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Les politiques économiques distinguent l'action conjoncturelle de stabilisation (politiques budgétaire et monétaire) de l'action structurelle de long terme (offre, concurrence, innovation). Dans l'Union économique et monétaire (UEM), la politique monétaire est unique et confiée à la Banque centrale européenne (BCE), tandis que les politiques budgétaires restent nationales mais contraintes et coordonnées par le Pacte de stabilité et de croissance. La politique européenne de concurrence veille, elle, au bon fonctionnement du marché unique.
5sectionsca. 26min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrise d'abord la distinction conjoncturel / structurel, les deux instruments de la politique conjoncturelle (budgétaire et monétaire) et le partage des compétences UE / États (monnaie unique BCE vs budgets nationaux encadrés).
niveau approfondi
Sache mobiliser le multiplicateur budgétaire (avec chiffrage), discuter les limites (effet d'éviction, dette, contraintes du Pacte de stabilité, triangle d'incompatibilité de Mundell) et articuler finement politique monétaire unique, budgets coordonnés et politique de concurrence dans une argumentation nuancée.
Lesetiefe: Approfondi
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Le carré magique de Kaldor
Distinguez la politique conjoncturelle de la politique structurelle. Illustrez chacune par un exemple précis et expliquez en quoi leurs horizons temporels diffèrent.
C'est une action de court terme visant à stabiliser l'activité autour de sa tendance, en agissant sur la demande globale via le budget ou la monnaie. Exemple : en récession, un plan d'investissement public ou une baisse des taux directeurs soutient la demande et l'emploi.
C'est une action de long terme sur les capacités productives et le fonctionnement des marchés (offre, concurrence, innovation, formation). Exemple : un crédit d'impôt recherche pour stimuler l'innovation, ou une réforme de la formation professionnelle pour réduire le chômage structurel.
La politique conjoncturelle vise des effets rapides (quelques trimestres) sur le niveau d'activité ; la politique structurelle vise des effets durables (plusieurs années) sur la croissance potentielle, c'est-à-dire le rythme de croissance soutenable à plein-emploi.
Résultat : La politique conjoncturelle amortit le cycle à court terme (relance/rigueur via budget et monnaie) ; la politique structurelle élève la croissance potentielle à long terme (offre, concurrence, innovation, formation). Les deux sont complémentaires : la première gère les fluctuations, la seconde la tendance.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'une liste de mesures (baisse du taux directeur de la BCE, crédit d'impôt recherche, plan de rénovation des écoles, réforme de la formation professionnelle, hausse temporaire de l'investissement public), classez chaque mesure en politique conjoncturelle ou structurelle, puis pour chaque politique conjoncturelle précisez si elle est budgétaire ou monétaire et de relance ou de rigueur. Justifiez en une phrase par mesure.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Mécanisme du multiplicateur et effet d'éviction
Multiplicateur budgétaire keynésien (économie fermée)
k est le multiplicateur et c la propension marginale à consommer (part d'un euro de revenu supplémentaire qui est consommée). Plus c est proche de 1, plus k est grand : une faible épargne entretient la chaîne dépense → revenu → consommation.
Effet d'une dépense publique sur le revenu
La variation du revenu national (\Delta Y) est égale au multiplicateur k multiplié par la dépense publique initiale (\Delta G). L'effet final dépasse la dépense de départ grâce aux vagues successives de consommation.
Multiplicateur en économie ouverte (avec prélèvements et importations)
c = propension marginale à consommer, t = taux de prélèvement, m = propension marginale à importer. Les fuites (épargne, impôts, importations) réduisent le multiplicateur par rapport à la formule d’économie fermée k = 1/(1 − c).
Dans une économie fermée, la propension marginale à consommer est c = 0{,}75. L'État engage une dépense publique supplémentaire de 10 milliards d'euros. Calculez le multiplicateur budgétaire et la hausse totale du PIB, puis expliquez pourquoi l'effet réel serait plus faible en économie ouverte.
On applique la formule du multiplicateur keynésien avec c = 0{,}75.
La hausse du revenu national est le multiplicateur fois la dépense initiale de 10 milliards.
Une dépense de 10 milliards génère une hausse de PIB de 40 milliards : l'effet est amplifié par les vagues successives de consommation. En économie ouverte, une part du revenu supplémentaire est dépensée en importations (fuite) : cette demande ne soutient pas la production nationale, donc le multiplicateur effectif est plus faible. L'effet d'éviction (hausse des taux d'intérêt freinant l'investissement privé) le réduit encore.
Résultat : Le multiplicateur vaut k = 4 ; la dépense de 10 milliards entraîne une hausse de PIB de 40 milliards d'euros en économie fermée. En économie ouverte, fuites par les importations et effet d'éviction abaissent l'effet réellement obtenu.
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans une économie fermée, la propension marginale à consommer des ménages est c = 0{,}75. L'État engage une dépense publique supplémentaire de 10 milliards d'euros. Calculez le multiplicateur budgétaire, déduisez la hausse totale du PIB, puis expliquez pourquoi, en économie ouverte avec importations, la hausse effective serait inférieure.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Canal de transmission de la politique monétaire
Vous lisez : « Pour soutenir l'économie, la BCE abaisse ses taux directeurs. » Expliquez par quel enchaînement cette décision peut relancer l'activité et indiquez la principale limite de cette politique en bas de cycle.
La BCE baisse le taux auquel les banques commerciales se refinancent. Le coût de la ressource des banques diminue.
Les banques répercutent cette baisse sur les taux des crédits aux ménages et aux entreprises. Emprunter coûte moins cher.
Les ménages empruntent davantage (immobilier, consommation durable) et les entreprises investissent davantage (projets rentables plus nombreux à taux bas). La consommation et l'investissement augmentent, donc la demande globale.
La hausse de la demande soutient l'activité et l'emploi, avec un risque de hausse de l'inflation. Limite : si les taux sont déjà proches de zéro (trappe à liquidité), une nouvelle baisse devient inopérante ; la banque centrale doit alors recourir à des politiques non conventionnelles (assouplissement quantitatif).
Résultat : Baisse des taux directeurs → baisse des taux des crédits → hausse du crédit, de la consommation et de l'investissement → hausse de la demande globale → soutien de l'activité (au risque d'inflation). Limite majeure en bas de cycle : la borne zéro des taux, qui pousse vers les politiques non conventionnelles.
Erreurs fréquentes
Révision active
La BCE abaisse son principal taux directeur. Décrivez le mécanisme de transmission par lequel cette décision peut soutenir l'activité économique, en distinguant les effets sur les ménages et sur les entreprises, puis indiquez dans quel contexte conjoncturel une telle mesure est justifiée.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Le triangle d'incompatibilité de Mundell
Répartition des compétences UE / États dans l'UEM
Un pays de la zone euro subit une récession profonde alors que le reste de la zone connaît une inflation élevée. Expliquez pourquoi la politique monétaire unique ne peut pas y répondre de façon adaptée, puis montrez comment le Pacte de stabilité limite sa marge budgétaire.
Le choc ne touche pas tous les pays de la même façon : un pays est en récession, les autres en surchauffe. Les besoins de politique économique divergent (relance ici, freinage ailleurs).
La BCE fixe un seul taux directeur pour toute la zone, en fonction de la situation moyenne. Face à une inflation élevée dominante, elle tend à relever ou maintenir des taux élevés — l'opposé de ce dont le pays en récession aurait besoin. Aucune réponse monétaire sur mesure n'est possible pays par pays.
Le pays ne dispose plus que de la politique budgétaire pour réagir. Mais une relance creuse le déficit ; or le Pacte de stabilité impose un déficit inférieur à 3 % du PIB et une dette inférieure à 60 % du PIB. Si le pays est déjà proche de ces seuils, sa marge de relance est très réduite.
L'absence de réponse monétaire adaptée et l'encadrement budgétaire montrent la difficulté de coordination de l'UEM : monnaie commune mais budgets nationaux contraints, sans budget fédéral de stabilisation suffisant.
Résultat : La politique monétaire unique, calée sur la conjoncture moyenne de la zone, est inadaptée à un choc asymétrique ; le Pacte de stabilité (3 % / 60 %) limite la relance budgétaire nationale. C'est le cœur du problème de coordination de l'UEM.
Dans l'Union économique et monétaire, une seule banque centrale, la BCE, gère la monnaie de toute la zone euro. La politique monétaire est donc unique.
Mais chaque pays garde son propre budget. Les déficits et les dettes restent nationaux.
Pour éviter qu'un pays trop endetté ne fragilise toute la zone, le Pacte de stabilité plafonne le déficit à 3 % du PIB et la dette à 60 % du PIB.
Résultat : la monnaie est commune, les budgets sont nationaux mais coordonnés. Cette asymétrie rend la coordination difficile, surtout face à un choc qui ne touche pas tous les pays de la même façon.
Erreurs fréquentes
Révision active
Un pays de la zone euro subit une récession profonde alors que le reste de la zone connaît une inflation élevée. Expliquez pourquoi la politique monétaire unique de la BCE ne peut pas répondre de façon adaptée à ce choc asymétrique, puis montrez en quoi les règles du Pacte de stabilité limitent la marge de manœuvre budgétaire de ce pays.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Les leviers de la politique européenne de concurrence
Montrez à l'aide d'un exemple comment la politique européenne de concurrence protège le consommateur et le marché unique, puis exposez le débat sur l'application stricte de cette politique.
En interdisant une entente sur les prix entre concurrents, l'autorité européenne empêche un prix artificiellement élevé. La concurrence rétablie tire les prix vers le bas et incite à innover : le consommateur en bénéficie directement.
En encadrant aussi les aides d'État, la politique de concurrence évite qu'un pays ne subventionne ses entreprises pour évincer celles des autres États membres : elle garantit des conditions de concurrence loyales à l'échelle du marché unique.
Argument pour une application stricte : protéger les consommateurs et empêcher des positions dominantes durables. Argument contre : refuser des fusions au nom de la concurrence peut empêcher l'émergence de « champions européens » de taille suffisante pour rivaliser avec les géants mondiaux.
Résultat : La politique de concurrence (ici contre une entente) abaisse les prix et stimule l'innovation au profit du consommateur, et assure des règles loyales sur le marché unique. Son application stricte est cependant discutée : elle peut entraver la constitution de champions européens compétitifs au niveau mondial.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide d'un exemple, montrez comment la politique européenne de concurrence vise à protéger le consommateur et le bon fonctionnement du marché unique, puis présentez un argument en faveur et un argument contre une application stricte de cette politique (débat sur les « champions européens »).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol