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Reconstituer les climats du passé à l'aide d'archives et d'indicateurs (proxies) — δ¹⁸O des glaces et des tests, pollens, fossiles, traces glaciaires — permet de comprendre les mécanismes du climat et d'éclairer le réchauffement actuel. Au Quaternaire, l'alternance des périodes glaciaires et interglaciaires est rythmée par les paramètres orbitaux de Milankovitch (excentricité, obliquité, précession). Le bilan radiatif et l'effet de serre expliquent la température de la planète ; l'augmentation rapide des gaz à effet de serre d'origine humaine est à l'origine du réchauffement contemporain, dont les modèles du GIEC encadrent l'évolution future et qui appelle des actions d'atténuation et d'adaptation. Thème pleinement au programme de l'épreuve écrite de terminale (Thème 2 « Enjeux contemporains de la planète »).
4sectionsca. 24min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d'abord la logique des proxies (un δ¹⁸O des tests élevé = période froide, dans la glace = période froide), les trois paramètres de Milankovitch avec leurs périodes, et la distinction effet de serre / réchauffement anthropique : c'est l'ossature de toute analyse de document.
niveau approfondi
Visez l'argumentation experte : justifier un sens de variation du δ¹⁸O en remontant à l'évaporation/condensation, articuler forçage orbital ET amplification par le CO₂, et construire un raisonnement causal complet (corrélation CO₂/température → preuve anthropique → scénarios GIEC → atténuation vs adaptation) en distinguant strictement corrélation et causalité.
Lesetiefe: Approfondi
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Fractionnement isotopique de l'oxygène et δ18O
Définition du δ¹⁸O (en ‰)
Le δ¹⁸O mesure l'écart relatif, en pour mille (‰), du rapport isotopique de l'échantillon par rapport à un standard. C'est une grandeur sans dimension dont les variations, et non la valeur absolue, portent l'information climatique.
Une carotte sédimentaire marine donne, pour deux niveaux datés, les indicateurs suivants. Niveau A : δ¹⁸O des tests de foraminifères = +3,5 ‰, pollens dominés par graminées et bouleau nain (toundra). Niveau B : δ¹⁸O des tests = +1,5 ‰, pollens dominés par chêne et noisetier (forêt tempérée). Reconstituer le climat de chaque niveau, les classer du plus froid au plus chaud et justifier.
Dans les tests calcaires de foraminifères, un δ¹⁸O élevé signe une période froide : en période glaciaire, l'eau légère ¹⁶O est piégée dans les calottes, l'océan s'enrichit donc en ¹⁸O, valeur reportée dans le test. Le niveau A (+3,5 ‰) est plus enrichi que le niveau B (+1,5 ‰), donc plus froid.
Le niveau A (toundra : graminées, bouleau nain) correspond à un climat froid, cohérent avec son δ¹⁸O élevé. Le niveau B (forêt de chênes et noisetiers) correspond à un climat tempéré et plus doux, cohérent avec son δ¹⁸O plus faible. Les deux proxies se confirment mutuellement, ce qui fiabilise la reconstitution.
Le niveau A est plus froid que le niveau B. La concordance δ¹⁸O / pollens (deux indicateurs indépendants) lève l'ambiguïté propre à un proxy isolé et valide le diagnostic climatique.
Résultat : Niveau A = climat froid (probable épisode glaciaire) ; niveau B = climat tempéré doux (probable interglaciaire). Classement du plus froid au plus chaud : A puis B, conclusion étayée par la cohérence du δ¹⁸O des tests et des assemblages polliniques.
Erreurs fréquentes
Révision active
On dispose d'une carotte sédimentaire marine fournissant le δ¹⁸O des tests de foraminifères et, pour les mêmes niveaux, les assemblages de pollens. Pour deux niveaux datés (niveau A : δ¹⁸O élevé, pollens de toundra ; niveau B : δ¹⁸O faible, pollens de forêt de chênes), reconstituer le climat de chaque niveau, classer les deux niveaux du plus froid au plus chaud et justifier en mobilisant le fractionnement isotopique.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SVT de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Thème 2 « Enjeux contemporains de la planète » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Les trois paramètres orbitaux de Milankovitch
Périodes des trois paramètres de Milankovitch
Ordres de grandeur à connaître. Sur les ≈ 800 000 dernières années, l'excentricité (≈ 100 ka) domine le rythme des grands cycles glaciaires enregistrés dans les carottes.
Sur une carotte de glace antarctique couvrant les 800 000 dernières années, l'analyse spectrale du signal climatique fait ressortir une périodicité dominante voisine de 100 000 ans, accompagnée de composantes secondaires vers 41 000 et 21 000 ans. Identifier les paramètres orbitaux correspondants et expliquer comment un forçage de faible amplitude peut produire des cycles glaciaires marqués.
La période ≈ 100 000 ans correspond à l'excentricité de l'orbite ; ≈ 41 000 ans à l'obliquité de l'axe ; ≈ 21 000 ans à la précession des équinoxes. La concordance entre les périodes du signal climatique et les périodes astronomiques connues est l'argument central de la théorie de Milankovitch.
Ces paramètres ne changent pas l'énergie émise par le Soleil mais la quantité et la répartition de l'insolation reçue, en particulier l'insolation estivale aux hautes latitudes de l'hémisphère nord, qui contrôle la fonte ou la croissance des calottes : un été frais y laisse subsister la neige et fait croître les glaces (entrée en glaciation).
Le forçage orbital est énergétiquement faible. Il est amplifié par des rétroactions positives : l'extension de la glace augmente l'albédo (plus de rayonnement réfléchi → refroidissement supplémentaire), et la baisse du CO₂ et du CH₄ en période glaciaire réduit l'effet de serre (refroidissement accru). Ces boucles transforment un petit forçage en grand cycle climatique.
Résultat : Les périodicités ≈ 100 / 41 / 21 ka correspondent respectivement à l'excentricité, l'obliquité et la précession. Le forçage orbital, faible mais bien calé en période, déclenche les transitions ; les rétroactions albédo et gaz à effet de serre les amplifient et expliquent l'ampleur des cycles glaciaires.
Erreurs fréquentes
Révision active
On lit sur une carotte de glace antarctique une alternance glaciaire/interglaciaire dont la périodicité dominante est d'environ 100 000 ans sur les derniers 800 000 ans. Identifier le paramètre orbital correspondant, expliquer comment il agit sur l'insolation, puis indiquer pourquoi son faible forçage suffit à expliquer l'ampleur des cycles glaciaires.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SVT de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Thème 2 « Enjeux contemporains de la planète » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Bilan radiatif et effet de serre
Équilibre du bilan radiatif
La température moyenne de la Terre s'établit là où l'énergie solaire absorbée égale l'énergie infrarouge réémise vers l'espace. Renforcer l'effet de serre réduit la réémission, déséquilibre le bilan et élève la température d'équilibre.
Hausse du CO₂ atmosphérique depuis 1850
La valeur préindustrielle (≈ 280 ppm) est lue dans les bulles d'air piégées dans les glaces ; la valeur actuelle est mesurée directement (courbe de Keeling). Cette hausse rapide est sans équivalent dans les enregistrements glaciaires des derniers cycles.
On donne la courbe de Keeling (CO₂ atmosphérique en hausse continue de ≈ 315 ppm en 1958 à > 410 ppm vers 2020) et la courbe de l'anomalie de température globale (en hausse de plusieurs dixièmes de degré sur la même période). Montrer la corrélation, argumenter l'origine anthropique du réchauffement, et préciser pourquoi la corrélation seule ne suffit pas à conclure.
Sur la période 1958–2020, le CO₂ atmosphérique et l'anomalie de température globale augmentent simultanément. Les deux grandeurs évoluent dans le même sens : elles sont positivement corrélées. La même corrélation CO₂/température se retrouve sur les carottes de glace au fil des cycles glaciaires, ce qui renforce la robustesse du lien.
La hausse du CO₂ débute avec l'ère industrielle (≈ 1850) et s'accélère ensuite ; elle coïncide avec la combustion croissante des énergies fossiles et la déforestation. La signature isotopique du carbone (appauvrissement en ¹³C et ¹⁴C, caractéristique du carbone fossile) confirme que le surplus de CO₂ provient bien des combustibles fossiles.
Une corrélation ne prouve pas, à elle seule, un lien de cause à effet (deux grandeurs peuvent varier ensemble sans que l'une cause l'autre). Ici, la causalité est établie par la convergence de plusieurs arguments : le mécanisme physique d'absorption de l'infrarouge par le CO₂, la datation de la hausse (postérieure à 1850), la signature isotopique du carbone fossile, et le fait que seuls les modèles climatiques intégrant les émissions humaines reproduisent la courbe de température observée.
Résultat : CO₂ et température sont fortement corrélés (période industrielle ET carottes de glace) ; l'origine anthropique est démontrée par la convergence mécanisme/datation/isotopes/modèles. La corrélation seule est insuffisante : c'est le faisceau d'arguments concordants qui établit la causalité.
Partons du bilan radiatif. La Terre reçoit du Soleil un rayonnement de courte longueur d'onde ; à l'équilibre, elle réémet vers l'espace autant d'énergie sous forme d'infrarouge. Cet équilibre fixe sa température moyenne.
Les gaz à effet de serre — vapeur d'eau, CO₂, méthane — absorbent une partie de cet infrarouge et le renvoient vers le sol. Ce piégeage réchauffe la surface : c'est l'effet de serre, naturel et vital, sans lequel il ferait environ moins dix-huit degrés.
Depuis 1850, la combustion des énergies fossiles fait passer le CO₂ d'environ deux cent quatre-vingts à plus de quatre cent dix parties par million. La courbe de Keeling le montre en hausse continue depuis 1958.
Plus de gaz à effet de serre, c'est moins d'infrarouge perdu vers l'espace : le bilan se déséquilibre et la température d'équilibre monte. La corrélation CO₂-température, jointe au mécanisme, à la datation, aux isotopes et aux modèles, établit l'origine humaine du réchauffement actuel.
Erreurs fréquentes
Révision active
On dispose de la courbe de la concentration de CO₂ atmosphérique mesurée depuis 1958 (courbe de Keeling, en hausse régulière) et de la courbe de l'anomalie de température globale sur la même période (en hausse). Établir la corrélation entre les deux courbes, puis rédiger un paragraphe argumenté montrant l'origine anthropique du réchauffement actuel, en distinguant corrélation et causalité.
Rappel actif
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Sources : Programme de spécialité SVT de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Thème 2 « Enjeux contemporains de la planète » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Atténuation et adaptation : deux familles d'actions
Fourchette de réchauffement projeté à 2100 (par rapport au préindustriel)
Le réchauffement à 2100 n'est pas un nombre unique mais une fourchette : les scénarios sobres limitent ΔT à environ +1,5 à +2 °C, les scénarios fortement émetteurs conduisent à +4 °C ou davantage. L'amplitude finale dépend d'abord des émissions humaines à venir.
Réchauffement projeté en 2100 selon le scénario (GIEC AR6)
Un graphique du GIEC montre la température globale projetée jusqu'en 2100 pour trois trajectoires d'émissions (sobre, intermédiaire, fortement émettrice), chacune entourée d'une fourchette. Décrire ce que montre ce faisceau, expliquer les deux origines de l'incertitude, puis classer en atténuation ou adaptation : (1) développer l'éolien et le solaire ; (2) surélever des digues côtières ; (3) reboiser ; (4) instaurer des plans canicule ; (5) réduire la consommation de viande.
Les trajectoires divergent au fil du siècle : le scénario sobre stabilise le réchauffement autour de +1,5 à +2 °C, l'intermédiaire vers +3 °C, le fortement émetteur au-delà de +4 °C. L'écart entre scénarios montre que l'avenir climatique dépend d'abord des émissions humaines à venir, c'est-à-dire de choix de société.
L'incertitude vient (1) du scénario d'émissions — non réductible par la science, elle dépend des décisions futures (énergie, politiques) — et (2) de la réponse du système climatique — sensibilité climatique et rétroactions (nuages, pergélisol, albédo), qui élargissent la fourchette autour de chaque trajectoire. L'incertitude porte sur l'AMPLEUR, pas sur l'existence du réchauffement.
Atténuation (réduire les causes/émissions ou renforcer les puits) : (1) éolien et solaire — énergies décarbonées ; (3) reboiser — puits de carbone ; (5) réduire la viande — moins d'émissions (CH₄ de l'élevage, déforestation). Adaptation (limiter les conséquences) : (2) surélever les digues — face à la montée des eaux ; (4) plans canicule — face aux extrêmes thermiques.
Résultat : Le faisceau encadre un éventail de futurs (de ≈ +1,5–2 °C à > +4 °C) dont l'amplitude dépend surtout des émissions ; l'incertitude combine scénario d'émissions et réponse du climat. Atténuation : (1), (3), (5). Adaptation : (2), (4). Les deux leviers sont complémentaires, aux échelles individuelle et collective.
Erreurs fréquentes
Révision active
On présente un graphique du GIEC montrant la température globale projetée jusqu'en 2100 selon plusieurs scénarios d'émissions (de très sobre à très émetteur), avec une fourchette autour de chaque trajectoire. Décrire ce que montre le faisceau de scénarios, expliquer l'origine des deux types d'incertitude, puis classer en atténuation ou adaptation les mesures suivantes : développer l'éolien et le solaire ; surélever des digues côtières ; reboiser ; instaurer des plans canicule ; réduire la consommation de viande.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SVT de terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Thème 2 « Enjeux contemporains de la planète » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol