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Fiches/Histoire-Géographie/Remises en cause des années 1970 à 1991
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Remises en cause des années 1970 à 1991

Des années 1970 à 1991, le monde issu de la croissance d'après-guerre et de la guerre froide est profondément remis en cause. Les chocs pétroliers (1973, 1979) brisent l'élan des Trente Glorieuses et ouvrent une ère de crise, de chômage de masse et de mutations économiques (mondialisation libérale, dérégulation, tournants néolibéraux de Thatcher et Reagan). Dans le même temps, le bloc soviétique s'essouffle puis s'effondre : la perestroïka et la glasnost de Gorbatchev (1985) ne sauvent pas l'URSS ; la chute du mur de Berlin (1989) et la disparition de l'URSS (1991) mettent fin au monde bipolaire et à la guerre froide.

4 sections·~20 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·0999 / 12
Profil d’examen
Procéder à l'analyse critique de documents de la période (données économiques de la crise, discours politiques du tournant libéral, images de 1989) : identifier la nature, l'auteur, la date, le contexte et l'intention de la source, en dégager le sens et la portée et en mesurer les limites — capacité d'étude critique de document(s) attendue en terminale.Contextualiser les mutations économiques, sociales et géopolitiques des années 1970 à 1991 : situer un fait (choc pétrolier, tournant libéral, perestroïka, 1989) dans la chronologie d'ensemble de la période et dans l'évolution du monde issu de 1945.Mettre en relation crise économique, recompositions politiques et fin de la guerre froide : montrer comment la fin de la croissance, les nouvelles aspirations sociales et culturelles et l'essoufflement du bloc soviétique se conjuguent pour défaire l'ordre des Trente Glorieuses et de la bipolarité.Construire et rédiger une argumentation historique structurée, à l'écrit (composition, étude critique de document[s]) comme à l'oral, mobilisant repères, notions et raisonnement — capacité d'argumentation attendue en terminale.
Opérateurs :analyser un document (données économiques, discours politique, photographie de 1989)critiquer (mesurer la portée et les limites d'une source)contextualisermettre en relation (crise économique, recompositions politiques, fin de la guerre froide)expliquerargumenterrédiger une composition / une étude critique de document(s)

niveau de base

Verrouillez d'abord les repères et les notions du thème. Repères clés : 1973 et 1979 (chocs pétroliers, fin des Trente Glorieuses) ; 1975 (acte final d'Helsinki) ; 1979 (révolution iranienne ; invasion soviétique de l'Afghanistan ; arrivée de Margaret Thatcher au pouvoir au Royaume-Uni) ; 1981 (Ronald Reagan président des États-Unis ; François Mitterrand président de la République, première alternance de gauche sous la Ve République) ; 1976 (mort de Mao Zedong) et 1978 (Deng Xiaoping engage l'ouverture économique de la Chine) ; 1985 (Mikhaïl Gorbatchev secrétaire général du PCUS, perestroïka et glasnost) ; 1989 (chute du mur de Berlin, le 9 novembre ; effondrement des démocraties populaires d'Europe de l'Est ; massacre de la place Tian'anmen en Chine, en juin) ; 1990 (réunification de l'Allemagne) ; 1991 (disparition de l'URSS, fin du monde bipolaire). Sachez DÉFINIR avec précision : crise, choc pétrolier, stagflation, chômage de masse, mondialisation, néolibéralisme, dérégulation, perestroïka, glasnost, démocraties populaires, transition démocratique, monde bipolaire.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : tenez ensemble les DEUX remises en cause de la période et montrez qu'elles se répondent. D'un côté, la fin de la croissance (chocs pétroliers, stagflation, chômage) provoque un changement de modèle économique : recul du compromis keynésien et de l'État-providence, essor d'un capitalisme mondialisé et dérégulé porté par les tournants néolibéraux (Thatcher, Reagan). De l'autre, le bloc soviétique, en retard économique et incapable de se réformer, s'essouffle : les réformes de Gorbatchev (perestroïka, glasnost) libèrent des aspirations qu'elles ne peuvent contenir et précipitent l'effondrement (1989-1991). La THÈSE du thème : entre 1970 et 1991, c'est tout l'ordre né de l'après-guerre — modèle de croissance ET affrontement bipolaire — qui est remis en cause, jusqu'à ouvrir un monde nouveau, dominé par un seul modèle (la démocratie libérale de marché) mais aux équilibres incertains.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 4 sections▾
  1. Remises en cause des années 1970 à 1991
    • 01La fin de la croissance et les mutations économiques (1973-années 1980)○
    • 02Nouveaux modèles politiques et nouvelles aspirations sociales et culturelles◐
    • 03L'essoufflement puis l'effondrement du bloc soviétique (1975-1991)◐
    • 041989-1991 : la fin de la guerre froide et un nouvel ordre mondial en gestation●
§ 01

La fin de la croissance et les mutations économiques (1973-années 1980)#

●○○BaseLPeduscol-programme-histoire-geographie

1973 : la fin des Trente Glorieuses

L'entrée dans la criseGraphe, Choc pétrolier (1973) → Fin des Trente Glorieuses, Fin des Trente Glorieuses → Stagflation (chômage + inflation), Stagflation (chômage + inflation) → Néolibéralisme (Reagan, Thatcher)Choc pétrolier(1973)Fin des TrenteGlorieusesStagflation(chômage +inflation)Néolibéralisme(Reagan,Thatcher)
Fig. 1De la prospérité à la crise : le choc pétrolier de 1973 met fin aux Trente Glorieuses et ouvre l'ère de la stagflation, à laquelle répond le tournant néolibéral.

Points clés

Les CHOCS PÉTROLIERS de 1973 (guerre du Kippour, l'OPEP quadruple le prix du baril) et de 1979 (révolution iranienne) brisent l'élan des « TRENTE GLORIEUSES » (l'expression de Jean Fourastié désigne les trois décennies de forte croissance de 1945 à 1973). L'énergie devient brutalement chère : la machine économique des pays développés se grippe.
S'installe alors une CRISE durable et inédite, la STAGFLATION : pour la première fois, une croissance faible (parfois une récession) se combine à une forte INFLATION et à un CHÔMAGE DE MASSE qui devient structurel. La pensée keynésienne, qui avait guidé l'après-guerre, ne parvient plus à expliquer ni à soigner cette situation.
La crise accélère une MONDIALISATION et une recomposition de l'appareil productif : désindustrialisation des vieux bassins (charbon, sidérurgie, textile) dans les pays développés, délocalisations, montée des services, et émergence de nouveaux pays industriels (les « dragons » asiatiques). Le capitalisme se fait plus mondial et plus financier.
Face à l'échec des recettes keynésiennes, un TOURNANT NÉOLIBÉRAL s'impose à partir de 1979-1981, incarné par Margaret THATCHER au Royaume-Uni (1979) et Ronald REAGAN aux États-Unis (1981) : priorité à la lutte contre l'inflation, baisse des impôts, DÉRÉGULATION (libération des marchés, notamment financiers), privatisations et réduction du rôle de l'État dans l'économie.
Point de passage et d'ouverture (PPO) — la RÉPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE DE MAO À DENG XIAOPING : après la mort de Mao Zedong (1976), Deng Xiaoping engage à partir de 1978 les « quatre modernisations » et ouvre l'économie chinoise au marché et aux investissements étrangers (« socialisme de marché »), tout en maintenant fermement le monopole du Parti communiste — d'où la répression sanglante du mouvement démocratique de la place Tian'anmen en juin 1989. La Chine illustre ainsi une autre voie : la modernisation économique libérale SANS démocratisation politique, à rebours du bloc soviétique.
Rappel de première : le modèle de croissance et l'État-providence construits après 1945 (compromis fordiste, plein-emploi, protection sociale) forment l'arrière-plan du thème ; ils ne sont pas une capacité attendue de terminale, mais c'est précisément ce modèle qui est REMIS EN CAUSE à partir de 1973.

Taux de chômage moyen dans les pays développés (ordre de grandeur, en %, 1970-1991)

Chômage dans les pays développés (%, 1970-1991)Graphique en courbes: Taux de chômage (%) selon Année, Données: Taux de chômage (%) · 1970: 3; Taux de chômage (%) · 1975: 5; Taux de chômage (%) · 1980: 6; Taux de chômage (%) · 1985: 8; Taux de chômage (%) · 1991: 701234567819701975198019851991Taux de chômage (%)Année
Exemple corrigé

Réponse organisée : pourquoi 1973 marque-t-elle une rupture ?

À l'aide de vos connaissances, montrez en quoi le premier choc pétrolier (1973) constitue une rupture majeure pour les économies développées : opposez la situation des Trente Glorieuses à celle de la crise qui s'ouvre.

  1. 01Poser le contraste de départ

    Rappeler ce que sont les Trente Glorieuses (1945-1973) : trois décennies de forte croissance, de plein-emploi et de construction de l'État-providence dans les pays développés. C'est le modèle que 1973 va remettre en cause. Toujours partir du « avant » pour faire ressortir la rupture.

  2. 02Identifier le déclencheur

    En 1973, à l'occasion de la guerre du Kippour, l'OPEP quadruple le prix du baril de pétrole. L'énergie, jusque-là abondante et bon marché, devient brutalement chère : les coûts de production explosent et toute l'économie est touchée.

  3. 03Décrire la situation nouvelle : la stagflation

    La crise est inédite car elle associe ce que la théorie économique opposait : une croissance faible (voire une récession) ET une forte inflation, le tout accompagné d'un chômage de masse qui s'installe durablement. C'est la stagflation : les remèdes keynésiens habituels ne fonctionnent plus.

  4. 04Souligner les effets structurels

    La crise n'est pas un simple creux : elle accélère la désindustrialisation des vieux bassins (charbon, sidérurgie, textile), les délocalisations et une mondialisation nouvelle. Elle ouvre, à partir de 1979-1981, un changement de modèle (tournant néolibéral).

  5. 05Conclure sur la rupture

    1973 ferme l'âge d'or de la croissance d'après-guerre et fait entrer les pays développés dans une crise durable, à la fois économique et sociale : c'est bien une rupture, non un accident passager.

Résultat : Une réponse réussie oppose nettement les Trente Glorieuses (croissance, plein-emploi) à la crise des années 1970 (stagflation, chômage de masse), identifie le choc pétrolier comme déclencheur et conclut sur le changement durable de modèle économique.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir caractériser en quelques lignes la rupture de 1973 — fin des Trente Glorieuses, entrée dans la crise, apparition de la stagflation et du chômage de masse — et l'opposer à la prospérité de l'après-guerre.
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer le « tournant néolibéral » (Thatcher, Reagan) comme une RÉPONSE à la crise : moins d'État, dérégulation, mondialisation — et d'en mesurer les effets sociaux (chômage, inégalités).
  • Objectif Bac (PPO) : savoir présenter la Chine de Mao à Deng Xiaoping comme un cas d'ouverture économique libérale sans démocratisation (réformes de 1978, « socialisme de marché », répression de Tian'anmen en 1989) et l'opposer à la trajectoire du bloc soviétique.

Erreurs fréquentes

  • Confondre crise et simple récession passagère : la crise ouverte en 1973 est une rupture DURABLE et un changement de modèle économique, pas un creux conjoncturel.
  • Croire que les chocs pétroliers expliquent TOUT : ils sont le déclencheur, mais la crise révèle aussi l'essoufflement du modèle productif d'après-guerre et l'entrée dans une mondialisation nouvelle.

Révision active

À l'aide du graphique et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté qui montre en quoi les années 1973-1985 marquent la fin des Trente Glorieuses et l'entrée des pays développés dans une crise durable (ralentissement de la croissance, montée du chômage, réponses néolibérales).

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d'histoire-géographie de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019, adapté par le BO n° 31 du 30 juillet 2020), histoire, thème 3 « Les remises en cause économiques, politiques et sociales des années 1970 à 1991 », chapitre 1 « La modification des grands équilibres économiques et politiques mondiaux » (la fin de la croissance et les mutations économiques et sociales) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

Nouveaux modèles politiques et nouvelles aspirations sociales et culturelles#

●●○StandardLPeduscol-programme-histoire-geographie

Des remises en cause qui se conjuguent

Trois transformations simultanéesGraphe, Remises en cause (années 1970-1980) → Économique (crise), Remises en cause (années 1970-1980) → Socioculturelle (féminisme, écologie), Remises en cause (années 1970-1980) → Politique (alternances, néolibéralisme)Remises en cause(années 1970-1980)Économique(crise)Socioculturelle(féminisme,écologie)Politique(alternances,néolibéralisme)
Fig. 3Économique, sociale, culturelle et politique : les remises en cause des années 1970-1980 se conjuguent pour transformer en profondeur les sociétés occidentales.

Points clés

La crise économique fragilise le COMPROMIS SOCIAL d'après-guerre : la fin du plein-emploi et la montée du chômage de masse remettent en cause l'État-providence et le sentiment de progrès continu qui portaient les sociétés des Trente Glorieuses. La « question sociale » revient au premier plan (exclusion, précarité).
En France, ces mutations sont au cœur du chapitre officiel « Un tournant social, politique et culturel, la France de 1974 à 1988 » : de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing (1974) à la fin du premier septennat de François Mitterrand (1988), la société française se transforme (place et droits des femmes, jeunesse et démocratisation scolaire, immigration et intégration) et le paysage politique et culturel se recompose (alternance, cohabitation, libéralisation de l'audiovisuel).
De NOUVELLES ASPIRATIONS sociales et culturelles s'affirment, dans le prolongement des mouvements de 1968 : émancipation des femmes et conquête de nouveaux droits. Point de passage et d'ouverture : SIMONE VEIL et la LOI VEIL du 17 janvier 1975, qui légalise l'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France (votée pour cinq ans, elle est rendue définitive en 1979). S'y ajoutent l'individualisme et la libération des mœurs, la montée de l'écologie et des préoccupations environnementales, l'affirmation de minorités : la société se veut plus libre, plus égalitaire, plus diverse.
Les modèles POLITIQUES se recomposent : à l'Ouest, l'alternance entre droite et gauche se banalise. En France, l'élection de François Mitterrand en 1981 amène pour la première fois la gauche au pouvoir sous la Ve République, suivie de la première COHABITATION (gauche/droite) à partir de 1986 — toujours dans le cadre de la Ve République. Le tournant néolibéral redéfinit aussi le rôle de l'État et le contenu du débat politique (moins d'État, marché, sécurité).
Le RECUL DES IDÉOLOGIES de transformation radicale s'amorce : l'attrait du modèle communiste décline en Occident (à mesure que la réalité du bloc soviétique se fait connaître), tandis que progressent l'idéal démocratique libéral et l'économie de marché. C'est l'arrière-plan idéologique de la victoire de l'Ouest dans la guerre froide.
Le chapitre 2 du thème (la France de 1974 à 1988) est le terrain privilégié pour observer ces recompositions à l'échelle française : tournant social et culturel (loi Veil de 1975, mutations de la société), tournant politique (alternance de 1981, cohabitation de 1986), nouveau paysage audiovisuel et culturel — le tout dans le cadre stable de la Ve République.
Exemple corrigé

Réponse organisée : nouvelles aspirations et recompositions politiques

Montrez comment, des années 1970 aux années 1980, les sociétés occidentales sont traversées par de nouvelles aspirations sociales et culturelles, et comment leurs modèles politiques se recomposent.

  1. 01Poser le lien avec la crise

    Annoncer que la crise économique ne se résume pas à des chiffres : elle ébranle le compromis social d'après-guerre (plein-emploi, État-providence) et fait remonter la question sociale (chômage, exclusion). C'est dans ce contexte que de nouvelles aspirations s'affirment.

  2. 02Décrire les nouvelles aspirations sociales et culturelles

    Dans le prolongement des années 1968 : émancipation des femmes et nouveaux droits (en France, la loi Veil de 1975 légalise l'IVG), individualisme et libération des mœurs, montée de l'écologie, affirmation de minorités. Les sociétés se veulent plus libres et plus égalitaires.

  3. 03Montrer la recomposition des modèles politiques

    À l'Ouest, l'alternance se banalise : en France, Mitterrand et la gauche accèdent au pouvoir en 1981, puis vient la cohabitation de 1986 — toujours dans le cadre de la Ve République. Le tournant néolibéral (Thatcher, Reagan) redéfinit le rôle de l'État et le débat politique.

  4. 04Relier au recul des idéologies de rupture

    Parallèlement, l'attrait du modèle communiste décline en Occident, tandis que progresse l'idéal démocratique libéral : c'est l'arrière-plan idéologique qui prépare la victoire de l'Ouest à la fin de la guerre froide.

  5. 05Conclure

    Conclure que les mutations économiques, sociales, culturelles et politiques sont indissociables : ensemble, elles remettent en cause l'ordre des Trente Glorieuses et redessinent les sociétés occidentales.

Résultat : Une bonne réponse relie crise économique, aspirations nouvelles (droits des femmes, écologie, individualisme) et recompositions politiques (alternance, cohabitation, tournant néolibéral), en s'appuyant sur des repères précis (loi Veil 1975, alternance 1981, cohabitation 1986).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir relier la crise économique aux mutations sociales et culturelles — montrer que la fin de la croissance et les nouvelles aspirations (droits des femmes, individualisme, écologie) transforment ensemble les sociétés occidentales.
  • Objectif Bac (PPO) : savoir présenter Simone Veil et la loi de 1975 sur l'IVG comme un point de passage emblématique du tournant social et culturel de la France des années 1970.
  • Objectif Bac : être capable d'illustrer la recomposition du modèle politique français à partir d'exemples précis tirés du chapitre « la France de 1974 à 1988 » (alternance de 1981, cohabitation de 1986).

Erreurs fréquentes

  • Réduire la période à sa seule dimension économique : le thème associe aussi des mutations SOCIALES et CULTURELLES (aspirations nouvelles, droits, mœurs) et des recompositions POLITIQUES — il faut tenir les trois ensemble.
  • Présenter l'alternance de 1981 en France comme une rupture du régime : la Ve République demeure ; c'est une alternance politique (la gauche accède au pouvoir), non un changement de République.

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté montrant comment, des années 1970 aux années 1980, les sociétés occidentales connaissent de nouvelles aspirations sociales et culturelles (émancipation, droits, individualisme, écologie) tout en voyant se recomposer leurs modèles politiques.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d'histoire-géographie de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019, adapté par le BO n° 31 du 30 juillet 2020), histoire, thème 3 « Les remises en cause économiques, politiques et sociales des années 1970 à 1991 », chapitre 2 « Un tournant social, politique et culturel, la France de 1974 à 1988 » (point de passage et d'ouverture : Simone Veil et la loi de 1975 sur l'IVG) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

L'essoufflement puis l'effondrement du bloc soviétique (1975-1991)#

●●○StandardLPeduscol-programme-histoire-geographie

Gorbatchev : un engrenage incontrôlé

Des réformes à l'effondrementGraphe, Gorbatchev (1985) → Perestroïka (restructuration), Gorbatchev (1985) → Glasnost (transparence), Perestroïka (restructuration) → Désorganisation économique, Glasnost (transparence) → Contestations libérées (PECO, nationalités), Désorganisation économique → Effondrement (1989-1991), Contestations libérées (PECO, nationalités) → Effondrement (1989-1991)Gorbatchev(1985)Perestroïka(restructuration)Glasnost(transparence)DésorganisationéconomiqueContestationslibérées (PECO,nationalités)Effondrement(1989-1991)
Fig. 4Voulues pour sauver l'URSS, la perestroïka et la glasnost produisent l'effet inverse : elles désorganisent l'économie, libèrent les contestations et précipitent l'effondrement de 1989.

Points clés

Dès les années 1970-1980, l'URSS et le bloc de l'Est ENTRENT EN CRISE : l'économie planifiée stagne et accumule un retard technologique sur l'Ouest, les pénuries de biens de consommation se multiplient, la corruption et l'immobilisme (la « gérontocratie ») gangrènent le régime, et l'invasion de l'AFGHANISTAN (1979) s'enlise dans un coûteux bourbier militaire.
En 1985, Mikhaïl GORBATCHEV devient secrétaire général du PCUS et lance deux grandes réformes pour sauver le système : la PERESTROÏKA (« restructuration » : réformes économiques pour assouplir la planification et introduire des éléments de marché) et la GLASNOST (« transparence » : liberté d'expression accrue, recul de la censure, reconnaissance des erreurs du passé soviétique).
Sur le plan international, Gorbatchev cherche la DÉTENTE et le désarmement avec l'Ouest (sommets avec Reagan, accords sur les missiles à partir de 1987) et RENONCE à intervenir militairement pour soutenir les régimes communistes d'Europe de l'Est : c'est l'abandon de la « doctrine Brejnev ». Ce retrait ôte aux régimes satellites le filet de sécurité de l'Armée rouge.
Mais les réformes ÉCHAPPENT à Gorbatchev : la perestroïka désorganise l'économie sans la redresser (pénuries aggravées), tandis que la glasnost libère des critiques et des revendications — nationales, démocratiques — qu'aucun retour en arrière ne peut plus contenir. Les réformes destinées à sauver le système l'accélèrent vers la chute.
En 1989, les DÉMOCRATIES POPULAIRES d'Europe de l'Est s'effondrent les unes après les autres (Pologne, Hongrie, RDA, Tchécoslovaquie, Roumanie), généralement de façon pacifique — sauf en Roumanie où Ceaușescu est renversé dans la violence. Privés du soutien soviétique, les régimes communistes tombent : c'est la fin du bloc de l'Est.
Exemple corrigé

Composition guidée : pourquoi le bloc soviétique s'effondre-t-il ?

Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée à la question : « Pourquoi le bloc soviétique s'effondre-t-il entre 1985 et 1991 ? »

  1. 01Dégager la problématique

    Il ne s'agit pas de raconter, mais d'EXPLIQUER une chute : pourquoi un système qui paraissait solide s'effondre-t-il en quelques années ? On articulera des causes profondes (la crise du système) et des causes immédiates (les réformes et leur emballement).

  2. 02Partie I — Un système à bout de souffle (causes profondes)

    Montrer l'essoufflement du bloc dès les années 1970-1980 : économie planifiée en stagnation, retard technologique sur l'Ouest, pénuries, corruption et immobilisme, enlisement en Afghanistan (1979). Le modèle soviétique a perdu sa capacité d'attraction.

  3. 03Partie II — Les réformes de Gorbatchev (le déclencheur)

    Présenter la perestroïka (restructuration économique) et la glasnost (transparence), lancées en 1985 pour SAUVER le système. Souligner le renoncement à la doctrine Brejnev : l'URSS n'interviendra plus pour soutenir les régimes de l'Est.

  4. 04Partie III — L'engrenage et l'effondrement (1989-1991)

    Montrer comment les réformes échappent à leur auteur : la perestroïka désorganise l'économie, la glasnost libère des contestations nationales et démocratiques. En 1989, les démocraties populaires s'effondrent ; en 1991, l'URSS elle-même disparaît.

  5. 05Conclure

    Répondre nettement : le bloc s'effondre par la conjonction d'un système économiquement et idéologiquement épuisé ET de réformes qui, voulues pour le sauver, ont libéré les forces de sa dislocation — sans répression possible, l'URSS ayant renoncé à la force.

Résultat : Un bon plan distingue causes profondes (crise du système) et déclencheur (les réformes de Gorbatchev), explique l'effet inverse de la perestroïka et de la glasnost, et s'appuie sur des repères datés (1979 Afghanistan, 1985 Gorbatchev, 1989 effondrement de l'Est, 1991 fin de l'URSS).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir distinguer et définir PERESTROÏKA (réforme économique) et GLASNOST (transparence politique), et expliquer pourquoi ces réformes, voulues pour sauver l'URSS, ont au contraire précipité son effondrement.
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer l'effondrement de 1989 par la conjonction du retard économique du bloc, des réformes de Gorbatchev et de l'abandon de la doctrine Brejnev (l'URSS ne réprime plus les contestations à l'Est).

Erreurs fréquentes

  • Confondre perestroïka et glasnost : la perestroïka est la réforme ÉCONOMIQUE (restructuration), la glasnost la transparence POLITIQUE (liberté d'expression). Les deux sont liées mais distinctes.
  • Croire que Gorbatchev voulait détruire l'URSS : au contraire, il voulait la RÉFORMER pour la sauver ; c'est l'engrenage des réformes, échappant à son contrôle, qui a conduit à l'effondrement.

Révision active

Composition : « Pourquoi le bloc soviétique s'effondre-t-il entre 1985 et 1991 ? » Construisez un plan détaillé qui articule l'essoufflement économique, les réformes de Gorbatchev (perestroïka, glasnost) et l'effondrement des démocraties populaires en 1989.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d'histoire-géographie de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019, adapté par le BO n° 31 du 30 juillet 2020), histoire, thème 3 « Les remises en cause économiques, politiques et sociales des années 1970 à 1991 », chapitre 1 « La modification des grands équilibres économiques et politiques mondiaux » (l'effondrement du bloc soviétique et de l'URSS, la fin de la guerre froide) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

1989-1991 : la fin de la guerre froide et un nouvel ordre mondial en gestation#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-histoire-geographie

1989-1991 : la fin du monde bipolaire

La fin de la guerre froideFrise chronologique de 1988 à 1992, 1989: Chute du mur de Berlin, 1989: Révolutions dans les PECO, 1990: Réunification allemande, 1991: Disparition de l'URSS19881992année1989Chute du mur deBerlin1989Révolutions dansles PECO1990Réunificationallemande1991Disparition del'URSS
Fig. 5En trois ans, le mur tombe (1989), l'Allemagne se réunifie (1990) et l'URSS disparaît (1991) : la guerre froide s'achève, mais le nouvel ordre mondial reste à inventer.

Points clés

Le 9 NOVEMBRE 1989, la CHUTE DU MUR DE BERLIN devient le symbole mondial de la fin de la guerre froide : ouvert sous la pression populaire, le mur qui coupait la ville depuis 1961 tombe. L'événement, vu partout dans le monde, signe la fin de la coupure de l'Europe et l'effondrement du bloc de l'Est.
La RÉUNIFICATION DE L'ALLEMAGNE est consacrée le 3 octobre 1990 : la RDA disparaît et est intégrée à la RFA. Elle se fait avec l'accord des anciens vainqueurs de 1945 (traité « 2 + 4 ») et symbolise la victoire du modèle occidental ; les anciens pays de l'Est s'engagent dans une difficile TRANSITION DÉMOCRATIQUE et économique (passage au pluralisme et à l'économie de marché).
En 1991, l'URSS elle-même DISPARAÎT : minée par la crise, les revendications des nationalités et l'échec d'un putsch conservateur (août 1991), elle se dissout en décembre 1991. La Russie de Boris Eltsine succède à l'URSS ; le PCUS perd le pouvoir. C'est la FIN DU MONDE BIPOLAIRE né en 1945.
La guerre froide s'achève sans guerre directe entre les deux Grands : c'est une victoire de l'Ouest par épuisement de l'adversaire. Les États-Unis restent la SEULE SUPERPUISSANCE (« hyperpuissance ») et le modèle de la démocratie libérale de marché s'impose comme référence — certains parlent même d'une « fin de l'Histoire » (idée avancée par Francis Fukuyama dès 1989, développée dans son livre de 1992).
Mais le nouvel ordre est INCERTAIN : la disparition de l'équilibre bipolaire libère des tensions longtemps contenues (réveil des nationalismes, conflits dans les Balkans à partir de 1991, recompositions au Proche-Orient). Le « nouvel ordre mondial » annoncé reste à construire — c'est l'ouverture sur le thème suivant (le monde depuis les années 1990).
Exemple corrigé

Analyse de document : la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989)

On vous propose une photographie de presse du 9 novembre 1989 montrant une foule en liesse debout sur le mur de Berlin, près de la porte de Brandebourg. Analysez ce document : quel événement représente-t-il, que symbolise-t-il, et quelles en sont la portée et les limites ?

  1. 01Identifier le document (nature, contexte)

    C'est une photographie de presse, document visuel à valeur de témoignage, datée du 9 novembre 1989 — la nuit de l'ouverture du mur de Berlin. Replacer le document dans son contexte est la première étape : l'effondrement en cours du bloc de l'Est et l'essoufflement de l'URSS de Gorbatchev.

  2. 02Décrire et décoder la scène

    Une foule de Berlinois est debout SUR le mur, geste impensable la veille : le mur, érigé en 1961 pour empêcher la fuite vers l'Ouest et symbole de la coupure de l'Europe, est franchi et investi par la population. La liesse traduit la chute d'une frontière et la réunion d'un peuple séparé.

  3. 03Dégager le sens et la portée

    Le document symbolise la FIN DE LA GUERRE FROIDE : l'effondrement du Rideau de fer, la victoire des aspirations à la liberté et au modèle occidental. Sa portée est mondiale : l'image, diffusée partout, devient l'icône de la fin du monde bipolaire et annonce la réunification allemande (1990).

  4. 04Mesurer les limites

    Limites du document : une photographie saisit un instant d'émotion et ne dit ni les causes (crise du bloc, réformes de Gorbatchev, renoncement à la force) ni la suite difficile (transition démocratique et économique douloureuse à l'Est, tensions et conflits nouveaux dès 1991). Il faut la confronter à d'autres sources pour comprendre le processus.

Résultat : L'analyse réussie identifie l'événement (ouverture du mur, 9 novembre 1989) et son contexte (effondrement du bloc de l'Est), décode la portée symbolique (fin de la guerre froide, victoire du modèle occidental) et en mesure les limites (un instant photographié ne dit ni les causes profondes ni les incertitudes de l'après-1989).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir analyser une image emblématique de 1989-1991 (photographie de la chute du mur de Berlin, foule sur le mur) — identifier l'événement, son contexte, sa portée symbolique et ses limites comme document.
  • Objectif Bac : être capable d'expliquer pourquoi 1989-1991 marque la fin de la guerre froide et du monde bipolaire, et de nuancer l'idée d'un « nouvel ordre mondial » pacifique (tensions et conflits nouveaux).

Erreurs fréquentes

  • Confondre la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989), la réunification de l'Allemagne (3 octobre 1990) et la disparition de l'URSS (décembre 1991) : ce sont trois événements distincts et successifs, à ne pas mélanger.
  • Présenter la fin de la guerre froide comme l'entrée dans une paix mondiale durable : la disparition de l'équilibre bipolaire libère au contraire de nouvelles tensions (nationalismes, guerres des Balkans dès 1991).

Révision active

Analyse de document : à partir d'une photographie de la chute du mur de Berlin (9 novembre 1989), montrez en quoi cet événement symbolise la fin de la guerre froide, puis nuancez en rappelant que le « nouvel ordre mondial » qui s'ouvre reste incertain.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d'histoire-géographie de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019, adapté par le BO n° 31 du 30 juillet 2020), histoire, thème 3 « Les remises en cause économiques, politiques et sociales des années 1970 à 1991 », chapitre 1 « La modification des grands équilibres économiques et politiques mondiaux » (point de passage et d'ouverture : 1989 dans le monde) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 04

    • 01La fin de la croissance et les mutations économiques (1973-années 1980)○
    • 02Nouveaux modèles politiques et nouvelles aspirations sociales et culturelles◐
    • 03L'essoufflement puis l'effondrement du bloc soviétique (1975-1991)◐
    • 041989-1991 : la fin de la guerre froide et un nouvel ordre mondial en gestation●

0/4 Lues

Des fiches à l'entraînement

Remises en cause des années 1970 à 1991

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~20
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d'histoire-géographie de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019, adapté par le BO n° 31 du 30 juillet 2020), histoire, thème 3 « Les remises en cause économiques, politiques et sociales des années 1970 à 1991 », chapitre 1 « La modification des grands équilibres économiques et politiques mondiaux » (la fin de la croissance et les mutations économiques et sociales)

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Le monde bipolaire (1945 aux années 1970)

Chapitre suivant

Le monde, l'Europe et la France depuis les années 1990

EuraStudy·Fiches T·09·MMXXVI

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