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La religion

La religion est une notion du programme de terminale (perspectives : « l’existence humaine et la culture », « la morale et la politique »). On y interroge le fait religieux (croyance, foi, rite, sacré), son rapport à la raison (peut-on prouver Dieu ? le repère croire/savoir), ses fonctions (lien social, sens, consolation) et les grandes critiques (Feuerbach, Marx, Nietzsche, Freud). Cette notion est pleinement au programme et évaluable à l’écrit (dissertation et explication de texte).

5 sections·~28 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 3 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·0999 / 13
Profil d’examen
Analyser la notion de religion et la distinguer de notions voisines — superstition, magie, simple opinion — et définir avec rigueur croyance, foi, rite et sacré.Problématiser le rapport de la religion et de la raison : la croyance religieuse est-elle irrationnelle, raisonnable, ou d’un autre ordre que le savoir ? (mobiliser le repère croire/savoir).Examiner les fonctions de la religion (lien social, sens de l’existence, consolation) et confronter les grandes critiques (Feuerbach, Marx, Nietzsche, Freud).Mobiliser des distinctions conceptuelles (croire/savoir, transcendant/immanent, médiat/immédiat, absolu/relatif) pour conduire une réflexion argumentée sur la religion.
Opérateurs :analyserdéfinirdistinguerproblématiserconfronterargumenterobjecterjustifierillustrer par un exempleinterpréter un texte

niveau de base

Maîtrisez d’abord les distinctions fondamentales — croyance / foi / savoir, religion / superstition, sacré / profane — et sachez résumer en une phrase chaque grande critique (Feuerbach : projection ; Marx : opium ; Freud : illusion).

niveau approfondi

Pour viser l’excellence, articulez les niveaux d’analyse (anthropologique, social, psychologique), confrontez précisément les auteurs (Pascal/Kant sur la preuve, Durkheim/Freud sur la fonction), et tenez la tension entre la critique de la religion et la question de sa vérité — critiquer son origine ne réfute pas son contenu.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. La religion
    • 01Le fait religieux : croyance, foi, rite et sacré○
    • 02Religion et raison : peut-on prouver l’existence de Dieu ?◐
    • 03Croire et savoir : la foi est-elle irrationnelle ?◐
    • 04Fonctions de la religion : lien social et sens de l’existence◐
    • 05Les critiques de la religion ; tolérance et laïcité●
§ 01

Le fait religieux : croyance, foi, rite et sacré#

●○○BaseLPeduscol-programme-philosophie-terminale

Croyance, foi, savoir, superstition : la carte des distinctions

Croire / savoir : le champ du fait religieuxGraphe, Fait religieux → Savoir, Fait religieux → Croyance, Fait religieux → Foi, Fait religieux → SuperstitionFaitreligieuxSavoirCroyanceFoiSuperstitionpreuvessans preuveengagementnon réglée
Fig. 1Le fait religieux (croyances + pratiques) mobilise quatre régimes du tenir-pour-vrai : le savoir (adhésion fondée sur des preuves), la croyance (adhésion sans preuve suffisante), la foi (confiance et engagement de la personne, d'un autre ordre que le savoir — non un savoir qui aurait échoué) et la superstition (croyance non réglée, pouvoir prêté à des objets).

Points clés

Le mot « religion » se rattache à deux étymologies latines débattues : « religare » (relier — la religion relie les hommes entre eux et à un principe transcendant) et « relegere » (recueillir, observer scrupuleusement le culte). Au-delà du débat, ces deux sens dessinent les deux faces du phénomène : un lien (à Dieu, à une communauté) et un ensemble d’observances réglées. Définition de travail : la religion est un système organisé de croyances et de pratiques relatives au sacré, qui relie une communauté de fidèles.
Il faut distinguer la croyance, la foi et le savoir. La croyance est une adhésion de l’esprit à une proposition tenue pour vraie sans preuve suffisante (je crois que…). Le savoir s’appuie sur des preuves ou une démonstration et peut, en droit, être universellement partagé. La foi (du latin « fides », confiance) n’est pas une croyance défaillante : c’est un engagement de toute la personne, une confiance qui passe par la volonté et le cœur, et qui assume de ne pas reposer sur une démonstration.
La religion doit être distinguée de la superstition et de la magie. La superstition est une croyance non réglée et souvent isolée, qui prête un pouvoir causal à des objets ou des gestes (porter chance, conjurer le mauvais sort). La magie vise à contraindre des forces pour obtenir un effet (efficacité technique). La religion, au contraire, est instituée, communautaire et tournée vers l’adoration : elle ne cherche pas à « forcer » le divin mais à le vénérer.
Le sacré est la catégorie centrale du fait religieux. Le sacré (du latin « sacer », mis à part) désigne ce qui est séparé, interdit, redoutable, par opposition au profane (« pro-fanum », ce qui est devant le temple, hors du sanctuaire). Rudolf Otto décrit l’expérience du sacré comme « mysterium tremendum et fascinans » : un mystère qui à la fois fait trembler (crainte) et fascine (attire). Le rite est l’ensemble des actes réglés (prières, sacrifices, fêtes) par lesquels une communauté entre en relation avec le sacré et se rassemble.
Repères à mobiliser : « croire / savoir » (la religion relève-t-elle de l’adhésion ou de la connaissance ?), « transcendant / immanent » (le sacré est-il un au-delà du monde ou une dimension du monde lui-même ?), « médiat / immédiat » (la foi est-elle une certitude immédiate du cœur ou passe-t-elle par des médiations : textes, rites, institution ?).
croire≠savoir:adheˊsion sans preuve⏟croyance    vs.    adheˊsion fondeˊe en raison⏟savoir\text{croire} \neq \text{savoir} : \quad \underbrace{\text{adhésion sans preuve}}_{\text{croyance}} \;\;\text{vs.}\;\; \underbrace{\text{adhésion fondée en raison}}_{\text{savoir}}croire=savoir:croyanceadheˊsion sans preuve​​vs.savoiradheˊsion fondeˊe en raison​​

Le repère croire / savoir

Le savoir prétend à des preuves universellement communicables ; la croyance est une adhésion subjective sans démonstration suffisante. La foi religieuse ne se range pas simplement sous « croyance » au sens péjoratif : elle peut être pensée comme un engagement (« fides », confiance) qui assume de n’être pas un savoir, sans pour autant être une erreur de raisonnement.

Exemple corrigé

Distinguer croire et savoir

Croire et savoir s’excluent-ils ? Dégagez le problème, examinez l’opposition apparente, puis montrez en quoi la foi peut relever d’un autre ordre que le savoir.

  1. 01Dégager le problème

    On oppose spontanément croire et savoir : je dis « je crois » quand justement je ne sais pas. La croyance semble alors une connaissance défaillante, vouée à s’effacer dès qu’un savoir la remplace. Mais cette opposition vaut-elle pour la foi religieuse ? Le problème est : la foi est-elle un croire inférieur au savoir, ou un rapport d’une autre nature ?

  2. 02Poser l’opposition de droit

    Le savoir se définit par des preuves communicables et, en principe, contraignantes pour tout esprit ; il vise l’universalité. La croyance, elle, est une adhésion subjective sans preuve suffisante : on peut y renoncer sans contradiction. À ce niveau, croire et savoir s’excluent : je ne « crois » pas que 2 et 2 font 4, je le sais.

  3. 03Distinguer la foi de la simple croyance

    Mais la foi n’est pas une opinion mal assurée que la science viendrait corriger. Avec Pascal, le « cœur » a ses raisons que la raison ne connaît pas : la foi est une confiance qui engage la volonté, non une hypothèse en attente de preuve. Kant, de son côté, montre que l’existence de Dieu ne peut être ni prouvée ni réfutée par la raison théorique : elle relève d’une « foi rationnelle », non d’un savoir.

  4. 04Conclure par la distinction des ordres

    Croire et savoir s’excluent si l’on parle du même objet et du même registre (je ne peux à la fois savoir et seulement croire une démonstration). Mais foi et savoir ne portent pas sur le même registre : l’une engage l’existence et le sens, l’autre établit des connaissances. Ils ne se contredisent pas — ils ne jouent pas sur le même terrain.

Résultat : Au sens strict, croire et savoir s’excluent : croire, c’est adhérer sans la preuve qui définit le savoir. Mais la foi religieuse ne se réduit pas à une croyance défaillante : elle est un engagement de la personne (Pascal) ou une « foi rationnelle » là où la raison théorique atteint ses limites (Kant). Foi et savoir relèvent dès lors d’ordres distincts, et leur opposition n’est pas une contradiction mais une différence de nature.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir construire et défendre les distinctions croyance / foi / savoir et religion / superstition / magie ; un correcteur attend des définitions précises, illustrées, et non un simple lexique récité.
  • Objectif Bac : montrer que le sacré n’est pas un objet parmi d’autres mais un rapport (séparation d’avec le profane), et savoir relier sacré et rite (le rite institue et entretient le partage sacré/profane).

Erreurs fréquentes

  • Confondre religion et superstition (ou magie) : on réduit alors la religion à une croyance naïve aux « forces occultes », en oubliant qu’elle est instituée, communautaire et tournée vers l’adoration, non vers l’efficacité.
  • Traiter la foi comme un simple manque de savoir (« il croit parce qu’il ne sait pas ») : c’est ignorer que la foi peut se définir, avec Pascal ou Kierkegaard, comme un autre ordre que le savoir — un engagement, non une opinion mal fondée.

