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Née dans la défaite de 1870 et la Commune, la Troisième République s'enracine lentement (lois constitutionnelles de 1875, victoire des républicains après 1879) puis se dote de lois fondatrices qui inventent le citoyen républicain : libertés publiques, école gratuite, laïque et obligatoire (Ferry, 1881-1882), liberté syndicale (1884), liberté de la presse (1881), et enfin séparation des Églises et de l'État (1905). En même temps, la société française se transforme (urbanisation, monde ouvrier, monde rural, place des femmes) et la République se lance dans une expansion coloniale massive (1885-1914), au nom d'une « mission civilisatrice » que démentent les réalités de la domination, du travail forcé et du Code de l'indigénat. Repère de cadrage indispensable : ce thème relève du programme d'HISTOIRE DE PREMIÈRE (BO 2019, thème 3) ; l'histoire-géographie de l'enseignement commun est évaluée en CONTRÔLE CONTINU et n'a pas d'épreuve écrite terminale ponctuelle — ce chapitre est donc « hors épreuve écrite de terminale », mais il reste pleinement évalué dans la moyenne du baccalauréat et mobilisable au Grand oral.
5sectionsca. 25min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Verrouillez d'abord les repères et les notions : 1870-1875 (fondation de la République et lois constitutionnelles), 1881-1882 (lois scolaires de Jules Ferry), 1881 et 1884 (liberté de la presse, liberté syndicale, divorce), 1894-1906 (affaire Dreyfus), 1905 (séparation des Églises et de l'État), 1884-1885 (conférence de Berlin) et 1885-1914 (apogée de l'expansion coloniale). Sachez DÉFINIR avec précision : République, démocratie représentative, régime parlementaire, laïcité, libertés publiques, colonisation, impérialisme, mission civilisatrice, indigénat, nation.
niveau approfondi
Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : reliez l'enracinement de la République à la fabrication d'un citoyen (école, conscription, presse, suffrage universel masculin) et montrez la CONTRADICTION majeure de la période — une République universaliste en métropole qui institue, dans l'empire, un régime d'exception (Code de l'indigénat) niant l'égalité qu'elle proclame ; appuyez-vous sur la confrontation de documents (texte de loi, affiche d'exposition coloniale, caricature de l'affaire Dreyfus) et sur les points de passage du programme (affaire Dreyfus, loi de 1905, le fait colonial).
Lesetiefe: Approfondi
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De la défaite à la République (1870-1880)
Léon Gambetta déclare en 1877 que la République doit devenir « le gouvernement qui divise le moins les Français ». À l'aide de vos connaissances sur la période 1870-1879, expliquez le sens de cette formule et montrez comment elle s'est réalisée. Rédigez un paragraphe structuré.
La citation émane de Léon Gambetta, figure du parti républicain, au cœur de la crise du 16 mai 1877 qui oppose le président monarchiste Mac-Mahon à une Chambre républicaine. Problème : comment un régime né dans la défaite et longtemps minoritaire devient-il consensuel ?
La République est d'abord fragile : majorité monarchiste à l'Assemblée jusqu'en 1877, menace d'une restauration, et à gauche la mémoire douloureuse de la Commune (1871). Le régime semble provisoire.
Les lois constitutionnelles de 1875 dotent la République d'institutions parlementaires acceptables par les modérés ; la crise de 1877 puis les élections de 1879 donnent aux républicains les deux chambres et la présidence (Grévy). La République se présente comme un terrain d'entente : ni retour à la monarchie, ni révolution.
La formule annonce la stratégie d'enracinement : par la modération institutionnelle, l'école, les symboles (14 juillet, Marseillaise) et le suffrage universel masculin, la République rallie progressivement la majorité des Français.
Résultat : Réponse argumentée : la formule de Gambetta résume le pari de l'enracinement républicain. Née dans la défaite et d'abord contestée, la République surmonte la menace monarchiste grâce aux lois de 1875, à la crise de 1877 et aux victoires électorales de 1879 ; en se posant comme régime modéré et rassembleur, appuyé sur des institutions parlementaires et des symboles partagés, elle devient effectivement « le gouvernement qui divise le moins les Français ».
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide de vos connaissances, expliquez en un paragraphe structuré pourquoi l'on peut dire que la Troisième République « s'enracine » entre 1870 et 1880 alors qu'elle est née dans la défaite : montrez les obstacles (menace monarchiste, Commune), puis les étapes de la victoire républicaine (lois de 1875, crise de 1877, élections de 1879), enfin le rôle des symboles.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 3 « La Troisième République avant 1914 : un régime politique, un empire colonial » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La laïcité de 1905 : deux principes
La loi du 9 décembre 1905 dispose : « Art. 1er. La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...]. Art. 2. La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » Expliquez la conception de la laïcité instaurée par ce texte et montrez-en la portée et les limites. Rédigez un paragraphe structuré.
Il s'agit d'un extrait de loi (deux premiers articles), texte juridique fondateur voté le 9 décembre 1905 par une majorité républicaine. Il met fin au Concordat napoléonien de 1801, qui faisait du catholicisme et de quelques cultes des religions reconnues et salariées. Problème : que change exactement cette loi dans le rapport de l'État aux religions ?
L'article 1 protège les individus : la « liberté de conscience » (croire, ne pas croire, changer de croyance) et le « libre exercice des cultes » (pratiquer sa religion publiquement). La laïcité n'est donc pas hostile aux religions : elle garantit leur liberté.
L'article 2 transforme l'État : il ne « reconnaît » plus aucune religion officielle, ne « salarie » plus le clergé, ne « subventionne » plus les cultes. L'État devient neutre et impartial ; le religieux est renvoyé à la sphère privée et associative (associations cultuelles).
Portée : la loi pose un principe durable, encore constitutionnel aujourd'hui (enjeu du présent). Limites et tensions : application heurtée (crise des inventaires de 1906, opposition de l'Église), et des exceptions territoriales subsistent (le Concordat de 1801 reste en vigueur en Alsace-Moselle, annexée par l'Allemagne depuis 1871 et donc non concernée par la loi de 1905 quand elle est votée).
Résultat : Réponse argumentée : la loi de 1905 définit la laïcité française par l'articulation de deux principes — la liberté religieuse des individus (art. 1) et la stricte neutralité de l'État (art. 2). Elle ne combat pas les religions mais sépare l'État de toute Église, mettant fin au Concordat de 1801. Sa portée est considérable (principe encore en vigueur), même si son application fut conflictuelle (inventaires de 1906) et connaît des exceptions territoriales (Alsace-Moselle).
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir des articles 1 et 2 de la loi du 9 décembre 1905 (« La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...] » ; « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »), rédigez un paragraphe d'analyse de document : présentez le texte (nature, date, contexte du Concordat), expliquez la double dimension de la laïcité qu'il instaure, puis indiquez sa portée et ses limites (tensions de 1906, exceptions territoriales comme l'Alsace-Moselle).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 3, point de passage « La loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
L'affaire Dreyfus : deux camps
Le 13 janvier 1898, Émile Zola publie dans le journal L'Aurore une lettre ouverte au président de la République, intitulée « J'accuse… ! », dénonçant la condamnation injuste du capitaine Dreyfus et les mensonges de l'état-major. Présentez ce document, expliquez ce qu'il dénonce et montrez en quoi il met la République à l'épreuve. Rédigez un paragraphe structuré.
Il s'agit d'un article de presse (lettre ouverte) d'Émile Zola, écrivain célèbre, publié en une de L'Aurore le 13 janvier 1898, en pleine affaire Dreyfus. Sa publication n'est possible que grâce à la loi sur la liberté de la presse de 1881. Problème : comment un texte d'écrivain devient-il un acte politique majeur ?
Zola accuse nommément les responsables d'avoir condamné un innocent et couvert l'erreur : c'est la dénonciation d'un mensonge d'État et de l'antisémitisme. Il oppose la VÉRITÉ et la JUSTICE à la raison d'État qui voudrait protéger l'armée.
Le texte fait basculer l'affaire dans l'espace public et coupe la France en deux camps (dreyfusards / antidreyfusards). Il consacre la figure de l'« intellectuel » qui engage sa notoriété au service d'une cause. Zola, condamné pour diffamation, doit s'exiler : le combat est rude.
« J'accuse… ! » illustre la force de la liberté de la presse et le rôle des intellectuels dans une démocratie. Il prépare la réhabilitation de Dreyfus (1906) et le renforcement du camp républicain, qui votera la loi de 1905.
Résultat : Réponse argumentée : « J'accuse… ! » est une lettre ouverte de Zola (L'Aurore, 13 janvier 1898) qui, grâce à la liberté de la presse de 1881, dénonce publiquement l'erreur judiciaire et l'antisémitisme dans l'affaire Dreyfus. En faisant de la vérité et de la justice une cause nationale, le texte divise la France en deux camps et met la République à l'épreuve, avant que la défense de l'État de droit n'aboutisse à la réhabilitation de Dreyfus (1906) et au renforcement des républicains.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'un extrait de la lettre ouverte d'Émile Zola « J'accuse… ! » (L'Aurore, 13 janvier 1898), rédigez un paragraphe d'analyse de document : présentez le texte (nature, auteur, date, support), expliquez ce qu'il dénonce et le rôle qu'y joue la liberté de la presse, puis montrez en quoi l'affaire divise la France en deux camps et met la République à l'épreuve.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 3, point de passage « L'affaire Dreyfus » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Société française : permanences et mutations (1870-1914)
Part de la population rurale en France (1851-1911, en %)
À l'aide des données suivantes sur la part de la population RURALE en France (1851 : 75 % ; 1872 : 69 % ; 1891 : 63 % ; 1911 : 56 %), décrivez l'évolution observée, calculez l'ampleur du recul de la population rurale, et expliquez le phénomène en distinguant permanence et mutation. Rédigez un paragraphe structuré.
