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Le langage est l’une des notions du programme de philosophie de terminale (voie générale), rattachée principalement à la perspective « l’existence humaine et la culture ». Il s’agit d’analyser ce qu’est parler — en distinguant le langage, la langue et la parole —, d’interroger le rapport de la parole à la pensée et à autrui, et d’examiner les pouvoirs du langage : nommer, communiquer, convaincre, persuader, mentir, créer. Notion pleinement au programme et évaluable à l’écrit comme au Grand oral.
5sectionsca. 24min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d’abord les trois distinctions fondatrices — langage/langue/parole, signifiant/signifié (l’arbitraire du signe), persuader/convaincre — et sachez les illustrer par un exemple précis.
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, confrontez les thèses (Aristote, Saussure, Hegel/Bergson, Platon) sur un même problème, maniez les repères médiat/immédiat et objectif/subjectif/intersubjectif, et nuancez : le langage est à la fois condition et limite de la pensée et du lien à autrui.
Lesetiefe: Approfondi
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Langage, langue et parole : trois niveaux à distinguer
« Quand un enfant français et un enfant japonais nomment tous deux un chien, parlent-ils la même chose ? » Analysez la situation à l’aide des distinctions langage / langue / parole.
Les deux enfants exercent la même faculté : le langage. Tout être humain dispose de cette capacité de produire et de comprendre des signes — c’est un trait d’espèce, indépendant de toute langue particulière.
Ils mobilisent deux langues différentes : « chien » et « inu » sont deux signifiants pour le même signifié (le concept de chien). La langue est un code social que chacun a reçu de sa communauté, non choisi.
Chaque énoncé est un acte de parole singulier : un locuteur, dans une situation précise, applique le code à une intention (montrer, nommer, appeler). Le même mot peut servir à constater, à avertir ou à appeler — c’est la parole qui actualise la langue.
Au niveau de la faculté (langage) et du concept visé, ils font « la même chose » ; au niveau de la langue et de l’acte, ils diffèrent. Le langage est donc une médiation : un même réel est rejoint par des codes distincts.
Résultat : Les deux enfants exercent une seule et même faculté (le langage) et visent un même concept, mais à travers deux langues différentes et deux actes de parole singuliers. La distinction langage / langue / parole permet de dire à la fois ce qui les unit (la faculté de signifier) et ce qui les sépare (le code et l’acte).
Erreurs fréquentes
Révision active
Distinguez avec précision langage, langue et parole, puis expliquez pourquoi cette distinction est indispensable pour traiter un sujet comme « Parler, est-ce le propre de l’homme ? ». Rédigez un paragraphe d’introduction qui mobilise les trois termes.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale et technologique (arrêté du 19 juillet 2019, NOR MENE1921238A — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Communiquer n’est pas parler : code animal contre langage humain
L’abeille butineuse exécute, en rentrant à la ruche, une danse qui indique la direction et la distance de la source de nectar. Cette communication est-elle un langage ? Justifiez à l’aide des critères du langage humain.
Il y a bien transmission d’information : la danse renseigne efficacement les autres abeilles. Nier ce fait serait malhonnête. La question n’est donc pas « communiquent-elles ? » mais « est-ce un langage ? ».
Le signal de l’abeille est motivé et fixe : la figure de la danse est mécaniquement liée à la position du soleil, non conventionnelle. Il n’y a pas de signes arbitraires recombinables, pas de grammaire : on ne peut pas former une infinité de « phrases » nouvelles.
Comme l’a noté Benveniste, l’abeille ne répond pas à la danse d’une autre par une danse : il n’y a pas de dialogue, pas de réponse signifiante. Le signal reste rivé à la situation présente : on ne peut « parler » d’une source d’hier, d’une source imaginaire ou d’une absence de source.
La danse est un code de signaux remarquablement efficace, mais il lui manque l’arbitraire, l’articulation, la productivité illimitée et la dimension dialogique. Ce sont précisément les traits du langage humain.
Résultat : La danse des abeilles est une communication, non un langage : c’est un code de signaux motivés, fixes et rivés à la situation, dépourvu de grammaire, de productivité et de dialogue. La comparaison confirme, sans mépriser l’animal, en quoi le langage humain est singulier.
Erreurs fréquentes
Révision active
« La communication animale est-elle un langage ? » Dressez un tableau opposant le code (signaux animaux) et le langage humain selon quatre critères (arbitraire du signe, articulation/grammaire, productivité, rapport au présent), puis tirez-en une réponse nuancée.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Le langage face à la pensée : exprimer, former, limiter
« Le langage trahit-il la pensée ? » Dégagez le problème, confrontez les thèses de Hegel et de Bergson, et proposez une réponse argumentée.
« Trahir » suppose qu’une pensée intérieure, riche et fidèle à elle-même, serait déformée par le mot. Mais cela présuppose une pensée déjà constituée avant le langage — présupposé qu’il faut justement examiner. Le sujet oppose deux conceptions du rapport pensée/langage.
Avec Hegel, on objecte qu’une pensée « avant les mots » n’est qu’un sentiment vague, indéterminé. Le mot ne trahit pas la pensée : il la détermine, la fixe, la rend claire et partageable. Ne pas trouver ses mots, c’est souvent ne pas encore penser clairement. Le langage est l’acte même de la pensée.
Avec Bergson, on reconnaît que le mot est général et commun : il range mon expérience unique sous une étiquette partagée (« joie », « tristesse ») et en écrase les nuances mouvantes. Pour le vécu singulier, l’ineffable, l’émotion fine, le langage ordinaire reste en deçà — d’où le recours de l’art à l’image et à la métaphore.
Le langage ne trahit pas la pensée conceptuelle (il la constitue), mais il peine à dire le singulier immédiat. La « trahison » n’est donc pas une déformation mais une rançon de la généralité : ce qui rend la pensée communicable lui interdit d’épouser parfaitement le vécu individuel.
Résultat : Le langage ne trahit pas la pensée au sens où il la déformerait : il la rend au contraire déterminée et partageable, et la constitue souvent (Hegel). Mais sa généralité même le rend impuissant à dire intégralement le singulier et le mouvant (Bergson). Le langage est ainsi condition de la pensée claire et limite face au vécu immédiat.
Erreurs fréquentes
Révision active
« Peut-on penser sans langage ? » Construisez un plan dialectique en trois temps : (I) une pensée sans mots semble possible (intuition, image), (II) mais une pensée déterminée et communicable exige le langage (Hegel), (III) le langage est donc condition de la pensée, tout en la limitant (Bergson). Rédigez les phrases de transition.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Le signe linguistique selon Saussure (signifiant / signifié)
« Le langage est-il un miroir du réel ? » En vous appuyant sur l’arbitraire du signe, montrez que le langage ne reflète pas le monde mais le découpe.
Spontanément, on croit que les mots sont l’étiquette des choses : à chaque chose son nom, comme si le langage doublait fidèlement le réel. Cette « théorie du miroir » suppose un lien naturel entre les mots et les choses.
Or le signe est arbitraire : le même concept reçoit des signifiants différents selon les langues (arbre / tree / Baum). Si le lien était naturel, toutes les langues nommeraient pareillement. Le mot n’est donc pas attaché à la chose ; le langage n’est pas un décalque du réel.
Les langues ne découpent pas le réel de la même façon : là où le français a « mouton », l’anglais distingue sheep et mutton. La valeur d’un mot dépend du système (différences) et non d’une réalité préexistante. Le langage organise et structure notre rapport au monde plutôt qu’il ne le reflète.
Cela ne signifie pas que le langage soit coupé du réel : il permet de parler du monde et d’agir sur lui efficacement. Mais il l’aborde toujours par un découpage conventionnel — d’où l’hypothèse, à manier avec prudence, que chaque langue porte une certaine « vision du monde ».
Résultat : L’arbitraire du signe interdit de voir dans le langage un miroir du réel : les mots ne sont pas attachés naturellement aux choses, et les langues découpent diversement le monde. Le langage est moins un reflet du réel qu’un système conventionnel qui structure notre accès aux choses.
Erreurs fréquentes
Révision active
Expliquez et illustrez la formule de Saussure : « le signe linguistique est arbitraire ». Montrez ensuite en quoi ce principe a des conséquences philosophiques sur le rapport du langage au réel (le langage est-il un miroir des choses ?).
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale et technologique (arrêté du 19 juillet 2019, NOR MENE1921238A — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Convaincre / persuader : deux manières d’agir par la parole
Une publicité affirme : « 9 dentistes sur 10 recommandent ce dentifrice — adoptez le sourire qui change tout. » Le discours cherche-t-il à convaincre ou à persuader ? Analysez les procédés et leur rapport à la vérité.
La publicité veut faire adhérer le destinataire (acheter), non lui faire reconnaître une vérité démontrée. La visée est l’adhésion et l’action, pas la connaissance : indice fort d’un discours de persuasion.
Le « 9 sur 10 » imite un argument (chiffre, autorité des dentistes) : il y a un vernis de conviction. Mais la donnée est invérifiable, décontextualisée (recommandé pour quoi ? sur quel échantillon ?). L’apparence d’argument sert ici la persuasion, non une preuve rigoureuse.
« le sourire qui change tout » s’adresse au désir de plaire, à l’imaginaire de la réussite et de la séduction : ce sont des affects, pas des raisons. Le slogan, le rythme, la promesse de transformation relèvent du style rhétorique.
Le discours cherche d’abord à persuader : il mobilise les affects et un argument d’autorité non vérifiable pour emporter l’adhésion, indépendamment d’une vérité établie. Convaincre exigerait des preuves contrôlables et une visée de vérité, que la publicité, par nature, ne poursuit pas.
Résultat : La publicité relève de la persuasion : sous l’apparence d’un argument (le « 9 sur 10 »), elle vise l’adhésion par les affects et l’autorité, sans souci de vérité contrôlable. L’exemple illustre la distinction platonicienne entre une rhétorique de l’efficacité et une dialectique du vrai — et le danger d’un langage persuasif détaché de la vérité.
Erreurs fréquentes
Révision active
« Toute parole vise-t-elle la vérité ? » Distinguez convaincre et persuader, mobilisez l’opposition platonicienne rhétorique / dialectique, et discutez les cas où la parole vise l’efficacité (publicité, propagande) plutôt que le vrai. Proposez un plan en trois parties.
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Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale et technologique (arrêté du 19 juillet 2019, NOR MENE1921238A — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l’Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale