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Fiches/SVT — Sciences de la vie et de la Terre/Comportements, mouvement et système nerveux
Fiches · SVT — Sciences de la vie et de la TerreFR · Bac

Comportements, mouvement et système nerveux

Ce thème de terminale étudie l'organisation et le fonctionnement du système nerveux et la commande du mouvement. On part du réflexe myotatique, modèle d'un comportement involontaire au circuit nerveux simple (l'arc réflexe), pour comprendre la nature du message nerveux (potentiel d'action, codage en fréquence) et sa transmission au niveau des synapses. On aborde ensuite la commande du mouvement volontaire par le cortex moteur, la plasticité cérébrale (apprentissage, récupération après lésion) et la préservation de l'intégrité du système nerveux.

4 sections·~20 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·0666 / 9
Profil d’examen
Décrire et schématiser l'arc réflexe myotatique et identifier ses éléments (récepteur, voies sensitive et motrice, centre médullaire, effecteur) à partir de données expérimentalesRelier les caractéristiques du message nerveux (potentiel d'action d'amplitude constante, codage en fréquence) à des enregistrements électriques, et expliquer le fonctionnement d'une synapse ainsi que l'effet de molécules exogènes sur la transmissionRelier l'activité de zones cérébrales repérées par imagerie (IRMf) à la commande du mouvement volontaire (cortex moteur, organisation somatotopique)Mettre en évidence la plasticité cérébrale (apprentissage, récupération après lésion) et argumenter, à partir de données scientifiques, des mesures de préservation du système nerveux
Opérateurs :décrireschématiseridentifierexpliquerrelierinterpréterargumenterjustifier

niveau de base

Maîtriser le trajet de l'information dans l'arc réflexe, savoir lire un enregistrement de potentiels d'action (amplitude constante, codage en fréquence) et schématiser une synapse chimique en nommant ses éléments.

niveau approfondi

Argumenter à partir de documents expérimentaux variés (sections, anesthésies, enregistrements, IRMf, études de lésions) pour localiser un dysfonctionnement, prévoir l'effet d'une molécule exogène sur la transmission synaptique et discuter la plasticité comme base de l'apprentissage et de la récupération fonctionnelle.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 4 sections▾
  1. Comportements, mouvement et système nerveux
    • 01Le réflexe myotatique : modèle d'un circuit nerveux (l'arc réflexe)○
    • 02Le message nerveux et la transmission synaptique◐
    • 03Le cerveau, centre de la commande du mouvement volontaire◐
    • 04Plasticité cérébrale et préservation de l'intégrité du système nerveux●
§ 01

Le réflexe myotatique : modèle d'un circuit nerveux (l'arc réflexe)#

●○○BaseLPeduscol-programme-svt

Arc réflexe myotatique : circuit à cinq éléments

Arc réflexe myotatique : circuit à cinq élémentsGraphe, Récepteur (fuseau neuromusculaire) → Neurone sensitif (afférent), Neurone sensitif (afférent) → Centre nerveux (moelle épinière), Centre nerveux (moelle épinière) → Motoneurone (efférent), Motoneurone (efférent) → Effecteur (muscle)Récepteur(fuseauneuromusculaire)Neurone sensitif(afférent)Centre nerveux(moelleépinière)Motoneurone(efférent)Effecteur(muscle)étirementsynapsecontraction
Fig. 1L'étirement du muscle stimule le récepteur ; le message chemine par le neurone sensitif jusqu'à la moelle, qui commande, via le motoneurone, la contraction de l'effecteur.

Points clés

Le réflexe myotatique est la contraction réflexe (involontaire, rapide et stéréotypée) d'un muscle en réponse à son propre étirement. Exemple expérimental de référence : le réflexe achilléen ou rotulien, où la percussion du tendon étire brièvement le muscle et déclenche sa contraction. C'est un comportement involontaire dont le circuit nerveux, simple, sert de modèle d'étude.
Le trajet de l'information emprunte un arc réflexe à cinq éléments dans l'ordre : (1) un récepteur sensoriel (le fuseau neuromusculaire, sensible à l'étirement) ; (2) un neurone sensitif (afférent), dont le corps cellulaire est dans le ganglion de la racine dorsale ; (3) un centre nerveux intégrateur, la moelle épinière ; (4) un neurone moteur ou motoneurone (efférent), dont le corps cellulaire est dans la substance grise médullaire ; (5) l'effecteur, le muscle qui se contracte.
L'arc myotatique est monosynaptique : le neurone sensitif établit directement une seule synapse avec le motoneurone dans la moelle épinière, ce qui explique le très court délai du réflexe. La voie sensitive entre par la racine dorsale (postérieure) de la moelle ; la voie motrice sort par la racine ventrale (antérieure) — c'est la loi de Bell-Magendie.
On identifie expérimentalement les éléments de l'arc par des sections et stimulations ciblées : sectionner la racine dorsale supprime la perception de l'étirement (voie sensitive) sans abolir la commande motrice ; sectionner la racine ventrale abolit la réponse motrice (voie motrice) sans toucher la sensibilité. Une anesthésie locale du nerf bloque la conduction et donc le réflexe.
Le réflexe myotatique a un rôle physiologique de maintien de la posture (tonus musculaire) : il s'oppose en permanence à l'étirement des muscles, par exemple pour stabiliser une articulation et tenir debout sans y penser.
Exemple corrigé

Identifier les éléments de l'arc réflexe à partir d'expériences de section

Chez un mammifère, on étudie le réflexe d'extension de la patte (réflexe myotatique). On dispose des résultats suivants. Expérience 1 : la percussion du tendon déclenche la contraction du muscle. Expérience 2 : après section de la racine dorsale du nerf rachidien, la percussion ne déclenche plus le réflexe, mais une stimulation électrique directe du bout périphérique de la racine ventrale provoque toujours la contraction. Expérience 3 : après section de la racine ventrale, ni la percussion ni aucune commande ne contracte ce muscle, alors que la stimulation du bout central de la racine dorsale remonte bien un message vers la moelle. (a) Nommer les cinq éléments de l'arc réflexe. (b) Pour chaque section, indiquer la voie touchée et justifier. (c) Conclure sur la nature monosynaptique du circuit.

  1. 01Les cinq éléments

    Dans l'ordre du trajet : récepteur sensoriel = fuseau neuromusculaire du muscle étiré ; neurone sensitif (afférent, corps cellulaire dans le ganglion de la racine dorsale) ; centre intégrateur = moelle épinière ; motoneurone (efférent, corps cellulaire dans la substance grise) ; effecteur = le muscle qui se contracte.

  2. 02Expérience 2 — racine dorsale

    La section de la racine dorsale abolit le réflexe, mais la voie motrice reste fonctionnelle (la stimulation ventrale contracte encore le muscle). La racine dorsale porte donc la voie SENSITIVE (entrée du message d'étirement). C'est cohérent avec la loi de Bell-Magendie.

  3. 03Expérience 3 — racine ventrale

    La section de la racine ventrale abolit toute contraction de ce muscle, alors que le message sensitif remonte toujours vers la moelle. La racine ventrale porte donc la voie MOTRICE (sortie de la commande vers l'effecteur).

  4. 04Conclusion — circuit monosynaptique

    Le message entre par la voie sensitive, est intégré dans la moelle où le neurone sensitif fait UNE seule synapse directe avec le motoneurone, puis ressort par la voie motrice. Le très court délai et l'unique relais médullaire signent un arc réflexe monosynaptique.

Résultat : Récepteur (fuseau), neurone sensitif (racine dorsale), centre médullaire, motoneurone (racine ventrale), effecteur (muscle). La racine dorsale est sensitive, la ventrale motrice (loi de Bell-Magendie) ; l'unique synapse médullaire entre neurone sensitif et motoneurone établit le caractère monosynaptique du réflexe myotatique.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : schématiser proprement l'arc réflexe myotatique avec ses cinq éléments légendés, en orientant correctement le sens de circulation du message (récepteur → centre → effecteur) et en distinguant racine dorsale (sensitive) et racine ventrale (motrice).
  • Objectif Bac : exploiter des résultats expérimentaux (sections de racines ou de nerf, anesthésie, stimulation) pour localiser et identifier chaque élément de l'arc et démontrer le caractère monosynaptique du circuit.

Erreurs fréquentes

  • Inverser les racines de la moelle épinière : la racine DORSALE (postérieure) est sensitive (entrée du message), la racine VENTRALE (antérieure) est motrice (sortie) — c'est la loi de Bell-Magendie.
  • Présenter le réflexe myotatique comme volontaire ou commandé par le cerveau : c'est un réflexe involontaire dont le centre intégrateur est la MOELLE ÉPINIÈRE, pas l'encéphale (le cerveau peut seulement le moduler).

Révision active

On étudie le réflexe achilléen chez un sujet. À partir d'un schéma muet d'une coupe de moelle épinière reliée à un muscle, et de trois résultats expérimentaux (section de la racine dorsale → abolition du réflexe avec maintien de la motricité commandée ; section de la racine ventrale → abolition de toute contraction de ce muscle ; anesthésie du nerf → abolition du réflexe), identifier les cinq éléments de l'arc réflexe et justifier, pour chaque expérience, l'élément touché. Conclure sur la nature monosynaptique du circuit.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT de terminale (voie générale) — Thème « Corps humain et santé » : Comportements, mouvement et système nerveux (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 02

Le message nerveux et la transmission synaptique#

●●○StandardLPeduscol-programme-svt

Codage en fréquence du message nerveux

Codage en fréquence : fréquence des PA selon l'intensité du stimulusGraphique en courbes: fréquence des PA (PA·s⁻¹) selon intensité du stimulus (u.a.), Données: fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 0: 0; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 1: 0; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 2: 12; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 3: 28; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 4: 45; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 5: 62; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 6: 78; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 7: 90; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 8: 98; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 9: 100; fréquence des PA (PA·s⁻¹) · 10: 100020406080100012345678910fréquence des PA (PA·s⁻¹)intensité du stimulus (u.a.)
Fig. 2L'amplitude des potentiels d'action est constante : c'est leur FRÉQUENCE qui code l'intensité du stimulus, jusqu'à une saturation.

Points clés

Le long d'un axone, l'information se propage sous forme de potentiels d'action (PA) : de brèves inversions transitoires de la polarisation de la membrane (dépolarisation puis repolarisation), enregistrables par des microélectrodes. Au repos, la membrane est polarisée (intérieur négatif, potentiel de repos voisin de −70 mV) ; un PA est une variation tout-ou-rien et d'AMPLITUDE CONSTANTE (la membrane se dépolarise jusqu'à environ +30 mV puis se repolarise, soit une amplitude de l'ordre d'une centaine de millivolts).
Le message nerveux est codé en FRÉQUENCE : ce n'est pas l'amplitude du PA (constante) qui porte l'information, mais le NOMBRE de potentiels d'action par seconde. Un stimulus plus intense déclenche une fréquence de PA plus élevée (jusqu'à une fréquence maximale). C'est un codage en fréquence et non en amplitude.
La transmission d'un neurone à une autre cellule (autre neurone ou cellule musculaire) se fait au niveau d'une synapse, le plus souvent CHIMIQUE et unidirectionnelle. À l'arrivée des PA dans le bouton synaptique présynaptique, des vésicules libèrent un neurotransmetteur dans la fente synaptique par exocytose ; celui-ci diffuse et se fixe sur des récepteurs spécifiques de la membrane postsynaptique, engendrant un nouveau message dans la cellule cible. La synapse neuromusculaire (plaque motrice) utilise l'acétylcholine.
À la synapse, le message électrique (codé en fréquence) est converti en message CHIMIQUE codé en CONCENTRATION de neurotransmetteur (plus la fréquence des PA présynaptiques est élevée, plus la quantité de neurotransmetteur libérée est grande), puis reconverti en message électrique dans la cellule postsynaptique. Un neurone postsynaptique intègre de nombreux messages : c'est la sommation (spatiale et temporelle) des effets excitateurs et inhibiteurs qui décide du déclenchement de nouveaux PA.
De nombreuses molécules exogènes (médicaments, drogues, toxines) agissent au niveau synaptique en perturbant la transmission : agonistes (imitent le neurotransmetteur et activent les récepteurs), antagonistes (bloquent les récepteurs), ou molécules qui modifient la libération, la dégradation ou la recapture du neurotransmetteur. Elles modifient ainsi le message nerveux, ce qui éclaire les effets de certaines substances sur le système nerveux.

Synapse chimique : transmission du message

Synapse chimique : transmission du messageschéma cellulaire, 2 compartiments, Données: Terminaison présynaptique, Élément postsynaptique, vésicules, récepteurs, fente synaptiqueTerminaisonprésynaptiqueÉlémentpostsynaptiquevésiculesrécepteursfente synaptiqueLe PA présynaptique libère le neurotransmetteur ; il diffuse dans la fente et se fixe sur les récepteurs postsynaptiques.
Fig. 3À la synapse, le PA présynaptique déclenche la libération du neurotransmetteur, qui diffuse dans la fente et se fixe sur les récepteurs postsynaptiques : transmission unidirectionnelle.
Exemple corrigé

Lire un codage en fréquence et prévoir l'effet d'un antagoniste

Sur un axone sensitif, des stimulations d'intensités croissantes produisent des potentiels d'action tous de même amplitude (≈ 100 mV) : la fréquence passe de 10 PA·s⁻¹ (stimulus faible) à 80 PA·s⁻¹ (stimulus fort). (a) Que conclure sur la manière dont l'intensité du stimulus est codée ? (b) On applique sur la plaque motrice un curare, qui se fixe sur les récepteurs de l'acétylcholine sans les activer. Prévoir et justifier l'effet sur la contraction du muscle.

  1. 01Amplitude vs fréquence

    L'amplitude des PA reste constante quelle que soit l'intensité (loi du tout-ou-rien) : elle ne porte donc pas l'information. Seule la FRÉQUENCE varie, de 10 à 80 PA·s⁻¹.

  2. 02Conclusion sur le codage

    L'intensité du stimulus est codée en fréquence : plus le stimulus est intense, plus la fréquence des potentiels d'action est élevée. C'est un codage en fréquence et non en amplitude.

  3. 03Mécanisme synaptique normal

    À la plaque motrice, l'arrivée des PA libère de l'acétylcholine, qui se fixe sur ses récepteurs postsynaptiques et déclenche la contraction de la fibre musculaire.

  4. 04Effet du curare (antagoniste)

    Le curare occupe les récepteurs de l'acétylcholine sans les activer : il empêche l'acétylcholine libérée de s'y fixer. La transmission synaptique est bloquée, aucun message ne passe vers le muscle.

  5. 05Conséquence

    Malgré des PA normaux dans le motoneurone, le muscle ne se contracte plus : c'est une paralysie. Cela illustre l'action d'une molécule exogène antagoniste au niveau synaptique.

Résultat : L'intensité du stimulus est codée en fréquence (PA d'amplitude constante, fréquence croissante de 10 à 80 PA·s⁻¹). Le curare, antagoniste des récepteurs de l'acétylcholine, bloque la transmission à la plaque motrice : le muscle ne se contracte plus (paralysie), bien que le message électrique dans le nerf soit intact.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : analyser un enregistrement électrique pour montrer que les potentiels d'action ont une amplitude constante et que c'est leur FRÉQUENCE qui augmente avec l'intensité du stimulus (codage en fréquence).
  • Objectif Bac : expliquer le fonctionnement d'une synapse chimique (libération de neurotransmetteur, fixation sur récepteurs, sommation) et prévoir l'effet d'une molécule exogène (agoniste, antagoniste, inhibiteur de recapture ou de dégradation) sur la transmission.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu'un stimulus plus fort augmente l'AMPLITUDE des PA : l'amplitude est constante (loi du tout-ou-rien) ; c'est la FRÉQUENCE des PA (nombre par seconde) qui code l'intensité du message.
  • Confondre agoniste et antagoniste, ou oublier le sens unique de la transmission chimique : un agoniste active les récepteurs (effet semblable au neurotransmetteur), un antagoniste les bloque ; le message va toujours du bouton présynaptique vers la membrane postsynaptique.

Révision active

On enregistre, sur un même axone, les potentiels d'action provoqués par des stimulations d'intensités croissantes appliquées à un récepteur sensoriel. On constate que chaque PA garde la même amplitude, mais que leur fréquence passe de 10 PA·s⁻¹ pour une stimulation faible à 80 PA·s⁻¹ pour une stimulation forte. (a) Montrer, à partir de ces données, comment est codée l'intensité du stimulus. (b) On dispose ensuite d'un produit qui bloque les récepteurs de l'acétylcholine de la plaque motrice. Prévoir et justifier son effet sur la contraction du muscle innervé.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT de terminale (voie générale) — Thème « Corps humain et santé » : Comportements, mouvement et système nerveux (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 03

Le cerveau, centre de la commande du mouvement volontaire#

●●○StandardLPeduscol-programme-svt

Cortex moteur : carte somatotopique (homonculus)

Cortex moteur : carte somatotopique (homonculus)Tableau de 2 colonnes et 4 lignes, Données: Partie du corps · Surface corticale; Main, doigts · très étendue; Lèvres, langue · étendue; Tronc · réduite; Jambe, pied · réduitePARTIE DU CORPSSURFACE CORTICALEMain, doigtstrès étendueLèvres, langueétendueTroncréduiteJambe, piedréduiteLa surface corticale est proportionnelle à la finesse ducontrôle, non à la taille de l'organe (somatotopie).
Fig. 4Chaque partie du corps est commandée par une zone précise du cortex moteur ; la surface corticale est proportionnelle à la finesse du contrôle, non à la taille de l'organe.

Points clés

Au-delà des réflexes médullaires, le mouvement VOLONTAIRE est commandé par le cerveau. La commande naît dans le cortex moteur, une bande du cortex cérébral située à l'arrière du lobe frontal (gyrus précentral). Les neurones de cette aire motrice élaborent le message moteur qui descend ensuite, via des voies nerveuses, jusqu'aux motoneurones de la moelle épinière qui commandent les muscles.
L'organisation du cortex moteur est somatotopique : à chaque région du corps correspond une zone précise du cortex moteur, et l'ensemble forme une « carte » du corps. C'est l'homonculus moteur. La surface corticale consacrée à une partie du corps est proportionnelle non à sa taille réelle, mais à la finesse des mouvements qu'elle exécute : la main et le visage occupent une surface disproportionnée.
La commande motrice est croisée et latéralisée : le cortex moteur d'un hémisphère commande, pour l'essentiel, les muscles du côté OPPOSÉ du corps (les voies motrices descendantes croisent la ligne médiane). Une lésion du cortex moteur d'un hémisphère entraîne donc des troubles moteurs du côté controlatéral.
L'imagerie cérébrale fonctionnelle, en particulier l'IRMf (imagerie par résonance magnétique fonctionnelle), permet de localiser les aires actives lors d'une tâche : elle détecte l'augmentation du débit sanguin local accompagnant l'activité neuronale. Lors d'un mouvement volontaire d'une partie du corps, l'IRMf révèle l'activation de la zone correspondante du cortex moteur controlatéral.
La réalisation d'un mouvement volontaire met aussi en jeu d'autres aires (aires associatives qui planifient l'action, cervelet et noyaux qui coordonnent et ajustent) et s'appuie en retour sur les informations sensorielles : le mouvement résulte d'une coopération de plusieurs régions, le cortex moteur en étant la voie de commande finale.
Exemple corrigé

Interpréter une IRMf de l'activité motrice

On enregistre par IRMf l'activité cérébrale d'un sujet réalisant des mouvements volontaires. Lorsqu'il bouge les doigts de la main droite, une zone étendue du cortex moteur de l'hémisphère gauche s'active ; lorsqu'il bouge le pied droit, une zone voisine, plus petite, du même hémisphère s'active. (a) Quelle propriété du cortex moteur ces résultats illustrent-ils ? (b) Justifier la latéralisation observée. (c) Expliquer la différence d'étendue entre les deux zones.

  1. 01Principe de l'IRMf

    L'IRMf détecte l'augmentation locale du débit sanguin liée à l'activité neuronale : une zone qui « s'allume » est une zone activée pendant la tâche. Le mouvement volontaire active donc le cortex moteur correspondant.

  2. 02Somatotopie

    À chaque partie du corps correspond une zone distincte du cortex moteur (carte du corps, homonculus). Doigts et pied activent deux zones différentes mais voisines : c'est l'organisation somatotopique du cortex moteur.

  3. 03Latéralisation (commande croisée)

    Les mouvements du côté DROIT activent l'hémisphère GAUCHE : les voies motrices descendantes croisent la ligne médiane. La commande motrice est croisée, chaque hémisphère commandant le côté opposé du corps.

  4. 04Étendue des zones

    La surface corticale est proportionnelle à la finesse des mouvements, non à la taille de l'organe. La main, capable de mouvements très précis, occupe une zone plus étendue que le pied.

Résultat : Les mouvements volontaires activent le cortex moteur de manière somatotopique (carte du corps) et croisée (le côté droit est commandé par l'hémisphère gauche). L'étendue de chaque zone reflète la précision des mouvements : la zone de la main est plus grande que celle du pied.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : relier, à partir d'images d'IRMf, l'activité d'une zone du cortex moteur à la commande d'un mouvement volontaire précis et exploiter la somatotopie (carte motrice) et la commande croisée (côté opposé).
  • Objectif Bac : interpréter les conséquences motrices d'une lésion cérébrale (localisation, côté atteint) en mobilisant l'organisation du cortex moteur.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la surface corticale dédiée à un organe est proportionnelle à sa taille : elle dépend de la PRÉCISION des mouvements (main, lèvres et langue très représentées), pas de la masse de l'organe.
  • Oublier le croisement des voies motrices : le cortex moteur GAUCHE commande la motricité du côté DROIT du corps (et inversement) ; une paralysie d'un côté traduit une atteinte de l'hémisphère opposé.

Révision active

On réalise des IRMf chez un sujet à qui l'on demande successivement de bouger les doigts de la main droite, puis le pied droit. Les images montrent l'activation de deux zones distinctes, voisines, du cortex moteur de l'hémisphère gauche, la zone associée à la main étant plus étendue que celle associée au pied. (a) Quelle propriété d'organisation du cortex moteur ces images mettent-elles en évidence ? (b) Pourquoi l'activation se situe-t-elle dans l'hémisphère gauche pour des mouvements du côté droit ? (c) Justifier que la zone de la main soit plus étendue que celle du pied.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT de terminale (voie générale) — Thème « Corps humain et santé » : Comportements, mouvement et système nerveux (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 04

Plasticité cérébrale et préservation de l'intégrité du système nerveux#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-svt

Plasticité cérébrale : remaniement des cartes

Plasticité cérébrale : remaniement des cartesGraphe, Apprentissage / entraînement / lésion → Remaniement des connexions synaptiques, Remaniement des connexions synaptiques → Réorganisation des cartes corticales, Réorganisation des cartes corticales → Nouvelle compétence / récupérationApprentissage /entraînement /lésionRemaniement desconnexionssynaptiquesRéorganisationdes cartescorticalesNouvellecompétence /récupération
Fig. 5L'apprentissage, l'entraînement ou une lésion remanient les connexions synaptiques et réorganisent les cartes corticales : c'est la base de l'acquisition de compétences et de la récupération.

Points clés

La plasticité cérébrale désigne la capacité du cerveau à remanier en permanence ses connexions neuronales (création, renforcement, élimination de synapses) en fonction de l'activité. Le cerveau n'est pas un câblage figé : son organisation se modifie tout au long de la vie, particulièrement intense au cours du développement puis sous l'effet de l'expérience.
L'apprentissage repose sur cette plasticité : la répétition d'une activité (motrice, cognitive) renforce les circuits sollicités. On observe, par imagerie, qu'un entraînement prolongé peut élargir la zone corticale associée à la fonction entraînée — par exemple l'extension des aires motrices de la main chez des musiciens pratiquant un instrument. Les apprentissages laissent ainsi une trace dans l'organisation cérébrale.
La plasticité permet une récupération fonctionnelle (souvent partielle) après une lésion (accident vasculaire cérébral, traumatisme) : des régions cérébrales saines peuvent progressivement prendre en charge, totalement ou partiellement, une fonction perdue, à condition d'une rééducation. La rééducation s'appuie précisément sur la plasticité en réentraînant les circuits.
Le système nerveux est fragile et doit être préservé : certaines substances exogènes (drogues, mais aussi certains médicaments mésusés) agissent au niveau des synapses et perturbent durablement le fonctionnement cérébral (dépendance, altération des fonctions) ; les traumatismes (accidents, chocs à la tête) endommagent des tissus nerveux qui se régénèrent mal.
On argumente alors des mesures de préservation à partir de données scientifiques : protections contre les chocs (casque, ceinture), prévention de la consommation de substances agissant sur les synapses, hygiène de vie (sommeil, activité physique et intellectuelle entretenant la plasticité). L'enjeu de santé est de protéger un organe peu réparable et de favoriser sa plasticité.
Exemple corrigé

Plasticité cérébrale : entraînement et récupération après lésion

Document 1 : chez des violonistes, la surface du cortex moteur associée à la main gauche (celle qui réalise les doigtés précis) est plus étendue que chez des non-musiciens, et l'écart est d'autant plus grand que la pratique a débuté tôt. Document 2 : un patient victime d'un AVC est partiellement paralysé d'un bras ; une rééducation intensive s'accompagne d'une récupération progressive et de l'activation, en IRMf, de zones cérébrales nouvelles autour de la lésion. (a) Que mettent en évidence ces documents ? (b) Quel mécanisme commun les explique ? (c) En déduire deux mesures de préservation du système nerveux.

  1. 01Document 1 — apprentissage

    L'entraînement musical prolongé élargit l'aire motrice de la main : l'organisation du cortex se modifie sous l'effet de la pratique répétée. L'apprentissage laisse une trace dans le câblage cérébral.

  2. 02Document 2 — récupération

    Après l'AVC, la rééducation permet une récupération fonctionnelle partielle accompagnée de l'activation de zones nouvelles : d'autres régions prennent en charge la fonction perdue. Ce n'est pas une réparation des neurones détruits mais une réorganisation.

  3. 03Mécanisme commun — plasticité

    Les deux situations s'expliquent par la plasticité cérébrale : le remaniement des connexions neuronales (synapses créées, renforcées, réorganisées) en fonction de l'activité. L'entraînement et la rééducation reposent tous deux sur cette plasticité.

  4. 04Mesures de préservation

    On en déduit, par exemple : protéger le système nerveux des traumatismes (casque, ceinture de sécurité — tissu nerveux peu réparable) et éviter les substances agissant sur les synapses (drogues) ; entretenir la plasticité par une activité physique et intellectuelle régulière et un sommeil suffisant.

Résultat : Les deux documents illustrent la plasticité cérébrale : l'apprentissage (entraînement) élargit les aires sollicitées et la rééducation permet une récupération par réorganisation des connexions après lésion. Mesures de préservation cohérentes : protéger le cerveau des chocs et des substances synaptotropes, et stimuler sa plasticité (activité, sommeil).

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    Le cerveau n'est pas un circuit figé : ses neurones remanient en permanence leurs connexions, synapses créées, renforcées ou éliminées selon l'activité. C'est la plasticité cérébrale, base du thème.

  2. 2

    Première conséquence : l'apprentissage. Répéter une activité renforce les circuits sollicités. Chez des violonistes, l'aire motrice de la main entraînée est plus étendue que chez des non-musiciens : l'apprentissage laisse une trace dans l'organisation du cortex.

  3. 3

    Deuxième conséquence : la récupération après lésion. Après un accident vasculaire cérébral, la rééducation permet à des régions saines de prendre, partiellement, le relais de la fonction perdue. Ce n'est pas une réparation des neurones détruits, mais une réorganisation.

  4. 4

    Le système nerveux reste fragile : substances agissant sur les synapses et traumatismes l'endommagent durablement, et le tissu nerveux se régénère mal. D'où des mesures de préservation : protéger des chocs, éviter les substances synaptotropes, et entretenir la plasticité par l'activité et le sommeil.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : mettre en évidence la plasticité cérébrale à partir d'exemples documentés (extension d'une aire après entraînement, réorganisation et récupération après lésion) et expliquer en quoi elle fonde l'apprentissage et la rééducation.
  • Objectif Bac : argumenter, à partir de données scientifiques (effets de substances sur les synapses, conséquences des traumatismes), des mesures de préservation de l'intégrité du système nerveux.

Erreurs fréquentes

  • Penser que le cerveau adulte est figé : la plasticité subsiste toute la vie (apprentissage, récupération après lésion), même si elle est maximale durant le développement.
  • Réduire la récupération après lésion à une « réparation » des neurones détruits : ce n'est pas une régénération des cellules lésées, mais une réorganisation fonctionnelle (d'autres régions prennent le relais grâce au remaniement des connexions), généralement partielle et favorisée par la rééducation.

Révision active

On compare, par IRMf, la surface du cortex moteur associée à la main gauche chez des violonistes professionnels et chez des non-musiciens : elle est nettement plus étendue chez les violonistes, et d'autant plus que la pratique a commencé tôt et longtemps. Par ailleurs, chez un patient ayant subi un accident vasculaire cérébral entraînant une paralysie partielle d'un bras, une rééducation intensive s'accompagne d'une récupération progressive et de l'activation de zones cérébrales nouvelles. (a) Montrer que ces deux situations illustrent la plasticité cérébrale. (b) Préciser le rôle respectif de l'entraînement et de la rééducation. (c) En déduire deux mesures cohérentes de préservation et de stimulation du système nerveux.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT de terminale (voie générale) — Thème « Corps humain et santé » : Comportements, mouvement et système nerveux (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

Sommaire

Section -- / 04

    • 01Le réflexe myotatique : modèle d'un circuit nerveux (l'arc réflexe)○
    • 02Le message nerveux et la transmission synaptique◐
    • 03Le cerveau, centre de la commande du mouvement volontaire◐
    • 04Plasticité cérébrale et préservation de l'intégrité du système nerveux●

0/4 Lues

Des fiches à l'entraînement

Comportements, mouvement et système nerveux

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~20
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de spécialité SVT de terminale (voie générale) — Thème « Corps humain et santé » : Comportements, mouvement et système nerveux

Chapitre précédent

De la plante sauvage à la plante domestiquée

Chapitre suivant

Produire le mouvement : contraction musculaire et énergie

EuraStudy·Fiches T·06·MMXXVI

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