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Fiches/Physique-Chimie/Énergie : conversions et transferts
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Énergie : conversions et transferts

Cette fiche traite les aspects énergétiques de deux familles de phénomènes au programme de terminale : la thermodynamique des systèmes (modèle du gaz parfait, premier principe, transferts thermiques, refroidissement de Newton, bilan radiatif terrestre) et l'électricité (comportement capacitif et dynamique du circuit RC). Le fil conducteur est toujours le même : choisir un système, poser un bilan d'énergie rigoureux, distinguer la variation propre du système des transferts avec l'extérieur, puis modéliser l'évolution — souvent par une équation différentielle linéaire d'ordre 1 dont la solution est une exponentielle gouvernée par un temps caractéristique.

5 sections·~36 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·0888 / 11
Profil d’examen
Exploiter l'équation d'état du gaz parfait, relier les grandeurs macroscopiques aux propriétés microscopiques et en citer les limitesMener un bilan énergétique fondé sur le premier principe pour un système incompressible (énergie interne, travail, transfert thermique)Caractériser les modes de transfert thermique, exploiter résistance thermique et loi de Newton, et estimer la température terrestre moyenneÉtablir et résoudre l'équation différentielle de la tension aux bornes d'un condensateur (charge et décharge d'un circuit RC) et en déduire le temps caractéristique
Opérateurs :exploiterétablirrésoudrecalculerinterpréterjustifiermodéliser

niveau de base

Maîtriser les formules clés (p V=n R Tp\,V = n\,R\,TpV=nRT, ΔU=C ΔT\Delta U = C\,\Delta TΔU=CΔT, Φ=ΔT/Rth\Phi = \Delta T/R_{th}Φ=ΔT/Rth​, τ=R C\tau = R\,Cτ=RC), convertir systématiquement les unités (kelvin, m³, farad) et savoir lire un temps caractéristique sur une courbe exponentielle suffit pour l'essentiel des points.

niveau approfondi

Viser la mise en équation complète : établir soi-même l'équation différentielle (Newton ou RC), la résoudre proprement avec conditions initiale et finale, et discuter les hypothèses (gaz parfait, système incompressible, source idéale, coefficient d'échange constant).

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Énergie : conversions et transferts
    • 01Système thermodynamique et modèle du gaz parfait○
    • 02Premier principe : énergie interne, travail et transfert thermique◐
    • 03Modes de transfert thermique, résistance thermique et bilan Terre-atmosphère◐
    • 04Loi de Newton du refroidissement et temps caractéristique●
    • 05Dynamique d'un système électrique : condensateur et circuit RC●
§ 01

Système thermodynamique et modèle du gaz parfait#

●○○BaseLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Système thermodynamique : gaz, frontière et chocs sur la paroi

Gaz dans un récipient : agitation et chocsSchéma avec 15 éléments, système : gaz, frontière du système, milieu extérieur, choc → pression psystème : gazfrontière dusystèmemilieu extérieurchoc → pressionp
Fig. 1Les entités ponctuelles s'agitent et rebondissent sur les parois ; la multitude de ces chocs, en moyenne, produit la pression p.

Points clés

L'étude énergétique commence toujours par le choix d'un système thermodynamique : une portion de matière, en quantité macroscopique (typiquement de l'ordre de la mole, soit environ 6,0×10236{,}0\times10^{23}6,0×1023 entités), délimitée par une frontière réelle ou fictive. Tout ce qui est à l'extérieur de cette frontière constitue le milieu extérieur, avec lequel le système peut échanger de l'énergie (travail, transfert thermique) et parfois de la matière. Bien définir le système et sa frontière est la première étape, car c'est elle qui fixe le sens des échanges dans tout bilan ultérieur.
On décrit l'état macroscopique du système par un petit nombre de grandeurs d'état mesurables : la pression ppp (en pascals, Pa), le volume VVV (en m³), la température thermodynamique TTT (en kelvin, K), la quantité de matière nnn (en moles) et la masse volumique ρ=m/V\rho = m/Vρ=m/V (en kg·m⁻³). Ces grandeurs ne sont pas indépendantes : pour un fluide donné, une équation d'état les relie. Certaines sont extensives (proportionnelles à la taille du système : VVV, nnn, mmm), d'autres intensives (indépendantes de la taille : ppp, TTT, ρ\rhoρ).
Le modèle du gaz parfait idéalise un gaz dilué par quatre hypothèses microscopiques : les entités (atomes ou molécules) sont assimilées à des points matériels (volume propre négligeable devant le volume offert) ; elles n'exercent aucune interaction à distance entre deux chocs ; elles sont animées d'une agitation thermique permanente et désordonnée ; et elles n'échangent de l'énergie qu'au cours de chocs supposés élastiques, sur les parois et entre elles. Ces hypothèses conduisent à une équation d'état remarquablement simple.
L'équation d'état du gaz parfait relie les quatre grandeurs macroscopiques : p V=n R Tp\,V = n\,R\,TpV=nRT, où R=8,314R = 8{,}314R=8,314 J·mol⁻¹·K⁻¹ est la constante des gaz parfaits. Elle est d'un usage constant : connaissant trois des grandeurs, on en déduit la quatrième. Impérativement, TTT s'y exprime en kelvin et VVV en m³, sous peine d'un résultat faux de plusieurs ordres de grandeur. Microscopiquement, la pression sur une paroi est la manifestation moyenne d'une multitude de chocs des entités : plus elles sont nombreuses, rapides et fréquentes à frapper la paroi, plus la pression est élevée.
La température thermodynamique TTT mesure, à l'échelle microscopique, le degré d'agitation des entités : l'énergie cinétique moyenne d'agitation d'une entité est proportionnelle à TTT. Plus TTT est grande, plus les entités sont rapides, plus elles frappent fort et souvent les parois. La conversion avec l'échelle Celsius est T(K)=θ(∘C)+273,15T(\mathrm{K}) = \theta(^{\circ}\mathrm{C}) + 273{,}15T(K)=θ(∘C)+273,15 ; le zéro absolu (000 K ≈−273,15\approx -273{,}15≈−273,15 °C) est la limite, inatteignable, où l'agitation thermique cesserait. Un écart de température ΔT\Delta TΔT a en revanche la même valeur numérique en K et en °C.
Les lois historiques des gaz se retrouvent comme cas particuliers de p V=n R Tp\,V = n\,R\,TpV=nRT. À température et quantité de matière fixées, p V=constantep\,V = \text{constante}pV=constante : c'est la loi de Boyle-Mariotte, qui se traduit dans le plan (V, p)(V,\,p)(V,p) par des hyperboles appelées isothermes (comprimer un gaz à température constante augmente sa pression en proportion inverse du volume). À volume fixé, p/T=constantep/T = \text{constante}p/T=constante (loi de Gay-Lussac) ; à pression fixée, V/T=constanteV/T = \text{constante}V/T=constante (loi de Charles). L'équation d'état unifie ces comportements en une seule relation.
Le modèle n'est valable que dans son domaine : faibles pressions et températures suffisamment élevées (gaz dilué, loin de la liquéfaction). À forte pression ou basse température, le volume propre des entités et leurs interactions attractives ne sont plus négligeables ; le gaz réel s'écarte alors du gaz parfait et peut même changer d'état (se liquéfier). Pour l'air dans les conditions usuelles (pression ambiante, température ordinaire), l'écart au modèle est faible : le gaz parfait est une excellente approximation.
p V=n R Tp\,V = n\,R\,TpV=nRT

Équation d'état du gaz parfait

p en pascals (Pa), V en m³, n en moles, R = 8,314 J·mol⁻¹·K⁻¹ et T la température thermodynamique en kelvin (K).

T(K)=θ(∘C)+273,15T(\mathrm{K}) = \theta(^{\circ}\mathrm{C}) + 273{,}15T(K)=θ(∘C)+273,15

Conversion Celsius vers kelvin

Toujours convertir avant d'appliquer l'équation d'état ; un écart de température (ΔT) a en revanche la même valeur en K et en °C.

n=mMρ=mV=n MVn = \dfrac{m}{M} \qquad \rho = \dfrac{m}{V} = \dfrac{n\,M}{V}n=Mm​ρ=Vm​=VnM​

Quantité de matière et masse volumique

M est la masse molaire (g·mol⁻¹ ou kg·mol⁻¹) ; ces relations relient la description macroscopique (m, ρ) à la quantité de matière n qui figure dans l'équation d'état.

T=cte  ⇒  p V=cteT = \text{cte} \;\Rightarrow\; p\,V = \text{cte}T=cte⇒pV=cte

Loi de Boyle-Mariotte (isotherme)

Cas particulier de l'équation d'état à température et quantité de matière fixées : dans le plan (V, p), une isotherme est une hyperbole.

Isothermes du gaz parfait : p = nRT/V (loi de Boyle-Mariotte)

Isothermes (n = 1 mol)Courbe de T = 400 K, décroissante, sur l’intervalle x de 5 à 30, Courbe de T = 300 K, décroissante, sur l’intervalle x de 5 à 30, Courbe de T = 200 K, décroissante, sur l’intervalle x de 5 à 305101520253012345678p·V = n·R·TT = 400 KT = 300 KT = 200 Kp (bar)V (L)
Fig. 2À température fixée, p est inversement proportionnelle à V (hyperbole) ; une isotherme plus haute correspond à une température plus élevée.
Exemple corrigé

Pression d'un gaz parfait dans un volume fixé

Une bouteille rigide de volume V = 10 L contient n = 0,50 mol de diazote, assimilé à un gaz parfait, à la température θ = 25 °C. Déterminer la pression du gaz en pascals puis en bars, et préciser une limite du modèle.

  1. 01Convertir les grandeurs

    On exprime le volume en m³ et la température en kelvin : V = 10 L = 1,0 × 10⁻² m³ et T = 25 + 273,15 = 298,15 K.

  2. 02Isoler la pression

    À partir de l'équation d'état p V = n R T, on isole la pression.

    p=n R TVp = \dfrac{n\,R\,T}{V}p=VnRT​
  3. 03Application numérique

    p = (0,50 × 8,314 × 298,15) / (1,0 × 10⁻²) ≈ 1,24 × 10⁵ Pa, soit environ 1,24 bar (1 bar = 10⁵ Pa).

  4. 04Discuter le modèle

    Le modèle reste pertinent ici (pression modérée). Il deviendrait insuffisant à très forte pression ou très basse température, où le volume propre des molécules et leurs interactions ne sont plus négligeables.

Résultat : La pression vaut p ≈ 1,24 × 10⁵ Pa ≈ 1,24 bar ; le modèle du gaz parfait est ici justifié.

Exemple corrigé

Compression isotherme (loi de Boyle-Mariotte)

Le même gaz (T constante) est comprimé de V₁ = 10 L à V₂ = 4,0 L, sans variation de température. Déterminer la nouvelle pression p₂, en partant de p₁ ≈ 1,24 bar.

  1. 01Identifier la transformation

    La température et la quantité de matière sont constantes : on est dans le cadre de la loi de Boyle-Mariotte, p V = constante.

  2. 02Écrire la conservation du produit p V

    Le produit p V garde la même valeur avant et après compression.

    p1 V1=p2 V2p_1\,V_1 = p_2\,V_2p1​V1​=p2​V2​
  3. 03Isoler et calculer p₂

    p₂ = p₁ × V₁/V₂ = 1,24 × (10 / 4,0) = 1,24 × 2,5 ≈ 3,1 bar.

  4. 04Interpréter

    Diviser le volume par 2,5 multiplie la pression par 2,5 : moins d'espace, donc des chocs plus fréquents sur les parois. On lit ce comportement sur une isotherme (hyperbole) : on se déplace vers la gauche, p monte.

Résultat : p₂ ≈ 3,1 bar : la pression varie en proportion inverse du volume, conformément à p V = cte à température constante.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : utiliser p V=n R Tp\,V = n\,R\,TpV=nRT pour calculer une des quatre grandeurs (ppp, VVV, nnn ou TTT), en convertissant systématiquement la température en kelvin et le volume en m³.
  • Objectif Bac : justifier qualitativement un comportement (variation de pression ou de volume) en reliant la grandeur macroscopique aux chocs des entités sur la paroi, et citer les conditions de validité du modèle.

Erreurs fréquentes

  • Utiliser la température en °C (au lieu du kelvin) ou le volume en litres (au lieu du m³) dans p V=n R Tp\,V = n\,R\,TpV=nRT : les unités de RRR imposent TTT en K et VVV en m³ (rappel : 111 L =10−3= 10^{-3}=10−3 m³, 111 bar =105= 10^{5}=105 Pa).
  • Confondre température et chaleur : la température est une grandeur d'état mesurant l'agitation ; la chaleur (transfert thermique QQQ) est une énergie échangée, exprimée en joules — un système ne « contient » pas de chaleur.
  • Croire que la loi de Boyle-Mariotte (p V=ctep\,V=\text{cte}pV=cte) s'applique quand la température change : elle suppose TTT constante. Si TTT varie, il faut revenir à l'équation d'état complète.

Révision active

Une bouteille rigide de volume V=10V = 10V=10 L contient n=0,50n = 0{,}50n=0,50 mol de diazote, assimilé à un gaz parfait, à la température θ=25\theta = 25θ=25 °C. Calculer la pression du gaz, en pascals puis en bars. Indiquer dans quelles conditions le modèle du gaz parfait deviendrait insuffisant.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

Premier principe : énergie interne, travail et transfert thermique#

●●○StandardLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Bilan d'énergie d'un système : conventions de signe

Conventions : ΔU = W + QSchéma avec 6 éléments, système : U, W > 0, Q > 0, cédé < 0, reçu = positif, cédé = négatifsystème : UW > 0Q > 0cédé < 0reçu = positifcédé = négatif
Fig. 3Les flèches entrantes (W > 0, Q > 0) comptent positivement ; une flèche sortante (cédé) compte négativement.

Points clés

L'énergie interne UUU d'un système est l'énergie associée à ses constituants microscopiques : l'énergie cinétique d'agitation thermique (translation, rotation, vibration des entités) et l'énergie potentielle d'interaction entre ces entités. C'est une grandeur d'état extensive, exprimée en joules (J) : elle ne dépend que de l'état actuel du système (caractérisé par TTT, VVV, nnn…), jamais du chemin suivi pour y parvenir.
L'énergie totale d'un système se décompose en énergie mécanique macroscopique (énergie cinétique d'ensemble + énergie potentielle de pesanteur du système pris globalement) et en énergie interne UUU. Pour un système au repos macroscopique et à altitude fixée — le cas du programme — l'énergie mécanique macroscopique ne varie pas, et toute variation d'énergie se reporte sur l'énergie interne UUU.
Le premier principe de la thermodynamique exprime la conservation de l'énergie : la variation d'énergie interne d'un système au repos est égale à la somme des énergies reçues de l'extérieur, soit ΔU=W+Q\Delta U = W + QΔU=W+Q, où WWW est le travail (échange d'énergie de nature mécanique ou électrique) et QQQ le transfert thermique, ou « chaleur » (échange désordonné lié à un écart de température). L'énergie ne se crée ni ne se détruit ; elle se transfère et se convertit.
La convention de signe est essentielle et systématique : une grandeur (WWW ou QQQ) est comptée positivement lorsque le système REÇOIT de l'énergie de l'extérieur, et négativement lorsqu'il EN CÈDE. Sur un schéma, on oriente les flèches d'échange vers le système pour les apports (positifs) et vers l'extérieur pour les pertes (négatives). Le bilan distingue donc toujours la variation propre du système (ΔU\Delta UΔU) des transferts avec l'extérieur (WWW et QQQ).
Pour un système incompressible (un solide ou un liquide, dont le volume varie négligeablement), l'énergie interne ne dépend pratiquement que de la température. Sa variation s'écrit ΔU=C ΔT=m c ΔT\Delta U = C\,\Delta T = m\,c\,\Delta TΔU=CΔT=mcΔT, où ccc est la capacité thermique massique (en J·kg⁻¹·K⁻¹, par exemple ceau=4185c_{\text{eau}} = 4185ceau​=4185 J·kg⁻¹·K⁻¹) et C=m cC = m\,cC=mc la capacité thermique du système (en J·K⁻¹). Plus ccc est grand, plus il faut d'énergie pour élever la température d'un kelvin.
Le sens spontané d'un transfert thermique va toujours du corps chaud vers le corps froid, jamais l'inverse de lui-même : c'est une manifestation de l'irréversibilité. Deux corps en contact échangent de la chaleur jusqu'à l'égalité des températures (équilibre thermique). Dans une enceinte calorifugée (sans échange thermique avec l'extérieur), la somme des transferts thermiques internes est nulle : ∑Qi=0\sum Q_i = 0∑Qi​=0 — c'est le principe de la calorimétrie, m1c1(Tf−T1)+m2c2(Tf−T2)=0m_1 c_1(T_f - T_1) + m_2 c_2(T_f - T_2) = 0m1​c1​(Tf​−T1​)+m2​c2​(Tf​−T2​)=0.
Cas particuliers utiles. Système thermiquement isolé (calorifugé) : Q=0Q = 0Q=0, donc ΔU=W\Delta U = WΔU=W. Évolution sans travail (récipient rigide, pas de moteur) : W=0W = 0W=0, donc ΔU=Q\Delta U = QΔU=Q. Changement d'état (fusion, vaporisation…) : la température reste constante alors que l'énergie interne varie ; l'énergie échangée vaut Q=m LQ = m\,LQ=mL, où LLL est la chaleur latente massique de la transition (J·kg⁻¹). Ces cas se déduisent tous du même bilan ΔU=W+Q\Delta U = W + QΔU=W+Q.
ΔU=W+Q\Delta U = W + QΔU=W+Q

Premier principe de la thermodynamique

ΔU est la variation d'énergie interne (J), W le travail reçu et Q le transfert thermique reçu ; W et Q sont positifs si le système reçoit de l'énergie.

ΔU=C ΔT=m c ΔT\Delta U = C\,\Delta T = m\,c\,\Delta TΔU=CΔT=mcΔT

Énergie interne d'un système incompressible

C = m·c est la capacité thermique (J·K⁻¹), c la capacité thermique massique (J·kg⁻¹·K⁻¹) et ΔT = T_final − T_initial la variation de température (en K ou en °C, identique).

m1 c1 (Tf−T1)+m2 c2 (Tf−T2)=0m_1\,c_1\,(T_f - T_1) + m_2\,c_2\,(T_f - T_2) = 0m1​c1​(Tf​−T1​)+m2​c2​(Tf​−T2​)=0

Bilan calorimétrique (système isolé)

Dans une enceinte calorifugée, la chaleur cédée par le corps chaud est intégralement reçue par le corps froid : la somme des transferts thermiques est nulle.

Q=m LQ = m\,LQ=mL

Énergie d'un changement d'état

L est la chaleur latente massique de la transition (J·kg⁻¹) ; pendant le changement d'état la température reste constante alors que l'énergie interne varie.

Flux d'énergie : le travail et la chaleur alimentent ΔU

Conservation de l'énergieGraphe, travail W → système : U, transfert Q → système : U, système : U → ΔU = W + Qtravail Wtransfert Qsystème : UΔU = W + Qreçureçu
Fig. 4Le travail W et le transfert thermique Q reçus s'additionnent pour donner la variation d'énergie interne ΔU.
Exemple corrigé

Bilan énergétique du chauffage de l'eau

On chauffe m = 200 g d'eau liquide (c = 4185 J·kg⁻¹·K⁻¹) de 20 °C à 80 °C dans un récipient calorifugé, sans travail mécanique. Déterminer la variation d'énergie interne de l'eau et l'énergie thermique qu'elle a reçue.

  1. 01Identifier le système et les échanges

    Le système est l'eau, supposée incompressible. Il n'y a pas de travail mécanique (W = 0) ; seul un transfert thermique Q intervient. Le premier principe donne ΔU = Q.

  2. 02Exprimer ΔU pour un système incompressible

    L'énergie interne ne dépend que de la température : ΔU = m·c·ΔT, avec ΔT = 80 − 20 = 60 °C = 60 K et m = 0,200 kg.

    ΔU=m c ΔT\Delta U = m\,c\,\Delta TΔU=mcΔT
  3. 03Application numérique

    ΔU = 0,200 × 4185 × 60 = 50 220 J ≈ 5,0 × 10⁴ J, soit environ 50 kJ.

  4. 04Conclure sur le transfert thermique

    Comme W = 0, le transfert thermique reçu vaut Q = ΔU ≈ +5,0 × 10⁴ J. Le signe positif confirme que l'eau a bien reçu de l'énergie de la source de chaleur.

Résultat : La variation d'énergie interne et l'énergie thermique reçue valent ΔU = Q ≈ 5,0 × 10⁴ J ≈ 50 kJ.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : poser un bilan énergétique pour un système incompressible avec ΔU=m c ΔT\Delta U = m\,c\,\Delta TΔU=mcΔT, en respectant les signes, pour calculer une énergie échangée, une masse, une capacité thermique ou une variation de température.
  • Objectif Bac : prévoir le sens d'un transfert thermique et distinguer, dans une phrase d'énoncé, ce qui relève de la variation du système (ΔU\Delta UΔU) et ce qui relève des échanges (WWW, QQQ).

Erreurs fréquentes

  • Se tromper de signe : oublier que Q<0Q < 0Q<0 quand le système cède de la chaleur, ou inverser le rôle de la source et du système dans le bilan.
  • Confondre énergie interne UUU (grandeur d'état du système) et transfert thermique QQQ (énergie en transit) : on ne dit jamais qu'un système « contient de la chaleur », mais qu'il possède une certaine énergie interne.
  • Appliquer ΔU=m c ΔT\Delta U = m\,c\,\Delta TΔU=mcΔT pendant un changement d'état : à température constante, ΔT=0\Delta T = 0ΔT=0 mais UUU varie ; il faut alors utiliser la chaleur latente Q=m LQ = m\,LQ=mL.

Révision active

On chauffe m = 200 g d'eau liquide (c = 4185 J·kg⁻¹·K⁻¹) de 20 °C à 80 °C dans un récipient calorifugé, sans travail mécanique. Déterminer la variation d'énergie interne de l'eau et l'énergie thermique qu'elle a reçue.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

Modes de transfert thermique, résistance thermique et bilan Terre-atmosphère#

●●○StandardLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Bilan radiatif Terre-atmosphère et effet de serre

Flux radiatifs Terre-atmosphèreGraphe, Soleil → surface (sol), Soleil → espace, surface (sol) → atmosphère (GES), atmosphère (GES) → surface (sol), atmosphère (GES) → espaceSoleilespaceatmosphère(GES)surface (sol)absorbé(1−a)S/4réfléchi a·S/4IR σT⁴effet de serreIR versl'espace
Fig. 5Le sol absorbe (1−a)S/4 et rayonne dans l'infrarouge ; l'atmosphère renvoie une partie de cet IR vers le sol (effet de serre).

Points clés

Il existe trois modes de transfert thermique, c'est-à-dire trois manières de transporter de l'énergie d'une zone chaude vers une zone froide. La conduction est un transfert de proche en proche au sein d'un milieu (surtout les solides), sans déplacement global de matière : l'agitation thermique se communique de voisin à voisin. La convection est un transfert lié au déplacement d'ensemble d'un fluide (air, eau) qui emporte avec lui son énergie. Le rayonnement est un transfert par ondes électromagnétiques, qui peut traverser le vide (c'est ainsi que l'énergie solaire nous parvient).
Le flux thermique Φ\PhiΦ mesure le débit d'énergie : c'est l'énergie thermique transférée par unité de temps, en watts (W). Il ne faut pas le confondre avec l'énergie elle-même : l'énergie transférée pendant une durée Δt\Delta tΔt vaut Q=Φ ΔtQ = \Phi\,\Delta tQ=ΦΔt (en joules). Le flux est une puissance, l'énergie est son intégrale dans le temps.
On modélise un transfert par conduction à travers une paroi par une analogie électrique très commode. Le flux thermique Φ\PhiΦ joue le rôle de l'intensité, l'écart de température ΔT\Delta TΔT entre les deux faces celui de la tension, et la résistance thermique RthR_{th}Rth​ celui de la résistance électrique : Φ=ΔT/Rth\Phi = \Delta T / R_{th}Φ=ΔT/Rth​, parfaite analogue de la loi d'Ohm I=U/RI = U/RI=U/R. Pour une paroi plane d'épaisseur eee, de surface SSS et de conductivité thermique λ\lambdaλ, Rth=e/(λ S)R_{th} = e/(\lambda\,S)Rth​=e/(λS). Une paroi épaisse, peu conductrice (petit λ\lambdaλ) et de faible surface est très isolante (grande RthR_{th}Rth​, donc faible flux).
L'analogie électrique permet aussi de combiner les résistances : des couches superposées (mur + isolant + plâtre) se comportent comme des résistances en série (RthR_{th}Rth​ s'ajoutent), tandis que des parois en parallèle (mur + fenêtre) se comportent comme des résistances en parallèle. C'est tout l'enjeu de l'isolation thermique du bâtiment : augmenter RthR_{th}Rth​ pour réduire le flux de pertes à écart de température donné.
Le rayonnement thermique d'un corps obéit à la loi de Stefan-Boltzmann (fournie) : la puissance surfacique rayonnée par un corps assimilé à un corps noir, à la température TTT, vaut P=σ T4P = \sigma\,T^{4}P=σT4, avec σ≈5,67×10−8\sigma \approx 5{,}67\times10^{-8}σ≈5,67×10−8 W·m⁻²·K⁻⁴. La dépendance en T4T^4T4 est très forte : doubler la température absolue multiplie par 16 la puissance rayonnée. Tout corps rayonne ; plus il est chaud, plus il rayonne.
Le bilan radiatif du système Terre-atmosphère repose sur un équilibre. La Terre intercepte le rayonnement solaire sur un disque de surface πR2\pi R^2πR2 mais le réémet sur toute sa sphère de surface 4πR24\pi R^24πR2 : la puissance solaire surfacique moyenne reçue est donc S/4S/4S/4 (facteur géométrique 4), où S≈1361S \approx 1361S≈1361 W·m⁻² est la constante solaire. Une fraction aaa (l'albédo, sans dimension, ≈0,30\approx 0{,}30≈0,30 pour la Terre) est réfléchie ; la fraction (1−a)(1-a)(1−a) est absorbée. À l'équilibre, la puissance absorbée égale la puissance rayonnée : (1−a) S/4=σ T4(1-a)\,S/4 = \sigma\,T^{4}(1−a)S/4=σT4, ce qui conduit à une température d'équilibre T≈255T \approx 255T≈255 K ≈−18\approx -18≈−18 °C en l'absence d'atmosphère.
L'effet de serre explique l'écart entre cette valeur (≈ −18 °C) et la température moyenne réelle au sol (≈ +15 °C). Les gaz à effet de serre (vapeur d'eau, dioxyde de carbone, méthane…) sont transparents au rayonnement solaire visible mais absorbent une grande partie du rayonnement infrarouge émis par le sol, et le réémettent en partie vers la surface (le contre-rayonnement atmosphérique). Le sol reçoit ainsi un apport supplémentaire et sa température d'équilibre s'élève d'environ 33 °C. L'augmentation des concentrations de ces gaz renforce l'effet de serre et constitue le moteur du réchauffement climatique actuel.
Φ=ΔTRth\Phi = \dfrac{\Delta T}{R_{\mathrm{th}}}Φ=Rth​ΔT​

Flux thermique et résistance thermique (expression fournie)

Φ est le flux thermique (W), ΔT l'écart de température entre les deux faces (K) et R_th la résistance thermique (K·W⁻¹). Analogie avec la loi d'Ohm I = U/R.

Rth=eλ SR_{\mathrm{th}} = \dfrac{e}{\lambda\,S}Rth​=λSe​

Résistance thermique d'une paroi plane

e épaisseur (m), S surface (m²), λ conductivité thermique (W·m⁻¹·K⁻¹). Une paroi épaisse, peu conductrice et de faible surface est très isolante (R_th grande).

Prayonneˊe=σ T4P_{\mathrm{rayonn\acute{e}e}} = \sigma\,T^{4}Prayonneˊe​=σT4

Loi de Stefan-Boltzmann (fournie)

Puissance surfacique (W·m⁻²) rayonnée par un corps noir de température T (K), avec σ ≈ 5,67 × 10⁻⁸ W·m⁻²·K⁻⁴.

(1−a) S4=σ T4(1-a)\,\dfrac{S}{4} = \sigma\,T^{4}(1−a)4S​=σT4

Bilan radiatif à l'équilibre (sans effet de serre)

À gauche, la puissance solaire surfacique moyenne absorbée (S/4 car répartie sur la sphère, diminuée de la fraction réfléchie a) ; à droite, la puissance rayonnée par la Terre.

Q=Φ ΔtQ = \Phi\,\Delta tQ=ΦΔt

Énergie transférée pendant une durée Δt

Le flux Φ (puissance, en W) intégré sur la durée Δt donne l'énergie thermique Q (en J).

Conduction à travers une paroi : Φ = ΔT/R_th

Résistance thermique d'une paroiSchéma avec 6 éléments, paroi (λ), Φ, e, T_1 (chaud), T_2 (froid), Φ = (T_1 − T_2)/R_thparoi (λ)ΦeT1 (chaud)T2 (froid)Φ = (T1 −T2)/Rth
Fig. 6Le flux thermique traverse la paroi du côté chaud vers le côté froid ; il est d'autant plus faible que la résistance thermique R_th = e/(λS) est grande.
Exemple corrigé

Estimation de la température moyenne de la Terre

On modélise la Terre comme une sphère sans atmosphère, de température uniforme T, d'albédo a = 0,30, recevant la puissance solaire surfacique S = 1361 W·m⁻². En écrivant l'équilibre entre puissance absorbée et puissance rayonnée (loi de Stefan-Boltzmann, σ = 5,67 × 10⁻⁸ W·m⁻²·K⁻⁴, corps assimilé à un corps noir), estimer T et la comparer à la température réelle.

  1. 01Puissance absorbée par la Terre

    La Terre intercepte le flux solaire sur un disque de surface π R², mais le rayonne sur toute sa sphère de surface 4π R² : la puissance surfacique moyenne reçue est S/4. La fraction a est réfléchie (albédo), donc la fraction (1 − a) est absorbée.

  2. 02Équilibre radiatif

    À l'équilibre thermique, la puissance surfacique absorbée égale la puissance surfacique rayonnée donnée par Stefan-Boltzmann.

    (1−a) S4=σ T4(1-a)\,\dfrac{S}{4} = \sigma\,T^{4}(1−a)4S​=σT4
  3. 03Isoler la température

    On isole T en prenant la racine quatrième.

    T=[(1−a) S4 σ]1/4T = \left[\dfrac{(1-a)\,S}{4\,\sigma}\right]^{1/4}T=[4σ(1−a)S​]1/4
  4. 04Application numérique

    T = [ (1 − 0,30) × 1361 / (4 × 5,67 × 10⁻⁸) ]^(1/4) ≈ 255 K, soit environ −18 °C.

  5. 05Interpréter avec l'effet de serre

    La valeur calculée (≈ −18 °C) est très inférieure à la température moyenne réelle (≈ +15 °C). L'écart d'environ 33 °C est dû à l'effet de serre : l'atmosphère renvoie vers le sol une partie du rayonnement infrarouge, ce que le modèle « sans atmosphère » néglige.

Résultat : On obtient T ≈ 255 K ≈ −18 °C ; l'écart avec la température réelle (≈ 15 °C) mesure l'effet de serre naturel.

Exemple corrigé

Flux de pertes à travers une vitre

Une vitre de surface S = 2,0 m² et d'épaisseur e = 4,0 mm (conductivité λ = 1,0 W·m⁻¹·K⁻¹) sépare un intérieur à 20 °C d'un extérieur à 5 °C. Calculer la résistance thermique de la vitre, puis le flux thermique de pertes par conduction.

  1. 01Calculer la résistance thermique

    On applique R_th = e/(λS) = 4,0 × 10⁻³ / (1,0 × 2,0).

    Rth=eλ SR_{th} = \dfrac{e}{\lambda\,S}Rth​=λSe​
  2. 02Application numérique de R_th

    R_th = 4,0 × 10⁻³ / 2,0 = 2,0 × 10⁻³ K·W⁻¹. La résistance d'une simple vitre est très faible : elle isole mal.

  3. 03Calculer le flux

    L'écart de température est ΔT = 20 − 5 = 15 K. Le flux vaut Φ = ΔT/R_th = 15 / (2,0 × 10⁻³).

    Φ=ΔTRth\Phi = \dfrac{\Delta T}{R_{th}}Φ=Rth​ΔT​
  4. 04Conclure

    Φ = 7,5 × 10³ W = 7,5 kW. Ce flux énorme (pour une seule vitre fine) illustre pourquoi on emploie du double vitrage : ajouter une lame d'air en série augmente fortement R_th et réduit d'autant les pertes.

Résultat : R_th = 2,0 × 10⁻³ K·W⁻¹ et Φ = 7,5 kW : une vitre simple laisse fuir un flux considérable, d'où l'intérêt d'augmenter R_th (double vitrage).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : exploiter Φ=ΔT/Rth\Phi = \Delta T / R_{th}Φ=ΔT/Rth​ pour calculer un flux, une résistance thermique ou un écart de température à travers une paroi, et associer chaque mode de transfert à une situation concrète.
  • Objectif Bac : mener un bilan radiatif quantitatif pour estimer la température moyenne de la Terre (loi de Stefan-Boltzmann fournie), puis discuter l'influence de l'albédo et de l'effet de serre sur cette température.

Erreurs fréquentes

  • Confondre flux thermique Φ\PhiΦ (une puissance, en W) et énergie thermique QQQ (en J) : l'énergie transférée pendant une durée Δt\Delta tΔt vaut Q=Φ×ΔtQ = \Phi\times\Delta tQ=Φ×Δt.
  • Oublier le facteur géométrique du bilan radiatif (la puissance interceptée se répartit sur toute la sphère terrestre, d'où la division de la constante solaire par 4) ou négliger l'albédo.
  • Oublier d'élever au kelvin : la loi de Stefan-Boltzmann exige TTT en kelvin, et il faut prendre la racine quatrième (et non carrée) pour isoler TTT.

Révision active

On modélise la Terre comme une sphère sans atmosphère, de température uniforme T, d'albédo a = 0,30, recevant la puissance solaire surfacique S = 1361 W·m⁻². En écrivant l'équilibre entre puissance absorbée et puissance rayonnée (loi de Stefan-Boltzmann, σ = 5,67 × 10⁻⁸ W·m⁻²·K⁻⁴, corps assimilé à un corps noir), estimer la température d'équilibre T, et comparer à la température réelle (≈ 15 °C).

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

Loi de Newton du refroidissement et temps caractéristique#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Refroidissement vers le thermostat : T(t) et lecture de τ

Refroidissement de NewtonCourbe de T(t), ordonnée à l’origine y = 80, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 5, asymptote horizontale en y = 201234520406080T0 = 80T(τ) ≈ 42Text = 20tangente àl'origineT(t)T (°C)t (en unités de τ)
Fig. 7La tangente à l'origine coupe l'asymptote T_ext = 20 °C à l'instant t = τ ; à cet instant, l'écart a été réduit d'environ 63 %.

Points clés

On considère un système incompressible (un corps chaud) de capacité thermique CCC, placé au contact d'un milieu très grand de température constante TextT_{ext}Text​ — un thermostat (l'air d'une pièce, par exemple). Le système échange de la chaleur avec ce milieu jusqu'à atteindre sa température. La loi phénoménologique de Newton (fournie) postule que le flux thermique reçu par le système est proportionnel à l'écart de température : Φ=−h S (T−Text)\Phi = -h\,S\,(T - T_{ext})Φ=−hS(T−Text​), où hhh est le coefficient d'échange surfacique et SSS la surface d'échange. Le signe garantit que le système se refroidit quand il est plus chaud que le milieu.
Le bilan énergétique du système relie la variation de son énergie interne au flux reçu : pendant dt\mathrm{d}tdt, dU=Φ dt\mathrm{d}U = \Phi\,\mathrm{d}tdU=Φdt, soit C dTdt=−h S (T−Text)C\,\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} = -h\,S\,(T - T_{ext})CdtdT​=−hS(T−Text​). En divisant par CCC et en posant τ=C/(h S)\tau = C/(h\,S)τ=C/(hS), on obtient l'équation différentielle linéaire d'ordre 1 à coefficients constants, avec second membre constant : dTdt+1τ T=1τ Text\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + \dfrac{1}{\tau}\,T = \dfrac{1}{\tau}\,T_{ext}dtdT​+τ1​T=τ1​Text​.
La grandeur τ=C/(h S)\tau = C/(h\,S)τ=C/(hS) est le temps caractéristique, homogène à une durée (en secondes). On le vérifie par analyse dimensionnelle : CCC s'exprime en J·K⁻¹, h Sh\,ShS en W·K⁻¹ = J·s⁻¹·K⁻¹, donc C/(h S)C/(h\,S)C/(hS) est bien en secondes. Plus τ\tauτ est petit (faible inertie thermique, bon contact), plus le système réagit vite ; plus τ\tauτ est grand, plus le refroidissement est lent.
La solution de l'équation, avec la condition initiale T(0)=T0T(0) = T_0T(0)=T0​, est une exponentielle qui tend vers la température du thermostat : T(t)=Text+(T0−Text) e−t/τT(t) = T_{ext} + (T_0 - T_{ext})\,e^{-t/\tau}T(t)=Text​+(T0​−Text​)e−t/τ. On la vérifie en la dérivant et en la réinjectant dans l'équation, et en contrôlant les deux conditions : à t=0t = 0t=0 elle vaut bien T0T_0T0​, et quand t→∞t \to \inftyt→∞ l'exponentielle tend vers 0 donc T→TextT \to T_{ext}T→Text​. La solution n'est PAS une simple décroissance vers 0, mais une décroissance vers la valeur finale TextT_{ext}Text​.
Interprétation du temps caractéristique. Au bout d'une durée t=τt = \taut=τ, l'écart de température (T−Text)(T - T_{ext})(T−Text​) a été multiplié par e−1≈0,37e^{-1} \approx 0{,}37e−1≈0,37 : il a donc été réduit d'environ 63 %. Après environ 5τ5\tau5τ, l'exponentielle vaut e−5≈0,007e^{-5} \approx 0{,}007e−5≈0,007 : le système a pratiquement atteint la température du thermostat (régime permanent, écart résiduel inférieur à 1 %). τ\tauτ fixe donc l'échelle de durée de tout le phénomène.
On lit τ\tauτ sur une courbe expérimentale T(t)T(t)T(t) par deux méthodes équivalentes. Méthode de la tangente à l'origine : la tangente à la courbe en t=0t = 0t=0 a pour pente (dT/dt)0=−(T0−Text)/τ(\mathrm{d}T/\mathrm{d}t)_0 = -(T_0 - T_{ext})/\tau(dT/dt)0​=−(T0​−Text​)/τ ; elle coupe l'asymptote horizontale T=TextT = T_{ext}T=Text​ exactement à l'abscisse t=τt = \taut=τ. Méthode des 63 % : on repère l'instant où l'écart a été réduit de 63 % (l'écart restant vaut 37 % de l'écart initial) ; cet instant est τ\tauτ.
Domaine de validité et portée. Le modèle suppose h Sh\,ShS constant et une température uniforme dans le système (corps petit ou bien brassé), ce qui n'est qu'approché pour un gros objet. La même équation décrit aussi un réchauffement : un corps froid placé dans un milieu plus chaud voit sa température croître vers TextT_{ext}Text​ selon la même loi exponentielle. Cette structure mathématique — équation d'ordre 1 à second membre constant, solution exponentielle vers une valeur finale — est exactement celle du circuit RC : refroidissement thermique et charge d'un condensateur sont des analogues.
dTdt+1τ T=1τ Text\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t} + \dfrac{1}{\tau}\,T = \dfrac{1}{\tau}\,T_{\mathrm{ext}}dtdT​+τ1​T=τ1​Text​

Équation différentielle du refroidissement

Équation linéaire d'ordre 1 à second membre constant, avec τ = C/(h·S) le temps caractéristique (s) et T_ext la température du thermostat (constante).

τ=Ch S\tau = \dfrac{C}{h\,S}τ=hSC​

Temps caractéristique

C capacité thermique (J·K⁻¹), h coefficient d'échange surfacique (W·m⁻²·K⁻¹), S surface d'échange (m²) ; τ est en secondes.

T(t)=Text+(T0−Text) e−t/τT(t) = T_{\mathrm{ext}} + (T_{0} - T_{\mathrm{ext}})\,e^{-t/\tau}T(t)=Text​+(T0​−Text​)e−t/τ

Solution : évolution de la température

T₀ est la température initiale ; quand t devient grand devant τ, l'exponentielle tend vers 0 et T(t) tend vers T_ext.

(dTdt)0=− T0−Textτ\left(\dfrac{\mathrm{d}T}{\mathrm{d}t}\right)_{0} = -\,\dfrac{T_{0} - T_{\mathrm{ext}}}{\tau}(dtdT​)0​=−τT0​−Text​​

Pente de la tangente à l'origine

Cette tangente coupe l'asymptote horizontale T = T_ext exactement à l'instant t = τ : c'est une méthode graphique de lecture de τ.

Influence du temps caractéristique τ

Effet de τ sur la vitesse de refroidissementCourbe de τ petit (rapide), ordonnée à l’origine y = 80, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 6, Courbe de τ grand (lent), ordonnée à l’origine y = 80, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 6, asymptote horizontale en y = 2012345620406080Textτ petit (rapide)τ grand (lent)T (°C)t (s, échelle relative)
Fig. 8Deux corps de même écart initial mais de τ différents : le petit τ refroidit vite, le grand τ lentement ; tous deux tendent vers T_ext.
Exemple corrigé

Refroidissement d'une tasse de café

Une tasse de café, assimilée à un système incompressible, est initialement à T₀ = 80 °C dans une pièce à T_ext = 20 °C. Son refroidissement suit la loi de Newton avec un temps caractéristique τ = 600 s. Établir T(t), calculer la température au bout de t = τ, puis estimer la durée nécessaire pour atteindre pratiquement la température de la pièce.

  1. 01Écrire la solution générale

    La résolution de l'équation différentielle du refroidissement, avec T(0) = T₀, donne une exponentielle vers T_ext.

    T(t)=Text+(T0−Text) e−t/τT(t) = T_{ext} + (T_0 - T_{ext})\,e^{-t/\tau}T(t)=Text​+(T0​−Text​)e−t/τ
  2. 02Application numérique de l'expression

    Avec T_ext = 20 °C et T₀ − T_ext = 60 °C : T(t) = 20 + 60·e^(−t/600), avec t en secondes.

  3. 03Température au bout de t = τ

    À t = τ, l'exponentielle vaut e⁻¹ ≈ 0,368 : T(τ) = 20 + 60 × 0,368 ≈ 42 °C. L'écart initial (60 °C) a bien été réduit d'environ 63 %.

  4. 04Durée de retour à l'équilibre

    Le système atteint pratiquement la température de la pièce après environ 5τ = 5 × 600 = 3000 s, soit 50 minutes (l'écart résiduel y est inférieur à 1 % de l'écart initial).

Résultat : T(t) = 20 + 60·e^(−t/600) ; T(τ) ≈ 42 °C, et l'équilibre thermique est pratiquement atteint après ≈ 5τ = 3000 s (50 min).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : établir l'équation différentielle d'ordre 1 à partir du bilan d'énergie et de la loi de Newton, puis vérifier qu'une solution exponentielle proposée la satisfait avec les bonnes conditions initiale et finale.
  • Objectif Bac : déterminer graphiquement le temps caractéristique τ\tauτ sur une courbe T(t)T(t)T(t) (tangente à l'origine ou écart divisé par e), et l'utiliser pour prévoir une température à un instant donné.

Erreurs fréquentes

  • Oublier le second membre constant : la solution n'est pas une simple exponentielle décroissante vers 0, mais une exponentielle qui tend vers TextT_{ext}Text​ (la température du thermostat).
  • Confondre le temps caractéristique τ\tauτ avec la durée totale de refroidissement : à t=τt = \taut=τ l'écart n'est réduit que d'environ 63 %, le retour à l'équilibre demande environ 5τ5\tau5τ.
  • Se tromper sur la lecture graphique : la tangente à l'origine coupe l'asymptote T=TextT = T_{ext}T=Text​ (et non l'axe des abscisses) à l'instant t=τt = \taut=τ.

Révision active

Une tasse de café, assimilée à un système incompressible, est initialement à T₀ = 80 °C dans une pièce à T_ext = 20 °C. Son refroidissement suit la loi de Newton avec un temps caractéristique τ = 600 s. Établir l'expression de T(t), calculer la température au bout de t = τ, puis estimer la durée nécessaire pour atteindre pratiquement la température de la pièce.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 05

Dynamique d'un système électrique : condensateur et circuit RC#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-physique-chimie-terminale

Schéma du circuit RC série (charge)

Circuit RC sérieCircuit électrique avec 5 composants, switch K, resistor R, capacitor C, wire, battery EKRCE
Fig. 9Source idéale E, interrupteur K, résistor R et condensateur C en série ; on étudie la tension u_C aux bornes du condensateur.

Points clés

L'intensité d'un courant électrique est le débit de charges : i=dqdti = \dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t}i=dtdq​ (en ampères), où qqq est la charge ayant traversé une section du conducteur. Un condensateur est un dipôle au comportement capacitif : il accumule, sur ses deux armatures, des charges opposées +q+q+q et −q-q−q, avec qqq proportionnelle à la tension à ses bornes, q=C uCq = C\,u_Cq=CuC​, où CCC est la capacité (en farads, F). En convention récepteur, en dérivant cette relation, i=C duCdti = C\,\dfrac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t}i=CdtduC​​ : le courant qui « charge » le condensateur est lié à la vitesse de variation de sa tension.
Ordres de grandeur des capacités usuelles : du picofarad (pF, 10−1210^{-12}10−12 F) au microfarad (μF, 10−610^{-6}10−6 F) pour les condensateurs courants ; les supercondensateurs atteignent en revanche plusieurs farads, voire davantage. Le farad est donc une unité très grande à l'échelle des composants ordinaires. Bien convertir les μF en F est indispensable pour l'analyse dimensionnelle de τ\tauτ.
Un condensateur chargé emmagasine de l'énergie électrique : EC=12 C uC2E_C = \tfrac{1}{2}\,C\,u_C^{2}EC​=21​CuC2​ (en joules). Cette énergie est stockée dans le champ électrique entre les armatures ; elle est restituée lors de la décharge. C'est ce qui fait du condensateur un réservoir d'énergie à libération rapide (flash d'appareil photo, soutien d'alimentation), à distinguer d'une batterie qui stocke de l'énergie chimique.
Circuit RC série en charge : une source idéale de tension EEE, un résistor RRR et un condensateur CCC en série. La loi des mailles donne E=uR+uCE = u_R + u_CE=uR​+uC​ ; avec uR=R iu_R = R\,iuR​=Ri et i=C duCdti = C\,\dfrac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t}i=CdtduC​​, on obtient l'équation différentielle d'ordre 1 : R C duCdt+uC=ER\,C\,\dfrac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + u_C = ERCdtduC​​+uC​=E. C'est, à nouveau, une équation linéaire à second membre constant — même structure que le refroidissement de Newton.
La solution en charge, avec un condensateur initialement déchargé uC(0)=0u_C(0) = 0uC​(0)=0, est uC(t)=E (1−e−t/τ)u_C(t) = E\,\left(1 - e^{-t/\tau}\right)uC​(t)=E(1−e−t/τ), de constante de temps τ=R C\tau = R\,Cτ=RC. La tension croît de 0 vers EEE. Le courant, lui, vaut i(t)=ER e−t/τi(t) = \dfrac{E}{R}\,e^{-t/\tau}i(t)=RE​e−t/τ : il est maximal à l'instant initial (E/RE/RE/R) puis décroît vers 0 à mesure que le condensateur se charge — quand uC→Eu_C \to EuC​→E, plus rien ne circule.
Décharge du condensateur (la source EEE est remplacée par un court-circuit) : l'équation devient R C duCdt+uC=0R\,C\,\dfrac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + u_C = 0RCdtduC​​+uC​=0, de solution uC(t)=E e−t/τu_C(t) = E\,e^{-t/\tau}uC​(t)=Ee−t/τ : la tension décroît de EEE vers 0, et l'énergie initialement stockée est dissipée par effet Joule dans le résistor. La même constante τ=R C\tau = R\,Cτ=RC gouverne charge et décharge.
Le temps caractéristique τ=R C\tau = R\,Cτ=RC donne l'échelle de durée. Analyse dimensionnelle : ohms × farads = (V·A⁻¹) × (A·s·V⁻¹) = secondes. À t=τt = \taut=τ, la charge a atteint uC=E(1−e−1)≈0,63 Eu_C = E(1 - e^{-1}) \approx 0{,}63\,EuC​=E(1−e−1)≈0,63E (63 % de la valeur finale) ; à la décharge, uC=E e−1≈0,37 Eu_C = E\,e^{-1} \approx 0{,}37\,EuC​=Ee−1≈0,37E (37 %). Le régime permanent est pratiquement atteint après 5τ5\tau5τ. On lit τ\tauτ sur une courbe par la tangente à l'origine (qui atteint la valeur finale à t=τt = \taut=τ) ou par le repère des 63 % / 37 %.
Applications. Ce comportement capacitif fonde les capteurs capacitifs (écrans tactiles, mesure d'humidité, de position, de niveau…), dont la grandeur mesurée modifie la capacité CCC, donc τ\tauτ, donc un temps de charge mesurable. Le couple RC sert aussi de circuit de temporisation (clignotants, minuteries) et de filtre fréquentiel. La continuité de uCu_CuC​ — un condensateur ne peut pas subir de saut de tension, car sa charge ne peut varier instantanément — explique la douceur de ces transitions.
i=dqdt=C duCdti = \dfrac{\mathrm{d}q}{\mathrm{d}t} = C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t}i=dtdq​=CdtduC​​

Intensité et relation capacitive

i est le débit de charges (A) ; pour un condensateur (convention récepteur), q = C·u_C donc i = C·du_C/dt.

EC=12 C uC2E_{C} = \tfrac{1}{2}\,C\,u_{C}^{2}EC​=21​CuC2​

Énergie stockée dans un condensateur

Énergie (J) emmagasinée dans le champ électrique entre les armatures ; restituée lors de la décharge.

R C duCdt+uC=ER\,C\,\dfrac{\mathrm{d}u_{C}}{\mathrm{d}t} + u_{C} = ERCdtduC​​+uC​=E

Équation différentielle du circuit RC en charge

Obtenue par la loi des mailles E = R·i + u_C et i = C·du_C/dt ; second membre E pour la charge, et 0 pour la décharge.

uC(t)=E(1−e−t/τ),τ=R Cu_{C}(t) = E\left(1 - e^{-t/\tau}\right), \quad \tau = R\,CuC​(t)=E(1−e−t/τ),τ=RC

Solution en charge et constante de temps

Charge : u_C croît de 0 vers E. Décharge : u_C(t) = E·e^(−t/τ) décroît de E vers 0. τ = R·C est en secondes.

i(t)=ER e−t/τi(t) = \dfrac{E}{R}\,e^{-t/\tau}i(t)=RE​e−t/τ

Courant de charge

Maximal à l'instant initial (E/R), il décroît vers 0 à mesure que u_C tend vers E : en régime permanent, plus aucun courant ne circule.

Charge et décharge du condensateur : u_C(t)

Charge et décharge (RC)Courbe de charge, racines en x = 0, ordonnée à l’origine y = 0, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 5, Courbe de décharge, ordonnée à l’origine y = 5, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 5, asymptote horizontale en y = 5123451234563 % E37 % EE = 5 VchargedéchargeuC (V)t (en unités de τ)
Fig. 10En charge, u_C atteint 63 % de E à t = τ ; en décharge, elle tombe à 37 % de E à t = τ. Régime permanent après ≈ 5τ.

Courant de charge : i(t) = (E/R)·e⁻t/τ

Courant pendant la chargeCourbe de i(t), ordonnée à l’origine y = 5, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 5, asymptote horizontale en y = 01234512345E/R = 5 mA37 % (t = τ)i → 0i(t)i (mA)t (en unités de τ)
Fig. 11Le courant est maximal (E/R) à la fermeture de l'interrupteur, puis décroît vers 0 : à t = τ, il ne vaut plus que 37 % de sa valeur initiale.
Exemple corrigé

Charge d'un condensateur dans un circuit RC

Un condensateur de capacité C = 470 μF, initialement déchargé, est mis en charge à travers un résistor R = 1,0 kΩ par une source idéale de tension E = 5,0 V. Établir l'équation différentielle vérifiée par u_C(t), donner sa solution, calculer le temps caractéristique τ, la tension u_C à t = τ et estimer la durée au bout de laquelle la charge est quasi terminée.

  1. 01Loi des mailles et relations de dipôle

    Dans le circuit série, la loi des mailles s'écrit E = u_R + u_C avec u_R = R·i et, pour le condensateur, i = C·du_C/dt. En substituant : E = R·C·du_C/dt + u_C.

    R C duCdt+uC=ER\,C\,\dfrac{\mathrm{d}u_C}{\mathrm{d}t} + u_C = ERCdtduC​​+uC​=E
  2. 02Solution avec la condition initiale

    Le condensateur est initialement déchargé : u_C(0) = 0. La solution de l'équation est une exponentielle qui croît de 0 vers E.

    uC(t)=E(1−e−t/τ)u_C(t) = E\left(1 - e^{-t/\tau}\right)uC​(t)=E(1−e−t/τ)
  3. 03Calcul du temps caractéristique

    Avec R = 1,0 × 10³ Ω et C = 470 μF = 470 × 10⁻⁶ F : τ = R·C = 1,0 × 10³ × 470 × 10⁻⁶ = 0,47 s.

  4. 04Tension à t = τ et durée de charge

    À t = τ : u_C(τ) = E·(1 − e⁻¹) ≈ 5,0 × 0,632 ≈ 3,2 V (soit 63 % de E). La charge est pratiquement terminée après environ 5τ = 5 × 0,47 ≈ 2,4 s, où u_C ≈ E.

Résultat : L'équation R·C·du_C/dt + u_C = E a pour solution u_C(t) = 5,0·(1 − e^(−t/0,47)) ; τ = 0,47 s, u_C(τ) ≈ 3,2 V, et la charge est quasi terminée après ≈ 5τ ≈ 2,4 s.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : établir l'équation différentielle vérifiée par uC(t)u_C(t)uC​(t) à partir de la loi des mailles et de la relation i=C duC/dti = C\,\mathrm{d}u_C/\mathrm{d}ti=CduC​/dt, puis vérifier que la solution exponentielle proposée la satisfait (avec les conditions uC(0)u_C(0)uC​(0) et uC(∞)u_C(\infty)uC​(∞)).
  • Objectif Bac : déterminer le temps caractéristique τ\tauτ sur une courbe expérimentale de charge ou de décharge (tangente à l'origine, ou abscisse à 63 % / 37 % de la valeur finale) et identifier le comportement capacitif d'un dipôle.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la tension uCu_CuC​ peut être discontinue : un condensateur ne peut pas subir de saut de tension (sa charge ne peut varier instantanément), d'où uC(0)=0u_C(0) = 0uC​(0)=0 au début de la charge.
  • Se tromper sur l'analyse dimensionnelle de τ\tauτ : le produit R CR\,CRC (ohms × farads) est bien homogène à un temps (en secondes) ; oublier de convertir les μF en F fausse l'ordre de grandeur.
  • Confondre la valeur finale en charge (uC→Eu_C \to EuC​→E) et en décharge (uC→0u_C \to 0uC​→0), ou intervertir les repères 63 % (charge) et 37 % (décharge).

Révision active

Un condensateur de capacité C = 470 μF, initialement déchargé, est mis en charge à travers un résistor R = 1,0 kΩ par une source idéale de tension E = 5,0 V. Établir l'équation différentielle vérifiée par u_C(t), donner sa solution, calculer le temps caractéristique τ, la tension u_C à t = τ et estimer la durée au bout de laquelle la charge est quasi terminée.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Système thermodynamique et modèle du gaz parfait○
    • 02Premier principe : énergie interne, travail et transfert thermique◐
    • 03Modes de transfert thermique, résistance thermique et bilan Terre-atmosphère◐
    • 04Loi de Newton du refroidissement et temps caractéristique●
    • 05Dynamique d'un système électrique : condensateur et circuit RC●

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Des fiches à l'entraînement

Énergie : conversions et transferts

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~36
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4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019

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Oscillateurs mécaniques

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