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Suites numériques

Une suite est une fonction de ℕ dans ℝ : ce thème en construit toute l'analyse, des propriétés générales (monotonie, majoration, bornitude) aux deux modèles fondamentaux que sont les suites arithmétiques et géométriques. On y forge l'outil de démonstration central du programme — le raisonnement par récurrence — puis on étudie le comportement asymptotique : limites, opérations, théorèmes de comparaison, comportement de q^n et théorème de la limite monotone. L'algorithmique (Python) accompagne chaque étude : calcul de termes, recherche de seuil, sommes.

5 sections·~22 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·0111 / 12
Profil d’examen
Manipuler une suite définie explicitement ou par récurrence ; conjecturer une expression, une monotonie ou une limite, puis la démontrer.Démontrer par récurrence une propriété portant sur un entier naturel (initialisation et hérédité rédigées rigoureusement).Modéliser une situation par une suite arithmétique ou géométrique et calculer une somme de termes consécutifs.Déterminer la limite d'une suite par opérations, comparaison ou encadrement, et exploiter le théorème de la limite monotone.
Opérateurs :démontrerétudiercalculermodéliserencadrerconjecturerjustifierinterpréterprogrammer

niveau de base

Maîtriser d'abord les formules des suites arithmétiques et géométriques, le mécanisme de la récurrence et le comportement de q^n : ces automatismes sont au cœur de presque tous les sujets de spécialité.

niveau approfondi

Approfondir les preuves exigibles (rédaction complète d'une récurrence, comportement de qnq^nqn via l'inégalité de Bernoulli, convergence par limite monotone) et savoir conduire un raisonnement à prise d'initiative reliant seuil algorithmique et limite ; les croissances comparées sont un prolongement utile, rattaché au programme à la fonction exponentielle.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Suites numériques
    • 01Définitions et propriétés générales : monotonie, majoration, bornitude○
    • 02Suites arithmétiques et géométriques : formes, sommes, modélisation◐
    • 03Le raisonnement par récurrence : méthode et rédaction◐
    • 04Limites de suites : définitions, opérations, comparaison et théorème des gendarmes●
    • 05Convergence : limite monotone, suites géométriques, seuils et algorithmes Python●
§ 01

Définitions et propriétés générales : monotonie, majoration, bornitude#

●○○BaseLPBO-2019-spe-maths-terminale-§Suites

Vocabulaire d'une suite : majorant, minorant, monotonie

Graphe de fonction, (uₙ) croissante = 2.3 - 1.5*0.6^x, 5 points marquésCourbe de (uₙ) croissante, ordonnée à l’origine y = 0.8, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 5123450.511.522.53u0u1u2u3u4y = M (majorant)y = m (minorant)(uₙ) croissanten
Fig. 1Une suite croissante majorée : tous les points (n,un)(n,u_n)(n,un​) montent et restent sous la droite y=My=My=M, au-dessus de y=my=my=m.

Points clés

Une suite numérique (un)(u_n)(un​) est une fonction de N\mathbb{N}N (ou d'une partie {n≥n0}\{n \ge n_0\}{n≥n0​}) dans R\mathbb{R}R : à chaque entier nnn elle associe le réel unu_nun​, appelé terme de rang nnn. On la définit soit de façon explicite (un=f(n)u_n = f(n)un​=f(n), où le terme se calcule directement à partir de nnn), soit par récurrence (un premier terme u0u_0u0​ et une relation un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n)un+1​=f(un​) qui calcule chaque terme à partir du précédent).
Sens de variation (monotonie) : (un)(u_n)(un​) est croissante lorsque un+1≥unu_{n+1} \ge u_nun+1​≥un​ pour tout nnn, décroissante lorsque un+1≤unu_{n+1} \le u_nun+1​≤un​ pour tout nnn, et constante si un+1=unu_{n+1} = u_nun+1​=un​. On l'étudie en trois méthodes : signe de la différence un+1−unu_{n+1} - u_nun+1​−un​ ; pour une suite à termes strictement positifs, comparaison du quotient un+1un\dfrac{u_{n+1}}{u_n}un​un+1​​ à 111 ; ou, si un=f(n)u_n = f(n)un​=f(n), sens de variation de la fonction fff associée sur [0 ;+∞[[0\,;+\infty[[0;+∞[.
Suite majorée : il existe un réel MMM tel que un≤Mu_n \le Mun​≤M pour tout nnn (MMM est un majorant). Suite minorée : il existe mmm tel que un≥mu_n \ge mun​≥m pour tout nnn (mmm est un minorant). Une suite à la fois majorée et minorée est dite bornée : il existe alors un réel K≥0K \ge 0K≥0 tel que ∣un∣≤K|u_n| \le K∣un​∣≤K pour tout nnn.
Attention à la quantification : un majorant doit convenir pour TOUS les rangs, pas seulement pour les premiers termes. Une suite croissante est automatiquement minorée par son premier terme u0u_0u0​ ; une suite décroissante est majorée par u0u_0u0​. Conjecturer monotonie et bornes à la calculatrice ou en Python est utile, mais ne remplace jamais la démonstration.
un+1−un>0  ⇒  (un) strictement croissanteu_{n+1} - u_n > 0 \;\Rightarrow\; (u_n)\ \text{strictement croissante}un+1​−un​>0⇒(un​) strictement croissante

Critère par la différence

On calcule et on étudie le SIGNE de la différence un+1−unu_{n+1}-u_nun+1​−un​ pour tout nnn : positif partout donne une suite croissante, négatif partout une suite décroissante.

un>0 pour tout n,un+1un>1  ⇒  (un) strictement croissanteu_n > 0 \ \text{pour tout } n,\quad \frac{u_{n+1}}{u_n} > 1 \;\Rightarrow\; (u_n)\ \text{strictement croissante}un​>0 pour tout n,un​un+1​​>1⇒(un​) strictement croissante

Critère par le quotient (termes strictement positifs)

Quand tous les termes sont strictement positifs, comparer le quotient un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n}un​un+1​​ à 111 est souvent plus simple que la différence — un quotient >1>1>1 traduit une suite croissante.

(un) borneˊe  ⟺  ∃ m,M∈R, ∀n, m≤un≤M  ⟺  ∃ K≥0, ∀n, ∣un∣≤K(u_n)\ \text{bornée} \iff \exists\, m, M \in \mathbb{R},\ \forall n,\ m \le u_n \le M \iff \exists\, K \ge 0,\ \forall n,\ |u_n| \le K(un​) borneˊe⟺∃m,M∈R, ∀n, m≤un​≤M⟺∃K≥0, ∀n, ∣un​∣≤K

Suite bornée

Une suite est bornée si et seulement si elle est à la fois majorée et minorée ; cela équivaut à l'existence d'un seuil KKK qui borne sa valeur absolue.

Nuage de points d'une suite définie par récurrence : u₀ = 1, uₙ₊₁ = 0,8 uₙ + 1

Fig. 2Les points (n, uₙ) montent puis se stabilisent : la suite est croissante et majorée par 5 (sa limite). Tracer le nuage est la première étape pour conjecturer monotonie et bornes.
Exemple corrigé

Sens de variation par la fonction associée

On considère la suite (un)(u_n)(un​) définie pour tout entier naturel nnn par un=nn+1u_n = \dfrac{n}{n+1}un​=n+1n​. Étudier son sens de variation, puis montrer qu'elle est majorée par 111.

  1. 01Calculer la différence

    On forme un+1−unu_{n+1}-u_nun+1​−un​ et on met au même dénominateur.

    un+1−un=n+1n+2−nn+1=(n+1)2−n(n+2)(n+2)(n+1)=1(n+1)(n+2)u_{n+1}-u_n = \frac{n+1}{n+2}-\frac{n}{n+1} = \frac{(n+1)^2 - n(n+2)}{(n+2)(n+1)} = \frac{1}{(n+1)(n+2)}un+1​−un​=n+2n+1​−n+1n​=(n+2)(n+1)(n+1)2−n(n+2)​=(n+1)(n+2)1​
  2. 02Conclure sur la monotonie

    Pour tout entier n≥0n \ge 0n≥0, le numérateur vaut 1>01>01>0 et le dénominateur (n+1)(n+2)>0(n+1)(n+2)>0(n+1)(n+2)>0, donc un+1−un>0u_{n+1}-u_n>0un+1​−un​>0. La suite est strictement croissante.

  3. 03Majorer la suite

    Comme n<n+1n < n+1n<n+1, on a un=nn+1<1u_n = \dfrac{n}{n+1} < 1un​=n+1n​<1 pour tout nnn. La suite est donc majorée par 111.

    ∀n∈N,0≤un=nn+1<1\forall n \in \mathbb{N},\quad 0 \le u_n = \frac{n}{n+1} < 1∀n∈N,0≤un​=n+1n​<1

Résultat : La suite (un)(u_n)(un​) est strictement croissante et majorée par 111 ; elle est aussi minorée par u0=0u_0=0u0​=0, donc bornée.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : justifier proprement le sens de variation d'une suite en choisissant la bonne méthode (différence, quotient, ou fonction associée) et en concluant par une phrase quantifiée « pour tout entier nnn ».
  • Objectif Bac : reconnaître et exploiter qu'une suite croissante est minorée par u0u_0u0​ (et qu'une décroissante est majorée par u0u_0u0​) ; produire un majorant ou un minorant explicite et vérifier qu'il convient pour TOUS les rangs.

Erreurs fréquentes

  • Conclure une monotonie à partir des seuls premiers termes : observer u0<u1<u2u_0 < u_1 < u_2u0​<u1​<u2​ ne prouve rien ; il faut établir le signe de un+1−unu_{n+1}-u_nun+1​−un​ (ou le quotient) pour TOUT nnn.
  • Confondre « majorée » et « convergente » : une suite peut être majorée sans converger (par exemple un=(−1)nu_n=(-1)^nun​=(−1)n est bornée mais diverge) ; la majoration seule ne suffit pas, il faut aussi la monotonie.

Révision active

Soit (un)(u_n)(un​) définie par u0=2u_0=2u0​=2 et un+1=un+6u_{n+1}=\sqrt{u_n+6}un+1​=un​+6​. Conjecturer à la calculatrice sa monotonie et une borne, puis étudier le signe de un+1−unu_{n+1}-u_nun+1​−un​ (ou de f(x)−xf(x)-xf(x)−x avec f(x)=x+6f(x)=\sqrt{x+6}f(x)=x+6​) pour justifier le sens de variation.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

Suites arithmétiques et géométriques : formes, sommes, modélisation#

●●○StandardLPBO-2019-spe-maths-terminale-§Suites

Arithmétique vs géométrique : deux modes d'évolution

Graphique en courbes: uₙ selon n, 10 valeurs (maximum 16)Graphique en courbes: uₙ selon n, Données: Arithmétique (+r) · 0: 1; Arithmétique (+r) · 1: 2; Arithmétique (+r) · 2: 3; Arithmétique (+r) · 3: 4; Arithmétique (+r) · 4: 5; Géométrique (×q) · 0: 1; Géométrique (×q) · 1: 2; Géométrique (×q) · 2: 4; Géométrique (×q) · 3: 8; Géométrique (×q) · 4: 16024681012141601234uₙnArithmétique (+r)Géométrique (×q)
Fig. 3À gauche, on AJOUTE la raison rrr (croissance régulière, points alignés) ; à droite, on MULTIPLIE par la raison q>1q>1q>1 (croissance qui s'accélère).

Points clés

Suite arithmétique de raison rrr : on passe d'un terme au suivant en AJOUTANT toujours le même réel rrr, donc un+1=un+ru_{n+1}=u_n+run+1​=un​+r. Forme explicite à partir du rang 000 : un=u0+n ru_n=u_0+n\,run​=u0​+nr ; plus généralement un=up+(n−p) ru_n=u_p+(n-p)\,run​=up​+(n−p)r. Son sens de variation ne dépend que du signe de rrr : croissante si r>0r>0r>0, décroissante si r<0r<0r<0, constante si r=0r=0r=0. Les points (n,un)(n,u_n)(n,un​) sont alignés (croissance linéaire).
Suite géométrique de raison qqq : on passe d'un terme au suivant en MULTIPLIANT toujours par le même réel qqq, donc un+1=q unu_{n+1}=q\,u_nun+1​=qun​. Forme explicite : un=u0 q nu_n=u_0\,q^{\,n}un​=u0​qn ; plus généralement un=up q n−pu_n=u_p\,q^{\,n-p}un​=up​qn−p. Avec u0>0u_0>0u0​>0 et q>0q>0q>0, la suite croît si q>1q>1q>1, décroît si 0<q<10<q<10<q<1, est constante si q=1q=1q=1 (croissance exponentielle).
Somme des premiers entiers : 0+1+2+⋯+n=n(n+1)20+1+2+\dots+n=\dfrac{n(n+1)}{2}0+1+2+⋯+n=2n(n+1)​. Somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique : « nombre de termes ×\times× moyenne du premier et du dernier », soit ∑k=0nuk=(n+1) u0+un2\displaystyle\sum_{k=0}^{n}u_k=(n+1)\,\dfrac{u_0+u_n}{2}k=0∑n​uk​=(n+1)2u0​+un​​.
Somme d'une suite géométrique de raison q≠1q\neq 1q=1 : 1+q+q2+⋯+qn=1−q n+11−q1+q+q^2+\dots+q^{n}=\dfrac{1-q^{\,n+1}}{1-q}1+q+q2+⋯+qn=1−q1−qn+1​, d'où pour des termes uk=u0qku_k=u_0 q^kuk​=u0​qk on a ∑k=0nuk=u0 1−q n+11−q\displaystyle\sum_{k=0}^{n}u_k=u_0\,\dfrac{1-q^{\,n+1}}{1-q}k=0∑n​uk​=u0​1−q1−qn+1​. Modéliser : une évolution à PAS CONSTANT (intérêts fixes, ajout d'une quantité) est arithmétique ; une évolution à TAUX CONSTANT (augmentation de t%t\%t%, multiplication par 1+t1001+\tfrac{t}{100}1+100t​) est géométrique.
Arithmeˊtique :un+1=un+r⟺un=u0+n r=up+(n−p) r\text{Arithmétique :}\quad u_{n+1}=u_n+r \quad\Longleftrightarrow\quad u_n=u_0+n\,r=u_p+(n-p)\,rArithmeˊtique :un+1​=un​+r⟺un​=u0​+nr=up​+(n−p)r

Suite arithmétique — récurrente et explicite

On ajoute la raison rrr à chaque rang : le terme général est une fonction affine de nnn.

Geˊomeˊtrique :un+1=q un⟺un=u0 q n=up q n−p\text{Géométrique :}\quad u_{n+1}=q\,u_n \quad\Longleftrightarrow\quad u_n=u_0\,q^{\,n}=u_p\,q^{\,n-p}Geˊomeˊtrique :un+1​=qun​⟺un​=u0​qn=up​qn−p

Suite géométrique — récurrente et explicite

On multiplie par la raison qqq à chaque rang : le terme général est une exponentielle discrète u0qnu_0 q^nu0​qn.

∑k=0nk=0+1+2+⋯+n=n(n+1)2\sum_{k=0}^{n} k = 0+1+2+\dots+n = \frac{n(n+1)}{2}k=0∑n​k=0+1+2+⋯+n=2n(n+1)​

Somme des premiers entiers

Résultat clé, base du calcul d'une somme arithmétique et exigible.

∑k=0nqk=1+q+q2+⋯+qn=1−q n+11−q(q≠1)\sum_{k=0}^{n} q^{k} = 1+q+q^2+\dots+q^{n} = \frac{1-q^{\,n+1}}{1-q}\quad (q\neq 1)k=0∑n​qk=1+q+q2+⋯+qn=1−q1−qn+1​(q=1)

Somme géométrique

Somme de n+1n+1n+1 termes d'une suite géométrique de premier terme 111 et de raison q≠1q\neq 1q=1.

Comparaison : arithmétique uₙ = 2 + 1,5n vs géométrique vₙ = 2 × 1,5ⁿ

Fig. 4Même premier terme 2 : l'arithmétique (raison 1,5 ajoutée) progresse en ligne droite, la géométrique (raison 1,5 multipliée) décolle. Ici les valeurs tracées sont celles de la suite géométrique vₙ.
Exemple corrigé

Modélisation géométrique et somme de termes

Une population de 800080008000 habitants augmente de 2,5%2{,}5\%2,5% chaque année. On note PnP_nPn​ la population au bout de nnn années, avec P0=8000P_0=8000P0​=8000. Exprimer PnP_nPn​, calculer P5P_5P5​ arrondi à l'unité, puis la somme P0+P1+⋯+P5P_0+P_1+\dots+P_5P0​+P1​+⋯+P5​ (population cumulée sur six relevés).

  1. 01Identifier la suite

    Augmenter de 2,5%2{,}5\%2,5% revient à multiplier par 1+2,5100=1,0251+\frac{2{,}5}{100}=1{,}0251+1002,5​=1,025. La suite (Pn)(P_n)(Pn​) est géométrique de premier terme 800080008000 et de raison q=1,025q=1{,}025q=1,025.

    Pn=8000×1,025 nP_n = 8000 \times 1{,}025^{\,n}Pn​=8000×1,025n
  2. 02Calculer P5

    On applique la forme explicite avec n=5n=5n=5.

    P5=8000×1,0255≈8000×1,131408≈9051P_5 = 8000 \times 1{,}025^{5} \approx 8000 \times 1{,}131408 \approx 9051P5​=8000×1,0255≈8000×1,131408≈9051
  3. 03Sommer les six termes

    La somme de P0P_0P0​ à P5P_5P5​ contient 666 termes (n+1n+1n+1 avec n=5n=5n=5). On utilise la formule géométrique.

    ∑k=05Pk=8000 1−1,02561−1,025=8000 1,0256−10,025≈51102\sum_{k=0}^{5} P_k = 8000\,\frac{1-1{,}025^{6}}{1-1{,}025} = 8000\,\frac{1{,}025^{6}-1}{0{,}025} \approx 51102k=0∑5​Pk​=80001−1,0251−1,0256​=80000,0251,0256−1​≈51102

Résultat : Pn=8000×1,025nP_n = 8000\times1{,}025^nPn​=8000×1,025n, P5≈9051P_5\approx 9051P5​≈9051 habitants, et la population cumulée sur les six relevés vaut environ 51 10251\,10251102.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : reconnaître la nature d'une suite (montrer qu'une différence un+1−unu_{n+1}-u_nun+1​−un​ est constante, ou qu'un quotient un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n}un​un+1​​ est constant) puis donner sa forme explicite et calculer un terme de grand rang.
  • Objectif Bac : calculer une somme de termes consécutifs avec la bonne formule (arithmétique ou géométrique) en identifiant correctement le nombre de termes, le premier et le dernier — erreur de comptage très pénalisée.

Erreurs fréquentes

  • Se tromper sur le nombre de termes : la somme u0+u1+⋯+unu_0+u_1+\dots+u_nu0​+u1​+⋯+un​ comporte n+1n+1n+1 termes, pas nnn ; oublier ce « +1+1+1 » fausse aussitôt le résultat.
  • Appliquer la formule géométrique avec q=1q=1q=1 : la formule 1−qn+11−q\frac{1-q^{n+1}}{1-q}1−q1−qn+1​ n'a de sens que pour q≠1q\neq 1q=1 (division par zéro sinon) ; si q=1q=1q=1 la somme vaut simplement (n+1) u0(n+1)\,u_0(n+1)u0​.

Révision active

Un capital de 150015001500 € est placé au taux annuel de 3%3\%3% à intérêts composés. Modéliser le capital CnC_nCn​ après nnn années par une suite géométrique, donner CnC_nCn​, calculer C10C_{10}C10​, puis le total des intérêts versés sur 101010 ans.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

Le raisonnement par récurrence : méthode et rédaction#

●●○StandardLPBO-2019-spe-maths-terminale-§Suites

Structure d'une démonstration par récurrence

Graphe, 3 nœuds, 2 arêtesGraphe, Initialisation : P(n₀) vraie → Hérédité : P(k) ⟹ P(k+1), Hérédité : P(k) ⟹ P(k+1) → Conclusion : P(n) vraie pour tout n ≥ n₀Initialisation :P(n₀) vraieHérédité : P(k)⟹ P(k+1)Conclusion :P(n) vraie pourtout n ≥ n₀
Fig. 5Les deux étapes indispensables — l'initialisation allume le premier domino, l'hérédité propage la chute à tous les suivants.

Points clés

Principe : pour démontrer qu'une propriété P(n)P(n)P(n) est vraie pour tout entier n≥n0n \ge n_0n≥n0​, il suffit de prouver deux choses. INITIALISATION : P(n0)P(n_0)P(n0​) est vraie (souvent n0=0n_0=0n0​=0 ou 111). HÉRÉDITÉ : pour un entier k≥n0k \ge n_0k≥n0​ quelconque, SI P(k)P(k)P(k) est vraie ALORS P(k+1)P(k+1)P(k+1) est vraie. CONCLUSION : par le principe de récurrence, P(n)P(n)P(n) est vraie pour tout n≥n0n \ge n_0n≥n0​.
Image mentale : une rangée infinie de dominos. L'initialisation fait tomber le premier domino ; l'hérédité garantit que chaque domino fait tomber le suivant. Les deux ensemble font tomber TOUS les dominos. Aucune des deux étapes ne peut être omise.
Rédaction attendue : annoncer la propriété P(n)P(n)P(n) avec précision (« Montrons par récurrence que pour tout nnn, P(n)P(n)P(n) : … »). Dans l'hérédité, énoncer clairement l'HYPOTHÈSE DE RÉCURRENCE (« Supposons P(k)P(k)P(k) vraie pour un entier kkk fixé »), puis démontrer P(k+1)P(k+1)P(k+1) en s'en servant explicitement. Terminer par la conclusion qui invoque le principe de récurrence.
Usages typiques au programme : démontrer une forme explicite conjecturée (un=…u_n=\dotsun​=…), une inégalité (un≥0u_n \ge 0un​≥0, un≤3u_n \le 3un​≤3, une borne), une monotonie, ou une propriété arithmétique (divisibilité, par exemple 777 divise unu_nun​). La récurrence est l'outil exigible dès qu'une propriété porte sur « tout entier naturel » et que la suite est définie par récurrence.
[ P(n0) vraie ] et [ ∀k≥n0, P(k)⇒P(k+1) ] ⟹ ∀n≥n0, P(n) vraie\Big[\,P(n_0)\ \text{vraie}\,\Big]\ \text{et}\ \Big[\,\forall k \ge n_0,\ P(k)\Rightarrow P(k+1)\,\Big]\ \Longrightarrow\ \forall n \ge n_0,\ P(n)\ \text{vraie}[P(n0​) vraie] et [∀k≥n0​, P(k)⇒P(k+1)] ⟹ ∀n≥n0​, P(n) vraie

Principe de récurrence

Initialisation (P(n0)P(n_0)P(n0​)) plus hérédité (P(k)⇒P(k+1)P(k)\Rightarrow P(k+1)P(k)⇒P(k+1)) entraînent la vérité de P(n)P(n)P(n) pour tout n≥n0n \ge n_0n≥n0​.

Exemple corrigé

Récurrence : encadrement d'une suite récurrente

Soit (un)(u_n)(un​) définie par u0=2u_0=2u0​=2 et, pour tout entier nnn, un+1=12un+3u_{n+1}=\dfrac{1}{2}u_n+3un+1​=21​un​+3. Démontrer par récurrence que, pour tout entier naturel nnn, 2≤un≤62 \le u_n \le 62≤un​≤6.

  1. 01Énoncer la propriété

    On note P(n)P(n)P(n) la propriété « 2≤un≤62 \le u_n \le 62≤un​≤6 » et on la démontre par récurrence sur nnn.

  2. 02Initialisation

    Pour n=0n=0n=0 : u0=2u_0=2u0​=2, donc 2≤u0≤62 \le u_0 \le 62≤u0​≤6. La propriété P(0)P(0)P(0) est vraie.

  3. 03Hérédité — hypothèse

    Supposons P(k)P(k)P(k) vraie pour un entier kkk fixé, c'est-à-dire 2≤uk≤62 \le u_k \le 62≤uk​≤6. Montrons P(k+1)P(k+1)P(k+1), soit 2≤uk+1≤62 \le u_{k+1} \le 62≤uk+1​≤6.

  4. 04Hérédité — calcul

    La fonction x↦12x+3x\mapsto \frac{1}{2}x+3x↦21​x+3 est croissante ; on encadre donc uk+1u_{k+1}uk+1​ à partir de l'encadrement de uku_kuk​.

    2≤uk≤6  ⇒  1≤12uk≤3  ⇒  4≤12uk+3≤6  ⇒  4≤uk+1≤62 \le u_k \le 6 \;\Rightarrow\; 1 \le \tfrac{1}{2}u_k \le 3 \;\Rightarrow\; 4 \le \tfrac{1}{2}u_k+3 \le 6 \;\Rightarrow\; 4 \le u_{k+1} \le 62≤uk​≤6⇒1≤21​uk​≤3⇒4≤21​uk​+3≤6⇒4≤uk+1​≤6
  5. 05Conclure l'hérédité

    On a obtenu 4≤uk+1≤64 \le u_{k+1} \le 64≤uk+1​≤6, donc en particulier 2≤uk+1≤62 \le u_{k+1} \le 62≤uk+1​≤6 : P(k+1)P(k+1)P(k+1) est vraie. L'hérédité est établie.

  6. 06Conclusion

    Par le principe de récurrence, pour tout entier naturel nnn, 2≤un≤62 \le u_n \le 62≤un​≤6. La suite est donc bornée (minorée par 222, majorée par 666).

Résultat : Pour tout n∈Nn \in \mathbb{N}n∈N, 2≤un≤62 \le u_n \le 62≤un​≤6 : la suite est encadrée, donc bornée — un résultat exploitable ensuite par le théorème de la limite monotone.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : rédiger une récurrence COMPLÈTE et autonome — annonce de P(n)P(n)P(n), initialisation vérifiée, hérédité avec hypothèse de récurrence explicitement utilisée, conclusion. Les points sont répartis entre ces étapes ; une étape manquante en coûte.
  • Objectif Bac : démontrer par récurrence soit une forme explicite conjecturée, soit un encadrement servant ensuite à appliquer le théorème de la limite monotone — articulation très fréquente dans les sujets.

Erreurs fréquentes

  • Oublier (ou bâcler) l'initialisation : sans le premier domino, rien ne tombe. Une hérédité seule ne prouve RIEN ; il faut vérifier explicitement P(n0)P(n_0)P(n0​).
  • Ne pas utiliser l'hypothèse de récurrence dans l'hérédité : on doit partir de P(k)P(k)P(k) supposée vraie et s'en servir pour obtenir P(k+1)P(k+1)P(k+1) ; « re-démontrer » P(k+1)P(k+1)P(k+1) sans invoquer P(k)P(k)P(k) n'est pas une récurrence.

Révision active

Soit (un)(u_n)(un​) définie par u0=3u_0=3u0​=3 et un+1=2un−1u_{n+1}=2u_n-1un+1​=2un​−1. Conjecturer une expression de unu_nun​ de la forme A⋅2n+BA\cdot2^n+BA⋅2n+B, puis la démontrer par récurrence.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

Limites de suites : définitions, opérations, comparaison et théorème des gendarmes#

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Théorème des gendarmes

Graphe de fonction, wₙ (encadrée) = 2 - 0.5*exp(-0.6*x); uₙ = 2 - 1.2*exp(-0.5*x); vₙ = 2 + 1.5*exp(-0.5*x)Courbe de wₙ (encadrée), ordonnée à l’origine y = 1.5, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 8, Courbe de uₙ, ordonnée à l’origine y = 0.8, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 8, Courbe de vₙ, ordonnée à l’origine y = 3.5, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 8, asymptote horizontale en y = 2123456780.511.522.533.54y = ℓwₙ (encadrée)uₙvₙn
Fig. 6La suite wnw_nwn​ (au milieu) est encadrée par deux « gendarmes » unu_nun​ et vnv_nvn​ qui convergent tous deux vers ℓ\ellℓ : elle est contrainte d'y converger aussi.

Points clés

Limite finie : (un)(u_n)(un​) converge vers le réel ℓ\ellℓ (noté lim⁡n→+∞un=ℓ\lim_{n\to+\infty}u_n=\elllimn→+∞​un​=ℓ) lorsque tout intervalle ouvert contenant ℓ\ellℓ contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. Une suite qui admet une limite finie est dite CONVERGENTE ; toute suite qui n'est pas convergente est DIVERGENTE (limite infinie, ou pas de limite du tout, comme un=(−1)nu_n=(-1)^nun​=(−1)n). Une suite convergente est nécessairement bornée.
Limite infinie : lim⁡n→+∞un=+∞\lim_{n\to+\infty}u_n=+\inftylimn→+∞​un​=+∞ signifie que tout réel AAA est dépassé par les termes à partir d'un certain rang (de même pour −∞-\infty−∞). On utilise les limites de référence lim⁡n=lim⁡n2=lim⁡n=+∞\lim n=\lim n^2=\lim\sqrt{n}=+\inftylimn=limn2=limn​=+∞ et lim⁡1n=lim⁡1n2=0\lim\dfrac{1}{n}=\lim\dfrac{1}{n^2}=0limn1​=limn21​=0.
Opérations sur les limites : la limite d'une somme, d'un produit ou d'un quotient se calcule en combinant les limites des termes — SAUF dans les quatre formes indéterminées « +∞−∞+\infty-\infty+∞−∞ », « 0×∞0\times\infty0×∞ », « ∞∞\dfrac{\infty}{\infty}∞∞​ » et « 00\dfrac{0}{0}00​ », qu'il faut LEVER (factoriser par le terme dominant, simplifier, utiliser une expression conjuguée…).
Théorèmes de comparaison et théorème des gendarmes (encadrement). Comparaison : si un≤vnu_n \le v_nun​≤vn​ à partir d'un rang et un→+∞u_n\to+\inftyun​→+∞, alors vn→+∞v_n\to+\inftyvn​→+∞ ; si un≤vnu_n \le v_nun​≤vn​ et vn→−∞v_n\to-\inftyvn​→−∞, alors un→−∞u_n\to-\inftyun​→−∞. Théorème des gendarmes : si un≤wn≤vnu_n \le w_n \le v_nun​≤wn​≤vn​ à partir d'un rang et si unu_nun​ et vnv_nvn​ convergent vers la MÊME limite ℓ\ellℓ, alors wnw_nwn​ converge aussi vers ℓ\ellℓ. Cas-clé : ∣wn∣≤vn|w_n| \le v_n∣wn​∣≤vn​ avec vn→0v_n\to0vn​→0 entraîne wn→0w_n\to0wn​→0.
Prolongement (hors capacités attendues de la section « Suites ») — croissances comparées appliquées aux suites : pour q>1q>1q>1 et tout entier kkk, lim⁡n→+∞nkq n=0\lim_{n\to+\infty}\dfrac{n^{k}}{q^{\,n}}=0limn→+∞​qnnk​=0 — l'exponentielle qnq^nqn « l'emporte » sur toute puissance de nnn. C'est la version discrète des croissances comparées, qui figurent au programme dans la partie fonction exponentielle ; elle sert d'outil pour lever des indéterminations faisant intervenir qnq^nqn.
lim⁡n→+∞un=ℓ  ⟺  tout intervalle ouvert contenant ℓ contient tous les un aˋ partir d’un certain rang\lim_{n\to+\infty}u_n=\ell \iff \text{tout intervalle ouvert contenant } \ell \text{ contient tous les } u_n \text{ à partir d'un certain rang}n→+∞lim​un​=ℓ⟺tout intervalle ouvert contenant ℓ contient tous les un​ aˋ partir d’un certain rang

Définition d'une suite convergente

La suite « se rapproche autant qu'on veut » de ℓ\ellℓ : au-delà d'un rang, tous les termes sont aussi proches de ℓ\ellℓ qu'on l'exige.

un≤wn≤vn (aˋ partir d’un rang) et lim⁡un=lim⁡vn=ℓ  ⟹  lim⁡wn=ℓu_n \le w_n \le v_n \ \text{(à partir d'un rang)}\ \text{et}\ \lim u_n = \lim v_n = \ell \;\Longrightarrow\; \lim w_n = \ellun​≤wn​≤vn​ (aˋ partir d’un rang) et limun​=limvn​=ℓ⟹limwn​=ℓ

Théorème des gendarmes (encadrement)

Coincée entre deux suites qui convergent vers la même limite ℓ\ellℓ, la suite du milieu y converge aussi.

un≤vn (aˋ partir d’un rang) et lim⁡un=+∞  ⟹  lim⁡vn=+∞u_n \le v_n \ \text{(à partir d'un rang)}\ \text{et}\ \lim u_n = +\infty \;\Longrightarrow\; \lim v_n = +\inftyun​≤vn​ (aˋ partir d’un rang) et limun​=+∞⟹limvn​=+∞

Théorème de comparaison

Si une suite plus petite tend déjà vers +∞+\infty+∞, celle du dessus, encore plus grande, tend aussi vers +∞+\infty+∞.

q>1, k∈N  ⟹  lim⁡n→+∞nkq n=0q>1,\ k\in\mathbb{N} \;\Longrightarrow\; \lim_{n\to+\infty}\frac{n^{k}}{q^{\,n}}=0q>1, k∈N⟹n→+∞lim​qnnk​=0

Croissances comparées (version suites) — prolongement

Prolongement (hors des capacités attendues de la section « Suites » : les croissances comparées relèvent au programme de la fonction exponentielle). L'exponentielle de raison q>1q>1q>1 croît bien plus vite que toute puissance de nnn : le quotient tend vers 000.

Convergence par encadrement : wₙ = (sin n)/n

Fig. 7Comme −1/n ≤ (sin n)/n ≤ 1/n et que ±1/n → 0, le théorème des gendarmes donne wₙ → 0. Le nuage oscille en se resserrant vers l'axe.
Exemple corrigé

Lever une indétermination et encadrer

Déterminer la limite des suites suivantes : a) un=4n2+3nn2−1u_n=\dfrac{4n^2+3n}{n^2-1}un​=n2−14n2+3n​ ; b) vn=cos⁡nn2+1v_n=\dfrac{\cos n}{n^2+1}vn​=n2+1cosn​.

  1. 01a) Identifier l'indétermination

    Numérateur et dénominateur tendent vers +∞+\infty+∞ : forme ∞∞\frac{\infty}{\infty}∞∞​ à lever. On factorise par n2n^2n2, le terme dominant.

    un=n2 ⁣(4+3n)n2 ⁣(1−1n2)=4+3n1−1n2u_n=\frac{n^2\!\left(4+\frac{3}{n}\right)}{n^2\!\left(1-\frac{1}{n^2}\right)}=\frac{4+\frac{3}{n}}{1-\frac{1}{n^2}}un​=n2(1−n21​)n2(4+n3​)​=1−n21​4+n3​​
  2. 02a) Passer à la limite

    Comme 3n→0\frac{3}{n}\to0n3​→0 et 1n2→0\frac{1}{n^2}\to0n21​→0, le numérateur tend vers 444 et le dénominateur vers 111.

    lim⁡n→+∞un=41=4\lim_{n\to+\infty}u_n=\frac{4}{1}=4n→+∞lim​un​=14​=4
  3. 03b) Encadrer le cosinus

    Pour tout nnn, −1≤cos⁡n≤1-1\le\cos n\le1−1≤cosn≤1. En divisant par n2+1>0n^2+1>0n2+1>0, on obtient un encadrement de vnv_nvn​.

    −1n2+1≤vn=cos⁡nn2+1≤1n2+1-\frac{1}{n^2+1}\le v_n=\frac{\cos n}{n^2+1}\le\frac{1}{n^2+1}−n2+11​≤vn​=n2+1cosn​≤n2+11​
  4. 04b) Appliquer les gendarmes

    Les deux bornes ±1n2+1\pm\frac{1}{n^2+1}±n2+11​ tendent vers 000. Par le théorème des gendarmes, vn→0v_n\to0vn​→0.

    lim⁡n→+∞cos⁡nn2+1=0\lim_{n\to+\infty}\frac{\cos n}{n^2+1}=0n→+∞lim​n2+1cosn​=0

Résultat : a) lim⁡un=4\lim u_n=4limun​=4 (la suite converge vers 444) ; b) lim⁡vn=0\lim v_n=0limvn​=0 par encadrement.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : lever une forme indéterminée en factorisant par le terme dominant (par exemple dans un quotient de polynômes en nnn, ou une somme n2−nn^2-nn2−n) et conclure rigoureusement sur la limite.
  • Objectif Bac : appliquer correctement le théorème des gendarmes — construire un encadrement un≤wn≤vnu_n\le w_n\le v_nun​≤wn​≤vn​ pertinent (souvent via ∣cos⁡∣≤1|\cos|\le1∣cos∣≤1 ou ∣sin⁡∣≤1|\sin|\le1∣sin∣≤1) et vérifier que les deux bornes ont la MÊME limite.

Erreurs fréquentes

  • Écrire « +∞−∞=0+\infty-\infty=0+∞−∞=0 » ou « ∞∞=1\frac{\infty}{\infty}=1∞∞​=1 » : ce sont des formes INDÉTERMINÉES, dont la valeur dépend du cas ; il faut les lever par factorisation ou simplification, jamais les « calculer » directement.
  • Mal utiliser le théorème des gendarmes : un encadrement où les deux bornes n'ont pas la même limite ne permet PAS de conclure ; et un encadrement valable seulement « parfois » (pas à partir d'un rang) est invalide.

Révision active

Déterminer lim⁡n→+∞3n2−n+52n2+4\lim_{n\to+\infty}\dfrac{3n^2-n+5}{2n^2+4}limn→+∞​2n2+43n2−n+5​ (par factorisation du terme dominant) puis lim⁡n→+∞2+cos⁡nn\lim_{n\to+\infty}\dfrac{2+\cos n}{n}limn→+∞​n2+cosn​ (par le théorème des gendarmes).

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 05

Convergence : limite monotone, suites géométriques, seuils et algorithmes Python#

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Comportement de q^n selon la raison q

Comportement de q^n selon la raison qCourbe de q = 1,6 > 1, ordonnée à l’origine y = 1, croissante, sur l’intervalle x de 0 à 6, Courbe de q = 0,6, ordonnée à l’origine y = 1, décroissante, sur l’intervalle x de 0 à 6, Courbe de q = 1, ordonnée à l’origine y = 1, sur l’intervalle x de 0 à 6, asymptote horizontale en y = 012345612345678qn -> 0q = 1,6 > 1q = 0,6q = 1qnn
Fig. 8L'enveloppe continue qxq^xqx visualise le comportement de (qn)(q^n)(qn) : pour q>1q>1q>1 elle explose vers +∞+\infty+∞, pour 0<q<10<q<10<q<1 elle décroît vers 000, pour q=1q=1q=1 elle reste constante. (Le cas q≤−1q\le-1q≤−1, oscillant, n'a pas de limite.)

Points clés

Comportement de la suite géométrique (q n)(q^{\,n})(qn) selon la raison qqq : si q>1q>1q>1, qn→+∞q^n\to+\inftyqn→+∞ ; si −1<q<1-1<q<1−1<q<1, qn→0q^n\to0qn→0 ; si q=1q=1q=1, la suite est constante égale à 111 ; si q≤−1q\le-1q≤−1, la suite n'a PAS de limite (elle oscille, par exemple (−1)n(-1)^n(−1)n ou (−2)n(-2)^n(−2)n). Pour une suite un=u0 qnu_n=u_0\,q^nun​=u0​qn, on combine ce comportement avec le signe de u0u_0u0​.
Démonstration exigible — comportement de (qn)(q^n)(qn) pour q>1q>1q>1 : on pose q=1+aq=1+aq=1+a avec a>0a>0a>0 et on établit par récurrence l'INÉGALITÉ DE BERNOULLI (1+a)n≥1+na(1+a)^n\ge 1+na(1+a)n≥1+na pour tout entier nnn. Comme 1+na→+∞1+na\to+\infty1+na→+∞, le théorème de comparaison donne qn→+∞q^n\to+\inftyqn→+∞. Le cas −1<q<1-1<q<1−1<q<1 (avec q≠0q\neq0q=0) s'en déduit en appliquant ce résultat à 1∣q∣>1\dfrac{1}{|q|}>1∣q∣1​>1 : ∣q∣n→0|q|^n\to0∣q∣n→0, donc qn→0q^n\to0qn→0.
Théorème de la limite monotone (admis) : toute suite croissante et MAJORÉE converge (vers une limite finie ≤\le≤ son majorant) ; toute suite décroissante et MINORÉE converge. Conséquence : une suite croissante non majorée tend vers +∞+\infty+∞, une suite décroissante non minorée vers −∞-\infty−∞. C'est le théorème-clé pour PROUVER l'existence d'une limite sans la connaître à l'avance.
Méthode-type de convergence d'une suite récurrente un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n)un+1​=f(un​) : (1) montrer par récurrence un encadrement / une borne ; (2) étudier la monotonie ; (3) conclure la convergence par le théorème de la limite monotone ; (4) si fff est continue, déterminer la limite ℓ\ellℓ comme solution de l'équation de point fixe ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell)ℓ=f(ℓ).
Recherche de SEUIL : pour une suite divergente vers +∞+\infty+∞ (ou convergente), trouver le plus petit rang nnn tel que unu_nun​ dépasse (ou approche à ε\varepsilonε près) une valeur donnée. On le programme en Python par une boucle « while » qui itère la relation de récurrence tant que la condition de seuil n'est pas atteinte, en comptant les itérations.
Algorithmique en Python : calcul des termes par boucle « for » (suite explicite) ou itération de la récurrence ; calcul d'une somme par accumulateur ; recherche de seuil par boucle « while ». L'algorithme accompagne la démonstration : il fournit la valeur du seuil que l'analyse justifie ensuite (croissances comparées, comportement de qnq^nqn).
a≥0, n∈N  ⟹  (1+a)n≥1+naa\ge 0,\ n\in\mathbb{N} \;\Longrightarrow\; (1+a)^{n}\ge 1+naa≥0, n∈N⟹(1+a)n≥1+na

Inégalité de Bernoulli (démonstration exigible)

Se démontre par récurrence sur nnn ; appliquée à q=1+aq=1+aq=1+a avec a>0a>0a>0, elle minore qnq^nqn par 1+na→+∞1+na\to+\infty1+na→+∞ et établit ainsi qn→+∞q^n\to+\inftyqn→+∞ pour q>1q>1q>1 (puis qn→0q^n\to0qn→0 pour −1<q<1-1<q<1−1<q<1 par passage à 1∣q∣\tfrac{1}{|q|}∣q∣1​).

lim⁡n→+∞q n={+∞si q>10si −1<q<11si q=1pas de limitesi q≤−1\lim_{n\to+\infty}q^{\,n}=\begin{cases}+\infty & \text{si } q>1\\[2pt] 0 & \text{si } -1<q<1\\[2pt] 1 & \text{si } q=1\\[2pt] \text{pas de limite} & \text{si } q\le-1\end{cases}n→+∞lim​qn=⎩⎨⎧​+∞01pas de limite​si q>1si −1<q<1si q=1si q≤−1​

Comportement de (q n) selon la raison

Le destin d'une suite géométrique se lit entièrement sur la valeur de sa raison qqq.

(un) croissante et majoreˊe  ⟹  (un) converge(u_n)\ \text{croissante et majorée} \;\Longrightarrow\; (u_n)\ \text{converge}(un​) croissante et majoreˊe⟹(un​) converge

Théorème de la limite monotone (admis)

La monotonie plus une borne dans le sens de variation suffisent à garantir la convergence — sans calculer la limite.

un+1=f(un), f continue, un→ℓ  ⟹  ℓ=f(ℓ)u_{n+1}=f(u_n),\ f\ \text{continue},\ u_n\to\ell \;\Longrightarrow\; \ell=f(\ell)un+1​=f(un​), f continue, un​→ℓ⟹ℓ=f(ℓ)

Limite et point fixe

Si la suite récurrente converge et que fff est continue, la limite ℓ\ellℓ vérifie l'équation de point fixe ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell)ℓ=f(ℓ), qui permet de la déterminer.

Recherche de seuil : plus petit n tel que uₙ = 2 × 1,3ⁿ > 100

Fig. 9La suite géométrique uₙ = 2 × 1,3ⁿ croît vers +∞. Le nuage franchit la valeur 100 entre n = 14 et n = 15 : la boucle « while » renvoie le seuil n = 15.

Convergence par limite monotone : u₀ = 2, uₙ₊₁ = ½ uₙ + 3

Fig. 10Croissante (vu en section 3) et majorée par 6, la suite converge. Le point fixe ℓ = ½ ℓ + 3 donne ℓ = 6, confirmé par le nuage qui se stabilise à 6.
Exemple corrigé

Limite d'une suite géométrique et seuil en Python

On considère la suite un=5×0,8 n+2u_n=5\times0{,}8^{\,n}+2un​=5×0,8n+2. a) Déterminer lim⁡n→+∞un\lim_{n\to+\infty}u_nlimn→+∞​un​ en justifiant. b) Écrire un algorithme en Python qui renvoie le plus petit entier nnn tel que un<2,1u_n<2{,}1un​<2,1.

  1. 01a) Comportement de la raison

    La raison de la partie géométrique est q=0,8q=0{,}8q=0,8, avec −1<0,8<1-1<0{,}8<1−1<0,8<1, donc 0,8 n→00{,}8^{\,n}\to00,8n→0.

    −1<0,8<1  ⟹  lim⁡n→+∞0,8 n=0-1<0{,}8<1 \;\Longrightarrow\; \lim_{n\to+\infty}0{,}8^{\,n}=0−1<0,8<1⟹n→+∞lim​0,8n=0
  2. 02a) Limite de la suite

    Par opérations sur les limites, 5×0,8 n→05\times0{,}8^{\,n}\to05×0,8n→0 puis un=5×0,8 n+2→0+2u_n=5\times0{,}8^{\,n}+2\to0+2un​=5×0,8n+2→0+2.

    lim⁡n→+∞un=2\lim_{n\to+\infty}u_n=2n→+∞lim​un​=2
  3. 03b) Traduire la condition de seuil

    On itère unu_nun​ en partant de u0=5+2=7u_0=5+2=7u0​=5+2=7 et on compte les rangs tant que un≥2,1u_n\ge2{,}1un​≥2,1 : on cherche le premier rang où un<2,1u_n<2{,}1un​<2,1. En Python : n = 0 u = 7 while u >= 2.1: u = 5 0.8*(n+1) + 2 n = n + 1 print(n) (Variante : recalculer uuu directement par u=5∗0.8∗∗n+2u=5*0.8**n+2u=5∗0.8∗∗n+2 dans la condition.)

  4. 04b) Valeur attendue

    On résout 5×0,8 n<0,15\times0{,}8^{\,n}<0{,}15×0,8n<0,1, soit 0,8 n<0,020{,}8^{\,n}<0{,}020,8n<0,02. Par essais (ou logarithme), 0,817≈0,02250{,}8^{17}\approx0{,}02250,817≈0,0225 et 0,818≈0,01800{,}8^{18}\approx0{,}01800,818≈0,0180 : le seuil est n=18n=18n=18, ce que renvoie l'algorithme.

    0,8 n<0,02  ⟺  n>ln⁡(0,02)ln⁡(0,8)≈17,5  ⇒  n=180{,}8^{\,n}<0{,}02 \iff n>\frac{\ln(0{,}02)}{\ln(0{,}8)}\approx17{,}5 \;\Rightarrow\; n=180,8n<0,02⟺n>ln(0,8)ln(0,02)​≈17,5⇒n=18

Résultat : a) lim⁡un=2\lim u_n=2limun​=2 (la suite converge vers 222, sa partie géométrique s'éteignant) ; b) l'algorithme « while » renvoie le seuil n=18n=18n=18.

Schritt-für-Schritt Erklärung6 Schritte
  1. 1

    But : montrer que la suite u0=2u_0=2u0​=2, un+1=12un+3u_{n+1}=\tfrac{1}{2}u_n+3un+1​=21​un​+3 converge, puis calculer sa limite. On enchaîne encadrement, monotonie, théorème de la limite monotone et point fixe.

  2. 2

    Étape 1 — borner la suite. On a démontré par récurrence (section 3) que 2≤un≤62\le u_n\le62≤un​≤6 pour tout nnn : la suite est notamment majorée par 666.

    ∀n∈N,2≤un≤6\forall n\in\mathbb{N},\quad 2\le u_n\le 6∀n∈N,2≤un​≤6
  3. 3

    Étape 2 — étudier la monotonie. La différence un+1−un=12un+3−un=3−12un=12(6−un)≥0u_{n+1}-u_n=\tfrac{1}{2}u_n+3-u_n=3-\tfrac{1}{2}u_n=\tfrac{1}{2}(6-u_n)\ge0un+1​−un​=21​un​+3−un​=3−21​un​=21​(6−un​)≥0 car un≤6u_n\le6un​≤6. La suite est donc croissante.

    un+1−un=12(6−un)≥0u_{n+1}-u_n=\tfrac{1}{2}(6-u_n)\ge 0un+1​−un​=21​(6−un​)≥0
  4. 4

    Étape 3 — conclure l'existence de la limite. Croissante ET majorée par 666 : d'après le théorème de la limite monotone, la suite converge vers un réel ℓ≤6\ell\le6ℓ≤6.

    (un) croissante et majoreˊe⇒(un) converge vers ℓ(u_n)\ \text{croissante et majorée} \Rightarrow (u_n)\ \text{converge vers}\ \ell(un​) croissante et majoreˊe⇒(un​) converge vers ℓ
  5. 5

    Étape 4 — calculer la limite par point fixe. La fonction f(x)=12x+3f(x)=\tfrac{1}{2}x+3f(x)=21​x+3 est continue, donc ℓ\ellℓ vérifie ℓ=12ℓ+3\ell=\tfrac{1}{2}\ell+3ℓ=21​ℓ+3, soit 12ℓ=3\tfrac{1}{2}\ell=321​ℓ=3 et ℓ=6\ell=6ℓ=6.

    ℓ=12ℓ+3  ⟺  ℓ=6\ell=\tfrac{1}{2}\ell+3 \iff \ell=6ℓ=21​ℓ+3⟺ℓ=6
  6. 6

    Bilan : la suite croît de 222 vers sa limite ℓ=6\ell=6ℓ=6, qu'elle approche sans jamais l'atteindre. Le nuage de points le confirme visuellement.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : déterminer la limite d'une suite géométrique (ou u0qnu_0 q^nu0​qn) en discutant la valeur de la raison qqq, et l'exploiter dans un modèle (stabilisation, explosion).
  • Objectif Bac : conduire la chaîne complète encadrement (récurrence) → monotonie → théorème de la limite monotone → point fixe pour établir ET calculer la limite d'une suite récurrente, et écrire/compléter un algorithme Python de seuil.

Erreurs fréquentes

  • Croire qu'une suite croissante converge toujours : sans MAJORATION, une suite croissante peut tendre vers +∞+\infty+∞. Le théorème exige la borne dans le bon sens (majorée pour une croissante, minorée pour une décroissante).
  • Pour le seuil en Python, décaler le compteur (« off-by-one ») : il faut incrémenter nnn AVANT ou APRÈS la mise à jour de façon cohérente avec la condition, sinon le rang renvoyé est faux d'une unité.

Révision active

Soit u0=10u_0=10u0​=10 et un+1=0,5un+4u_{n+1}=0{,}5u_n+4un+1​=0,5un​+4. Montrer que (un)(u_n)(un​) est décroissante et minorée par 888, en déduire qu'elle converge, calculer sa limite, puis écrire un algorithme Python renvoyant le plus petit nnn tel que un<8,01u_n<8{,}01un​<8,01.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Définitions et propriétés générales : monotonie, majoration, bornitude○
    • 02Suites arithmétiques et géométriques : formes, sommes, modélisation◐
    • 03Le raisonnement par récurrence : méthode et rédaction◐
    • 04Limites de suites : définitions, opérations, comparaison et théorème des gendarmes●
    • 05Convergence : limite monotone, suites géométriques, seuils et algorithmes Python●

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Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019)

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Limites des fonctions

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