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L’épreuve écrite de philosophie en terminale propose trois sujets au choix — deux dissertations et une explication de texte — à traiter en quatre heures (coefficient 8). Cette fiche enseigne la méthode des deux exercices : passer de la question au problème et bâtir une dissertation argumentée ; dégager la thèse, suivre l’argumentation et expliciter les concepts d’un texte d’auteur. Dans les deux cas, on attend un discours continu et personnel qui mobilise notions, repères et auteurs.
5sectionsca. 24min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d’abord les fondations communes aux deux exercices : la différence entre une question et un problème, le rôle de l’introduction (analyse, problématique, annonce) et la consigne « expliquer, ce n’est ni paraphraser ni juger ». C’est le socle qui rend toute copie recevable.
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, travaillez la qualité de la problématisation (faire surgir une vraie tension), la progression réelle du développement (chaque moment déplace le problème) et l’usage fin des repères du programme comme outils d’analyse ; sur l’explication, articulez explication interne et discussion mesurée des enjeux.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
L’épreuve écrite : trois sujets au choix
Vous découvrez les trois sujets : (1) « La vérité dépend-elle de nous ? » ; (2) « Le travail n’est-il qu’une contrainte ? » ; (3) un texte de Descartes sur le doute. Montrez la démarche de choix que vous appliquez avant de vous engager.
Les sujets 1 et 2 sont des dissertations (des questions) ; le sujet 3 est une explication de texte (un passage attribué à un auteur). Le choix engage deux méthodes différentes.
Pour (1), une tension claire apparaît : ou bien la vérité est indépendante de nous (réaliste), ou bien elle se construit par et pour des sujets — c’est problématisable. Pour (2), je dois définir « travail » et « contrainte » : le présupposé est que le travail serait subi ; je peux l’opposer au travail comme accomplissement de soi. Les deux se tiennent.
Sur le sujet 3, je lis le passage : si je dégage sans peine la thèse (douter méthodiquement pour atteindre le certain), la structure (étapes du doute) et les concepts (doute, certitude, méthode), l’explication est jouable, même sans rien savoir de la vie de Descartes.
Je choisis l’exercice où j’ai à la fois une tension nette et de quoi l’alimenter (auteurs, exemples, distinctions). Si le texte me résiste (je ne vois pas son organisation), je m’abstiens : une explication mal comprise est ingérable.
Résultat : Le choix n’est pas affaire de goût mais de faisabilité : on retient le sujet que l’on peut analyser, problématiser et conduire jusqu’à une réponse argumentée — vérifié au brouillon avant de rédiger.
Erreurs fréquentes
Révision active
Décrivez précisément le déroulé des quatre heures de l’épreuve, de la lecture des trois sujets à la relecture finale, en justifiant chaque étape de la répartition du temps que vous proposez.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale) · Programmes et ressources en philosophie — voie générale et technologique (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
De la question au problème
Analysez les termes du sujet « Suffit-il d’être libre pour faire ce que l’on veut ? », dégagez son présupposé, puis formulez une problématique opposant deux réponses également défendables.
« Suffit-il » demande si la liberté est une condition suffisante (une fois libre, plus rien ne manque) — c’est plus exigeant que « faut-il ». « Être libre » : ne pas être empêché de l’extérieur. « Faire ce que l’on veut » : satisfaire ses désirs. Le repère possibilité de fait / droit éclaire le « vouloir ».
Le sujet présuppose que faire ce que l’on veut serait le but évident de la liberté, et que l’obstacle à ce but serait seulement extérieur (les interdits, les autres). On peut contester ce présupposé : et si l’obstacle était intérieur, dans des désirs qui nous asservissent ?
Thèse A : oui, être libre suffit, car si rien ne m’empêche, je peux suivre tous mes désirs. Thèse B : non, car obéir à des désirs subis (impulsions, dépendances) n’est pas être libre mais esclave ; la vraie liberté supposerait de se rendre maître de ses désirs (Épictète, Spinoza). Les deux thèses sont sérieuses.
On condense la tension en une question : « Être libre, est-ce pouvoir satisfaire tous ses désirs, ou bien être capable de se rendre maître de ce que l’on veut ? » On annonce alors un parcours qui examinera successivement les deux réponses.
Résultat : Le sujet est problématisé : la simple question « suffit-il d’être libre ? » est devenue une tension entre deux conceptions opposées de la liberté (faire ce qu’on veut / vouloir vraiment), ce qui ouvre un développement argumenté.
Une question n’est pas un problème. Devant « Le travail rend-il libre ? », l’erreur est de répondre tout de suite. Le travail philosophique consiste d’abord à montrer pourquoi la réponse n’est pas évidente.
On analyse les termes : « travail » — activité de transformation, mais aussi peine ; « libre » — non contraint, ou bien accompli. On dégage le présupposé : le sujet suppose que le travail aurait un rapport à la liberté.
Puis on fait surgir la tension. Thèse A : le travail libère, car il arrache à la nature et donne une place. Thèse B : le travail aliène, car il peut épuiser et dépersonnaliser. Les deux se défendent : voilà le problème.
Enfin on formule la problématique : « Le travail nous libère-t-il en nous rendant autonomes, ou nous asservit-il en nous soumettant à la nécessité ? » De cette question naîtra le plan. Problématiser, c’est cela.
Erreurs fréquentes
Révision active
Prenez le sujet « Suffit-il d’être libre pour faire ce que l’on veut ? » : analysez les termes, dégagez le présupposé, puis formulez en deux lignes une problématique qui oppose clairement deux réponses défendables.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale) · Programmes et ressources en philosophie — voie générale et technologique (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Plan-type d’une dissertation
Pour le sujet « La liberté a-t-elle des limites ? », proposez l’introduction (problématique et annonce) puis le squelette argumenté des trois moments du développement.
Après analyse (« liberté » = pouvoir de faire ce qu’on veut ? autonomie ? ; « limites » = obstacles subis ou règles reconnues ?), on formule la tension : « Les limites sont-elles une atteinte à la liberté, ou bien sa condition même ? » On annonce un parcours en trois moments.
Argument : être libre, c’est ne dépendre de rien ; toute limite (loi, autrui, devoir) apparaît d’abord comme une entrave. Exemple : l’enfant qui veut « tout faire ». Limite de ce moment : une liberté sans aucune borne se retourne contre elle-même (la liberté de chacun heurte celle des autres).
Argument : la loi qui me limite me protège aussi de l’arbitraire d’autrui (Rousseau, Kant). Le repère légal / légitime distingue la contrainte subie de la règle reconnue. Exemple : le code de la route limite et garantit à la fois la circulation. Mais une limite seulement extérieure ne suffit pas à fonder la liberté intérieure.
Dépassement : être libre, ce n’est pas l’absence de limites, mais se donner à soi-même sa loi (autonomie kantienne) ; la limite que je reconnais comme mienne n’aliène pas, elle libère. La distinction décisive : limite subie / limite voulue.
Réponse au problème : oui, la liberté a des limites, mais les limites qui la nient sont celles qu’on subit, tandis que celles qu’on se donne la constituent. Ouverture possible vers le devoir.
Résultat : On obtient un plan où chaque moment déplace le problème (limite-entrave → limite-condition → limite-choisie), porté par des transitions, et où la conclusion répond exactement à la question posée.
Erreurs fréquentes
Révision active
Rédigez l’introduction complète (amorce, analyse des termes, problématique, annonce du plan) d’une dissertation sur « La liberté a-t-elle des limites ? », puis proposez en une phrase chacune les trois moments de votre développement.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale) · Programmes et ressources en philosophie — voie générale et technologique (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Expliquer un texte : les quatre gestes
Soit un court texte où l’auteur soutient que « obéir aux lois que l’on s’est prescrites est liberté ». Montrez comment vous en construisez l’explication, de la thèse à la discussion.
Thèse : la liberté n’est pas l’absence de toute loi, mais l’obéissance à une loi qu’on se donne soi-même. Problème auquel le texte répond : la loi semble s’opposer à la liberté (objection implicite : obéir, n’est-ce pas perdre sa liberté ?). Le texte répond non, à condition de distinguer deux sortes d’obéissance.
On repère les moments grâce aux connecteurs : d’abord l’auteur écarte une définition (la liberté ≠ faire tout ce qu’on veut) ; puis (« car ») il avance que suivre ses seules impulsions, c’est être esclave de ses désirs ; enfin (« donc ») il conclut que la liberté est obéissance à la loi qu’on s’est prescrite.
« Se prescrire » : se donner à soi-même une règle (autonomie, par opposition à hétéronomie où la règle vient d’ailleurs). On mobilise le repère liberté subie / liberté voulue. L’exemple éventuel (céder à une impulsion qu’on regrette) montre que l’absence de loi n’est pas la liberté mais la servitude des désirs.
Intérêt : le texte renverse l’opposition commune entre loi et liberté ; il fonde une liberté comme maîtrise de soi. Limite possible à discuter : toute loi « qu’on s’est prescrite » est-elle vraiment libératrice, ou faut-il un critère de la bonne loi ? La discussion prolonge le texte sans le quitter.
Résultat : L’explication a dégagé la thèse, suivi l’argumentation pas à pas en éclairant les concepts, puis discuté les enjeux — sans paraphraser ni plaquer un cours : tout est resté arrimé au mouvement du texte.
Erreurs fréquentes
Révision active
Sur un court texte d’auteur de votre choix (programme), rédigez l’introduction de l’explication : présentez le thème, dégagez la thèse en une phrase, formulez le problème auquel le texte répond, et annoncez les moments que vous distinguez dans son argumentation.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale) · Programmes et ressources en philosophie — voie générale et technologique (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Dissertation et explication : tableau comparatif
Montrez comment le repère légal / légitime permet d’analyser le sujet « Faut-il toujours obéir aux lois ? » et d’en construire le problème.
Est légal ce qui est conforme à la loi en vigueur ; est légitime ce qui est conforme à la justice, à ce qui devrait être le droit. Une loi peut être légale sans être légitime (une loi injuste), et une exigence légitime peut n’être pas encore légale.
« Faut-il toujours obéir aux lois ? » devient analysable : si « la loi » désigne le légal, le sujet demande si la conformité au droit positif s’impose toujours, même quand le légal n’est pas légitime.
Tension : ou bien obéir au légal est un devoir inconditionnel (sans quoi c’est le retour à la force et au désordre), ou bien une loi gravement injuste (illégitime) peut délier de l’obéissance (désobéissance civile). Le repère fait apparaître les deux réponses.
« L’obéissance aux lois est-elle un devoir absolu parce qu’elles sont légales, ou bien la légitimité peut-elle parfois autoriser à leur désobéir ? » Le repère a transformé une question vague en problème précis.
Résultat : Un seul repère, correctement défini et appliqué, a suffi à dégager la tension du sujet et à formuler une problématique nette : c’est l’usage attendu des repères du programme.
Erreurs fréquentes
Révision active
Choisissez deux repères du programme (par exemple légal / légitime et persuader / convaincre) ; pour chacun, énoncez la distinction en une phrase, puis donnez un sujet de dissertation que ce repère permet d’éclairer et expliquez comment.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale) · Programmes et ressources en philosophie — voie générale et technologique (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Références et sources
Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale
Éduscol — ministère de l’Éducation nationale