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Fiches/HGGSP — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques/L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire
Fiches · HGGSP — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiquesFR · Bac

L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire

Thème de spécialité HGGSP de terminale, « L'environnement, entre exploitation et protection » étudie le rapport historiquement construit et conflictuel des sociétés à leur milieu, devenu un enjeu planétaire mobilisant des acteurs aux échelles multiples. La fiche suit l'architecture officielle du programme : une introduction sur la notion d'environnement (définition, historicité, échelles, acteurs), un Axe 1 sur les tensions entre exploiter, préserver et protéger les milieux et les ressources, un Axe 2 sur le changement climatique saisi par les approches historique et géopolitique, et un objet de travail conclusif sur les États-Unis et la question environnementale. Ce thème, pleinement au programme de terminale, est évaluable à l'épreuve écrite (dissertation et étude critique de document(s)).

5 sections·~29 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·0777 / 8
Profil d’examen
Historiciser et problématiser la notion d'environnement et le rapport des sociétés à la nature, en identifiant les échelles (locale à planétaire) et les acteurs (États, ONG, entreprises, organisations internationales).Analyser les tensions entre exploitation, préservation et protection des milieux et des ressources, et distinguer ces trois notions.Articuler les approches historique et géopolitique du changement climatique, de la variabilité passée aux négociations internationales contemporaines.Étudier de façon critique un document portant sur un enjeu environnemental, en identifiant les acteurs, les échelles et les points de vue.
Opérateurs :définirhistoriciserproblématiserdistingueranalyserarticulerinterpréterjustifierconfronter

niveau de base

Maîtrisez d'abord les trois notions du titre (exploiter / préserver / protéger), la distinction préservation (protéger les milieux contre l'homme) / conservation et une dizaine de repères datés sûrs (1669 ordonnance de Colbert, 1872 Yellowstone, 1992 Rio, 1997 Kyoto, 2015 accord de Paris) : c'est le socle exigible pour la dissertation comme pour l'étude de document.

niveau approfondi

Pour viser l'excellence, sachez tenir ensemble approche historique et approche géopolitique du changement climatique, et articuler les échelles (du local au planétaire) en mobilisant l'objet conclusif états-unien comme étude de cas transversale, où se nouent exploitation des ressources, mouvements de protection, fédéralisme et positions internationales fluctuantes (retrait/retour de l'accord de Paris).

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire
    • 01Introduction — Qu'est-ce que l'environnement ? Notion, échelles, acteurs○
    • 02Axe 1 — Exploiter, préserver et protéger : tensions et arbitrages◐
    • 03Axe 2 — Le changement climatique : approches historique et géopolitique●
    • 04Objet de travail conclusif — Les États-Unis et la question environnementale●
    • 05Méthode — Disserter et étudier un document sur l'environnement◐
§ 01

Introduction — Qu'est-ce que l'environnement ? Notion, échelles, acteurs#

●○○BaseLPeduscol-programme-hggsp

L’environnement : exploiter, préserver, protéger

L’environnement : exploiter, préserver, protégerroue segmentée, 3 segments, Données: Environnement, Exploiter, Préserver, ProtégerExploitermettre en valeur les ressourcesPréservermaintenir le milieu en l’étatProtégerencadrer, défendre (droit)Environnement
Fig. 1Une notion construite et historique. Acteurs : États, ONU/GIEC, entreprises, ONG. Échelles : du local au planétaire.

Points clés

L'environnement désigne l'ensemble des éléments naturels et des conditions (sols, eaux, air, climat, vivant) dans lesquels une société vit et avec lesquels elle interagit. Ce n'est pas un donné figé : c'est une notion construite et historique. Le mot lui-même ne s'impose dans son sens écologique qu'au XXe siècle ; auparavant on parlait de « nature », de « milieu » ou de « ressources ». Historiciser la notion, c'est montrer que le regard porté sur la nature a profondément changé au fil du temps.
Le rapport des sociétés à la nature oscille entre deux grandes représentations. Une vision anthropocentrée fait de la nature un réservoir de ressources à exploiter pour le développement humain (logique d'exploitation). Une vision plus écocentrée reconnaît à la nature une valeur propre qu'il faut respecter et protéger (logique de protection). Toute l'histoire environnementale se joue dans la tension entre ces deux pôles, exploiter et protéger, qui donne son titre au thème.
L'environnement se pense à des échelles emboîtées, du local au planétaire. Une pollution locale (cours d'eau, sol), un milieu régional (forêt, littoral), un enjeu national (politique forestière, parcs) et un problème global (couche d'ozone, climat, biodiversité) appellent des analyses différentes. Le changement climatique est l'archétype de l'enjeu planétaire : ses causes et ses effets se jouent à l'échelle mondiale, ce qui en fait un objet géopolitique majeur — d'où la formule du programme, « un enjeu planétaire, des acteurs aux échelles multiples ».
Les acteurs de l'environnement sont nombreux et de natures différentes : les États (qui légifèrent, créent des aires protégées, négocient des accords) ; les organisations internationales (ONU, qui organise les grands sommets ; GIEC, groupe d'experts qui synthétise la science du climat) ; les entreprises (industries extractives, agro-industrie, énergéticiens, parfois pollueurs, parfois acteurs de la transition) ; les ONG environnementales (Greenpeace, WWF) et les mouvements citoyens, qui alertent et font pression. Identifier ces acteurs et leurs logiques est une capacité attendue centrale.
Trois notions doivent être soigneusement distinguées. Exploiter, c'est mettre en valeur les ressources d'un milieu (couper du bois, cultiver, extraire), au risque de l'épuiser. Préserver, c'est maintenir un milieu en l'état en limitant l'action humaine (mise en réserve, sanctuarisation). Protéger, c'est l'ensemble des mesures (juridiques, institutionnelles) qui défendent un milieu ou une espèce contre les atteintes. La gestion durable cherche une voie médiane : exploiter sans détruire, en assurant le renouvellement de la ressource.
La prise de conscience environnementale est elle-même un processus historique et géopolitique. De premières mesures de gestion des ressources (forêts) apparaissent dès l'époque moderne ; la protection de la nature s'institutionnalise au XIXe siècle (premiers parcs nationaux) ; mais c'est dans la seconde moitié du XXe siècle que l'environnement devient un objet de gouvernance mondiale, avec les grands sommets internationaux (Stockholm 1972, Rio 1992) et l'émergence de la question climatique.
Exemple corrigé

Pourquoi l'environnement est-il une notion historique ?

« En quoi l'environnement peut-il être considéré comme une notion construite et historique, plutôt que comme une simple réalité naturelle ? » Construisez une réponse organisée appuyée sur des notions précises.

  1. 01Définir l'environnement comme relation

    L'environnement n'est pas seulement la nature « en soi » : c'est la relation entre une société et son milieu (sols, eaux, air, climat, vivant). Cette relation dépend des techniques, des besoins et des représentations de chaque époque — elle change donc dans le temps.

  2. 02Montrer la construction de la notion

    Le mot « environnement », au sens écologique, ne s'impose qu'au XXe siècle. Auparavant, on parlait de « nature » à dominer, de « ressources » à exploiter, de « milieu ». L'apparition même du terme signale un nouveau regard : la nature devient un objet à connaître, gérer et protéger.

  3. 03Historiciser le rapport à la nature

    Ce rapport évolue : gestion utilitaire des forêts à l'époque moderne (logique de ressource), naissance d'une protection de la nature au XIXe siècle (premiers parcs), puis prise de conscience écologique mondiale après 1945 (sommets internationaux, question climatique). À chaque étape, le sens donné à l'environnement se déplace.

  4. 04Dégager la tension structurante

    Cette histoire est traversée par une tension permanente entre exploiter (mettre en valeur, au risque d'épuiser) et protéger (préserver, défendre). C'est cette tension, et non une « nature » immuable, qui constitue l'objet du thème.

Résultat : L'environnement est une notion construite et historique parce qu'il désigne la relation changeante d'une société à son milieu, et non une nature figée. L'apparition tardive du mot, l'évolution du rapport à la nature (de la ressource à la protection) et la tension permanente entre exploiter et protéger montrent que penser l'environnement, c'est d'abord en faire l'histoire.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir poser, dès l'introduction d'une dissertation, l'historicité de la notion d'environnement (une construction, pas un donné) et distinguer clairement exploiter / préserver / protéger, car cette distinction commande tout le thème.
  • Objectif Bac : maîtriser la typologie des acteurs (États, organisations internationales, GIEC, entreprises, ONG) et des échelles (local → planétaire) pour les réinvestir aussi bien en dissertation que dans l'analyse d'un document.

Erreurs fréquentes

  • Traiter l'environnement comme une réalité naturelle intemporelle, sans l'historiciser : le sujet attend au contraire que l'on montre comment la notion et le rapport à la nature se sont construits et transformés dans le temps (c'est une capacité attendue explicite).
  • Confondre « préserver » et « protéger » avec « exploiter durablement » : préserver, c'est sanctuariser (limiter l'action humaine) ; protéger, c'est encadrer juridiquement ; exploiter durablement, c'est continuer d'exploiter en assurant le renouvellement. Ces nuances sont attendues et souvent valorisées.

Révision active

À partir de vos connaissances, rédigez le paragraphe d'introduction qui définit ce qu'est l'environnement comme notion construite et historique : montrez en quoi le rapport des sociétés à la nature oscille entre exploitation et protection, distinguez précisément exploiter / préserver / protéger, puis présentez les principaux acteurs (États, organisations internationales, entreprises, ONG) et les échelles (du local au planétaire) qui en font « un enjeu planétaire ».

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — classe terminale, voie générale (thème 5 : « L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 02

Axe 1 — Exploiter, préserver et protéger : tensions et arbitrages#

●●○StandardLPeduscol-programme-hggsp

De la ressource à la nature protégée (1669 → aujourd’hui)

De la ressource à la nature protégéeFrise chronologique de 1650 à 2010, 1669: Colbert : forêts-ressource, 1872: Yellowstone sanctuaire, 1992: Sommet de Rio, 1669–1872: La nature comme ressource, 1872–2008: Protéger → dév. durable16502010annéeLa nature commeressourceProtéger → dév.durable1669Colbert :forêts-ressource1872Yellowstonesanctuaire1992Sommet de Rio
Fig. 2Protéger la ressource (Colbert, 1669) → protéger la nature (Yellowstone, 1er parc national, 1872) → concilier exploiter et préserver (développement durable, Rio, 1992).

Points clés

L'Axe 1 étudie la tension fondatrice entre la mise en valeur des ressources d'un milieu et sa conservation. La forêt française en offre l'exemple privilégié inscrit au programme. Dès l'époque moderne, l'État cherche à protéger la ressource ligneuse — essentielle pour la marine, le chauffage et la construction. L'ordonnance de Colbert sur les Eaux et Forêts (1669) réglemente l'exploitation forestière pour éviter l'épuisement du bois : c'est une gestion utilitaire de la ressource, une protection au service de l'exploitation future, et non une protection de la nature pour elle-même.
La distinction entre les motifs de protection est essentielle. Protéger un milieu peut viser à préserver une ressource exploitable (logique de Colbert : assurer du bois durablement), ou à sanctuariser un espace pour sa valeur propre (logique des parcs nationaux : soustraire un paysage à l'exploitation). Le passage progressif de la première logique à la seconde — d'une protection utilitaire à une protection environnementale — est l'une des grandes évolutions à montrer.
Les révolutions agricoles transforment profondément le rapport au milieu. L'intensification de l'agriculture (mécanisation, engrais et pesticides de synthèse, irrigation, remembrement) accroît fortement les rendements et nourrit une population croissante, mais elle a un coût environnemental : érosion et appauvrissement des sols, pollution des eaux, recul de la biodiversité (haies, zones humides), déforestation pour gagner des terres. Exploiter plus, c'est souvent dégrader le milieu qui rend l'exploitation possible.
La création des parcs nationaux marque l'institutionnalisation d'une protection de la nature pour elle-même. Le parc de Yellowstone, créé aux États-Unis en 1872, est le premier parc national au monde : un vaste espace soustrait à l'exploitation et ouvert à la contemplation. Le modèle se diffuse (en France, premiers parcs nationaux en 1963). La protection devient une politique publique, portée par les États, puis par les organisations internationales et les ONG.
Exploiter et protéger ne s'opposent pas toujours frontalement : la notion de développement durable, théorisée à la fin du XXe siècle (rapport Brundtland, 1987 : « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs »), cherche à concilier exploitation économique et préservation des milieux. La gestion durable des forêts, des pêches ou des sols vise à prélever sans épuiser, en respectant le rythme de renouvellement de la ressource.
Les arbitrages opposent des acteurs aux intérêts divergents et se jouent à plusieurs échelles. Localement, l'exploitation d'une ressource (bois, mine, terre agricole) peut entrer en conflit avec sa protection (réserve, parc, qualité de l'eau). Les États fixent les règles, mais les entreprises poussent à l'exploitation tandis que les ONG et les mouvements citoyens militent pour la protection. L'environnement devient ainsi un objet politique et conflictuel, où s'affrontent des visions du développement.

Intensification agricole : un arbitrage

Intensification agricole : un arbitrageGraphe, Intensification (engrais, machines) → Bénéfice : hausse des rendements, Intensification (engrais, machines) → Coûts : sols, eaux, biodiversitéIntensification(engrais,machines)Bénéfice :hausse desrendementsCoûts : sols,eaux,biodiversité
Fig. 3Exploiter davantage, c’est dégrader le milieu qui rend l’exploitation possible : érosion des sols, pollution des eaux, perte de biodiversité, déforestation.
Exemple corrigé

Colbert protège-t-il la nature ?

« L'ordonnance de Colbert de 1669 sur les Eaux et Forêts est-elle une mesure de protection de la nature ? » Justifiez votre réponse en distinguant les motifs de la protection.

  1. 01Replacer l'ordonnance dans son contexte

    Au XVIIe siècle, le bois est une ressource stratégique : il faut des chênes pour construire les navires de la marine royale, et du bois pour le chauffage et la construction. Or les forêts françaises, surexploitées, s'épuisent. Colbert, ministre de Louis XIV, réglemente alors leur exploitation.

  2. 02Identifier le motif réel

    L'ordonnance de 1669 organise les coupes, encadre les droits d'usage et impose le renouvellement de la ressource. Son objectif n'est pas de préserver la beauté ou la valeur propre de la forêt, mais de garantir un approvisionnement durable en bois pour la puissance de l'État (la marine d'abord).

  3. 03Distinguer protection utilitaire et protection de la nature

    Il s'agit d'une protection utilitaire : on protège la ressource pour pouvoir continuer à l'exploiter. C'est très différent de la protection de la nature pour elle-même, qui n'apparaît qu'au XIXe siècle avec les parcs nationaux (Yellowstone, 1872), où un espace est soustrait à toute exploitation.

  4. 04Conclure sans anachronisme

    Lire Colbert comme un « écologiste avant l'heure » serait un anachronisme. L'ordonnance relève d'une gestion durable de la ressource au service de la puissance, et témoigne d'une conscience ancienne de la finitude des ressources, mais non d'une protection environnementale moderne.

Résultat : L'ordonnance de Colbert de 1669 protège la forêt comme ressource stratégique (bois de marine), non comme nature à respecter pour elle-même : c'est une protection utilitaire, à distinguer soigneusement de la protection environnementale qui n'émerge qu'au XIXe siècle avec les parcs nationaux. L'exemple montre l'historicité du sens donné à la protection.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir mobiliser l'exemple de la forêt française (ordonnance de Colbert, 1669) pour montrer une protection d'abord utilitaire de la ressource, puis l'évolution vers une protection de la nature pour elle-même (parcs nationaux, Yellowstone 1872).
  • Objectif Bac : caractériser les tensions et les arbitrages entre exploitation et protection à différentes échelles, en nommant les acteurs (États, entreprises, ONG) et en mobilisant la notion de développement durable comme tentative de conciliation.

Erreurs fréquentes

  • Présenter l'ordonnance de Colbert de 1669 comme une mesure écologique moderne : elle protège la forêt pour préserver une ressource stratégique (le bois de marine), pas par souci de la nature en elle-même — c'est une protection utilitaire, à ne pas anachroniser.
  • Opposer mécaniquement « exploiter » (mal) et « protéger » (bien) : le thème attend une analyse nuancée des arbitrages, où le développement durable cherche précisément à concilier mise en valeur des ressources et préservation des milieux.

Révision active

Composez le plan détaillé d'une partie de dissertation répondant à : « Exploiter ou protéger : comment les sociétés arbitrent-elles entre la mise en valeur des ressources et la conservation des milieux ? » Distinguez la protection utilitaire de la ressource (forêt, ordonnance de Colbert 1669), la protection de la nature pour elle-même (parcs nationaux, Yellowstone 1872) et la recherche d'une conciliation (développement durable), en nommant à chaque fois des acteurs et des repères précis.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 5, axe 1 : « Exploiter, préserver et protéger ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 03

Axe 2 — Le changement climatique : approches historique et géopolitique#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-hggsp

Deux approches du climat : historique et géopolitique

Deux approches du climatTableau de 3 colonnes et 4 lignes, Données: Approche historique · Approche géopolitique; Objet · variations naturelles du climat · réchauffement actuel; Exemples · optimum médiéval, petit âge glaciaire · hausse du CO2 (anthropique); Ampleur · faible, lente · rapide et globale; Enjeu · comprendre le passé · négociation internationale, cellule mise en évidence : rapide et globaleAPPROCHE HISTORIQUEAPPROCHE GÉOPOLITIQUEOBJETvariations naturelles duclimatréchauffement actuelEXEMPLESoptimum médiéval, petit âgeglaciairehausse du CO2 (anthropique)AMPLEURfaible, lenterapide et globaleENJEUcomprendre le passénégociation internationale
Fig. 4La rupture : la révolution industrielle entraîne la hausse du CO2 atmosphérique ; l’homme devient le principal moteur du climat.

Points clés

L'Axe 2 invite à saisir le changement climatique par deux approches complémentaires : une approche historique (le climat a toujours varié, et ces variations ont eu des effets sur les sociétés) et une approche géopolitique (le réchauffement contemporain est un enjeu mondial qui fait l'objet de négociations entre États). Articuler ces deux approches est la capacité attendue centrale de la section.
L'approche historique rappelle que le climat n'est pas immobile. Avant l'ère industrielle, des fluctuations naturelles ont marqué l'histoire des sociétés : un « optimum climatique médiéval » (réchauffement relatif aux Xe-XIIIe siècles), puis un « petit âge glaciaire » (refroidissement du XIVe au XIXe siècle), avec des hivers rigoureux, de mauvaises récoltes et des famines en Europe. Ces variations passées étaient d'origine naturelle (activité solaire, éruptions volcaniques) et de faible ampleur comparées au réchauffement actuel.
Le réchauffement contemporain se distingue radicalement par sa cause et sa rapidité : il est d'origine anthropique (causé par l'homme). Depuis la révolution industrielle (fin XVIIIe-XIXe siècle), la combustion massive d'énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) a fait monter la concentration de dioxyde de carbone (CO2) et d'autres gaz à effet de serre dans l'atmosphère, amplifiant l'effet de serre et réchauffant la planète. C'est un changement global, rapide et durable, sans équivalent dans l'histoire récente.
Le changement climatique devient un objet géopolitique car ses causes et ses effets sont mondiaux et inégalement répartis. Les pays industrialisés (responsables historiques de l'essentiel des émissions) et les grands émergents (Chine, Inde, aujourd'hui premiers émetteurs en volume) ne portent pas la même responsabilité ; les pays les plus vulnérables (États insulaires menacés par la montée des eaux, pays du Sud) sont souvent les moins émetteurs. D'où des tensions sur la question de la « justice climatique » et de la répartition de l'effort.
La science du climat s'organise autour du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), créé en 1988 : il ne fait pas de recherche lui-même mais synthétise les travaux mondiaux dans des rapports qui font autorité et fondent les décisions politiques. Son rôle est de produire un savoir partagé et incontestable, base de la négociation internationale — même si le consensus scientifique a longtemps été contesté par des intérêts économiques (climatoscepticisme).
La gouvernance climatique se construit par étapes, lors des grands sommets internationaux. Le Sommet de la Terre de Rio (1992) adopte une convention-cadre sur le climat. Le protocole de Kyoto (1997) fixe pour la première fois des objectifs chiffrés de réduction aux pays industrialisés, mais sans les grands émergents ni (faute de ratification) les États-Unis. L'accord de Paris (COP21, 2015) marque une avancée majeure : un accord quasi universel visant à contenir le réchauffement « bien en dessous de 2 °C », sur la base d'engagements nationaux volontaires — mais non contraignants, ce qui en fait la principale limite.

La hausse du CO2 atmosphérique depuis l’ère industrielle

La hausse du CO2 atmosphérique depuis l’ère industrielleGraphique en courbes: CO2 (ppm) selon Année, Données: CO2 atmosphérique (ppm) · 1850: 285; CO2 atmosphérique (ppm) · 1900: 296; CO2 atmosphérique (ppm) · 1950: 311; CO2 atmosphérique (ppm) · 1980: 339; CO2 atmosphérique (ppm) · 2000: 369; CO2 atmosphérique (ppm) · 2020: 414050100150200250300350400185019001950198020002020CO2 (ppm)Année
Fig. 5Mesures par carottes de glace et observatoire de Mauna Loa. D’environ 280 ppm avant l’ère industrielle à plus de 420 ppm aujourd’hui : la révolution industrielle marque la rupture.

Concentration de CO₂ dans l'atmosphère depuis l'ère préindustrielle

Fig. 6Concentration moyenne de dioxyde de carbone (CO₂) atmosphérique, en parties par million (ppm), à différentes dates (valeurs approximatives, arrondies). Stable autour de 280 ppm avant la révolution industrielle, elle s'élève régulièrement avec la combustion des énergies fossiles, dépassant 410 ppm dans les années 2020 : l'allure de la courbe illustre l'origine anthropique du réchauffement contemporain.
Exemple corrigé

Articuler approche historique et approche géopolitique du climat

« En quoi le changement climatique relève-t-il à la fois d'une approche historique et d'une approche géopolitique ? » Construisez une réponse organisée.

  1. 01Le climat a toujours varié (approche historique)

    Avant l'ère industrielle, le climat connaissait des fluctuations naturelles : un optimum médiéval (réchauffement relatif, Xe-XIIIe s.), puis un petit âge glaciaire (refroidissement, XIVe-XIXe s.) marqué par des hivers rigoureux et des famines. Ces variations, d'origine naturelle (soleil, volcans), étaient de faible ampleur.

  2. 02Le réchauffement actuel est d'un autre ordre

    Depuis la révolution industrielle, la combustion d'énergies fossiles fait monter la concentration de CO2 (de ≈ 280 ppm à plus de 410 ppm), amplifiant l'effet de serre. Ce réchauffement est anthropique, rapide et global : il rompt avec la variabilité naturelle passée. C'est l'homme qui devient le moteur du climat.

  3. 03Un enjeu mondial et inégal (approche géopolitique)

    Causes et effets sont planétaires mais inégalement répartis : les pays industrialisés et les grands émergents émettent le plus, les plus vulnérables (États insulaires, pays du Sud) subissent le plus. D'où des tensions sur la responsabilité et la justice climatique, qui font du climat un objet de négociation entre États.

  4. 04Une réponse mondiale en construction

    La gouvernance climatique se structure autour du GIEC (1988, qui produit le savoir) et des sommets : Rio (1992), Kyoto (1997, premiers objectifs chiffrés), accord de Paris (2015, quasi-universel mais à engagements volontaires). Le climat est ainsi devenu un terrain diplomatique majeur.

Résultat : Le changement climatique relève d'une approche historique — le climat a toujours varié naturellement, mais le réchauffement actuel, anthropique et rapide, en rompt l'allure — et d'une approche géopolitique — enjeu mondial et inégal, il appelle une gouvernance internationale (GIEC, Rio, Kyoto, Paris) encore limitée par le caractère volontaire des engagements. Articuler ces deux approches est la clé du sujet.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir articuler explicitement l'approche historique (variabilité naturelle passée : optimum médiéval, petit âge glaciaire) et l'approche géopolitique (réchauffement anthropique contemporain, négociations internationales), et opposer clairement variations naturelles passées et réchauffement actuel d'origine humaine.
  • Objectif Bac : maîtriser et dater la chronologie de la gouvernance climatique (Rio 1992, Kyoto 1997, accord de Paris / COP21 2015) et le rôle du GIEC (créé en 1988), pour montrer la construction — et les limites — d'une réponse mondiale.

Erreurs fréquentes

  • Confondre les variations climatiques naturelles passées (petit âge glaciaire, d'origine naturelle et de faible ampleur) avec le réchauffement contemporain (d'origine anthropique, rapide et global) : le sujet attend précisément que l'on distingue ces deux phénomènes, sans réduire l'un à l'autre.
  • Présenter l'accord de Paris de 2015 comme un texte juridiquement contraignant et résolutoire : ses engagements nationaux sont volontaires et non contraignants — c'est à la fois sa force (quasi-universalité) et sa principale limite, à souligner dans une copie nuancée.

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté qui articule les approches historique et géopolitique du changement climatique : montrez d'abord que le climat a toujours varié naturellement (optimum médiéval, petit âge glaciaire), puis que le réchauffement contemporain s'en distingue par son origine anthropique et sa rapidité, et enfin qu'il appelle une gouvernance mondiale (rôle du GIEC, Rio 1992, Kyoto 1997, accord de Paris 2015) dont vous soulignerez les limites.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 5, axe 2 : « Le changement climatique : approches historique et géopolitique ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 04

Objet de travail conclusif — Les États-Unis et la question environnementale#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-hggsp

Les États-Unis : exploiter et protéger

Les États-Unis : exploiter et protégerTableau de 2 colonnes et 3 lignes, Données: Dimension · Les États-Unis face à l’environnement; Exploiter · American way of life, forte consommation d’énergie, hydrocarbures de schiste; Protéger · Yellowstone (1872), EPA (1970), ONG, la wilderness; À l’international · Kyoto (1997, non ratifié), Accord de Paris (2015 → retrait 2017 → retour 2021), cellule mise en évidence : Kyoto (1997, non ratifié), Accord de Paris (2015 → retrait 2017 → retour 2021)DIMENSIONLES ÉTATS-UNIS FACE ÀL’ENVIRONNEMENTEXPLOITERAmerican way of life, forteconsommation d’énergie,hydrocarbures de schistePROTÉGERYellowstone (1872), EPA(1970), ONG, la wildernessÀ L’INTERNATIONALKyoto (1997, non ratifié),Accord de Paris (2015 →retrait 2017 → retour 2021)
Fig. 7Une puissance ambivalente mais décisive pour le climat mondial : un fédéralisme partagé entre exploitation et protection.

Points clés

L'objet de travail conclusif fait des États-Unis l'étude de cas transversale du thème : première puissance économique, gros émetteur historique et important consommateur de ressources, mais aussi berceau de la protection de la nature, le pays concentre toutes les tensions entre exploitation et protection, et entre échelles fédérale et internationale. C'est l'exemple privilégié pour réinvestir l'ensemble du thème.
Les États-Unis sont une puissance fondée en partie sur l'exploitation intensive de leurs ressources. La conquête de l'Ouest, l'industrialisation puis le mode de vie consumériste (l'« American way of life »), grand consommateur d'énergie, reposent sur l'abondance des ressources (terres, forêts, charbon, pétrole, gaz). La révolution récente des hydrocarbures de schiste (pétrole et gaz de schiste, extraits par fracturation hydraulique) a fait du pays un producteur majeur, au prix de fortes controverses environnementales.
Paradoxalement, les États-Unis sont aussi le berceau de la protection de la nature. Yellowstone, créé en 1872, y est le premier parc national au monde ; le pays s'est doté d'un vaste réseau d'aires protégées et a vu naître de puissants mouvements de défense de l'environnement (figures comme John Muir, mouvements écologistes, grandes ONG). La protection de la « wilderness » (nature sauvage) fait partie de l'identité nationale américaine.
Le fédéralisme structure et complique la politique environnementale. Le pouvoir se partage entre l'État fédéral (qui crée par exemple l'Agence de protection de l'environnement, l'EPA, en 1970) et les États fédérés, qui mènent leurs propres politiques. Certains États (comme la Californie) sont très volontaristes (normes strictes, énergies renouvelables), d'autres défendent l'exploitation des ressources fossiles. La politique environnementale américaine est donc souvent contradictoire et changeante selon les échelles.
Sur la scène internationale, la position américaine est ambivalente et fluctuante. Les États-Unis n'ont pas ratifié le protocole de Kyoto (1997). Ils ont signé l'accord de Paris (2015) sous la présidence Obama, s'en sont retirés sous la présidence Trump (annonce en 2017), puis y sont revenus sous la présidence Biden (2021). Ces revirements montrent à quel point la question environnementale est un enjeu politique intérieur clivant, dont dépend l'engagement international du pays.
Les États-Unis illustrent ainsi parfaitement la tension du thème : un pays à la fois grand exploiteur de ressources et grand protecteur de la nature, où la question environnementale oppose des visions du développement et se joue à toutes les échelles (locale, fédérée, fédérale, internationale). Leur poids (puissance économique, deuxième émetteur mondial de CO2) rend leur position décisive pour la gouvernance climatique planétaire.
Exemple corrigé

Étude critique : la position internationale fluctuante des États-Unis

Vous disposez d'un document (chronologie ou texte) retraçant les positions américaines face aux accords climatiques internationaux. Montrez en quoi il révèle l'ambivalence des États-Unis face à la question environnementale, puis dégagez les limites de cette lecture.

  1. 01Présenter et contextualiser le document

    Le document retrace l'attitude des États-Unis face aux grands accords climatiques : non-ratification du protocole de Kyoto (1997), signature de l'accord de Paris sous Obama (2015), retrait annoncé sous Trump (2017), retour sous Biden (2021). Il porte sur la dimension géopolitique du climat (Axe 2).

  2. 02Analyser : une ambivalence assumée

    Première puissance économique et deuxième émetteur mondial de CO2, les États-Unis hésitent durablement à s'engager. Leur position dépend des alternances politiques : la question environnementale est un enjeu intérieur clivant, opposant défenseurs de l'industrie fossile et partisans de la transition. Le document met en évidence cette instabilité.

  3. 03Articuler avec les échelles internes

    Le revirement fédéral n'épuise pas la réalité : pendant le retrait fédéral, des États fédérés (Californie), des villes et des entreprises ont maintenu des engagements climatiques. Le fédéralisme explique que la politique environnementale américaine soit plurielle et contradictoire selon les échelles.

  4. 04Mettre en perspective critique (limites)

    Une chronologie des seules positions fédérales donne une vision partielle : elle dit les choix de l'exécutif fédéral, mais masque la diversité des acteurs (États, ONG, entreprises) et ne mesure pas les émissions réelles. Il faut donc compléter le document par les connaissances pour en évaluer la portée.

Résultat : Le document révèle l'ambivalence des États-Unis : grande puissance et gros émetteur, le pays oscille entre engagement et retrait (Kyoto non ratifié, Paris signé puis quitté puis rejoint), au gré des alternances. Sa lecture critique impose toutefois d'articuler l'échelle fédérale avec les politiques contrastées des États fédérés et des autres acteurs, pour ne pas réduire la question environnementale américaine à la seule position présidentielle.

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    L'objet de travail conclusif met les États-Unis au centre du thème : une puissance qui réunit toutes ses tensions, à la fois grand exploiteur de ressources et berceau de la protection de la nature.

  2. 2

    C'est une puissance d'exploitation : l'American way of life consomme énormément d'énergie, et la révolution des hydrocarbures de schiste a fait des États-Unis un producteur majeur de pétrole et de gaz.

  3. 3

    Mais c'est aussi le berceau de la protection : Yellowstone, en 1872, est le premier parc national au monde, et l'Agence de protection de l'environnement, l'EPA, est créée en 1970.

  4. 4

    Sur la scène internationale, leur position varie au gré des présidents : Kyoto non ratifié, l'accord de Paris signé en 2015, quitté en 2017, puis rejoint en 2021. Une puissance ambivalente, mais décisive pour le climat mondial.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir traiter les États-Unis comme une étude de cas transversale qui réunit les deux axes — exploitation des ressources (consommation énergétique, hydrocarbures de schiste) et protection de la nature (Yellowstone 1872, EPA 1970, mouvements écologistes) — en montrant leurs contradictions.
  • Objectif Bac : articuler les échelles (États fédérés volontaristes vs fédéraux, pouvoir fédéral, scène internationale) et maîtriser la chronologie des positions internationales américaines (non-ratification de Kyoto 1997 ; accord de Paris : signature 2015, retrait annoncé 2017, retour 2021).

Erreurs fréquentes

  • Présenter les États-Unis de façon caricaturale, soit comme un pays uniformément « anti-environnement », soit comme un modèle écologique : l'intérêt de l'objet conclusif est précisément leur ambivalence (grand exploiteur ET berceau de la protection), à tenir ensemble.
  • Oublier le rôle du fédéralisme et des échelles : présenter une politique environnementale américaine homogène, c'est manquer le fait que les États fédérés (Californie volontariste, États producteurs de fossiles) mènent des politiques opposées, et que la position fédérale change selon les présidents.

Révision active

Préparez le plan détaillé d'une dissertation sur le sujet : « Les États-Unis, entre exploitation des ressources et protection de l'environnement. » Organisez votre démonstration autour des tensions du pays (un grand exploiteur ; un berceau de la protection ; un acteur international ambivalent) et, pour chacune, montrez comment se croisent les échelles (locale, fédérée, fédérale, mondiale) avec des exemples datés précis.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 5, OTC : « Les États-Unis et la question environnementale ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 05

Méthode — Disserter et étudier un document sur l'environnement#

●●○StandardLPeduscol-programme-hggsp

Structurer une dissertation sur l’environnement

Structurer une dissertation sur l’environnementArbre de probabilité, 5 chemins, Données: Introduction; Développement → I. Exploiter / protéger (axe 1); Développement → II. Le climat (axe 2); Développement → III. Limites (États-Unis); ConclusionDéveloppementDissertationIntroductionI. Exploiter / protéger (axe 1)II. Le climat (axe 2)III. Limites (États-Unis)Conclusion
Fig. 8Introduction : accroche → définir les termes → problématique → annonce du plan. Conclusion : répondre puis ouvrir. Articuler les logiques — « exploiter ET protéger », non « ou ».

Points clés

L'épreuve écrite de spécialité (3 h 30, coefficient 16, notée sur 20) comporte deux exercices : une dissertation (sans document) et une étude critique d'un ou deux document(s). Ce thème offre des sujets transversaux très porteurs, qui appellent à articuler histoire, géographie et géopolitique autour du rapport des sociétés à leur environnement.
La dissertation se construit en trois temps. L'introduction accroche, définit les termes (qu'est-ce que l'environnement ? exploiter, préserver, protéger ?), pose une problématique (par exemple : peut-on concilier exploitation des ressources et protection des milieux ?) et annonce le plan. Le développement, structuré en deux ou trois parties argumentées, mobilise notions, acteurs, échelles et exemples datés. La conclusion répond à la problématique et ouvre.
Pour ce thème, les plans les plus solides articulent les logiques du programme plutôt que de les juxtaposer : montrer les tensions entre exploiter et protéger (Axe 1), puis la question climatique comme enjeu historique et géopolitique (Axe 2), enfin les arbitrages et leurs limites (souvent illustrés par les États-Unis). Penser « exploiter ET protéger » — la difficile conciliation — vaut mieux que « exploiter OU protéger ».
L'étude critique de document(s) suit une démarche rigoureuse : présenter le document (nature, auteur, date, contexte), l'analyser en mobilisant ses connaissances (expliquer, illustrer, sélectionner les informations utiles), puis en proposer une lecture critique (portée, intérêt, limites, point de vue de l'auteur). Avec deux documents, on les confronte (convergences, divergences, complémentarités).
Les documents de ce thème sont variés et appellent des lectures adaptées. Un graphique (courbe du CO2, des températures) demande de décrire une tendance et d'en dater les ruptures avant d'interpréter. Une carte (émissions, aires protégées, positions des États) demande de localiser et de nommer précisément avant de dégager les dynamiques. Un texte (discours, rapport, déclaration d'ONG) demande d'identifier l'auteur, son point de vue et ses intérêts. Décrire sans interpréter, ou interpréter sans s'appuyer sur le document, sont deux erreurs symétriques.
Quel que soit l'exercice, la réussite repose sur la mobilisation précise des acteurs (États, GIEC, entreprises, ONG), des notions (exploiter / préserver / protéger, développement durable, justice climatique), des repères datés et localisés sûrs (1669, 1872, 1992, 1997, 2015) et des échelles (du local au planétaire) — c'est exactement ce que les capacités attendues du thème demandent de savoir réinvestir.
Exemple corrigé

Problématiser un sujet de dissertation

« L'environnement, entre exploitation et protection. » Dégagez une problématique et proposez un plan détaillé.

  1. 01Analyser les termes du sujet

    « Environnement » = la relation construite des sociétés à leur milieu. « Entre exploitation et protection » invite à confronter deux logiques : mettre en valeur les ressources (Axe 1) et défendre les milieux (Axes 1 et 2). Le « entre » suggère une tension, voire une conciliation difficile, pas un choix exclusif.

  2. 02Formuler la problématique

    On peut poser : dans quelle mesure les sociétés parviennent-elles à concilier l'exploitation des ressources et la protection de l'environnement, devenu un enjeu planétaire ? La réponse ne sera ni « tout exploitation » ni « tout protection », mais une articulation nuancée des deux logiques et de leurs limites.

  3. 03Bâtir le plan

    I. Des milieux exploités, entre mise en valeur et premières protections (forêt et Colbert 1669, parcs nationaux et Yellowstone 1872, intensification agricole, développement durable). II. Le changement climatique, un enjeu planétaire saisi par l'histoire et la géopolitique (variabilité passée, réchauffement anthropique, GIEC, Rio 1992, Kyoto 1997, Paris 2015). III. Des arbitrages sous tension et aux limites (les États-Unis : exploitation, protection, positions internationales fluctuantes ; gouvernance mondiale non contraignante).

  4. 04Sécuriser les repères

    Placer des dates et lieux sûrs dans chaque partie : 1669 et 1872 (I) ; 1988 (GIEC), 1992, 1997, 2015 (II) ; les revirements américains 2015-2017-2021 (III). Nommer les acteurs : États, ONU, GIEC, entreprises, ONG, et préciser les échelles à chaque fois.

Résultat : Le sujet appelle un plan qui articule exploitation et protection plutôt que de les opposer : I. exploiter et protéger les milieux, II. le climat comme enjeu planétaire (histoire et géopolitique), III. les arbitrages et leurs limites (étude de cas états-unienne). La problématique guide la démonstration, et la conclusion y répond en montrant que l'environnement est un objet à la fois exploité, protégé et imparfaitement régulé.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : pour une dissertation sur ce thème, savoir construire un plan qui met en relation les logiques (exploiter / protéger ; approche historique / géopolitique du climat) et leurs limites, plutôt que de les traiter séparément, en s'appuyant sur des exemples précis et datés.
  • Objectif Bac : pour une étude de document (souvent un graphique du CO2 ou une carte), conduire les trois temps attendus — présentation, analyse mobilisant les connaissances, mise en perspective critique — et confronter deux documents le cas échéant.

Erreurs fréquentes

  • Réciter le cours sans répondre au sujet : une dissertation qui empile des connaissances sans problématique ni démonstration manque l'essentiel. Chaque partie doit servir une réponse à la question posée.
  • Paraphraser le document (décrire une courbe ou réécrire un texte) au lieu de l'analyser, ou plaquer du cours sans s'appuyer sur le document : l'étude critique exige de partir du document, de l'éclairer par les connaissances, puis d'en évaluer la portée et les limites — sans confondre ces étapes.

Révision active

Entraînez-vous à problématiser : pour le sujet « L'environnement, entre exploitation et protection », rédigez une introduction complète (accroche, définition des termes, problématique, annonce de plan), puis proposez un plan détaillé en trois parties articulant les tensions exploiter/protéger, la question climatique (approches historique et géopolitique) et leurs limites, en plaçant au moins trois repères datés précis.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (épreuve : dissertation et étude critique de document(s)) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Épreuve de spécialité HGGSP — définition et modalités (Éduscol) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Introduction — Qu'est-ce que l'environnement ? Notion, échelles, acteurs○
    • 02Axe 1 — Exploiter, préserver et protéger : tensions et arbitrages◐
    • 03Axe 2 — Le changement climatique : approches historique et géopolitique●
    • 04Objet de travail conclusif — Les États-Unis et la question environnementale●
    • 05Méthode — Disserter et étudier un document sur l'environnement◐

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~29
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Éduscol — ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de spécialité HGGSP — classe terminale, voie générale (thème 5 : « L'environnement, entre exploitation et protection : un enjeu planétaire »)

Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019)

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Identifier, protéger et valoriser le patrimoine

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