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Fiches/HLP — Humanités, littérature et philosophie/Les métamorphoses du moi
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Les métamorphoses du moi

Le thème « Les métamorphoses du moi » est l'une des entrées de l'objet d'étude de terminale « La recherche de soi » (semestre 1), étudiée du romantisme (début du XIXe siècle) au XXe siècle. Le thème interroge l'identité personnelle — son unité et sa permanence à travers le temps —, les formes littéraires de l'écriture de soi (autobiographie, journal, autoportrait, confessions) et les transformations ou altérations du moi (crise, masque, double, perte d'identité). Ce thème est pleinement au programme de l'épreuve écrite de terminale (interprétation littéraire + essai philosophique) ; il fournit aussi une matière riche pour le Grand oral.

5 sections·~29 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·0555 / 8
Profil d’examen
Capacité attendue (terminale) — Interroger l'identité personnelle : son unité, sa permanence à travers le temps et ses transformations (le moi est-il un, stable, ou pluriel et changeant ?).Capacité attendue (terminale) — Analyser les formes littéraires de l'écriture de soi (autobiographie, journal, autoportrait, confessions) et leurs enjeux (sincérité, mémoire, construction de soi).Capacité attendue (terminale) — Confronter approches littéraires et philosophiques de l'identité et du moi (du romantisme au XXe siècle).Capacité attendue (terminale) — Construire une interprétation littéraire et un essai philosophique problématisés sur le moi, sa permanence et ses métamorphoses.
Opérateurs :interroger l'identitéanalyserinterpréter un texteconfronterdistinguerproblématiserargumenterillustrer par un exemple

niveau de base

Maîtrisez d'abord le problème central de l'identité personnelle — qu'est-ce qui fait que je reste « moi » à travers le changement ? — et la typologie des genres de l'écriture de soi (autobiographie, journal, autoportrait, confessions), en sachant les illustrer par un exemple précis (Rousseau, Chateaubriand, Kafka).

niveau approfondi

Pour viser l'excellence, problématisez la tension décisive entre permanence et transformation : le moi est-il une substance qui demeure (illusion d'une identité fixe) ou un processus qui se fait, se défait et se raconte ? Confrontez l'approche philosophique (Locke, Hume, Bergson) et les formes littéraires (écriture de soi, figures du double et de la métamorphose), et mobilisez ce socle au Grand oral.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Les métamorphoses du moi
    • 01L'identité personnelle : unité, mémoire et conscience de soi○
    • 02Écrire le moi : les formes de l'écriture de soi◐
    • 03Métamorphoses du moi : crise, masque, double et transformation●
    • 04Permanence et transformation : le moi, substance ou processus ?●
    • 05Repères d'œuvres (du romantisme au XXe siècle) et méthode des épreuves◐
§ 01

L'identité personnelle : unité, mémoire et conscience de soi#

●○○BaseLPeduscol-programme-hlp

Permanence et changement : le problème de l'identité personnelle

Identité numérique et identité qualitativeTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Numérique · Qualitative; Sens · un seul même être · se ressembler; Au fil du temps · persiste · change; Fondement · mémoire (Locke) · les propriétés, cellule mise en évidence : un seul même êtreNUMÉRIQUEQUALITATIVESENSun seul même êtrese ressemblerAU FIL DU TEMPSpersistechangeFONDEMENTmémoire (Locke)les propriétésTout change (enfant → adulte) et pourtant « je » : qu'est-cequi fonde l'unité de la personne ?

Points clés

L'identité personnelle est ce qui fait qu'une personne reste « la même » à travers le temps, malgré les changements de son corps, de ses idées et de ses états. C'est un problème, non une évidence : tout en moi change (mes cellules, mes opinions, mes goûts), et pourtant je dis « je » comme à celui que j'étais enfant. Le thème interroge cette tension entre permanence (rester soi) et changement (se transformer) — d'où le titre « les métamorphoses du moi ».
Il faut distinguer l'identité numérique et l'identité qualitative. L'identité numérique, c'est être un seul et même être à travers le temps (le « moi » d'hier et celui d'aujourd'hui sont une seule personne, malgré les différences). L'identité qualitative, c'est se ressembler, avoir les mêmes propriétés (deux jumeaux peuvent être qualitativement semblables sans être numériquement identiques). Le problème du moi est celui de l'identité numérique : qu'est-ce qui fonde l'unité d'une personne dans le temps ?
La conscience de soi est l'expérience par laquelle je me saisis comme « moi », sujet de mes pensées et de mes actes. Descartes en fait le socle indubitable : « je pense, donc je suis » — au cœur du doute, la certitude du moi pensant demeure. Mais cette conscience me livre-t-elle un moi un et substantiel, ou seulement le flux changeant de mes états ? C'est là que littérature et philosophie divergent et dialoguent.
La mémoire est le grand fil de l'identité personnelle. Selon Locke (Essai sur l'entendement humain), l'identité d'une personne tient à la continuité de la conscience : je suis le même que celui dont je me souviens avoir été. La mémoire relie mes états successifs en une seule histoire. Mais elle est sélective, faillible, parfois trompeuse : si la mémoire fonde l'identité, ses lacunes et ses reconstructions menacent aussi l'unité du moi.
Une thèse adverse, à connaître, conteste la substance du moi. Hume (Traité de la nature humaine) soutient que, lorsqu'il s'observe, il ne trouve jamais un « moi » fixe, mais seulement une succession de perceptions : le moi serait un « faisceau » (bundle) d'états changeants, sans noyau permanent. Le moi ne serait pas une chose qu'on a, mais une fiction par laquelle on relie ses expériences. Cette thèse ouvre directement la question des métamorphoses du moi.
Exemple corrigé

Interpréter le rôle de la mémoire dans l'identité

Un personnage déclare : « J'ai oublié presque toute mon enfance ; suis-je encore vraiment celui que j'étais alors ? » En vous appuyant sur la distinction identité numérique / identité qualitative et sur la thèse de Locke, discutez cette interrogation.

  1. 01Repérer l'inquiétude

    Le personnage doute de sa propre permanence : l'oubli de l'enfance lui fait craindre de n'être plus « le même ». Il met le doigt sur le lien supposé entre mémoire et identité — si je ne me souviens pas, suis-je encore relié à celui que j'étais ?

  2. 02Lever l'ambiguïté

    Il faut distinguer deux sens de « le même ». Au sens numérique, le personnage est resté un seul et même être (aucune autre personne n'a vécu son enfance à sa place) ; au sens qualitatif, il a beaucoup changé (un adulte ne ressemble guère à l'enfant qu'il fut). L'oubli concerne le contenu, non l'unité de l'être.

  3. 03Mobiliser la thèse de Locke

    Selon Locke, l'identité personnelle tient à la continuité de la conscience : je suis le même que celui dont je peux me souvenir avoir été. L'oubli total d'une période semble donc rompre le fil — c'est la difficulté du cas. Mais la conscience peut se relier indirectement : par les souvenirs intermédiaires, les récits d'autrui, les traces, le moi reste rattaché à son passé même non remémoré.

  4. 04Conclure de façon nuancée

    L'oubli n'abolit pas l'identité numérique (on reste le même être), mais il fragilise le sentiment de continuité qui, selon Locke, fonde l'identité personnelle vécue. D'où une réponse mesurée : on demeure la même personne, mais l'identité n'est pas un donné figé — elle se tisse et se retisse par la mémoire, qui peut se rompre, se reconstruire, se raconter.

Résultat : L'interrogation confond permanence de l'être (identité numérique, qui n'est pas abolie par l'oubli) et continuité de la conscience (qui, selon Locke, fonde l'identité personnelle vécue et que l'oubli fragilise). On reste donc la même personne, mais le moi n'est pas une substance figée : il est tissé par une mémoire faillible, ce qui ouvre déjà la question des métamorphoses du moi.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir poser rigoureusement le problème de l'identité personnelle (permanence vs changement) et distinguer identité numérique / identité qualitative — c'est l'outil de problématisation de tout le thème dans l'essai.
  • Objectif Bac : interpréter un texte (littéraire ou philosophique) sur la conscience ou la mémoire de soi en montrant quelle CONCEPTION du moi il met en jeu (moi-substance permanent vs moi-flux relié par la mémoire), plutôt que de paraphraser.

Erreurs fréquentes

  • Tenir l'identité du moi pour une évidence (« je suis moi, c'est tout »). Le thème suppose au contraire d'en faire un PROBLÈME : qu'est-ce qui fonde l'unité d'une personne quand tout en elle change ? Ne pas voir le problème, c'est manquer le cœur du sujet.
  • Confondre identité numérique et identité qualitative. « Je ne suis plus le même » peut signifier deux choses très différentes : je ne suis plus le même être (rupture d'identité numérique, ce qui est rare et radical) ou je n'ai plus les mêmes propriétés (changement qualitatif, ordinaire). L'essai doit lever cette ambiguïté.

Révision active

À partir de la formule « je suis le même que celui dont je me souviens avoir été », rédigez un paragraphe d'essai problématisé : la mémoire suffit-elle à fonder l'identité personnelle ? Discutez en confrontant la thèse de Locke (la continuité de la conscience) et la difficulté que soulèvent les oublis et les reconstructions de la mémoire.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 02

Écrire le moi : les formes de l'écriture de soi#

●●○StandardLPeduscol-programme-hlp

Typologie des genres de l'écriture de soi

Typologie des genres de l'écriture de soiArbre de probabilité, 4 chemins, Données: Autobiographie → récit rétrospectif; Journal intime → au jour le jour; Autoportrait → le moi tel qu'il est; Confessions → visée d'aveuAutobiographieJournal intimeAutoportraitConfessionsÉcriture de soirécit rétrospectifau jour le jourle moi tel qu'il estvisée d'aveu

Points clés

L'écriture de soi est l'ensemble des formes par lesquelles un auteur se prend lui-même pour objet : raconter sa vie, dire son intériorité, faire son portrait. Écrire le moi, ce n'est pas seulement le décrire : c'est aussi le constituer, car en se racontant on met de l'ordre, on choisit, on interprète sa propre histoire. L'écriture de soi est donc à la fois expression et construction du moi.
Il faut connaître la typologie des principaux genres. L'autobiographie est le récit rétrospectif qu'une personne réelle fait de sa propre vie, en mettant l'accent sur son histoire individuelle (Rousseau, Les Confessions ; Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe). Le journal intime est l'écriture au jour le jour, non rétrospective, qui suit le moi dans sa durée présente. L'autoportrait peint le moi tel qu'il est plutôt que son histoire (les Essais de Montaigne, en arrière-plan). Les confessions ajoutent une visée d'aveu et de vérité (avouer ses fautes, se montrer tel qu'on est).
Le « pacte autobiographique » (notion forgée par le critique Philippe Lejeune au XXe siècle) éclaire l'écriture de soi : l'autobiographie repose sur un engagement de l'auteur à dire la vérité sur lui-même, et sur l'identité entre l'auteur, le narrateur et le personnage (le « je » qui écrit, le « je » qui raconte et le « je » dont on parle sont une seule personne). Ce pacte distingue l'autobiographie du roman, même écrit à la première personne.
L'enjeu central de l'écriture de soi est la sincérité — et ses limites. Rousseau ouvre Les Confessions par une promesse radicale : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature, et cet homme, ce sera moi. » Mais dire vrai sur soi est difficile, voire impossible : la mémoire est lacunaire, l'amour-propre embellit, et le langage met en forme. L'écriture de soi oscille entre vérité visée et reconstruction inévitable.
Écrire le moi le transforme : c'est un acte, non un simple miroir. En se racontant, l'auteur donne à sa vie une forme, une cohérence, parfois un sens qu'elle n'avait pas dans l'instant vécu. Le moi écrit n'est jamais tout à fait le moi vécu : il est recomposé par le récit. Ainsi l'écriture de soi est l'une des « métamorphoses du moi » — non pas seulement le dire, mais le refaire.
Exemple corrigé

Interpréter la promesse de sincérité de Rousseau

Rousseau ouvre Les Confessions par cette ambition : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature, et cet homme, ce sera moi. » Analysez cette promesse et discutez si une sincérité totale est possible dans l'écriture de soi.

  1. 01Caractériser l'ambition

    Rousseau pose un projet inédit et absolu : se montrer « dans toute la vérité de la nature », c'est-à-dire sans masque, sans embellissement, tel qu'il est réellement. C'est l'expression la plus forte du pacte autobiographique : l'auteur s'engage à dire vrai sur lui-même, en s'identifiant pleinement au « je » qu'il met en scène.

  2. 02Mesurer l'enjeu

    La promesse est celle d'une transparence intégrale : tout dire, y compris ce qui est honteux ou défavorable (le mot « confessions » vient de l'aveu). Rousseau veut rompre avec les autobiographies flatteuses : la vérité prime sur l'image avantageuse de soi. C'est ce qui fait l'audace et la nouveauté de l'entreprise.

  3. 03Identifier les limites

    Mais une sincérité totale se heurte à des obstacles : la mémoire est lacunaire et reconstruit le passé ; l'amour-propre incline, souvent à l'insu de l'auteur, à se justifier ou à se rendre intéressant ; et le langage lui-même met en forme, sélectionne, dramatise. Dire vrai sur soi suppose de se connaître, ce qui n'est jamais entier.

  4. 04Conclure de façon nuancée

    La sincérité n'est donc pas tant une transparence atteinte qu'une VISÉE, un effort jamais achevé. Rousseau peut être sincère dans son intention sans livrer une vérité parfaite : son texte construit autant qu'il décrit le moi. La valeur des Confessions tient moins à une vérité garantie qu'à l'effort héroïque, et avoué, de se dire au plus près.

Résultat : La promesse de Rousseau exprime, au plus haut degré, le pacte autobiographique et son exigence de sincérité (tout dire, sans flatterie). Mais une sincérité totale est inaccessible : la mémoire, l'amour-propre et la mise en forme par le langage font de l'écriture de soi une reconstruction autant qu'un reflet. La sincérité est une visée — un effort jamais achevé — plus qu'une transparence atteinte : écrire le moi, c'est aussi le métamorphoser.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir identifier et caractériser un genre de l'écriture de soi (autobiographie, journal, autoportrait, confessions) à partir d'un texte, et nommer ses traits propres (rétrospection, datation au jour le jour, visée d'aveu, etc.).
  • Objectif Bac : interpréter un texte d'écriture de soi en interrogeant la question de la SINCÉRITÉ et du pacte autobiographique (l'auteur dit-il vrai ? le récit construit-il le moi qu'il prétend décrire ?), plutôt que de prendre le texte pour un reflet transparent.

Erreurs fréquentes

  • Prendre l'écriture de soi pour un miroir transparent et fiable du moi (« puisqu'il raconte sa vie, c'est forcément vrai »). La mémoire est sélective, l'amour-propre embellit, le récit met en forme : l'écriture de soi VISE la vérité mais ne la garantit pas — elle construit autant qu'elle reflète.
  • Confondre autobiographie et roman autobiographique (ou roman à la première personne). L'autobiographie repose sur un pacte de vérité et sur l'identité auteur / narrateur / personnage ; un roman écrit en « je » (même inspiré de la vie de l'auteur) ne s'y engage pas. Mélanger les deux fait manquer l'enjeu de sincérité propre au genre.

Révision active

À partir de l'incipit des Confessions de Rousseau (« Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature… »), rédigez un paragraphe d'interprétation : quelle ambition l'auteur affiche-t-il, et cette promesse de sincérité totale est-elle tenable ? Appuyez-vous sur le pacte autobiographique et sur les limites de la mémoire.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 03

Métamorphoses du moi : crise, masque, double et transformation#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-hlp

Les figures de la métamorphose du moi

Les figures de la métamorphose du moiroue segmentée, 4 segments, Données: LE MOI, CRISE, MASQUE, DOUBLE, MÉTAMORPHOSECRISErupture, conversionMASQUEêtre / paraîtreDOUBLEJekyll & HydeMÉTAMORPHOSEKafka (Gregor)LE MOIUn ou multiple ? Moi-substance (qui demeure) ou moi-processus (qui se fait) — Hume, Bergson.

Points clés

Si l'identité personnelle est un problème, c'est que le moi peut se transformer, s'altérer, voire se perdre : ce sont ses métamorphoses. Une métamorphose est un changement de forme profond, qui touche l'être même et non seulement ses qualités de surface. Le thème explore ces transformations sous plusieurs figures littéraires et philosophiques : la crise, le masque, le double, la perte d'identité.
La crise est le moment où l'unité du moi se fissure : conversion, rupture, deuil, maladie, vieillissement font qu'on ne se reconnaît plus, qu'on devient « un autre ». Loin d'être seulement une menace, la crise peut être un moment de vérité ou de renaissance — c'est aussi par les crises que le moi se cherche et se refait. La « recherche de soi » suppose souvent de traverser de telles ruptures.
Le masque (du latin persona, qui a donné « personne ») interroge le rapport entre l'être et le paraître. Suis-je celui que je montre, ou le masque cache-t-il un moi « vrai » ? La pensée du masque oscille entre deux thèses : ou bien le masque dissimule une identité authentique sous-jacente, ou bien il n'y a pas de moi « derrière » — nous ne sommes que la succession de nos rôles. Le moi serait alors pluriel, fait de personnages.
Le double et le dédoublement mettent en scène l'éclatement de l'unité du moi. Stevenson (L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, 1886) figure deux moi dans un seul être ; la folie, le rêve, l'ivresse, le portrait (Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, 1890) sont d'autres formes de cette altération. Le double dramatise une vérité du thème : le moi n'est peut-être pas un, mais traversé de tensions, de parts étrangères à lui-même.
La métamorphose radicale interroge les limites de l'identité : jusqu'où peut-on changer en restant soi ? Kafka (La Métamorphose, 1915) transforme Gregor Samsa en insecte tout en lui conservant sa conscience d'homme : l'identité résiste-t-elle quand le corps et le regard d'autrui ne reconnaissent plus le moi ? La philosophie (héritage de Hume sur le moi comme faisceau changeant ; Bergson sur le moi comme durée et création continue) éclaire ces fictions : le moi n'est peut-être pas une chose qui demeure, mais un processus qui se fait et se défait.
Exemple corrigé

Analyser le double comme métamorphose du moi (Stevenson)

Dans L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (Stevenson, 1886), un même homme se dédouble en deux personnages opposés. Analysez cette figure du double : que révèle-t-elle de l'unité et de l'identité du moi ?

  1. 01Décrire la figure

    Jekyll, médecin respectable, se transforme par une potion en Hyde, être de cruauté et de violence. Il ne s'agit pas de deux personnes mais d'un seul homme qui devient un autre : le double est une figure de l'altération du moi, où l'unité de la personne se scinde en deux identités contradictoires hébergées dans un même être.

  2. 02Dégager l'enjeu sur le moi

    Le récit dramatise une tension : et si l'unité du moi n'était qu'une façade ? Hyde n'est pas un intrus venu du dehors, mais une part de Jekyll lui-même, refoulée par la respectabilité. Le double suggère que le moi n'est pas homogène mais traversé de parts étrangères à l'image qu'il donne — l'identité « une » serait une construction fragile.

  3. 03Interroger l'être et le paraître

    Jekyll, sous le masque social de l'honorabilité, abrite Hyde : la figure du double rejoint celle du masque. Y a-t-il un « vrai » moi (Jekyll ? Hyde ?) ou les deux sont-ils également le moi ? Le récit refuse la réponse simple : Hyde est bien Jekyll, et c'est cela qui est terrifiant — le mal n'est pas l'autre, il est en soi.

  4. 04Confronter à une thèse philosophique

    On peut éclairer la fiction par Hume : si le moi n'est qu'un faisceau d'états divers reliés par habitude, alors l'unité d'une personne est toujours menacée de se défaire en tendances opposées. Le double de Stevenson donne corps à cette idée : l'identité « une » est moins un fait qu'un équilibre instable, qu'une métamorphose peut rompre.

Résultat : La figure du double, chez Stevenson, n'est pas un simple ressort fantastique : elle met à l'épreuve l'UNITÉ du moi. Hyde étant une part de Jekyll lui-même, le récit suggère que l'identité une est une construction fragile, recouvrant des tendances contradictoires (lien avec le masque, être / paraître). Éclairée par Hume (le moi comme faisceau menacé de se défaire), cette métamorphose montre que le moi n'est peut-être pas une substance simple et permanente, mais un équilibre instable.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir analyser une figure de la métamorphose du moi dans un texte (crise, masque, double, transformation) en montrant ce qu'elle révèle de l'identité (unité menacée, moi pluriel, être / paraître), au lieu d'en rester au récit.
  • Objectif Bac : problématiser la tension permanence / transformation — le moi est-il une substance qui demeure ou un processus qui se métamorphose ? — en confrontant une fiction (Stevenson, Kafka) et une thèse philosophique (Hume, Bergson).

Erreurs fréquentes

  • Traiter la métamorphose comme un simple ressort fantastique ou un événement extérieur, sans interroger ce qu'elle dit du MOI. Le double, le masque ou la transformation kafkaïenne sont des opérateurs philosophiques : ils mettent à l'épreuve l'unité et la permanence de l'identité — c'est cela qu'il faut analyser.
  • Supposer sans examen qu'il existe un « vrai moi » fixe caché sous les masques et les changements. C'est une thèse parmi d'autres (et discutable) : pour Hume, il n'y a pas de noyau permanent mais un faisceau d'états ; pour Bergson, le moi est durée et changement continu. L'essai doit DISCUTER l'existence d'un moi substantiel, non la présupposer.

Révision active

Sujet d'essai d'entraînement : « Peut-on changer profondément tout en restant soi-même ? » Construisez un paragraphe problématisé en mobilisant au moins une figure littéraire de la métamorphose (par exemple Jekyll et Hyde de Stevenson, ou La Métamorphose de Kafka) et une thèse philosophique sur le moi (Hume ou Bergson).

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 04

Permanence et transformation : le moi, substance ou processus ?#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-hlp

Substance ou processus : deux conceptions du moi

Substance ou processus : deux conceptions du moiTableau de 3 colonnes et 4 lignes, Données: Moi-substance · Moi-processus; Nature · noyau permanent · faisceau, durée; Auteurs · Descartes (cogito) · Hume, Bergson; Changer · = menace · = manière d'exister; Le moi · donné, fixe · fait dans le temps, cellule mise en évidence : faisceau, duréeMOI-SUBSTANCEMOI-PROCESSUSNATUREnoyau permanentfaisceau, duréeAUTEURSDescartes (cogito)Hume, BergsonCHANGER= menace= manière d'existerLE MOIdonné, fixefait dans le tempsSynthèse — identité narrative : le récit relie continuité ETtransformation ; se raconter, c'est unifier sesmétamorphoses.

Points clés

Le débat de fond du thème oppose deux conceptions du moi. Selon la conception substantialiste, le moi est une substance — un noyau permanent qui demeure identique sous le flux changeant des états. C'est l'intuition spontanée et l'héritage cartésien (le « je » du cogito comme sujet stable). Cette conception fonde l'idée d'une identité fixe, qu'il s'agirait de « retrouver » sous les masques et les métamorphoses.
À cette thèse s'oppose la conception du moi comme faisceau ou processus. Hume (Traité de la nature humaine) nie toute substance permanente : en s'observant, on ne trouve que des perceptions successives, jamais un « moi » fixe. Le moi serait un « faisceau » (bundle) d'états reliés par l'habitude et la mémoire — une fiction utile, non une chose. Il n'y aurait donc pas un moi sous les changements, mais seulement les changements eux-mêmes, reliés.
Bergson (Essai sur les données immédiates de la conscience) renouvelle la question avec la notion de durée. Le moi profond n'est pas une juxtaposition d'états séparés mais un écoulement continu où le passé se prolonge dans le présent et où chaque instant est création de nouveauté. Le moi n'est pas une chose qui demeure identique, mais une durée qui se transforme sans cesse : « pour un être conscient, exister consiste à changer ». Changer n'est plus l'opposé de l'identité, mais sa manière d'être.
Ces conceptions reconfigurent le paradoxe permanence / transformation. Si le moi est une substance, alors les métamorphoses (crise, double, vieillissement) sont des accidents qui menacent une identité supposée fixe. Si le moi est un processus (Hume, Bergson), alors se transformer n'est pas perdre son identité mais l'accomplir : l'unité du moi n'est pas donnée d'avance, elle se fait dans le temps, par la mémoire et le récit. La métamorphose cesse d'être une menace pour devenir le mode même de l'existence.
La littérature de l'écriture de soi rejoint cette idée : raconter sa vie, c'est relier des états successifs en une histoire, donc CONSTRUIRE une unité plutôt que la constater. Le moi écrit (autobiographie, journal) est un moi tissé par le récit. Ainsi l'identité personnelle apparaît finalement comme une identité NARRATIVE : ce qui unifie le moi à travers ses métamorphoses, ce n'est pas une substance cachée, mais l'histoire continuée que la conscience et le récit en font.
Exemple corrigé

Construire un plan dialectique sur le moi et le changement

« Peut-on changer profondément tout en restant soi-même ? » Proposez un plan dialectique problématisé en trois temps, avec pour chaque partie une thèse et une référence.

  1. 01Problématiser

    Le sujet oppose changement et permanence : changer « profondément » semble menacer le « rester soi ». L'enjeu est de savoir si l'identité personnelle est compatible avec la transformation, ou si une métamorphose radicale détruit le moi. La tension est réelle : tout en moi change, et pourtant je continue à dire « je ».

  2. 02Thèse — changer profondément, c'est cesser d'être soi

    Première partie : si le moi est une substance, un noyau fixe (intuition spontanée, héritage cartésien du cogito), alors une transformation profonde l'altère et le détruit. Les figures littéraires de la métamorphose (Jekyll devenant Hyde chez Stevenson, Gregor changé en insecte chez Kafka) semblent dire cette perte d'identité : on devient « un autre ».

  3. 03Antithèse — changer est la manière même d'être soi

    Deuxième partie : mais Hume nie tout noyau permanent (le moi est un faisceau d'états), et Bergson montre que, pour un être conscient, « exister consiste à changer ». Le moi n'est pas une chose figée mais une durée qui crée sans cesse de la nouveauté. Dès lors, changer n'est pas perdre son identité : c'est l'accomplir, car l'identité se fait dans le temps.

  4. 04Synthèse — l'identité narrative tient les deux

    Troisième partie : la solution n'est ni le moi-substance fixe ni le pur flux sans unité, mais l'identité NARRATIVE. Ce qui me fait rester « moi » à travers mes métamorphoses, ce n'est pas une substance cachée, mais l'histoire continuée que j'en fais — par la mémoire et le récit (l'écriture de soi : Rousseau, Chateaubriand). Je reste moi-même en ME RACONTANT, c'est-à-dire en reliant mes transformations en une seule histoire.

Résultat : Plan dialectique : (I) si le moi est une substance fixe, changer profondément le détruit — les métamorphoses (Stevenson, Kafka) figureraient une perte d'identité ; (II) mais Hume (le moi-faisceau) et Bergson (le moi-durée, « exister consiste à changer ») montrent que changer est la manière même d'être soi ; (III) d'où la synthèse de l'identité narrative : on reste soi à travers ses métamorphoses non par une substance cachée, mais par l'histoire continuée qu'on en fait (le récit, l'écriture de soi). La réponse refuse l'alternative et tient la tension du thème.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir construire un essai DIALECTIQUE qui tient ensemble permanence et transformation — le moi est à la fois ce qui demeure (par la mémoire, le récit) et ce qui change (durée, métamorphoses) —, au lieu de trancher naïvement pour un seul terme.
  • Objectif Bac : mobiliser à bon escient les thèses de Hume (le moi-faisceau) et de Bergson (le moi-durée) pour DÉPASSER l'idée naïve d'un moi-substance fixe, et faire dialoguer ces thèses avec les fictions littéraires du thème.

Erreurs fréquentes

  • Présupposer sans discussion qu'il existe un moi-substance fixe à « retrouver » sous les masques et les changements. C'est précisément ce que Hume et Bergson contestent : l'essai doit DISCUTER cette thèse, pas la poser comme évidente. L'attendu est de problématiser, non de réciter une intuition.
  • Opposer brutalement permanence et changement comme s'ils s'excluaient (« ou bien je reste le même, ou bien je change »). Bergson montre justement que, pour un être conscient, changer EST sa manière d'exister : l'identité narrative tient ensemble la continuité (mémoire, récit) et la transformation (durée). Refuser la nuance fait manquer le cœur dialectique du thème.

Révision active

Sujet d'essai d'entraînement : « Le moi est-il une chose qui demeure, ou une histoire qui se fait ? » Construisez un plan dialectique en trois temps (thèse : le moi-substance permanent ; antithèse : le moi-faisceau ou durée changeante, Hume et Bergson ; synthèse : l'identité narrative), en mobilisant au moins une référence littéraire de l'écriture de soi ou de la métamorphose.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)

§ 05

Repères d'œuvres (du romantisme au XXe siècle) et méthode des épreuves#

●●○StandardLPeduscol-programme-hlp

Frise des repères : le moi du romantisme au XXe siècle

Le moi : du romantisme au XXe siècleFrise chronologique de 1780 à 1930, 1782: Rousseau · Confessions, 1849: Chateaubriand · Mémoires, 1886: Stevenson · Jekyll & Hyde, 1889: Bergson · durée, 1915: Kafka · Métamorphose, 1780–1850: Romantisme — écriture de soi, 1850–1900: Fin XIXe — le double, 1900–1930: XXe — métamorphose17801930annéeRomantisme —écriture de soiFin XIXe — ledoubleXXe — métamorphose1782Rousseau ·Confessions1849Chateaubriand ·Mémoires1886Stevenson ·Jekyll & Hyde1889Bergson · durée1915Kafka ·Métamorphose

Points clés

La période de référence du thème va du romantisme (début du XIXe siècle) au XXe siècle. Maîtriser une frise de repères permet de confronter des textes (capacité attendue) et d'ancrer la réflexion, plutôt que de juxtaposer des auteurs sans repères. NB : certaines références fondatrices sont antérieures à la période — Montaigne (les Essais, XVIe s.) pour l'autoportrait, Rousseau (Les Confessions, 1782-1789) à la charnière, et les sources philosophiques (Locke, Hume au XVIIIe s.) ; on les mobilise comme arrière-plan, le cœur de la période restant le XIXe et le XXe siècle.
Le romantisme et le XIXe siècle — l'essor de l'écriture de soi et l'exploration du moi. Le romantisme place le moi au centre : Chateaubriand (Mémoires d'outre-tombe, 1849-1850) porte l'autobiographie à un sommet ; le journal intime se développe ; la littérature explore aussi les altérations du moi et le double à la fin du siècle (Stevenson, L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde, 1886 ; Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, 1890). La philosophie interroge la conscience et la durée (Bergson, à la charnière des deux siècles, 1889).
Le XXe siècle — le moi en crise et la métamorphose. Le siècle approfondit l'écriture de soi (autobiographies, autofictions, journaux) et radicalise les figures de l'altération : Kafka (La Métamorphose, 1915) interroge l'identité par une transformation impossible ; la psychanalyse (Freud, l'inconscient) déplace le moi de son centre, montrant qu'« il n'est pas maître dans sa propre maison ». Le moi n'est plus un point de départ assuré, mais un problème, un champ de tensions et de métamorphoses.
Les figures et notions à mobiliser sur toute la période : l'identité (numérique / qualitative) ; la permanence et le changement ; la mémoire et la conscience de soi ; la sincérité (et le pacte autobiographique) ; le masque, le double, la crise, la métamorphose ; le moi comme substance / faisceau / durée / identité narrative. Ces couples permettent de relier des œuvres éloignées (un récit autobiographique du XIXe et une fiction de métamorphose du XXe) autour d'un même problème : qu'est-ce qui fait l'unité d'un moi qui se transforme ?
Les deux exercices de l'épreuve écrite de HLP sont à connaître précisément. L'interprétation littéraire part d'un TEXTE précis (souvent un texte littéraire en lien avec le thème) qu'il faut analyser (procédés, sens, enjeu) ; l'essai philosophique part d'une QUESTION du thème qu'il faut problématiser et discuter de façon argumentée et nuancée. La spécialité HLP attend qu'on fasse dialoguer la littérature et la philosophie.
Exemple corrigé

Confronter un texte autobiographique et une fiction de métamorphose

Reliez les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand (1849-1850) et La Métamorphose de Kafka (1915). Quelle même question sur l'identité du moi ces deux œuvres, pourtant très différentes, éclairent-elles ?

  1. 01Situer les deux textes

    Les Mémoires d'outre-tombe (XIXe s., autobiographie) sont l'entreprise d'un homme qui, par le récit rétrospectif, tente de ressaisir et d'unifier toute sa vie — de fixer son moi pour la postérité. La Métamorphose (XXe s., fiction) raconte Gregor Samsa changé en insecte tout en gardant sa conscience d'homme. Genres et époques diffèrent : c'est l'intérêt de la confrontation.

  2. 02Dégager la question commune

    Les deux œuvres interrogent ce qui fait l'unité et la permanence du moi. Chateaubriand cherche à RELIER en une histoire les états successifs d'une vie — geste de l'identité narrative. Kafka pose à l'inverse la question de la rupture : quand le corps et le regard d'autrui ne reconnaissent plus Gregor, que reste-t-il de son identité ? Permanence d'un côté, altération radicale de l'autre.

  3. 03Faire jouer le contraste

    Chez Chateaubriand, le récit construit la continuité du moi malgré le temps (le moi se tisse par la mémoire et l'écriture) ; chez Kafka, la métamorphose met cette continuité à l'épreuve extrême : la conscience subsiste, mais l'apparence et la reconnaissance sociale s'effondrent. L'une montre le moi UNIFIÉ par le récit, l'autre le moi MENACÉ par la transformation et le rejet d'autrui.

  4. 04Conclure sur l'apport de la confrontation

    La confrontation éclaire un même problème — qu'est-ce qui fait l'unité d'un moi qui se transforme ? — sous deux angles complémentaires : l'effort d'unification par l'écriture de soi (Chateaubriand) et l'épreuve de la métamorphose qui défait cette unité (Kafka). Relier littérature et philosophie du moi, c'est précisément le geste attendu en HLP.

Résultat : Les deux œuvres éclairent la même question — qu'est-ce qui fait l'unité d'un moi qui se transforme ? — de façon complémentaire : Chateaubriand tente de l'UNIFIER par le récit autobiographique (identité narrative), tandis que Kafka en figure la MENACE par une métamorphose radicale où la conscience subsiste mais où la reconnaissance s'effondre. La confrontation, en faisant dialoguer une autobiographie et une fiction de métamorphose, est le geste même de la spécialité HLP.

Objectif Bac

  • Objectif Bac (confrontation) : savoir relier deux textes ou deux œuvres autour d'un même enjeu du moi (par exemple un texte autobiographique et une fiction de métamorphose, ou un texte littéraire et un texte philosophique sur l'identité), en mobilisant une notion commune (permanence / transformation, sincérité, double).
  • Objectif Bac (méthode) : connaître les deux exercices de l'épreuve écrite de HLP — l'interprétation littéraire et l'essai philosophique — et savoir construire chacun de façon rigoureuse, problématisée et nuancée.

Erreurs fréquentes

  • Aligner les auteurs sans les situer ni les relier : citer « Rousseau, Stevenson, Kafka, Bergson » sans dater ni montrer ce qui les rapproche ou les oppose. La capacité attendue est la CONFRONTATION argumentée, pas l'accumulation de noms.
  • Confondre les deux exercices de l'épreuve : l'interprétation littéraire part d'un TEXTE précis à analyser (procédés, sens, lien au thème), tandis que l'essai part d'une QUESTION à problématiser. Traiter l'un comme l'autre (paraphraser au lieu d'argumenter, ou disserter sans s'appuyer sur le texte) fait perdre des points.

Révision active

Construisez une fiche-repères en deux colonnes (XIXe siècle / XXe siècle). Pour chaque période, notez deux auteurs ou œuvres et la figure du moi qu'ils éclairent (écriture de soi, double, métamorphose, etc.). Reliez ensuite les deux périodes par une même notion (par exemple permanence / transformation) en une phrase argumentée.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Épreuve de spécialité humanités, littérature et philosophie — définition de l'épreuve (note de service, BO) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01L'identité personnelle : unité, mémoire et conscience de soi○
    • 02Écrire le moi : les formes de l'écriture de soi◐
    • 03Métamorphoses du moi : crise, masque, double et transformation●
    • 04Permanence et transformation : le moi, substance ou processus ?●
    • 05Repères d'œuvres (du romantisme au XXe siècle) et méthode des épreuves◐

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Les métamorphoses du moi

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~29
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Éduscol — ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi »)

Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019)

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Les expressions de la sensibilité

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Création, continuités et ruptures

EuraStudy·Fiches T·05·MMXXVI

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