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L'espace social français est structuré par une multiplicité de facteurs (PCS, revenu, diplôme, position dans le cycle de vie, sexe, lieu de résidence, composition du ménage) que l'INSEE synthétise dans la nomenclature des PCS. Deux grandes traditions sociologiques en proposent la lecture : l'approche en termes de classes sociales antagonistes (Karl Marx) et l'approche multidimensionnelle de la stratification (Max Weber). Les évolutions de la structure socioprofessionnelle depuis 1950 — déclin des agriculteurs et des ouvriers, essor des cadres, débat moyennisation/polarisation — invitent à s'interroger sur la pertinence actuelle d'une analyse en termes de classes. Ce thème est pleinement au programme de l'épreuve écrite de terminale.
5sectionsca. 21min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrise d'abord les définitions clés (structure sociale, PCS, classe sociale, stratification) et sache lire un graphique d'évolution des PCS pour décrire la société française aujourd'hui.
niveau approfondi
Sache mettre en tension Marx et Weber et mobiliser le débat moyennisation/polarisation pour discuter, exemples chiffrés à l'appui, la pertinence actuelle d'une lecture en termes de classes.
Lesetiefe: Approfondi
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L'espace social multidimensionnel
Un document indique qu'en France, parmi les actifs occupés, le salaire net mensuel médian d'un cadre est d'environ 3 200 € et celui d'un ouvrier d'environ 1 700 €. Par ailleurs, 80 % des cadres sont diplômés du supérieur contre 20 % des ouvriers. À partir de ces données, montrez que l'identification des groupes sociaux mobilise plusieurs critères.
Le document croise trois critères : la PCS (cadres / ouvriers), le revenu (salaire médian) et le diplôme (part de diplômés du supérieur). On ne décrit donc pas la société avec un seul axe.
Rapport des salaires médians : 3 200 / 1 700 ≈ 1,88. Le salaire médian d'un cadre est donc environ 1,9 fois celui d'un ouvrier.
Les critères se renforcent ici : être cadre va de pair avec un revenu et un diplôme plus élevés. La distance sociale entre les deux groupes est donc cumulative (PCS + revenu + diplôme).
Les critères ne se superposent pas parfaitement : 20 % des ouvriers sont diplômés du supérieur et tous les cadres ne le sont pas. La position sociale résulte d'une combinaison de facteurs, jamais d'un seul.
Résultat : L'identification des groupes sociaux mobilise simultanément la PCS, le revenu et le diplôme : ces critères convergent largement (distance cumulative entre cadres et ouvriers) sans pour autant se confondre, ce qui justifie une lecture multidimensionnelle de l'espace social.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'un tableau de l'INSEE croisant niveau de diplôme et revenu salarial médian, montrez que l'identification des groupes sociaux mobilise plusieurs critères qui ne se superposent pas parfaitement.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de SES de terminale (voie générale) — sociologie : structure et stratification sociales (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
La répartition des actifs occupés par PCS
Part d'une catégorie (en %)
On rapporte l'effectif d'une PCS à l'effectif total des actifs occupés, multiplié par 100 pour obtenir un pourcentage.
Taux de variation d'une part (en %)
Permet de mesurer l'évolution dans le temps de la part d'une PCS, par exemple entre 1982 et aujourd'hui.
On suppose que, parmi 26 millions d'actifs occupés, on dénombre environ 5,5 millions de cadres et professions intellectuelles supérieures et 4,7 millions d'ouvriers. Calculez la part (en %) de chaque catégorie dans l'emploi total, puis interprétez le résultat au regard de la structure de la société française.
On rapporte l'effectif des cadres à l'effectif total et on multiplie par 100.
On procède de même pour les ouvriers.
Les cadres représentent environ 21 % des actifs occupés contre environ 18 % pour les ouvriers : les cadres sont désormais plus nombreux que les ouvriers, ce qui aurait été impensable dans la France industrielle des années 1950.
Cette structure reflète la tertiarisation et l'élévation des qualifications : le groupe ouvrier, longtemps dominant, recule au profit des PCS qualifiées du tertiaire (cadres, professions intermédiaires, employés).
Résultat : Les cadres représentent environ 21,2 % des actifs occupés et les ouvriers environ 18,1 % : la nomenclature des PCS révèle une société française tertiarisée où les emplois qualifiés ont supplanté l'emploi ouvrier en volume.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide d'un tableau donnant l'effectif des actifs occupés par PCS, calculez la part (en %) des cadres et celle des ouvriers, puis comparez-les et commentez ce que cela révèle de la structure de la société française.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de SES de terminale — nomenclature des PCS et description de la société (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol) · Nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) (INSEE)
La structure de classes selon Marx
Des ouvriers d'une même région partagent les mêmes conditions de travail et de salaire, mais ne se mobilisent pas collectivement et ne se reconnaissent pas comme un groupe uni. À l'aide de l'analyse marxienne, qualifiez leur situation et précisez ce qui leur manque pour constituer une classe au sens fort.
Ces ouvriers occupent la même place dans les rapports de production : ils vendent leur force de travail et ne possèdent pas les moyens de production. Ils forment donc objectivement une « classe en soi ».
Il leur manque la conscience de classe : ils ne se reconnaissent pas comme un groupe partageant des intérêts communs et opposés à ceux de la classe dominante, et ne s'organisent pas pour les défendre.
Pour devenir une « classe pour soi », il faudrait qu'ils prennent conscience de leur position commune, développent un sentiment d'appartenance et se mobilisent collectivement (par exemple via un syndicat).
Marx montre ainsi que l'existence objective d'une classe ne suffit pas : c'est la conscience de classe qui transforme une catégorie statistique en acteur historique capable de mener la lutte des classes.
Résultat : Ces ouvriers constituent une classe en soi (position objective commune dans les rapports de production) mais pas encore une classe pour soi : il leur manque la conscience de classe et l'organisation collective qui en feraient un acteur de la lutte des classes.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide de la distinction classe en soi / classe pour soi, expliquez pourquoi, pour Marx, l'existence objective d'une classe ne suffit pas à en faire un acteur historique.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de SES de terminale — approches des classes sociales (Marx) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Marx vs Weber : deux lectures de la structure sociale
Un enseignant du secondaire dispose d'un revenu modéré, d'un fort prestige social lié à sa fonction et adhère à un syndicat actif. À l'aide de l'analyse wébérienne, montrez en quoi sa position sociale ne peut être réduite à une seule dimension.
Du point de vue de la classe (ordre économique), son revenu est modéré : sa position sur le marché et ses chances de vie le placent dans une classe moyenne, sans patrimoine considérable.
Du point de vue du groupe de statut (ordre social), il bénéficie d'un prestige élevé attaché à la fonction enseignante et d'un mode de vie reconnu : son statut est supérieur à ce que son seul revenu laisserait penser.
Du point de vue du parti (ordre politique), son adhésion syndicale traduit une volonté de peser collectivement sur la défense d'intérêts : il s'inscrit dans l'ordre du pouvoir.
Les trois ordres ne se superposent pas : revenu modéré, prestige élevé, engagement politique. La position sociale est donc multidimensionnelle, ce qui illustre l'apport de Weber par rapport au critère économique unique de Marx.
Résultat : La position de cet enseignant se lit sur les trois ordres wébériens — classe moyenne (économique), fort prestige (statut), engagement collectif (politique) — qui ne coïncident pas : sa situation illustre la nature multidimensionnelle de la stratification chez Weber.
Erreurs fréquentes
Révision active
Construisez un tableau comparant l'approche de Marx et celle de Weber selon trois critères (nombre de dimensions, nombre de groupes, place du conflit), puis rédigez un paragraphe montrant en quoi Weber complexifie l'analyse de Marx.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de SES de terminale — stratification sociale (Weber) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Moyennisation vs polarisation : deux formes de la structure sociale
Le recul de la part des ouvriers en France
Un graphique indique que la part des ouvriers dans l'emploi en France est passée d'environ 33 % en 1950 à environ 18 % aujourd'hui. Calculez la variation en points de pourcentage, puis discutez en quoi cette évolution nourrit l'interrogation sur la pertinence d'une approche en termes de classes.
On retranche la valeur de départ de la valeur d'arrivée, toutes deux exprimées en pourcentages, ce qui donne un écart en points de pourcentage.
La part des ouvriers a reculé de 15 points de pourcentage : c'est une baisse de la proportion d'ouvriers dans l'emploi, pas une disparition. Le groupe ouvrier reste nombreux (environ un actif occupé sur cinq).
Ce recul, conjugué à l'essor des cadres et des professions intermédiaires, illustre la tertiarisation et l'élévation des qualifications : il alimente la thèse de la moyennisation et d'un affaiblissement de la classe ouvrière comme acteur collectif (déclin de la conscience de classe).
Toutefois, la persistance d'inégalités fortes et la rouverture des écarts (polarisation) montrent que les classes ne disparaissent pas : la réponse attendue est un brouillage des frontières qui coexiste avec leur persistance.
Résultat : La part des ouvriers a baissé de 15 points de pourcentage entre 1950 et aujourd'hui (de 33 % à 18 %) : cette transformation nourrit la thèse de la moyennisation et le débat sur la pertinence d'une approche en termes de classes, sans pour autant signifier la disparition des classes sociales.
Depuis 1950, la France a changé de visage social : les agriculteurs et les ouvriers, autrefois majoritaires, ont vu leur part s'effondrer.
Dans le même temps, les cadres, les professions intermédiaires et les employés se sont développés : c'est l'effet de la tertiarisation et de l'élévation des qualifications.
Pour Henri Mendras, cette élévation générale du niveau de vie a renflé le milieu de la pyramide : c'est la moyennisation, qui affaiblirait les frontières de classe.
Mais depuis les années 1980, les écarts de revenu et de patrimoine se rouvrent : la thèse de la polarisation redonne du poids à l'analyse en classes.
La réponse attendue est nuancée : un brouillage des frontières (déclin de la conscience ouvrière) coexiste avec leur persistance (inégalités durables, reproduction sociale).
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'un graphique d'évolution de la part des PCS en France depuis 1950, montrez en quoi ces transformations alimentent à la fois la thèse de la moyennisation et l'interrogation sur la pertinence actuelle d'une approche en termes de classes.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de SES de terminale — évolutions de la structure socioprofessionnelle et débat sur les classes (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol) · Données sur les catégories socioprofessionnelles et l'emploi en France (INSEE)
Références et sources