Qr < K : sensdirect →Qr > K : sensindirect ←K(T)
Fig. 5Le système évolue toujours de façon à rapprocher Q_r de K(T).

Points clés

Connaissant K(T)K(T)K(T), on dispose d'un critère simple et puissant pour prévoir, sans aucune mesure cinétique, dans quel sens un système hors d'équilibre va spontanément évoluer : il suffit de comparer son quotient de réaction initial Qr,iQ_{r,i}Qr,i​ à K(T)K(T)K(T).
CRITÈRE D'ÉVOLUTION SPONTANÉE. On calcule Qr,iQ_{r,i}Qr,i​ dans l'état initial et on le compare à K(T)K(T)K(T) : si Qr,i<KQ_{r,i} < KQr,i​<K, le système évolue dans le SENS DIRECT (consommation des réactifs, formation des produits) ; si Qr,i>KQ_{r,i} > KQr,i​>K, il évolue dans le SENS INDIRECT (sens inverse) ; si Qr,i=KQ_{r,i} = KQr,i​=K, le système est déjà à l'équilibre et n'évolue pas.
La clé pour ne jamais se tromper de sens : le système évolue TOUJOURS de manière à rapprocher QrQ_rQr​ de KKK. Si Qr,iQ_{r,i}Qr,i​ est trop petit, QrQ_rQr​ doit augmenter — donc il faut former des produits (sens direct) ; s'il est trop grand, QrQ_rQr​ doit diminuer — donc consommer des produits (sens indirect). Au cours de l'évolution, QrQ_rQr​ varie de façon monotone et tend vers KKK, qu'il atteint à l'équilibre.
Pour quantifier « jusqu'où » la transformation est allée, on définit le TAUX D'AVANCEMENT FINAL τ\tauτ (tau) comme le rapport de l'avancement réellement atteint à l'avancement maximal : τ=xf/xmax\tau = x_f / x_{max}τ=xf​/xmax​. C'est un nombre sans dimension compris entre 0 et 1, souvent exprimé en pourcentage.
Lecture du taux : τ=1\tau = 1τ=1 (soit 100 %) correspond à une transformation TOTALE — le réactif limitant est intégralement consommé ; τ<1\tau < 1τ<1 correspond à une transformation NON TOTALE, c'est-à-dire à un état d'équilibre. Plus τ\tauτ est proche de 1, plus la transformation est avancée. Le taux d'avancement et la constante d'équilibre décrivent ainsi, de deux manières complémentaires, la même réalité : un KKK grand s'accompagne d'un τ\tauτ proche de 1.
En pratique, on détermine τ\tauτ à l'aide d'un tableau d'avancement : il relie la composition initiale, l'avancement xxx et la composition à l'état final. À partir des concentrations mesurées à l'état final, on en déduit l'avancement final xfx_fxf​ (rapporté au volume lorsqu'on travaille à volume constant) ; l'avancement maximal xmaxx_{max}xmax​ se calcule, lui, en supposant le réactif limitant entièrement consommé. Leur rapport donne τ\tauτ.
On articule souvent les deux outils dans un même problème : le critère Qr,iQ_{r,i}Qr,i​ vs KKK donne le SENS de l'évolution, puis le tableau d'avancement (avec, si besoin, la relation Qr,eˊq=KQ_{r,\text{éq}} = KQr,eˊq​=K pour fermer le système) donne l'état final, dont on tire τ\tauτ. Cette démarche — prévoir le sens, puis quantifier l'avancement — est exactement celle attendue dans les exercices de Bac.
Quelques garde-fous. Le réactif qui fixe xmaxx_{max}xmax​ est le réactif LIMITANT, pas n'importe lequel : se tromper de limitant fausse τ\tauτ. Par construction 0≤τ≤10 \le \tau \le 10≤τ≤1 : une valeur négative ou supérieure à 1 signale une erreur de tableau d'avancement. Enfin, le critère se lit dans le bon sens : le système rapproche QrQ_rQr​ de KKK ; il est tentant mais faux d'inverser la conclusion.
{Qr,i<K⇒ eˊvolution dans le sens directQr,i=K⇒ systeˋme aˋ l’eˊquilibreQr,i>K⇒ eˊvolution dans le sens indirect\begin{cases} Q_{r,i} < K & \Rightarrow\ \text{évolution dans le sens direct}\\[4pt] Q_{r,i} = K & \Rightarrow\ \text{système à l'équilibre}\\[4pt] Q_{r,i} > K & \Rightarrow\ \text{évolution dans le sens indirect} \end{cases}⎩⎨⎧​Qr,i​<KQr,i​=KQr,i​>K​⇒ eˊvolution dans le sens direct⇒ systeˋme aˋ l’eˊquilibre⇒ eˊvolution dans le sens indirect​

Critère d'évolution spontanée

On compare le quotient de réaction initial Qr,i à la constante d'équilibre K(T) : le système évolue toujours de manière à rapprocher Qr de K.

τ=xfxmax\tau = \dfrac{x_f}{x_{\text{max}}}τ=xmax​xf​​

Taux d'avancement final

τ ∈ [0 ; 1]. τ = 1 : transformation totale ; τ < 1 : transformation non totale (équilibre). xmax est fixé par le réactif limitant.

Taux d'avancement final

τ = x_f / x_max : ici 63 % (transformation non totale)Diagramme en anneau, Données: avancé (τ = 63 %): 63; non réagi (37 %): 37avancé (τ = 6… 63%non réagi (37… 37%
Fig. 6τ < 1 (ici 0,63) : transformation limitée. τ = 1 signifierait une transformation totale.
Exemple corrigé

Prévoir le sens d'évolution puis calculer le taux d'avancement final

Un système contient en solution A, B, C et D avec les concentrations initiales [A]i = [B]i = 0{,}10 mol/L et [C]i = [D]i = 1{,}0 \times 10^{-2} mol/L. La constante d'équilibre de A + B = C + D vaut K = 4{,}0. Déterminer le sens d'évolution spontanée, puis le taux d'avancement final si l'état d'équilibre est atteint pour [C] = [D] = 7{,}33 \times 10^{-2} mol/L (volume constant).

  1. 01Calculer le quotient de réaction initial

    On reporte les concentrations initiales dans l'expression de Qr.

  2. 02Comparer à K et conclure sur le sens

    Qr,i = 1{,}0 \times 10^{-2} est très inférieur à K = 4{,}0. Le système évolue donc dans le sens DIRECT (formation de C et D, consommation de A et B) afin de faire croître Qr jusqu'à K.

  3. 03Construire le raisonnement sur l'avancement

    À volume constant, on raisonne sur les concentrations. L'avancement (rapporté au volume) fait passer [C] de 1{,}0 \times 10^{-2} à 7{,}33 \times 10^{-2} mol/L, soit une formation de 6{,}33 \times 10^{-2} mol/L de C. Le réactif limitant A passe de 0{,}10 à environ 3{,}7 \times 10^{-2} mol/L à l'équilibre.

  4. 04Calculer le taux d'avancement final

    Ici xmax correspondrait à la consommation totale de A (limitant). En partant des conditions initiales, l'avancement maximal (rapporté au volume) vaut 0{,}10 mol/L ; l'avancement final atteint vaut environ 6{,}33 \times 10^{-2} mol/L.

Résultat : Qr,i ≈ 1,0 × 10⁻² < K = 4,0 : évolution dans le sens direct. Le taux d'avancement final τ ≈ 0,63 (63 %) traduit une transformation non totale (état d'équilibre).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : calculer Qr,i, le comparer à K(T) et énoncer sans ambiguïté le sens d'évolution spontanée du système.
  • Objectif Bac : déterminer le taux d'avancement final à partir d'une composition d'état final donnée, puis conclure sur le caractère total ou non total de la transformation.

Erreurs fréquentes

  • Comparer Qr,i à K mais inverser la conclusion : retenir que le système évolue de façon à FAIRE TENDRE Qr vers K (si Qr,i < K, Qr doit augmenter, donc sens direct).
  • Calculer τ avec le mauvais xmax : xmax est imposé par le réactif LIMITANT, pas par n'importe quel réactif.
  • Donner un taux d'avancement supérieur à 1 ou négatif : par construction 0 ≤ τ ≤ 1 ; une valeur hors de cet intervalle signale une erreur de tableau d'avancement.

Révision active

Un système contient en solution A, B, C et D avec les concentrations initiales [A]i = [B]i = 0{,}10 mol/L et [C]i = [D]i = 1{,}0 \times 10^{-2} mol/L. La constante d'équilibre de la transformation A + B = C + D vaut K = 4{,}0 à la température de l'expérience. Déterminer le sens d'évolution spontanée du système.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

Transfert spontané d'électrons : piles, demi-piles et pont salin#

●●○StandardLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Schéma annoté d'une pile Daniell (zinc-cuivre)

Pile Daniell : oxydation à l'anode (Zn), réduction à la cathode (Cu)Schéma avec 19 éléments, V, e^-, e^-, Zn, Cu, Zn^{2+}, Cu^{2+}, anions, cations, (−) anode, (+) cathode, pont salinVe-e-ZnCuZn2+Cu2+anionscations(−) anode(+) cathodepont salin
Fig. 7Les électrons vont de l'anode (Zn, −) vers la cathode (Cu, +) par le fil ; le pont salin ferme le circuit par migration d'ions.

Points clés

Les notions d'évolution spontanée s'appliquent en particulier aux réactions d'OXYDO-RÉDUCTION, c'est-à-dire aux transformations mettant en jeu un transfert d'électrons d'un réducteur vers un oxydant. Lorsque ce transfert est spontané, on peut l'exploiter pour produire un courant électrique : c'est le principe de la PILE.
Mis en contact DIRECT, un réducteur et un oxydant d'une réaction spontanée échangent leurs électrons sur place : la transformation libère de l'énergie sous forme thermique, mais aucun courant utilisable n'est produit (par exemple, une lame de zinc plongée dans une solution d'ions cuivre se recouvre de cuivre métallique). L'idée de la pile est de SÉPARER spatialement les deux couples pour forcer les électrons à transiter par un circuit extérieur.
Une pile est constituée de deux DEMI-PILES, chacune associée à un couple oxydant/réducteur Ox/RedOx/RedOx/Red (le plus souvent une lame métallique — l'électrode — plongée dans une solution de ses ions). Les deux demi-piles sont reliées par deux chemins : un FIL conducteur extérieur (avec un récepteur ou un voltmètre) par lequel circulent les électrons, et un PONT SALIN qui referme le circuit à l'intérieur.
À chaque électrode se déroule une demi-réaction. À l'ANODE a lieu l'OXYDATION : le réducteur y cède des électrons ; c'est la borne NÉGATIVE de la pile. À la CATHODE a lieu la RÉDUCTION : l'oxydant y capte des électrons ; c'est la borne POSITIVE. Un moyen mnémotechnique commode : « à l'Anode, Oxydation ».
Dans le circuit extérieur, les électrons — particules négatives — circulent de l'anode (−-−) vers la cathode (+++). Le COURANT électrique conventionnel, défini comme circulant dans le sens opposé à celui des électrons, va donc de la cathode vers l'anode à l'extérieur. La distinction entre sens des électrons et sens du courant est une source classique d'erreurs.
Le PONT SALIN (un gel ou un papier imbibé d'une solution ionique, ou une membrane) joue un rôle indispensable : à mesure que la pile fonctionne, des charges s'accumuleraient dans chaque compartiment (excès de cations côté anode, défaut côté cathode) et bloqueraient immédiatement le transfert. Le pont salin laisse MIGRER des ions — anions vers l'anode, cations vers la cathode — pour maintenir la NEUTRALITÉ électrique des solutions et FERMER le circuit. Il ne transporte pas d'électrons : ceux-ci passent uniquement par le fil.
La TENSION À VIDE d'une pile est la tension mesurée à ses bornes lorsqu'elle ne débite (quasiment) aucun courant — par exemple aux bornes d'un voltmètre de grande résistance. Son signe permet d'identifier la polarité des électrodes (donc l'anode et la cathode) ; sa valeur, positive, traduit la capacité de la réaction spontanée à « pousser » les électrons dans le circuit. Pour la pile Daniell zinc-cuivre, elle vaut environ 1,1 V1{,}1\ \text{V}1,1 V.
Méthode pour modéliser une pile : à partir d'une donnée expérimentale (souvent la borne −-− repérée au voltmètre), on identifie l'anode (borne −-−, oxydation) et la cathode (borne +++, réduction) ; on écrit les deux demi-équations électroniques ; on les combine, en égalisant le nombre d'électrons échangés (qui se simplifient), pour obtenir l'équation de fonctionnement. La pile fonctionne tant que la réaction d'oxydo-réduction n'a pas atteint son terme : c'est l'objet de la section suivante, qui en chiffre la capacité.
Anode (−):Zn(s)  ⟶  Zn2+(aq)+2 e−\text{Anode (}-\text{)} : \quad \text{Zn(s)} \;\longrightarrow\; \text{Zn}^{2+}\text{(aq)} + 2\,e^-Anode (−):Zn(s)⟶Zn2+(aq)+2e−

Oxydation à l'anode (exemple de la pile zinc-cuivre)

Le zinc métallique, réducteur, est oxydé : il cède des électrons. L'anode est la borne négative de la pile.

Cathode (+):Cu2+(aq)+2 e−  ⟶  Cu(s)\text{Cathode (}+\text{)} : \quad \text{Cu}^{2+}\text{(aq)} + 2\,e^- \;\longrightarrow\; \text{Cu(s)}Cathode (+):Cu2+(aq)+2e−⟶Cu(s)

Réduction à la cathode (exemple de la pile zinc-cuivre)

Les ions cuivre (II), oxydant, captent des électrons : ils sont réduits en cuivre métallique. La cathode est la borne positive.

Bilan:Zn(s)+Cu2+(aq)  ⟶  Zn2+(aq)+Cu(s)\text{Bilan} : \quad \text{Zn(s)} + \text{Cu}^{2+}\text{(aq)} \;\longrightarrow\; \text{Zn}^{2+}\text{(aq)} + \text{Cu(s)}Bilan:Zn(s)+Cu2+(aq)⟶Zn2+(aq)+Cu(s)

Équation de fonctionnement de la pile

L'addition des deux demi-équations (les 2 électrons se simplifient) donne la réaction d'oxydo-réduction globale qui se produit spontanément.

À chaque électrode, une demi-réaction

Anode et cathode de la pile zinc-cuivreTableau de 3 colonnes et 2 lignes, Données: électrode · demi-réaction · borne; anode (Zn) · Zn → Zn^{2+} + 2e^- · (−) oxydation; cathode (Cu) · Cu^{2+} + 2e^- → Cu · (+) réductionÉLECTRODEDEMI-RÉACTIONBORNEanode (Zn)Zn → Zn^{2+} + 2e^-(−) oxydationcathode (Cu)Cu^{2+} + 2e^- → Cu(+) réduction
Exemple corrigé

Modéliser le fonctionnement de la pile zinc-cuivre

Une pile est constituée d'une demi-pile zinc (lame de zinc dans une solution de sulfate de zinc) et d'une demi-pile cuivre (lame de cuivre dans une solution de sulfate de cuivre), reliées par un pont salin. Un voltmètre indique que la lame de zinc est la borne négative et donne une tension à vide d'environ 1,1 V. Identifier les électrodes, écrire les réactions et préciser les sens de circulation.

  1. 01Identifier les polarités

    Le zinc est la borne négative : c'est l'anode (siège de l'oxydation). Le cuivre est donc la borne positive : c'est la cathode (siège de la réduction).

  2. 02Écrire les demi-équations aux électrodes

    À l'anode, le zinc s'oxyde ; à la cathode, les ions cuivre (II) se réduisent.

  3. 03Établir l'équation de fonctionnement

    On additionne les deux demi-équations ; les électrons se simplifient.

  4. 04Préciser les sens de circulation

    Dans le fil extérieur, les électrons vont de l'anode (Zn, −) vers la cathode (Cu, +) ; le courant conventionnel circule en sens inverse. Le pont salin laisse migrer des ions pour maintenir la neutralité électrique des deux compartiments et fermer le circuit.

Résultat : Anode = zinc (−, oxydation), cathode = cuivre (+, réduction). Bilan : Zn + Cu²⁺ → Zn²⁺ + Cu. Les électrons circulent du zinc vers le cuivre dans le circuit extérieur ; le pont salin assure la neutralité et ferme le circuit.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : schématiser une pile (deux demi-piles, électrodes, pont salin, circuit extérieur), identifier anode et cathode, indiquer la polarité, le sens des électrons et le sens du courant.
  • Objectif Bac : justifier la nécessité de séparer les réactifs dans deux demi-piles et le rôle du pont salin (neutralité électrique, fermeture du circuit), et modéliser le fonctionnement à partir de résultats expérimentaux.

Erreurs fréquentes

  • Confondre le sens des électrons (de l'anode − vers la cathode + dans le circuit extérieur) et le sens du courant conventionnel (sens opposé).
  • Inverser anode et cathode : à l'anode se produit l'oxydation (borne −), à la cathode la réduction (borne +).
  • Penser que le pont salin sert à faire passer les électrons : non, les électrons passent par le fil extérieur ; le pont salin ne fait migrer que des IONS pour maintenir la neutralité.

Révision active

On réalise une pile en associant une demi-pile zinc (lame de zinc dans une solution de sulfate de zinc) et une demi-pile cuivre (lame de cuivre dans une solution de sulfate de cuivre), reliées par un pont salin. La lame de zinc est trouvée comme borne négative. Identifier l'anode et la cathode, écrire les demi-équations aux électrodes et l'équation de fonctionnement, et indiquer le sens des électrons et du courant.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05

Capacité électrique d'une pile et oxydants/réducteurs usuels#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

De la composition initiale à la capacité d'une pile

Capacité Q et durée de fonctionnement ΔtGraphe, n_{lim} (réactif limitant) → n(e^-) = z·n_{lim}, n(e^-) = z·n_{lim} → Q = n(e^-)·F, Q = n(e^-)·F → Δt = Q / Inlim (réactiflimitant)n(e-) = z·nlimQ = n(e-)·FΔt = Q / I× z× F÷ I
Fig. 9n_{lim} → ×z → n(e^-) → ×F → Q (coulombs) → ÷I → Δt (durée de fonctionnement).

Points clés

Une pile n'est pas une source inépuisable : elle fonctionne en consommant les réactifs de sa réaction d'oxydo-réduction, et s'arrête lorsque l'un d'eux est épuisé. Quantifier cette « réserve » conduit à la notion de capacité électrique, qui relie la composition initiale de la pile à la charge qu'elle peut fournir et à sa durée de fonctionnement.
L'USURE d'une pile traduit l'avancement de sa réaction de fonctionnement : à chaque instant, l'anode se dissout (le réducteur s'oxyde) et, à la cathode, l'oxydant se consomme. Lorsque le réactif LIMITANT des demi-piles est épuisé, la réaction ne peut plus se produire : la pile ne débite plus, elle est usée. C'est donc le réactif limitant — et lui seul — qui fixe la quantité d'électricité disponible.
La CAPACITÉ ÉLECTRIQUE QQQ d'une pile est la quantité d'électricité (charge) maximale qu'elle peut fournir avant épuisement du réactif limitant. Elle se calcule à partir de la quantité d'électrons échangés : Q=n(e−)×FQ = n(e^-)\times FQ=n(e−)×F, où FFF est la constante de Faraday, charge d'une mole d'électrons, F≈96 500 C mol−1F \approx 96\,500\ \text{C}\,\text{mol}^{-1}F≈96500 Cmol−1.
La quantité d'électrons échangés se déduit de la quantité de matière du réactif limitant et du nombre d'électrons mis en jeu dans la demi-équation correspondante : n(e−)=z×nlimn(e^-) = z\times n_{lim}n(e−)=z×nlim​, où zzz est le nombre d'électrons échangés par entité. Par exemple, pour le couple Cu2+/CuCu^{2+}/CuCu2+/Cu (Cu2++2e−→CuCu^{2+} + 2e^- \rightarrow CuCu2++2e−→Cu), z=2z = 2z=2 : chaque mole de cuivre formé met en jeu deux moles d'électrons. La capacité s'écrit donc Q=z nlim FQ = z\,n_{lim}\,FQ=znlim​F.
Si la pile débite un courant d'intensité CONSTANTE III, on relie la charge fournie à la durée de fonctionnement par Q=I×ΔtQ = I\times \Delta tQ=I×Δt — l'intensité étant le débit de charges (en A=C s−1\text{A} = \text{C}\,\text{s}^{-1}A=Cs−1). On en déduit la durée maximale Δt=Q/I\Delta t = Q/IΔt=Q/I. En pratique, la tension d'une pile reste à peu près constante pendant la majeure partie de son fonctionnement, puis chute brutalement à l'épuisement du réactif limitant.
Attention aux unités. Avec FFF en C mol−1\text{C}\,\text{mol}^{-1}Cmol−1 et nnn en mol, QQQ s'obtient en COULOMBS (C). Les fabricants expriment souvent la capacité en ampères-heures (A·h) : comme 1 A h=3 600 C1\ \text{A}\,\text{h} = 3\,600\ \text{C}1 Ah=3600 C, on convertit en divisant les coulombs par 3 600. De même, Δt=Q/I\Delta t = Q/IΔt=Q/I donne une durée en secondes lorsque QQQ est en C et III en A.
Le programme demande de connaître quelques oxydants et réducteurs USUELS. Oxydants courants : l'ion hypochlorite de l'eau de Javel (ClO−ClO^-ClO−), le dioxygène O2O_2O2​, le dichlore Cl2Cl_2Cl2​, ainsi que des ions métalliques comme Cu2+Cu^{2+}Cu2+ ou Fe3+Fe^{3+}Fe3+. Réducteurs courants : l'acide ascorbique (vitamine C), le dihydrogène H2H_2H2​, et les métaux.
Les métaux sont d'autant meilleurs réducteurs qu'ils cèdent facilement leurs électrons de valence. C'est le cas des métaux du BLOC s — alcalins (1re colonne) et alcalino-terreux (2e colonne) : faiblement électronégatifs, ils perdent volontiers leur(s) électron(s) de valence pour atteindre la configuration stable du gaz noble qui les précède, ce qui en fait des réducteurs puissants (et explique leur réactivité avec l'eau). Cette lecture par la structure électronique relie la classification périodique au comportement rédox, et boucle le chapitre : de la prévision d'évolution (QrQ_rQr​ vs KKK) jusqu'à l'exploitation énergétique du transfert d'électrons dans une pile.
Q=n(e−)×F=z nlim×FQ = n(e^-)\times F = z\,n_{\text{lim}}\times FQ=n(e−)×F=znlim​×F

Capacité électrique d'une pile

Q est la charge maximale fournie ; n(e−) = z × n(réactif limitant) et F ≈ 96 500 C·mol⁻¹ est la constante de Faraday (charge d'une mole d'électrons).

Q=I×Δt⇒Δt=QIQ = I\times \Delta t \quad\Rightarrow\quad \Delta t = \dfrac{Q}{I}Q=I×Δt⇒Δt=IQ​

Durée de fonctionnement à courant constant

L'intensité est le débit de charges ; à courant constant, la charge débitée est le produit I × Δt. On en tire la durée de fonctionnement.

Tension d'une pile en fonction du temps

Tension quasi constante puis chute à l'épuisement du réactif limitantCourbe de U(t), minimum en (16.668, 1.1), maximum en (17.604, 1.1), minimum en (18, 1.1), maximum en (18.18, 1.1), minimum en (18.288, 1.1), minimum en (18.414, 1.1), maximum en (18.54, 1.1), maximum en (18.828, 1.1), maximum en (18.936, 1.1), maximum en (19.044, 1.1), maximum en (19.26, 1.1), maximum en (19.332, 1.1), minimum en (19.656, 1.1), minimum en (19.692, 1.1), minimum en (19.8, 1.1), maximum en (19.872, 1.1), maximum en (19.962, 1.1), maximum en (19.98, 1.1), maximum en (20.088, 1.1), minimum en (20.196, 1.1), maximum en (20.268, 1.1), maximum en (20.412, 1.1), minimum en (20.502, 1.1), minimum en (20.619, 1.1), maximum en (20.664, 1.1), minimum en (20.727, 1.1), minimum en (20.736, 1.1), maximum en (20.952, 1.1), maximum en (21.024, 1.1), minimum en (21.114, 1.1), minimum en (21.132, 1.1), maximum en (21.168, 1.1), ordonnée à l’origine y = 1.1, sur l’intervalle x de 0 à 72102030405060700.20.40.60.811.2U ≈ 1,1 Vpile usée (Δt ≈54 h)U(t)U (V)t (h)
Fig. 10La pile débite à tension ~constante jusqu'à l'épuisement du réactif limitant (ici Δt ≈ 54 h), puis U chute.
Exemple corrigé

Calculer la capacité électrique et la durée de fonctionnement d'une pile

Une pile cuivre-zinc possède une demi-pile cuivre contenant V = 100 mL de solution d'ions cuivre (II) de concentration c = 0{,}10 mol/L (le zinc étant en large excès). À la cathode : Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu (z = 2). On prendra F = 9{,}65 \times 10^{4} C/mol. Déterminer la capacité électrique Q de la pile, puis la durée Δt de fonctionnement à courant constant I = 10 mA.

  1. 01Identifier le réactif limitant et sa quantité

    Le zinc est en excès : le réactif limitant est l'ion cuivre (II).

  2. 02Calculer la quantité d'électrons échangés

    Chaque ion Cu²⁺ réduit met en jeu 2 électrons (z = 2).

  3. 03Calculer la capacité électrique

    On multiplie par la constante de Faraday.

  4. 04Calculer la durée de fonctionnement

    À courant constant I = 10 mA = 1{,}0 \times 10^{-2} A, on utilise Q = I × Δt.

Résultat : Capacité électrique Q ≈ 1,9 × 10³ C (soit environ 0,54 A·h) ; à I = 10 mA, la pile débite pendant Δt ≈ 1,9 × 10⁵ s, soit environ 54 h.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : déterminer la capacité électrique d'une pile à partir de sa constitution initiale (quantité de matière du réactif limitant, nombre d'électrons échangés, constante de Faraday).
  • Objectif Bac : citer des oxydants et des réducteurs usuels et justifier le caractère réducteur des métaux du bloc s par leur tendance à céder leurs électrons de valence.

Erreurs fréquentes

  • Oublier le facteur z (nombre d'électrons échangés par entité) dans le calcul de n(e−) : pour Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu, une mole de cuivre formé met en jeu 2 moles d'électrons.
  • Se tromper d'unité avec la constante de Faraday (96 500 C·mol⁻¹) : Q s'obtient en coulombs (C) ; pour des ampère-heures, diviser par 3 600.
  • Calculer la capacité à partir d'un réactif présent en excès au lieu du réactif limitant : seule la consommation du réactif limitant arrête la pile.

Révision active

Une pile cuivre-zinc est constituée d'une demi-pile cuivre contenant un volume V = 100 mL de solution d'ions cuivre (II) de concentration c = 0{,}10 mol/L, le zinc étant en large excès. Le couple en jeu à la cathode est Cu²⁺/Cu (z = 2). Déterminer la capacité électrique de cette pile, puis la durée pendant laquelle elle peut débiter un courant constant I = 10 mA.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Programmes et ressources en physique-chimie — voie générale et technologique (Éduscol)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Transformation non totale et équilibre dynamique○
    • 02Quotient de réaction Qr et constante d'équilibre K(T)◐
    • 03Critère d'évolution spontanée et taux d'avancement final◐
    • 04Transfert spontané d'électrons : piles, demi-piles et pont salin◐
    • 05Capacité électrique d'une pile et oxydants/réducteurs usuels●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Modéliser l'équilibre et prévoir l'évolution

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~31
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019

Chapitre précédent

Cinétique et évolution temporelle d'un système chimique

Chapitre suivant

Transformations acido-basiques et titrages

EuraStudy·Fiches T·02·MMXXVI

Continuez avec le chapitre suivant — le parcours est conservé.