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Une transformation chimique n'est pas toujours totale : le système se fige dans un état d'équilibre où réactifs et produits coexistent. Le quotient de réaction Qr et la constante d'équilibre K(T) permettent de quantifier cet état et de prévoir le sens d'évolution spontanée d'un système hors d'équilibre. Cette grille de lecture s'applique notamment aux transformations spontanées d'oxydo-réduction qui font fonctionner une pile.
5sectionsca. 31min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtriser parfaitement le critère d'évolution (comparer Qr,i à K) et savoir écrire un quotient de réaction adimensionné suffit pour l'essentiel des questions de cours et d'exploitation.
niveau approfondi
Aller jusqu'au calcul complet d'un taux d'avancement final via un tableau d'avancement, au calcul de la capacité électrique d'une pile et à l'argumentation rigoureuse sur l'indépendance de Qr,éq vis-à-vis des conditions initiales.
Lesetiefe: Approfondi
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Transformation totale et transformation limitée
Avancement maximal (rappel de première)
xmax est l'avancement qu'atteindrait le système si la transformation était totale ; il est fixé par le réactif limitant via le tableau d'avancement.
Équilibre dynamique
À l'équilibre, les transformations directe et inverse se poursuivent à la même vitesse non nulle : les quantités macroscopiques n'évoluent plus, mais les réactions ne sont pas arrêtées.
Équilibre dynamique : égalité des vitesses
Une solution d'acide éthanoïque est préparée. Après stabilisation, on souhaite vérifier expérimentalement que la transformation de l'acide avec l'eau est non totale, c'est-à-dire qu'il reste à la fois de l'acide CH3COOH et des ions éthanoate CH3COO−. Proposer un raisonnement et une expérience.
L'acide éthanoïque réagit partiellement avec l'eau selon une transformation pouvant être limitée.
Une mesure de pH donne pH ≈ 3,4 pour une concentration d'apport c = 1{,}0 \times 10^{-2} mol/L. La quantité d'ions H3O+ formée est très inférieure à celle attendue si tout l'acide avait réagi : il reste donc de l'acide non transformé. Réactifs et produits coexistent.
On ajoute quelques gouttes d'une base (par exemple de la soude). Le pH évolue à nouveau et l'acide résiduel est consommé : cela confirme qu'à l'état final initial il restait de l'acide, donc que la transformation était bien non totale.
Résultat : La coexistence mesurée de CH3COOH et de CH3COO−, et la reprise de la transformation après ajout d'un réactif, établissent que la transformation acide-eau est non totale : le système est dans un état d'équilibre.
Erreurs fréquentes
Révision active
On dissout de l'acide éthanoïque dans l'eau. À l'état final, une mesure montre que la solution contient encore de l'acide éthanoïque CH3COOH ET des ions éthanoate CH3COO−. Expliquer en quoi cette observation prouve que la transformation est non totale, et décrire une expérience permettant de confirmer la présence d'acide à l'état final.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Programmes et ressources en physique-chimie — voie générale et technologique (Éduscol)
Évolution de Qr vers K(T)
Quotient de réaction pour a A + b B = c C + d D
Seules les espèces dissoutes interviennent ; les solides et le solvant ont une activité égale à 1 et n'apparaissent pas. Qr est adimensionné car chaque concentration est divisée par c°.
Quotient de réaction à l'équilibre
À l'état d'équilibre et à température fixée, le quotient de réaction est égal à la constante d'équilibre K(T), indépendamment de la composition initiale.
Quelles espèces figurent dans Qr
On étudie en solution aqueuse la transformation A(aq) + B(aq) = C(aq) + D(aq) à 25 °C. Deux expériences sont menées avec des compositions initiales différentes. Dans les deux cas, on mesure à l'état final les concentrations et on calcule le quotient de réaction. Expérience 1 : [A] = [B] = 3{,}33 \times 10^{-2} mol/L et [C] = [D] = 6{,}67 \times 10^{-2} mol/L. Calculer Qr,éq et conclure quant à la constante d'équilibre.
Toutes les espèces sont dissoutes ; on divise par c° = 1 mol/L (valeurs numériques inchangées).
On reporte les concentrations mesurées.
À l'équilibre, Qr,éq = K(T). On obtient donc K(25\,°\text{C}) = 4{,}0. Une seconde expérience menée à la même température, avec d'autres concentrations initiales, conduirait à la même valeur de Qr,éq : c'est la signature de l'indépendance de K vis-à-vis de la composition initiale.
Résultat : Qr,éq = 4{,}0, d'où K(25 °C) = 4{,}0. La constante d'équilibre ne dépend que de la température, pas des conditions initiales.
Erreurs fréquentes
Révision active
Pour la transformation en solution aqueuse 2 Ag+(aq) + Cu(s) = 2 Ag(s) + Cu2+(aq), écrire l'expression du quotient de réaction Qr en justifiant quelles espèces y figurent et lesquelles en sont absentes.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Axe du quotient de réaction et sens d'évolution
Critère d'évolution spontanée
On compare le quotient de réaction initial Qr,i à la constante d'équilibre K(T) : le système évolue toujours de manière à rapprocher Qr de K.
Taux d'avancement final
τ ∈ [0 ; 1]. τ = 1 : transformation totale ; τ < 1 : transformation non totale (équilibre). xmax est fixé par le réactif limitant.
Taux d'avancement final
Un système contient en solution A, B, C et D avec les concentrations initiales [A]i = [B]i = 0{,}10 mol/L et [C]i = [D]i = 1{,}0 \times 10^{-2} mol/L. La constante d'équilibre de A + B = C + D vaut K = 4{,}0. Déterminer le sens d'évolution spontanée, puis le taux d'avancement final si l'état d'équilibre est atteint pour [C] = [D] = 7{,}33 \times 10^{-2} mol/L (volume constant).
On reporte les concentrations initiales dans l'expression de Qr.
Qr,i = 1{,}0 \times 10^{-2} est très inférieur à K = 4{,}0. Le système évolue donc dans le sens DIRECT (formation de C et D, consommation de A et B) afin de faire croître Qr jusqu'à K.
À volume constant, on raisonne sur les concentrations. L'avancement (rapporté au volume) fait passer [C] de 1{,}0 \times 10^{-2} à 7{,}33 \times 10^{-2} mol/L, soit une formation de 6{,}33 \times 10^{-2} mol/L de C. Le réactif limitant A passe de 0{,}10 à environ 3{,}7 \times 10^{-2} mol/L à l'équilibre.
Ici xmax correspondrait à la consommation totale de A (limitant). En partant des conditions initiales, l'avancement maximal (rapporté au volume) vaut 0{,}10 mol/L ; l'avancement final atteint vaut environ 6{,}33 \times 10^{-2} mol/L.
Résultat : Qr,i ≈ 1,0 × 10⁻² < K = 4,0 : évolution dans le sens direct. Le taux d'avancement final τ ≈ 0,63 (63 %) traduit une transformation non totale (état d'équilibre).
Erreurs fréquentes
Révision active
Un système contient en solution A, B, C et D avec les concentrations initiales [A]i = [B]i = 0{,}10 mol/L et [C]i = [D]i = 1{,}0 \times 10^{-2} mol/L. La constante d'équilibre de la transformation A + B = C + D vaut K = 4{,}0 à la température de l'expérience. Déterminer le sens d'évolution spontanée du système.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)
Schéma annoté d'une pile Daniell (zinc-cuivre)
Oxydation à l'anode (exemple de la pile zinc-cuivre)
Le zinc métallique, réducteur, est oxydé : il cède des électrons. L'anode est la borne négative de la pile.
Réduction à la cathode (exemple de la pile zinc-cuivre)
Les ions cuivre (II), oxydant, captent des électrons : ils sont réduits en cuivre métallique. La cathode est la borne positive.
Équation de fonctionnement de la pile
L'addition des deux demi-équations (les 2 électrons se simplifient) donne la réaction d'oxydo-réduction globale qui se produit spontanément.
À chaque électrode, une demi-réaction
Une pile est constituée d'une demi-pile zinc (lame de zinc dans une solution de sulfate de zinc) et d'une demi-pile cuivre (lame de cuivre dans une solution de sulfate de cuivre), reliées par un pont salin. Un voltmètre indique que la lame de zinc est la borne négative et donne une tension à vide d'environ 1,1 V. Identifier les électrodes, écrire les réactions et préciser les sens de circulation.
Le zinc est la borne négative : c'est l'anode (siège de l'oxydation). Le cuivre est donc la borne positive : c'est la cathode (siège de la réduction).
À l'anode, le zinc s'oxyde ; à la cathode, les ions cuivre (II) se réduisent.
On additionne les deux demi-équations ; les électrons se simplifient.
Dans le fil extérieur, les électrons vont de l'anode (Zn, −) vers la cathode (Cu, +) ; le courant conventionnel circule en sens inverse. Le pont salin laisse migrer des ions pour maintenir la neutralité électrique des deux compartiments et fermer le circuit.
Résultat : Anode = zinc (−, oxydation), cathode = cuivre (+, réduction). Bilan : Zn + Cu²⁺ → Zn²⁺ + Cu. Les électrons circulent du zinc vers le cuivre dans le circuit extérieur ; le pont salin assure la neutralité et ferme le circuit.
Erreurs fréquentes
Révision active
On réalise une pile en associant une demi-pile zinc (lame de zinc dans une solution de sulfate de zinc) et une demi-pile cuivre (lame de cuivre dans une solution de sulfate de cuivre), reliées par un pont salin. La lame de zinc est trouvée comme borne négative. Identifier l'anode et la cathode, écrire les demi-équations aux électrodes et l'équation de fonctionnement, et indiquer le sens des électrons et du courant.
Rappel actif
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De la composition initiale à la capacité d'une pile
Capacité électrique d'une pile
Q est la charge maximale fournie ; n(e−) = z × n(réactif limitant) et F ≈ 96 500 C·mol⁻¹ est la constante de Faraday (charge d'une mole d'électrons).
Durée de fonctionnement à courant constant
L'intensité est le débit de charges ; à courant constant, la charge débitée est le produit I × Δt. On en tire la durée de fonctionnement.
Tension d'une pile en fonction du temps
Une pile cuivre-zinc possède une demi-pile cuivre contenant V = 100 mL de solution d'ions cuivre (II) de concentration c = 0{,}10 mol/L (le zinc étant en large excès). À la cathode : Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu (z = 2). On prendra F = 9{,}65 \times 10^{4} C/mol. Déterminer la capacité électrique Q de la pile, puis la durée Δt de fonctionnement à courant constant I = 10 mA.
Le zinc est en excès : le réactif limitant est l'ion cuivre (II).
Chaque ion Cu²⁺ réduit met en jeu 2 électrons (z = 2).
On multiplie par la constante de Faraday.
À courant constant I = 10 mA = 1{,}0 \times 10^{-2} A, on utilise Q = I × Δt.
Résultat : Capacité électrique Q ≈ 1,9 × 10³ C (soit environ 0,54 A·h) ; à I = 10 mA, la pile débite pendant Δt ≈ 1,9 × 10⁵ s, soit environ 54 h.
Erreurs fréquentes
Révision active
Une pile cuivre-zinc est constituée d'une demi-pile cuivre contenant un volume V = 100 mL de solution d'ions cuivre (II) de concentration c = 0{,}10 mol/L, le zinc étant en large excès. Le couple en jeu à la cathode est Cu²⁺/Cu (z = 2). Déterminer la capacité électrique de cette pile, puis la durée pendant laquelle elle peut débiter un courant constant I = 10 mA.
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Sources : Programme de spécialité physique-chimie — classe terminale (voie générale), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol) · Programmes et ressources en physique-chimie — voie générale et technologique (Éduscol)
Références et sources
Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol