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À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, le monde se réorganise autour de deux superpuissances rivales, les États-Unis et l'URSS, qui imposent leurs modèles et structurent un affrontement global : la guerre froide. Sans jamais s'affronter directement, les deux Grands se mesurent par crises et conflits périphériques interposés, sous la menace nucléaire. Parallèlement, la décolonisation fait surgir de nouveaux acteurs — le tiers-monde et le non-alignement —, signe d'un monde bipolaire mais déjà traversé par la multiplication des acteurs internationaux. La France elle-même, après ses décolonisations (Indochine, Algérie) et le retour de de Gaulle, cherche une voie d'indépendance qui complexifie l'ordre bipolaire.
5sectionsca. 22min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Verrouillez d'abord les repères et les notions du thème. Repères clés : 1945 (création de l'ONU ; conférences de Yalta et Potsdam) ; 1947 (doctrines Truman et Jdanov, plan Marshall) ; 1948-1949 (blocus de Berlin) ; 1949 (OTAN, RFA et RDA, République populaire de Chine, première bombe A soviétique) ; 1955 (conférence de Bandung, pacte de Varsovie) ; 1958 (retour de de Gaulle, fondation de la Ve République) ; 1960 (première bombe atomique française) ; 1961 (mur de Berlin, sommet des non-alignés à Belgrade) ; 1962 (crise de Cuba ; accords d'Évian et indépendance de l'Algérie) ; 1966 (retrait français du commandement intégré de l'OTAN) ; 1947-1962 (décolonisations, dont l'indépendance de l'Inde en 1947 et la guerre d'Algérie 1954-1962) ; 1965-1973 (engagement américain au Vietnam). Sachez DÉFINIR avec précision : bipolarité, guerre froide, bloc, modèle, rideau de fer, endiguement, équilibre de la terreur, coexistence pacifique, détente, décolonisation, tiers-monde, non-alignement, indépendance nationale (force de frappe).
niveau approfondi
Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : maniez la guerre froide comme un affrontement TOTAL mais INDIRECT — idéologique, économique, culturel, scientifique (course à l'espace) et géopolitique — où la dissuasion nucléaire (« équilibre de la terreur ») interdit le choc frontal et reporte la violence sur les périphéries. Distinguez les phases (tensions 1947-1953 ; « coexistence pacifique » et crises paroxystiques 1953-1962 ; détente après 1962). Surtout, montrez la THÈSE du thème : la bipolarité n'est pas un face-à-face figé à deux, car la décolonisation et Bandung font émerger le tiers-monde et le non-alignement, c'est-à-dire une MULTIPLICATION des acteurs internationaux qui complexifie l'ordre mondial dès les années 1950-1960.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
1945 : un ordre de paix vite rivalisé
Présentez et opposez le modèle américain et le modèle soviétique tels qu'ils s'imposent au sortir de la Seconde Guerre mondiale (régime politique, organisation économique, projet de société).
Annoncer que le monde de 1945 est dominé par deux superpuissances qui n'incarnent pas seulement deux puissances, mais deux MODÈLES de société qui prétendent à l'universel : c'est cette rivalité idéologique qui structurera la guerre froide.
Modèle américain : démocratie libérale, pluralisme, élections libres, libertés individuelles. Modèle soviétique : parti unique (le PCUS), dictature au nom du prolétariat, absence de libertés et contrôle policier. Toujours comparer le MÊME critère des deux côtés.
Modèle américain : capitalisme, propriété privée, libre marché, prospérité tirée par la société de consommation. Modèle soviétique : économie planifiée et étatisée, collectivisation des terres et de l'industrie, primauté de l'État sur le marché.
L'« American way of life » diffuse un idéal de bien-être matériel et de liberté individuelle ; la « patrie du socialisme » promet l'égalité et l'émancipation des travailleurs. Chacun cherche à étendre son influence : plan Marshall (1947) côté américain, Kominform (1947) côté soviétique.
Deux modèles que tout oppose, mais qui partagent une même ambition : convaincre le monde et l'attirer dans leur camp. L'affrontement sera donc idéologique avant d'être militaire.
Résultat : Une réponse réussie compare systématiquement les deux modèles sur les mêmes critères (politique, économie, société) et conclut sur leur rivalité idéologique, matrice de la guerre froide.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide du schéma et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté qui montre pourquoi le monde de 1945 peut être qualifié de « bipolaire », en présentant les deux superpuissances et les deux modèles qu'elles incarnent.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 2 (La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire), chapitre 1 (La fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts d'un nouvel ordre mondial) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La formation des deux blocs (1947-1955)
Crises et équilibre de la terreur (1948-1975)
La course aux armements nucléaires : nombre approximatif de têtes nucléaires (ordres de grandeur, États-Unis et URSS)
À partir de vos connaissances, montrez en quoi la crise du blocus de Berlin (1948-1949) illustre la logique de la guerre froide et ses limites (un affrontement indirect).
Berlin, ancienne capitale du Reich, est située en pleine zone soviétique mais divisée en secteurs entre vainqueurs. En juin 1948, l'URSS bloque les accès terrestres à Berlin-Ouest pour contraindre les Occidentaux à quitter la ville. C'est la première grande crise de la guerre froide.
Plutôt que de forcer le passage (risque de guerre), les États-Unis et leurs alliés organisent un PONT AÉRIEN qui ravitaille Berlin-Ouest pendant près d'un an. Le choix du pont aérien est révélateur : on refuse l'affrontement DIRECT.
Aucun coup de feu n'est échangé entre soldats américains et soviétiques : la crise se joue par la pression, la propagande et la démonstration de force. C'est l'illustration parfaite d'un affrontement TOTAL (enjeu symbolique mondial) mais INDIRECT.
L'URSS lève le blocus en mai 1949. La crise débouche sur la division durable de l'Allemagne (RFA et RDA en 1949) et fait de Berlin le symbole du monde coupé en deux, jusqu'à la construction du mur en 1961.
Résultat : La crise de Berlin montre que la guerre froide se joue par crises interposées : chacun teste l'adversaire sans jamais déclencher la guerre directe, sous la menace de l'escalade nucléaire.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir de la frise et du schéma, expliquez en quoi la guerre froide est un affrontement total mais indirect : montrez le rôle de l'arme nucléaire dans le maintien d'un « équilibre de la terreur ».
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 2 (La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire), chapitre 2 (Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La guerre par procuration
On vous propose une caricature de presse de 1962 représentant Kennedy et Khrouchtchev assis chacun sur un tas de bombes atomiques, se serrant la gorge d'une main tout en tenant de l'autre le bouton du feu nucléaire. Analysez ce document : que dénonce-t-il et quelle est sa portée ?
C'est une caricature de presse, document d'opinion à visée critique, datée de 1962 — l'année de la crise de Cuba, sommet de la tension de la guerre froide. Replacer le document dans son contexte est la première étape d'une analyse critique.
Les deux dirigeants (Kennedy pour les États-Unis, Khrouchtchev pour l'URSS) sont mis sur un PIED D'ÉGALITÉ, assis sur des montagnes d'armes nucléaires : c'est l'« équilibre de la terreur ». Le geste — se serrer la gorge tout en tenant le bouton — symbolise la destruction mutuelle assurée.
Le dessinateur dénonce l'ABSURDITÉ de la course aux armements : chacun peut anéantir l'autre, donc personne ne peut frapper sans se condamner. La caricature montre la peur d'une guerre nucléaire que la crise de Cuba a rendue très concrète.
Portée : le document éclaire la prise de conscience qui débouche sur le dialogue (téléphone rouge en 1963, détente). Limites : c'est une opinion qui simplifie et caricature ; il faut la confronter aux faits et ne pas la prendre pour un récit objectif.
Résultat : L'analyse réussie identifie la nature et le contexte du document, décode ses symboles (équilibre de la terreur, destruction mutuelle), dégage son message critique et en mesure la portée comme les limites.
Erreurs fréquentes
Révision active
Choisissez un conflit périphérique (Corée, Vietnam ou Cuba) et rédigez un paragraphe qui explique en quoi il illustre la logique de la guerre froide : implication indirecte des deux Grands, absence d'affrontement direct, rôle de la dissuasion nucléaire.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 2, chapitre 2 (Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde), points de passage et d'ouverture : la crise de Cuba (1962), la guerre du Vietnam (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Décolonisation et non-alignement (1947-1961)
L'élargissement de l'ONU : nombre d'États membres (effet de la décolonisation)
Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée à la question : « En quoi la décolonisation et l'émergence du tiers-monde transforment-elles le monde bipolaire des années 1945-1970 ? »
On ne demande pas de raconter la décolonisation, mais de montrer son EFFET sur l'ordre bipolaire : comment l'arrivée de nouveaux États et la volonté de non-alignement compliquent un monde que l'on croyait organisé seulement autour de deux Grands.
Décrire l'émancipation : Asie d'abord (Inde 1947), Afrique ensuite (1960, année de l'Afrique), par la négociation ou par la guerre (Indochine, Algérie). Souligner l'élargissement spectaculaire de l'ONU, où ces nouveaux États pèsent désormais.
Montrer la prise de conscience commune : Bandung (1955) condamne le colonialisme ; naissance du tiers-monde et du non-alignement (Belgrade, 1961). Ces nouveaux acteurs refusent de choisir entre les deux blocs et revendiquent une voix propre.
Nuancer : la guerre froide s'invite dans le Sud (les deux Grands cherchent à rallier ces pays : aide, soutien à des camps lors de conflits comme au Congo ou au Vietnam). Le tiers-monde reste divisé et pauvre : il complexifie la bipolarité sans la renverser.
Répondre nettement : oui, la décolonisation MULTIPLIE les acteurs internationaux et nuance la bipolarité, mais sans y mettre fin avant les années 1970 — c'est exactement la thèse annoncée par l'intitulé du thème.
Résultat : Un bon plan répond à la problématique (l'effet sur la bipolarité), s'appuie sur des repères datés précis (1947, 1955, 1960, 1961) et conclut sur la multiplication des acteurs sans surestimer le poids du tiers-monde.
Erreurs fréquentes
Révision active
Composition : « En quoi la décolonisation et l'émergence du tiers-monde transforment-elles le monde bipolaire des années 1945-1970 ? » Construisez un plan détaillé en deux ou trois parties.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 2 (La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire), chapitre 2 (Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde) — points de passage : l'indépendance de l'Inde (1947), la conférence de Bandung (1955) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La France en quête d'indépendance (1945-1970)
Montrez comment la guerre d'Algérie (1954-1962) transforme la place de la France dans le monde et bouleverse ses institutions.
La guerre d'Algérie (1954-1962) est la décolonisation la plus longue et la plus violente de la France. Contrairement à d'autres colonies, l'Algérie compte une importante population européenne et est juridiquement composée de départements français, ce qui rend la rupture particulièrement déchirante.
L'incapacité de la IVe République à régler le conflit, l'instabilité ministérielle et la pression de l'armée provoquent une crise majeure en mai 1958. De Gaulle revient au pouvoir et fait adopter une nouvelle Constitution : c'est la naissance de la Ve RÉPUBLIQUE (1958), au pouvoir exécutif renforcé.
Après les accords d'Évian (mars 1962) et un référendum, l'Algérie devient indépendante en 1962. La France solde ainsi l'essentiel de son empire et doit repenser entièrement son rôle international.
Libérée du fardeau colonial, la France gaullienne mène une politique d'indépendance (force de frappe nucléaire, retrait du commandement intégré de l'OTAN en 1966) : elle devient un acteur autonome qui ne s'aligne pas mécaniquement sur Washington, illustrant la multiplication des acteurs au cœur du thème.
Résultat : Une réponse réussie articule la décolonisation (Algérie), la rupture institutionnelle (chute de la IVe, naissance de la Ve République en 1958) et la nouvelle politique extérieure d'indépendance, en la reliant à la thèse du thème.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide du schéma et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté montrant en quoi la politique extérieure de la France gaullienne (1958-1969) constitue une forme d'indépendance qui complexifie le monde bipolaire.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 2 (La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire), chapitre 3 (La France : une nouvelle place dans le monde) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol