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L’art est l’une des notions du programme de philosophie de terminale (voie générale), abordée dans la perspective de l’existence humaine et de la culture. La fiche interroge l’œuvre, la création et le beau : qu’est-ce qu’une œuvre d’art, en quoi l’artiste crée-t-il plutôt qu’il ne fabrique, et le jugement de goût n’exprime-t-il qu’un caprice subjectif ou peut-il prétendre à une validité universelle ? On la travaille avec des repères conceptuels (beau / agréable, universel / particulier, objectif / subjectif / intersubjectif) et les grands auteurs (Platon, Aristote, Kant, Hegel).
5sectionsca. 20min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d’abord les définitions et les distinctions de base (art / technique, beau / agréable, œuvre / produit) et un exemple par thèse : c’est le socle exigible à l’épreuve écrite.
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, sachez confronter Platon, Aristote, Kant et Hegel sur un même problème (l’art dit-il le vrai ?) et manier finement les repères (en particulier l’universalité subjective kantienne) au service d’une dissertation problématisée.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Le champ de la notion d’art et ses notions voisines
L’œuvre d’art se distingue-t-elle de l’objet technique ? Dégagez le problème et organisez une réponse argumentée.
Les deux supposent un savoir-faire (technè) et une matière mise en forme : un beau pont ou une belle voiture brouillent la frontière. La question est donc : la différence est-elle de nature ou seulement de degré (de raffinement) ?
L’objet technique est un moyen : sa valeur est dans l’usage qu’il permet (un marteau vaut par ce qu’il fait). L’œuvre d’art se présente comme une fin : on la contemple pour elle-même, sans qu’elle serve à autre chose.
L’objet technique est en principe reproductible à l’identique selon un modèle ; l’œuvre se veut singulière, non substituable — une copie n’a pas la même valeur que l’original (question de l’authenticité).
Le design, l’architecture, le cinéma montrent que technique et art se mêlent : une œuvre peut être utile, un objet utile peut être beau. La frontière n’est donc pas un mur, mais un critère d’intention et de destination.
Résultat : On peut soutenir que l’œuvre d’art et l’objet technique se distinguent moins par la matière ou l’habileté que par leur fin (valoir pour soi contre servir à) et par leur statut (singularité contre reproductibilité), sans que cette distinction soit toujours étanche.
Erreurs fréquentes
Révision active
L’œuvre d’art se distingue-t-elle de l’objet technique ? Construisez le plan détaillé d’une dissertation : dégagez le problème, dressez la liste des distinctions pertinentes (fin, singularité, reproductibilité) et adossez chaque thèse à un exemple.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Fabriquer (artisan) contre créer (artiste, génie)
« L’artiste crée-t-il ou fabrique-t-il son œuvre ? » Discutez en mobilisant le concept de génie.
Spontanément, on oppose l’artiste inspiré (qui crée) à l’artisan appliqué (qui fabrique d’après un modèle). Créer semble exclure la règle et l’effort, fabriquer semble exclure l’originalité.
Le génie est « le talent qui donne ses règles à l’art » : il ne suit pas une règle donnée, il en invente une, exemplaire. Cela confirme que la création artistique ne se réduit pas à l’application d’un procédé — contrairement à la fabrication.
Mais même le génie travaille un matériau (le marbre, la langue, le son), maîtrise une technique et hérite d’une tradition. Kant lui-même note qu’il faut du « goût » pour discipliner le génie : l’inspiration sans métier reste informe.
Créer n’est donc pas le contraire absolu de fabriquer : c’est fabriquer autrement, en inventant la règle dans le travail même de la matière. L’originalité naît de la rencontre entre un don, un labeur et un héritage.
Résultat : L’artiste ne fabrique pas au sens de l’artisan (pas de modèle préalable), mais il ne crée pas non plus sans travail : le génie, loin de dispenser de l’effort, l’accomplit en inventant ses propres règles dans la matière œuvrée.
Erreurs fréquentes
Révision active
« L’artiste crée-t-il ou fabrique-t-il son œuvre ? » Dressez deux colonnes (créer / fabriquer), puis rédigez un paragraphe qui défend la part irréductible du travail dans la création, en vous appuyant sur le concept de génie chez Kant.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Les quatre moments du jugement de goût selon Kant
« Les goûts esthétiques se discutent-ils ? » Construisez une réponse argumentée en trois moments.
Le proverbe « des goûts et des couleurs… » suggère que le beau est affaire de sensation privée : ce qui me plaît relève de l’agréable, qui varie selon chacun. Dans ce cas, discuter serait vain : aucun argument ne ferait changer un goût.
Pourtant, nous débattons des films, des tableaux, des musiques ; nous cherchons à faire voir ce qui est beau, nous reprochons à autrui de « mal goûter ». Le jugement « c’est beau » n’a donc pas la même structure que « j’aime le sucré ».
Kant l’explique : le jugement de goût est désintéressé et réclame une universalité subjective — il prétend valoir pour tous sans s’appuyer sur un concept. C’est pourquoi on peut argumenter (faire sentir, comparer, éduquer le goût) sans jamais démontrer comme en mathématiques.
Discuter du goût n’est ni imposer une preuve, ni renoncer à tout critère : c’est, dans un cadre intersubjectif, chercher à élever et à partager une sensibilité commune.
Résultat : Les goûts esthétiques se discutent, non au sens d’une démonstration objective, mais d’une argumentation intersubjective : le jugement de goût, désintéressé et universel sans concept (Kant), réclame l’accord d’autrui et rend le débat possible et sensé.
Partons d’un proverbe : « des goûts et des couleurs on ne discute pas ». Si c’était vrai, pourquoi débattrions-nous sans fin des œuvres ? Kant va montrer que juger « c’est beau » n’est pas dire « ça me plaît ».
Premier caractère : le plaisir esthétique est désintéressé. Je ne désire pas posséder l’objet ni le consommer ; je me réjouis de sa seule contemplation. C’est ce qui sépare le beau de l’agréable, qui flatte mes sens, et du bon, qui satisfait ma volonté.
Deuxième caractère : ce plaisir prétend à l’universalité, mais sans concept. Je ne peux pas prouver qu’une œuvre est belle par une règle ; pourtant, en la disant belle, j’attends que tout autre en juge comme moi. Kant nomme cela l’universalité subjective.
Conclusion : le jugement esthétique n’est ni objectif ni purement privé ; il est intersubjectif. On ne démontre pas le beau, mais on peut en discuter — éduquer son goût, comparer, faire voir — parce qu’il présuppose un sens commun, une sensibilité partageable.
Erreurs fréquentes
Révision active
« Les goûts esthétiques se discutent-ils ? » Problématisez en opposant le relativisme (à chacun son goût) à l’universalité subjective kantienne, puis montrez à quelles conditions une discussion sur le beau garde un sens.
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Les trois degrés de la mimèsis (Platon, République X)
« L’art nous éloigne-t-il de la vérité ? » Confrontez Platon et Aristote, puis proposez un dépassement.
Dans la République X, l’art imitatif copie l’objet sensible, lui-même copie de l’Idée : il est « à trois degrés » du vrai. Le peintre imite l’apparence d’un lit sans savoir ce qu’est un lit : l’art produit de l’illusion, non du savoir.
Dans la Poétique, imiter est naturel et instructif : nous apprenons et prenons plaisir à reconnaître. La tragédie suscite pitié et crainte et opère une catharsis. L’imitation n’éloigne pas du vrai, elle en donne une expérience.
L’erreur serait d’exiger de l’art l’exactitude de la copie. L’art ne démontre pas : il montre, par l’image et la métaphore. Hegel : l’œuvre est « manifestation sensible de l’Idée » ; elle révèle un sens que le concept seul n’épuise pas.
L’art ne nous éloigne du vrai que si l’on réduit la vérité à la copie fidèle. Compris comme révélation sensible d’un sens, il en constitue au contraire un accès singulier.
Résultat : Loin d’être une simple illusion qui nous écarte du vrai (Platon), l’art, s’il instruit et fait éprouver (Aristote) et s’il manifeste sensiblement un sens (Hegel), ouvre un accès propre à la vérité — non démonstratif, mais révélateur.
Erreurs fréquentes
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« L’art nous éloigne-t-il de la vérité ? » Opposez la critique platonicienne de la mimèsis à sa réhabilitation aristotélicienne, puis interrogez l’idée d’une vérité propre à l’art (montrer plutôt que démontrer).
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Les fonctions de l’art dans l’existence et la culture
« L’art n’est-il qu’un divertissement ? » Construisez une réponse argumentée.
L’art procure du plaisir, occupe les loisirs, distrait : industries culturelles, spectacles, fictions. On peut donc le tenir pour un divertissement, ce qui détourne du quotidien et des soucis.
Mais le plaisir de l’œuvre est désintéressé (Kant) : il ne flatte pas seulement les sens, il engage la contemplation d’une forme. Une tragédie ne « distrait » pas, elle bouleverse et fait penser (catharsis).
L’art exprime un sens, témoigne d’une époque, transmet une mémoire (patrimoine), et peut critiquer le réel (satire, art engagé). Il répond à un besoin humain de mettre en forme l’expérience — ce que ne fait aucun simple divertissement.
L’art peut divertir, mais il ne s’y réduit pas : sa fin n’est pas de nous détourner du réel, mais souvent de nous y reconduire autrement, en nous le faisant voir et éprouver.
Résultat : L’art n’est pas qu’un divertissement : s’il peut distraire, son plaisir désintéressé et ses fonctions expressive, critique et mémorielle l’inscrivent dans l’existence humaine et la culture comme une manière de donner forme et sens au réel.
Erreurs fréquentes
Révision active
« L’art n’est-il qu’un divertissement ? » Élaborez un plan qui distingue le divertissement, le plaisir esthétique désintéressé et les fonctions expressive, critique et mémorielle de l’art ; appuyez chaque thèse sur un exemple précis.
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l’Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale