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La conscience définit le sujet comme être capable de se rapporter à lui-même et de répondre de ses actes ; mais cette transparence est mise à l’épreuve par autrui et, surtout, par l’hypothèse freudienne d’un inconscient psychique. Le thème croise les notions de conscience, d’inconscient et de sujet (perspective dominante : la connaissance, l’existence humaine et la culture). Notion pleinement au programme et évaluable à l’épreuve écrite de terminale.
5sectionsca. 25min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d’abord les définitions exigibles (conscience immédiate / réflexive / morale, sujet, inconscient) et un repère par auteur (cogito de Descartes, inconscient de Freud, mauvaise foi de Sartre) : c’est le socle attendu à l’épreuve écrite.
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, sachez articuler le problème en trois temps — la conscience comme certitude (Descartes), sa médiation par autrui (Hegel), sa contestation par l’inconscient (Freud) puis la riposte de la conscience (Sartre) — et manier finement les repères (médiat / immédiat, objectif / subjectif / intersubjectif) dans une dissertation problématisée.
Lesetiefe: Approfondi
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Les trois degrés de la conscience
« Avoir bonne conscience » et « reprendre conscience » emploient-ils le mot « conscience » dans le même sens ? Analysez la difficulté.
Le français nomme du même mot deux réalités différentes. « Reprendre conscience » renvoie à la conscience psychologique : le fait d’être éveillé, présent à soi et au monde. « Avoir bonne conscience » renvoie à la conscience morale : le sentiment d’avoir bien ou mal agi.
C’est le « savoir-avec » : percevoir, et en outre savoir que l’on perçoit. Elle se décline en conscience immédiate (du monde) et conscience réflexive (de soi). Elle peut s’éteindre et revenir (sommeil, syncope) — d’où « reprendre conscience ».
C’est l’instance qui juge la valeur de mes actes, la « voix » intérieure du bien et du mal. Elle suppose la conscience réflexive (il faut pouvoir se prendre pour objet de jugement), mais y ajoute une dimension normative absente de la simple veille.
La conscience morale présuppose la conscience réflexive : on ne peut se juger qu’à condition de se ressaisir comme sujet. Le mot est donc analogique : un sens fondamental (le savoir réfléchi de soi) se prolonge en un sens normatif (le jugement de soi).
Résultat : Non : « conscience » est ici un mot analogique. Dans « reprendre conscience » il désigne la conscience psychologique (veille, présence à soi) ; dans « bonne conscience » il désigne la conscience morale (jugement de la valeur de l’acte). La seconde suppose la première — la conscience réflexive — mais lui ajoute la dimension du bien et du mal.
Erreurs fréquentes
Révision active
Distinguez précisément, par des exemples, les trois sens du mot « conscience » (conscience immédiate, conscience réflexive, conscience morale), puis montrez en quoi seule la conscience réflexive permet de parler d’un « sujet ».
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
L’itinéraire du cogito : du doute à la certitude du sujet
« Je pense, donc je suis » : cette certitude suffit-elle à me faire connaître moi-même ? Dégagez le problème et organisez une réponse argumentée.
Le cogito donne une certitude d’existence absolument indubitable. Mais exister et se connaître ne se confondent pas : je peux être assuré que je suis sans savoir ce que je suis. La question est donc : la transparence du « je pense » à lui-même est-elle une véritable connaissance de soi ?
Pour Descartes, l’esprit se saisit immédiatement comme « chose qui pense » : doutant, voulant, imaginant, sentant. Cette connaissance est plus certaine que celle du corps ou du monde. La conscience est transparente : rien en elle ne lui échappe, elle se connaît en se pensant.
Kant objecte que le « je pense » accompagne toutes mes représentations mais ne me livre pas un moi connu comme un objet : je me saisis comme sujet, non comme chose connue. Et l’expérience montre que je m’ignore largement (mes motifs réels, mes habitudes), ce que Freud radicalisera avec l’inconscient.
Le cogito établit avec certitude que je suis et que je pense, fondant le sujet ; mais il ne livre pas une connaissance achevée de ce que je suis. Se savoir exister n’est pas se connaître entièrement : la conscience est un point de départ, non une possession transparente de soi.
Résultat : Le cogito fonde la certitude de mon existence comme sujet pensant, mais ne constitue pas une connaissance complète de moi-même : il y a loin de « je suis » à « je me connais ». La conscience s’atteste sans pour autant se posséder tout entière — ce qui ouvre la voie aux philosophies de l’inconscient.
Erreurs fréquentes
Révision active
Reconstituez le cheminement du doute cartésien jusqu’au cogito, puis discutez : la certitude « je pense, donc je suis » prouve-t-elle que je me connais moi-même ?
Rappel actif
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
La dialectique du maître et de l’esclave
La conscience de soi peut-elle se passer d’autrui ? Dégagez le problème et organisez une réponse argumentée à l’aide de Hegel.
Le cogito semble montrer que je m’atteins seul, par une réflexion intérieure immédiate. Mais ce que je sais de moi (que je suis franc, courageux, intéressant) est constamment confirmé ou démenti par les autres. La question : la conscience de soi est-elle un repli solitaire ou une relation ?
La conscience immédiate de soi est subjective : je me sens exister, je dis « je ». Mais ce sentiment reste indéterminé : je ne sais pas encore ce que je vaux, ni si l’image que j’ai de moi est juste. La certitude d’exister n’est pas encore connaissance de soi.
Pour Hegel, « la conscience de soi n’atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi ». J’ai besoin d’être reconnu pour exister comme sujet. Dans la dialectique du maître et de l’esclave, c’est par la lutte pour la reconnaissance, puis par le travail, que la conscience se forme et se connaît dans son œuvre.
La conscience de soi est intersubjective : elle se construit dans le rapport aux autres. Le détour par autrui n’est pas un accident mais la condition d’une identité accomplie ; me connaître, c’est aussi me reconnaître dans ce que je fais et dans le regard d’autrui.
Résultat : La conscience de soi ne se réduit pas à un repli intérieur : elle est médiate et intersubjective. C’est par la reconnaissance d’autrui et par le travail que je me connais véritablement. Autrui n’est donc pas un obstacle à la connaissance de soi, mais sa condition.
Erreurs fréquentes
Révision active
« La conscience de soi n’atteint sa satisfaction que dans une autre conscience de soi » (Hegel). Expliquez cette thèse à l’aide de la dialectique du maître et de l’esclave, puis demandez-vous : ai-je besoin d’autrui pour me connaître moi-même ?
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La seconde topique freudienne : ça, moi, surmoi
L’hypothèse de l’inconscient psychique nous délivre-t-elle de toute responsabilité ? Dégagez le problème et organisez une réponse argumentée.
Si des forces inconscientes me déterminent à mon insu, comment serais-je encore responsable de mes actes ? On peut craindre que l’inconscient n’abolisse la liberté et n’offre une excuse permanente : « ce n’est pas moi qui ai agi, c’est mon inconscient ».
Freud établit que le moi « n’est pas maître dans sa propre maison » : des désirs refoulés s’expriment dans les rêves, les lapsus, les symptômes. La conscience n’a donc pas la pleine maîtrise de la vie psychique, ce qui semble fragiliser l’imputation des actes.
Mais l’inconscient reste mien : ce sont mes désirs, non une puissance étrangère. Surtout, la cure analytique vise à étendre la conscience — « Là où était le ça, le moi doit advenir » : par la prise de conscience, le sujet se réapproprie ce qui le déterminait, donc se rend davantage responsable, non moins.
L’inconscient déplace la responsabilité sans l’abolir : il interdit de croire la conscience toute-puissante, mais il appelle un travail de connaissance de soi. Invoquer l’inconscient comme alibi serait précisément ce que Freud refuse ; la lucidité conquise sur soi est au contraire une conquête de liberté.
Résultat : Non : l’hypothèse de l’inconscient limite la transparence et la maîtrise immédiate de soi, mais elle n’abolit pas la responsabilité. L’inconscient est encore le mien, et la cure vise à m’en rendre conscient — donc plus libre et plus responsable, et non à m’en disculper.
Vous oubliez le nom d’une personne que vous n’aimez pas ; vous dites « je déclare la séance close » à l’ouverture d’une réunion ennuyeuse. Hasard ? Freud refuse cette facilité. Et s’il y avait, derrière ces ratés, un sens caché ?
Freud fait une hypothèse audacieuse : la conscience n’est qu’une petite partie du psychisme. Sous elle s’étend un vaste inconscient, comme la masse immergée d’un iceberg. Là dorment des désirs refoulés, repoussés parce qu’inacceptables.
Pourquoi refouler ? Une instance morale, le surmoi, héritière des interdits, juge certains désirs inacceptables et les repousse. Mais refoulé n’est pas effacé : le désir persiste et cherche à revenir — par le rêve, le lapsus, le symptôme.
La conséquence est vertigineuse. Après Copernic, qui déloge la Terre du centre du monde, après Darwin, qui range l’homme parmi les animaux, Freud porte une troisième blessure : le moi n’est plus maître dans sa propre maison. La conscience ne se possède plus tout entière.
Erreurs fréquentes
Révision active
Expliquez pourquoi Freud pose l’hypothèse de l’inconscient psychique (à partir des actes manqués et des rêves), puis demandez-vous : cette hypothèse rend-elle l’homme étranger à lui-même et irresponsable de ses actes ?
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Deux explications de l’opacité de soi : Freud / Sartre
La conscience est-elle transparente à elle-même ? Dégagez le problème et construisez une réponse argumentée en confrontant Descartes, Freud et Sartre.
Spontanément, j’ai le sentiment de me connaître mieux que personne : nul n’a accès à mes pensées comme moi. Pourtant je me surprends, je me contredis, je m’ignore. La transparence de la conscience à elle-même est-elle un fait, ou une illusion que l’on doit corriger ?
Pour Descartes, l’esprit se connaît immédiatement comme « chose qui pense » ; rien dans la pensée n’échappe à la pensée. La conscience est lumière de part en part : c’est le sens premier et la dignité du sujet.
Mais les rêves, lapsus et symptômes manifestent un sens que la conscience ne maîtrise pas. Freud pose un inconscient psychique : le moi « n’est pas maître dans sa propre maison ». La transparence cartésienne serait donc une illusion ; le sujet est en partie opaque à lui-même.
Sartre objecte à Freud qu’une « censure » qui refoule doit savoir ce qu’elle cache — donc en avoir conscience. Il réinterprète l’opacité par la mauvaise foi : la conscience se ment à elle-même, librement. Le sujet n’est ni purement transparent, ni purement déterminé par un inconscient : il est responsable de son propre aveuglement.
La transparence immédiate et totale est intenable : je ne me possède pas d’emblée. Mais l’opacité n’est pas non plus une fatalité mécanique. Se connaître soi-même est une tâche — par la réflexion, la cure ou la lucidité conquise sur la mauvaise foi —, jamais un donné acquis une fois pour toutes.
Résultat : La conscience n’est pas spontanément transparente à elle-même : ni la certitude cartésienne, ni l’hypothèse freudienne ne suffisent seules. Que l’on explique l’opacité par l’inconscient (Freud) ou par la mauvaise foi (Sartre), la connaissance de soi se révèle une conquête, jamais une évidence donnée.
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« La conscience est-elle transparente à elle-même ? » Construisez le plan détaillé d’une dissertation confrontant la transparence cartésienne, l’hypothèse freudienne de l’inconscient et la mauvaise foi sartrienne.
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie en terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l’Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale