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Mers et océans au cœur de la mondialisation

Thème 1 de géographie de terminale (enseignement commun, voie générale, BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) : les mers et les océans sont devenus les vecteurs essentiels de la mondialisation. Le programme articule deux questions — « Mers et océans : vecteurs essentiels de la mondialisation » (flux, routes, ressources) et « Mers et océans : entre appropriation, protection et liberté de circulation » (droit de la mer, ZEE, rivalités) — puis une question spécifique sur la France, deuxième zone économique exclusive (ZEE) du monde. Le thème est au programme actuel de terminale et est évalué dans le cadre du contrôle continu.

4 sections·~18 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·111111 / 12
Profil d’examen
geo-localiser · Nommer et localiser les grands repères maritimes (océans, mers, détroits, canaux, façades et hubs portuaires) et un lieu dans un espace géographiquegeo-croquis · Utiliser le langage cartographique : réaliser un croquis (et sa légende organisée) de l'espace maritime mondialiségeo-analyse · Procéder à l'analyse critique de documents géographiques (cartes de flux, données statistiques, images, textes du droit de la mer)geo-demarche · Conduire et justifier une démarche géographique articulant ressources, flux et conflictualités, en pratiquant le changement d'échelle
Opérateurs :localiserdécrireexpliqueranalyser (un document)justifierréaliser un croquis

niveau de base

Maîtrise d'abord les repères et le vocabulaire-clé (maritimisation, ZEE, façade, route maritime, détroit/canal stratégique) et sache localiser les grands passages et façades sur un planisphère.

niveau approfondi

Construis une argumentation problématisée et multiscalaire : relie ressources, routes et rivalités, mobilise le droit de la mer (convention de Montego Bay, 1982) et illustre par des exemples précis (Ormuz, Malacca, mer de Chine méridionale, ZEE française ultramarine).

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Sommaire · 4 sections▾
  1. Mers et océans au cœur de la mondialisation
    • 01Mers et océans, vecteurs de la mondialisation : flux et routes maritimes○
    • 02Des espaces de ressources convoités : halieutiques, énergétiques et minières◐
    • 03Appropriation, protection et tensions : le droit de la mer et les rivalités géostratégiques●
    • 04La France : une puissance maritime grâce à sa ZEE mondiale◐
§ 01

Mers et océans, vecteurs de la mondialisation : flux et routes maritimes#

●○○BaseLPeduscol-programme-histoire-geographie

Façade maritime et hinterland

L'interface portuaireSchéma avec 5 éléments, Large (routes maritimes), Port (façade maritime), Arrière-pays (hinterland), navires, rail, route, fleuveLarge (routesmaritimes)Port (façademaritime)Arrière-pays(hinterland)naviresrail, route,fleuve

Points clés

Maritimisation : processus par lequel l'économie mondiale s'appuie de plus en plus sur la mer ; environ 80 % du commerce mondial de marchandises en volume transite par voie maritime, ce qui fait des océans la colonne vertébrale logistique de la mondialisation.
La conteneurisation (généralisation du conteneur standardisé, dit « boîte ») a abaissé le coût et le temps de la manutention : elle permet la massification des flux, le transport intermodal (navire / train / camion) et l'allongement des chaînes de valeur mondiales.
Les routes maritimes majeures relient les grandes façades (Asie orientale, Northern Range en Europe, façade Est des États-Unis) en empruntant des passages stratégiques : détroits naturels (Ormuz, Malacca, Bab el-Mandeb, Gibraltar, Bosphore) et canaux artificiels (Suez, Panama), points de passage obligés où la circulation est dense et vulnérable.
Le transport maritime se hiérarchise autour de hubs portuaires (Shanghai, Singapour, Rotterdam) en réseau, articulés à leur arrière-pays (hinterland) par des plateformes multimodales ; les plus grands ports concentrent l'essentiel des trafics et commandent l'organisation des espaces.
Le GIGANTISME naval accompagne la massification : les plus grands porte-conteneurs dépassent aujourd'hui 24 000 EVP, ce qui oblige à agrandir et à draguer sans cesse les ports et concentre le trafic sur les quelques hubs capables de les accueillir. Cette course à la taille rend les chaînes logistiques plus efficaces mais aussi plus VULNÉRABLES : l'échouage du porte-conteneurs Ever Given dans le canal de Suez (mars 2021) a bloqué près d'une semaine l'une des routes les plus fréquentées du globe, révélant la fragilité de points de passage saturés, exposés à la piraterie (golfe d'Aden, golfe de Guinée) et aux tensions géopolitiques — d'où leur surveillance par les grandes marines.
4714≈3,36\dfrac{47}{14} \approx 3{,}361447​≈3,36

Rapport de concentration portuaire

Le port de Shanghai (≈ 47 millions d'EVP) traite environ 3,36 fois plus de conteneurs que Rotterdam (≈ 14 millions d'EVP) : un repère chiffré simple pour mesurer la polarisation des trafics.

Trafic conteneurisé des principaux ports mondiaux (millions d'EVP, ordre de grandeur 2022)

Trafic conteneurisé des grands ports (2022, M EVP)Diagramme en barres: Millions d'EVP (conteneurs) selon Port, Données: Millions d'EVP (conteneurs) · Shanghai: 47; Millions d'EVP (conteneurs) · Singapour: 37; Millions d'EVP (conteneurs) · Ningbo: 33; Millions d'EVP (conteneurs) · Shenzhen: 30; Millions d'EVP (conteneurs) · Rotterdam: 14010203040ShanghaiSingapourNingboShenzhenRotterdam4737333014Millions d'EVP (conteneurs)Port
Exemple corrigé

Analyser la hiérarchie portuaire mondiale

À l'aide du graphique des trafics conteneurisés (en millions d'EVP), décrivez la hiérarchie des grands ports mondiaux, puis expliquez ce qu'elle révèle de la géographie de la mondialisation.

  1. 01Lire le document

    Le graphique classe cinq ports par trafic de conteneurs, mesuré en EVP (équivalent vingt pieds, l'unité de comptage des conteneurs). Shanghai domine avec environ 47 millions d'EVP, devant Singapour (≈ 37), Ningbo (≈ 33), Shenzhen (≈ 30) et Rotterdam (≈ 14).

  2. 02Décrire la hiérarchie

    Le trafic est très inégalement réparti : Shanghai traite environ 3,4 fois plus de conteneurs que Rotterdam. Quatre des cinq ports sont chinois ou est-asiatiques ; un seul, Rotterdam, est européen.

  3. 03Quantifier l'écart

    Rapport Shanghai / Rotterdam : 47 / 14 ≈ 3,36. La concentration des trafics traduit une polarisation de l'économie-monde autour de quelques hubs.

  4. 04Interpréter

    La domination est-asiatique reflète le rôle d'« atelier du monde » de la Chine et de l'Asie orientale dans les chaînes de valeur mondiales ; Singapour est un hub de transbordement situé sur le détroit de Malacca ; Rotterdam commande la façade européenne (Northern Range) et un vaste hinterland rhénan.

Résultat : La hiérarchie portuaire est très polarisée et dominée par l'Asie orientale : elle montre que les mers et les océans organisent une mondialisation concentrée autour de quelques façades et hubs reliés à de vastes arrière-pays.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : localiser et nommer sans hésitation les grands détroits, canaux, façades et hubs sur un planisphère muet — c'est un attendu de repérage récurrent.
  • Objectif Bac : expliquer en quoi le transport maritime est à la fois la condition et le révélateur de la mondialisation (massification, conteneurisation, mise en réseau des façades).
  • Objectif Bac : illustrer la VULNÉRABILITÉ des routes maritimes par un exemple précis (blocage de Suez par l'Ever Given en 2021, piraterie dans le golfe de Guinée) pour nuancer l'image d'une mondialisation fluide.

Erreurs fréquentes

  • Confondre un détroit (passage maritime naturel entre deux terres : Ormuz, Malacca) et un canal (voie d'eau artificielle creusée par l'homme : Suez, Panama).
  • Citer « 80 % du commerce mondial » sans préciser « en volume (tonnage) » : en valeur, la part de la mer est plus faible, le transport aérien acheminant des biens de haute valeur et faible poids.

Révision active

À partir d'un planisphère muet, localisez et nommez les principaux détroits, canaux et façades maritimes ; tracez deux grandes routes maritimes mondiales et identifiez les hubs portuaires qu'elles relient. Rédigez ensuite un paragraphe expliquant pourquoi la conteneurisation a renforcé la maritimisation de l'économie.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie de terminale (voie générale), géographie thème 1 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

Des espaces de ressources convoités : halieutiques, énergétiques et minières#

●●○StandardLPeduscol-programme-histoire-geographie

Ressources maritimes et tensions

Des espaces de ressources convoitésGraphe, Mers et océans → Halieutiques (pêche), Mers et océans → Énergétiques (hydrocarbures offshore), Mers et océans → Minières (nodules, terres rares), Halieutiques (pêche) → Surpêche, délimitations, rivalités, Énergétiques (hydrocarbures offshore) → Surpêche, délimitations, rivalités, Minières (nodules, terres rares) → Surpêche, délimitations, rivalitésMers et océansHalieutiques(pêche)Énergétiques(hydrocarburesoffshore)Minières(nodules, terresrares)Surpêche,délimitations,rivalités

Points clés

Ressources halieutiques : la pêche (et l'aquaculture) nourrit une part croissante de l'humanité, mais la surpêche menace de nombreux stocks ; la FAO estime qu'environ un tiers des stocks mondiaux sont surexploités, ce qui pose la question de la gestion durable des ressources vivantes.
Ressources énergétiques : les fonds marins recèlent d'importantes réserves d'hydrocarbures (pétrole et gaz offshore, exploités sur les plateaux continentaux puis en eaux de plus en plus profondes) ; les océans portent aussi des énergies renouvelables (éolien offshore, énergie marémotrice, hydrolienne).
Ressources minières et biotechnologiques : nodules polymétalliques et sulfures des grands fonds (manganèse, cobalt, nickel, terres rares), encore peu exploités car techniquement et écologiquement difficiles d'accès ; biodiversité marine valorisée par les biotechnologies (molécules, principes actifs).
L'exploitation de ces ressources soulève des tensions environnementales majeures : pollutions (marées noires, plastiques, « continents » de déchets), acidification et réchauffement des océans, atteintes à la biodiversité — d'où des politiques de protection (aires marines protégées) qui peuvent entrer en concurrence avec les usages économiques.
Ces enjeux se condensent dans la notion d'« ÉCONOMIE BLEUE » (ou croissance bleue) : valoriser durablement les ressources et les services rendus par les mers et les océans — pêche raisonnée et AQUACULTURE, qui fournit désormais près de la moitié des produits de la mer consommés, énergies marines renouvelables, biotechnologies, transport et tourisme — sans compromettre les écosystèmes. Elle suppose d'arbitrer en permanence entre exploitation et protection, à l'échelle des États (politiques nationales, droits sur la ZEE) comme à l'échelle internationale (accords sur la haute mer, aires marines protégées).
Part surexploiteˊe≈13≈33 %\text{Part surexploitée} \approx \dfrac{1}{3} \approx 33\,\%Part surexploiteˊe≈31​≈33%

Ordre de grandeur des stocks surexploités (FAO)

Environ un tiers des stocks de poissons sont surexploités d'après la FAO : un repère chiffré utile pour illustrer la fragilité de la ressource halieutique.

État des stocks halieutiques mondiaux (ordre de grandeur, d'après la FAO)

État des stocks halieutiques mondiauxDiagramme en anneau, Données: Exploités durablement: 65; Surexploités: 35Exploités durablement 65%Surexploités 35%
Exemple corrigé

Hiérarchiser les ressources maritimes et leurs enjeux

Présentez les principales ressources offertes par les mers et les océans, puis montrez en quoi leur exploitation est porteuse de tensions. Vous illustrerez chaque famille de ressources par un exemple.

  1. 01Identifier les familles de ressources

    Trois grandes familles : (1) halieutiques — pêche et aquaculture (ex. zones de pêche de l'Atlantique Nord ou du Pacifique) ; (2) énergétiques — hydrocarbures offshore (ex. mer du Nord, golfe de Guinée) et énergies renouvelables (parcs éoliens offshore en mer du Nord) ; (3) minières et biologiques — nodules polymétalliques des grands fonds, biodiversité valorisée par les biotechnologies.

  2. 02Montrer l'intensité de la convoitise

    Ces ressources attisent les appétits car la demande mondiale croît (alimentation, énergie, métaux pour la transition numérique et énergétique) : l'océan apparaît comme une nouvelle frontière de l'économie mondiale.

  3. 03Mettre en évidence les tensions

    L'exploitation se heurte à des limites : surpêche (≈ un tiers des stocks surexploités selon la FAO), pollutions (marées noires, déchets plastiques), atteintes à la biodiversité et au climat (acidification, réchauffement).

  4. 04Nuancer par la protection

    Des politiques de développement durable émergent : aires marines protégées (AMP), quotas de pêche, régulation internationale — souvent en concurrence avec les usages économiques.

Résultat : Les mers et océans concentrent des ressources halieutiques, énergétiques et minières de plus en plus convoitées, mais leur exploitation menace des écosystèmes fragiles : la gestion durable devient un enjeu géopolitique et environnemental majeur.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : classer et illustrer les trois grandes familles de ressources maritimes (halieutiques, énergétiques, minières/biologiques) avec un exemple précis pour chacune.
  • Objectif Bac : montrer la tension entre exploitation des ressources et protection de l'environnement, en mobilisant un vocabulaire géographique exact (surpêche, offshore, aire marine protégée, développement durable).

Erreurs fréquentes

  • Réduire les ressources maritimes à la seule pêche : il faut aussi penser énergie (offshore, renouvelables) et minerais des grands fonds.
  • Présenter l'océan comme une ressource inépuisable : insister au contraire sur la fragilité des stocks halieutiques et des écosystèmes (surpêche, pollutions).

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté montrant que les mers et les océans sont des espaces de ressources convoités mais fragiles. Appuyez-vous sur au moins un exemple par famille de ressources (halieutique, énergétique, minière) et concluez sur les tensions environnementales.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie de terminale (voie générale), géographie thème 1 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

Appropriation, protection et tensions : le droit de la mer et les rivalités géostratégiques#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-histoire-geographie

Les zones maritimes (CNUDM, 1982)

Appropriation des espaces maritimesSchéma avec 6 éléments, Côte (terre), Eaux territoriales, ZEE : droits sur ressources, Haute mer (eaux internationales), 12 milles, 200 milles (ZEE)Côte (terre)EauxterritorialesZEE : droits surressourcesHaute mer (eauxinternationales)12 milles200 milles (ZEE)

Points clés

La convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), signée à Montego Bay en 1982 et entrée en vigueur en 1994, organise l'appropriation des espaces maritimes en plusieurs zones mesurées à partir de la ligne de base : eaux territoriales jusqu'à 12 milles marins (souveraineté pleine de l'État côtier), zone économique exclusive (ZEE) jusqu'à 200 milles (droits exclusifs d'exploitation des ressources), puis la haute mer, espace international libre.
Au-delà des ZEE, la haute mer reste un espace de liberté de circulation, mais aussi un « bien commun » difficile à réguler ; le plateau continental peut être étendu (jusqu'à 350 milles sous conditions géologiques), ce qui aiguise les revendications sur les fonds marins et leurs ressources.
La maritimisation s'accompagne d'une militarisation et d'une affirmation de puissance : les grandes marines (États-Unis, Chine) sécurisent les routes, projettent leur puissance (porte-avions, bases) et veulent contrôler les passages stratégiques (détroits d'Ormuz, de Malacca).
Les rivalités se cristallisent là où ressources, routes et souveraineté se superposent : mer de Chine méridionale (revendications chinoises de la « ligne en neuf traits », îlots artificialisés, contentieux avec les voisins), Arctique (ouverture de routes et accès aux hydrocarbures avec la fonte des glaces), zones de piraterie (golfe d'Aden, golfe de Guinée).
coˆte→  12 mn  eaux territoriales→  200 mn  ZEE⟶haute mer\text{côte} \xrightarrow{\;12\ \text{mn}\;} \text{eaux territoriales} \xrightarrow{\;200\ \text{mn}\;} \text{ZEE} \longrightarrow \text{haute mer}coˆte12 mn​eaux territoriales200 mn​ZEE⟶haute mer

Gradient juridique depuis la côte (mn = milles marins)

Depuis la ligne de base, la souveraineté décroît : pleine dans les eaux territoriales (12 milles marins), limitée aux droits d'exploitation dans la ZEE (jusqu'à 200 milles), puis liberté de la haute mer. Un schéma-clé à savoir reproduire.

Exemple corrigé

Analyser une rivalité maritime : la mer de Chine méridionale

À partir de vos connaissances et du droit de la mer, expliquez pourquoi la mer de Chine méridionale est un espace de fortes rivalités. Vous montrerez comment s'y superposent enjeux de ressources, de routes et de souveraineté.

  1. 01Situer et caractériser l'espace

    La mer de Chine méridionale est une mer semi-fermée bordée par la Chine, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei, ouverte au sud-ouest sur le détroit de Malacca. Elle est traversée par une des routes maritimes les plus fréquentées du monde.

  2. 02Enjeu des routes

    Une part très importante du commerce mondial y transite, notamment les hydrocarbures venant du Moyen-Orient vers l'Asie orientale via Malacca : contrôler cet espace, c'est contrôler une artère vitale de la mondialisation.

  3. 03Enjeu des ressources

    Le sous-sol recèlerait des hydrocarbures, les eaux sont riches en ressources halieutiques : chaque État riverain cherche à étendre sa ZEE pour s'approprier ces richesses (droit de la mer, convention de Montego Bay 1982).

  4. 04Enjeu de souveraineté et militarisation

    La Chine revendique une large zone (« ligne en neuf traits »), artificialise des îlots (récifs transformés en bases) pour asseoir ses prétentions, ce qui provoque des contentieux avec ses voisins et la présence de marines étrangères (États-Unis) au nom de la liberté de navigation.

Résultat : La mer de Chine méridionale concentre ressources, routes stratégiques et revendications de souveraineté : la superposition de ces enjeux, mal arbitrée par le droit de la mer, en fait un haut lieu des rivalités maritimes contemporaines et un marqueur de l'affirmation de la puissance chinoise.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : maîtriser et savoir schématiser les zones du droit de la mer (eaux territoriales 12 milles, ZEE 200 milles, haute mer) et citer la convention de Montego Bay (1982).
  • Objectif Bac : articuler les trois logiques de la 2e question du programme — appropriation (ZEE), protection (aires marines protégées, régulation) et liberté de circulation (liberté de navigation, haute mer comme bien commun).
  • Objectif Bac : analyser un exemple précis de rivalité maritime (mer de Chine méridionale, golfe Arabo-Persique, océan Indien, détroit de Malacca) en croisant enjeux de ressources, de routes et de souveraineté.

Erreurs fréquentes

  • Confondre eaux territoriales (12 milles, souveraineté pleine de l'État) et ZEE (200 milles, droits d'exploitation des ressources seulement, mais liberté de navigation maintenue pour les autres États).
  • Dater ou nommer approximativement la convention : c'est la convention de Montego Bay, adoptée en 1982 et entrée en vigueur en 1994 — éviter d'inventer un numéro ou une autre date.

Révision active

Réalisez un schéma légendé des espaces maritimes selon le droit de la mer (ligne de base, eaux territoriales à 12 milles, ZEE à 200 milles, haute mer), puis rédigez un paragraphe expliquant comment ce droit nourrit à la fois la coopération et les rivalités, en vous appuyant sur l'exemple de la mer de Chine méridionale.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie de terminale (voie générale), géographie thème 1 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

La France : une puissance maritime grâce à sa ZEE mondiale#

●●○StandardLPeduscol-programme-histoire-geographie

La 2ᵉ ZEE mondiale grâce à l'outre-mer

Un domaine maritime ultramarinGraphe, Pacifique (Polynésie, N.-Calédonie) → 2ᵉ ZEE mondiale (≈ 10,2 M km²), Océan Indien (Mayotte, La Réunion, TAAF) → 2ᵉ ZEE mondiale (≈ 10,2 M km²), Atlantique (Antilles, Guyane) → 2ᵉ ZEE mondiale (≈ 10,2 M km²)Pacifique(Polynésie, N.-Calédonie)Océan Indien(Mayotte, LaRéunion, TAAF)Atlantique(Antilles,Guyane)2ᵉ ZEE mondiale(≈ 10,2 M km²)

Points clés

Grâce à ses territoires ultramarins répartis dans tous les océans (Caraïbes, océan Indien, Pacifique, terres australes), la France dispose de la deuxième zone économique exclusive du monde, d'environ 10,2 millions de km² — juste derrière les États-Unis — alors que sa superficie terrestre est modeste : un territoire maritime sans commune mesure avec son territoire émergé.
Cette ZEE confère à la France des droits exclusifs sur d'immenses ressources (halieutiques, énergétiques, minières, biodiversité) et une présence stratégique sur toutes les mers du globe ; c'est un atout de puissance, mais qui suppose des moyens de surveillance et de protection à la hauteur (marine nationale, action de l'État en mer).
La France métropolitaine possède aussi de grandes façades maritimes (Manche–mer du Nord, Atlantique, Méditerranée) et des ports (Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque) intégrés aux routes mondiales, même si ses ports restent en retrait des géants européens comme Rotterdam ou Anvers.
Être une puissance maritime mondiale crée des responsabilités : protection de la biodiversité (immenses aires marines protégées ultramarines), lutte contre la pêche illégale et les pollutions, défense de la liberté de navigation — la France revendique ainsi un rôle de « puissance d'équilibre » sur les océans.
Cette puissance nourrit une « ÉCONOMIE BLEUE » : pêche et aquaculture, énergies marines renouvelables, construction et réparation navales, transport, tourisme littoral et recherche océanographique représentent des centaines de milliers d'emplois et un fort potentiel de croissance durable. Elle a aussi une dimension GÉOSTRATÉGIQUE : la dispersion mondiale de l'outre-mer offre à la France des points d'appui et des forces de souveraineté (Pacifique, océan Indien, Antilles-Guyane) pour projeter sa puissance et défendre la liberté de navigation — mais surveiller un domaine aussi immense, et parfois contesté, exige des moyens navals à la hauteur, ce qui relativise une puissance plus potentielle qu'effective.
ZEEFrance≈10,2 millions de km2(2e rang mondial)\text{ZEE}_{\text{France}} \approx 10{,}2 \ \text{millions de km}^2 \quad (2^{\text{e}}\ \text{rang mondial})ZEEFrance​≈10,2 millions de km2(2e rang mondial)

Domaine maritime français

La zone économique exclusive française, portée par les territoires ultramarins, avoisine 10,2 millions de km², ce qui place la France au 2e rang mondial derrière les États-Unis. Un chiffre-repère à connaître.

Superficie des plus grandes ZEE du monde (millions de km², ordre de grandeur)

Les plus grandes ZEE du monde (M km²)Diagramme en barres: ZEE (millions de km²) selon État, Données: ZEE (millions de km²) · États-Unis: 11.4; ZEE (millions de km²) · France: 10.2; ZEE (millions de km²) · Australie: 8.5; ZEE (millions de km²) · Russie: 7.60246810États-UnisFranceAustralieRussie11.410.28.57.6ZEE (millions de km²)État
Exemple corrigé

Justifier le rang maritime de la France

« La France, une grande puissance maritime mondiale. » Justifiez cette affirmation, puis montrez-en les limites. Vous vous appuierez sur des données chiffrées et des exemples précis.

  1. 01Poser le paradoxe

    La France a un territoire émergé modeste (≈ 0,6 million de km²) mais le 2e domaine maritime du monde : sa ZEE atteint environ 10,2 millions de km², juste derrière les États-Unis (≈ 11,4 millions).

  2. 02Expliquer l'origine de cette puissance

    Ce rang tient à ses territoires ultramarins dispersés dans tous les océans (Antilles–Guyane, La Réunion–Mayotte dans l'océan Indien, Polynésie–Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique, terres australes) : héritage colonial devenu atout géostratégique.

  3. 03Mesurer l'atout

    Cette ZEE donne des droits exclusifs sur d'immenses ressources (pêche, hydrocarbures, minerais des grands fonds, biodiversité) et une présence sur toutes les mers, soutenue par la marine nationale et l'action de l'État en mer.

  4. 04Nuancer (les limites)

    La puissance est à relativiser : les grands ports français (Le Havre, Marseille-Fos) restent en retrait de Rotterdam ou d'Anvers ; l'immensité de la ZEE est difficile à surveiller (pêche illégale, trafics) et impose de lourdes responsabilités environnementales.

Résultat : Avec une ZEE d'environ 10,2 millions de km² (2e rang mondial) répartie sur tous les océans grâce à l'outre-mer, la France est une grande puissance maritime — mais une puissance à consolider, entre ports en retrait, surveillance d'un domaine immense et responsabilités environnementales.

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    Partons d'un paradoxe : la France a un petit territoire terrestre, mais le deuxième domaine maritime du monde.

  2. 2

    Ce rang s'explique par les territoires ultramarins, dispersés dans tous les océans : Caraïbes, océan Indien, Pacifique, terres australes.

  3. 3

    Comparée aux autres grandes ZEE, la France se classe juste derrière les États-Unis et devant l'Australie et la Russie.

  4. 4

    Cette ZEE est un atout — ressources et présence mondiale — mais aussi une responsabilité : surveiller, protéger, défendre la liberté de navigation.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : justifier l'affirmation « la France est une grande puissance maritime » à partir de sa ZEE (≈ 10,2 millions de km², 2e mondiale) et de la dispersion mondiale de ses territoires ultramarins.
  • Objectif Bac : nuancer cette puissance (ports en retrait des leaders européens, immensité difficile à surveiller, responsabilités environnementales).

Erreurs fréquentes

  • Confondre superficie terrestre et superficie maritime : la France a un petit territoire émergé mais le 2e domaine maritime du monde — c'est précisément ce contraste qui fait sa singularité.
  • Oublier que cette puissance maritime repose presque entièrement sur l'outre-mer : sans les territoires ultramarins, la ZEE française serait modeste.

Révision active

Rédigez une réponse organisée à la consigne : « La France, une puissance maritime mondiale : atouts et limites. » Vous mobiliserez le chiffre de la ZEE, le rôle de l'outre-mer et au moins une limite (ports, surveillance ou environnement).

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie de terminale (voie générale), géographie thème 1 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 04

    • 01Mers et océans, vecteurs de la mondialisation : flux et routes maritimes○
    • 02Des espaces de ressources convoités : halieutiques, énergétiques et minières◐
    • 03Appropriation, protection et tensions : le droit de la mer et les rivalités géostratégiques●
    • 04La France : une puissance maritime grâce à sa ZEE mondiale◐

0/4 Lues

Des fiches à l'entraînement

Mers et océans au cœur de la mondialisation

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~18
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programmes d'histoire-géographie de terminale (voie générale), géographie thème 1

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Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990

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