Révision active

Croire et savoir s’excluent-ils ? En vous appuyant sur les distinctions croyance / foi / savoir, demandez-vous si la foi religieuse doit être tenue pour le contraire du savoir, ou si elle relève d’un ordre différent.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notion « la religion ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)

§ 02

Religion et raison : peut-on prouver l’existence de Dieu ?#

●●○StandardLPeduscol-programme-philosophie-terminale

Les preuves de l’existence de Dieu et leur critique

Prouver Dieu ? Les preuves et leur critiqueTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: La preuve · Son principe · Critique (Kant); Ontologique · du concept à l'existence · l'être n'est pas un prédicat; Cosmologique · de l'effet à une cause · saut hors de l'expérience; Téléologique · de l'ordre à un auteur · reconduit à l'ontologiqueLA PREUVESON PRINCIPECRITIQUE (KANT)ONTOLOGIQUEdu concept à l'existencel'être n'est pas un prédicatCOSMOLOGIQUEde l'effet à une causesaut hors de l'expérienceTÉLÉOLOGIQUEde l'ordre à un auteurreconduit à l'ontologique
Fig. 2Trois preuves de l'existence de Dieu et leur critique kantienne : ontologique (du concept à l'existence — mais « l'être n'est pas un prédicat réel »), cosmologique (de l'effet à une cause première — saut hors de l'expérience), téléologique (de l'ordre à un auteur — reconduit à l'ontologique). Bilan : la raison théorique ne peut ni prouver ni réfuter Dieu ; Kant « limite le savoir pour faire place à la croyance ».

Points clés

La tradition a élaboré des « preuves » de l’existence de Dieu. La preuve ontologique (Anselme, reprise par Descartes) part du concept de Dieu : Dieu est l’être parfait ; or un être parfait qui n’existerait pas serait moins parfait qu’un être existant ; donc l’existence appartient à son essence. Elle prétend tirer l’existence du seul concept.
La preuve cosmologique part du monde : tout ce qui existe a une cause ; pour éviter une régression à l’infini, il faut poser une cause première non causée — Dieu. La preuve physico-théologique (ou téléologique) part de l’ordre et de la finalité observés dans la nature (l’« horloger » dont l’ouvrage suppose un horloger) pour conclure à un auteur intelligent du monde.
Kant ruine la prétention de ces preuves dans la « Critique de la raison pure ». Contre la preuve ontologique, il objecte que « l’être n’est pas un prédicat réel » : ajouter « existe » à un concept n’en augmente pas le contenu (cent thalers possibles et cent thalers réels ont le même concept). On ne peut donc faire sortir l’existence d’une simple définition. Les preuves cosmologique et téléologique, montre-t-il, reposent en dernière instance sur la preuve ontologique et dépassent illégitimement les limites de l’expérience.
La conclusion de Kant n’est pas l’athéisme. La raison théorique ne peut ni prouver ni réfuter l’existence de Dieu : Dieu est une « Idée » de la raison, indispensable mais indémontrable. Kant « limite le savoir pour faire place à la croyance » : Dieu devient un postulat de la raison pratique (morale), non un objet de connaissance. La religion se tiendra « dans les limites de la simple raison ».
Pascal déplace le problème avec le pari : la raison ne peut trancher l’existence de Dieu (« Dieu est ou il n’est pas »), mais nous devons miser. Si je parie pour Dieu et qu’il existe, je gagne un bien infini ; si je perds, je perds peu. Le pari n’est pas une preuve de l’existence de Dieu : c’est un argument prudentiel qui pousse à parier pour la foi — laquelle relève finalement du cœur, non du calcul.
Exemple corrigé

La raison peut-elle prouver l’existence de Dieu ?

Peut-on prouver l’existence de Dieu ? Exposez la preuve ontologique, opposez-lui la critique de Kant, puis tirez-en les conséquences pour le statut de la foi.

  1. 01Exposer la preuve ontologique

    Selon Anselme, puis Descartes, Dieu est l’être souverainement parfait. Or l’existence est une perfection. Donc un Dieu qui n’existerait pas serait imparfait, ce qui contredit son concept. L’existence appartiendrait ainsi à l’essence de Dieu, comme l’égalité des angles appartient à l’essence du triangle : penser Dieu, ce serait déjà le poser comme existant.

  2. 02Opposer l’objection de Kant

    Kant répond que « l’être n’est pas un prédicat réel ». Dire qu’une chose existe n’ajoute rien à son concept : cent thalers réels n’ont pas un thaler de plus dans leur concept que cent thalers seulement pensés. L’existence n’est pas une propriété qu’on pourrait inclure dans une définition ; on ne peut donc pas tirer l’existence de Dieu de son seul concept.

  3. 03Étendre la critique aux autres preuves

    Kant montre que la preuve cosmologique (cause première) et la preuve téléologique (ordre du monde) s’appuient en dernière instance sur la preuve ontologique pour conclure à un être nécessaire, et qu’elles dépassent les bornes de l’expérience. Aucune preuve théorique ne peut donc établir l’existence de Dieu.

  4. 04Conclure sur le statut de la foi

    L’échec des preuves n’est pas un échec de la religion. La raison ne peut ni prouver ni réfuter Dieu : elle laisse la question ouverte. Dieu devient une Idée de la raison et un postulat de la morale (Kant), ou l’affaire d’un engagement du cœur (Pascal). La foi n’a pas besoin de preuve : elle commence là où la preuve s’arrête.

Résultat : On ne peut pas prouver l’existence de Dieu par la raison théorique : la preuve ontologique échoue (l’être n’est pas un prédicat réel), et les autres preuves la présupposent ou outrepassent l’expérience. Mais cet échec ne réfute pas Dieu ; il déplace la question, de la connaissance vers la croyance et l’engagement. La foi relève d’un autre ordre que la démonstration.

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    Partons d’une question vertigineuse : peut-on prouver que Dieu existe ? Pendant des siècles, des philosophes l’ont cru. Anselme propose une preuve qui ne regarde même pas le monde : elle part du seul concept de Dieu.

  2. 2

    L’argument : Dieu est l’être parfait ; l’existence est une perfection ; donc Dieu existe nécessairement. Penser Dieu sans existence serait une contradiction, comme penser un triangle sans ses trois angles.

  3. 3

    Mais Kant fait tout basculer avec une phrase. « L’être n’est pas un prédicat réel. » Dire qu’une chose existe n’ajoute rien à son concept : cent pièces réelles ne contiennent pas une pièce de plus, dans leur idée, que cent pièces seulement imaginées.

  4. 4

    La leçon n’est pas l’athéisme. La raison théorique ne peut ni prouver ni réfuter Dieu. Kant « limite le savoir pour faire place à la croyance » : Dieu n’est plus un objet de connaissance, mais une Idée de la raison et un postulat de la morale. La foi commence où la preuve s’arrête.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : exposer clairement au moins deux « preuves » (ontologique, cosmologique ou téléologique) et la critique kantienne (« l’être n’est pas un prédicat réel »), sans confondre les arguments.
  • Objectif Bac : ne pas conclure trop vite. Montrer que l’échec des preuves ne réfute pas la foi : il déplace la question de la connaissance vers l’engagement (Kant, Pascal).

Erreurs fréquentes

  • Présenter le pari de Pascal comme une « preuve de l’existence de Dieu » : c’est un contresens classique. Le pari ne démontre rien sur Dieu ; il calcule l’intérêt à parier pour la foi face à une incertitude rationnelle.
  • Croire que Kant prouve que Dieu n’existe pas : Kant montre l’inverse — la raison théorique ne peut ni prouver ni réfuter, ce qui ouvre la place à une foi rationnelle, non à l’athéisme.

Révision active

Peut-on prouver l’existence de Dieu ? Exposez une preuve classique, conduisez son examen critique (Kant), puis demandez-vous ce que devient la foi une fois admise l’impossibilité d’une démonstration.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notion « la religion ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)

§ 03

Croire et savoir : la foi est-elle irrationnelle ?#

●●○StandardLPeduscol-programme-philosophie-terminale

Foi et raison : trois positions

La foi est-elle irrationnelle ? Trois positionsArbre de probabilité, 3 chemins, Données: Irrationnelle : croire sans preuve; Autre ordre : engagement (Kierkegaard); Raisonnable : s'accorde à la raisonLa foi est-elle irrationnelle ?Irrationnelle : croire sans preuveAutre ordre : engagement (Kierkegaard)Raisonnable : s'accorde à la raison
Fig. 3Trois positions sur la foi : irrationnelle (croire sans preuve trahit la raison), d'un autre ordre que le savoir (engagement, confiance — Pascal, Kierkegaard), raisonnable (elle s'accorde avec la raison). Deux dérives à éviter : le fanatisme (prendre la foi pour un savoir certain) et le fidéisme aveugle (refuser tout examen critique).

Points clés

Trois positions structurent le débat. (1) La foi est irrationnelle : croire sans preuve, c’est trahir la raison (position rationaliste critique). (2) La foi est raisonnable : elle peut s’accorder avec la raison, voire être éclairée par elle (la théologie « rationnelle »). (3) La foi est d’un autre ordre que le savoir : elle n’a pas à être prouvée, parce qu’elle n’est pas une connaissance mais un engagement (Pascal, Kierkegaard).
Pascal distingue les « trois ordres » (les corps, les esprits, la charité) et oppose l’« esprit de géométrie » à l’« esprit de finesse ». « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » : il ne s’agit pas de sentiment vague mais d’un mode de connaissance immédiat, distinct du raisonnement démonstratif. La foi est « Dieu sensible au cœur, non à la raison » : elle n’est pas contre la raison, elle est au-delà de son ordre.
Kierkegaard radicalise : la foi est un « saut », un risque assumé. La vérité religieuse est « subjective » au sens où elle engage l’existence singulière du croyant ; elle ne peut être garantie par aucune preuve objective. Croire, c’est tenir pour certain ce qui reste objectivement incertain — non par bêtise, mais par décision existentielle.
Une distinction utile : croire « que » (assentir à un énoncé : croire que Dieu existe) et croire « en » (faire confiance, s’en remettre à : croire en Dieu). La foi religieuse est d’abord un « croire en » — une relation de confiance —, et non la simple acceptation d’une proposition. Cela explique qu’elle ne s’effondre pas faute de preuve : elle n’a jamais reposé sur une preuve.
Le danger symétrique est double. Si l’on confond foi et savoir, on tombe soit dans le fanatisme (imposer sa croyance comme une science certaine, persécuter ceux qui en doutent), soit dans le fidéisme aveugle (refuser tout examen). La voie philosophique consiste à reconnaître que la foi n’est ni un savoir ni une absurdité, et qu’elle peut s’accompagner d’un usage critique de la raison (distinguer croyance et superstition, examiner les textes, refuser l’intolérance).
Exemple corrigé

La foi est-elle l’ennemie de la raison ?

La foi est-elle l’ennemie de la raison ? Examinez l’objection rationaliste, opposez-lui l’idée d’un autre ordre (Pascal), puis montrez à quelles conditions foi et raison peuvent coexister.

  1. 01Poser l’objection rationaliste

    On peut soutenir que croire sans preuve est une faute contre la raison : la foi accepterait pour vrai ce qui n’est pas démontré, et l’histoire montre que la confusion de la foi et du savoir nourrit le fanatisme et l’intolérance. La foi serait alors l’ennemie de la raison.

  2. 02Distinguer foi, superstition et fanatisme

    Mais l’objection vise surtout la superstition (croyance non réglée) et le fanatisme (foi qui se prend pour un savoir certain et persécute le doute). La foi authentique peut, au contraire, faire usage de la raison : critiquer les superstitions, examiner les textes, respecter la liberté de conscience. Elle n’exige pas l’abdication de l’esprit.

  3. 03Penser la foi comme un autre ordre

    Avec Pascal, la foi relève d’un ordre distinct de la démonstration : « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. » La foi est « Dieu sensible au cœur », un engagement de la personne, non une hypothèse en quête de preuve. Elle n’est donc ni contre la raison ni réductible à elle : elle est ailleurs. Kierkegaard parle d’un « saut », d’une décision existentielle assumée comme risque.

  4. 04Conclure sur la coexistence

    Foi et raison ne sont ennemies que lorsqu’on les place sur le même terrain — quand la foi prétend être un savoir, ou quand la raison prétend trancher seule des questions ultimes. Bien distinguées, elles peuvent coexister : la raison garde sa liberté critique, la foi garde son ordre propre, l’engagement.

Résultat : La foi n’est pas, par essence, l’ennemie de la raison : c’est sa perversion (fanatisme, superstition) qui l’est. Distinguée du savoir comme un « autre ordre » — celui du cœur et de l’engagement (Pascal), du saut existentiel (Kierkegaard) —, la foi n’abolit pas la raison. Elles entrent en conflit seulement lorsqu’on confond leurs domaines ; bien réparties, elles peuvent coexister.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir tenir ensemble les trois positions (irrationnelle / raisonnable / d’un autre ordre) et trancher de façon argumentée, en mobilisant Pascal (« le cœur a ses raisons »).
  • Objectif Bac : manier la distinction croire « que » / croire « en » pour montrer que la foi est d’abord une confiance, ce qui désamorce l’objection « croire, c’est ne pas savoir ».

Erreurs fréquentes

  • Assimiler toute croyance religieuse au fanatisme : c’est confondre la foi (qui peut être lucide et tolérante) avec sa perversion (qui confond croyance et savoir certain, et persécute le doute).
  • Réduire « le cœur a ses raisons » à une simple affaire de sentiment ou d’émotion : pour Pascal, le cœur est un mode de connaissance (il connaît immédiatement les premiers principes), non l’inverse de la raison.

Révision active

La foi est-elle l’ennemie de la raison ? Distinguez la foi de la superstition et du fanatisme, examinez l’idée que la foi serait d’un autre ordre que le savoir, et demandez-vous si raison et foi peuvent coexister.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notion « la religion ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)

§ 04

Fonctions de la religion : lien social et sens de l’existence#

●●○StandardLPeduscol-programme-philosophie-terminale

Le sacré et le profane : la fonction sociale du religieux (Durkheim)

Le sacré et le profane (Durkheim)Tableau de 2 colonnes et 3 lignes, Données: Profane · Sacré; le quotidien · mis à part; le travail, l'ordinaire · interdit, vénéré; d'usage libre · objet du rite, du cultePROFANESACRÉle quotidienmis à partle travail, l'ordinaireinterdit, vénéréd'usage libreobjet du rite, du culte
Fig. 4Durkheim distingue le profane (le quotidien, le travail, l'ordinaire) et le sacré (mis à part, interdit, vénéré). Le rite fait passer de l'un à l'autre et rassemble la communauté : dans le culte, la société se vénère elle-même. Fonction de la religion : l'intégration sociale, la cohésion du groupe.

Points clés

On peut interroger la religion non seulement par sa vérité, mais par ses fonctions : à quoi sert-elle dans l’existence humaine et dans la société ? Trois grandes fonctions sont classiquement distinguées : une fonction sociale (faire tenir ensemble une communauté), une fonction existentielle (donner sens à la vie, à la souffrance, à la mort) et une fonction consolatrice (apaiser l’angoisse devant le malheur et la finitude).
Durkheim aborde la religion comme un « fait social » à analyser scientifiquement (« Les Formes élémentaires de la vie religieuse », 1912). Il définit la religion par la division du monde en deux domaines : le sacré et le profane. La religion est « un système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées […] qui unissent en une même communauté morale, appelée Église, tous ceux qui y adhèrent ».
Pour Durkheim, dans le culte, c’est en réalité la société qui se vénère elle-même : le sacré est l’expression symbolique de la puissance du collectif sur l’individu. La fonction essentielle de la religion est l’intégration sociale : les rites rassemblent, ravivent la « conscience collective » et renforcent le lien entre les membres du groupe. La religion fait la cohésion du groupe.
Cette approche fonctionnelle, sociologique, est neutre sur la vérité : Durkheim n’affirme ni ne nie l’existence de Dieu ; il décrit ce que la religion fait dans la société. Sa portée est forte (elle éclaire le rôle des rites, des fêtes, des symboles partagés), mais limitée : montrer que la religion remplit une fonction sociale ne dit rien de la vérité de ses croyances.
À la fonction sociale s’ajoute une fonction de sens : la religion propose une réponse aux questions que la science ne traite pas — pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? que vaut une vie ? que devient-on après la mort ? Cette fonction explique la persistance du religieux, mais ouvre aussi sur les critiques de la section suivante : et si ce besoin de sens et de consolation suffisait à expliquer la religion, sans qu’elle soit vraie ?
Exemple corrigé

La fonction sociale épuise-t-elle la religion ?

La religion s’explique-t-elle par sa fonction sociale ? Exposez la thèse de Durkheim, mesurez sa portée, puis examinez ce qu’elle laisse de côté.

  1. 01Exposer la thèse durkheimienne

    Durkheim définit la religion par le partage du monde entre sacré et profane et par un ensemble de croyances et de pratiques qui « unissent en une même communauté morale » ceux qui y adhèrent. Sa fonction première est l’intégration sociale : les rites rassemblent le groupe et raniment la conscience collective. Dans le culte, la société se rend en quelque sorte un culte à elle-même.

  2. 02Mesurer la portée de l’analyse

    Cette approche est puissante : elle explique pourquoi toute société a ses rites, ses fêtes, ses symboles ; pourquoi le sacré commande le respect et l’interdit ; pourquoi la religion résiste si bien. Elle a aussi le mérite de la neutralité : elle décrit ce que fait la religion sans préjuger de la vérité de ses croyances.

  3. 03Marquer ses limites

    Mais montrer que la religion remplit une fonction ne dit rien de sa vérité : une croyance peut être socialement utile et fausse, ou utile et vraie. De plus, la fonction sociale n’épuise pas le phénomène : la religion répond aussi à une exigence individuelle de sens (la mort, la souffrance, la destinée), que la seule cohésion du groupe n’explique pas.

  4. 04Conclure

    L’analyse fonctionnelle éclaire un aspect réel et important de la religion — son rôle de lien social —, sans l’épuiser ni la réfuter. Elle décrit l’utilité, non la vérité ; le collectif, non tout le rapport personnel au sens et au sacré.

Résultat : La religion s’explique en partie par sa fonction sociale : avec Durkheim, elle apparaît comme un puissant facteur d’intégration, où la société se vénère à travers le sacré. Mais cette explication, neutre sur la vérité, ne l’épuise pas : elle laisse de côté la fonction existentielle (donner sens à la vie et à la mort) et ne tranche pas la question de la vérité des croyances. Décrire à quoi sert la religion ne dit pas ce qu’elle vaut.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : exposer rigoureusement la définition durkheimienne (sacré / profane, fonction d’intégration sociale) et savoir l’employer pour analyser un rite ou une fête.
  • Objectif Bac : distinguer nettement la question de la fonction (à quoi sert la religion ?) et la question de la vérité (Dieu existe-t-il ?) — un bon devoir ne déduit pas l’une de l’autre.

Erreurs fréquentes

  • Croire que Durkheim « prouve que Dieu n’existe pas » : son analyse est sociologique et reste neutre sur la vérité religieuse ; elle décrit une fonction, elle ne réfute pas un contenu de foi.
  • Réduire la religion à un simple ciment social, en oubliant sa fonction existentielle (le sens, la mort, la souffrance) : c’est manquer la moitié du phénomène et son rapport à l’existence individuelle.

Révision active

La religion s’explique-t-elle par sa fonction sociale ? En vous appuyant sur Durkheim (sacré / profane, intégration), demandez-vous si décrire l’utilité sociale de la religion suffit à rendre compte de ce qu’elle est.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notion « la religion ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)

§ 05

Les critiques de la religion ; tolérance et laïcité#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-philosophie-terminale

Carte des critiques de la religion : projection, aliénation, illusion

Les critiques de la religion : projection, aliénation, illusionArbre de probabilité, 3 chemins, Données: Feuerbach : projection; Marx : aliénation (opium); Freud : illusionD'où vient le besoin de croire ?Feuerbach : projectionMarx : aliénation (opium)Freud : illusion
Fig. 5Trois grandes critiques de la religion : Feuerbach (projection — l'homme projette en Dieu ses propres qualités infinies), Marx (aliénation, « opium du peuple » — la misère sociale produit une consolation qui endort la révolte), Freud (illusion — croyance commandée par le désir d'un Père protecteur). Limite : expliquer l'origine d'une croyance ne prouve pas qu'elle est fausse (sophisme génétique).

Points clés

La modernité a développé des critiques de la religion qui ne cherchent pas à réfuter Dieu directement, mais à expliquer l’origine de la croyance par autre chose qu’une révélation. Quatre figures majeures à connaître : Feuerbach (la religion comme projection), Marx (la religion comme aliénation sociale), Freud (la religion comme illusion psychique) et Nietzsche (critique morale et généalogique, « la mort de Dieu »). Paul Ricœur a réuni les trois derniers — Marx, Nietzsche, Freud — sous le nom de « maîtres du soupçon », parce qu’ils interprètent la conscience comme une fausse conscience qu’il s’agit de déchiffrer.
Feuerbach (« L’Essence du christianisme ») : la religion est une projection. L’homme attribue à un Dieu imaginaire ses propres qualités portées à l’infini (toute-puissance, bonté, savoir). Ce n’est pas Dieu qui a créé l’homme, c’est l’homme qui a créé Dieu à son image. Comprendre la religion, c’est faire de la théologie une anthropologie : se réapproprier ce qu’on avait aliéné dans le ciel.
Marx reprend et déplace Feuerbach : « La religion est le soupir de la créature accablée […], elle est l’opium du peuple. » L’illusion religieuse a une racine sociale : c’est la misère réelle qui produit la consolation religieuse. La religion endort la révolte en promettant un bonheur dans l’au-delà ; il ne suffit donc pas de critiquer la religion, il faut transformer les conditions sociales qui la rendent nécessaire.
Freud (« L’Avenir d’une illusion ») : la religion est une illusion, c’est-à-dire une croyance commandée par le désir (et non, nécessairement, une erreur). Elle protège contre la détresse de l’homme face à la nature et à la mort, en projetant la figure d’un Père tout-puissant et protecteur. La religion est comparée à une « névrose obsessionnelle universelle » de l’humanité. Important : « illusion » ne signifie pas « fausseté prouvée » — Freud ne prétend pas réfuter Dieu, mais expliquer le besoin de croire.
Nietzsche déplace la critique sur le terrain moral et généalogique. Avec « la mort de Dieu » (« Le Gai Savoir », « Ainsi parlait Zarathoustra »), il ne prétend pas démontrer que Dieu n’existe pas : il constate que la croyance en Dieu a cessé d’ordonner la culture occidentale, et il en interroge les conséquences (le nihilisme, la perte des repères). Sa généalogie (« Généalogie de la morale ») dénonce la morale chrétienne comme une « morale d’esclaves », née du « ressentiment » des faibles contre les forts : la religion y est suspectée d’avoir retourné les valeurs (humilité, pitié, au-delà) contre la vie et la puissance d’affirmation. La critique nietzschéenne porte donc moins sur la vérité de Dieu que sur la valeur des valeurs religieuses pour l’existence.
Limite décisive de ces critiques (à savoir manier au Bac) : expliquer la genèse psychologique ou sociale d’une croyance ne prouve pas qu’elle est fausse — ce serait un sophisme génétique. Ces critiques visent l’origine et la fonction du croire, non directement la vérité du contenu. — Sur le plan politique, la coexistence des croyances appelle la tolérance (Locke : l’État ne peut contraindre les consciences) et, en France, la laïcité : la loi de 1905 (« Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État ») garantit la liberté de conscience et la neutralité de l’État, qui « ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ».
Exemple corrigé

Critiquer l’origine d’une croyance, est-ce la réfuter ?

Les critiques de la religion (Feuerbach, Marx, Freud) en réfutent-elles la vérité ? Présentez leur démarche commune, puis examinez sa portée et sa limite logique.

  1. 01Dégager la démarche commune

    Feuerbach, Marx et Freud ne discutent pas d’abord l’existence de Dieu : ils expliquent le besoin de croire. Pour Feuerbach, la religion est la projection des qualités humaines infiniment grandies. Pour Marx, elle est l’« opium du peuple », une consolation née de la misère sociale, qui endort la révolte. Pour Freud, elle est une « illusion », une croyance commandée par le désir d’un Père protecteur face à la détresse.

  2. 02Mesurer la portée critique

    Ces analyses sont fortes : elles montrent que la croyance répond à des besoins humains réels (sens, consolation, sécurité), et qu’on peut en faire la généalogie sans recourir à une révélation. Elles déplacent le regard de l’objet (Dieu) vers le sujet qui croit et vers ses conditions psychiques et sociales.

  3. 03Pointer la limite logique

    Mais expliquer pourquoi les hommes croient ne montre pas que ce qu’ils croient est faux : c’est le sophisme génétique. Une croyance peut avoir une origine intéressée (le désir, la peur, l’ordre social) et être pourtant vraie ; inversement, une croyance désintéressée peut être fausse. La genèse du croire et la vérité du cru sont deux questions distinctes. Freud lui-même précise qu’une illusion n’est pas nécessairement une erreur.

  4. 04Conclure

    Les critiques de la religion réfutent une certaine naïveté — l’idée que la croyance tomberait du ciel, sans racines humaines —, mais elles ne réfutent pas la vérité de la religion. Elles éclairent l’origine et la fonction de la foi ; la question de Dieu, elle, reste indécidée par la raison théorique (Kant).

Résultat : Non : ces critiques n’établissent pas la fausseté de la religion. Elles expliquent magistralement l’origine et la fonction de la croyance (projection, aliénation, illusion), mais conclure de là que Dieu n’existe pas serait un sophisme génétique. Elles ruinent une foi naïve et invitent à la lucidité ; elles ne tranchent pas, pour autant, la question de la vérité — qui demeure d’un autre ordre que le savoir.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : restituer avec précision et sans les confondre les grandes critiques — projection (Feuerbach), aliénation / opium (Marx), illusion (Freud), « mort de Dieu » et généalogie de la morale (Nietzsche) — et citer correctement « l’opium du peuple ».
  • Objectif Bac : savoir objecter aux critiques (le sophisme génétique : expliquer l’origine d’une croyance ne réfute pas son contenu), et relier la pluralité des croyances aux principes de tolérance et de laïcité.

Erreurs fréquentes

  • Croire que ces auteurs « prouvent que Dieu n’existe pas » : ils expliquent le besoin de croire (projection, aliénation, illusion), ils ne réfutent pas l’existence de Dieu. Confondre genèse de la croyance et vérité du contenu est un sophisme.
  • Traduire « illusion » (Freud) par « erreur » ou « mensonge » : pour Freud, une illusion est une croyance motivée par le désir, qui peut se révéler vraie ou fausse — ce n’est pas une fausseté démontrée.

Révision active

Les critiques de la religion en réfutent-elles la vérité ? Présentez l’une des grandes critiques (Feuerbach, Marx ou Freud), puis demandez-vous si expliquer l’origine d’une croyance suffit à montrer qu’elle est fausse.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notion « la religion ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État (texte de référence sur la laïcité) (Légifrance — République française)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Le fait religieux : croyance, foi, rite et sacré○
    • 02Religion et raison : peut-on prouver l’existence de Dieu ?◐
    • 03Croire et savoir : la foi est-elle irrationnelle ?◐
    • 04Fonctions de la religion : lien social et sens de l’existence◐
    • 05Les critiques de la religion ; tolérance et laïcité●

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Références et sources

Sources

Éduscol — ministère de l’Éducation nationale

  • Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notion « la religion »)

Légifrance — République française

  • Loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État (texte de référence sur la laïcité)

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