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Ce thème relie l'origine de la diversité génétique des individus aux mécanismes de l'évolution des populations. On part de la reproduction sexuée — méiose et fécondation — qui brassent les allèles à chaque génération, puis on examine les accidents de la méiose et les mutations, sources d'innovation génétique et de complexification des génomes (crossing-over inégal, aneuploïdies, transferts horizontaux, endosymbioses). On étudie enfin l'évolution des populations : sélection naturelle et dérive génétique, le modèle de Hardy-Weinberg comme modèle nul de l'absence d'évolution, la notion d'espèce comme catégorie instable issue de la spéciation, et les mécanismes de diversification du vivant — y compris ceux qui ne modifient pas le génome (symbioses, transmission de comportements, hétérochronies). C'est le Thème 1 de la spécialité SVT de terminale, pleinement au programme de l'épreuve écrite.
5sectionsca. 30min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Verrouiller d'abord les fondamentaux universellement attendus : le déroulement de la méiose et l'évolution de la quantité d'ADN, la distinction brassage intrachromosomique (crossing-over en prophase I) / brassage interchromosomique (disjonction aléatoire en anaphase I), le rôle amplificateur de la fécondation, et la relation « nouvel allèle = mutation ». Ces points structurent la plupart des sujets de génétique.
niveau approfondi
Approfondir l'exploitation quantitative de données : estimer une distance génétique à partir d'un croisement-test (fréquence de recombinants), appliquer rigoureusement le modèle de Hardy-Weinberg (p², 2pq, q²) pour comparer fréquences observées et attendues, et argumenter finement le rôle respectif de la sélection et de la dérive selon la taille de population et la valeur sélective des allèles.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Quantité d'ADN par cellule au cours de la méiose
Évolution de la quantité d'ADN au cours de la méiose
La réplication double l'ADN avant la méiose ; la division I sépare les homologues (l'ADN par cellule est divisé par 2) et la division II sépare les chromatides (encore divisé par 2). Une cellule diploïde donne quatre cellules haploïdes.
Brassage interchromosomique pour n paires de chromosomes
Chacune des paires se répartit indépendamment selon deux possibilités, d'où gamètes différents par le seul brassage interchromosomique (pour l'humain, ).
Croisement-test AaBb × aabb : les quatre types de gamètes
Chez une plante, le gène « forme du grain » a un allèle dominant R (rond) et un allèle récessif r (ridé) ; le gène « couleur » a un allèle dominant J (jaune) et un allèle récessif v (vert). Les deux gènes sont portés par des chromosomes différents. On réalise un croisement-test : une plante dihybride [RJ/rv] est croisée avec une plante homozygote récessive [rv/rv]. 1) Donner les gamètes produits par chaque parent et leurs proportions. 2) Établir l'échiquier de croisement. 3) Donner les phénotypes des descendants et leurs proportions, et préciser le brassage mis en évidence.
Les deux gènes étant sur des chromosomes DIFFÉRENTS, le brassage interchromosomique en anaphase I donne quatre types de gamètes équiprobables (chaque allèle d'un gène s'associe indifféremment à chaque allèle de l'autre).
Le parent [rv/rv] est homozygote pour les deux gènes : il ne produit qu'un seul type de gamète.
Chaque gamète du dihybride fusionne avec un gamète du parent testeur. On obtient quatre génotypes, chacun avec la probabilité .
On traduit chaque génotype en phénotype (R et J dominants). Quatre phénotypes apparaissent en proportions égales, donc chacun.
L'apparition des quatre phénotypes en proportions ÉGALES (dont les phénotypes recombinés [rond, vert] et [ridé, jaune] à chacun) traduit l'indépendance des deux gènes : c'est le brassage INTERchromosomique (disjonction aléatoire des homologues en anaphase I) qui est mis en évidence.
Résultat : Le croisement-test donne quatre phénotypes équiprobables ( chacun), dont deux types recombinés à : la proportion d'environ de descendants recombinés signe deux gènes INDÉPENDANTS, brassés par le seul brassage interchromosomique.
Erreurs fréquentes
Révision active
On considère deux gènes portés par DEUX chromosomes différents : un gène de couleur (allèle dominant A « gris », allèle récessif a « noir ») et un gène de taille des ailes (allèle dominant B « longues », allèle récessif b « courtes »). On croise une drosophile dihybride [AB/ab] avec une drosophile homozygote récessive [ab/ab] (croisement-test). Prévoir les types de gamètes du dihybride, dresser l'échiquier de croisement, donner les phénotypes des descendants et leurs proportions attendues, puis indiquer quel brassage est ici mis en évidence.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Non-disjonction en méiose et anomalie chromosomique
Estimation d'une distance génétique (croisement-test)
La fréquence des phénotypes recombinés, exprimée en pourcentage, donne la distance entre les deux gènes en centimorgans : de recombinaison correspond à environ cM.
Croisement-test de deux gènes liés : parentaux majoritaires, recombinés minoritaires
On croise une plante dihybride [AB/ab] avec une plante homozygote récessive [ab/ab]. Sur descendants, on dénombre : de phénotype [AB], de phénotype [ab], de phénotype [Ab] et de phénotype [aB]. 1) Quels sont les phénotypes parentaux et recombinés ? 2) Les gènes sont-ils liés ou indépendants ? 3) Calculer la distance génétique en cM.
Les phénotypes majoritaires reproduisent les associations d'allèles du dihybride [AB/ab] : ce sont les PARENTAUX [AB] et [ab]. Les phénotypes minoritaires [Ab] et [aB] présentent de NOUVELLES associations : ce sont les RECOMBINÉS, issus d'un crossing-over.
Si les gènes étaient indépendants, on attendrait de chaque phénotype ( sur ), soit de recombinés. Or les recombinés sont nettement minoritaires : les gènes sont donc LIÉS (portés par le même chromosome).
On rapporte la somme des deux phénotypes recombinés au nombre total de descendants.
La fréquence de recombinaison, exprimée en pourcentage, donne directement la distance en centimorgans ( cM).
Résultat : Les phénotypes parentaux ([AB] et [ab]) sont majoritaires et les recombinés ([Ab] et [aB]) minoritaires : les deux gènes sont LIÉS. La fréquence de recombinaison vaut , soit une distance génétique d'environ cM.
Erreurs fréquentes
Révision active
Chez la drosophile, un croisement-test entre une femelle dihybride [VgEb/vg eb] (Vg : ailes longues ; Eb : corps clair) et un mâle homozygote récessif donne descendants : [Vg Eb], [vg eb], [Vg eb] et [vg Eb]. 1) Identifier les phénotypes parentaux et recombinés. 2) Les deux gènes sont-ils liés ou indépendants ? Justifier. 3) Estimer la distance génétique entre les deux gènes en centimorgans.
Rappel actif
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Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Origine endosymbiotique de la mitochondrie
On dispose des informations suivantes sur la mitochondrie d'une cellule eucaryote : (a) elle est entourée d'une DOUBLE membrane ; (b) elle possède un ADN propre, CIRCULAIRE, séparé de l'ADN du noyau ; (c) elle contient des ribosomes dont la séquence d'ARN ressemble davantage à celle des ribosomes bactériens qu'à celle des ribosomes du cytoplasme eucaryote ; (d) elle se divise de façon autonome. Montrer que ces données soutiennent l'hypothèse d'une origine endosymbiotique de la mitochondrie.
L'hypothèse endosymbiotique propose que la mitochondrie dérive d'une bactérie ancestrale (aérobie) incorporée par une cellule hôte et conservée comme symbiote. On confronte chaque donnée à cette hypothèse.
La membrane EXTERNE proviendrait de la cellule hôte (vésicule de phagocytose) et la membrane INTERNE de la bactérie englobée. La double membrane est donc cohérente avec une incorporation par endocytose : argument (a).
Un ADN propre, CIRCULAIRE et indépendant du noyau est caractéristique des bactéries (les eucaryotes ont un ADN nucléaire linéaire). L'organite a donc conservé un patrimoine génétique de type bactérien : argument (b).
Les ribosomes mitochondriaux ressemblent davantage aux ribosomes BACTÉRIENS qu'à ceux du cytoplasme eucaryote. Cette PARENTÉ MOLÉCULAIRE, établie par comparaison de séquences, place la mitochondrie du côté des bactéries : argument (c).
La mitochondrie se divise indépendamment de la cellule, à la manière d'une bactérie : argument (d), cohérent avec un ancien organisme devenu symbiote.
Résultat : Double membrane, ADN circulaire de type bactérien, ribosomes proches des ribosomes bactériens et division autonome convergent : la mitochondrie est issue d'une bactérie ancestrale intégrée par endosymbiose. La comparaison de SÉQUENCES (ribosomes, ADN) est l'argument décisif, car elle établit une parenté avec les bactéries actuelles.
Erreurs fréquentes
Révision active
On compare la séquence d'un gène de résistance à un antibiotique présent chez une bactérie pathogène avec les banques de données. Le même gène, quasi identique, est retrouvé chez une bactérie d'une espèce très éloignée vivant dans le même milieu, mais est absent chez les bactéries proches parentes de la pathogène. Proposer une explication à cette répartition, en nommant le mécanisme évolutif en jeu et en indiquant comment la comparaison de séquences permet de le mettre en évidence.
Rappel actif
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Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Damier de Hardy-Weinberg : génotypes des descendants
Somme des fréquences alléliques (deux allèles)
Pour un gène à deux allèles, la fréquence de l'allèle A et la fréquence de l'allèle a se complètent : leur somme vaut .
Fréquences génotypiques à l'équilibre de Hardy-Weinberg
À l'équilibre, les génotypes AA, Aa et aa ont pour fréquences , et ; leur somme vaut (développement de ).
Estimation des fréquences alléliques à partir des homozygotes récessifs
La fréquence du génotype récessif vaut ; sa racine carrée donne , et s'en déduit (méthode classique d'estimation).
Dérive génétique : effet de la taille de population
On étudie un gène à deux allèles A (dominant) et a (récessif) dans une population de adultes. On dénombre les génotypes : individus AA, individus Aa et individus aa. 1) Calculer les fréquences alléliques observées (de A) et (de a). 2) Calculer les effectifs ATTENDUS de chaque génotype sous l'hypothèse de Hardy-Weinberg. 3) Comparer aux effectifs observés et conclure quant à une éventuelle évolution.
Chaque AA porte deux allèles A, chaque Aa un A et un a, chaque aa deux a. Sur individus, il y a allèles. On compte les A : , d'où ; puis .
Sous Hardy-Weinberg, les fréquences attendues sont (AA), (Aa) et (aa).
On multiplie chaque fréquence attendue par l'effectif total .
Les effectifs observés ( ; ; ) coïncident exactement avec les effectifs attendus sous Hardy-Weinberg ( ; ; ).
L'absence d'écart entre observé et attendu est compatible avec un équilibre de Hardy-Weinberg : sur ce gène, on ne détecte AUCUNE force évolutive (ni sélection, ni dérive notable, ni migration). La population n'apparaît pas en évolution pour ce gène — au moins sur cette génération.
Résultat : Fréquences alléliques et . Effectifs attendus sous Hardy-Weinberg : AA, Aa, aa, identiques aux observés : la population est à l'équilibre pour ce gène, donc aucune évolution détectable. (Un écart marqué aurait au contraire signalé l'action d'une force évolutive.)
On part d'un gène à deux allèles : A de fréquence p et a de fréquence q, avec p plus q égal à 1. La question : comment se répartissent les génotypes à la génération suivante si rien ne perturbe la population ?
Sous panmixie — des unions au hasard — les gamètes A et a se rencontrent au hasard. Le damier de croisement combine chaque gamète mâle avec chaque gamète femelle, pondérés par leurs fréquences p et q.
Damier de Hardy-Weinberg
On lit les fréquences génotypiques : p au carré pour AA, deux p q pour Aa (deux cases du damier), q au carré pour aa. Leur somme vaut p plus q, le tout au carré, c'est-à-dire 1.
Ces fréquences restent constantes de génération en génération : c'est l'équilibre de Hardy-Weinberg, le modèle de l'absence d'évolution. Il n'est valable que sous cinq conditions : effectif infini, panmixie, pas de mutation, pas de migration, pas de sélection.
On s'en sert comme test : on compare les fréquences observées aux fréquences attendues. Un écart significatif signifie qu'une condition est violée — la population évolue, sous l'effet de la sélection naturelle ou de la dérive génétique.
Dérive génétique en petite population
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans une population humaine de personnes, on observe individus atteints d'une maladie autosomique récessive. En supposant la population à l'équilibre de Hardy-Weinberg pour ce gène : 1) calculer la fréquence de l'allèle récessif et la fréquence de l'allèle dominant ; 2) calculer la proportion d'individus hétérozygotes (porteurs sains) ; 3) en déduire le nombre attendu de porteurs sains dans cette population.
Rappel actif
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Spéciation : divergence puis isolement reproductif
Deux populations de souris, initialement issues d'une même population, ont été séparées par un fleuve nouvellement formé. Après un long isolement, on les remet en contact : les croisements en laboratoire entre individus des deux populations ne donnent plus de descendants viables. 1) Décrire les étapes ayant conduit à cette situation. 2) Préciser la nature de l'isolement reproducteur. 3) Indiquer s'il s'agit d'une ou de deux espèces, en discutant la définition utilisée.
La formation du fleuve scinde la population ancestrale en deux sous-populations qui ne peuvent plus échanger de gènes : c'est un isolement GÉOGRAPHIQUE initial, qui interrompt le brassage des allèles entre les deux groupes.
Au fil des générations, chaque sous-population accumule ses propres mutations et voit ses fréquences alléliques évoluer indépendamment, sous l'effet de la sélection naturelle (milieux différents de part et d'autre du fleuve) et de la dérive génétique. Les deux groupes DIVERGENT génétiquement.
La divergence est devenue telle que les croisements ne donnent plus de descendants viables : un isolement reproducteur de nature GÉNÉTIQUE (incompatibilité des génomes) s'est installé, indépendamment du fleuve.
Selon la définition biologique (interfécondité avec descendance féconde), les deux populations ne sont plus interfécondes : elles constituent désormais DEUX espèces distinctes. On a observé une spéciation. On rappelle que cette définition a des limites (asexués, fossiles, hybridations partielles) et que l'espèce reste une catégorie instable dans le temps.
Résultat : La séquence « séparation géographique → divergence génétique (sélection + dérive + mutations) → isolement reproducteur génétique » décrit une spéciation. Les deux populations n'étant plus interfécondes, elles forment deux espèces au sens biologique — une frontière dont on souligne le caractère graduel et la définition limitée.
Erreurs fréquentes
Révision active
Deux populations d'une même espèce d'oiseaux sont séparées par la formation d'un bras de mer pendant plusieurs milliers d'années. Lorsqu'elles entrent à nouveau en contact, on observe que les mâles des deux groupes ont des chants de parade très différents et que les individus ne se reproduisent plus entre eux. À l'aide de ces informations, expliquer comment a pu se produire une spéciation, en précisant la nature de l'isolement reproducteur et en justifiant qu'il s'agit désormais de deux espèces.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité Sciences de la vie et de la Terre — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol