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Ce thème ouvre le programme d'HISTOIRE DE TERMINALE (BO 2019, adapté par le BO 2020) : sur la séquence 1929-1945, il montre comment la crise économique mondiale fragilise les démocraties, comment s'affirment des régimes TOTALITAIRES (l'URSS stalinienne, l'Allemagne nazie, avec l'Italie fasciste en arrière-plan) et comment la Seconde Guerre mondiale devient une GUERRE D'ANÉANTISSEMENT, marquée par le génocide des Juifs et des Tsiganes et par l'épreuve de la France occupée (Vichy, collaboration, Résistance, France libre). Repère de cadrage : l'histoire-géographie de l'enseignement commun n'a pas d'épreuve écrite terminale ponctuelle ; elle est évaluée en CONTRÔLE CONTINU (coefficient 6 en terminale) et nourrit fréquemment le Grand oral — les capacités ci-dessous sont donc bien celles attendues en terminale, mobilisées dans la composition et l'étude critique de document(s).
5sectionsca. 29min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Verrouillez d'abord les repères et les notions. Repères : 1929 (krach de Wall Street, crise mondiale), 1933 (Hitler chancelier), années 1930 (Grandes Purges et Grande Terreur en URSS), 1939-1945 (Seconde Guerre mondiale), 1940-1944 (régime de Vichy, occupation, Résistance, France libre), 18 juin 1940 (appel du général de Gaulle), 1942 (conférence de Wannsee ; tournants militaires — Midway, Stalingrad, El-Alamein), 1944 (débarquements, libération de la France), 1945 (capitulations allemande puis japonaise, Hiroshima et Nagasaki, découverte des camps). Sachez DÉFINIR : totalitarisme, fascisme, nazisme, stalinisme, propagande, terreur d'État, guerre totale, guerre d'anéantissement, génocide, collaboration, Résistance.
niveau approfondi
Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : maniez la notion de TOTALITARISME comme un outil de comparaison, en distinguant ce qui rapproche les régimes (parti unique, chef charismatique, idéologie, propagande, terreur, encadrement total de la société) de ce qui les sépare (le nazisme racial et exterminateur ≠ le stalinisme de la « lutte des classes »). Montrez la spécificité de la Seconde Guerre mondiale comme GUERRE D'ANÉANTISSEMENT (idéologique, raciale, planifiée) qui culmine dans la Shoah, et discutez la singularité du génocide. Sur la France, articulez avec rigueur Vichy (collaboration d'État, révolution nationale, complicité dans la déportation des Juifs), la Résistance intérieure et la France libre. Enfin, reliez ce passé aux MÉMOIRES (procès, reconnaissance de la responsabilité de l'État français en 1995, devoir de mémoire).
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
L'engrenage de 1929
Effondrement de la production industrielle pendant la Grande Dépression (indice base 100 en 1929, ordres de grandeur)
Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée à la question : « En quoi la crise économique de 1929 fragilise-t-elle les démocraties des années 1930 ? »
La crise n'est pas seulement économique : on demande comment un choc financier et social se transforme en crise POLITIQUE des démocraties. On annonce un plan qui suit cet enchaînement, puis distingue des trajectoires opposées.
Du krach de Wall Street (octobre 1929) à la Grande Dépression : faillites bancaires, effondrement de la production et du commerce, chômage de masse. La crise, partie des États-Unis, se mondialise et installe la misère et la peur dans les sociétés.
Le chômage et la détresse nourrissent la défiance envers des régimes parlementaires jugés impuissants ; montent l'antiparlementarisme, les nationalismes et les partis autoritaires. La crise crée un terrain favorable aux solutions extrêmes et aux chefs « providentiels ».
Là où la démocratie est solide, elle se réforme dans la légalité (le New Deal de Roosevelt aux États-Unis, à partir de 1933). Là où elle est fragile, la crise débouche sur la dictature : en Allemagne, Hitler, chancelier le 30 janvier 1933, exploite crise, humiliation de Versailles et peur du communisme.
Résultat : La crise de 1929 fragilise les démocraties en enchaînant crise économique, crise sociale et crise politique : elle ruine la confiance dans le régime parlementaire et favorise les extrémismes. Selon la solidité des institutions, elle conduit soit à une réforme démocratique (New Deal), soit à un basculement totalitaire (Allemagne nazie) — ce qui annonce la décennie des dictatures.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'une affiche ou d'un document de propagande électorale du parti nazi du début des années 1930, rédigez un paragraphe d'étude critique : identifiez la nature et l'intention du document, montrez comment il exploite la crise (chômage, misère, peur, humiliation de Versailles) pour conquérir les électeurs, puis expliquez en quoi ce document éclaire la fragilisation de la démocratie allemande sous l'effet de la crise.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 1 (L'impact de la crise de 1929) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Trois totalitarismes : idéologies distinctes, mécanismes communs
À partir d'une affiche de propagande d'un régime totalitaire (par exemple un portrait glorifié du chef — Staline ou Hitler — entouré de foules ou de symboles du régime), montrez en un paragraphe argumenté comment ce document met en œuvre les mécanismes du totalitarisme.
Nature : une affiche de propagande, diffusée massivement dans l'espace public. Commanditaire : l'État totalitaire et son parti unique. Date : années 1930. Intention : non pas informer, mais EMBRIGADER — magnifier le chef, souder la population autour du régime et de son idéologie.
Repérer le CULTE DE LA PERSONNALITÉ (le chef représenté en figure surhumaine, protectrice, omniprésente), les symboles du régime et de l'idéologie (drapeaux, emblèmes, masses ordonnées), une mise en scène de l'unité et de la force. L'affiche fait du chef l'incarnation du peuple tout entier.
Replacer le document dans le système : la propagande est l'un des piliers du totalitarisme, aux côtés du parti unique, de l'idéologie, de l'encadrement et de la terreur. L'affiche vise à façonner les esprits et à fabriquer l'adhésion (ou la soumission), complément « positif » de la répression.
Critiquer le document : il dit l'image que le régime veut donner de lui-même, non la réalité vécue. Il masque la contrainte, la terreur et les souffrances (purges, camps, persécutions). L'adhésion affichée ne prouve pas une adhésion réelle et unanime.
Résultat : L'affiche illustre exemplairement les mécanismes du totalitarisme : culte du chef, propagande de masse et embrigadement au service d'une idéologie. Mais, document de propagande, elle doit être lue de façon critique : elle exprime la volonté du régime de fabriquer l'adhésion, en occultant la terreur qui en est l'autre face.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide de vos connaissances, construisez un tableau ou un paragraphe comparatif des régimes totalitaires (URSS stalinienne / Allemagne nazie) : dégagez d'abord trois mécanismes communs (parti unique et chef, propagande et encadrement, terreur d'État), puis montrez la différence fondamentale de leurs idéologies et de leurs finalités. Concluez sur l'intérêt et les limites de la notion de « totalitarisme ».
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 2 (Les régimes totalitaires) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Les phases de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)
Du « total » à l'anéantissement
En quoi la Seconde Guerre mondiale peut-elle être qualifiée de « guerre d'anéantissement » ? Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée.
On demande de montrer que la Seconde Guerre mondiale franchit un degré de violence supérieur à la guerre totale de 1914-1918 : l'adversaire n'est plus seulement à vaincre, il est à ANÉANTIR. On annonce un plan en trois temps.
Comme en 1914-1918, toutes les ressources sont mobilisées (économie de guerre, propagande, sciences) et le conflit est mondial (Europe, Pacifique, Afrique, Asie). Mais l'ampleur, la durée et la mécanisation de la mort atteignent un niveau sans précédent.
La guerre vise la destruction de l'adversaire en tant que tel. Sur le front de l'Est (Barbarossa, 1941), les nazis mènent une guerre raciale d'extermination (massacres de civils et de prisonniers, famines organisées). Les civils deviennent des cibles : bombardements massifs de villes, exploitation et asservissement des populations occupées.
Le degré ultime est le génocide des Juifs et des Tsiganes, planifié et industrialisé (Shoah). La guerre d'anéantissement culmine ainsi dans la volonté d'exterminer des populations entières au nom d'une idéologie raciale — ce qui en fait sa spécificité historique (à développer au chapitre suivant).
Résultat : La Seconde Guerre mondiale est bien une guerre d'anéantissement : elle prolonge la guerre totale, mais y ajoute la volonté de détruire idéologiquement et racialement l'adversaire, l'effacement de la distinction entre civils et militaires, des crimes de masse (front de l'Est, bombardements) et, à son degré ultime, le génocide. La destruction de l'autre y devient un but de guerre.
Erreurs fréquentes
Révision active
Rédigez un paragraphe argumenté répondant à la question : « En quoi la Seconde Guerre mondiale est-elle une guerre d'anéantissement ? » Vous distinguerez cette notion de la guerre totale de 1914-1918, et vous l'illustrerez par des exemples précis (front de l'Est, bombardements de villes, traitement des populations occupées et des prisonniers).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 3 (La Seconde Guerre mondiale) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La Shoah : un processus génocidaire
En vous appuyant sur la définition du génocide, montrez pourquoi l'extermination des Juifs d'Europe par l'Allemagne nazie (la Shoah) constitue un génocide, et précisez ce qui en fait un crime d'une radicalité singulière.
Un génocide est l'extermination PLANIFIÉE et SYSTÉMATIQUE d'un groupe en raison de son appartenance. Le critère décisif est l'INTENTION de détruire le groupe en tant que tel — ici, les Juifs (et les Tsiganes), visés au nom de l'idéologie raciale nazie.
L'idéologie nazie désigne les Juifs comme un groupe à éliminer. De la persécution légale (lois de Nuremberg, 1935) on passe à l'extermination, coordonnée bureaucratiquement à la conférence de Wannsee (20 janvier 1942), qui organise la déportation des Juifs de toute l'Europe. Il s'agit d'un projet décidé d'en haut, pas de débordements isolés.
Les méthodes attestent un système : fusillades de masse à l'Est (Einsatzgruppen) dès 1941, puis déportation ferroviaire et mise à mort industrielle dans des centres d'extermination (chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau). Sélection, transport, assassinat : une machine bureaucratique au service de la mort.
Le bilan — environ six millions de Juifs assassinés, et de nombreux Tsiganes — révèle une volonté d'anéantir des groupes entiers, partout en Europe, sans exception. La planification, l'industrialisation et le caractère « total » (tuer tous les Juifs, simplement parce qu'ils sont juifs) font de la Shoah un génocide d'une radicalité singulière.
Résultat : Parce qu'elle vise les Juifs en tant que groupe, qu'elle procède de façon planifiée (Wannsee, 1942), systématique et industrialisée (centres de mise à mort), et qu'elle fait environ six millions de morts, la Shoah est bien un génocide — auquel s'ajoute celui des Tsiganes. Son caractère total et bureaucratique en fait l'aboutissement extrême de l'idéologie raciale nazie et de la guerre d'anéantissement.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'un témoignage de survivant d'un camp d'extermination (ou d'un extrait d'œuvre de témoignage de la déportation), rédigez une étude critique : ce que le document apprend du processus génocidaire (déportation, mise à mort, déshumanisation), puis les limites et la valeur de ce type de source (témoignage individuel, mémoire, indicible), en reliant enfin à l'enjeu actuel du devoir de mémoire.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 3 (La Seconde Guerre mondiale : génocide des Juifs et des Tsiganes) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La France coupée en deux (1940)
Deux France face à l'Occupation
À partir du texte de l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle (diffusé sur la BBC depuis Londres), montrez en quoi ce document fonde la France libre et s'oppose au choix de l'armistice et de Vichy.
Nature : un appel radiodiffusé (allocution), prononcé sur la BBC. Auteur : le général de Gaulle, depuis Londres, au lendemain de la demande d'armistice. Destinataire : les Français (militaires et civils). Intention : appeler à refuser la défaite et à poursuivre le combat aux côtés des Alliés.
De Gaulle soutient que la défaite n'est pas définitive : le conflit est MONDIAL, et l'immense puissance industrielle qui pourra être mobilisée du côté allié (l'Empire britannique et, en perspective, les États-Unis) finira par l'emporter. Il en déduit la nécessité de continuer la lutte et de refuser l'armistice. (La formule « la France a perdu une bataille, mais elle n'a pas perdu la guerre » résume cet esprit : elle date en réalité de l'affiche d'août 1940, non du discours du 18 juin.)
Replacer dans le contexte : l'appel est l'ACTE FONDATEUR de la France libre et de la Résistance gaulliste. Il oppose une légitimité du combat à la légalité revendiquée par Pétain. Sa portée IMMÉDIATE est faible (peu d'auditeurs en juin 1940), mais sa portée SYMBOLIQUE et mémorielle est immense.
Le document exprime le point de vue d'un acteur engagé : il construit un récit mobilisateur. Il faut le confronter à la réalité de 1940 (audience restreinte, Résistance encore embryonnaire) et ne pas projeter rétrospectivement sur juin 1940 l'autorité que de Gaulle n'acquerra que plus tard.
Résultat : L'appel du 18 juin 1940 fonde la France libre : en affirmant que la guerre est mondiale et que la victoire alliée est possible, de Gaulle justifie le refus de l'armistice et oppose la légitimité du combat au choix de Vichy. Document d'acteur engagé, à la portée d'abord symbolique, il doit être analysé de façon critique et resitué dans le contexte de l'été 1940.
Juin 1940 : l'armée française s'effondre. L'armistice du 22 juin coupe la France en deux par la ligne de démarcation — une zone occupée au nord, une zone « libre » au sud.
À Vichy, le maréchal Pétain reçoit les pleins pouvoirs et fonde l'« État français ». Il choisit la collaboration avec l'Allemagne et engage de lui-même une politique antisémite.
Mais dès le 18 juin 1940, depuis Londres, le général de Gaulle appelle à poursuivre le combat : c'est l'acte fondateur de la France libre. Sa formule la plus célèbre figure sur l'affiche « À tous les Français » placardée à Londres en août 1940.
En France, la Résistance intérieure s'organise : réseaux, maquis, presse clandestine. En 1943, Jean Moulin unifie les mouvements au sein du Conseil national de la Résistance.
En 1944, la Résistance, la France libre et les Alliés convergent. Paris est libéré en août 1944. La France figure parmi les vainqueurs — mais les mémoires de Vichy et de la Résistance resteront longtemps disputées.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir du texte de l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, rédigez une étude critique : identifiez la nature, l'auteur, le destinataire et l'intention du document, dégagez les arguments qui justifient la poursuite du combat (dimension mondiale de la guerre, espoir de la victoire alliée, refus de l'armistice), puis expliquez en quoi cet appel fonde la France libre et s'oppose au choix de Vichy.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 3 (La Seconde Guerre mondiale), points de passage « Juin 1940 : continuer ou arrêter la guerre » et « De Gaulle et la France libre » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol