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Sommes de variables aléatoires

Ce thème franchit le pas du « une seule variable aléatoire » au « plusieurs variables qu'on additionne », pierre angulaire de la statistique. On y établit deux propriétés majeures : la linéarité de l'espérance, toujours vraie, et l'additivité de la variance, réservée au cas indépendant. Appliquées à un échantillon i.i.d., elles donnent l'espérance et la variance de la moyenne empirique MnM_nMn​, dont la variance σ2/n\sigma^2/nσ2/n s'effondre quand nnn grandit. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev rend cette concentration quantitative et conduit à la loi des grands nombres — la moyenne empirique se rapproche de l'espérance — que l'on illustre et estime par simulation en Python.

5 sections·~23 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·111111 / 12
Profil d’examen
Calculer l'espérance et la variance d'une somme ou d'une combinaison linéaire de variables aléatoires, en mobilisant la linéarité de l'espérance et l'additivité de la variance dans le cas indépendant.Déterminer l'espérance et la variance de la moyenne d'un échantillon de variables i.i.d., et interpréter la décroissance de la variance en σ²/n.Appliquer l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev et l'inégalité de concentration pour majorer la probabilité d'un écart à l'espérance.Interpréter la loi des grands nombres et estimer, par simulation en Python, la probabilité qu'une moyenne empirique s'écarte de l'espérance.
Opérateurs :calculerdémontrermajorerappliquerinterpréterjustifiersimulerestimer

niveau de base

Maîtriser d'abord les deux automatismes-clés — E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b, V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^2V(X)V(aX+b)=a2V(X) — et, pour un échantillon i.i.d., les résultats E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ et V(Mn)=σ2/nV(M_n)=\sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n : ils suffisent à traiter la majorité des questions.

niveau approfondi

Approfondir les démonstrations exigibles (linéarité de l'espérance, additivité de la variance dans le cas indépendant via V(X)=E(X2)−E(X)2V(X)=E(X^2)-E(X)^2V(X)=E(X2)−E(X)2) et savoir enchaîner inégalité de concentration → loi des grands nombres, en reliant la majoration σ2/(nε2)\sigma^2/(n\varepsilon^2)σ2/(nε2) au nombre de simulations Python.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Sommes de variables aléatoires
    • 01Somme et combinaison linéaire de variables aléatoires : linéarité de l'espérance○
    • 02Variance d'une somme : le cas des variables indépendantes◐
    • 03Échantillon i.i.d. : espérance et variance de la moyenne empirique◐
    • 04Inégalité de Bienaymé-Tchebychev et inégalité de concentration●
    • 05Loi des grands nombres et estimation par simulation (Python)●
§ 01

Somme et combinaison linéaire de variables aléatoires : linéarité de l'espérance#

●○○BaseLPBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Linéarité de l'espérance : la somme des moyennes

Graphe, 3 nœuds, 2 arêtesGraphe, X — E(X) → X + Y — E(X) + E(Y), Y — E(Y) → X + Y — E(X) + E(Y)X — E(X)Y — E(Y)X + Y — E(X) +E(Y)++
Fig. 1On additionne deux variables aléatoires terme à terme (X+YX+YX+Y), et l'espérance de la somme est exactement la somme des espérances — sans condition.

Points clés

Somme de deux variables aléatoires : si XXX et YYY sont deux variables aléatoires définies sur le MÊME univers Ω\OmegaΩ, leur somme X+YX+YX+Y est la variable aléatoire qui, à chaque issue ω\omegaω, associe le réel X(ω)+Y(ω)X(\omega)+Y(\omega)X(ω)+Y(ω). De même, le produit d'une variable XXX par un réel aaa est la variable aXaXaX qui associe a X(ω)a\,X(\omega)aX(ω), et aX+baX+baX+b ajoute la constante bbb. Une combinaison linéaire aX+bYaX+bYaX+bY se construit en combinant ces deux opérations.
Linéarité de l'espérance — propriété FONDAMENTALE, toujours vraie : pour toutes variables aléatoires XXX et YYY et tous réels a,ba,ba,b, on a E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) et E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b. En particulier E(aX)=aE(X)E(aX)=aE(X)E(aX)=aE(X) et E(b)=bE(b)=bE(b)=b (l'espérance d'une constante est cette constante). Attention : aucune hypothèse d'indépendance n'est requise — l'égalité E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) vaut même si XXX et YYY sont liées.
Généralisation à nnn variables : par récurrence, E(X1+X2+⋯+Xn)=E(X1)+E(X2)+⋯+E(Xn)E(X_1+X_2+\dots+X_n)=E(X_1)+E(X_2)+\dots+E(X_n)E(X1​+X2​+⋯+Xn​)=E(X1​)+E(X2​)+⋯+E(Xn​), et plus généralement E ⁣(∑aiXi)=∑aiE(Xi)E\!\left(\sum a_i X_i\right)=\sum a_i E(X_i)E(∑ai​Xi​)=∑ai​E(Xi​). C'est l'outil qui permet de calculer l'espérance d'un total (somme de gains, de scores, de durées) sans connaître la loi conjointe : il suffit des espérances individuelles.
Méthode de calcul d'une espérance individuelle : pour une variable discrète prenant les valeurs xix_ixi​ avec probabilités pip_ipi​, E(X)=∑ixi piE(X)=\sum_i x_i\,p_iE(X)=∑i​xi​pi​. Pour une variable suivant une loi de référence, on utilise les espérances connues : loi de Bernoulli B(p)\mathcal{B}(p)B(p) donne E=pE=pE=p ; loi binomiale B(n,p)\mathcal{B}(n,p)B(n,p) donne E=npE=npE=np. La linéarité permet ensuite de combiner.
E(X+Y)=E(X)+E(Y)(toujours, sans hypotheˋse d’indeˊpendance)E(X+Y) = E(X) + E(Y) \qquad \text{(toujours, sans hypothèse d'indépendance)}E(X+Y)=E(X)+E(Y)(toujours, sans hypotheˋse d’indeˊpendance)

Additivité de l'espérance

L'espérance d'une somme est la somme des espérances, quelles que soient les variables — c'est le résultat le plus puissant de cette section.

E(aX+b)=a E(X)+b(a,b∈R)E(aX+b) = a\,E(X) + b \qquad (a,b \in \mathbb{R})E(aX+b)=aE(X)+b(a,b∈R)

Espérance d'une transformation affine

Multiplier XXX par aaa multiplie l'espérance par aaa ; ajouter la constante bbb décale l'espérance de bbb.

E ⁣(∑i=1naiXi)=∑i=1nai E(Xi)E\!\left(\sum_{i=1}^{n} a_i X_i\right) = \sum_{i=1}^{n} a_i\,E(X_i)E(i=1∑n​ai​Xi​)=i=1∑n​ai​E(Xi​)

Linéarité pour une combinaison de n variables

L'espérance d'une combinaison linéaire est la combinaison linéaire des espérances : on « sort » les coefficients et on additionne.

Exemple corrigé

Espérance d'une somme et d'une combinaison linéaire

Une roue de loterie donne un gain XXX (en euros) d'espérance E(X)=3E(X)=3E(X)=3. À chaque tour on paie une mise de 222 €, et on joue indépendamment trois tours, de gains X1,X2,X3X_1,X_2,X_3X1​,X2​,X3​ de même loi que XXX. On note T=X1+X2+X3T=X_1+X_2+X_3T=X1​+X2​+X3​ le gain brut total et B=T−6B=T-6B=T−6 le bénéfice net (après les trois mises). Calculer E(T)E(T)E(T) puis E(B)E(B)E(B).

  1. 01Espérance du total brut

    Les trois gains ont la même espérance E(Xi)=3E(X_i)=3E(Xi​)=3. Par linéarité (pas besoin de l'indépendance, mais elle est ici vérifiée), l'espérance de la somme est la somme des espérances.

    E(T)=E(X1+X2+X3)=E(X1)+E(X2)+E(X3)=3+3+3=9E(T) = E(X_1+X_2+X_3) = E(X_1)+E(X_2)+E(X_3) = 3+3+3 = 9E(T)=E(X1​+X2​+X3​)=E(X1​)+E(X2​)+E(X3​)=3+3+3=9
  2. 02Espérance du bénéfice net

    Le bénéfice B=T−6B=T-6B=T−6 est une transformation affine de TTT (ici a=1a=1a=1, b=−6b=-6b=−6). On applique E(aT+b)=aE(T)+bE(aT+b)=aE(T)+bE(aT+b)=aE(T)+b.

    E(B)=E(T−6)=E(T)−6=9−6=3E(B) = E(T-6) = E(T) - 6 = 9 - 6 = 3E(B)=E(T−6)=E(T)−6=9−6=3
  3. 03Interprétation

    En moyenne, après trois tours et trois mises, le joueur gagne 333 € : le jeu lui est, en espérance, favorable de 333 € sur trois parties.

Résultat : E(T)=9E(T)=9E(T)=9 € pour le gain brut total et E(B)=3E(B)=3E(B)=3 € pour le bénéfice net — obtenus par simple linéarité, sans déterminer la loi de TTT.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : calculer l'espérance d'un total ou d'un gain modélisé par une somme de variables (par exemple le nombre total de succès, le gain cumulé sur plusieurs parties) en appliquant directement E(X1+⋯+Xn)=∑E(Xi)E(X_1+\dots+X_n)=\sum E(X_i)E(X1​+⋯+Xn​)=∑E(Xi​), sans chercher la loi de la somme.
  • Objectif Bac : exploiter E(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+bE(aX+b)=aE(X)+b pour passer d'une variable « brute » à une variable transformée (changement d'unité, recentrage, gain net après mise) et conclure sur la valeur moyenne attendue.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la linéarité de l'espérance exige l'indépendance : c'est FAUX. E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y)E(X+Y)=E(X)+E(Y) est toujours vraie ; l'indépendance n'intervient QUE pour la variance et pour E(XY)=E(X)E(Y)E(XY)=E(X)E(Y)E(XY)=E(X)E(Y) (hors programme ici, mais ne pas confondre).
  • Appliquer la linéarité à un produit ou à un carré : E(XY)≠E(X)E(Y)E(XY)\neq E(X)E(Y)E(XY)=E(X)E(Y) en général, et surtout E(X2)≠E(X)2E(X^2)\neq E(X)^2E(X2)=E(X)2. La linéarité ne concerne QUE les sommes et les multiplications par des constantes, jamais les produits de variables ni les puissances.

Révision active

Un jeu consiste à lancer deux dés équilibrés. On note XXX et YYY les résultats des deux dés, et S=X+YS=X+YS=X+Y le total. Sans déterminer la loi de SSS, calculer E(S)E(S)E(S), puis l'espérance du gain G=2S−5G=2S-5G=2S−5.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

Variance d'une somme : le cas des variables indépendantes#

●●○StandardLPBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Espérance vs variance : deux règles à ne pas confondre

Tableau de 3 colonnes et 2 lignes, cellule mise en évidence : V(X) + V(Y) (si indépendance)Tableau de 3 colonnes et 2 lignes, Données: Règle · Espérance · Variance; Somme X + Y · E(X) + E(Y) (toujours) · V(X) + V(Y) (si indépendance); Affine aX + b · a · E(X) + b · a² · V(X), cellule mise en évidence : V(X) + V(Y) (si indépendance)RÈGLEESPÉRANCEVARIANCESomme X + YE(X) + E(Y) (toujours)V(X) + V(Y) (siindépendance)Affine aX + ba · E(X) + ba² · V(X)
Fig. 2L'espérance est toujours additive ; la variance ne l'est QUE si les variables sont indépendantes. Le coefficient affine se comporte différemment : aaa pour l'espérance, a2a^2a2 pour la variance.

Points clés

Variance et transformation affine : la variance mesure la dispersion autour de l'espérance, V(X)=E((X−E(X))2)=E(X2)−E(X)2V(X)=E\big((X-E(X))^2\big)=E(X^2)-E(X)^2V(X)=E((X−E(X))2)=E(X2)−E(X)2, et l'écart-type est σ(X)=V(X)≥0\sigma(X)=\sqrt{V(X)}\ge0σ(X)=V(X)​≥0. Pour une transformation affine, V(aX+b)=a2 V(X)V(aX+b)=a^2\,V(X)V(aX+b)=a2V(X) : le coefficient aaa est ÉLEVÉ AU CARRÉ (la dispersion change d'échelle au carré), et l'ajout d'une constante bbb ne change PAS la variance (un décalage ne disperse pas). On en déduit σ(aX+b)=∣a∣ σ(X)\sigma(aX+b)=|a|\,\sigma(X)σ(aX+b)=∣a∣σ(X).
Additivité de la variance dans le cas indépendant : si XXX et YYY sont INDÉPENDANTES, alors V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y). Cette propriété, contrairement à la linéarité de l'espérance, EXIGE l'indépendance — sans elle, l'égalité est en général fausse. Pour une combinaison de variables indépendantes deux à deux, V(aX+bY)=a2V(X)+b2V(Y)V(aX+bY)=a^2V(X)+b^2V(Y)V(aX+bY)=a2V(X)+b2V(Y).
Généralisation : si X1,X2,…,XnX_1,X_2,\dots,X_nX1​,X2​,…,Xn​ sont indépendantes (deux à deux), V(X1+X2+⋯+Xn)=V(X1)+V(X2)+⋯+V(Xn)V(X_1+X_2+\dots+X_n)=V(X_1)+V(X_2)+\dots+V(X_n)V(X1​+X2​+⋯+Xn​)=V(X1​)+V(X2​)+⋯+V(Xn​). C'est l'ingrédient décisif pour étudier la variance d'un total et, dans la section suivante, celle de la moyenne d'un échantillon.
Variances de référence à connaître : loi de Bernoulli B(p)\mathcal{B}(p)B(p) donne V=p(1−p)V=p(1-p)V=p(1−p) ; loi binomiale B(n,p)\mathcal{B}(n,p)B(n,p) donne V=np(1−p)V=np(1-p)V=np(1−p) — résultat qui se RETROUVE en écrivant la binomiale comme somme de nnn Bernoulli indépendantes et en additionnant les variances p(1−p)p(1-p)p(1−p). Cet exemple illustre exactement la puissance de l'additivité de la variance.
V(aX+b)=a2 V(X)etσ(aX+b)=∣a∣ σ(X)V(aX+b) = a^2\,V(X) \qquad \text{et} \qquad \sigma(aX+b) = |a|\,\sigma(X)V(aX+b)=a2V(X)etσ(aX+b)=∣a∣σ(X)

Variance d'une transformation affine

Le facteur aaa est élevé au carré ; la constante bbb disparaît, car translater une variable ne modifie pas sa dispersion.

X, Y indeˊpendantes  ⟹  V(X+Y)=V(X)+V(Y)X,\,Y \ \text{indépendantes} \;\Longrightarrow\; V(X+Y) = V(X) + V(Y)X,Y indeˊpendantes⟹V(X+Y)=V(X)+V(Y)

Additivité de la variance (cas indépendant)

L'égalité n'est garantie que sous l'hypothèse d'indépendance — c'est la différence essentielle avec la linéarité de l'espérance, toujours vraie.

X1,…,Xn indeˊpendantes  ⟹  V ⁣(∑i=1nXi)=∑i=1nV(Xi)X_1,\dots,X_n \ \text{indépendantes} \;\Longrightarrow\; V\!\left(\sum_{i=1}^{n} X_i\right) = \sum_{i=1}^{n} V(X_i)X1​,…,Xn​ indeˊpendantes⟹V(i=1∑n​Xi​)=i=1∑n​V(Xi​)

Variance d'une somme de n variables indépendantes

Les variances s'additionnent terme à terme dès lors que les variables sont indépendantes.

Loi binomiale B(10 ; 0,5) : E = np = 5, V = np(1−p) = 2,5

Fig. 3La binomiale est une somme de 10 Bernoulli indépendantes : son espérance 5 s'obtient par linéarité (10 × 0,5) et sa variance 2,5 par additivité (10 × 0,25). L'écart-type vaut σ = √2,5 ≈ 1,58.
Exemple corrigé

Variance d'une somme de variables indépendantes et d'une transformation affine

Deux machines remplissent indépendamment des bouteilles. On note XXX la masse (en g) versée par la première machine, d'espérance E(X)=500E(X)=500E(X)=500 et de variance V(X)=4V(X)=4V(X)=4, et YYY la masse versée par la seconde, avec E(Y)=300E(Y)=300E(Y)=300 et V(Y)=9V(Y)=9V(Y)=9. Une bouteille reçoit le contenu des deux machines : sa masse totale est T=X+YT=X+YT=X+Y. a) Calculer E(T)E(T)E(T) et V(T)V(T)V(T). b) Pour un contrôle, on étudie l'écart à la cible D=T−800D=T-800D=T−800 ; donner E(D)E(D)E(D) et V(D)V(D)V(D). c) On change d'unité (g → cg) : la masse devient C=100 TC=100\,TC=100T. Donner V(C)V(C)V(C).

  1. 01a) Espérance et variance du total

    L'espérance est additive sans condition. La variance est additive CAR XXX et YYY sont indépendantes.

    E(T)=E(X)+E(Y)=500+300=800,V(T)=V(X)+V(Y)=4+9=13E(T)=E(X)+E(Y)=500+300=800,\qquad V(T)=V(X)+V(Y)=4+9=13E(T)=E(X)+E(Y)=500+300=800,V(T)=V(X)+V(Y)=4+9=13
  2. 02b) Écart à la cible (translation)

    D=T−800D=T-800D=T−800 est une translation (a=1a=1a=1, b=−800b=-800b=−800). L'espérance se décale, mais la variance ne change PAS.

    E(D)=E(T)−800=0,V(D)=12×V(T)=13E(D)=E(T)-800=0,\qquad V(D)=1^2\times V(T)=13E(D)=E(T)−800=0,V(D)=12×V(T)=13
  3. 03c) Changement d'unité (facteur 100)

    C=100 TC=100\,TC=100T multiplie par a=100a=100a=100 : la variance est multipliée par a2=1002=10 000a^2=100^2=10\,000a2=1002=10000.

    V(C)=1002×V(T)=10 000×13=130 000V(C)=100^2\times V(T)=10\,000\times 13=130\,000V(C)=1002×V(T)=10000×13=130000

Résultat : a) E(T)=800E(T)=800E(T)=800 g, V(T)=13V(T)=13V(T)=13 ; b) E(D)=0E(D)=0E(D)=0, V(D)=13V(D)=13V(D)=13 (la translation ne disperse pas) ; c) V(C)=130 000V(C)=130\,000V(C)=130000 (le facteur 100100100 est élevé au carré).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : calculer la variance d'une somme de variables INDÉPENDANTES en additionnant les variances, et la variance d'une transformation affine via V(aX+b)=a2V(X)V(aX+b)=a^2V(X)V(aX+b)=a2V(X) — en justifiant explicitement l'hypothèse d'indépendance quand on additionne.
  • Objectif Bac : retrouver E=npE=npE=np et V=np(1−p)V=np(1-p)V=np(1−p) pour une loi binomiale en l'interprétant comme somme de nnn épreuves de Bernoulli indépendantes, puis l'utiliser dans un calcul d'écart-type.

Erreurs fréquentes

  • Additionner les variances sans vérifier l'indépendance : V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y)V(X+Y)=V(X)+V(Y) n'est valable QUE si XXX et YYY sont indépendantes. Sans cette hypothèse, l'égalité est en général fausse et la rédaction est pénalisée.
  • Oublier le carré sur le coefficient : écrire V(aX+b)=aV(X)V(aX+b)=aV(X)V(aX+b)=aV(X) au lieu de a2V(X)a^2V(X)a2V(X), ou croire que la constante bbb modifie la variance. Erreur fréquente : pour σ\sigmaσ, ne pas mettre la valeur absolue (σ(aX)=∣a∣σ(X)\sigma(aX)=|a|\sigma(X)σ(aX)=∣a∣σ(X)).

Révision active

On note XXX le nombre de faces « pile » obtenues en lançant 202020 fois une pièce équilibrée. Justifier que XXX suit une loi binomiale, donner E(X)E(X)E(X) et V(X)V(X)V(X) par additivité, puis calculer la variance de Y=3X−4Y=3X-4Y=3X−4.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

Échantillon i.i.d. : espérance et variance de la moyenne empirique#

●●○StandardLPBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Réduction de la variance σ²/n quand l'échantillon grandit

Graphe de fonction, n grand = 3.3*exp(-x^2/0.72); n moyen = 1.8*exp(-x^2/2); n petit = exp(-x^2/8)Courbe de n grand, maximum en (0, 3.3), ordonnée à l’origine y = 3.3, sur l’intervalle x de -6 à 6, Courbe de n moyen, maximum en (0, 1.8), ordonnée à l’origine y = 1.8, sur l’intervalle x de -6 à 6, Courbe de n petit, maximum en (0, 1), ordonnée à l’origine y = 1, sur l’intervalle x de -6 à 6−6−4−22460.511.522.533.5μn grandn moyenn petitMₙ
Fig. 4À mesure que nnn croît, la variance de la moyenne empirique σ2/n\sigma^2/nσ2/n rétrécit : la « cloche » de MnM_nMn​ se resserre autour de μ\muμ, alors que son centre reste fixé en μ\muμ.

Points clés

Définition d'un échantillon : un échantillon de taille nnn d'une loi est une suite X1,X2,…,XnX_1,X_2,\dots,X_nX1​,X2​,…,Xn​ de variables aléatoires INDÉPENDANTES et de MÊME LOI (on dit i.i.d. : indépendantes et identiquement distribuées). Elles modélisent nnn répétitions indépendantes de la même expérience aléatoire. On note μ=E(X1)\mu=E(X_1)μ=E(X1​) leur espérance commune et σ2=V(X1)\sigma^2=V(X_1)σ2=V(X1​) leur variance commune.
Moyenne empirique (ou moyenne d'échantillon) : c'est la variable aléatoire Mn=X1+X2+⋯+Xnn=1n∑i=1nXiM_n=\dfrac{X_1+X_2+\dots+X_n}{n}=\dfrac{1}{n}\sum_{i=1}^{n}X_iMn​=nX1​+X2​+⋯+Xn​​=n1​∑i=1n​Xi​. Elle représente la moyenne observée sur l'échantillon ; comme les XiX_iXi​ sont aléatoires, MnM_nMn​ l'est aussi (elle change d'un échantillon à l'autre).
Espérance de la moyenne empirique : E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ. Démonstration par linéarité : E(Mn)=1n(E(X1)+⋯+E(Xn))=1n×nμ=μE(M_n)=\dfrac{1}{n}\big(E(X_1)+\dots+E(X_n)\big)=\dfrac{1}{n}\times n\mu=\muE(Mn​)=n1​(E(X1​)+⋯+E(Xn​))=n1​×nμ=μ. La moyenne empirique a la MÊME espérance que la variable individuelle : en moyenne, elle « vise juste » la vraie espérance μ\muμ (on dit qu'elle est sans biais).
Variance de la moyenne empirique : V(Mn)=σ2nV(M_n)=\dfrac{\sigma^2}{n}V(Mn​)=nσ2​. Démonstration : Mn=1nSnM_n=\dfrac{1}{n}S_nMn​=n1​Sn​ avec Sn=∑XiS_n=\sum X_iSn​=∑Xi​ ; par additivité (les XiX_iXi​ sont indépendantes) V(Sn)=nσ2V(S_n)=n\sigma^2V(Sn​)=nσ2, puis par V(aX)=a2V(X)V(aX)=a^2V(X)V(aX)=a2V(X) avec a=1na=\tfrac{1}{n}a=n1​, V(Mn)=1n2×nσ2=σ2nV(M_n)=\dfrac{1}{n^2}\times n\sigma^2=\dfrac{\sigma^2}{n}V(Mn​)=n21​×nσ2=nσ2​. Point CLÉ : la variance décroît en σ2/n\sigma^2/nσ2/n, donc l'écart-type en σ/n\sigma/\sqrt{n}σ/n​ — plus l'échantillon est grand, plus la moyenne empirique est resserrée autour de μ\muμ.
Mn=1n∑i=1nXiavec X1,…,Xn i.i.d. (μ=E(Xi), σ2=V(Xi))M_n = \frac{1}{n}\sum_{i=1}^{n} X_i \qquad \text{avec } X_1,\dots,X_n \ \text{i.i.d.}\ \big(\mu=E(X_i),\ \sigma^2=V(X_i)\big)Mn​=n1​i=1∑n​Xi​avec X1​,…,Xn​ i.i.d. (μ=E(Xi​), σ2=V(Xi​))

Moyenne empirique d'un échantillon

On somme les nnn variables de l'échantillon puis on divise par nnn : la moyenne observée, elle-même aléatoire.

E(Mn)=μE(M_n) = \muE(Mn​)=μ

Espérance de la moyenne empirique

La moyenne empirique a la même espérance que la variable individuelle : elle est centrée sur la vraie espérance μ\muμ (sans biais).

V(Mn)=σ2ndoncσ(Mn)=σnV(M_n) = \frac{\sigma^2}{n} \qquad \text{donc} \qquad \sigma(M_n) = \frac{\sigma}{\sqrt{n}}V(Mn​)=nσ2​doncσ(Mn​)=n​σ​

Variance et écart-type de la moyenne empirique

La dispersion de la moyenne empirique diminue avec nnn : sa variance est divisée par nnn, son écart-type par n\sqrt{n}n​.

Décroissance de l'écart-type σ(Mₙ) = σ/√n (ici σ = 2)

Fig. 5L'écart-type de la moyenne empirique décroît en σ/√n : il faut QUADRUPLER la taille de l'échantillon pour DIVISER PAR DEUX la dispersion (passer de n = 25 à n = 100 divise σ(Mₙ) par 2).
Exemple corrigé

Espérance, variance de la moyenne empirique et taille d'échantillon

Le temps d'attente XXX (en minutes) à un guichet a pour espérance μ=4\mu=4μ=4 et pour variance σ2=9\sigma^2=9σ2=9. On observe nnn clients, dont les temps X1,…,XnX_1,\dots,X_nX1​,…,Xn​ forment un échantillon i.i.d. de loi de XXX, et on note MnM_nMn​ le temps d'attente moyen observé. a) Donner E(Mn)E(M_n)E(Mn​) et V(Mn)V(M_n)V(Mn​) en fonction de nnn. b) Calculer σ(Mn)\sigma(M_n)σ(Mn​) pour n=36n=36n=36. c) Combien de clients faut-il observer pour que l'écart-type de MnM_nMn​ ne dépasse pas 0,30{,}30,3 min ?

  1. 01a) Espérance et variance

    Par les formules de la moyenne empirique d'un échantillon i.i.d. : l'espérance vaut μ\muμ (indépendante de nnn), la variance vaut σ2/n\sigma^2/nσ2/n.

    E(Mn)=μ=4,V(Mn)=σ2n=9nE(M_n)=\mu=4,\qquad V(M_n)=\frac{\sigma^2}{n}=\frac{9}{n}E(Mn​)=μ=4,V(Mn​)=nσ2​=n9​
  2. 02b) Écart-type pour n = 36

    On prend la racine de la variance : σ(Mn)=σ/n=3/36\sigma(M_n)=\sigma/\sqrt{n}=3/\sqrt{36}σ(Mn​)=σ/n​=3/36​.

    σ(M36)=336=36=0,5 min\sigma(M_{36})=\frac{3}{\sqrt{36}}=\frac{3}{6}=0{,}5\ \text{min}σ(M36​)=36​3​=63​=0,5 min
  3. 03c) Taille pour atteindre la précision

    On résout 3n≤0,3\dfrac{3}{\sqrt{n}}\le0{,}3n​3​≤0,3, soit n≥30,3=10\sqrt{n}\ge\dfrac{3}{0{,}3}=10n​≥0,33​=10, donc n≥100n\ge100n≥100.

    3n≤0,3  ⟺  n≥10  ⟺  n≥100\frac{3}{\sqrt{n}}\le0{,}3 \iff \sqrt{n}\ge 10 \iff n\ge 100n​3​≤0,3⟺n​≥10⟺n≥100

Résultat : a) E(Mn)=4E(M_n)=4E(Mn​)=4, V(Mn)=9/nV(M_n)=9/nV(Mn​)=9/n ; b) σ(M36)=0,5\sigma(M_{36})=0{,}5σ(M36​)=0,5 min ; c) il faut au moins n=100n=100n=100 clients pour que l'écart-type de la moyenne descende à 0,30{,}30,3 min.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : démontrer E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ (par linéarité) et V(Mn)=σ2/nV(M_n)=\sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n (par additivité dans le cas indépendant et V(aX)=a2V(X)V(aX)=a^2V(X)V(aX)=a2V(X)) — démonstrations exigibles, à rédiger proprement.
  • Objectif Bac : déterminer la taille nnn d'échantillon nécessaire pour atteindre une précision donnée sur la moyenne (par exemple un écart-type cible), en résolvant σ/n≤\sigma/\sqrt{n}\leσ/n​≤ seuil.

Erreurs fréquentes

  • Confondre l'espérance et la variance face à nnn : l'espérance E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ NE dépend PAS de nnn (elle reste constante), tandis que la variance V(Mn)=σ2/nV(M_n)=\sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n décroît. Croire que la moyenne empirique « se rapproche » en espérance est faux : c'est sa DISPERSION qui diminue.
  • Oublier le carré du 1/n1/n1/n : on a V(Mn)=1n2V(Sn)V(M_n)=\dfrac{1}{n^2}V(S_n)V(Mn​)=n21​V(Sn​) et non 1nV(Sn)\dfrac{1}{n}V(S_n)n1​V(Sn​) ; c'est la combinaison 1n2×nσ2\dfrac{1}{n^2}\times n\sigma^2n21​×nσ2 qui donne σ2n\dfrac{\sigma^2}{n}nσ2​. Sauter cette étape conduit souvent à une erreur d'un facteur nnn.

Révision active

Une variable XXX a pour espérance μ=12\mu=12μ=12 et écart-type σ=3\sigma=3σ=3. On prélève un échantillon i.i.d. de taille nnn et on note MnM_nMn​ la moyenne empirique. Déterminer E(Mn)E(M_n)E(Mn​) et V(Mn)V(M_n)V(Mn​) en fonction de nnn, puis la plus petite taille nnn telle que l'écart-type de MnM_nMn​ soit inférieur à 0,50{,}50,5.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev et inégalité de concentration#

●●●ApprofondissementLPBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Bienaymé-Tchebychev : l'écart à l'espérance est contrôlé

Droite numérique, [0, 10], 3 points, 1 intervallesDroite numérique, E(X) − a, E(X), E(X) + a, |X − E(X)| < a0246810, X − E(X), < aE(X) − aE(X)E(X) + a
Fig. 6Hors de l'intervalle ]E(X)−a ;E(X)+a[]E(X)-a\,;E(X)+a[]E(X)−a;E(X)+a[, la probabilité totale ne dépasse pas V(X)/a2V(X)/a^2V(X)/a2 : presque toute la masse reste à moins de aaa de l'espérance.

Points clés

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev : pour toute variable aléatoire XXX admettant une espérance E(X)E(X)E(X) et une variance V(X)V(X)V(X), et pour tout réel a>0a>0a>0, P(∣X−E(X)∣≥a)≤V(X)a2P\big(|X-E(X)|\ge a\big)\le\dfrac{V(X)}{a^2}P(∣X−E(X)∣≥a)≤a2V(X)​. Lecture : la probabilité que XXX s'écarte de son espérance d'AU MOINS aaa est majorée par V(X)a2\dfrac{V(X)}{a^2}a2V(X)​. C'est une majoration UNIVERSELLE (valable pour n'importe quelle loi), donc souvent grossière, mais utilisable sans connaître la loi exacte.
Lecture quantitative : plus la variance est petite, plus la probabilité d'un grand écart est faible ; et pour un écart aaa fixé, doubler aaa divise la borne par 444 (le a2a^2a2 au dénominateur). L'événement complémentaire donne P(∣X−E(X)∣<a)≥1−V(X)a2P\big(|X-E(X)|<a\big)\ge1-\dfrac{V(X)}{a^2}P(∣X−E(X)∣<a)≥1−a2V(X)​ : une garantie de concentration autour de l'espérance.
Inégalité de concentration (cas de la moyenne empirique) : en appliquant Bienaymé-Tchebychev à X=MnX=M_nX=Mn​, dont E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ et V(Mn)=σ2nV(M_n)=\dfrac{\sigma^2}{n}V(Mn​)=nσ2​, on obtient pour tout ε>0\varepsilon>0ε>0 : P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2n ε2P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big)\le\dfrac{\sigma^2}{n\,\varepsilon^2}P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​. La probabilité que la moyenne empirique s'écarte de μ\muμ d'au moins ε\varepsilonε est majorée par une quantité qui TEND VERS 000 quand n→+∞n\to+\inftyn→+∞.
Méthode d'application : (1) identifier la variable, son espérance et sa variance ; (2) identifier l'écart aaa (ou ε\varepsilonε) ; (3) appliquer la formule pour MAJORER une probabilité, ou la résoudre pour trouver le nnn garantissant P≤P\leP≤ seuil. La borne n'est qu'une majoration : la vraie probabilité est en général bien plus petite (on ne « calcule » pas la probabilité, on la borne).
∀a>0,P(∣X−E(X)∣≥a)≤V(X)a2\forall a>0,\qquad P\big(|X-E(X)|\ge a\big) \le \frac{V(X)}{a^2}∀a>0,P(∣X−E(X)∣≥a)≤a2V(X)​

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev

La probabilité d'un écart à l'espérance d'au moins aaa est majorée par la variance divisée par a2a^2a2 — valable pour toute loi.

P(∣X−E(X)∣<a)≥1−V(X)a2P\big(|X-E(X)|< a\big) \ge 1 - \frac{V(X)}{a^2}P(∣X−E(X)∣<a)≥1−a2V(X)​

Forme complémentaire (garantie de proximité)

En passant à l'événement contraire, on minore la probabilité que XXX reste à moins de aaa de son espérance.

∀ε>0,P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2n ε2\forall \varepsilon>0,\qquad P\big(|M_n-\mu|\ge \varepsilon\big) \le \frac{\sigma^2}{n\,\varepsilon^2}∀ε>0,P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​

Inégalité de concentration pour la moyenne empirique

Appliquée à MnM_nMn​, l'inégalité montre que la probabilité d'un écart ε\varepsilonε à μ\muμ tend vers 000 lorsque nnn augmente.

Borne de concentration σ²/(n ε²) en fonction de n (ici σ² = 4, ε = 0,5)

Fig. 7La majoration P(|Mₙ − μ| ≥ 0,5) ≤ 4/(n × 0,25) = 16/n décroît vers 0. Elle devient inférieure à 1 dès n > 16, et inférieure à 0,05 pour n ≥ 320 : la majoration garantit la concentration, même si elle est grossière.
Exemple corrigé

Application de Bienaymé-Tchebychev et de l'inégalité de concentration

La durée de vie XXX (en heures) d'un composant a pour espérance μ=1000\mu=1000μ=1000 et variance σ2=2500\sigma^2=2500σ2=2500. a) Majorer P(∣X−1000∣≥100)P(|X-1000|\ge100)P(∣X−1000∣≥100). b) On teste un échantillon i.i.d. de n=400n=400n=400 composants et on note MnM_nMn​ la durée de vie moyenne. Majorer P(∣Mn−1000∣≥10)P(|M_n-1000|\ge10)P(∣Mn​−1000∣≥10). c) Quelle taille nnn garantit P(∣Mn−1000∣≥10)≤0,01P(|M_n-1000|\ge10)\le0{,}01P(∣Mn​−1000∣≥10)≤0,01 ?

  1. 01a) Bienaymé-Tchebychev sur X

    On applique l'inégalité avec a=100a=100a=100 : la borne est V(X)/a2V(X)/a^2V(X)/a2.

    P(∣X−1000∣≥100)≤25001002=250010 000=0,25P(|X-1000|\ge100)\le\frac{2500}{100^2}=\frac{2500}{10\,000}=0{,}25P(∣X−1000∣≥100)≤10022500​=100002500​=0,25
  2. 02b) Inégalité de concentration sur la moyenne

    Ici V(Mn)=σ2/n=2500/400=6,25V(M_n)=\sigma^2/n=2500/400=6{,}25V(Mn​)=σ2/n=2500/400=6,25 et ε=10\varepsilon=10ε=10. On applique l'inégalité de concentration P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2/(nε2)P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)\le\sigma^2/(n\varepsilon^2)P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤σ2/(nε2).

    P(∣M400−1000∣≥10)≤2500400×102=250040 000=0,0625P(|M_{400}-1000|\ge10)\le\frac{2500}{400\times10^2}=\frac{2500}{40\,000}=0{,}0625P(∣M400​−1000∣≥10)≤400×1022500​=400002500​=0,0625
  3. 03c) Résoudre pour la taille n

    On impose la borne ≤0,01\le0{,}01≤0,01 et on isole nnn.

    2500n×102≤0,01  ⟺  25n≤0,01  ⟺  n≥250,01=2500\frac{2500}{n\times10^2}\le0{,}01 \iff \frac{25}{n}\le0{,}01 \iff n\ge\frac{25}{0{,}01}=2500n×1022500​≤0,01⟺n25​≤0,01⟺n≥0,0125​=2500

Résultat : a) P(∣X−1000∣≥100)≤0,25P(|X-1000|\ge100)\le0{,}25P(∣X−1000∣≥100)≤0,25 ; b) P(∣M400−1000∣≥10)≤0,0625P(|M_{400}-1000|\ge10)\le0{,}0625P(∣M400​−1000∣≥10)≤0,0625 ; c) il faut n≥2500n\ge2500n≥2500 composants pour garantir une probabilité d'écart d'au plus 0,010{,}010,01.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : appliquer correctement l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev pour MAJORER une probabilité d'écart, en identifiant proprement E(X)E(X)E(X), V(X)V(X)V(X) et l'écart aaa, et en concluant par « la probabilité est donc au plus … ».
  • Objectif Bac : utiliser l'inégalité de concentration P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2/(nε2)P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)\le\sigma^2/(n\varepsilon^2)P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤σ2/(nε2) pour déterminer une taille nnn garantissant un niveau de confiance donné (résoudre σ2/(nε2)≤α\sigma^2/(n\varepsilon^2)\le\alphaσ2/(nε2)≤α).

Erreurs fréquentes

  • Transformer la majoration en égalité : Bienaymé-Tchebychev donne une BORNE supérieure, pas la valeur de la probabilité. Écrire P(∣X−E(X)∣≥a)=V(X)/a2P(|X-E(X)|\ge a)=V(X)/a^2P(∣X−E(X)∣≥a)=V(X)/a2 est faux ; la vraie probabilité est en général strictement plus petite.
  • Se tromper de sens d'inégalité ou d'événement : confondre ≥a\ge a≥a (écart au moins aaa) et ≤a\le a≤a, ou appliquer la formule à P(X≥a)P(X\ge a)P(X≥a) au lieu de P(∣X−E(X)∣≥a)P(|X-E(X)|\ge a)P(∣X−E(X)∣≥a). La formule porte sur la valeur absolue de l'écart à l'ESPÉRANCE, pas sur XXX directement.

Révision active

Une variable XXX a pour espérance E(X)=50E(X)=50E(X)=50 et variance V(X)=16V(X)=16V(X)=16. Majorer, à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, la probabilité P(∣X−50∣≥8)P(|X-50|\ge8)P(∣X−50∣≥8), puis minorer P(42<X<58)P(42<X<58)P(42<X<58).

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 05

Loi des grands nombres et estimation par simulation (Python)#

●●●ApprofondissementLPBO-2019-spe-maths-terminale-§Sommes-de-variables-aleatoires

Trajectoires de moyennes empiriques convergeant vers μ

Graphe de fonction, 0.5 + 0.4*exp(-0.3*x)*cos(2*x); 0.5 - 0.42*exp(-0.32*x)*cos(1.6*x + 0.8); 0.5 + 0.45*exp(-0.28*x)*sin(1.3*x)Courbe représentative, minimum en (1.496, 0.247), maximum en (3.067, 0.658), minimum en (4.638, 0.402), maximum en (6.209, 0.561), minimum en (7.78, 0.462), maximum en (9.35, 0.524), minimum en (10.921, 0.485), ordonnée à l’origine y = 0.9, sur l’intervalle x de 0 à 12, Courbe représentative, maximum en (1.34, 0.768), minimum en (3.304, 0.357), maximum en (5.267, 0.576), minimum en (7.231, 0.459), maximum en (9.194, 0.522), minimum en (11.158, 0.488), ordonnée à l’origine y = 0.207, sur l’intervalle x de 0 à 12, Courbe représentative, maximum en (1.045, 0.828), minimum en (3.462, 0.333), maximum en (5.878, 0.585), minimum en (8.295, 0.457), maximum en (10.712, 0.522), ordonnée à l’origine y = 0.5, sur l’intervalle x de 0 à 12246810120.20.40.60.8μμ + εμ − εMₙn
Fig. 8Plusieurs simulations indépendantes : chaque trajectoire MnM_nMn​ oscille puis se resserre vers μ\muμ (la bande μ±ε\mu\pm\varepsilonμ±ε). La loi des grands nombres garantit que la quasi-totalité des trajectoires finit dans la bande.

Points clés

Loi (faible) des grands nombres : pour un échantillon i.i.d. X1,X2,…X_1,X_2,\dotsX1​,X2​,… d'espérance μ\muμ et de variance σ2\sigma^2σ2, la moyenne empirique MnM_nMn​ converge (en probabilité) vers μ\muμ quand n→+∞n\to+\inftyn→+∞. Concrètement : pour tout écart ε>0\varepsilon>0ε>0 fixé, P(∣Mn−μ∣≥ε)→0P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big)\to0P(∣Mn​−μ∣≥ε)→0. La preuve repose entièrement sur l'inégalité de concentration : la borne σ2nε2\dfrac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}nε2σ2​ tend vers 000, donc la probabilité aussi.
Interprétation : si l'on répète un grand nombre de fois une même expérience aléatoire indépendamment, la moyenne des résultats observés se rapproche de l'espérance théorique. C'est le fondement de l'estimation statistique (une moyenne sur un grand échantillon approche la « vraie » valeur) et la justification rigoureuse de l'intuition « la fréquence se rapproche de la probabilité » (cas particulier où XiX_iXi​ est une Bernoulli).
Ce que la loi des grands nombres ne dit PAS : elle ne garantit pas que MnM_nMn​ atteigne μ\muμ, ni que l'écart décroisse à chaque étape (MnM_nMn​ peut s'écarter ponctuellement). Elle affirme seulement que la probabilité d'un écart notable devient négligeable pour nnn grand. Ce n'est pas non plus une « loi de compensation » : les tirages passés n'influencent pas les futurs.
Estimation par simulation en Python : on ne calcule pas toujours P(∣Mn−μ∣≥ε)P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)P(∣Mn​−μ∣≥ε) exactement ; on l'ESTIME en simulant un grand nombre NNN d'échantillons, en calculant la moyenne empirique de chacun, et en comptant la proportion de ceux qui s'écartent de μ\muμ d'au moins ε\varepsilonε. Cette fréquence observée approche la probabilité cherchée (c'est encore la loi des grands nombres appliquée à l'événement). On utilise le module `random` (ou `numpy.random`) : `random.random()`, `random.randint`, `random.gauss`, etc.
∀ε>0,lim⁡n→+∞P(∣Mn−μ∣≥ε)=0\forall \varepsilon>0,\qquad \lim_{n\to+\infty} P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big)=0∀ε>0,n→+∞lim​P(∣Mn​−μ∣≥ε)=0

Loi (faible) des grands nombres

La probabilité que la moyenne empirique s'écarte de l'espérance d'au moins ε\varepsilonε tend vers 000 : MnM_nMn​ se concentre autour de μ\muμ.

0≤P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2n ε2→n→+∞00 \le P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big) \le \frac{\sigma^2}{n\,\varepsilon^2} \xrightarrow[n\to+\infty]{} 00≤P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​n→+∞​0

Preuve par l'inégalité de concentration (théorème des gendarmes)

Coincée entre 000 et une borne qui tend vers 000, la probabilité d'écart tend vers 000 : c'est la démonstration de la loi des grands nombres.

p^=#{ eˊchantillons tels que ∣Mn−μ∣≥ε }N≈P(∣Mn−μ∣≥ε)\widehat{p} = \frac{\#\{\,\text{échantillons tels que } |M_n-\mu|\ge\varepsilon\,\}}{N} \approx P\big(|M_n-\mu|\ge\varepsilon\big)p​=N#{eˊchantillons tels que ∣Mn​−μ∣≥ε}​≈P(∣Mn​−μ∣≥ε)

Estimation par simulation (fréquence observée)

En simulant NNN échantillons, la fréquence des écarts ≥ε\ge\varepsilon≥ε estime la probabilité cherchée — d'autant mieux que NNN est grand.

Une trajectoire simulée : moyenne empirique du lancer d'un dé (μ=3,5)

Fig. 9Moyenne cumulée des résultats d'un dé équilibré simulé en Python. Très instable au début, elle se stabilise autour de l'espérance μ=3,5 quand n grandit — illustration directe de la loi des grands nombres.
Exemple corrigé

Loi des grands nombres : borne théorique et estimation Python

Un dé équilibré donne un résultat XXX d'espérance μ=3,5\mu=3{,}5μ=3,5 et de variance σ2=3512≈2,917\sigma^2=\dfrac{35}{12}\approx2{,}917σ2=1235​≈2,917. On lance le dé n=100n=100n=100 fois (échantillon i.i.d.) et on note MnM_nMn​ la moyenne des résultats. a) Justifier que MnM_nMn​ se concentre autour de 3,53{,}53,5 quand nnn grandit. b) Majorer P(∣M100−3,5∣≥0,5)P(|M_{100}-3{,}5|\ge0{,}5)P(∣M100​−3,5∣≥0,5). c) Écrire un algorithme Python estimant cette probabilité par simulation de N=10 000N=10\,000N=10000 échantillons.

  1. 01a) Concentration (loi des grands nombres)

    Les lancers sont indépendants et de même loi : X1,…,XnX_1,\dots,X_nX1​,…,Xn​ forment un échantillon i.i.d. Par l'inégalité de concentration, pour tout ε>0\varepsilon>0ε>0, P(∣Mn−3,5∣≥ε)≤σ2nε2→0P(|M_n-3{,}5|\ge\varepsilon)\le\dfrac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}\to0P(∣Mn​−3,5∣≥ε)≤nε2σ2​→0. La moyenne empirique converge donc (en probabilité) vers μ=3,5\mu=3{,}5μ=3,5 : c'est la loi des grands nombres.

    P(∣Mn−3,5∣≥ε)≤σ2nε2→n→+∞0P(|M_n-3{,}5|\ge\varepsilon)\le\frac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}\xrightarrow[n\to+\infty]{}0P(∣Mn​−3,5∣≥ε)≤nε2σ2​n→+∞​0
  2. 02b) Borne pour n = 100, ε = 0,5

    On applique l'inégalité de concentration avec σ2=35/12\sigma^2=35/12σ2=35/12, n=100n=100n=100, ε=0,5\varepsilon=0{,}5ε=0,5.

    P(∣M100−3,5∣≥0,5)≤35/12100×0,25=35/1225=35300≈0,117P(|M_{100}-3{,}5|\ge0{,}5)\le\frac{35/12}{100\times0{,}25}=\frac{35/12}{25}=\frac{35}{300}\approx0{,}117P(∣M100​−3,5∣≥0,5)≤100×0,2535/12​=2535/12​=30035​≈0,117
  3. 03c) Estimation par simulation Python

    On simule N=10 000N=10\,000N=10000 échantillons de n=100n=100n=100 lancers, on calcule chaque moyenne, et on compte la proportion d'écarts ≥0,5\ge0{,}5≥0,5. La fréquence obtenue (de l'ordre de 0,0030{,}0030,003 à 0,0040{,}0040,004) est BIEN inférieure à la borne 0,1170{,}1170,117 — confirmant que Bienaymé-Tchebychev majore largement la vraie probabilité. import random N = 10000 n = 100 mu = 3.5 eps = 0.5 compteur = 0 for _ in range(N): somme = 0 for _ in range(n): somme = somme + random.randint(1, 6) moyenne = somme / n if abs(moyenne - mu) >= eps: compteur = compteur + 1 print(compteur / N)

Résultat : a) MnM_nMn​ converge vers 3,53{,}53,5 (loi des grands nombres) ; b) P(∣M100−3,5∣≥0,5)≤0,117P(|M_{100}-3{,}5|\ge0{,}5)\le0{,}117P(∣M100​−3,5∣≥0,5)≤0,117 ; c) l'algorithme renvoie une fréquence observée de l'ordre de 0,0030{,}0030,003 à 0,0040{,}0040,004, bien en dessous de la borne — la majoration de Bienaymé-Tchebychev est correcte mais grossière.

Schritt-für-Schritt Erklärung6 Schritte
  1. 1

    But : démontrer la loi des grands nombres, c'est-à-dire que la moyenne empirique MnM_nMn​ d'un échantillon i.i.d. se concentre autour de l'espérance μ\muμ, puis l'illustrer par simulation.

  2. 2

    Étape 1 — la moyenne empirique. Pour un échantillon i.i.d. d'espérance μ\muμ et de variance σ2\sigma^2σ2, on a établi E(Mn)=μE(M_n)=\muE(Mn​)=μ et V(Mn)=σ2/nV(M_n)=\sigma^2/nV(Mn​)=σ2/n : la moyenne est centrée sur μ\muμ et sa variance s'effondre quand nnn grandit.

    E(Mn)=μ,V(Mn)=σ2nE(M_n)=\mu,\qquad V(M_n)=\frac{\sigma^2}{n}E(Mn​)=μ,V(Mn​)=nσ2​
  3. 3

    Étape 2 — l'inégalité de concentration. En appliquant Bienaymé-Tchebychev à MnM_nMn​, pour tout écart ε>0\varepsilon>0ε>0, la probabilité d'un écart ≥ε\ge\varepsilon≥ε est majorée par σ2/(nε2)\sigma^2/(n\varepsilon^2)σ2/(nε2).

    P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2n ε2P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)\le\frac{\sigma^2}{n\,\varepsilon^2}P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​
  4. 4

    Étape 3 — le passage à la limite. La borne σ2/(nε2)\sigma^2/(n\varepsilon^2)σ2/(nε2) tend vers 000 quand n→+∞n\to+\inftyn→+∞. Coincée entre 000 et cette borne, la probabilité d'écart tend vers 000 : c'est la loi des grands nombres.

    0≤P(∣Mn−μ∣≥ε)≤σ2nε2→n→+∞00\le P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)\le\frac{\sigma^2}{n\varepsilon^2}\xrightarrow[n\to+\infty]{}00≤P(∣Mn​−μ∣≥ε)≤nε2σ2​n→+∞​0
  5. 5

    Étape 4 — l'illustration. En simulant la moyenne cumulée des lancers d'un dé, on voit la trajectoire se stabiliser autour de μ=3,5\mu=3{,}5μ=3,5 : instable au début, elle se resserre à mesure que nnn augmente.

    Moyenne empirique du dé convergeant vers 3,5

  6. 6

    Bilan : la moyenne empirique d'un grand échantillon approche l'espérance — fondement de toute estimation statistique. En Python, on l'estime en comptant, sur NNN simulations, la proportion d'échantillons dont la moyenne s'écarte trop de μ\muμ.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : énoncer et interpréter la loi des grands nombres (la moyenne empirique se concentre autour de l'espérance), et la démontrer à partir de l'inégalité de concentration via le théorème des gendarmes.
  • Objectif Bac : lire, compléter ou écrire un algorithme Python qui simule NNN échantillons, calcule chaque moyenne empirique et estime, par la fréquence observée, la probabilité P(∣Mn−μ∣≥ε)P(|M_n-\mu|\ge\varepsilon)P(∣Mn​−μ∣≥ε) ; comparer cette estimation à la borne de Bienaymé-Tchebychev.

Erreurs fréquentes

  • Interpréter la loi des grands nombres comme une « loi des séries » : penser qu'après une série de faces, pile « doit » rattraper son retard est FAUX. Les tirages sont indépendants ; c'est la MOYENNE (et non la somme des écarts) qui se rapproche de l'espérance.
  • Confondre NNN (nombre de simulations) et nnn (taille de chaque échantillon) dans le code : on simule NNN échantillons de taille nnn chacun. Augmenter nnn concentre MnM_nMn​ autour de μ\muμ ; augmenter NNN améliore la PRÉCISION de l'estimation de la probabilité, pas la concentration elle-même.

Révision active

On lance n=50n=50n=50 fois une pièce équilibrée et on note MnM_nMn​ la fréquence de « pile » (moyenne de variables de Bernoulli B(0,5)\mathcal{B}(0{,}5)B(0,5), donc μ=0,5\mu=0{,}5μ=0,5, σ2=0,25\sigma^2=0{,}25σ2=0,25). a) Majorer P(∣Mn−0,5∣≥0,1)P(|M_n-0{,}5|\ge0{,}1)P(∣Mn​−0,5∣≥0,1) par l'inégalité de concentration. b) Écrire un algorithme Python estimant cette probabilité en simulant N=10 000N=10\,000N=10000 échantillons.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Somme et combinaison linéaire de variables aléatoires : linéarité de l'espérance○
    • 02Variance d'une somme : le cas des variables indépendantes◐
    • 03Échantillon i.i.d. : espérance et variance de la moyenne empirique◐
    • 04Inégalité de Bienaymé-Tchebychev et inégalité de concentration●
    • 05Loi des grands nombres et estimation par simulation (Python)●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Sommes de variables aléatoires

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~23
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019)

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Probabilités — schéma de Bernoulli et loi binomiale

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Algorithmique et programmation

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