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De la prise de la Bastille à la proclamation de l'Empire allemand, l'Europe passe de l'ordre des dynasties à l'ordre des nations : la Révolution française forge une conception nouvelle de la nation (souveraineté nationale, droits de l'homme, citoyenneté), que l'Empire napoléonien diffuse par la conquête avant que le congrès de Vienne (1814-1815) ne tente de la refermer. Les révolutions de 1830 et le « printemps des peuples » de 1848 propagent les idées libérales et nationales, tandis que la France entre dans l'âge démocratique (Deuxième République, suffrage universel masculin, Second Empire) et s'industrialise, et que se construisent de nouveaux États-nations (unités italienne et allemande) par la guerre et la diplomatie. Repère de cadrage indispensable : ce thème relève du programme d'HISTOIRE DE PREMIÈRE (BO 2019, thèmes 1 et 2) ; l'histoire-géographie de l'enseignement commun est évaluée en CONTRÔLE CONTINU et n'a pas d'épreuve écrite terminale ponctuelle — ce chapitre est donc « hors épreuve écrite de terminale », mais il reste pleinement évalué dans la moyenne du baccalauréat et mobilisable au Grand oral.
5sectionsca. 30min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Verrouillez d'abord les repères et les notions clés : 1789 (Bastille, Déclaration des droits de l'homme et du citoyen), 1799-1815 (Consulat et Empire, Code civil de 1804), 1814-1815 (congrès de Vienne), 1830 et 1848 (révolutions, printemps des peuples), 1848-1852 (Deuxième République), 1852-1870 (Second Empire), 1870-1871 (guerre franco-prussienne, Empire allemand, achèvement de l'unité italienne). Sachez DÉFINIR avec précision : nation, souveraineté nationale, libéralisme, nationalité, État-nation, suffrage universel.
niveau approfondi
Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : reliez la diffusion des idées de 1789 aux unifications de 1870-1871 en distinguant deux modèles de nation (la nation comme contrat de citoyens, « plébiscite de tous les jours » selon Renan, et la nation comme communauté de langue et de culture chez les romantiques allemands) ; analysez comment l'idée nationale, d'abord libérale et émancipatrice en 1848, devient aussi un instrument d'État chez Cavour et Bismarck ; confrontez plusieurs documents (texte, carte, caricature) pour nuancer le récit national.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Le transfert de souveraineté en 1789
Le Code civil de 1804 dispose : « Tous les Français jouissent des droits civils » (art. 8) et garantit l'égalité devant la loi, la propriété et la liberté de conscience ; au même moment, le régime impérial rétablit un pouvoir personnel et héréditaire, encadre étroitement la presse et restaure une cour. En quoi ce contraste éclaire-t-il l'ambivalence de Napoléon vis-à-vis de l'héritage révolutionnaire ? Rédigez une réponse argumentée et organisée.
Le Code civil (promulgué en 1804 sous le Consulat-Empire) est un texte de loi fondateur ; il s'inscrit dans le prolongement des principes de 1789. La question est de savoir si Napoléon prolonge ou trahit la Révolution. On formule une hypothèse : il en conserve les acquis SOCIAUX tout en abolissant ses acquis POLITIQUES.
Le Code civil pérennise l'ÉGALITÉ CIVILE (mêmes droits civils pour tous les Français), la fin des privilèges et de la féodalité, la garantie de la propriété et la laïcité de l'état civil. Napoléon stabilise aussi l'administration (préfets, lycées, Banque de France). À ce titre, il est l'« héritier » qui inscrit les acquis de 1789 dans la durée et les exporte en Europe.
Mais le régime confisque la LIBERTÉ POLITIQUE : pouvoir personnel et héréditaire (sacre de 1804), suppression de la souveraineté nationale réelle, censure de la presse, surveillance policière. Le citoyen redevient en partie sujet. Le Code civil lui-même consacre l'infériorité juridique des femmes. Napoléon est donc aussi le « fossoyeur » de la dimension démocratique de la Révolution.
L'ambivalence est la clé : Napoléon fixe l'héritage CIVIL de 1789 (égalité, Code) mais étouffe l'héritage POLITIQUE (liberté, souveraineté du peuple). Sa diffusion par la conquête est elle-même double : elle répand l'égalité civile ET réveille, par réaction, les sentiments nationaux contre la France.
Résultat : Réponse argumentée : Napoléon est à la fois héritier et fossoyeur de la Révolution. Le Code civil de 1804 prouve qu'il consolide et exporte l'égalité civile, la propriété et la fin des privilèges (héritage social de 1789) ; mais le rétablissement d'un pouvoir personnel et héréditaire et la censure montrent qu'il supprime la liberté politique et la souveraineté nationale (héritage démocratique). Cette ambivalence définit son rôle dans l'histoire de l'idée nationale.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir de l'article 3 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément »), rédigez un paragraphe d'analyse de document : présentez le texte (nature, date, contexte), expliquez la conception de la nation et de la souveraineté qu'il instaure, puis indiquez sa portée et ses limites (suffrage censitaire, exclusion des femmes).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 1 « L'Europe face aux révolutions » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
L'Europe morcelée du congrès de Vienne (1815)
1848 : une double aspiration, réprimée mais durable
Sujet de composition : « L'ordre européen issu du congrès de Vienne (1814-1815) et la montée des aspirations libérales et nationales jusqu'en 1848. » Proposez une problématique et un plan détaillé en deux ou trois parties, en justifiant l'enchaînement des arguments.
Le sujet relie un ORDRE imposé (Vienne) et des FORCES qui le contestent (libéralisme, nationalités). Problématique possible : « Comment l'ordre conservateur de 1815, en ignorant les peuples, nourrit-il les aspirations libérales et nationales qui culminent en 1848 ? »
On expose l'œuvre du congrès : restauration des dynasties (légitimité), équilibre des puissances, endiguement de la France, maintien du morcellement allemand et italien sous influence autrichienne, répression par la Sainte-Alliance et le système Metternich. Idée directrice : un ordre fondé sur les dynasties, pas sur les peuples.
On montre la diffusion du libéralisme (constitutions, libertés) et du principe des nationalités, portés par le romantisme. Les secousses de 1820-1830 (Grèce, Belgique, Trois Glorieuses de 1830) sont les premières fissures de l'ordre de Vienne.
On présente le « printemps des peuples » : ampleur européenne, double dimension libérale et nationale, chute de Metternich, puis répression de 1849-1850. Bilan : échec immédiat mais diffusion irréversible de l'idée nationale, qui annonce les unifications. On conclut sur le passage de la révolution populaire à l'unification par la guerre et la diplomatie.
Résultat : Plan retenu : I. L'ordre de Vienne, un ordre des dynasties qui ignore les peuples (légitimité, équilibre, répression, morcellement). II. La montée des aspirations libérales et nationales portées par le romantisme (constitutions, principe des nationalités, secousses de 1820-1830). III. 1848, le printemps des peuples : un embrasement européen libéral et national, réprimé à court terme mais fondateur pour les unifications de 1859-1871. La problématique relie bien l'ordre imposé et les forces qui le minent.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide d'une carte de l'Europe en 1815, expliquez en un paragraphe argumenté pourquoi l'ordre issu du congrès de Vienne porte en lui les germes des révolutions de 1848 : vous montrerez ce que le congrès cherche à restaurer, ce qu'il ignore (le principe des nationalités), et comment les peuples morcelés ou dominés réagissent.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 1 « L'Europe face aux révolutions » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La France de 1848 à 1871 : régimes et âge démocratique
Le décret du 5 mars 1848 institue le suffrage universel direct : « Le suffrage sera direct et universel » (art. 5) ; « Sont électeurs tous les Français âgés de vingt et un ans, résidant dans la commune depuis six mois, et non judiciairement privés ou suspendus de l'exercice des droits civiques » (art. 6). Analysez la portée de cette mesure : en quoi marque-t-elle l'entrée dans l'âge démocratique, et quelles en sont les limites ?
Il s'agit d'un décret de la Deuxième République (mars 1848), pris quelques semaines après la révolution de février. Il rompt avec le suffrage CENSITAIRE de la monarchie de Juillet (réservé aux plus riches).
Le suffrage devient UNIVERSEL (tous les hommes de 21 ans) et DIRECT : l'électorat passe d'environ 250 000 à plus de 9 millions d'électeurs. C'est une transformation majeure : le pouvoir doit désormais émaner de l'ensemble des citoyens, et non plus d'une élite de propriétaires. La France entre dans l'âge démocratique.
Le suffrage est universel MASCULIN : les femmes en sont exclues (elles voteront en 1944). De plus, ce suffrage tout neuf servira aussi à élire Louis-Napoléon (décembre 1848) puis à légitimer son pouvoir par plébiscites après le coup d'État de 1851 : l'outil démocratique peut être détourné au profit d'un pouvoir autoritaire.
Malgré ses limites, le suffrage universel masculin est désormais IRRÉVERSIBLE en France : aucun régime ne reviendra durablement au cens. C'est un acquis fondateur de la démocratie française, même si son extension aux femmes attendra près d'un siècle.
Résultat : Le décret de mars 1848 fait entrer la France dans l'âge démocratique en remplaçant le suffrage censitaire par le suffrage universel masculin direct (de 250 000 à plus de 9 millions d'électeurs). Sa portée est immense et irréversible, mais ses limites sont réelles : exclusion des femmes (jusqu'en 1944) et possibilité d'un usage plébiscitaire par un pouvoir autoritaire (Second Empire). La démocratie naissante est à la fois fondée et fragile.
Erreurs fréquentes
Révision active
Rédigez un paragraphe argumenté répondant à la question : « En quoi l'année 1848 fait-elle entrer la France dans l'âge démocratique ? » Vous présenterez deux ou trois mesures fondatrices (en les datant), puis vous en nuancerez la portée (limites et fragilité de cette démocratie naissante jusqu'au coup d'État de 1851).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 2 « La France dans l'Europe des nationalités : politique et société (1848-1871) » (entrée dans l'âge démocratique) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
L'industrialisation : facteurs et conséquences
« Le chemin de fer, moteur de l'industrialisation et de la transformation de la France au XIXe siècle. » Rédigez un paragraphe argumenté qui montre les effets économiques, territoriaux et sociaux du chemin de fer.
Le chemin de fer est à la fois un produit et un moteur de l'industrialisation française : il stimule l'industrie, recompose le territoire et accompagne les transformations sociales. On l'illustre par des faits précis.
La construction des voies (d'environ 3 000 km en 1852 à environ 17 000 km en 1870) dope la sidérurgie, l'extraction du charbon et la mécanique. Elle mobilise le crédit et la banque (financement des compagnies) et s'appuie sur l'État (grands travaux, concessions). Le chemin de fer unifie le marché national en abaissant les coûts et les délais de transport.
En reliant les régions à Paris et aux ports, il DÉSENCLAVE les territoires, accélère l'urbanisation et favorise la circulation des hommes, des marchandises et des idées. La transformation de Paris par Haussmann s'inscrit dans cette logique de modernisation.
Le chemin de fer concentre une main-d'œuvre ouvrière, accélère l'exode rural et nourrit la croissance de la bourgeoisie d'affaires comme de la classe ouvrière — donc la « question sociale ». Conclusion : le rail est l'emblème d'une France qui entre, progressivement, dans l'âge industriel.
Résultat : Paragraphe attendu : le chemin de fer stimule l'industrie (sidérurgie, charbon), mobilise crédit et État, et unifie le marché national (économie) ; il désenclave le territoire et accélère l'urbanisation (territoire) ; il concentre la main-d'œuvre et amplifie l'essor de la bourgeoisie comme de la classe ouvrière, nourrissant la question sociale (société). Le rail est donc à la fois moteur et symbole de l'industrialisation française du Second Empire.
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Révision active
À partir de l'exemple du chemin de fer, rédigez un paragraphe montrant comment l'industrialisation transforme la France du Second Empire sur le plan économique, territorial et social (vous mentionnerez le rôle de l'État et du crédit, l'unification du marché et l'urbanisation, ainsi que les transformations de la société : bourgeoisie, classe ouvrière, question sociale).
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Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 2 « La France dans l'Europe des nationalités : politique et société (1848-1871) » (industrialisation et transformations sociales) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Deux unifications « par le haut » : Italie et Allemagne
De l'ordre de Vienne (1815) à l'ordre des nations (1871)
Sujet de composition : « En quoi les unités italienne et allemande (1859-1871) accomplissent-elles, par d'autres moyens, l'idée nationale née de la Révolution et diffusée en 1848 ? » Proposez une problématique et un plan détaillé, en mobilisant des exemples précis.
Le sujet relie une CONTINUITÉ (l'idée nationale héritée de 1789 et 1848) et une RUPTURE de méthode (la révolution populaire échoue, l'unification se fait par la guerre et la diplomatie). Problématique : « Comment l'idée nationale, née en 1789 et portée par les peuples en 1848, finit-elle par triompher non par la révolution mais par la guerre et la diplomatie des États ? »
On rappelle la naissance de l'idée nationale (1789, souveraineté de la nation) et sa diffusion en 1848 (printemps des peuples, aspirations à l'unité italienne et allemande), puis son ÉCHEC immédiat (répression de 1849-1850). L'idée est mûre, mais la méthode révolutionnaire a montré ses limites.
On montre l'unification « par le haut » : en Italie, Cavour (diplomatie, alliance française, guerre de 1859) et Garibaldi (conquête du Sud, 1860) ; en Allemagne, Bismarck et le « fer et le sang » (guerres de 1864, 1866, 1870). Ce ne sont plus les peuples insurgés mais des États (Piémont, Prusse) qui réalisent l'unité.
On présente l'année pivot : guerre franco-prussienne, Sedan, proclamation de l'Empire allemand à Versailles (1871), achèvement de l'unité italienne (Rome capitale, 1870), chute du Second Empire et Troisième République en France. On conclut sur une Europe transformée et sur les deux conceptions de la nation (élective à la française, culturelle à l'allemande), cristallisées par l'Alsace-Lorraine.
Résultat : Plan retenu : I. Une idée nationale héritée de 1789 et diffusée en 1848, mais inaccomplie (échec de la révolution populaire). II. Une nouvelle méthode d'unification « par le haut » : la guerre et la diplomatie des États (Cavour et Garibaldi en Italie, Bismarck en Allemagne). III. L'aboutissement de 1870-1871 et une Europe transformée (Empire allemand, Italie unie, France amputée de l'Alsace-Lorraine), révélant deux conceptions de la nation. La problématique articule bien continuité de l'idée et rupture de la méthode.
En 1848, le printemps des peuples avait fait rêver d'une Italie et d'une Allemagne unies. Mais partout, les monarchies ont écrasé la révolution. L'idée nationale était mûre — la méthode, elle, avait échoué.
1848 : une idée nationale diffusée mais réprimée
Alors la méthode change. Ce ne sont plus les peuples insurgés, mais des États qui prennent les choses en main : le Piémont en Italie, la Prusse en Allemagne. Leur arme : la guerre et la diplomatie.
En Italie, Cavour s'allie à la France et bat l'Autriche en 1859, pendant que Garibaldi conquiert le Sud. Le royaume d'Italie naît en 1861.
En Allemagne, Bismarck mène trois guerres — contre le Danemark, l'Autriche, puis la France — selon sa politique du « fer et du sang ».
Tout bascule en 1870-1871. La défaite française de Sedan fait tomber le Second Empire, libère Rome qui devient capitale de l'Italie, et permet la proclamation de l'Empire allemand dans la galerie des Glaces de Versailles. L'Europe des nations est née.
1870-1871 : l'année pivot
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Rédigez une réponse argumentée à la question : « En quoi les unités italienne et allemande illustrent-elles une nouvelle manière de réaliser l'idée nationale après l'échec de 1848 ? » Vous comparerez la méthode de 1848 (révolution populaire) et celle de 1859-1871 (guerre et diplomatie menées par un État), en vous appuyant sur des exemples précis (Cavour, Garibaldi, Bismarck, 1870-1871).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie de première, voie générale (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019), Histoire — Thème 2 « La France dans l'Europe des nationalités : politique et société (1848-1871) » (unités italienne et allemande) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources