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Fiches/HGGSP — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques/Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution
Fiches · HGGSP — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiquesFR · Bac

Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution

Deuxième thème de l'année en spécialité HGGSP de terminale, « Faire la guerre, faire la paix » interroge les formes contemporaines des conflits (interétatiques, infra-étatiques, asymétriques, transnationaux) et les modèles de résolution et de construction de la paix. La fiche suit l'architecture officielle du programme : une introduction sur les formes de conflits et les tentatives de paix dans le monde actuel, un Axe 1 sur la dimension politique de la guerre (du modèle clausewitzien aux conflits irréguliers et transnationaux), un Axe 2 sur le défi de la construction de la paix (de la paix de Westphalie à l'ONU), et un objet de travail conclusif sur le Moyen-Orient, terrain de conflits régionaux et de tentatives de paix. Pleinement au programme de terminale, ce thème est évaluable à l'épreuve écrite (dissertation et étude critique de document(s)).

5 sections·~30 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 3 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·0444 / 8
Profil d’examen
Distinguer et caractériser les différentes formes de conflits et de violences politiques (guerres interétatiques, guerres civiles et conflits infra-étatiques, guerres asymétriques, menaces transnationales comme le terrorisme).Confronter des modèles théoriques de la guerre — notamment le modèle clausewitzien (la guerre comme continuation de la politique) et la grille de la guerre asymétrique — à des situations historiques et contemporaines concrètes.Évaluer les modalités et les limites de la construction de la paix (diplomatie, droit international, organisations internationales comme la SDN puis l'ONU, opérations de maintien de la paix).Analyser le jeu d'acteurs et d'échelles d'un conflit régional, en prenant le Moyen-Orient comme étude de cas (puissances locales, régionales et mondiales), et étudier de façon critique un document s'y rapportant.
Opérateurs :définirdistinguercaractériserconfronterargumentermettre en relationévalueranalyserjustifier

niveau de base

Maîtrisez d'abord le vocabulaire-clé (guerre, paix, conflit, violence, sécurité collective, guerre asymétrique, terrorisme) et une dizaine de repères datés sûrs (1648, 1832, 1919, 1945, 1948-1967-1973, 1991-2003, 2011, 2014) : c'est le socle exigible pour la dissertation comme pour l'étude de document.

niveau approfondi

Pour viser l'excellence, sachez confronter les modèles théoriques (Clausewitz, guerre asymétrique) à la réalité des conflits actuels et tenir ensemble les deux faces du thème — faire la guerre / faire la paix — en mesurant les limites de la construction de la paix, l'objet conclusif sur le Moyen-Orient servant d'étude de cas transversale qui réinvestit tout le thème.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution
    • 01Introduction — Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel○
    • 02Axe 1 — La dimension politique de la guerre : des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux◐
    • 03Axe 2 — Le défi de la construction de la paix◐
    • 04Objet de travail conclusif — Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix depuis 1948●
    • 05Méthode — Disserter et étudier un document sur la guerre et la paix◐
§ 01

Introduction — Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel#

●○○BaseLPeduscol-programme-hggsp

Typologie des formes de conflits

Typologie des formes de conflitsArbre de probabilité, 5 chemins, Données: Selon les acteurs → Interétatique (État c. État); Selon les acteurs → Infra-étatique (guerre civile); Selon les acteurs → Transnational (terrorisme); Selon la logique → Symétrique (forces comparables); Selon la logique → Asymétrique (armée c. irréguliers)Selon les acteursSelon la logiqueFormes de conflitsInterétatique (État c. État)Infra-étatique (guerre civile)Transnational (terrorisme)Symétrique (forces comparables)Asymétrique (armée c. irréguliers)
Fig. 1Depuis 1945 : recul des guerres interétatiques, essor des conflits infra-étatiques et asymétriques.

Points clés

Le thème articule deux gestes politiques inverses et complémentaires : « faire la guerre » (déclencher et conduire un conflit armé organisé) et « faire la paix » (mettre fin à la violence et construire un ordre durable). Quelques notions cadrent l'ensemble : la guerre est un affrontement armé organisé entre groupes politiques ; la paix n'est pas seulement l'absence de guerre, mais un ordre stable régi par le droit ; le conflit désigne une opposition d'intérêts qui peut être violente ou non ; la violence politique en est l'expression armée.
On distingue d'abord les conflits selon leurs acteurs. Le conflit interétatique oppose deux États souverains (guerres classiques entre armées régulières). Le conflit infra-étatique (ou intra-étatique) se déroule à l'intérieur d'un État — guerre civile, sécession, affrontement entre l'État et des groupes armés — et constitue aujourd'hui la forme dominante des conflits dans le monde.
On distingue ensuite les conflits selon leur logique militaire. Le conflit symétrique oppose des forces de nature comparable (deux armées étatiques). Le conflit asymétrique oppose des adversaires très inégaux — typiquement une armée régulière puissante face à des combattants irréguliers (guérilla, insurrection) qui compensent leur faiblesse par des tactiques non conventionnelles (embuscades, attentats, dissolution dans la population civile).
Une dimension transnationale traverse désormais les conflits : des acteurs non étatiques (réseaux terroristes, organisations criminelles, groupes djihadistes) agissent par-delà les frontières, sans territoire stable ni statut d'État. Le terrorisme — usage de la violence pour terroriser et contraindre, en visant des civils à des fins politiques — illustre cette conflictualité diffuse, mondialisée et difficile à localiser.
Face à ces violences, les sociétés ont élaboré des tentatives de paix : la diplomatie (négociations, traités, médiations), le droit international (règles encadrant la guerre et protégeant les populations), et la sécurité collective — l'idée que la paix de chacun est l'affaire de tous, portée d'abord par la SDN puis par l'ONU, qui mobilise des forces de maintien de la paix (« casques bleus »).
Le tableau contemporain est paradoxal : les guerres interétatiques classiques se sont raréfiées depuis 1945, mais les conflits infra-étatiques, asymétriques et transnationaux se sont multipliés ; la communauté internationale dispose de plus d'outils de paix que jamais, mais peine à éteindre des conflits durables (Moyen-Orient, Sahel). « Faire la guerre, faire la paix » consiste précisément à penser ensemble ces deux mouvements.
Exemple corrigé

Caractériser les formes de la guerre aujourd'hui

« Comment ont évolué les formes de la guerre depuis 1945 ? » Construisez une réponse organisée appuyée sur des notions précises.

  1. 01Le recul des guerres interétatiques classiques

    Depuis 1945, les grandes guerres entre armées régulières d'États souverains se sont raréfiées, sous l'effet de la dissuasion nucléaire, de l'interdépendance économique et de l'ordre fondé sur la Charte de l'ONU. La guerre de haute intensité entre puissances devient l'exception.

  2. 02L'essor des conflits infra-étatiques

    La forme dominante devient le conflit interne : guerres civiles, sécessions, affrontements entre un État et des groupes armés. Ces conflits frappent surtout les populations civiles et sont souvent longs, enchevêtrés et difficiles à résoudre.

  3. 03La montée de l'asymétrie

    Face à des armées puissantes, des combattants irréguliers (guérilla, insurgés) adoptent des tactiques non conventionnelles : embuscades, attentats, fusion avec la population. La supériorité matérielle ne garantit plus la victoire — c'est la guerre asymétrique.

  4. 04La dimension transnationale et terroriste

    Des acteurs non étatiques (réseaux djihadistes) opèrent par-delà les frontières, sans territoire stable. Le terrorisme international diffuse la conflictualité à l'échelle mondiale et brouille la distinction classique entre guerre et paix.

Résultat : Depuis 1945, la guerre a changé de visage : recul des conflits interétatiques classiques au profit de conflits infra-étatiques, asymétriques et transnationaux. La typologie des conflits doit donc tenir ensemble plusieurs critères (acteurs, logique militaire, échelle), car les formes de la violence se sont diversifiées et brouillées.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir construire et illustrer une typologie claire des conflits (interétatique / infra-étatique d'une part ; symétrique / asymétrique d'autre part ; avec la dimension transnationale du terrorisme), car cette grille structure toute l'introduction d'une dissertation sur le thème.
  • Objectif Bac : poser dès l'introduction les notions fondamentales — guerre, paix (pas seulement l'absence de guerre), conflit, violence politique, sécurité collective — et les mobiliser ensuite avec précision dans le développement comme dans l'étude de document.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la guerre aux seuls conflits interétatiques entre armées régulières : depuis 1945, la majorité des conflits sont infra-étatiques (guerres civiles) et asymétriques. Ignorer ces formes conduit à un cours daté et hors-sujet.
  • Définir la paix comme la simple absence de combats : la paix attendue dans ce thème est un ordre stable construit par la diplomatie, le droit et les organisations internationales — un cessez-le-feu fragile n'est pas encore la paix.

Révision active

À partir de vos connaissances, rédigez le paragraphe d'introduction qui distingue et caractérise les grandes formes de conflits dans le monde actuel : opposez conflits interétatiques et infra-étatiques, puis conflits symétriques et asymétriques, intégrez la dimension transnationale du terrorisme, et annoncez la tension centrale du thème entre « faire la guerre » et « faire la paix ».

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — classe terminale, voie générale (thème 2 : « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 02

Axe 1 — La dimension politique de la guerre : des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux#

●●○StandardLPeduscol-programme-hggsp

Clausewitz : la guerre, continuation de la politique

Clausewitz : la guerre est politiqueGraphe, La politique (fixe le but) → La guerre (instrument), Freins (contrôle) → La guerre (instrument), La guerre (instrument) → Montée aux extrêmesLa politique(fixe le but)Freins(contrôle)La guerre(instrument)Montée auxextrêmes« par d’autresmoyens »subordonnetendance
Fig. 2« De la guerre » (1832) : la violence tend à la montée aux extrêmes mais reste subordonnée au but politique.

Points clés

La guerre n'est pas un déchaînement aveugle de violence : elle a une dimension politique. C'est la grande leçon de Carl von Clausewitz (1780-1832), officier et théoricien prussien, dans son ouvrage « De la guerre » (publié en 1832, après sa mort). Sa formule célèbre — la guerre est « la continuation de la politique par d'autres moyens » — signifie que la guerre est un instrument au service d'objectifs politiques, conduite par un État pour imposer sa volonté à un adversaire.
La pensée de Clausewitz se forge au contact des guerres de son temps : la guerre de Sept Ans (1756-1763) et surtout les guerres napoléoniennes (1792-1815), qui inaugurent la guerre moderne — levée en masse, mobilisation de la nation, armées massives au service d'un projet politique. Ce premier jalon du programme ancre le modèle théorique dans des conflits interétatiques précis : la guerre y est l'affaire de l'État, conduite pour des buts d'État.
Clausewitz analyse la guerre comme une « montée aux extrêmes » : par sa logique propre, la violence tend à s'intensifier sans limite. Mais cette tendance est bridée par la politique, qui fixe le but, et par les « frictions » (hasards, fatigue, imprévus) du réel. La guerre idéale (« absolue ») est ainsi tempérée par la guerre réelle, soumise à la décision politique — d'où le contrôle du pouvoir civil sur le militaire.
Ce modèle décrit bien la guerre classique : un affrontement interétatique entre armées régulières, déclaré, conduit pour des buts politiques définis, et clos par un traité. C'est la « guerre régulière » du droit international, encadrée par des règles (déclaration de guerre, statut des combattants, protection des prisonniers et des civils — le droit de la guerre ou droit international humanitaire).
Or les conflits contemporains débordent largement ce cadre. Le second jalon du programme confronte précisément le modèle clausewitzien aux « guerres irrégulières », d'Al-Qaïda à Daech. Les guerres irrégulières ou asymétriques opposent une armée régulière à des combattants qui ne portent pas d'uniforme, ne tiennent pas de front, se fondent dans la population et frappent par la guérilla et l'attentat. La supériorité technologique et matérielle (« puissance ») n'y suffit plus : l'adversaire faible compense par le temps, le terrain et la mobilisation des esprits.
Le terrorisme transnational pousse cette logique à l'extrême. Le réseau Al-Qaïda, responsable des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, est un acteur non étatique mondialisé, sans territoire ni front, qui frappe par le terrorisme international. L'organisation État islamique (Daech), qui proclame un « califat » à cheval sur la Syrie et l'Irak en 2014, va plus loin : elle combine un projet territorial, une guerre asymétrique contre les armées régionales et occidentales, et une stratégie d'attentats internationaux. D'Al-Qaïda à Daech, on observe une conflictualité qui mêle local et global et brouille la frontière entre guerre et terrorisme.
Ces mutations interrogent le modèle clausewitzien sans l'invalider : la guerre reste politique (les groupes armés poursuivent des buts politiques, idéologiques ou religieux), mais l'acteur n'est plus seulement l'État, le champ de bataille n'a plus de front, et la fin du conflit est plus floue. Confronter Clausewitz aux conflits actuels — ce que demande le programme — consiste à mesurer à la fois la permanence de la dimension politique et le déplacement des formes.

Du conflit régulier au terrorisme transnational

Du conflit régulier au terrorisme transnationalGraphe, Guerre régulière (État c. État) → Guerre asymétrique (guérilla), Guerre asymétrique (guérilla) → Terrorisme transnational (Daech)Guerre régulière(État c. État)Guerreasymétrique(guérilla)Terrorismetransnational(Daech)déplacementdéplacement
Fig. 3Permanence : la guerre reste politique (buts idéologiques ou religieux). Déplacement : l’acteur n’est plus seulement l’État, le front disparaît, le combat fusionne avec la population (Daech, « califat » 2014).
Exemple corrigé

Clausewitz à l'épreuve des conflits actuels

« Le modèle clausewitzien permet-il encore de penser les conflits contemporains ? » Construisez une réponse nuancée.

  1. 01Rappeler la thèse de Clausewitz

    Dans « De la guerre » (1832), Clausewitz (1780-1832), théoricien de la guerre de Sept Ans et des guerres napoléoniennes, définit la guerre comme « la continuation de la politique par d'autres moyens » : un instrument au service d'un but politique, dont la montée aux extrêmes est bridée par la décision politique. La guerre est rationnelle et subordonnée au pouvoir.

  2. 02Sa pertinence pour la guerre classique

    Ce modèle décrit parfaitement les guerres interétatiques entre armées régulières, déclarées, conduites pour des buts définis et closes par un traité : la dimension politique y est manifeste, et le contrôle du pouvoir civil sur les militaires en est l'application.

  3. 03Les limites face aux conflits irréguliers

    Les « guerres irrégulières » (d'Al-Qaïda à Daech) et le terrorisme transnational échappent en partie au schéma : l'acteur n'est plus l'État (groupes armés, réseaux), il n'y a plus de front ni de fin nette, et la violence vise délibérément les civils (attentats du 11 septembre 2001). Le cadre se trouve débordé.

  4. 04Une dimension politique maintenue

    Pourtant, ces conflits restent politiques au sens de Clausewitz : Daech proclame un « califat » (2014), poursuit un projet politico-religieux et instrumentalise la violence à des fins de pouvoir. La leçon de fond — la guerre sert un but politique — demeure valable.

Résultat : Le modèle clausewitzien garde une grande valeur : il rappelle que toute guerre, même irrégulière ou terroriste, poursuit des buts politiques. Mais il doit être adapté, car les conflits contemporains déplacent l'acteur (au-delà de l'État), effacent le front et brouillent la fin du conflit. Confronter Clausewitz aux conflits actuels, c'est tenir cette permanence et ce déplacement.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir énoncer et expliquer la thèse de Clausewitz (la guerre, « continuation de la politique par d'autres moyens », montée aux extrêmes bridée par le politique), la dater (« De la guerre », 1832) et l'ancrer dans les conflits de son temps — guerre de Sept Ans et guerres napoléoniennes (premier jalon) — pour en faire le socle théorique d'une partie de dissertation.
  • Objectif Bac : confronter ce modèle aux « guerres irrégulières », d'Al-Qaïda à Daech (second jalon), et au terrorisme transnational (guerre asymétrique, Daech et le « califat » de 2014) afin de montrer la permanence de la dimension politique de la guerre et, en même temps, le déplacement de ses formes.

Erreurs fréquentes

  • Mal citer Clausewitz : la formule exacte est « la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens » (et non « la politique est la continuation de la guerre »). Inverser les termes contresens la thèse, qui subordonne la guerre à la politique.
  • Confondre guerre asymétrique et terrorisme : toute guerre asymétrique n'est pas terroriste (une guérilla peut viser des cibles militaires) et tout terrorisme n'est pas une guerre au sens du droit. Il faut articuler les deux notions sans les assimiler.

Révision active

Composez le plan détaillé d'une partie de dissertation répondant à : « En quoi la guerre garde-t-elle une dimension politique, des conflits interétatiques classiques aux menaces transnationales ? » Distinguez le modèle clausewitzien de la guerre régulière (guerre de Sept Ans, guerres napoléoniennes), la guerre asymétrique et irrégulière, puis le terrorisme transnational (d'Al-Qaïda à Daech), en nommant à chaque fois acteurs, buts politiques et repères précis.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 2, axe 1 : « La dimension politique de la guerre : des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 03

Axe 2 — Le défi de la construction de la paix#

●●○StandardLPeduscol-programme-hggsp

Construire la paix (1648 → aujourd’hui)

Construire la paix (1648 → aujourd’hui)Frise chronologique de 1630 à 2025, 1648: Paix de Westphalie, 1919: SDN (échec), 1945: ONU (sécurité collective), 2005: « Responsabilité de protéger », 1648–1919: Ordre westphalien, 1919–2024: Paix par le droit16302025annéeOrdre westphalienPaix par le droit1648Paix deWestphalie1919SDN (échec)1945ONU (sécuritécollective)2005« Responsabilitéde protéger »
Fig. 4De la souveraineté des États (Westphalie) à la sécurité collective mondiale. Sous Kofi Annan (SG de l’ONU, 1997-2006) : réflexion sur les Casques bleus et la « responsabilité de protéger » (2005).

Points clés

Construire la paix est un défi parce que la paix ne s'improvise pas : elle suppose un ordre, des règles et des institutions. On distingue plusieurs modèles de résolution des conflits — la paix par la victoire (l'un l'emporte et impose ses conditions), la paix par l'équilibre des puissances (aucun acteur ne domine), la paix par le droit et les institutions (des règles communes encadrent les rapports entre acteurs) — et chacun a ses forces et ses limites.
Le premier grand modèle est westphalien. Les traités de Westphalie (1648), qui mettent fin à la guerre de Trente Ans en Europe, fondent un ordre interétatique reposant sur des États souverains, égaux en droit, qui n'ont pas d'autorité supérieure au-dessus d'eux. La paix y résulte d'un équilibre des puissances et du respect mutuel de la souveraineté : c'est l'acte de naissance des relations internationales modernes.
Le XXe siècle ajoute un modèle nouveau : la sécurité collective. Après la Première Guerre mondiale, la Société des Nations (SDN), créée en 1919, est la première organisation mondiale chargée de préserver la paix par le dialogue et la sanction collective de l'agresseur. Mais elle échoue : absence des États-Unis, règle de l'unanimité paralysante, incapacité à empêcher les agressions des années 1930. Son échec mène à la Seconde Guerre mondiale.
Tirant les leçons de cet échec, l'Organisation des Nations unies (ONU) est créée en 1945. Sa Charte interdit le recours à la force (sauf légitime défense ou décision du Conseil de sécurité) et confie le maintien de la paix au Conseil de sécurité, où cinq membres permanents (États-Unis, URSS/Russie, Chine, France, Royaume-Uni) disposent d'un droit de veto. L'ONU est aujourd'hui le pivot de la sécurité collective mondiale.
L'ONU déploie des opérations de maintien de la paix : les « casques bleus », forces multinationales envoyées avec l'accord des parties pour faire respecter un cessez-le-feu, séparer les belligérants, protéger les civils et accompagner une transition. Ce maintien de la paix (« peacekeeping ») prolonge parfois un travail de construction de la paix (« peacebuilding ») : reconstruction, désarmement, justice, réconciliation. Le programme étudie précisément ce jalon à travers les actions de l'ONU sous les mandats du secrétaire général Kofi Annan (1997-2006) : multiplication des opérations de maintien de la paix, promotion de la « responsabilité de protéger », mais aussi échecs et limites assumés (le rapport sur le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994 et sur le massacre de Srebrenica en 1995, où l'ONU n'a pas su empêcher le pire).
Mais la construction de la paix se heurte à de fortes limites. Le droit de veto peut bloquer le Conseil de sécurité quand les intérêts des grandes puissances divergent ; les casques bleus, peu nombreux et au mandat restreint, n'ont pas toujours empêché les pires violences ; et l'absence de gendarme mondial laisse subsister un ordre international anarchique, où la force prime souvent sur la règle. Faire la paix reste un effort jamais achevé.

L’ONU et la sécurité collective : modalités et limites

L’ONU et la sécurité collectiveTableau de 2 colonnes et 3 lignes, Données: Aspect · L’ONU et la sécurité collective; Organe clé · Conseil de sécurité : 5 membres permanents, droit de veto; Modalités · Casques bleus (maintien de la paix), cessez-le-feu, protection des civils; Limites · veto = blocage, moyens restreints, pas de « gendarme mondial », cellule mise en évidence : veto = blocage, moyens restreints, pas de « gendarme mondial »ASPECTL’ONU ET LA SÉCURITÉCOLLECTIVEORGANE CLÉConseil de sécurité : 5membres permanents, droit devetoMODALITÉSCasques bleus (maintien dela paix), cessez-le-feu,protection des civilsLIMITESveto = blocage, moyensrestreints, pas de «gendarme mondial »
Fig. 5Une sécurité collective réelle mais dépendante des grandes puissances : l’ONU encadre la paix sans pouvoir l’imposer partout.
Exemple corrigé

Les modèles de construction de la paix

« Comment la communauté internationale tente-t-elle de construire la paix, et avec quelles limites ? » Construisez une réponse nuancée.

  1. 01Le modèle westphalien (1648)

    Les traités de Westphalie fondent un ordre interétatique : des États souverains, égaux en droit, sans autorité supérieure. La paix repose sur l'équilibre des puissances et le respect mutuel de la souveraineté. C'est la matrice des relations internationales modernes.

  2. 02L'invention de la sécurité collective (SDN, 1919)

    Après la Première Guerre mondiale, la SDN inaugure l'idée d'une organisation mondiale garante de la paix par le dialogue et la sanction de l'agresseur. Mais l'absence des États-Unis, la règle de l'unanimité et l'impuissance des années 1930 la condamnent à l'échec.

  3. 03L'ONU et ses instruments (1945 ; mandats de Kofi Annan, 1997-2006)

    Tirant les leçons de cet échec, l'ONU interdit le recours à la force, confie la paix au Conseil de sécurité et déploie des opérations de maintien de la paix (casques bleus). Le jalon des mandats de Kofi Annan (1997-2006) illustre cette sécurité collective en action : essor des opérations de paix et « responsabilité de protéger », mais aussi limites tirées des échecs du Rwanda (1994) et de Srebrenica (1995). La sécurité collective devient une réalité institutionnelle mondiale, mais imparfaite.

  4. 04Mesurer les limites

    Le droit de veto des cinq membres permanents peut paralyser le Conseil ; les casques bleus ont des moyens et des mandats limités ; et il n'existe pas de gendarme mondial. La paix reste tributaire de la volonté des grandes puissances.

Résultat : La construction de la paix a évolué d'un ordre westphalien fondé sur la souveraineté et l'équilibre (1648) vers une sécurité collective institutionnelle (SDN 1919, puis ONU 1945). Mais aucun modèle n'abolit les rapports de force : faute de force contraignante universelle, faire la paix demeure un défi permanent et inachevé.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir présenter et dater les grands jalons de la construction de la paix — faire la paix par les traités avec Westphalie (1648) et l'ordre interétatique fondé sur la souveraineté ; la SDN (1919) et son échec ; faire la paix par la sécurité collective avec l'ONU (1945) puis ses actions sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006) — pour structurer une partie sur les modèles de résolution des conflits.
  • Objectif Bac : évaluer les modalités ET les limites de l'action de l'ONU (Conseil de sécurité, droit de veto, opérations de maintien de la paix / casques bleus, exemples des mandats de Kofi Annan), afin de produire un raisonnement nuancé sur la capacité réelle de la communauté internationale à faire la paix.

Erreurs fréquentes

  • Confondre la SDN (Société des Nations, 1919, issue de la Première Guerre mondiale, qui a échoué) et l'ONU (Organisation des Nations unies, 1945, issue de la Seconde Guerre mondiale). Ce sont deux organisations distinctes ; l'ONU a précisément été créée pour corriger les faiblesses de la SDN.
  • Présenter l'ONU comme un gouvernement mondial tout-puissant : elle dépend du bon vouloir des États, son Conseil de sécurité est paralysable par le droit de veto, et ses casques bleus ont des moyens limités. Surévaluer l'ONU empêche d'en mesurer les limites attendues dans la copie.

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté montrant comment la communauté internationale tente de construire la paix, tout en soulignant les limites de cette construction : appuyez-vous sur l'ordre westphalien (1648), l'échec de la SDN (1919), la création de l'ONU (1945), les actions de l'ONU sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006), le rôle du Conseil de sécurité et des opérations de maintien de la paix, sans oublier le blocage que représente le droit de veto.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 2, axe 2 : « Le défi de la construction de la paix ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 04

Objet de travail conclusif — Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix depuis 1948#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-hggsp

Le Moyen-Orient : un foyer de conflits (1948-2014)

Le Moyen-Orient : un foyer de conflits (1948-2014)Frise chronologique de 1945 à 2022, 1948: 1re guerre israélo-arabe, 1967: Guerre des Six Jours, 1973: Guerre du Kippour, 1991: Golfe (mandat ONU), 2003: Irak (sans ONU), 2011: Guerre civile syrienne, 2014: Daech : « califat », 1948–1973: Conflits israélo-arabes, 2011–2019: Syrie & Daech19452022annéeConflitsisraélo-arabesSyrie & Daech19481re guerreisraélo-arabe1967Guerre des SixJours1973Guerre duKippour1991Golfe (mandatONU)2003Irak (sans ONU)2011Guerre civilesyrienne2014Daech : «califat »
Fig. 6Toutes les formes de conflits (interétatique, civil internationalisé, terrorisme transnational) se rencontrent au Moyen-Orient. Tentatives de paix : médiations, ONU.

Points clés

L'objet de travail conclusif fait du Moyen-Orient l'étude de cas transversale du thème : depuis 1945, cette région concentre toutes les formes de conflits — interétatiques, infra-étatiques, asymétriques, transnationaux — et toutes les tentatives de paix, réussies, partielles ou avortées. C'est l'exemple privilégié pour réinvestir l'ensemble du thème « faire la guerre, faire la paix ».
Plusieurs facteurs nourrissent la conflictualité régionale : une mosaïque de peuples, de langues et de religions (sunnites, chiites, chrétiens, Kurdes, etc.) ; la présence de ressources stratégiques (les hydrocarbures, enjeu mondial) ; des frontières en partie héritées du démantèlement de l'Empire ottoman après 1918 ; et l'ingérence répétée de puissances extérieures attirées par la position et les richesses de la région.
Le conflit israélo-arabe puis israélo-palestinien est un fil conducteur. La création de l'État d'Israël en 1948 déclenche une première guerre israélo-arabe ; suivent notamment la guerre des Six Jours (1967), au cours de laquelle Israël occupe de nouveaux territoires, et la guerre du Kippour (1973). Ce conflit articule dimension interétatique (Israël et ses voisins) et dimension infra-étatique (question palestinienne, occupation, intifadas).
Les deux guerres du Golfe (1991 et 2003), jalon explicite du programme, illustrent le passage « d'une guerre interétatique à un conflit asymétrique ». La guerre du Golfe de 1991 (après l'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein) est une guerre interétatique classique : une coalition internationale mandatée par l'ONU libère le Koweït — un cas rare de sécurité collective effective. La guerre d'Irak de 2003, menée par les États-Unis sans mandat de l'ONU, débouche au contraire sur un chaos durable, une occupation et l'essor d'insurrections et d'un conflit asymétrique — terrain sur lequel prospèrera plus tard Daech.
À partir des années 2010, la région bascule dans des guerres civiles internationalisées. La guerre civile syrienne (depuis 2011) mêle régime, oppositions, Kurdes, djihadistes et puissances étrangères (Russie, Iran, Turquie, États-Unis). C'est sur ce terrain que l'organisation État islamique (Daech) proclame un « califat » en 2014, combinant projet territorial, guerre asymétrique et terrorisme international — toutes les formes de conflit en un seul espace.
Le Moyen-Orient est aussi le théâtre de tentatives de paix, le plus souvent fragiles ou inabouties : médiations et accords (processus de paix israélo-palestinien des années 1990), interventions de l'ONU et de ses casques bleus, diplomaties régionales et internationales. Mais l'enchevêtrement des acteurs (puissances locales comme l'Iran, la Turquie, l'Arabie saoudite, Israël ; puissances mondiales comme les États-Unis et la Russie) rend la paix durable extrêmement difficile à construire.

Le Moyen-Orient : trois échelles d’acteurs

Le Moyen-Orient : trois échelles d’acteurscercles concentriques, 3 anneaux, Données: Conflit, Locaux (acteurs internes), Régionaux (Iran, Turquie, Israël…), Mondiaux (États-Unis, Russie)Mondiaux (États-Unis, Russie)Régionaux (Iran, Turquie, Israël…)Locaux (acteurs internes)Conflit
Fig. 7Un conflit local est aussitôt saisi par des acteurs régionaux puis mondiaux : l’imbrication des échelles rend la paix particulièrement difficile.
Exemple corrigé

Étude critique : une carte des conflits au Moyen-Orient

Vous disposez d'une carte représentant les principaux foyers de conflits au Moyen-Orient et les acteurs qui y interviennent. Montrez en quoi ce document illustre l'enchevêtrement des formes de conflits et des échelles d'acteurs, puis dégagez ses limites.

  1. 01Présenter et contextualiser le document

    La carte localise une région stratégique — au carrefour de trois continents, riche en hydrocarbures, mosaïque de peuples et de religions — et figure ses foyers de conflits depuis 1948 : conflit israélo-palestinien, guerres du Golfe, guerre civile syrienne.

  2. 02Analyser : l'enchevêtrement des formes de conflits

    Le document montre que toutes les formes de conflits coexistent : interétatique (guerres israélo-arabes), infra-étatique (guerre civile syrienne depuis 2011), asymétrique et transnational (Daech et le califat de 2014). Le Moyen-Orient est un condensé du thème.

  3. 03Analyser : la pluralité des échelles d'acteurs

    La carte fait apparaître trois niveaux : acteurs locaux (régimes, oppositions, groupes armés), puissances régionales (Iran, Turquie, Arabie saoudite, Israël) et puissances mondiales (États-Unis, Russie). Leur imbrication explique la durée des conflits.

  4. 04Mettre en perspective critique (limites)

    Une carte simplifie : elle fige des situations mouvantes, ne dit pas toujours l'intensité ni les causes profondes, et reflète un point de vue. Elle montre les tentatives de paix (médiations, ONU) sans rendre compte de leur fragilité — à compléter par les connaissances.

Résultat : La carte des conflits au Moyen-Orient illustre un foyer où se croisent toutes les formes de conflits (interétatique, infra-étatique, asymétrique, transnational) et trois échelles d'acteurs (locale, régionale, mondiale). Lue de façon critique, elle révèle pourquoi la paix y est si difficile à construire : l'enchevêtrement des acteurs et des enjeux y déjoue les tentatives de résolution.

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    L'objet de travail conclusif du thème met le Moyen-Orient au centre : depuis 1948, cette région concentre toutes les formes de conflits et toutes les tentatives de paix. C'est l'étude de cas idéale, car elle réunit tout ce que nous avons vu dans les deux axes.

  2. 2

    Le fil conducteur, c'est le conflit israélo-arabe puis israélo-palestinien : la création d'Israël en 1948, la guerre des Six Jours en 1967, la guerre du Kippour en 1973. Un conflit qui mêle dimension interétatique et question palestinienne.

  3. 3

    Les guerres du Golfe montrent deux visages de la guerre. En 1991, une coalition mandatée par l'ONU libère le Koweït : un cas rare de sécurité collective. En 2003, l'intervention américaine en Irak, sans mandat de l'ONU, ouvre un long chaos.

  4. 4

    Depuis 2011, la guerre civile syrienne internationalise le chaos : régime, oppositions, Kurdes, puissances étrangères. C'est là que Daech proclame son califat en 2014, combinant projet territorial, guerre asymétrique et terrorisme. La paix y reste un défi.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir traiter le Moyen-Orient comme une étude de cas transversale qui mobilise tout le thème — y repérer et illustrer chaque forme de conflit (interétatique, infra-étatique, asymétrique, transnational) et chaque tentative de paix (médiations, ONU, casques bleus), avec des repères datés sûrs.
  • Objectif Bac : analyser le jeu d'acteurs et d'échelles d'un conflit régional — distinguer puissances locales, régionales et mondiales — et l'appliquer à un document (carte, texte) en hiérarchisant les niveaux d'intervention.

Erreurs fréquentes

  • Réduire le Moyen-Orient au seul conflit israélo-palestinien : la région cumule aussi les guerres du Golfe (1991, 2003), la guerre civile syrienne (depuis 2011) et le terrorisme transnational (Daech). Il faut en montrer la pluralité des conflits.
  • Confondre les deux guerres du Golfe : celle de 1991 est une coalition mandatée par l'ONU contre l'invasion du Koweït ; celle de 2003 est une intervention américaine sans mandat de l'ONU. Mélanger leurs dates, acteurs et légitimités affaiblit fortement la copie.

Révision active

Préparez le plan détaillé d'une dissertation sur le sujet : « Le Moyen-Orient depuis 1948 : un foyer de conflits, un laboratoire des tentatives de paix. » Organisez votre démonstration en articulant les formes de conflits (interétatique, infra-étatique, asymétrique, transnational) et les tentatives de paix (médiations, ONU, diplomaties), en distinguant à chaque fois les acteurs locaux, régionaux et mondiaux, avec des repères datés et localisés précis.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 2, OTC : « Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux (étatiques et non étatiques) ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 05

Méthode — Disserter et étudier un document sur la guerre et la paix#

●●○StandardLPeduscol-programme-hggsp

Structurer une dissertation : guerre et paix

Structurer une dissertation : guerre et paixGraphe, Introduction (problématique, plan) → I. La guerre (formes de conflits), I. La guerre (formes de conflits) → II. La paix (droit, ONU, diplomatie), II. La paix (droit, ONU, diplomatie) → III. Limites (paix fragile), III. Limites (paix fragile) → Conclusion (répondre → ouvrir)Introduction(problématique,plan)I. La guerre(formes deconflits)II. La paix(droit, ONU,diplomatie)III. Limites(paix fragile)Conclusion(répondre →ouvrir)
Fig. 8« Guerre ET paix » : deux faces liées, non opposées. Introduction : accroche → définir les termes → problématique → annonce du plan. Conclusion : répondre puis ouvrir.

Points clés

L'épreuve écrite de spécialité (3 h 30, coefficient 16, notée sur 20) comporte deux exercices : une dissertation (sans document) et une étude critique d'un ou deux document(s). Ce thème, riche en notions et en repères, se prête particulièrement à des sujets de réflexion (« faire la guerre / faire la paix ») et à l'analyse de cartes ou de textes sur les conflits.
La dissertation se construit en trois temps. L'introduction accroche, définit les termes (qu'est-ce que « faire la guerre » ? « faire la paix » ? quelles formes de conflits ?), pose une problématique et annonce le plan. Le développement, en deux ou trois parties argumentées, mobilise notions (guerre asymétrique, sécurité collective…), acteurs, échelles et exemples datés. La conclusion répond à la problématique et ouvre.
Pour ce thème, les plans les plus solides articulent les deux faces — faire la guerre / faire la paix — plutôt que de les juxtaposer : montrer d'abord la diversité et la mutation des formes de conflits (Axe 1), puis les modèles et les tentatives de construction de la paix (Axe 2), enfin leurs limites et leur coexistence (souvent illustrées par le Moyen-Orient). Penser « guerre ET paix » comme deux mouvements liés est plus pertinent que de les opposer mécaniquement.
L'étude critique de document(s) suit une démarche rigoureuse : présenter le document (nature, auteur, date, contexte), l'analyser en mobilisant ses connaissances (expliquer, illustrer, sélectionner l'information utile), puis en proposer une lecture critique (portée, intérêt, limites, point de vue de l'auteur). Avec deux documents, on les confronte (convergences, divergences, complémentarités).
Une carte (foyers de conflits, acteurs au Moyen-Orient, opérations de l'ONU) appelle une lecture méthodique : repérer la légende et l'échelle, localiser et nommer précisément (États, régions, foyers de conflits), puis interpréter les dynamiques (acteurs locaux / régionaux / mondiaux, formes de conflits, tentatives de paix). Localiser sans interpréter, ou interpréter sans localiser, sont deux erreurs symétriques.
Quel que soit l'exercice, la réussite repose sur la mobilisation précise des notions (guerre interétatique / infra-étatique, asymétrie, terrorisme, sécurité collective, maintien de la paix), des acteurs (États, organisations internationales comme l'ONU, groupes armés non étatiques), des modèles (Clausewitz, Westphalie) et de repères datés sûrs (1648, 1832, 1919, 1945, 1948-1967-1973, 1991-2003, 2011, 2014) — c'est exactement ce que les capacités attendues du thème demandent de savoir réinvestir.
Exemple corrigé

Problématiser un sujet de dissertation

« Faire la guerre, faire la paix : un même monde, deux mouvements indissociables ? » Dégagez une problématique et proposez un plan détaillé.

  1. 01Analyser les termes du sujet

    « Faire la guerre » = déclencher et conduire des conflits, sous leurs formes diverses (interétatique, infra-étatique, asymétrique, transnational). « Faire la paix » = mettre fin à la violence et construire un ordre durable. « Indissociables ? » invite à montrer le lien entre les deux, sans les confondre.

  2. 02Formuler la problématique

    On peut poser : la diversification des formes de guerre rend-elle la construction de la paix plus difficile, et les deux mouvements sont-ils pensables séparément ? La réponse ne sera ni « tout guerre » ni « tout paix », mais une articulation des deux.

  3. 03Bâtir le plan

    I. Des formes de conflits multiples et en mutation (interétatique, infra-étatique, asymétrique, terrorisme transnational ; le modèle clausewitzien revisité). II. Des tentatives et des modèles pour construire la paix (Westphalie, sécurité collective, SDN puis ONU, maintien de la paix). III. Une coexistence sous tension et les limites de la paix (le Moyen-Orient comme étude de cas).

  4. 04Sécuriser les repères

    Placer des dates et lieux sûrs dans chaque partie : 1832 (Clausewitz), 2014 (Daech) en I ; 1648, 1919, 1945 en II ; 1948-1967-1973, 1991-2003, 2011 (Moyen-Orient) en III. Nommer les acteurs : États, ONU, groupes armés non étatiques, puissances régionales et mondiales.

Résultat : Le sujet appelle un plan dialectique qui articule guerre et paix plutôt que de les opposer : I. les formes de conflits, II. les modèles et tentatives de paix, III. leur coexistence et les limites de la paix (étude de cas du Moyen-Orient). La problématique guide la démonstration et la conclusion y répond en montrant que faire la guerre et faire la paix sont deux faces d'un même monde, indissociables mais jamais réconciliées.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : pour une dissertation sur ce thème, savoir construire un plan qui met en relation les deux faces (formes de conflits ET construction de la paix) et leurs limites, plutôt que de les traiter séparément, en s'appuyant sur des exemples précis et datés.
  • Objectif Bac : pour une étude de document (souvent une carte ou un texte sur les conflits), conduire les trois temps attendus — présentation, analyse mobilisant les connaissances, mise en perspective critique — et confronter deux documents le cas échéant.

Erreurs fréquentes

  • Réciter le cours sans répondre au sujet : une dissertation qui empile des connaissances (toutes les guerres, toutes les dates) sans problématique ni démonstration manque l'essentiel. Chaque partie doit servir une réponse à la question posée.
  • Paraphraser le document au lieu de l'analyser, ou plaquer du cours sans s'appuyer sur le document : l'étude critique exige de partir du document, de l'éclairer par les connaissances, puis d'en évaluer la portée et les limites — sans confondre ces étapes.

Révision active

Entraînez-vous à problématiser : pour le sujet « Faire la guerre, faire la paix : un même monde, deux mouvements indissociables ? », rédigez une introduction complète (accroche, définition des termes, problématique, annonce de plan), puis proposez un plan détaillé en trois parties articulant les formes de conflits (Axe 1), la construction de la paix (Axe 2) et leurs limites (Moyen-Orient), en plaçant au moins trois repères datés précis.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (épreuve : dissertation et étude critique de document(s)) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Épreuve de spécialité HGGSP — définition et modalités (Éduscol) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Introduction — Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel○
    • 02Axe 1 — La dimension politique de la guerre : des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux◐
    • 03Axe 2 — Le défi de la construction de la paix◐
    • 04Objet de travail conclusif — Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix depuis 1948●
    • 05Méthode — Disserter et étudier un document sur la guerre et la paix◐

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~30
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Éduscol — ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de spécialité HGGSP — classe terminale, voie générale (thème 2 : « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution »)

Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019)

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De nouveaux espaces de conquête

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Histoire et mémoires : écrire le passé, le commémorer, le juger

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