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Fiches/HGGSP — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques/Analyser les dynamiques des puissances internationales
Fiches · HGGSP — Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiquesFR · Bac

Analyser les dynamiques des puissances internationales

Approfondissement — hors épreuve écrite de terminale. « Analyser les dynamiques des puissances internationales » est le thème 2 du programme de spécialité HGGSP de PREMIÈRE (arrêté du 17 janvier 2019), et non l'un des six thèmes de terminale sur lesquels porte l'épreuve écrite (3 h 30, coefficient 16). Il n'est donc pas directement évaluable à l'écrit du baccalauréat. Mais c'est le socle de toute l'analyse géopolitique : il forge la grille de lecture de la puissance (puissance dure et puissance douce, fondements économiques, militaires, culturels et diplomatiques, hiérarchie et recomposition des puissances) que l'on réinvestit dans les six thèmes de terminale — puissances dans les nouveaux espaces de conquête, faire la guerre / faire la paix, enjeu de la connaissance, environnement — et qui sert d'appui solide au Grand oral. Cette fiche en suit l'architecture officielle : une introduction définissant la puissance et ses formes ; un axe 1 sur l'essor et le déclin des puissances dans une perspective historique (l'Empire ottoman, le Royaume-Uni) ; un axe 2 sur les formes indirectes de la puissance dans une approche géopolitique (soft power, langue, culture, le cas des États-Unis) ; et un objet de travail conclusif sur la puissance des États-Unis aujourd'hui (fondements, manifestations et limites).

5 sections·~34 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·0222 / 8
Profil d’examen
Approfondissement — hors épreuve écrite de terminale (thème de première, BO 2019). Définir la puissance et caractériser ses différentes formes : puissance dure (hard power : économie, armée, contrainte), puissance douce (soft power : influence, attraction, culture, langue) et leur combinaison (smart power).Approfondissement — hors épreuve écrite de terminale (thème de première, BO 2019). Analyser, dans une perspective historique, l'essor et le déclin des puissances — leurs fondements, leurs apogées et leurs reculs — à partir d'exemples comme l'Empire ottoman et le Royaume-Uni.Approfondissement — hors épreuve écrite de terminale (thème de première, BO 2019). Caractériser les formes indirectes de la puissance — culture, langue, médias, normes, modèle de société — dans une approche géopolitique, notamment à travers la puissance culturelle des États-Unis.Réinvestir ce socle conceptuel en terminale : mobiliser la grille d'analyse de la puissance pour éclairer les six thèmes géopolitiques de terminale et le Grand oral, et étudier de façon critique un document sur les fondements, les manifestations et les limites d'une puissance.
Opérateurs :définirdistinguercaractériseridentifiermettre en relationanalyserexpliquerargumenterjustifiernuancer

niveau de base

Sachez d'abord ce qu'est ce thème dans le cursus : il appartient au programme de PREMIÈRE et n'est pas un thème de l'épreuve écrite de terminale. Maîtrisez le vocabulaire fondamental — puissance, puissance dure (hard power) et puissance douce (soft power), smart power, hyperpuissance, hiérarchie des puissances — et une poignée de repères sûrs : la notion de soft power forgée par Joseph Nye en 1990, le terme d'« hyperpuissance » employé par Hubert Védrine à la fin des années 1990 pour les États-Unis, l'apogée de l'Empire ottoman au XVIe siècle puis son surnom d'« homme malade de l'Europe » au XIXe siècle, et la trajectoire du Royaume-Uni, première puissance impériale et industrielle au XIXe siècle.

niveau approfondi

Pour viser l'excellence — surtout au Grand oral ou comme socle d'analyse des thèmes de terminale — sachez tenir ensemble les trois temps du thème : définir la puissance comme un faisceau de moyens et d'influences (dure et douce) ; analyser sa dimension historique et relative (les puissances montent et déclinent — l'Empire ottoman, le Royaume-Uni — selon des fondements et des contextes datés) ; et saisir ses formes indirectes, souvent décisives à l'âge de la mondialisation (culture, langue, normes, attraction du modèle). Le fil directeur : la puissance n'est jamais un attribut fixe, c'est une relation dynamique et toujours contestée — d'où l'intérêt d'étudier ses fondements, ses manifestations ET ses limites, comme le montre le cas des États-Unis.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 5 sections▾
  1. Analyser les dynamiques des puissances internationales
    • 01Introduction — Qu'est-ce que la puissance ? Formes et hiérarchies○
    • 02Axe 1 — Essor et déclin des puissances : un regard historique◐
    • 03Axe 2 — Formes indirectes de la puissance : une approche géopolitique◐
    • 04Objet de travail conclusif — La puissance des États-Unis aujourd'hui●
    • 05Méthode — Mobiliser la grille d'analyse de la puissance en terminale et au Grand oral●
§ 01

Introduction — Qu'est-ce que la puissance ? Formes et hiérarchies#

●○○BaseLPeduscol-programme-hggsp

Les trois formes de la puissance : dure, douce, smart

Les trois formes de la puissanceTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Forme · Logique · Moyens; Puissance dure · la contrainte · force militaire, pression économique; Puissance douce · l’attraction · culture, langue, valeurs, modèle; Smart power · combiner dureté et douceur · doser le dur et le doux selon le contexte, cellule mise en évidence : l’attractionFORMELOGIQUEMOYENSPUISSANCE DUREla contrainteforce militaire, pressionéconomiquePUISSANCE DOUCEl’attractionculture, langue, valeurs,modèleSMART POWERcombiner dureté et douceurdoser le dur et le douxselon le contexte
Fig. 1La puissance douce (soft power) : notion de J. Nye (1990). C’est une relation dynamique et relative, jamais figée.

Points clés

Rappel de cursus : ce thème est le thème 2 du programme de spécialité HGGSP de PREMIÈRE (arrêté du 17 janvier 2019). Il n'est pas un thème de terminale et ne fait pas partie de l'épreuve écrite du baccalauréat ; il constitue un socle conceptuel à connaître et à mobiliser, en particulier au Grand oral et pour éclairer les thèmes géopolitiques de terminale (la puissance traverse tous les thèmes : nouveaux espaces de conquête, guerre et paix, connaissance, environnement).
Définir la puissance. En relations internationales, la puissance désigne la capacité d'un acteur (le plus souvent un État) à imposer sa volonté aux autres, à peser sur le cours des affaires du monde et à résister aux pressions extérieures. Ce n'est pas un objet que l'on possède, mais une relation : la puissance se mesure toujours par rapport à d'autres acteurs et se vérifie dans l'action. Elle repose sur un faisceau de fondements : territoire, population, richesse économique, forces armées, maîtrise technologique et scientifique, influence diplomatique et culturelle.
Distinguer puissance dure et puissance douce. Le politologue américain Joseph Nye a popularisé cette distinction. La puissance dure (hard power) repose sur la contrainte : la force militaire et la pression économique (le « bâton » et la « carotte »), c'est-à-dire la capacité à forcer ou à acheter un comportement. La puissance douce (soft power), notion forgée par J. Nye en 1990, repose au contraire sur l'attraction et l'influence : la capacité à faire désirer aux autres ce que l'on veut, par la séduction d'une culture, de valeurs, d'un modèle de société, sans recourir à la contrainte. Le smart power désigne la combinaison habile des deux.
Une puissance complète mobilise plusieurs registres. On distingue classiquement la puissance économique (richesse, monnaie, entreprises, échanges), militaire (armée, armement, capacité de projection, dissuasion nucléaire), diplomatique (alliances, sièges dans les grandes institutions internationales, capacité à faire la norme) et culturelle (langue, arts, médias, modes de vie, valeurs). Les puissances les plus complètes — dites « puissances globales » — agissent sur tous ces registres à l'échelle mondiale ; d'autres ne sont puissantes que régionalement ou dans un seul domaine.
La hiérarchie des puissances est mouvante et relative. On classe souvent les acteurs : superpuissance ou hyperpuissance (puissance dominante sans rivale équivalente — terme employé par Hubert Védrine pour les États-Unis dans les années 1990), grandes puissances, puissances régionales, puissances émergentes. Mais cette hiérarchie se recompose en permanence : des puissances déclinent, d'autres montent (émergence de la Chine, de l'Inde…). La puissance est donc un phénomène dynamique — c'est tout l'objet du thème : analyser les dynamiques, c'est-à-dire les mouvements, des puissances.
Les acteurs de la puissance ne sont pas seulement les États. À l'âge de la mondialisation, des acteurs transnationaux pèsent sur le jeu international : firmes multinationales, organisations internationales (ONU, FMI, OMC), ONG, médias mondiaux, et même des acteurs non étatiques violents. La puissance d'un État se mesure aussi à sa capacité à mobiliser ou à orienter ces acteurs (entreprises, normes, institutions) — ce qui rend les formes indirectes et diffuses de la puissance de plus en plus décisives (axe 2).

Les quatre registres de la puissance

Les quatre registres de la puissanceroue segmentée, 4 segments, Données: Puissance, Économique, Militaire, Diplomatique, CulturelÉconomiquePIB, monnaie, firmesMilitairearmée, projectionDiplomatiquealliances, ONUCulturellangue, modèle, médiasPuissance
Fig. 2Une grande puissance se mesure sur les quatre registres à la fois ; une puissance incomplète n’en domine que certains.
Exemple corrigé

Définir et distinguer les formes de la puissance

« Qu'est-ce que la puissance en relations internationales, et quelles en sont les grandes formes ? » Construisez une réponse organisée appuyée sur des notions précises. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral.)

  1. 01Définir la puissance

    La puissance est la capacité d'un acteur — le plus souvent un État — à imposer sa volonté aux autres, à peser sur le cours des affaires du monde et à résister aux pressions. Ce n'est pas un attribut figé que l'on possède, mais une relation, qui se mesure par rapport à d'autres et se vérifie dans l'action.

  2. 02Énoncer les fondements et registres

    La puissance repose sur un faisceau de fondements (territoire, population, richesse, armée, technologie, influence) que l'on regroupe en registres : économique, militaire, diplomatique et culturel. Les puissances « globales » agissent sur tous ces registres et à l'échelle mondiale.

  3. 03Distinguer dure et douce

    La puissance dure (hard power) repose sur la contrainte — force militaire et pression économique (le bâton et la carotte). La puissance douce (soft power, notion forgée par J. Nye en 1990) repose sur l'attraction — culture, valeurs, langue, modèle de société. Le smart power combine habilement les deux.

  4. 04Souligner le caractère dynamique

    La hiérarchie des puissances (hyperpuissance, grandes puissances, puissances régionales et émergentes) est mouvante : des puissances déclinent, d'autres montent. Analyser les « dynamiques » des puissances, c'est donc étudier ces mouvements d'essor et de déclin et la place croissante des formes indirectes de la puissance.

Résultat : La puissance est la capacité, pour un acteur, d'imposer sa volonté et de peser sur le monde ; c'est une relation dynamique et relative qui mobilise des fondements économiques, militaires, diplomatiques et culturels. On en distingue deux grandes formes — la puissance dure (contrainte) et la puissance douce (attraction, soft power, J. Nye, 1990), combinées dans le smart power — et une hiérarchie toujours mouvante. Cette définition exigeante fonde la grille d'analyse géopolitique réinvestie dans tous les thèmes de terminale.

Objectif Bac

  • Objectif (Grand oral / socle) : savoir définir précisément la puissance (capacité à imposer sa volonté, à peser sur le monde, à résister) et distinguer ses formes — puissance dure (hard power : contrainte militaire et économique), puissance douce (soft power : attraction, J. Nye, 1990) et smart power (combinaison) — pour disposer de la grille d'analyse mobilisable sur tous les thèmes de terminale.
  • Objectif (Grand oral / socle) : être capable de présenter les registres de la puissance (économique, militaire, diplomatique, culturel) et la hiérarchie mouvante des puissances (hyperpuissance, grandes puissances, puissances régionales, émergentes), en insistant sur son caractère relatif et dynamique.

Erreurs fréquentes

  • Croire que ce thème est évaluable à l'épreuve écrite de terminale : il relève du programme de PREMIÈRE. À l'écrit, les sujets portent sur les six thèmes de terminale ; ce thème sert de socle conceptuel et est surtout mobilisable au Grand oral et pour analyser les puissances dans les thèmes de terminale.
  • Réduire la puissance à la seule force militaire ou à la seule richesse : une puissance complète combine des fondements économiques, militaires, diplomatiques ET culturels. Oublier la dimension douce (attraction, culture, langue, normes) — souvent décisive aujourd'hui — donne une vision tronquée et datée de la puissance.

Révision active

À partir de vos connaissances, rédigez un paragraphe d'introduction qui définit la puissance (capacité à imposer sa volonté et à peser sur le monde, relation dynamique et relative), distingue ses formes (puissance dure / hard power, puissance douce / soft power forgé par J. Nye en 1990, smart power), énumère ses registres (économique, militaire, diplomatique, culturel) et annonce la problématique du thème : la puissance n'est jamais un attribut figé, mais une dynamique faite d'essor et de déclin, de moyens directs et indirects. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral.)

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — classe de première, voie générale (thème 2 : « Analyser les dynamiques des puissances internationales ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Arrêté du 17 janvier 2019 fixant le programme d'enseignement de spécialité HGGSP de la classe de première de la voie générale (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Légifrance / Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 02

Axe 1 — Essor et déclin des puissances : un regard historique#

●●○StandardLPeduscol-programme-hggsp

Essor et déclin : Royaume-Uni et Empire ottoman

Essor et déclin : Royaume-Uni et Empire ottomanTableau de 3 colonnes et 5 lignes, Données: Royaume-Uni · Empire ottoman; Apogée · XVIIIe-XIXe s. (révolution industrielle) · XVIe s. (Soliman le Magnifique); Fondements · Royal Navy, empire colonial · 3 continents, routes commerciales, armée; Rang · 1re puissance mondiale · puissance dominante; Déclin · relatif (XXe s.) : guerres, décolonisation · « l’homme malade de l’Europe » (XIXe s.); Issue · puissance moyenne après 1945 · disparaît après 1918, cellule mise en évidence : relatif (XXe s.) : guerres, décolonisationROYAUME-UNIEMPIRE OTTOMANAPOGÉEXVIIIe-XIXe s. (révolutionindustrielle)XVIe s. (Soliman leMagnifique)FONDEMENTSRoyal Navy, empire colonial3 continents, routescommerciales, arméeRANG1re puissance mondialepuissance dominanteDÉCLINrelatif (XXe s.) : guerres,décolonisation« l’homme malade de l’Europe» (XIXe s.)ISSUEpuissance moyenne après 1945disparaît après 1918
Fig. 3Leçon générale : une puissance repose sur des fondements datés ; le déclin est souvent relatif et la hiérarchie se recompose.

Points clés

L'axe 1 inscrit la puissance dans le temps long : les puissances ne sont jamais éternelles, elles connaissent un essor, un apogée, puis souvent un déclin. Étudier l'essor et le déclin des puissances, c'est identifier les fondements de leur grandeur (économiques, militaires, territoriaux, culturels) et les facteurs de leur affaiblissement (rivalités, surextension, retard économique ou technologique, contestations internes). Le programme propose deux exemples : l'Empire ottoman et le Royaume-Uni.
Premier exemple : l'Empire ottoman, d'un apogée à un déclin. Né à la fin du Moyen Âge, l'Empire ottoman connaît son apogée au XVIe siècle, notamment sous le règne de Soliman le Magnifique (1520-1566) : c'est une vaste puissance à cheval sur trois continents (Europe du Sud-Est, Proche-Orient, Afrique du Nord), militairement redoutable, contrôlant des routes commerciales majeures et rayonnant culturellement. La prise de Constantinople (1453) avait fait de la ville la capitale impériale.
Le déclin ottoman est progressif et relatif. À partir du XVIIe-XVIIIe siècle, puis surtout au XIXe siècle, l'Empire recule face à la montée des puissances européennes : défaites militaires, pertes de territoires, dépendance économique et financière, difficultés à se moderniser. Affaibli et convoité par les grandes puissances, l'Empire ottoman est alors surnommé « l'homme malade de l'Europe ». Sa disparition, après la Première Guerre mondiale, débouche sur la naissance de la République de Turquie (1923).
Second exemple : le Royaume-Uni, l'ascension d'une puissance mondiale. Du XVIIIe au XIXe siècle, le Royaume-Uni devient la première puissance mondiale en cumulant plusieurs fondements : la révolution industrielle (l'« atelier du monde »), la maîtrise des mers (la Royal Navy, première marine de guerre), et le plus vaste empire colonial de l'histoire (« l'empire sur lequel le soleil ne se couche jamais »). Sa puissance est à la fois industrielle, commerciale, financière (la City de Londres), navale et coloniale.
Le Royaume-Uni connaît ensuite un déclin relatif. Dès la fin du XIXe siècle, il est rattrapé puis dépassé par de nouvelles puissances industrielles (États-Unis, Allemagne). Le XXe siècle accélère le mouvement : les deux guerres mondiales l'épuisent, la décolonisation (après 1945) démantèle l'empire, et la suprématie passe aux États-Unis. Le Royaume-Uni demeure néanmoins une puissance importante (membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, puissance nucléaire, soft power de la langue anglaise et de sa culture) : son déclin est relatif, non absolu.
Ces deux trajectoires délivrent une leçon générale, réinvestissable pour analyser n'importe quelle puissance. Une puissance n'est jamais acquise une fois pour toutes : elle repose sur des fondements datés (un type d'économie, une supériorité militaire, un système d'alliances) qui peuvent être dépassés. Le déclin est souvent relatif (on est dépassé par d'autres qui montent plus vite) plutôt qu'absolu, et la recomposition de la hiérarchie des puissances est permanente. C'est exactement la dynamique que le thème invite à analyser.
Exemple corrigé

Analyser l'essor et le déclin d'une puissance : le Royaume-Uni

« Comment expliquer l'essor puis le déclin de la puissance britannique du XVIIIe au XXe siècle ? » Construisez une réponse organisée. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral.)

  1. 01Identifier les fondements de l'essor

    Du XVIIIe au XIXe siècle, le Royaume-Uni devient la première puissance mondiale en cumulant plusieurs fondements : la révolution industrielle (l'« atelier du monde »), la suprématie navale (la Royal Navy, première marine de guerre, maîtrise des mers et du commerce), et le plus vaste empire colonial de l'histoire (« l'empire sur lequel le soleil ne se couche jamais »). La City de Londres en fait aussi la première place financière.

  2. 02Repérer les premiers signes de recul

    Dès la fin du XIXe siècle, la puissance britannique est concurrencée : de nouvelles puissances industrielles (États-Unis, Allemagne) rattrapent puis dépassent le Royaume-Uni sur le plan économique et industriel. La supériorité reposait sur une avance que d'autres peuvent combler.

  3. 03Expliquer l'accélération du déclin au XXe siècle

    Les deux guerres mondiales épuisent le pays (humainement et financièrement) ; la décolonisation, surtout après 1945, démantèle l'empire colonial qui fondait une grande part de sa puissance ; et la suprématie mondiale passe désormais aux États-Unis. Le centre de gravité de la puissance se déplace.

  4. 04Nuancer : un déclin relatif

    Le Royaume-Uni reste cependant une puissance importante : membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, puissance nucléaire, économie développée, et un soft power notable (rayonnement de la langue anglaise, de la culture et des médias). Son déclin est donc relatif (être dépassé par d'autres) et non absolu.

Résultat : Le Royaume-Uni doit son essor au cumul de fondements puissants — industrie, marine, empire colonial, finance — qui en font la première puissance mondiale au XIXe siècle ; son déclin s'explique par le rattrapage des nouvelles puissances industrielles, l'épuisement des guerres mondiales et la décolonisation, qui transfèrent la suprématie aux États-Unis. Mais ce déclin est relatif : le Royaume-Uni demeure une puissance notable. La trajectoire illustre une loi générale — la puissance repose sur des fondements datés et la hiérarchie des puissances se recompose en permanence.

Objectif Bac

  • Objectif (Grand oral / socle) : savoir retracer une trajectoire d'essor et de déclin — l'Empire ottoman (apogée au XVIe siècle sous Soliman le Magnifique, puis « homme malade de l'Europe » au XIXe siècle) OU le Royaume-Uni (première puissance industrielle, navale et coloniale au XIXe siècle, déclin relatif au XXe siècle) — en identifiant à chaque fois les fondements de la puissance et les facteurs de son affaiblissement.
  • Objectif (Grand oral / socle) : être capable de dégager la leçon générale — une puissance repose sur des fondements datés, le déclin est le plus souvent relatif (être dépassé par d'autres qui montent), et la hiérarchie des puissances se recompose en permanence.

Erreurs fréquentes

  • Confondre déclin relatif et déclin absolu : le Royaume-Uni n'a pas « disparu » comme puissance ; il a été rattrapé puis dépassé par d'autres (États-Unis, Allemagne). Son recul est relatif — il reste une puissance importante. Présenter un déclin comme une chute totale fausse l'analyse.
  • Réciter une simple chronologie sans analyser les fondements : il faut expliquer SUR QUOI reposait la puissance (industrie, marine, empire pour le Royaume-Uni ; armée, territoires, routes commerciales pour les Ottomans) et POURQUOI elle a reculé (rivalités, retard, guerres, décolonisation), et non se contenter d'aligner des dates.

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté retraçant l'essor puis le déclin d'une puissance au choix : pour le Royaume-Uni, montrez les fondements de sa puissance mondiale au XIXe siècle (révolution industrielle et atelier du monde, suprématie navale de la Royal Navy, premier empire colonial), puis les facteurs de son déclin relatif au XXe siècle (rattrapage par les États-Unis et l'Allemagne, épuisement des deux guerres mondiales, décolonisation), et concluez sur la leçon générale : une puissance repose sur des fondements datés et le déclin est souvent relatif. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral.)

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — première, voie générale (thème 2, axe 1 : « Essor et déclin des puissances : un regard historique ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Arrêté du 17 janvier 2019 fixant le programme d'enseignement de spécialité HGGSP de la classe de première de la voie générale (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Légifrance / Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 03

Axe 2 — Formes indirectes de la puissance : une approche géopolitique#

●●○StandardLPeduscol-programme-hggsp

Les vecteurs du soft power

Les vecteurs du soft powerGraphe, Soft power (J. Nye, 1990) → Langue (anglais : affaires, sciences), Soft power (J. Nye, 1990) → Culture & médias (Hollywood, musique), Soft power (J. Nye, 1990) → Valeurs & modèle (American way of life), Soft power (J. Nye, 1990) → Norme & savoir (universités, standards)Soft power (J.Nye, 1990)Langue (anglais: affaires,sciences)Culture & médias(Hollywood,musique)Valeurs & modèle(American way oflife)Norme & savoir(universités,standards)
Fig. 4Le soft power rencontre des résistances : rejet de l’américanisation, exceptions culturelles, affirmation d’autres modèles (chinois, indien…).

Points clés

L'axe 2 se concentre sur les formes indirectes de la puissance, c'est-à-dire sur la puissance douce (soft power) : la capacité à influencer et à attirer plutôt qu'à contraindre. À l'âge de la mondialisation, cette puissance diffuse — par la culture, la langue, les médias, les normes et le modèle de société — est devenue souvent aussi décisive que la force militaire ou économique. C'est ce que le programme appelle « une approche géopolitique » des formes indirectes de la puissance.
Le soft power (notion forgée par J. Nye en 1990) repose sur l'attraction qu'exercent la culture, les valeurs politiques et la politique extérieure d'un pays. Une puissance qui rayonne par son cinéma, sa musique, son mode de vie, ses universités ou son modèle de société obtient des autres ce qu'elle souhaite sans recourir à la contrainte : on adhère à son influence parce qu'on la trouve désirable ou légitime. Le soft power est donc un pouvoir d'influence, fondé sur le prestige et la séduction.
La langue est un vecteur majeur de puissance indirecte. La diffusion mondiale de l'anglais — langue des affaires, de la science, d'Internet et de la culture populaire — prolonge et amplifie l'influence des pays anglophones, au premier rang desquels les États-Unis. La langue véhicule des références, des normes et des manières de penser : c'est un instrument d'influence durable (ce que prolonge, pour la France, la francophonie). Maîtriser la langue dominante, c'est disposer d'un avantage d'influence.
La culture et les médias sont au cœur des formes indirectes de la puissance, comme le montre l'exemple des États-Unis. La puissance culturelle américaine s'appuie sur des industries mondiales : le cinéma (Hollywood), la musique, les séries, les plateformes numériques et les géants du Web, les grandes marques et le mode de vie (l'« American way of life »). À travers ces produits, c'est tout un modèle culturel et des valeurs (consommation, individualisme, modernité) qui se diffusent et nourrissent l'attraction du pays.
Les formes indirectes de la puissance passent aussi par la capacité à produire la norme. Une puissance influente impose ses standards techniques, ses normes juridiques et économiques, ses références dans les institutions internationales, ou ses universités et ses sciences (attraction des cerveaux, prestige académique). Cette aptitude à fixer les règles du jeu et à modeler les représentations est une forme subtile mais profonde de puissance, car elle façonne le cadre dans lequel agissent les autres acteurs.
Mais les formes indirectes de la puissance ont aussi leurs limites et suscitent des résistances. L'influence culturelle peut être perçue comme une menace pour les identités locales et provoquer des réactions de rejet (critiques de l'« américanisation », défense des « exceptions culturelles », montée d'autres modèles attractifs). D'autres puissances développent leur propre soft power (industries culturelles, langues, modèles). Le soft power est donc, lui aussi, un terrain de rivalités géopolitiques, et l'attraction d'un modèle n'est jamais ni totale ni définitive.

Les vecteurs du soft power : une grille d'analyse (illustration qualitative)

Exemple corrigé

Caractériser le soft power des États-Unis

« En quoi la puissance des États-Unis est-elle aussi une puissance culturelle ? » Construisez une réponse organisée et nuancée. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral.)

  1. 01Définir la puissance indirecte

    Au-delà de la force militaire et économique (puissance dure), les États-Unis disposent d'une puissance douce (soft power, J. Nye, 1990) : la capacité d'attirer et d'influencer par la culture, les valeurs et le modèle de société, sans recourir à la contrainte. C'est une forme indirecte mais profonde de puissance.

  2. 02Recenser les vecteurs culturels

    Les vecteurs sont nombreux : le cinéma (Hollywood), les séries, la musique, les plateformes numériques et les géants du Web, les grandes marques mondiales et le mode de vie (l'« American way of life »). S'y ajoutent le rayonnement de la langue anglaise (affaires, science, Internet) et le prestige des universités et des sciences américaines.

  3. 03Montrer la diffusion d'un modèle

    À travers ces produits et ces références circulent un modèle culturel et des valeurs (consommation, individualisme, modernité). Les États-Unis fixent aussi des normes et des standards (techniques, économiques, scientifiques), ce qui modèle le cadre dans lequel agissent les autres acteurs : c'est une influence sur les représentations et les règles du jeu.

  4. 04Nuancer par les limites

    Cette influence n'est pas sans limites : elle suscite des résistances (rejet de l'« américanisation », défense des « exceptions culturelles » pour protéger les cultures locales) et la concurrence d'autres soft powers émergents. L'attraction d'un modèle n'est donc jamais ni totale ni définitive : le soft power est lui-même un terrain de rivalités.

Résultat : La puissance des États-Unis est aussi une puissance culturelle : par le cinéma, les séries, la musique, les plateformes, les marques, le mode de vie, la langue anglaise et le prestige scientifique, ils exercent un soft power qui diffuse un modèle et des valeurs et façonne les normes mondiales. Mais cette puissance indirecte rencontre des résistances (rejet de l'américanisation, exceptions culturelles, modèles concurrents) : l'attraction n'est ni totale ni définitive. Le soft power apparaît ainsi comme une dimension décisive — mais disputée — de la puissance américaine.

Objectif Bac

  • Objectif (Grand oral / socle) : savoir définir et illustrer les formes indirectes de la puissance — le soft power (J. Nye, 1990 : attraction par la culture, les valeurs, la politique), la langue (rayonnement de l'anglais), la culture et les médias (Hollywood, séries, plateformes, marques, mode de vie pour les États-Unis) et la capacité à produire la norme.
  • Objectif (Grand oral / socle) : être capable de nuancer — montrer que le soft power a des limites (résistances, rejet de l'« américanisation », exceptions culturelles, concurrence d'autres modèles) et qu'il constitue lui-même un terrain de rivalités géopolitiques, l'attraction n'étant jamais totale ni définitive.

Erreurs fréquentes

  • Réduire le soft power à la seule « culture pop » ou au divertissement : il englobe aussi la langue, les valeurs politiques, le modèle de société, les universités, la science et la capacité à produire la norme. Le confondre avec un simple rayonnement artistique en sous-estime la portée géopolitique (influence sur les représentations et les règles du jeu).
  • Présenter le soft power comme un pouvoir absolu et incontesté : l'attraction culturelle suscite des résistances (rejet, défense des identités locales, exceptions culturelles) et la concurrence d'autres modèles. Oublier ces limites donne une vision naïve, comme si l'influence d'un modèle ne rencontrait jamais d'opposition.

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté caractérisant les formes indirectes de la puissance à partir de l'exemple des États-Unis : montrez les vecteurs de leur soft power (langue anglaise, cinéma et séries, musique, plateformes et marques, mode de vie, universités et capacité à produire la norme), expliquez comment ces vecteurs diffusent un modèle et des valeurs, puis nuancez en évoquant les limites (rejet de l'« américanisation », exceptions culturelles, concurrence d'autres modèles). Appuyez-vous sur la notion de soft power forgée par J. Nye en 1990. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral.)

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — première, voie générale (thème 2, axe 2 : « Formes indirectes de la puissance : une approche géopolitique ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Arrêté du 17 janvier 2019 fixant le programme d'enseignement de spécialité HGGSP de la classe de première de la voie générale (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Légifrance / Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 04

Objet de travail conclusif — La puissance des États-Unis aujourd'hui#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-hggsp

La puissance des États-Unis : fondements, manifestations, limites

États-Unis : fondements, manifestations, limitesTableau de 2 colonnes et 3 lignes, Données: Dimension · États-Unis aujourd’hui; Fondements · 1re économie, dollar dominant, firmes & numérique, avance technologique, 1re armée; Manifestations · projection militaire mondiale, OTAN, Conseil de sécurité de l’ONU, soft power culturel; Limites · concurrence de la Chine, contestations, limites de l’interventionnisme, fragilités internes, cellule mise en évidence : concurrence de la Chine, contestations, limites de l’interventionnisme, fragilités internesDIMENSIONÉTATS-UNIS AUJOURD’HUIFONDEMENTS1re économie, dollardominant, firmes &numérique, avancetechnologique, 1re arméeMANIFESTATIONSprojection militairemondiale, OTAN, Conseil desécurité de l’ONU, softpower culturelLIMITESconcurrence de la Chine,contestations, limites del’interventionnisme,fragilités internes
Fig. 6D’« hyperpuissance » (H. Védrine, fin XXe s.) à une suprématie relative dans un monde plus multipolaire. Toujours analyser : fondements + manifestations + LIMITES.

Points clés

L'objet de travail conclusif applique toute la grille du thème à un cas : la puissance des États-Unis aujourd'hui. Il s'agit d'analyser ses fondements (sur quoi repose-t-elle ?), ses manifestations (comment s'exerce-t-elle dans le monde ?) et ses limites (qu'est-ce qui la conteste ou la fragilise ?). Les États-Unis sont en effet l'exemple le plus complet de puissance globale, mobilisant tous les registres — économique, militaire, diplomatique et culturel.
Les fondements de la puissance américaine sont multiples et cumulatifs. Sur le plan économique : la première ou la deuxième économie mondiale, une monnaie dominante (le dollar, monnaie de référence des échanges mondiaux), des firmes multinationales et des géants du numérique de premier plan, une avance technologique et scientifique. Sur le plan démographique et territorial : un vaste territoire riche en ressources et une population nombreuse. C'est une base matérielle exceptionnellement large.
La puissance militaire est un fondement majeur, à dimension mondiale. Les États-Unis disposent du premier budget militaire du monde, d'une armée capable de se projeter sur tous les théâtres (réseau de bases à l'étranger, porte-avions, forces aéronavales), de l'arme nucléaire et de réseaux d'alliances (l'OTAN). Cette capacité de projection planétaire — agir militairement loin de son territoire — est une manifestation directe de la puissance dure américaine.
Les manifestations diplomatiques et culturelles complètent cette puissance. Diplomatiquement, les États-Unis sont membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, pèsent dans les grandes institutions internationales et disposent d'un dense réseau d'alliances. Culturellement, leur soft power est sans équivalent (cinéma, séries, musique, plateformes, langue anglaise, universités, mode de vie). Cette combinaison de puissance dure et de puissance douce — un véritable smart power — a justifié, à la fin des années 1990, le terme d'« hyperpuissance » employé par Hubert Védrine.
Mais la puissance américaine connaît aussi des limites et des remises en cause. Sur la scène internationale, elle est concurrencée par l'émergence d'autres puissances (notamment la Chine, rivale économique, technologique et stratégique), contestée par des acteurs hostiles, et confrontée aux limites de l'interventionnisme militaire (enlisements, coûts, critiques). À l'intérieur, des fragilités (tensions sociales et politiques, débats sur la place des États-Unis dans le monde) nuancent l'image d'une puissance toute-puissante.
L'objet conclusif réinvestit ainsi tout le thème. La puissance américaine illustre une puissance globale qui combine toutes les formes (dure et douce, tous les registres). Mais elle confirme aussi la leçon de l'axe 1 : aucune puissance n'est éternelle ni incontestée. On parle d'un monde devenu plus « multipolaire », où la suprématie américaine, longtemps qualifiée d'hyperpuissance, doit composer avec la montée de rivaux. Analyser la puissance des États-Unis aujourd'hui, c'est donc en étudier les fondements, les manifestations ET les limites.
Exemple corrigé

La puissance des États-Unis est-elle encore sans rivale aujourd'hui ?

« La puissance des États-Unis est-elle encore sans rivale aujourd'hui ? » Construisez une réponse nuancée. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral.)

  1. 01Définir la puissance et poser la question

    Les États-Unis constituent l'exemple le plus complet de puissance globale, combinant tous les registres (économique, militaire, diplomatique, culturel) et toutes les formes (dure et douce, soit un smart power). À la fin des années 1990, H. Védrine parlait même d'« hyperpuissance ». La question est de savoir si cette domination reste sans rivale aujourd'hui.

  2. 02Montrer les fondements et manifestations d'une domination

    Économiquement : économie de premier plan, dollar dominant, firmes et géants du numérique, avance technologique. Militairement : première armée du monde, capacité de projection mondiale, alliances (OTAN), arme nucléaire. Diplomatiquement : membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Culturellement : un soft power sans équivalent (Hollywood, séries, musique, plateformes, langue anglaise, universités).

  3. 03Exposer les limites et remises en cause

    Cette domination est désormais concurrencée : la Chine s'affirme comme une rivale économique, technologique et stratégique ; d'autres puissances émergent ; des acteurs contestent l'influence américaine. S'y ajoutent les limites de l'interventionnisme militaire (enlisements, coûts) et des fragilités internes (tensions sociales et politiques, débats sur le rôle international du pays).

  4. 04Conclure de façon nuancée

    Les États-Unis demeurent la première puissance mondiale, la seule à agir sur tous les registres à l'échelle planétaire ; mais leur suprématie est devenue relative, dans un monde plus multipolaire. L'« hyperpuissance » des années 1990 doit composer avec la montée de rivaux — ce qui confirme la leçon du thème : aucune puissance n'est éternelle ni incontestée.

Résultat : Les États-Unis restent la puissance la plus complète au monde, combinant fondements économiques, militaires, diplomatiques et culturels (un smart power qui leur valut le terme d'« hyperpuissance » à la fin des années 1990). Mais ils ne sont plus sans rivale : la montée de la Chine, l'émergence d'autres puissances, les contestations, les limites de l'interventionnisme et des fragilités internes nuancent leur domination. La puissance américaine est donc une suprématie relative, dans un monde devenu plus multipolaire — une analyse qui exige d'étudier ses fondements, ses manifestations ET ses limites.

Objectif Bac

  • Objectif (Grand oral / socle) : savoir présenter de façon organisée les fondements (économie, dollar, firmes et numérique, technologie, armée mondiale, alliances) et les manifestations (projection militaire, poids diplomatique à l'ONU, soft power culturel et linguistique) de la puissance des États-Unis, en mobilisant la notion d'« hyperpuissance » (H. Védrine, fin des années 1990) et celle de smart power.
  • Objectif (Grand oral / socle) : être capable d'en analyser les limites de façon nuancée — concurrence d'autres puissances (notamment la Chine), contestations, limites de l'interventionnisme militaire, fragilités internes — et de conclure sur un monde plus multipolaire où la suprématie américaine est relative et disputée.

Erreurs fréquentes

  • Présenter les États-Unis comme une puissance « absolue », toute-puissante et incontestée : il faut systématiquement en montrer les limites (concurrence de la Chine et d'autres puissances, contestations, échecs d'interventions, fragilités internes). La consigne du thème impose d'étudier fondements, manifestations ET limites — oublier les limites est une erreur de cadrage.
  • Réduire la puissance américaine à sa seule dimension militaire ou économique : c'est une puissance globale (smart power) qui combine puissance dure (économie, armée) et puissance douce (culture, langue, modèle). Ne traiter qu'un seul registre donne une analyse incomplète de ce qui en fait justement l'exemple le plus complet de puissance.

Révision active

Entraînez-vous : pour la question « La puissance des États-Unis est-elle encore sans rivale aujourd'hui ? », rédigez une introduction (définition de la puissance globale, rappel de la notion d'hyperpuissance employée par H. Védrine à la fin des années 1990, problématique) puis un plan détaillé articulant : I. les fondements et manifestations d'une puissance globale (économie et dollar, firmes et numérique, armée mondiale et projection, diplomatie à l'ONU, soft power culturel et linguistique) ; II. les limites et remises en cause (concurrence de la Chine, contestations, limites de l'interventionnisme, fragilités internes) ; et concluez sur un monde plus multipolaire. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral.)

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — première, voie générale (thème 2, objet de travail conclusif : « La puissance des États-Unis aujourd'hui ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Arrêté du 17 janvier 2019 fixant le programme d'enseignement de spécialité HGGSP de la classe de première de la voie générale (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Légifrance / Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

§ 05

Méthode — Mobiliser la grille d'analyse de la puissance en terminale et au Grand oral#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-hggsp

Analyser la puissance en quatre temps

Analyser la puissance en quatre tempsGraphe, 1 · Fondements (4 registres) → 2 · Formes (dure / douce / smart), 2 · Formes (dure / douce / smart) → 3 · Dynamiques (essor / déclin), 3 · Dynamiques (essor / déclin) → 4 · Limites (rivalités, fragilités)1 · Fondements(4 registres)2 · Formes (dure/douce /smart)3 · Dynamiques(essor /déclin)4 · Limites(rivalités,fragilités)
Fig. 7La puissance est une relation dynamique, jamais figée. Éviter l’analyse partielle (un seul registre) et l’analyse univoque (sans limites).

Points clés

Ce thème de première n'est pas évalué à l'écrit de terminale, mais il fournit la grille d'analyse de la puissance que l'on réinvestit dans presque tous les thèmes de terminale. Savoir la mobiliser méthodiquement est donc un atout, notamment au Grand oral et pour structurer une analyse géopolitique solide. La méthode consiste à appliquer, à n'importe quel acteur, une grille à trois questions : quels fondements ? quelles manifestations ? quelles limites ?
Première étape : identifier les fondements de la puissance d'un acteur. On passe en revue les registres : économique (richesse, monnaie, entreprises, technologie), militaire (armée, armement, projection, dissuasion), diplomatique (alliances, sièges dans les institutions, capacité à faire la norme) et culturel (langue, culture, médias, modèle, universités). Cette grille évite l'analyse partielle (ne voir que l'armée ou que l'économie) et garantit une vision complète de ce qui fonde la puissance.
Deuxième étape : distinguer puissance dure et puissance douce, et leur combinaison. Pour chaque acteur, on repère ce qui relève de la contrainte (hard power : force militaire, pression économique) et ce qui relève de l'attraction (soft power : culture, langue, valeurs, modèle). Les puissances les plus efficaces combinent les deux (smart power). Cette distinction, héritée de J. Nye (1990), structure immédiatement une analyse en montrant la nature des leviers d'influence.
Troisième étape : penser la puissance dans le temps et dans l'espace. Dans le temps (apport de l'axe 1) : une puissance connaît un essor, un apogée, un déclin — souvent relatif. Dans l'espace : on situe l'acteur dans une hiérarchie (hyperpuissance, grande puissance, puissance régionale, émergente) et dans un système de relations (rivalités, alliances). Cette mise en perspective historique et géopolitique transforme une description statique en véritable analyse des dynamiques.
Quatrième étape, décisive : ne jamais oublier les limites. Une bonne analyse de la puissance montre toujours ce qui la conteste, la fragilise ou la dépasse : rivalités, résistances au soft power, surextension militaire, retard technologique, fragilités internes, montée de concurrents. C'est ce qui distingue une analyse nuancée d'un panégyrique. La consigne du thème — fondements, manifestations ET limites — est le réflexe méthodologique à conserver.
Au Grand oral comme dans l'étude d'un document de terminale, cette grille s'applique directement. Face à un document (carte, texte, statistiques) sur un acteur international, on l'interroge ainsi : quels fondements de puissance révèle-t-il ? quelle forme (dure / douce) ? quelle place dans la hiérarchie et quelles dynamiques (essor / déclin) ? quelles limites ? Mobiliser consciemment cette grille permet de produire une analyse organisée, complète et critique — exactement ce qu'attend un correcteur ou un jury.
Exemple corrigé

Appliquer la grille à un acteur : la Chine, puissance en essor

« Appliquez la grille d'analyse de la puissance (fondements, formes, dynamiques, limites) à la Chine contemporaine. » Construisez une analyse organisée. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral et pour les thèmes de terminale.)

  1. 01Identifier les fondements

    Économique : deuxième économie mondiale, « atelier du monde », puissance commerciale et financière, investissements (nouvelles routes de la soie). Militaire : armée nombreuse en modernisation, montée en puissance navale, arme nucléaire. Diplomatique : membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, influence croissante. Démographique et territorial : population et territoire immenses, ressources.

  2. 02Distinguer les formes

    Hard power : poids économique et commercial, modernisation militaire, capacité de pression. Soft power en construction : diffusion de la langue et de la culture chinoises, instituts culturels, investissements et infrastructures à l'étranger, image de modèle de développement. La Chine vise un smart power combinant les deux.

  3. 03Penser les dynamiques

    Dans le temps : la Chine est une puissance en essor rapide, qui réémerge après une période d'affaiblissement (XIXe-XXe siècle). Dans l'espace : elle se hisse au rang de grande puissance et de principale rivale des États-Unis, dans un monde devenu plus multipolaire. C'est l'illustration même d'une dynamique d'essor.

  4. 04Ne pas oublier les limites

    Sa puissance connaît des limites : dépendances économiques, contestations de son influence et de ses ambitions territoriales (tensions régionales), soft power encore inférieur à celui des États-Unis, fragilités internes (économiques, sociales, démographiques). Sa montée est réelle mais ni sans rivale ni sans obstacle.

Résultat : Appliquée à la Chine, la grille montre une puissance en essor aux fondements multiples (économie de premier plan, modernisation militaire, poids diplomatique, démographie), mobilisant une puissance dure affirmée et un soft power en construction (smart power visé). Sa dynamique est celle d'une réémergence rapide qui en fait la principale rivale des États-Unis dans un monde multipolaire ; mais ses limites (dépendances, contestations, fragilités internes, soft power encore limité) interdisent d'en faire une puissance sans rival. La grille produit ainsi une analyse complète et nuancée, directement transférable aux thèmes de terminale.

Objectif Bac

  • Objectif (Grand oral / socle) : savoir appliquer, à n'importe quel acteur international rencontré dans les thèmes de terminale, la grille en quatre temps — fondements (registres économique, militaire, diplomatique, culturel) ; formes (dure / douce / smart power) ; dynamiques dans le temps et l'espace (essor / déclin, hiérarchie) ; limites — pour bâtir une analyse géopolitique organisée et nuancée.
  • Objectif (Grand oral / socle) : être capable, face à un document sur la puissance, de l'interroger avec cette grille et d'éviter les deux pièges majeurs — l'analyse partielle (un seul registre) et l'analyse univoque (oublier les limites et les rivalités).

Erreurs fréquentes

  • Décrire une puissance sans la situer dans le temps ni l'espace : oublier les dynamiques (essor / déclin de l'axe 1) et la hiérarchie des puissances revient à figer l'analyse. Une puissance s'analyse toujours en mouvement et en relation avec les autres acteurs.
  • Confondre une description et une analyse : aligner des chiffres ou des faits sur un acteur ne suffit pas. Il faut les ordonner avec la grille (fondements / formes / dynamiques / limites) et en tirer une interprétation — sinon l'« analyse » n'est qu'un inventaire.

Révision active

Choisissez un acteur international étudié dans un thème de terminale (par exemple la Chine dans « De nouveaux espaces de conquête », ou une puissance régionale au Moyen-Orient dans « Faire la guerre, faire la paix ») et appliquez-lui la grille d'analyse de la puissance en quatre temps : ses fondements (registres économique, militaire, diplomatique, culturel), ses formes (hard / soft / smart power), ses dynamiques (essor ou déclin, place dans la hiérarchie) et ses limites. Rédigez le plan détaillé d'une analyse organisée. (Exercice d'entraînement / appui pour le Grand oral et pour l'étude de document en terminale.)

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité HGGSP — première, voie générale (thème 2 : « Analyser les dynamiques des puissances internationales ») et son réinvestissement dans les thèmes de terminale (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Arrêté du 17 janvier 2019 fixant le programme d'enseignement de spécialité HGGSP de la classe de première de la voie générale (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Légifrance / Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Introduction — Qu'est-ce que la puissance ? Formes et hiérarchies○
    • 02Axe 1 — Essor et déclin des puissances : un regard historique◐
    • 03Axe 2 — Formes indirectes de la puissance : une approche géopolitique◐
    • 04Objet de travail conclusif — La puissance des États-Unis aujourd'hui●
    • 05Méthode — Mobiliser la grille d'analyse de la puissance en terminale et au Grand oral●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Analyser les dynamiques des puissances internationales

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~34
min
4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Éduscol — ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de spécialité HGGSP — classe de première, voie générale (thème 2 : « Analyser les dynamiques des puissances internationales »)

Légifrance / Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale

  • Arrêté du 17 janvier 2019 fixant le programme d'enseignement de spécialité HGGSP de la classe de première de la voie générale (BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019)

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Comprendre un régime politique : la démocratie

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