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Fiches/SVT — Sciences de la vie et de la Terre/Produire le mouvement : contraction musculaire et énergie
Fiches · SVT — Sciences de la vie et de la TerreFR · Bac

Produire le mouvement : contraction musculaire et énergie

Le muscle squelettique convertit une commande nerveuse en mouvement et une énergie chimique en travail mécanique. On relie l'organisation de la cellule musculaire (sarcomère, actine, myosine) au glissement des filaments piloté par le calcium et l'ATP, puis la plaque motrice qui déclenche la contraction, et enfin la régénération permanente de l'ATP (voies anaérobie et aérobie) approvisionnée en glucose par la régulation de la glycémie. Thème au programme de l'épreuve écrite de spécialité de terminale.

4 sections·~21 min de lecture·4 compétences·Niveau Standard 3 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·0777 / 9
Profil d’examen
Relier l'organisation de la cellule musculaire striée (sarcomère, filaments d'actine et de myosine) au mécanisme moléculaire de la contraction par glissement des filaments.Expliquer le rôle des ions calcium et de l'ATP dans la contraction, et relier l'activité du motoneurone à son déclenchement au niveau de la plaque motrice.Comparer les voies anaérobie (fermentation lactique) et aérobie (respiration cellulaire) de régénération de l'ATP : conditions, rendement, sous-produits.Relier l'apport de glucose au muscle à la régulation de la glycémie (réserves de glycogène, insuline et glucagon) et faire le lien avec le diabète.
Opérateurs :relierexpliquercomparerinterpréterexploiter des donnéesargumentercalculer

niveau de base

Maîtrise d'abord la chaîne logique nerf → muscle → sarcomère → ATP → glucose : sache schématiser un sarcomère relâché puis contracté et énoncer les rôles du calcium et de l'ATP.

niveau approfondi

Sache exploiter des données (ExAO de consommation d'O₂, dosages de lactate, courbes de glycémie) pour argumenter le passage anaérobie ↔ aérobie et le rôle des hormones, en quantifiant les rendements énergétiques.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 4 sections▾
  1. Produire le mouvement : contraction musculaire et énergie
    • 01Organisation de la cellule musculaire et glissement des filaments◐
    • 02Du motoneurone à la contraction : la plaque motrice◐
    • 03L'ATP, molécule de l'énergie, et sa régénération (anaérobie / aérobie)●
    • 04Apport de glucose au muscle et régulation de la glycémie◐
§ 01

Organisation de la cellule musculaire et glissement des filaments#

●●○StandardLPeduscol-programme-svt

Le sarcomère : relâché et contracté (théorie du glissement)

Le sarcomère : relâché et contracté (théorie du glissement)figure à plusieurs panneaux, 2 panneaux, Données: relâché — Schéma avec 8 éléments; contracté — Schéma avec 8 élémentsLe sarcomère : relâché et contracté (théorie du glissement)ZZmyosineactinerelâchéZZmyosineZ rapprochéescontractéDe relâché à contracté, les stries Z se rapprochent et le chevauchement augmente ; les longueurs des filaments ne changent pas.
Fig. 1De relâché à contracté, les stries Z se rapprochent et le chevauchement augmente ; les longueurs des filaments d'actine et de myosine, elles, ne changent pas.

Points clés

Le muscle squelettique a une organisation emboîtée, du plus grand au plus petit : le muscle est formé de FAISCEAUX de fibres ; chaque FIBRE musculaire est une cellule géante, allongée, plurinucléée et striée, entourée d'une membrane (le sarcolemme) et parcourue par un réseau interne, le réticulum sarcoplasmique, réservoir de calcium ; la fibre contient des MYOFIBRILLES, elles-mêmes formées d'une succession d'unités contractiles, les SARCOMÈRES. Comprendre la contraction du muscle entier revient donc à comprendre ce qui se passe dans un sarcomère.
Le SARCOMÈRE est délimité par deux stries Z et se lit comme une alternance de bandes : la bande claire I ne contient que des filaments fins d'actine (ancrés sur les stries Z) ; la bande sombre A contient les filaments épais de myosine, au centre ; là où actine et myosine se chevauchent, l'aspect est le plus dense. C'est cette alternance régulière, répétée le long de la myofibrille, qui donne au muscle son aspect strié observé au microscope.
La contraction s'explique par la THÉORIE DU GLISSEMENT : les filaments fins glissent le long des filaments épais vers le centre du sarcomère. Les stries Z se rapprochent, la bande I se raccourcit et le sarcomère diminue de longueur — mais les filaments d'actine et de myosine GARDENT leur longueur : seul leur chevauchement augmente. La contraction du muscle entier n'est que la somme du raccourcissement de millions de sarcomères disposés en série.
Le moteur moléculaire est le CYCLE DES TÊTES DE MYOSINE, en quatre temps : (1) une tête armée s'ACCROCHE à un site de l'actine et forme un pont d'union ; (2) elle PIVOTE (« coup de force ») et tire le filament fin de quelques nanomètres ; (3) la fixation d'une nouvelle molécule d'ATP provoque le DÉTACHEMENT de la tête ; (4) l'hydrolyse de cet ATP RÉARME la tête, prête pour un nouveau cycle. Des millions de cycles, répétés et désynchronisés entre les têtes, produisent un glissement continu et régulier.
Le DÉCLENCHEMENT dépend du calcium. Au repos, les sites de fixation de l'actine sont masqués par le complexe troponine–tropomyosine. La commande nerveuse provoque la libération d'ions Ca²⁺ par le réticulum sarcoplasmique ; le calcium se fixe sur la troponine, qui déplace la tropomyosine et DÉGAGE les sites de l'actine : les têtes de myosine peuvent alors s'y accrocher. Lorsque le calcium est repompé dans le réticulum, les sites sont de nouveau masqués et le muscle se relâche.
L'ATP intervient à DEUX titres : son hydrolyse fournit l'énergie du coup de force (le pivotement), et la fixation d'une nouvelle molécule d'ATP permet le détachement puis le réarmement des têtes. En l'ABSENCE d'ATP, les têtes restent accrochées à l'actine sans pouvoir se détacher : le muscle se fige (rigidité). C'est le mécanisme de la rigidité cadavérique (rigor mortis), lorsque la cellule ne produit plus d'ATP.
À retenir : le calcium est le SIGNAL qui autorise la contraction (il commande l'accès aux sites de l'actine), tandis que l'ATP en est le CARBURANT (il anime le cycle mécanique des têtes). Les deux sont nécessaires et jouent des rôles distincts — leur confusion est l'une des erreurs les plus fréquentes en évaluation.
Glissement des filaments : Lsarcom↓alors queLactine=cste,  Lmyosine=cste\text{Glissement des filaments : } L_{\text{sarcom}} \downarrow \quad\text{alors que}\quad L_{\text{actine}} = \text{cste}, \; L_{\text{myosine}} = \text{cste}Glissement des filaments : Lsarcom​↓alors queLactine​=cste,Lmyosine​=cste

Théorie du glissement

Lors de la contraction, la longueur du sarcomère diminue tandis que les longueurs des filaments d'actine et de myosine restent constantes : seul leur chevauchement augmente.

ATP+H2O⟶ADP+Pi+eˊnergie\text{ATP} + \text{H}_2\text{O} \longrightarrow \text{ADP} + \text{P}_i + \text{énergie}ATP+H2​O⟶ADP+Pi​+eˊnergie

Hydrolyse de l'ATP par les têtes de myosine

Chaque cycle d'une tête de myosine (accrochage, pivotement, détachement, réarmement) consomme l'énergie libérée par l'hydrolyse d'une molécule d'ATP.

Exemple corrigé

Rôles du calcium et de l'ATP sur fibre écorchée

On dispose de fibres musculaires écorchées (membrane perméabilisée, contenu cytoplasmique contrôlé). On réalise trois apports : (1) ATP seul (sans Ca²⁺), (2) ATP + Ca²⁺, (3) Ca²⁺ seul (sans ATP). Indique pour chaque condition si la fibre se contracte et justifie.

  1. 01Rappeler les deux exigences de la contraction

    La contraction par glissement nécessite À LA FOIS un signal calcique (le Ca²⁺ libère les sites de fixation de l'actine) ET de l'ATP (énergie du cycle des têtes de myosine).

  2. 02Condition 1 : ATP seul

    Sans calcium, les sites de l'actine restent masqués : les têtes de myosine ne peuvent pas s'accrocher. La fibre reste relâchée — pas de contraction.

  3. 03Condition 2 : ATP + Ca²⁺

    Le calcium dégage les sites, les têtes de myosine s'accrochent et l'ATP fournit l'énergie de pivotement : les filaments glissent. La fibre se contracte.

  4. 04Condition 3 : Ca²⁺ seul

    Les sites sont dégagés, les têtes s'accrochent, mais sans ATP elles ne peuvent ni pivoter en cycle ni se détacher : la fibre se raidit (état de rigidité) sans contraction utile.

Résultat : Seule la condition 2 (ATP + Ca²⁺) donne une contraction : le calcium est le signal déclencheur et l'ATP la source d'énergie ; les deux sont indispensables.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : annoter un schéma de sarcomère relâché et contracté, et identifier ce qui change (chevauchement, position des stries Z) et ce qui ne change pas (longueur des filaments).
  • Objectif Bac : à partir de documents (microscopie, modèle moléculaire, expérience sur fibre écorchée), argumenter les rôles respectifs du calcium (déclencheur) et de l'ATP (énergie du cycle des têtes).

Erreurs fréquentes

  • Croire que les filaments d'actine ou de myosine RACCOURCISSENT : ils gardent leur longueur, c'est leur chevauchement qui augmente (théorie du glissement).
  • Confondre le rôle du calcium (signal déclencheur qui libère les sites de l'actine) et celui de l'ATP (source d'énergie du cycle mécanique des têtes de myosine).

Révision active

Sur une fibre musculaire écorchée (membrane perméabilisée), on apporte successivement : (1) de l'ATP sans calcium, (2) de l'ATP avec calcium, (3) du calcium sans ATP. Pour chaque condition, prévois si la fibre se contracte et justifie à partir des rôles du calcium et de l'ATP.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 02

Du motoneurone à la contraction : la plaque motrice#

●●○StandardLPeduscol-programme-svt

La plaque motrice (jonction neuromusculaire)

La plaque motrice (jonction neuromusculaire)schéma cellulaire, 2 compartiments, Données: Terminaison du motoneurone, Fibre musculaire, vésicules d'acétylcholine, récepteurs, fenteTerminaison dumotoneuroneFibre musculairevésiculesd'acétylcholinerécepteursfenteLe PA du motoneurone libère l'acétylcholine ; fixée sur ses récepteurs, elle dépolarise la fibre et déclenche la libération de Ca²⁺.
Fig. 2Le PA du motoneurone libère l'acétylcholine ; fixée sur ses récepteurs, elle dépolarise la fibre musculaire et déclenche la libération du Ca²⁺ qui commande la contraction.

Points clés

La commande de la contraction vient d'un MOTONEURONE dont le corps cellulaire siège dans la moelle épinière et dont l'axone, parfois long de près d'un mètre, conduit jusqu'au muscle un message nerveux codé en FRÉQUENCE de potentiels d'action (PA).
À son extrémité, l'axone établit avec la fibre musculaire une synapse particulière, la PLAQUE MOTRICE (ou jonction neuromusculaire). L'arrivée du PA dans la terminaison y provoque, par exocytose de vésicules, la libération d'un neurotransmetteur : l'ACÉTYLCHOLINE.
L'acétylcholine diffuse dans la fente synaptique et se fixe sur ses RÉCEPTEURS spécifiques de la membrane de la fibre musculaire. Cette fixation déclenche une dépolarisation, puis un potentiel d'action MUSCULAIRE qui se propage le long du sarcolemme. L'enzyme acétylcholinestérase dégrade ensuite rapidement l'acétylcholine, ce qui met fin au signal et autorise des contractions répétées et contrôlées.
Le potentiel d'action musculaire gagne l'intérieur de la fibre par des invaginations de la membrane (les tubules T) et provoque la libération du Ca²⁺ stocké dans le réticulum sarcoplasmique : c'est le COUPLAGE excitation-contraction, le maillon qui transforme un signal électrique en libération de calcium, donc en glissement des filaments.
Un motoneurone et l'ENSEMBLE des fibres musculaires qu'il innerve forment une UNITÉ MOTRICE. Le système nerveux gradue la force du muscle de deux façons complémentaires : en RECRUTANT plus ou moins d'unités motrices, et en faisant varier la FRÉQUENCE des PA envoyés à chacune (sommation). Davantage d'unités actives et une fréquence plus élevée donnent une contraction plus forte.
Cette étape est le point de passage obligé entre le système nerveux et le muscle : une molécule qui bloque les récepteurs de l'acétylcholine (le curare) ou qui empêche sa libération (la toxine botulique) interrompt la commande et paralyse le muscle, sans altérer ni le nerf ni la fibre — ce que l'on démontre en stimulant directement le muscle, qui se contracte toujours.
motoneurone→  PA  plaque motrice→  aceˊtylcholine  fibre musculaire→  Ca2+  contraction\text{motoneurone} \xrightarrow{\;PA\;} \text{plaque motrice} \xrightarrow{\;\text{acétylcholine}\;} \text{fibre musculaire} \xrightarrow{\;Ca^{2+}\;} \text{contraction}motoneuronePA​plaque motriceaceˊtylcholine​fibre musculaireCa2+​contraction

Chaîne du couplage nerf–muscle

Le potentiel d'action du motoneurone provoque la libération d'acétylcholine à la plaque motrice, qui déclenche un signal dans la fibre musculaire, libérant le calcium qui commande la contraction.

Exemple corrigé

Effet du curare sur la préparation nerf-muscle

Sur une préparation nerf-muscle, stimuler le nerf provoque la contraction du muscle. On applique du curare, qui bloque les récepteurs à l'acétylcholine de la fibre musculaire. On stimule alors (a) le nerf, puis (b) directement le muscle. Prévois et explique les réponses, et déduis le rôle de l'acétylcholine.

  1. 01Situation de référence

    Sans curare, la stimulation du nerf libère de l'acétylcholine à la plaque motrice ; celle-ci active les récepteurs de la fibre, qui se dépolarise et se contracte.

  2. 02(a) Nerf stimulé avec curare

    Le curare occupe les récepteurs à l'acétylcholine : le neurotransmetteur libéré ne peut plus agir. Le message ne franchit pas la plaque motrice → pas de contraction.

  3. 03(b) Muscle stimulé directement avec curare

    On court-circuite la plaque motrice en excitant la fibre elle-même : le calcium est libéré et le muscle se contracte. Le curare n'altère donc ni le muscle ni le nerf, mais la transmission synaptique.

  4. 04Conclusion

    Le blocage spécifique des récepteurs supprime la réponse au nerf mais pas au muscle : la transmission à la plaque motrice repose bien sur l'acétylcholine fixée sur ses récepteurs musculaires.

Résultat : Avec curare : pas de contraction par le nerf, mais contraction par stimulation directe du muscle. L'acétylcholine est le messager indispensable de la plaque motrice.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : à partir d'enregistrements (stimulation du nerf, électromyogramme, ExAO), relier l'activité du motoneurone à la réponse contractile du muscle.
  • Objectif Bac : exploiter l'effet de molécules agissant sur la plaque motrice (curare, toxine botulique) pour identifier l'étape bloquée et démontrer le rôle de l'acétylcholine.

Erreurs fréquentes

  • Confondre potentiel d'action NERVEUX (le long de l'axone) et le signal qui parcourt ensuite la fibre MUSCULAIRE : la plaque motrice fait la conversion électrique → chimique → électrique.
  • Oublier que c'est l'acétylcholine (et non un contact électrique direct) qui transmet le message à la fibre : un bloqueur des récepteurs (curare) empêche la contraction sans toucher au nerf.

Révision active

Sur une préparation nerf-muscle, on stimule le nerf : le muscle se contracte. On ajoute du curare, qui bloque les récepteurs à l'acétylcholine de la fibre musculaire, puis on stimule de nouveau le nerf, puis directement le muscle. Prévois les réponses contractiles dans chaque cas et déduis-en le rôle de l'acétylcholine.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 03

L'ATP, molécule de l'énergie, et sa régénération (anaérobie / aérobie)#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-svt

Deux voies de régénération de l'ATP à partir du glucose

Deux voies de régénération de l'ATPGraphe, Glucose → Cytoplasme, sans O2, Glucose → Mitochondrie, avec O2, Cytoplasme, sans O2 → Lactate + 2 ATP (anaérobie), Mitochondrie, avec O2 → CO2 + H2O + ~30–36 ATP (aérobie)GlucoseCytoplasme, sansO2Mitochondrie,avec O2Lactate + 2 ATP(anaérobie)CO2 + H2O +~30–36 ATP(aérobie)
Fig. 3Selon la présence de dioxygène, le glucose emprunte la voie anaérobie (cytoplasme, lactate, 2 ATP) ou la voie aérobie (mitochondrie, CO₂ + H₂O, ~30–36 ATP).

Points clés

L'ATP (adénosine triphosphate) est la molécule directement utilisée par les têtes de myosine : son hydrolyse en ADP + Pᵢ libère l'énergie du mouvement. Or l'ATP n'est quasiment pas stocké : la réserve présente dans la fibre ne couvre que 2 à 3 secondes d'effort. Il doit donc être REGÉNÉRÉ en permanence à partir de l'ADP, par trois voies complémentaires qui se relaient selon la durée et l'intensité de l'effort.
La voie ANAÉROBIE ALACTIQUE (système des phosphagènes) est la plus rapide : la phosphocréatine présente dans la fibre cède aussitôt son groupement phosphate à l'ADP pour reformer de l'ATP, sans dioxygène et sans produire de lactate. Très réactive mais de réserve limitée, elle assure les tout premiers instants d'un effort intense (de l'ordre d'une dizaine de secondes : sprint, démarrage).
La voie ANAÉROBIE LACTIQUE (fermentation lactique) fonctionne ensuite sans dioxygène, dans le cytoplasme : le glucose n'est que partiellement dégradé jusqu'au lactate, ne régénérant que 2 ATP par molécule de glucose. Rapide mais de faible rendement, elle prend le relais pour les efforts intenses de quelques dizaines de secondes à quelques minutes ; le lactate s'accumule alors.
La voie AÉROBIE (respiration cellulaire) se déroule en présence de dioxygène, en grande partie dans la mitochondrie : le glucose est totalement oxydé en CO₂ et H₂O, régénérant beaucoup d'ATP (de l'ordre de 30 à 36 par glucose). C'est la voie de FORT rendement, qui domine pour les efforts modérés et prolongés (endurance) et qui peut aussi utiliser les acides gras comme combustible.
Ces voies se RELAIENT dans le temps : les phosphagènes au démarrage, puis la fermentation lactique, puis la respiration aérobie pour l'effort prolongé. Tant que l'apport de dioxygène suffit, la voie aérobie couvre la demande et le lactate reste bas ; dès que la demande d'ATP dépasse les capacités aérobies (au-delà d'un seuil), la fermentation lactique complète la production et le lactate s'élève.
On lit ces voies sur des données expérimentales : la consommation de dioxygène mesurée par ExAO traduit l'activité de la voie aérobie (elle plafonne à la VO₂ max) ; le dosage du lactate sanguin signale le recours à la voie anaérobie lactique. La richesse en mitochondries des fibres « rouges », endurantes, reflète une forte capacité aérobie, à l'inverse des fibres « blanches », rapides mais vite fatigables.
Respiration : C6H12O6+6 O2⟶6 CO2+6 H2O(≈30–36 ATP)\text{Respiration : } \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_6 + 6\,\text{O}_2 \longrightarrow 6\,\text{CO}_2 + 6\,\text{H}_2\text{O} \quad (\approx 30\text{–}36\ \text{ATP})Respiration : C6​H12​O6​+6O2​⟶6CO2​+6H2​O(≈30–36 ATP)

Voie aérobie (respiration cellulaire)

En présence de dioxygène, le glucose est totalement oxydé dans la mitochondrie : fort rendement énergétique, sous-produits CO₂ et eau.

Fermentation lactique : C6H12O6⟶2 lactate(2 ATP)\text{Fermentation lactique : } \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_6 \longrightarrow 2\,\text{lactate} \quad (2\ \text{ATP})Fermentation lactique : C6​H12​O6​⟶2lactate(2 ATP)

Voie anaérobie (fermentation lactique)

Sans dioxygène, le glucose n'est dégradé que partiellement jusqu'au lactate, dans le cytoplasme : voie rapide mais de faible rendement.

Consommation de dioxygène d'un muscle au cours d'un effort croissant (ExAO)

Consommation de dioxygène à l'effort croissant (ExAO)Graphique en courbes: consommation d'O2 (mL·min⁻¹) selon temps (min), Données: O2 (mL·min⁻¹) · 0: 5; O2 (mL·min⁻¹) · 2: 12; O2 (mL·min⁻¹) · 4: 22; O2 (mL·min⁻¹) · 6: 33; O2 (mL·min⁻¹) · 8: 41; O2 (mL·min⁻¹) · 10: 45; O2 (mL·min⁻¹) · 12: 46010203040024681012consommation d'O2 (mL·min⁻¹)temps (min)
Fig. 4La consommation d'O₂ augmente avec l'intensité de l'effort puis plafonne (VO₂ max) : c'est la limite de la voie aérobie, au-delà de laquelle la voie anaérobie prend le relais.
Exemple corrigé

Interpréter un test d'effort : consommation d'O₂ et lactate

Au cours d'un test à l'effort, la consommation d'O₂ d'un sportif augmente avec l'intensité puis plafonne ; parallèlement, le lactate sanguin reste bas à faible intensité puis s'élève fortement au-delà d'un seuil. Interprète ces deux courbes en termes de voies de régénération de l'ATP.

  1. 01Lire la consommation d'O₂

    L'augmentation de la consommation d'O₂ traduit l'intensification de la voie aérobie (respiration mitochondriale) : plus l'effort est intense, plus le muscle oxyde de glucose. Le plateau marque la limite des capacités aérobies (VO₂ max).

  2. 02Lire le lactate

    Tant que l'apport d'O₂ suffit, l'ATP est régénéré par la voie aérobie : le lactate reste bas. Quand la demande d'ATP dépasse les capacités aérobies, la voie anaérobie prend le relais et produit du lactate, qui s'accumule.

  3. 03Relier les deux

    Le seuil d'élévation du lactate coïncide avec le moment où la voie aérobie ne suffit plus : la fermentation lactique complète alors la production d'ATP, au prix d'un sous-produit accumulé (lactate) et d'un faible rendement.

  4. 04Conclure sur le rendement

    La voie aérobie domine aux intensités modérées (fort rendement, ~30–36 ATP/glucose) ; la voie anaérobie s'ajoute aux intensités élevées (rendement faible, 2 ATP/glucose), expliquant la fatigue rapide des efforts intenses.

Résultat : La hausse d'O₂ signe la voie aérobie dominante ; la montée du lactate au-delà du seuil signe le recours croissant à la voie anaérobie quand l'aérobie sature — les deux voies se complètent selon l'intensité.

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    Au repos, le muscle dispose d'une toute petite réserve d'ATP : quelques secondes d'effort suffisent à l'épuiser. L'ATP doit donc être régénéré en permanence à partir de l'ADP.

  2. 2

    Pour un effort modéré et prolongé, la voie aérobie domine : dans la mitochondrie, en présence de dioxygène, le glucose est totalement oxydé en CO₂ et eau, avec un fort rendement.

  3. 3

    Quand l'effort devient intense, l'apport de dioxygène ne suffit plus : la voie anaérobie prend le relais dans le cytoplasme. Le glucose n'est dégradé qu'en lactate, avec un rendement très faible.

  4. 4

    On le mesure sur le terrain : la consommation de dioxygène augmente puis plafonne, tandis que le lactate s'accumule dès que la voie aérobie est saturée. Les deux voies se complètent.

    Consommation d'O₂ à l'effort croissant

Objectif Bac

  • Objectif Bac : comparer les deux voies sur un tableau (localisation, présence d'O₂, devenir du glucose, rendement en ATP, sous-produits) et choisir la voie dominante selon le type d'effort.
  • Objectif Bac : exploiter un enregistrement ExAO (consommation d'O₂, production de CO₂) ou un dosage de lactate pour identifier la voie métabolique mise en jeu et son évolution au cours de l'effort.

Erreurs fréquentes

  • Dire que l'ATP est « stocké » dans le muscle : il est régénéré en continu ; la réserve immédiate ne couvre que quelques secondes.
  • Croire que la fermentation lactique produit autant d'ATP que la respiration : son rendement est très faible (2 contre ~30–36 ATP par glucose), d'où l'accumulation de lactate à l'effort intense.

Révision active

Lors d'un test à l'effort, on enregistre par ExAO la consommation de dioxygène d'un sportif et on dose le lactate sanguin. À faible intensité, la consommation d'O₂ augmente proportionnellement et le lactate reste bas ; au-delà d'un certain seuil, le lactate s'élève fortement. Interprète ces résultats en termes de voies anaérobie et aérobie de régénération de l'ATP.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 04

Apport de glucose au muscle et régulation de la glycémie#

●●○StandardLPeduscol-programme-svt

Régulation de la glycémie et apport de glucose au muscle

Régulation de la glycémie (insuline / glucagon)Graphe, Glycémie > consigne → Insuline (pancréas), Insuline (pancréas) → Entrée + stockage (glycogène), Entrée + stockage (glycogène) → Retour à la consigne (≈ 1 g/L), Glycémie < consigne → Glucagon (pancréas), Glucagon (pancréas) → Libération du glucose (foie), Libération du glucose (foie) → Retour à la consigne (≈ 1 g/L)Glycémie >consigneInsuline(pancréas)Entrée +stockage(glycogène)Retour à laconsigne (≈ 1 g/L)Glycémie <consigneGlucagon(pancréas)Libération duglucose (foie)
Fig. 5Deux hormones antagonistes ramènent la glycémie à sa consigne : l'insuline (stockage) quand elle est trop haute, le glucagon (libération hépatique) quand elle est trop basse.

Points clés

Le substrat majeur de la régénération de l'ATP musculaire est le GLUCOSE. Il provient de la glycémie (glucose sanguin) et des réserves de GLYCOGÈNE, un polymère de glucose stocké dans le muscle (pour son propre usage) et dans le foie (qui, lui, peut le restituer au sang).
La glycémie est une grandeur RÉGULÉE, maintenue autour d'une valeur de consigne voisine de 1 g·L⁻¹ à jeun. C'est un équilibre dynamique (homéostasie) entre les entrées (absorption intestinale après un repas, libération hépatique) et les sorties (consommation par les organes, dont le muscle). Un système réglé comporte des capteurs (cellules du pancréas sensibles au glucose), des messagers (les hormones) et des effecteurs (foie, muscle).
Deux hormones pancréatiques ANTAGONISTES assurent la régulation. L'INSULINE, hypoglycémiante, est sécrétée quand la glycémie s'élève : elle favorise l'entrée du glucose dans les cellules et son stockage sous forme de glycogène (glycogénogenèse). Le GLUCAGON, hyperglycémiant, est sécrété quand la glycémie baisse : il déclenche la dégradation du glycogène hépatique (glycogénolyse) et la libération de glucose dans le sang.
Le retour à la consigne est un RÉTROCONTRÔLE : tout écart de la glycémie déclenche la sécrétion de l'hormone qui le corrige, jusqu'au retour à l'équilibre. Après un repas riche en glucose, la glycémie monte puis redescend grâce à l'insuline ; à jeun ou à l'effort, le glucagon la maintient.
À l'effort, la consommation musculaire de glucose augmente fortement : le glycogène musculaire est mobilisé localement, tandis que le glucagon stimule la libération du glucose hépatique. L'apport au muscle est ainsi maintenu sans effondrer la glycémie générale. Attention : le glycogène du MUSCLE ne sert qu'au muscle ; seul le FOIE alimente la glycémie de tout l'organisme.
Un défaut de cette régulation conduit au DIABÈTE (hyperglycémie chronique) : le type 1 résulte d'un déficit de sécrétion d'insuline (destruction des cellules productrices), le type 2 d'une résistance des cellules à l'insuline. Dans les deux cas, le glucose entre mal dans les cellules et la glycémie reste élevée, ce qui à long terme endommage les vaisseaux et les nerfs.
glyceˊmie↑  ⇒  insuline↑  ⇒  glyceˊmie↓glyceˊmie↓  ⇒  glucagon↑  ⇒  glyceˊmie↑\text{glycémie} \uparrow \;\Rightarrow\; \text{insuline} \uparrow \;\Rightarrow\; \text{glycémie} \downarrow \qquad \text{glycémie} \downarrow \;\Rightarrow\; \text{glucagon} \uparrow \;\Rightarrow\; \text{glycémie} \uparrowglyceˊmie↑⇒insuline↑⇒glyceˊmie↓glyceˊmie↓⇒glucagon↑⇒glyceˊmie↑

Régulation hormonale antagoniste de la glycémie

L'insuline (hypoglycémiante) et le glucagon (hyperglycémiant) agissent en sens opposés pour ramener la glycémie vers sa valeur de consigne (≈ 1 g·L⁻¹).

Glycémie après un repas riche en glucose (retour à la valeur de consigne)

Glycémie après un repas riche en glucoseGraphique en courbes: glycémie (g·L⁻¹) selon temps (min), Données: glycémie (g·L⁻¹) · 0: 1; glycémie (g·L⁻¹) · 30: 1.4; glycémie (g·L⁻¹) · 60: 1.6; glycémie (g·L⁻¹) · 90: 1.3; glycémie (g·L⁻¹) · 120: 1.1; glycémie (g·L⁻¹) · 180: 100.511.520306090120180glycémie (g·L⁻¹)temps (min)
Fig. 6La glycémie s'élève après le repas (hyperglycémie post-prandiale), puis l'insuline la ramène vers la valeur de consigne d'environ 1 g·L⁻¹.
Exemple corrigé

Régulation après un repas et défaut chez le diabétique de type 1

Après un repas riche en glucose, la glycémie d'une personne saine monte puis revient à environ 1 g·L⁻¹ ; l'insulinémie suit la hausse de glycémie. Décris le mécanisme de régulation, puis explique pourquoi, chez un diabétique de type 1, la glycémie resterait élevée.

  1. 01Détecter la perturbation

    Le repas fait entrer du glucose dans le sang : la glycémie s'écarte au-dessus de sa valeur de consigne (≈ 1 g·L⁻¹). C'est l'hyperglycémie post-prandiale.

  2. 02Réponse hormonale

    Les cellules du pancréas détectent la hausse et sécrètent de l'insuline (hypoglycémiante). C'est cohérent avec l'insulinémie qui suit la glycémie.

  3. 03Effet de l'insuline

    L'insuline favorise l'entrée du glucose dans les cellules (muscle, foie) et son stockage sous forme de glycogène. La glycémie redescend donc vers la valeur de consigne : la régulation est un rétrocontrôle ramenant le système à l'équilibre.

  4. 04Cas du diabète de type 1

    Le diabète de type 1 résulte d'un déficit de sécrétion d'insuline (destruction des cellules productrices). Sans insuline, le glucose n'entre plus correctement dans les cellules ni n'est stocké : la glycémie reste élevée (hyperglycémie chronique).

Résultat : Chez la personne saine, l'insuline ramène la glycémie à ≈ 1 g·L⁻¹ par entrée et stockage du glucose ; chez le diabétique de type 1, l'absence d'insuline empêche ce retour, d'où une hyperglycémie persistante.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : à partir de courbes de glycémie et de dosages hormonaux, identifier l'action antagoniste de l'insuline et du glucagon et relier l'apport de glucose au muscle au maintien de la glycémie.
  • Objectif Bac : distinguer diabète de type 1 et de type 2 à partir de données (insulinémie, réponse à une charge en glucose) et en déduire le mécanisme défaillant.

Erreurs fréquentes

  • Inverser les rôles : l'insuline FAIT BAISSER la glycémie (favorise entrée + stockage), le glucagon la FAIT MONTER (libère le glucose hépatique).
  • Croire que le muscle stocke du glucose pour les autres organes : le glycogène musculaire ne sert qu'au muscle lui-même, alors que le glycogène du foie alimente la glycémie générale.

Révision active

On suit la glycémie et l'insulinémie d'une personne après un repas riche en glucose. La glycémie monte puis revient à sa valeur de consigne ; l'insulinémie suit une évolution parallèle à la hausse de glycémie. Décris le mécanisme de régulation et explique, pour un diabétique de type 1, pourquoi la glycémie ne reviendrait pas à la normale.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

Sommaire

Section -- / 04

    • 01Organisation de la cellule musculaire et glissement des filaments◐
    • 02Du motoneurone à la contraction : la plaque motrice◐
    • 03L'ATP, molécule de l'énergie, et sa régénération (anaérobie / aérobie)●
    • 04Apport de glucose au muscle et régulation de la glycémie◐

0/4 Lues

Des fiches à l'entraînement

Produire le mouvement : contraction musculaire et énergie

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~21
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de spécialité SVT — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019)

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Comportements, mouvement et système nerveux

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Comportements et stress : une vision intégrée de l'organisme

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