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Déclenchée à l'été 1914, la « Grande Guerre » bascule rapidement dans la guerre totale : elle mobilise les hommes, les sociétés et les économies entières, et provoque une violence de masse inédite (Verdun, la Somme) ainsi qu'un crime de masse, le génocide des Arméniens (1915-1916). L'année 1917 (révolutions russes, entrée en guerre des États-Unis) fait basculer le conflit, qui s'achève par l'armistice du 11 novembre 1918, l'effondrement de quatre empires (allemand, austro-hongrois, ottoman, russe) et une tentative inédite d'ordre des nations (traités de paix de 1919-1920, Société des Nations). Repère de cadrage indispensable : ce thème relève du programme d'HISTOIRE DE PREMIÈRE (BO 2019, thème 4) ; l'histoire-géographie de l'enseignement commun est évaluée en CONTRÔLE CONTINU et n'a pas d'épreuve écrite terminale ponctuelle — ce chapitre est donc « hors épreuve écrite de terminale », mais il reste pleinement évalué dans la moyenne du baccalauréat et c'est un sujet de prédilection pour le Grand oral.
5sectionsca. 26min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Verrouillez d'abord les repères et les notions clés. Repères : 1914 (déclenchement, marche à la guerre, guerre de mouvement puis de position), 1916 (Verdun, la Somme), 1915-1916 (génocide des Arméniens), 1917 (révolutions russes de février et d'octobre, entrée en guerre des États-Unis), 11 novembre 1918 (armistice), 1919-1920 (traités de paix, dont Versailles le 28 juin 1919 ; création de la Société des Nations). Sachez DÉFINIR avec précision : guerre totale, mobilisation, violence de masse, expérience combattante, brutalisation, génocide, propagande, économie de guerre, sortie de guerre, traité de paix.
niveau approfondi
Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : montrez le caractère de SYSTÈME de la guerre totale (front et arrière liés, économie, opinion, propagande) et le RENVERSEMENT qu'elle produit — un conflit qui se voulait court et décisif aboutit à l'effondrement de quatre empires multinationaux et à une carte européenne refaite au nom du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ». Discutez la formule « suicide de l'Europe » (l'Europe sort affaiblie, endeuillée, déchirée par des paix contestées), confrontez des documents (lettre de poilu, affiche d'emprunt, photographie de tranchée, carte de l'Europe en 1914 puis en 1923) et appuyez-vous sur les points de passage du programme : Verdun, l'expérience combattante, le génocide des Arméniens, et 1917 comme année de basculement.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
1914 : l'engrenage des alliances
La guerre totale : un système front-arrière
Soldats mobilisés et morts militaires des principaux belligérants (estimations, en millions)
« Souscrivez à l'Emprunt de la Défense nationale ! » — à partir d'une affiche française d'emprunt de guerre (1916-1918), montrez en un paragraphe argumenté en quoi ce document illustre la mobilisation totale de l'arrière.
Nature : une affiche de propagande financière, placardée dans l'espace public. Commanditaire : l'État (ministère des Finances), relayé par les banques. Date : milieu/fin de guerre, lorsque le conflit s'éternise et coûte des sommes colossales. Destinataire : l'ensemble des civils de l'arrière. Intention : convaincre la population de prêter son argent à l'État pour financer la guerre.
Repérer les procédés de persuasion : un appel patriotique (« Défense nationale », symboles tricolores, figure du soldat protégé par l'argent des civils), un raccourci entre le geste financier et la victoire (donner son or, c'est « se battre »), un slogan injonctif. L'affiche transforme un acte économique en acte de patriotisme.
Replacer dans la guerre totale : l'État ne peut financer un conflit aussi long et coûteux par le seul impôt ; il emprunte massivement à ses citoyens. L'affiche relie ainsi le financier (l'épargne), le patriotique (le devoir national) et l'effort de guerre (équiper les soldats) — preuve que l'arrière est totalement mobilisé.
Critiquer le document : c'est une source orientée, qui idéalise l'unité nationale et masque les réalités (lassitude, inflation, mutineries de 1917, deuils). Elle dit l'intention de l'État, non l'adhésion réelle et entière de la population.
Résultat : L'affiche d'emprunt national illustre exemplairement la guerre totale : l'État mobilise l'épargne et le patriotisme des civils, faisant de l'arrière un acteur essentiel de l'effort de guerre. Mais, document de propagande, elle doit être lue de façon critique : elle exprime une volonté de mobilisation davantage qu'elle ne reflète l'état réel de l'opinion.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'une affiche d'emprunt national de 1916-1918 (par exemple un emprunt de la Défense nationale), montrez en un paragraphe argumenté comment ce document illustre la mobilisation totale de l'arrière : identifiez la nature et l'intention du document, repérez deux procédés de persuasion, et expliquez en quoi l'emprunt relie le financier, le patriotique et l'effort de guerre.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de première, thème 4 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Verdun 1916 : anatomie d’une bataille d’usure
Lire un témoignage de poilu : grille critique
Soit un extrait de carnet d'un soldat français décrivant, à Verdun en 1916, un bombardement d'artillerie et l'attente dans la tranchée. Analysez ce que ce témoignage révèle de l'expérience combattante, puis montrez-en les limites.
Nature : un carnet personnel (écrit privé, souvent plus libre qu'une lettre soumise à la censure). Auteur : un poilu, témoin direct. Contexte : Verdun, 1916, bataille d'usure dominée par l'artillerie — ce qui explique la place centrale du bombardement dans le récit.
L'expérience de la VIOLENCE DE MASSE : le déluge d'obus, le bruit, la terre retournée, la peur de la mort, l'attente angoissée. Le quotidien matériel (boue, fatigue) et les sentiments (peur, camaraderie, parfois fatalisme). Le carnet donne accès au vécu, au ressenti, à la subjectivité du combattant.
C'est un témoignage INDIVIDUEL : un seul point de vue, une seule unité, un seul moment. Même un carnet privé est marqué par la sensibilité de l'auteur, sa mémoire, ses silences. On ne peut généraliser à partir d'un cas isolé : il faut le confronter à d'autres carnets, à des photographies, à des sources d'état-major.
Le carnet est une source précieuse pour l'histoire « par en bas » de l'expérience combattante, à condition de l'utiliser de façon critique : il éclaire un vécu, il ne le résume pas. Sa valeur tient à ce qu'il complète, et nuance, les sources officielles.
Résultat : Le carnet de tranchée donne un accès direct et sensible à l'expérience combattante de Verdun (violence de l'artillerie, peur, quotidien), mais sa portée est celle d'un témoignage individuel et subjectif : il doit être croisé avec d'autres sources pour reconstituer une histoire fiable de la bataille.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'un extrait de lettre ou de carnet d'un poilu décrivant un bombardement, rédigez un paragraphe d'étude critique : ce que le document nous apprend de l'expérience combattante (la violence de masse, le quotidien, les sentiments), puis les limites de ce témoignage (censure, autocensure, point de vue individuel) qui obligent à le confronter à d'autres sources.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de première, thème 4 (point de passage : Verdun et l'expérience combattante) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Le génocide des Arméniens (1915-1916)
En vous appuyant sur la définition du génocide, montrez pourquoi l'extermination des Arméniens de l'Empire ottoman (1915-1916) constitue bien un génocide, et pas un simple massacre de guerre.
Un génocide est l'extermination PLANIFIÉE et SYSTÉMATIQUE d'un groupe humain en raison de son appartenance (ici, nationale et religieuse : les Arméniens chrétiens). Le critère décisif est l'INTENTION de détruire le groupe en tant que tel.
Le pouvoir des Jeunes-Turcs vise délibérément la minorité arménienne, accusée collectivement de trahison ; il s'agit d'un projet d'élimination décidé d'en haut, et non de dommages collatéraux des combats. La guerre sert de cadre, mais la cible est un groupe, choisi pour ce qu'il est.
À partir d'avril 1915 : élimination ciblée des élites, puis déportations organisées de villages entiers, marches forcées vers les déserts de Syrie où la faim, la soif et les massacres tuent en masse. Le caractère méthodique et répété des opérations atteste d'un plan, non d'accès de violence isolés.
Le bilan — de plusieurs centaines de milliers à plus d'un million de morts — révèle une volonté d'anéantissement d'un groupe entier. Intention + systématicité + ampleur : les trois critères du génocide sont réunis, ce qui le distingue radicalement des pertes ordinaires de la guerre.
Résultat : Parce qu'il vise un groupe en raison de son identité, qu'il procède de manière planifiée et systématique (déportations, marches forcées) et qu'il fait plusieurs centaines de milliers à plus d'un million de morts, l'extermination des Arméniens de 1915-1916 est bien un génocide — le premier du XXe siècle — et non un simple massacre de guerre.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir de la définition du mot « génocide » et de vos connaissances sur les déportations de 1915-1916, rédigez un paragraphe argumenté montrant pourquoi l'extermination des Arméniens dans l'Empire ottoman constitue bien un génocide, en distinguant clairement l'intention planifiée, les méthodes (déportations, marches forcées) et l'ampleur du crime.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de première, thème 4 (point de passage : le génocide des Arméniens) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
1917 : une année de basculement
Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée à la question : « En quoi l'année 1917 constitue-t-elle un basculement de la Première Guerre mondiale ? »
1917 n'est pas une année de victoire décisive, mais une année de RENVERSEMENT : pourquoi peut-on dire qu'elle change le rapport de forces et le sens du conflit ? On annonce un plan en trois temps.
Révolution de février 1917 : chute du tsar, fin de l'empire des Romanov. Révolution d'octobre 1917 : prise du pouvoir par les bolcheviks de Lénine, qui veulent la paix ; la Russie engage sa sortie de la guerre (Brest-Litovsk, début 1918). Conséquence : l'Entente perd un allié majeur à l'Est.
Avril 1917 : les États-Unis entrent en guerre aux côtés de l'Entente (notamment en réaction à la guerre sous-marine à outrance). Ils apportent des ressources humaines, industrielles et financières immenses, et une dimension idéologique (la démocratie, les futurs « 14 points » de Wilson). Conséquence : l'Entente gagne, à terme, un poids décisif.
1917, année de lassitude : mutineries dans l'armée française (après le Chemin des Dames), grèves, pacifisme. Les États resserrent autorité et propagande. La guerre devient aussi un affrontement de PROJETS (modèle révolutionnaire russe / croisade démocratique américaine), dont l'écho dépasse l'Europe.
Résultat : 1917 est bien une année de basculement : elle inverse l'équilibre des forces (la Russie sort, les États-Unis entrent), elle met à nu la fatigue des sociétés (mutineries, grèves) et elle transforme la signification de la guerre, désormais traversée par des projets politiques rivaux qui pèseront sur tout l'après-guerre.
Erreurs fréquentes
Révision active
Rédigez un paragraphe argumenté répondant à la question : « En quoi l'année 1917 constitue-t-elle un basculement de la Première Guerre mondiale ? » Vous distinguerez les révolutions russes (février puis octobre), l'entrée en guerre des États-Unis et la crise des opinions, en montrant comment ces trois éléments modifient le rapport de forces et le sens du conflit.
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Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de première, thème 4 (point de passage : 1917, l'année de basculement) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La fin de quatre empires (1914 → 1923)
Les sorties de guerre (1918-1920)
À l'aide d'une carte de l'Europe en 1914 et d'une carte vers 1923, montrez comment la Première Guerre mondiale a entraîné la fin des empires et la recomposition territoriale de l'Europe.
Identifier les grandes structures : quatre vastes empires multinationaux dominent l'Europe centrale et orientale — l'empire allemand, l'empire austro-hongrois, l'empire russe et l'empire ottoman (à cheval sur l'Europe et le Proche-Orient). Beaucoup de peuples sont alors intégrés dans ces ensembles.
Constater la disparition de ces quatre empires et l'apparition de NOUVEAUX ÉTATS : Pologne reconstituée, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), Autriche et Hongrie devenues des États distincts et réduits. L'Allemagne devient une république (Weimar) et perd des territoires.
Relier ces changements aux causes : l'effondrement militaire et politique des Empires centraux, les révolutions (Russie 1917) et surtout les TRAITÉS DE PAIX de 1919-1920, qui appliquent — imparfaitement — le « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et créent la SDN pour garantir le nouvel ordre.
Montrer que cette recomposition est porteuse de TENSIONS : minorités enclavées dans les nouveaux États, frontières contestées, Allemagne humiliée par un traité vécu comme un « diktat », SDN affaiblie (sans les États-Unis). La nouvelle carte est donc une paix fragile.
Résultat : La comparaison des deux cartes montre une mutation profonde : quatre empires multinationaux disparaissent et laissent place à une Europe d'États-nations, redessinée par les traités de 1919-1920 au nom du droit des peuples. Mais frontières contestées, minorités et ressentiments allemands font de cette recomposition une paix instable, qui prépare les crises des années 1930.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'une carte de l'Europe en 1914 et d'une carte de l'Europe vers 1923, rédigez un paragraphe argumenté qui décrit et explique la recomposition territoriale : repérez les quatre empires disparus, citez deux ou trois nouveaux États, reliez ces transformations au principe du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et expliquez en quoi cette nouvelle carte porte en germe des tensions futures.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de première, thème 4 (la fin des empires et les sorties de guerre) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol