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Fiches/SVT — Sciences de la vie et de la Terre/Génétique et évolution
Fiches · SVT — Sciences de la vie et de la TerreFR · Bac

Génétique et évolution

Ce thème relie l'origine de la diversité génétique des individus aux mécanismes de l'évolution des populations. On part de la reproduction sexuée — méiose et fécondation — qui brassent les allèles à chaque génération, puis on examine les accidents de la méiose et les mutations, sources d'innovation génétique et de complexification des génomes (crossing-over inégal, aneuploïdies, transferts horizontaux, endosymbioses). On étudie enfin l'évolution des populations : sélection naturelle et dérive génétique, le modèle de Hardy-Weinberg comme modèle nul de l'absence d'évolution, la notion d'espèce comme catégorie instable issue de la spéciation, et les mécanismes de diversification du vivant — y compris ceux qui ne modifient pas le génome (symbioses, transmission de comportements, hétérochronies). C'est le Thème 1 de la spécialité SVT de terminale, pleinement au programme de l'épreuve écrite.

5 sections·~30 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·0222 / 9
Profil d’examen
Schématiser les étapes de la méiose en distinguant les deux divisions et l'évolution de la quantité d'ADN, et expliquer la diversité génétique des gamètes et des descendants par les brassages intra- et interchromosomique puis la fécondation.Recenser, extraire et exploiter des données (croisements-tests, électrophorèses, caryotypes) pour identifier les brassages, estimer une distance entre gènes et relier une anomalie de la méiose à une famille multigénique ou à une anomalie chromosomique.Relier l'apparition d'un nouvel allèle à une mutation et au rôle (et aux limites) des systèmes de réparation ; mettre en évidence, à partir de comparaisons de séquences ou de génomes, un transfert horizontal ou une endosymbiose.Utiliser le modèle de Hardy-Weinberg pour tester l'hypothèse d'une évolution d'une population, argumenter l'action de la sélection naturelle et de la dérive génétique selon la taille de la population, discuter la notion d'espèce à partir d'exemples de spéciation, et reconnaître des diversifications du vivant sans modification du génome (symbioses, transmission de comportements, hétérochronies).
Opérateurs :schématiserexpliquerextraireexploitercalculerestimerrelierargumenterdiscuterjustifier

niveau de base

Verrouiller d'abord les fondamentaux universellement attendus : le déroulement de la méiose et l'évolution de la quantité d'ADN, la distinction brassage intrachromosomique (crossing-over en prophase I) / brassage interchromosomique (disjonction aléatoire en anaphase I), le rôle amplificateur de la fécondation, et la relation « nouvel allèle = mutation ». Ces points structurent la plupart des sujets de génétique.

niveau approfondi

Approfondir l'exploitation quantitative de données : estimer une distance génétique à partir d'un croisement-test (fréquence de recombinants), appliquer rigoureusement le modèle de Hardy-Weinberg (p², 2pq, q²) pour comparer fréquences observées et attendues, et argumenter finement le rôle respectif de la sélection et de la dérive selon la taille de population et la valeur sélective des allèles.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Génétique et évolution
    • 01Origine du génotype des individus : méiose, fécondation et brassages génétiques○
    • 02Croisements-tests, distance génétique et anomalies de la méiose◐
    • 03Mutations, réparation de l'ADN et complexification des génomes◐
    • 04Évolution des populations : sélection naturelle, dérive génétique et modèle de Hardy-Weinberg●
    • 05Espèce, spéciation et diversification du vivant●
§ 01

Origine du génotype des individus : méiose, fécondation et brassages génétiques#

●○○BaseLPeduscol-programme-svtLPBO-2019-svt-terminale-§Genetique-et-evolution

Quantité d'ADN par cellule au cours de la méiose

Quantité d'ADN par cellule au cours de la méioseGraphique en courbes: quantité d'ADN (q = gamète) selon étapes, Données: quantité d'ADN · G1: 2; quantité d'ADN · après S: 4; quantité d'ADN · avant M I: 4; quantité d'ADN · après M I: 2; quantité d'ADN · gamète: 100.511.522.533.54G1après Savant M Iaprès M Igamètequantité d'ADN (q = gamète)étapes
Fig. 1La réplication (S) double la quantité d'ADN ; la division I (réductionnelle) puis la division II (équationnelle) la divisent successivement par deux jusqu'au gamète.

Points clés

La méiose est une succession de DEUX divisions précédées d'UNE seule réplication de l'ADN : à partir d'une cellule diploïde (2n2n2n chromosomes, dont l'ADN a été dupliqué en phase S, chaque chromosome étant à 2 chromatides), elle produit QUATRE cellules haploïdes (nnn chromosomes à 1 chromatide). La division I (réductionnelle) sépare les chromosomes HOMOLOGUES et fait passer de 2n2n2n à nnn ; la division II (équationnelle) sépare les deux chromatides de chaque chromosome, comme une mitose. La quantité d'ADN par cellule passe ainsi de QQQ (après réplication) à Q/2Q/2Q/2 après la division I, puis à Q/4Q/4Q/4 après la division II.
Brassage INTRAchromosomique : en prophase I, les chromosomes homologues s'apparient (bivalents) et peuvent échanger des portions de chromatides par CROSSING-OVER (enjambement). Il en résulte des chromatides RECOMBINÉES portant de nouvelles associations d'allèles de gènes situés sur un MÊME chromosome. Plus deux gènes sont éloignés sur le chromosome, plus la probabilité d'un crossing-over entre eux est grande : c'est le fondement de l'estimation d'une distance génétique.
Brassage INTERchromosomique : en anaphase I, chaque paire de chromosomes homologues se répartit de façon ALÉATOIRE et INDÉPENDANTE des autres paires vers l'un ou l'autre pôle. Pour nnn paires de chromosomes, cela engendre 2n2^{n}2n combinaisons chromosomiques différentes de gamètes (pour l'espèce humaine, n=23n=23n=23, soit 223≈8,42^{23}\approx 8{,}4223≈8,4 millions de combinaisons, sans même compter les crossing-over).
La FÉCONDATION réunit au hasard deux gamètes haploïdes (un de chaque parent), rétablit la diploïdie et AMPLIFIE le brassage : le nombre de génotypes possibles d'un zygote est le produit des possibilités de chaque gamète. La combinaison « méiose (brassages intra + inter) puis fécondation aléatoire » explique l'unicité génétique de chaque individu et la diversité des descendants d'un même couple.
Rappel de première : un gène occupe un locus précis sur un chromosome et peut exister sous plusieurs versions, les ALLÈLES. Un individu diploïde porte deux allèles par gène (un par chromosome homologue) ; le génotype est la combinaison des allèles, le phénotype son expression. La méiose et la fécondation ne créent pas d'allèles nouveaux : elles RÉ-ASSOCIENT des allèles préexistants.
1 reˊplication+2 divisions: Q2n, 2 chromatides→division IQ2n, 2 chromatides→division IIQ4n, 1 chromatide\text{1 réplication} + \text{2 divisions} : \ \underset{2n,\ 2\text{ chromatides}}{Q} \xrightarrow{\text{division I}} \underset{n,\ 2\text{ chromatides}}{\tfrac{Q}{2}} \xrightarrow{\text{division II}} \underset{n,\ 1\text{ chromatide}}{\tfrac{Q}{4}}1 reˊplication+2 divisions: 2n, 2 chromatidesQ​division I​n, 2 chromatides2Q​​division II​n, 1 chromatide4Q​​

Évolution de la quantité d'ADN au cours de la méiose

La réplication double l'ADN avant la méiose ; la division I sépare les homologues (l'ADN par cellule est divisé par 2) et la division II sépare les chromatides (encore divisé par 2). Une cellule diploïde donne quatre cellules haploïdes.

nombre de combinaisons interchromosomiques=2n\text{nombre de combinaisons interchromosomiques} = 2^{n}nombre de combinaisons interchromosomiques=2n

Brassage interchromosomique pour n paires de chromosomes

Chacune des nnn paires se répartit indépendamment selon deux possibilités, d'où 2n2^{n}2n gamètes différents par le seul brassage interchromosomique (pour l'humain, 223≈8,4×1062^{23}\approx 8{,}4\times 10^{6}223≈8,4×106).

Croisement-test AaBb × aabb : les quatre types de gamètes

Croisement-test AaBb × aabb : les 4 types de gamètesTableau de 2 colonnes et 4 lignes, Données: AaBb \ aabb · ab; AB · AaBb; Ab · Aabb; aB · aaBb; ab · aabbAABB \ AABBABABAaBbABAabbABaaBbABaabbGènes sur des paires différentes : descendance 1:1:1:1(brassage interchromosomique).
Fig. 2Le parent testé n'apporte que le gamète ab : la descendance révèle directement les gamètes de AaBb. Gènes indépendants → 4 génotypes équiprobables (brassage interchromosomique).
Exemple corrigé

Croisement-test pour deux gènes indépendants : prévoir les proportions

Chez une plante, le gène « forme du grain » a un allèle dominant R (rond) et un allèle récessif r (ridé) ; le gène « couleur » a un allèle dominant J (jaune) et un allèle récessif v (vert). Les deux gènes sont portés par des chromosomes différents. On réalise un croisement-test : une plante dihybride [RJ/rv] est croisée avec une plante homozygote récessive [rv/rv]. 1) Donner les gamètes produits par chaque parent et leurs proportions. 2) Établir l'échiquier de croisement. 3) Donner les phénotypes des descendants et leurs proportions, et préciser le brassage mis en évidence.

  1. 01Gamètes du parent dihybride

    Les deux gènes étant sur des chromosomes DIFFÉRENTS, le brassage interchromosomique en anaphase I donne quatre types de gamètes équiprobables (chaque allèle d'un gène s'associe indifféremment à chaque allèle de l'autre).

    14 RJ,14 Rv,14 rJ,14 rv\tfrac{1}{4}\,RJ,\quad \tfrac{1}{4}\,Rv,\quad \tfrac{1}{4}\,rJ,\quad \tfrac{1}{4}\,rv41​RJ,41​Rv,41​rJ,41​rv
  2. 02Gamètes du parent récessif

    Le parent [rv/rv] est homozygote pour les deux gènes : il ne produit qu'un seul type de gamète.

    100 % de gameˋtes rv100\,\%\ \text{de gamètes } rv100% de gameˋtes rv
  3. 03Échiquier de croisement

    Chaque gamète du dihybride fusionne avec un gamète rvrvrv du parent testeur. On obtient quatre génotypes, chacun avec la probabilité 14\tfrac{1}{4}41​.

    RrJv (14),Rrvv (14),rrJv (14),rrvv (14)RrJv\ (\tfrac{1}{4}),\quad Rrvv\ (\tfrac{1}{4}),\quad rrJv\ (\tfrac{1}{4}),\quad rrvv\ (\tfrac{1}{4})RrJv (41​),Rrvv (41​),rrJv (41​),rrvv (41​)
  4. 04Phénotypes et proportions

    On traduit chaque génotype en phénotype (R et J dominants). Quatre phénotypes apparaissent en proportions égales, donc 25 %25\,\%25% chacun.

    [rond, jaune] 25%, [rond, vert] 25%, [rideˊ, jaune] 25%, [rideˊ, vert] 25%[rond,\ jaune]\,25\%,\ [rond,\ vert]\,25\%,\ [ridé,\ jaune]\,25\%,\ [ridé,\ vert]\,25\%[rond, jaune]25%, [rond, vert]25%, [rideˊ, jaune]25%, [rideˊ, vert]25%
  5. 05Interprétation

    L'apparition des quatre phénotypes en proportions ÉGALES (dont les phénotypes recombinés [rond, vert] et [ridé, jaune] à 25 %25\,\%25% chacun) traduit l'indépendance des deux gènes : c'est le brassage INTERchromosomique (disjonction aléatoire des homologues en anaphase I) qui est mis en évidence.

Résultat : Le croisement-test donne quatre phénotypes équiprobables (25 %25\,\%25% chacun), dont deux types recombinés à 25 %25\,\%25% : la proportion d'environ 50 %50\,\%50% de descendants recombinés signe deux gènes INDÉPENDANTS, brassés par le seul brassage interchromosomique.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : schématiser la méiose et tracer/lire la courbe de l'évolution de la quantité d'ADN, en plaçant correctement la réplication, la division I (séparation des homologues) et la division II (séparation des chromatides) — une question de restitution très fréquente.
  • Objectif Bac : à partir d'un schéma de cellule en méiose ou d'un échiquier de croisement, distinguer et expliquer le brassage intrachromosomique (crossing-over en prophase I) et le brassage interchromosomique (anaphase I), puis relier ces brassages à la diversité génétique des gamètes et des descendants.

Erreurs fréquentes

  • Confondre méiose et mitose, ou inverser les deux divisions : c'est la division I (réductionnelle) qui sépare les chromosomes HOMOLOGUES et fait passer de 2n2n2n à nnn ; la division II ne sépare que les chromatides (elle ne réduit pas le nombre de chromosomes).
  • Croire que le crossing-over se produit à l'anaphase, ou attribuer la diversité des gamètes au seul brassage interchromosomique : le brassage intrachromosomique (crossing-over) a lieu en PROPHASE I, lors de l'appariement des homologues, et concerne des gènes du MÊME chromosome.
  • Affirmer que la méiose ou la fécondation « créent de nouveaux allèles » : elles ne font que RÉ-ASSOCIER des allèles déjà existants. Seule une mutation crée un allèle nouveau (voir section suivante).

Révision active

On considère deux gènes portés par DEUX chromosomes différents : un gène de couleur (allèle dominant A « gris », allèle récessif a « noir ») et un gène de taille des ailes (allèle dominant B « longues », allèle récessif b « courtes »). On croise une drosophile dihybride [AB/ab] avec une drosophile homozygote récessive [ab/ab] (croisement-test). Prévoir les types de gamètes du dihybride, dresser l'échiquier de croisement, donner les phénotypes des descendants et leurs proportions attendues, puis indiquer quel brassage est ici mis en évidence.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

Croisements-tests, distance génétique et anomalies de la méiose#

●●○StandardLPeduscol-programme-svtLPBO-2019-svt-terminale-§Genetique-et-evolution

Non-disjonction en méiose et anomalie chromosomique

Non-disjonction en méiose et anomalie chromosomiqueGraphe, Non-disjonction (anaphase I) → Gamète n+1, Non-disjonction (anaphase I) → Gamète n−1, Gamète n+1 → + gamète normal (n), Gamète n−1 → + gamète normal (n), + gamète normal (n) → Zygote 2n+1 (trisomie), + gamète normal (n) → Zygote 2n−1 (monosomie)Non-disjonction(anaphase I)Gamète n+1Gamète n−1+ gamète normal(n)Zygote 2n+1(trisomie)Zygote 2n−1(monosomie)
Fig. 3Une paire (ou deux chromatides) qui ne se sépare pas produit des gamètes n+1 et n−1 ; après fécondation par un gamète normal, le zygote est trisomique (2n+1) ou monosomique (2n−1).

Points clés

Pour deux gènes LIÉS (portés par le même chromosome), un croisement-test du dihybride [AB/ab] donne quatre types de descendants : les types PARENTAUX (associations [AB] et [ab], majoritaires) et les types RECOMBINÉS (associations [Ab] et [aB], minoritaires), ces derniers issus d'un crossing-over entre les deux gènes. Plus les recombinés sont nombreux, plus les gènes sont éloignés sur le chromosome.
DISTANCE GÉNÉTIQUE : on l'estime par la fréquence des phénotypes recombinés parmi l'ensemble des descendants. Exprimée en pourcentage, elle se lit directement en centimorgans (1 %1\,\%1% de recombinaison ≈1\approx 1≈1 cM). Une fréquence faible (gènes proches) traduit un crossing-over rare ; une fréquence proche de 50 %50\,\%50% traduit des gènes si éloignés (ou sur des chromosomes différents) qu'ils se comportent comme indépendants.
CROSSING-OVER INÉGAL : lorsqu'un enjambement se produit entre des chromatides MAL APPARIÉES (séquences très semblables décalées), l'échange est asymétrique : une chromatide GAGNE une copie supplémentaire d'un gène (DUPLICATION), l'autre en PERD une (délétion). Les duplications répétées au fil des générations engendrent des FAMILLES MULTIGÉNIQUES — plusieurs gènes voisins issus d'un gène ancestral, qui divergent ensuite par mutations (ex. gènes des globines, gènes des opsines).
ANOMALIES DE RÉPARTITION (non-disjonction) : si une paire de chromosomes homologues ne se sépare pas en anaphase I (ou deux chromatides en anaphase II), un gamète reçoit un chromosome SURNUMÉRAIRE et l'autre en est dépourvu. La fécondation par un tel gamète produit une cellule à 2n+12n+12n+1 ou 2n−12n-12n−1 chromosomes : une ANEUPLOÏDIE. L'exemple le plus connu est la TRISOMIE 21 (trois exemplaires du chromosome 21), visible sur un caryotype.
Rappel de première : une électrophorèse sépare des fragments d'ADN (ou des protéines) selon leur taille ; comparée à des marqueurs, elle permet d'identifier le génotype d'un individu pour un gène donné — outil mobilisé pour reconnaître parentaux et recombinés ou repérer une duplication.
d (cM)≈nombre de descendants recombineˊsnombre total de descendants×100d \ (\text{cM}) \approx \frac{\text{nombre de descendants recombinés}}{\text{nombre total de descendants}} \times 100d (cM)≈nombre total de descendantsnombre de descendants recombineˊs​×100

Estimation d'une distance génétique (croisement-test)

La fréquence des phénotypes recombinés, exprimée en pourcentage, donne la distance entre les deux gènes en centimorgans : 1 %1\,\%1% de recombinaison correspond à environ 111 cM.

Croisement-test de deux gènes liés : parentaux majoritaires, recombinés minoritaires

Croisement-test de 2 gènes liés : parentaux majoritairesDiagramme en colonnes: effectif (sur 1000) selon phénotype des descendants, Données: effectif (sur 1000) · [AB] parental: 420; effectif (sur 1000) · [ab] parental: 420; effectif (sur 1000) · [Ab] recombiné: 80; effectif (sur 1000) · [aB] recombiné: 800100200300400[AB]parental[ab]parental[Ab]recombiné[aB]recombiné4204208080effectif (sur 1000)phénotype des descendants
Fig. 4Sur 1000 descendants, les phénotypes parentaux (420+420) dominent ; les recombinés (80+80) issus d'un crossing-over donnent la distance 160/1000 = 16 % = 16 cM.
Exemple corrigé

Estimer une distance génétique à partir d'un croisement-test

On croise une plante dihybride [AB/ab] avec une plante homozygote récessive [ab/ab]. Sur 100010001000 descendants, on dénombre : 420420420 de phénotype [AB], 420420420 de phénotype [ab], 808080 de phénotype [Ab] et 808080 de phénotype [aB]. 1) Quels sont les phénotypes parentaux et recombinés ? 2) Les gènes sont-ils liés ou indépendants ? 3) Calculer la distance génétique en cM.

  1. 01Identifier parentaux et recombinés

    Les phénotypes majoritaires reproduisent les associations d'allèles du dihybride [AB/ab] : ce sont les PARENTAUX [AB] et [ab]. Les phénotypes minoritaires [Ab] et [aB] présentent de NOUVELLES associations : ce sont les RECOMBINÉS, issus d'un crossing-over.

    parentaux : [AB] 420, [ab] 420;recombineˊs : [Ab] 80, [aB] 80\text{parentaux : } [AB]\,420,\ [ab]\,420 \quad ; \quad \text{recombinés : } [Ab]\,80,\ [aB]\,80parentaux : [AB]420, [ab]420;recombineˊs : [Ab]80, [aB]80
  2. 02Liés ou indépendants ?

    Si les gènes étaient indépendants, on attendrait 25 %25\,\%25% de chaque phénotype (250250250 sur 100010001000), soit 50 %50\,\%50% de recombinés. Or les recombinés sont nettement minoritaires : les gènes sont donc LIÉS (portés par le même chromosome).

    recombineˊs=80+80=160≪500 ⇒ geˋnes lieˊs\text{recombinés} = 80 + 80 = 160 \ll 500 \ \Rightarrow \ \text{gènes liés}recombineˊs=80+80=160≪500 ⇒ geˋnes lieˊs
  3. 03Calculer la fréquence de recombinaison

    On rapporte la somme des deux phénotypes recombinés au nombre total de descendants.

    f=80+801000=1601000=0,16=16 %f = \frac{80 + 80}{1000} = \frac{160}{1000} = 0{,}16 = 16\,\%f=100080+80​=1000160​=0,16=16%
  4. 04Conclure sur la distance

    La fréquence de recombinaison, exprimée en pourcentage, donne directement la distance en centimorgans (1 %≈11\,\% \approx 11%≈1 cM).

    d≈16 cMd \approx 16\ \text{cM}d≈16 cM

Résultat : Les phénotypes parentaux ([AB] et [ab]) sont majoritaires et les recombinés ([Ab] et [aB]) minoritaires : les deux gènes sont LIÉS. La fréquence de recombinaison vaut 0,160{,}160,16, soit une distance génétique d'environ 161616 cM.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : exploiter les effectifs d'un croisement-test pour identifier les phénotypes parentaux (majoritaires) et recombinés (minoritaires), en déduire que les gènes sont LIÉS, puis estimer la distance génétique par la fréquence de recombinés (en cM).
  • Objectif Bac : relier une anomalie de la méiose à ses conséquences — un crossing-over INÉGAL à une duplication de gène et à une famille multigénique ; une NON-DISJONCTION à une aneuploïdie lisible sur un caryotype (ex. trisomie 21).

Erreurs fréquentes

  • Confondre gènes liés et gènes indépendants : avec deux gènes liés, les recombinés sont MINORITAIRES (moins de 50 %50\,\%50% au total) ; une proportion de 25 %25\,\%25% pour CHACUN des quatre phénotypes (soit 50 %50\,\%50% de recombinés) signe au contraire l'indépendance.
  • Calculer la distance avec les seuls types parentaux, ou n'oublier qu'un seul des deux types recombinés : la fréquence de recombinaison se calcule sur la SOMME des deux phénotypes recombinés rapportée au TOTAL des descendants.
  • Confondre les deux types d'anomalies : le crossing-over inégal modifie le NOMBRE de copies d'un gène (duplication / délétion locale) ; la non-disjonction modifie le NOMBRE de chromosomes (aneuploïdie). Ce ne sont pas les mêmes mécanismes ni les mêmes conséquences.

Révision active

Chez la drosophile, un croisement-test entre une femelle dihybride [VgEb/vg eb] (Vg : ailes longues ; Eb : corps clair) et un mâle homozygote récessif donne 100010001000 descendants : 410410410 [Vg Eb], 400400400 [vg eb], 959595 [Vg eb] et 959595 [vg Eb]. 1) Identifier les phénotypes parentaux et recombinés. 2) Les deux gènes sont-ils liés ou indépendants ? Justifier. 3) Estimer la distance génétique entre les deux gènes en centimorgans.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

Mutations, réparation de l'ADN et complexification des génomes#

●●○StandardLPeduscol-programme-svtLPBO-2019-svt-terminale-§Genetique-et-evolution

Origine endosymbiotique de la mitochondrie

Origine endosymbiotique de la mitochondrieGraphe, Cellule eucaryote ancestrale → Endocytose (sans digestion), Bactérie aérobie → Endocytose (sans digestion), Endocytose (sans digestion) → Endosymbiose durable, Endosymbiose durable → Mitochondrie (2 membranes, ADN propre)CelluleeucaryoteancestraleBactérie aérobieEndocytose (sansdigestion)EndosymbiosedurableMitochondrie (2membranes, ADNpropre)
Fig. 5L'endocytose, sans digestion, d'une bactérie aérobie par une cellule ancestrale, devenue endosymbiose durable, explique l'origine de la mitochondrie (deux membranes, ADN propre).

Points clés

Une MUTATION est une modification de la séquence des nucléotides de l'ADN ; c'est la SEULE source d'allèles RÉELLEMENT NOUVEAUX (contrairement aux brassages, qui ne réassocient que des allèles existants). Une mutation survenant dans une cellule de la lignée germinale est transmissible à la descendance et constitue donc le matériau de base de l'évolution.
Mutations SPONTANÉES vs INDUITES : les mutations spontanées résultent surtout d'erreurs non corrigées de la réplication de l'ADN (taux faible mais non nul) ; les mutations induites sont provoquées ou accélérées par des AGENTS MUTAGÈNES (rayonnements UV et ionisants, certaines substances chimiques). Plus un génome est répliqué (divisions nombreuses) ou exposé à des mutagènes, plus le nombre de mutations augmente.
Systèmes de RÉPARATION : la cellule dispose de mécanismes qui détectent et corrigent la plupart des lésions de l'ADN (relecture par l'ADN polymérase, réparation des mésappariements, excision de bases endommagées). Ils maintiennent un taux de mutation très bas. Mais ils ont des LIMITES : certaines lésions échappent à la réparation ou sont mal réparées, et un défaut des systèmes de réparation augmente fortement le taux de mutation (ex. sensibilité accrue aux UV dans le xeroderma pigmentosum).
COMPLEXIFICATION des génomes — transferts HORIZONTAUX : un gène peut passer d'un organisme à un autre SANS reproduction (sans lien parent-descendant), notamment entre bactéries (par plasmides, virus). On les met en évidence en comparant des séquences : la présence d'un même gène chez des espèces phylogénétiquement éloignées, alors qu'il est absent chez des espèces apparentées, trahit un transfert horizontal (ex. propagation de gènes de résistance aux antibiotiques).
ENDOSYMBIOSE : les MITOCHONDRIES et les CHLOROPLASTES proviennent de bactéries ancestrales intégrées dans une cellule hôte. Les indices : une DOUBLE membrane, un ADN propre CIRCULAIRE (de type bactérien), des RIBOSOMES propres, et une division autonome. La comparaison de leurs séquences avec celles de bactéries actuelles confirme cette origine — c'est une étape majeure de la complexification du vivant eucaryote.
Exemple corrigé

Argumenter l'origine endosymbiotique de la mitochondrie

On dispose des informations suivantes sur la mitochondrie d'une cellule eucaryote : (a) elle est entourée d'une DOUBLE membrane ; (b) elle possède un ADN propre, CIRCULAIRE, séparé de l'ADN du noyau ; (c) elle contient des ribosomes dont la séquence d'ARN ressemble davantage à celle des ribosomes bactériens qu'à celle des ribosomes du cytoplasme eucaryote ; (d) elle se divise de façon autonome. Montrer que ces données soutiennent l'hypothèse d'une origine endosymbiotique de la mitochondrie.

  1. 01Poser l'hypothèse à tester

    L'hypothèse endosymbiotique propose que la mitochondrie dérive d'une bactérie ancestrale (aérobie) incorporée par une cellule hôte et conservée comme symbiote. On confronte chaque donnée à cette hypothèse.

  2. 02Exploiter la double membrane

    La membrane EXTERNE proviendrait de la cellule hôte (vésicule de phagocytose) et la membrane INTERNE de la bactérie englobée. La double membrane est donc cohérente avec une incorporation par endocytose : argument (a).

  3. 03Exploiter l'ADN circulaire

    Un ADN propre, CIRCULAIRE et indépendant du noyau est caractéristique des bactéries (les eucaryotes ont un ADN nucléaire linéaire). L'organite a donc conservé un patrimoine génétique de type bactérien : argument (b).

  4. 04Exploiter la comparaison des ribosomes

    Les ribosomes mitochondriaux ressemblent davantage aux ribosomes BACTÉRIENS qu'à ceux du cytoplasme eucaryote. Cette PARENTÉ MOLÉCULAIRE, établie par comparaison de séquences, place la mitochondrie du côté des bactéries : argument (c).

  5. 05Exploiter la division autonome

    La mitochondrie se divise indépendamment de la cellule, à la manière d'une bactérie : argument (d), cohérent avec un ancien organisme devenu symbiote.

Résultat : Double membrane, ADN circulaire de type bactérien, ribosomes proches des ribosomes bactériens et division autonome convergent : la mitochondrie est issue d'une bactérie ancestrale intégrée par endosymbiose. La comparaison de SÉQUENCES (ribosomes, ADN) est l'argument décisif, car elle établit une parenté avec les bactéries actuelles.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : relier l'apparition d'un nouvel allèle (ou d'une variation phénotypique) à une mutation, et discuter le RÔLE des systèmes de réparation (ils maintiennent un faible taux de mutation) ainsi que leurs LIMITES (mutations qui échappent à la réparation, mutagènes, défauts de réparation).
  • Objectif Bac : à partir de comparaisons de SÉQUENCES ou de génomes (logiciels de type Anagène/Geniegen), argumenter en faveur d'un transfert horizontal de gène ou de l'origine endosymbiotique d'un organite (double membrane, ADN circulaire, ribosomes propres).

Erreurs fréquentes

  • Affirmer que « les brassages créent de nouveaux allèles » : seules les MUTATIONS créent des allèles nouveaux ; la méiose et la fécondation ne font que les recombiner.
  • Présenter les systèmes de réparation comme infaillibles : ils sont efficaces mais limités — c'est précisément parce que certaines mutations subsistent que la diversité génétique (donc l'évolution) reste possible.
  • Confondre transfert horizontal et transmission verticale : la transmission VERTICALE va de parent à descendant (reproduction) ; le transfert HORIZONTAL fait passer un gène entre organismes sans lien de descendance (entre bactéries, par exemple).

Révision active

On compare la séquence d'un gène de résistance à un antibiotique présent chez une bactérie pathogène avec les banques de données. Le même gène, quasi identique, est retrouvé chez une bactérie d'une espèce très éloignée vivant dans le même milieu, mais est absent chez les bactéries proches parentes de la pathogène. Proposer une explication à cette répartition, en nommant le mécanisme évolutif en jeu et en indiquant comment la comparaison de séquences permet de le mettre en évidence.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

Évolution des populations : sélection naturelle, dérive génétique et modèle de Hardy-Weinberg#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-svtLPBO-2019-svt-terminale-§Genetique-et-evolution

Damier de Hardy-Weinberg : génotypes des descendants

Damier de Hardy-Weinberg : génotypes des descendantsTableau de 3 colonnes et 2 lignes, Données: gamètes · A (p) · a (q); A (p) · AA (p²) · Aa (pq); a (q) · Aa (pq) · aa (q²)GAMÈTESA (P)A (Q)A (P)AA (p²)Aa (pq)A (Q)Aa (pq)aa (q²)f(AA) = p², f(Aa) = 2pq, f(aa) = q² ; p²+2pq+q² = 1.
Fig. 6Sous union au hasard des gamètes (fréquences p pour A, q pour a), les génotypes se répartissent en p² (AA), 2pq (Aa) et q² (aa).

Points clés

Une POPULATION est un ensemble d'individus d'une même espèce vivant dans un même lieu et se reproduisant entre eux. L'évolution se définit, à cette échelle, comme une MODIFICATION des FRÉQUENCES ALLÉLIQUES au fil des générations. Deux grands moteurs la produisent : la sélection naturelle (déterministe, orientée) et la dérive génétique (aléatoire).
SÉLECTION NATURELLE : les individus dont le phénotype confère un meilleur succès reproducteur (meilleure VALEUR SÉLECTIVE) dans un milieu donné transmettent davantage leurs allèles ; ces allèles voient leur fréquence AUGMENTER de génération en génération. C'est un processus ORIENTÉ par l'environnement, qui peut conduire à l'adaptation des populations (ex. résistance aux insecticides, mélanisme industriel).
DÉRIVE GÉNÉTIQUE : c'est la variation ALÉATOIRE des fréquences alléliques due au hasard de l'échantillonnage des gamètes d'une génération à l'autre. Elle agit dans TOUTES les populations mais ses effets sont d'autant plus IMPORTANTS que l'EFFECTIF est PETIT (un goulot d'étranglement peut faire disparaître ou fixer un allèle indépendamment de tout avantage). Dans une grande population, la dérive est négligeable ; dans une petite, elle peut l'emporter sur la sélection.
Modèle de HARDY-WEINBERG : pour un gène à deux allèles de fréquences ppp et qqq (avec p+q=1p + q = 1p+q=1), les fréquences des génotypes à l'ÉQUILIBRE valent p2p^2p2 (homozygote dominant), 2pq2pq2pq (hétérozygote) et q2q^2q2 (homozygote récessif), et restent CONSTANTES de génération en génération. Cet équilibre n'est atteint que sous des conditions strictes : population de taille infinie, panmixie (unions au hasard), pas de mutation, pas de migration, pas de sélection. C'est donc le MODÈLE NUL de l'absence d'évolution.
UTILISATION du modèle comme test : on calcule les fréquences génotypiques ATTENDUES sous Hardy-Weinberg, puis on les compare aux fréquences OBSERVÉES dans la population. Un écart significatif signifie qu'au moins une condition est violée : la population ÉVOLUE (sélection, dérive, migration…). Une concordance suggère au contraire l'absence de force évolutive détectable sur ce gène. Le modèle ne « prouve » pas l'évolution : il fournit la référence à laquelle on confronte le réel.
p+q=1p + q = 1p+q=1

Somme des fréquences alléliques (deux allèles)

Pour un gène à deux allèles, la fréquence ppp de l'allèle A et la fréquence qqq de l'allèle a se complètent : leur somme vaut 111.

p2+2pq+q2=1p^{2} + 2pq + q^{2} = 1p2+2pq+q2=1

Fréquences génotypiques à l'équilibre de Hardy-Weinberg

À l'équilibre, les génotypes AA, Aa et aa ont pour fréquences p2p^2p2, 2pq2pq2pq et q2q^2q2 ; leur somme vaut 111 (développement de (p+q)2(p+q)^2(p+q)2).

q=f(aa)=q2,p=1−qq = \sqrt{f(aa)} = \sqrt{q^{2}}, \qquad p = 1 - qq=f(aa)​=q2​,p=1−q

Estimation des fréquences alléliques à partir des homozygotes récessifs

La fréquence du génotype récessif aaaaaa vaut q2q^2q2 ; sa racine carrée donne qqq, et p=1−qp = 1 - qp=1−q s'en déduit (méthode classique d'estimation).

Dérive génétique : effet de la taille de population

Dérive génétique : effet de la taille de populationGraphique en courbes: fréquence de l'allèle selon génération, Données: petite population · 0: 0.5; petite population · 5: 0.42; petite population · 10: 0.55; petite population · 15: 0.34; petite population · 20: 0.4; petite population · 25: 0.22; petite population · 30: 0.28; petite population · 35: 0.12; petite population · 40: 0.05; petite population · 45: 0; petite population · 50: 0; grande population · 0: 0.5; grande population · 5: 0.51; grande population · 10: 0.49; grande population · 15: 0.5; grande population · 20: 0.52; grande population · 25: 0.49; grande population · 30: 0.5; grande population · 35: 0.51; grande population · 40: 0.49; grande population · 45: 0.5; grande population · 50: 0.500.20.40.60.8105101520253035404550fréquence de l'allèlegénérationpetite populationgrande population
Fig. 7Évolution simulée de la fréquence d'un allèle neutre : dans une petite population la dérive est forte (l'allèle peut être perdu ou fixé) ; dans une grande population la fréquence reste proche de 0,5.
Exemple corrigé

Tester l'évolution d'une population avec le modèle de Hardy-Weinberg

On étudie un gène à deux allèles A (dominant) et a (récessif) dans une population de 100010001000 adultes. On dénombre les génotypes : 640640640 individus AA, 320320320 individus Aa et 404040 individus aa. 1) Calculer les fréquences alléliques observées ppp (de A) et qqq (de a). 2) Calculer les effectifs ATTENDUS de chaque génotype sous l'hypothèse de Hardy-Weinberg. 3) Comparer aux effectifs observés et conclure quant à une éventuelle évolution.

  1. 01Calculer les fréquences alléliques observées

    Chaque AA porte deux allèles A, chaque Aa un A et un a, chaque aa deux a. Sur 100010001000 individus, il y a 200020002000 allèles. On compte les A : 2×640+320=16002\times 640 + 320 = 16002×640+320=1600, d'où ppp ; puis q=1−pq = 1 - pq=1−p.

    p=2×640+3202000=16002000=0,8;q=1−0,8=0,2p = \frac{2\times 640 + 320}{2000} = \frac{1600}{2000} = 0{,}8 \quad ; \quad q = 1 - 0{,}8 = 0{,}2p=20002×640+320​=20001600​=0,8;q=1−0,8=0,2
  2. 02Calculer les fréquences génotypiques attendues

    Sous Hardy-Weinberg, les fréquences attendues sont p2p^2p2 (AA), 2pq2pq2pq (Aa) et q2q^2q2 (aa).

    p2=0,64,2pq=2×0,8×0,2=0,32,q2=0,04p^{2} = 0{,}64,\quad 2pq = 2\times 0{,}8\times 0{,}2 = 0{,}32,\quad q^{2} = 0{,}04p2=0,64,2pq=2×0,8×0,2=0,32,q2=0,04
  3. 03Convertir en effectifs attendus

    On multiplie chaque fréquence attendue par l'effectif total 100010001000.

    AA:640,Aa:320,aa:40AA : 640,\qquad Aa : 320,\qquad aa : 40AA:640,Aa:320,aa:40
  4. 04Comparer observé et attendu

    Les effectifs observés (640640640 ; 320320320 ; 404040) coïncident exactement avec les effectifs attendus sous Hardy-Weinberg (640640640 ; 320320320 ; 404040).

  5. 05Conclure

    L'absence d'écart entre observé et attendu est compatible avec un équilibre de Hardy-Weinberg : sur ce gène, on ne détecte AUCUNE force évolutive (ni sélection, ni dérive notable, ni migration). La population n'apparaît pas en évolution pour ce gène — au moins sur cette génération.

Résultat : Fréquences alléliques p=0,8p = 0{,}8p=0,8 et q=0,2q = 0{,}2q=0,2. Effectifs attendus sous Hardy-Weinberg : 640640640 AA, 320320320 Aa, 404040 aa, identiques aux observés : la population est à l'équilibre pour ce gène, donc aucune évolution détectable. (Un écart marqué aurait au contraire signalé l'action d'une force évolutive.)

Schritt-für-Schritt Erklärung5 Schritte
  1. 1

    On part d'un gène à deux allèles : A de fréquence p et a de fréquence q, avec p plus q égal à 1. La question : comment se répartissent les génotypes à la génération suivante si rien ne perturbe la population ?

    p+q=1p + q = 1p+q=1
  2. 2

    Sous panmixie — des unions au hasard — les gamètes A et a se rencontrent au hasard. Le damier de croisement combine chaque gamète mâle avec chaque gamète femelle, pondérés par leurs fréquences p et q.

    Damier de Hardy-Weinberg

    Damier de Hardy-WeinbergTableau de 3 colonnes et 2 lignes, Données: gamètes · A (p) · a (q); A (p) · AA (p²) · Aa (pq); a (q) · Aa (pq) · aa (q²)GAMÈTESA (P)A (Q)A (P)AA (p²)Aa (pq)A (Q)Aa (pq)aa (q²)Union au hasard des gamètes (panmixie) : génotypes p², 2pq,q².
    Abb.Sous panmixie, les gamètes A (p) et a (q) s'unissent au hasard : chaque case du damier est pondérée par les fréquences p et q.
  3. 3

    On lit les fréquences génotypiques : p au carré pour AA, deux p q pour Aa (deux cases du damier), q au carré pour aa. Leur somme vaut p plus q, le tout au carré, c'est-à-dire 1.

    p2+2pq+q2=(p+q)2=1p^{2} + 2pq + q^{2} = (p+q)^{2} = 1p2+2pq+q2=(p+q)2=1
  4. 4

    Ces fréquences restent constantes de génération en génération : c'est l'équilibre de Hardy-Weinberg, le modèle de l'absence d'évolution. Il n'est valable que sous cinq conditions : effectif infini, panmixie, pas de mutation, pas de migration, pas de sélection.

    f(AA)=p2,f(Aa)=2pq,f(aa)=q2f(AA) = p^{2},\quad f(Aa) = 2pq,\quad f(aa) = q^{2}f(AA)=p2,f(Aa)=2pq,f(aa)=q2
  5. 5

    On s'en sert comme test : on compare les fréquences observées aux fréquences attendues. Un écart significatif signifie qu'une condition est violée — la population évolue, sous l'effet de la sélection naturelle ou de la dérive génétique.

    Dérive génétique en petite population

    La fréquence d'un allèle neutre dérive d'autant plus vite que la population est petite, jusqu'à la perte ou la fixation.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : appliquer le modèle de Hardy-Weinberg — estimer qqq à partir de la fréquence des homozygotes récessifs (q=q2q = \sqrt{q^2}q=q2​), en déduire ppp, puis calculer les fréquences génotypiques attendues p2p^2p2, 2pq2pq2pq, q2q^2q2 et les comparer aux fréquences observées pour TESTER l'hypothèse d'absence d'évolution.
  • Objectif Bac : argumenter, à partir de données, le rôle respectif de la sélection naturelle (orientée par la valeur sélective) et de la dérive génétique (aléatoire, d'autant plus forte que la population est petite) dans l'évolution des fréquences alléliques d'une population.

Erreurs fréquentes

  • Croire que Hardy-Weinberg « démontre » l'évolution : c'est l'inverse — c'est le modèle de l'ABSENCE d'évolution (modèle nul). On l'utilise comme référence : c'est l'ÉCART entre observé et attendu qui révèle une évolution.
  • Confondre fréquence ALLÉLIQUE (ppp, qqq) et fréquence GÉNOTYPIQUE (p2p^2p2, 2pq2pq2pq, q2q^2q2), ou oublier le facteur 222 des hétérozygotes : la fréquence des hétérozygotes est 2pq2pq2pq, pas pqpqpq.
  • Penser que la dérive ne touche que les petites populations : elle agit dans TOUTES les populations, mais ses effets ne deviennent visibles (et peuvent l'emporter sur la sélection) que lorsque l'effectif est faible.

Révision active

Dans une population humaine de 10 00010\,00010000 personnes, on observe 400400400 individus atteints d'une maladie autosomique récessive. En supposant la population à l'équilibre de Hardy-Weinberg pour ce gène : 1) calculer la fréquence qqq de l'allèle récessif et la fréquence ppp de l'allèle dominant ; 2) calculer la proportion d'individus hétérozygotes (porteurs sains) ; 3) en déduire le nombre attendu de porteurs sains dans cette population.

Rappel actif

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§ 05

Espèce, spéciation et diversification du vivant#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-svtLPBO-2019-svt-terminale-§Genetique-et-evolution

Spéciation : divergence puis isolement reproductif

Spéciation : divergence puis isolement reproductifGraphe, Population ancestrale → Isolement (barrière géographique), Isolement (barrière géographique) → Population A, Isolement (barrière géographique) → Population B, Population A → Espèce A, Population B → Espèce BPopulationancestraleIsolement(barrièregéographique)Population APopulation BEspèce AEspèce Bdivergenceisolementreproductif
Fig. 8Une population ancestrale séparée par une barrière diverge en deux populations ; l'accumulation de différences aboutit à un isolement reproductif et à deux espèces distinctes.

Points clés

DÉFINITION BIOLOGIQUE de l'espèce : un ensemble d'individus interféconds (capables de se reproduire entre eux) et dont la descendance est elle-même féconde, et qui sont isolés des autres groupes sur le plan reproducteur. Cette définition par l'INTERFÉCONDITÉ est opérationnelle mais a des LIMITES : elle ne s'applique pas aux organismes à reproduction asexuée (bactéries), aux fossiles, et bute sur les cas d'hybridation entre espèces voisines.
ISOLEMENT REPRODUCTEUR : c'est l'ensemble des barrières qui empêchent ou réduisent les échanges de gènes entre populations. Ces barrières peuvent être géographiques (séparation physique), écologiques, temporelles (périodes de reproduction décalées), comportementales (parades différentes) ou génétiques (descendants hybrides stériles, comme le mulet). L'apparition d'un isolement reproducteur est l'étape clé de la formation d'une nouvelle espèce.
SPÉCIATION : c'est le processus de formation de nouvelles espèces. Schéma typique : une population se scinde, les deux sous-populations divergent génétiquement (sous l'effet de la sélection, de la dérive et de mutations propres à chacune), jusqu'à ce qu'un isolement reproducteur s'installe — elles ne peuvent plus se reproduire entre elles et constituent alors deux espèces distinctes. La dérive génétique joue un rôle d'autant plus marqué que les populations isolées sont de petite taille.
L'ESPÈCE, catégorie INSTABLE dans le temps : une espèce n'est pas une entité figée mais une étape dans un processus continu. Les populations qui la composent évoluent en permanence ; au cours du temps, une espèce peut se transformer, se scinder en plusieurs espèces, ou s'éteindre. La frontière entre deux espèces récemment séparées est souvent floue (zones d'hybridation), ce qui illustre le caractère graduel de la spéciation.
DIVERSIFICATION : la SÉLECTION SEXUELLE (choix du partenaire, compétition pour la reproduction) favorise certains caractères liés au succès reproducteur et peut accentuer la divergence entre populations. La COÉVOLUTION (évolution conjointe de deux espèces en interaction, par exemple une plante et son pollinisateur) est une autre source de diversification du vivant, sans nécessairement passer par de nouvelles espèces.
DIVERSIFICATION SANS MODIFICATION DU GÉNOME : le programme insiste sur le fait que des innovations apparaissent SANS changement de la séquence d'ADN. Trois mécanismes au programme : les ASSOCIATIONS non héréditaires (symbioses, ex. lichen = champignon + algue ; flore intestinale), qui confèrent de nouveaux caractères sans toucher au génome ; la TRANSMISSION COMPORTEMENTALE et CULTURELLE par apprentissage (chant des oiseaux, usage d'outils, cultures animales et humaines) ; et les modifications de l'EXPRESSION des gènes du développement — un changement de POSITION ou de CHRONOLOGIE d'expression (HÉTÉROCHRONIE) suffit à diversifier les formes (ex. l'Homme et le chimpanzé diffèrent surtout par la chronologie d'expression de gènes quasi identiques).
Exemple corrigé

Reconstituer un scénario de spéciation et discuter la notion d'espèce

Deux populations de souris, initialement issues d'une même population, ont été séparées par un fleuve nouvellement formé. Après un long isolement, on les remet en contact : les croisements en laboratoire entre individus des deux populations ne donnent plus de descendants viables. 1) Décrire les étapes ayant conduit à cette situation. 2) Préciser la nature de l'isolement reproducteur. 3) Indiquer s'il s'agit d'une ou de deux espèces, en discutant la définition utilisée.

  1. 01Étape 1 — séparation de la population

    La formation du fleuve scinde la population ancestrale en deux sous-populations qui ne peuvent plus échanger de gènes : c'est un isolement GÉOGRAPHIQUE initial, qui interrompt le brassage des allèles entre les deux groupes.

  2. 02Étape 2 — divergence génétique

    Au fil des générations, chaque sous-population accumule ses propres mutations et voit ses fréquences alléliques évoluer indépendamment, sous l'effet de la sélection naturelle (milieux différents de part et d'autre du fleuve) et de la dérive génétique. Les deux groupes DIVERGENT génétiquement.

  3. 03Étape 3 — isolement reproducteur

    La divergence est devenue telle que les croisements ne donnent plus de descendants viables : un isolement reproducteur de nature GÉNÉTIQUE (incompatibilité des génomes) s'est installé, indépendamment du fleuve.

  4. 04Conclusion sur la notion d'espèce

    Selon la définition biologique (interfécondité avec descendance féconde), les deux populations ne sont plus interfécondes : elles constituent désormais DEUX espèces distinctes. On a observé une spéciation. On rappelle que cette définition a des limites (asexués, fossiles, hybridations partielles) et que l'espèce reste une catégorie instable dans le temps.

Résultat : La séquence « séparation géographique → divergence génétique (sélection + dérive + mutations) → isolement reproducteur génétique » décrit une spéciation. Les deux populations n'étant plus interfécondes, elles forment deux espèces au sens biologique — une frontière dont on souligne le caractère graduel et la définition limitée.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : discuter la notion d'espèce — savoir énoncer la définition par l'interfécondité ET ses limites (asexués, fossiles, hybrides), et identifier sur un exemple le type d'isolement reproducteur (géographique, temporel, comportemental, génétique).
  • Objectif Bac : reconstituer un scénario de spéciation à partir de données (séparation d'une population, divergence par dérive/sélection, apparition d'un isolement reproducteur) et l'argumenter, en mobilisant éventuellement une phylogénie.
  • Objectif Bac : à partir d'exemples (symbiose, transmission d'un comportement appris, comparaison Homme/chimpanzé), montrer qu'une diversification du vivant peut survenir SANS modification du génome (association non héréditaire, transmission culturelle, modification de l'expression de gènes du développement / hétérochronie).

Erreurs fréquentes

  • Considérer l'espèce comme une catégorie fixe et intemporelle : c'est une étape INSTABLE d'un processus continu — les populations évoluent en permanence, et la frontière entre espèces récemment séparées est souvent floue.
  • Réduire l'isolement reproducteur à la seule séparation géographique : il existe aussi des isolements écologique, temporel, comportemental et génétique (hybrides stériles), qui peuvent persister même sans barrière physique.
  • Confondre spéciation et simple variation : observer des différences entre deux populations ne suffit pas à conclure à deux espèces — il faut établir l'existence d'un ISOLEMENT REPRODUCTEUR entre elles.
  • Croire que toute diversification suppose un changement du génome : une symbiose, un comportement transmis par apprentissage ou un simple changement de chronologie d'expression d'un gène (hétérochronie) diversifient le vivant SANS modifier la séquence de l'ADN.

Révision active

Deux populations d'une même espèce d'oiseaux sont séparées par la formation d'un bras de mer pendant plusieurs milliers d'années. Lorsqu'elles entrent à nouveau en contact, on observe que les mâles des deux groupes ont des chants de parade très différents et que les individus ne se reproduisent plus entre eux. À l'aide de ces informations, expliquer comment a pu se produire une spéciation, en précisant la nature de l'isolement reproducteur et en justifiant qu'il s'agit désormais de deux espèces.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Origine du génotype des individus : méiose, fécondation et brassages génétiques○
    • 02Croisements-tests, distance génétique et anomalies de la méiose◐
    • 03Mutations, réparation de l'ADN et complexification des génomes◐
    • 04Évolution des populations : sélection naturelle, dérive génétique et modèle de Hardy-Weinberg●
    • 05Espèce, spéciation et diversification du vivant●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Génétique et évolution

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

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Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019)

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