La part de la population rurale baisse de façon continue à chaque recensement : 75 % en 1851, puis 69 % (1872), 63 % (1891) et 56 % en 1911. La courbe est régulièrement décroissante : c'est le signe d'une urbanisation progressive.
Recul total entre 1851 et 1911 : 75 − 56 = 19 points de pourcentage en 60 ans. La part urbaine progresse donc symétriquement de 25 % à 44 % sur la même période (100 − 56 = 44).
Malgré ce recul, en 1911 la France reste MAJORITAIREMENT rurale (56 % > 50 %). Le monde paysan demeure le plus nombreux : la permanence du monde rural est réelle, même si elle s'érode.
Le recul s'explique par la deuxième révolution industrielle et l'exode rural : usines, mines et villes attirent une population qui forme le nouveau monde ouvrier. La société se transforme sans rompre brutalement avec son passé rural.
Résultat : Réponse argumentée : entre 1851 et 1911, la population rurale recule de 19 points (de 75 % à 56 %), preuve d'une urbanisation continue portée par l'industrialisation et l'exode rural. Mais en 1914 la France reste majoritairement rurale (56 %), ce qui illustre parfaitement la coexistence d'une PERMANENCE (le poids du monde paysan) et d'une MUTATION profonde (la montée des villes et du monde ouvrier).
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide de vos connaissances et de données chiffrées sur la population, rédigez un paragraphe structuré montrant que la société française connaît, entre 1870 et 1914, à la fois des permanences (poids durable du monde rural) et de profondes mutations (industrialisation, urbanisation, montée du monde ouvrier, évolution de la place des femmes).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 3, « Permanences et mutations de la société française jusqu'en 1914 » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Discours colonial et réalités de la domination
Le 28 juillet 1885, Jules Ferry déclare à la Chambre des députés : « Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures [...] parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » Présentez ce document, dégagez la justification de la colonisation qu'il propose, puis CONFRONTEZ ce discours aux réalités coloniales. Rédigez un paragraphe structuré.
C'est un extrait de discours politique prononcé par Jules Ferry, ancien président du Conseil et grande figure républicaine, devant la Chambre des députés le 28 juillet 1885, en plein essor de l'expansion coloniale. Problème : comment la République justifie-t-elle la colonisation, et ce discours résiste-t-il à l'épreuve des faits ?
Ferry fonde un « droit » des « races supérieures » sur un prétendu « devoir » de « civiliser les races inférieures ». C'est l'idéologie de la MISSION CIVILISATRICE, qui présente la colonisation comme un bienfait (apporter l'école, la médecine, le progrès) et repose sur une hiérarchie raciste des peuples.
Or les réalités démentent ce discours : conquêtes militaires violentes, expropriations, exploitation économique. Surtout, les colonisés sont des SUJETS et non des citoyens, soumis au Code de l'indigénat (régime d'exception : peines spéciales, travail forcé, justice inégalitaire). L'égalité républicaine proclamée en métropole est niée dans l'empire.
Le document illustre la CONTRADICTION majeure de la période : une République universaliste, qui se réclame des droits de l'homme, institue dans ses colonies un ordre inégalitaire et raciste. C'est cette contradiction qui nourrit aujourd'hui les débats sur la mémoire coloniale.
Résultat : Réponse argumentée : ce discours de Jules Ferry (Chambre, 1885) justifie la colonisation par l'idéologie de la « mission civilisatrice » et une hiérarchie raciste des « races ». Mais ce discours masque les réalités de la domination : conquêtes violentes, exploitation, et surtout des colonisés réduits au statut de sujets soumis au Code de l'indigénat. La confrontation révèle la contradiction centrale du thème — une République des droits de l'homme qui nie l'égalité dans son empire, ce qui éclaire la mémoire coloniale contemporaine.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'un extrait du discours de Jules Ferry à la Chambre des députés (28 juillet 1885) affirmant que « les races supérieures ont [...] le devoir de civiliser les races inférieures », et de vos connaissances, rédigez un paragraphe d'analyse : présentez le document, dégagez la justification de la colonisation qu'il propose (mission civilisatrice), puis CONFRONTEZ ce discours aux réalités coloniales (sujets et non citoyens, Code de l'indigénat, exploitation).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 3, point de passage « La IIIe République et le fait colonial » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources