Loading
Loading
La cinétique chimique étudie la durée d'une transformation et sa vitesse au cours du temps. On apprend à choisir un capteur de suivi, à définir et déterminer une vitesse volumique d'apparition ou de disparition et un temps de demi-réaction, à reconnaître une cinétique d'ordre 1, à identifier les facteurs cinétiques et l'effet d'un catalyseur, et à interpréter tout cela à l'échelle microscopique par le mécanisme réactionnel et le modèle des chocs.
5sectionsca. 26min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrise d'abord la lecture graphique : vitesse volumique = valeur absolue de la pente de la tangente à la courbe de concentration, temps de demi-réaction lu sur l'avancement, et le sens « plus chaud / plus concentré / catalyseur = plus rapide ».
niveau approfondi
Sache prouver l'ordre 1 (test v proportionnelle à C, ou t½ indépendant de C0), exploiter un mécanisme fourni (intermédiaire, catalyseur, équation bilan, flèches courbes) et tout réinterpréter par la fréquence et l'efficacité des chocs.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Concentration d'un réactif au cours du temps et tangente initiale
Vitesses volumiques de disparition et d'apparition
Pour un réactif R, décroît donc : le signe « − » donne une vitesse positive. Pour un produit P, croît. Unité : .
Détermination graphique de la vitesse
On trace la tangente à la courbe à la date voulue, on lit son coefficient directeur (variation de concentration divisée par variation de temps), et on en prend la valeur absolue.
Chaîne de suivi : choisir le bon capteur
On étudie la décoloration lente d'une solution de diiode I2 (jaune-brun) lors de sa réduction. On suit la concentration par spectrophotométrie. La courbe part de et décroît ; la tangente à l'origine passe par les points et (t en s). 1) Justifier le choix de la spectrophotométrie. 2) Déterminer la vitesse volumique de disparition de I2 à . 3) Justifier que cette vitesse diminue ensuite.
Le diiode I2 est une espèce colorée : son absorbance, proportionnelle à sa concentration (loi de Beer-Lambert ), peut être suivie en continu sans prélèvement ni perturbation du système. La spectrophotométrie est donc adaptée à une espèce colorée.
La tangente à l'origine passe de à . Son coefficient directeur vaut . La vitesse de disparition est sa valeur absolue.
Au cours du temps, diminue : la concentration des réactifs baisse, la fréquence des chocs efficaces diminue, donc la pente (en valeur absolue) de la courbe décroît. La vitesse volumique de disparition diminue donc continûment et s'annule lorsque la transformation est terminée (tangente horizontale).
Résultat : La spectrophotométrie convient car I2 est coloré ; la vitesse volumique initiale de disparition vaut , et elle diminue ensuite à mesure que baisse.
Erreurs fréquentes
Révision active
On suit par spectrophotométrie la disparition du diiode I2 (espèce colorée) dans une réaction lente. On dispose de la courbe . Expliquer pourquoi la spectrophotométrie est adaptée, puis déterminer la vitesse volumique de disparition de I2 à la date t = 0 s, et expliquer pourquoi elle diminue ensuite.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité) — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Influence d'un facteur cinétique sur l'avancement
Décomposition catalysée du peroxyde d'hydrogène
Les ions Fe3+ (écrits au-dessus de la flèche) accélèrent la décomposition mais ne figurent pas dans le bilan et sont régénérés : ce sont des catalyseurs en catalyse homogène.
Profil énergétique : effet d'un catalyseur
Vitesse initiale : effet de la température et du catalyseur
On suit le dégagement de dioxygène lors de la décomposition de l'eau oxygénée : . Trois expériences sont menées : (A) 20 °C, sans ajout ; (B) 40 °C, sans ajout ; (C) 20 °C, avec quelques gouttes de solution de chlorure de fer(III) (apportant des ions Fe3+). À la fin, les ions Fe3+ sont entièrement retrouvés et ne figurent pas dans l'équation bilan. 1) Quel facteur cinétique différencie A et B ? 2) Quel est le rôle des ions Fe3+ dans C ? Justifier par leurs propriétés. 3) Classer A, B, C par vitesse initiale décroissante.
A et B ne diffèrent que par la température (même concentration, mêmes espèces). Or augmenter la température accélère la transformation : B (40 °C) est plus rapide que A (20 °C). Le facteur cinétique mis en jeu est la TEMPÉRATURE.
Les ions Fe3+ accélèrent la décomposition (C plus rapide que A à même température), ils n'apparaissent pas dans l'équation bilan et sont intégralement régénérés. Ce sont donc des CATALYSEURS. Comme ils sont en solution comme H2O2, c'est une catalyse HOMOGÈNE.
À 20 °C, le catalyseur (C) rend la réaction nettement plus rapide qu'en son absence (A). Le chauffage (B) accélère aussi par rapport à A. Les courbes les plus pentues au départ sont C et B. En présence d'un catalyseur efficace, C est généralement la plus rapide, suivie de B (chauffée) puis de A (référence).
Résultat : A et B diffèrent par la température (B plus rapide) ; les ions Fe3+ sont un catalyseur (catalyse homogène) car ils accélèrent C sans être consommés ni figurer dans le bilan ; vitesses initiales décroissantes : C > B > A.
Erreurs fréquentes
Révision active
On réalise trois expériences de décomposition du peroxyde d'hydrogène H2O2, suivies par le volume de O2 dégagé : (A) à 20 °C sans ajout, (B) à 40 °C sans ajout, (C) à 20 °C en présence d'ions Fe3+. Les ions Fe3+ sont retrouvés intégralement à la fin et n'apparaissent pas dans l'équation . Identifier dans chaque cas le facteur cinétique ou le catalyseur mis en jeu, et classer les expériences par vitesse initiale décroissante en justifiant.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité) — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Lecture du temps de demi-réaction sur l'avancement
Loi de vitesse d'ordre 1 et son intégration
La vitesse de disparition est proportionnelle à la concentration ; l'intégration donne une décroissance exponentielle. s'exprime en .
Temps de demi-réaction pour une cinétique d'ordre 1
Pour l'ordre 1, ne dépend PAS de la concentration initiale : la concentration est divisée par 2 sur chaque durée . C'est le test signature de l'ordre 1.
Demi-vies successives d'une cinétique d'ordre 1
Test de l'ordre 1 : ln[R] affine en fonction du temps
Test de l'ordre 1 : vitesse proportionnelle à la concentration
La concentration d'un réactif R, totalement consommé, suit : s, ; s, ; s, ; s, . 1) Déterminer le temps de demi-réaction. 2) Montrer que la transformation est d'ordre 1 et calculer la constante de vitesse . 3) Prédire à s.
R est totalement consommé, donc est la date où . D'après le tableau, à s. Donc s.
La concentration est divisée par 2 sur chaque intervalle de 80 s : . Le temps de demi-réaction est donc CONSTANT (indépendant de la concentration de départ de l'intervalle) : c'est la signature d'une cinétique d'ordre 1. On en déduit par .
s correspond à . La concentration a donc été divisée par 2 quatre fois : . On peut aussi utiliser .
Résultat : ; la cinétique est d'ordre 1 (demi-vie constante) avec ; et .
Erreurs fréquentes
Révision active
La concentration d'un réactif R suit le tableau : t = 0 s, [R] = 0,020 mol/L ; t = 80 s, [R] = 0,010 mol/L ; t = 160 s, [R] = 0,0050 mol/L ; t = 240 s, [R] = 0,0025 mol/L. 1) Déterminer le temps de demi-réaction. 2) Montrer que la réaction est d'ordre 1 et calculer la constante de vitesse k. 3) Prédire [R] à t = 320 s.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité) — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Flèche courbe : du doublet vers le site accepteur
Mécanisme en deux actes élémentaires (catalyse par les ions iodure)
En additionnant (1) et (2), les espèces et se simplifient.
Équation bilan de la réaction modélisée
(formé puis consommé) est l'intermédiaire réactionnel ; (consommé en (1) puis régénéré en (2)) est le catalyseur. Tous deux disparaissent du bilan.
Cycle catalytique des ions iodure
Suivi des espèces : réactif, intermédiaire et produit
La décomposition de l'eau oxygénée catalysée par les ions iodure suit le mécanisme : (1) ; (2) . 1) Identifier l'intermédiaire réactionnel. 2) Identifier le catalyseur. 3) Établir l'équation de la réaction modélisée.
L'ion hypoiodite est FORMÉ dans l'acte (1) puis CONSOMMÉ dans l'acte (2). Absent au départ et à l'arrivée, il est l'intermédiaire réactionnel.
L'ion iodure est CONSOMMÉ dans l'acte (1) puis RÉGÉNÉRÉ dans l'acte (2). Présent dès le début et retrouvé à la fin, absent du bilan : c'est le catalyseur (catalyse homogène).
On additionne (1) et (2) : . On simplifie et présents de part et d'autre.
Résultat : L'intermédiaire est , le catalyseur est , et l'équation de la réaction modélisée est .
Erreurs fréquentes
Révision active
On donne le mécanisme en deux actes élémentaires : (1) ; (2) . 1) Identifier l'espèce qui est un intermédiaire réactionnel et celle qui joue le rôle de catalyseur. 2) Établir l'équation de la réaction modélisée. 3) Sur l'acte élémentaire d'attaque d'un doublet non liant de sur le peroxyde, indiquer le sens de la flèche courbe et le justifier.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité) — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Distribution des énergies et seuil d'activation
Vitesse d'un acte élémentaire dans le modèle des chocs
La concentration agit sur la fréquence ; la température sur la fréquence et surtout l'efficacité ; le catalyseur sur l'efficacité (barrière abaissée).
Choc bien orienté et choc mal orienté
Pour la décomposition , interpréter microscopiquement, en distinguant fréquence et efficacité des chocs : (a) l'effet d'un doublement de , (b) l'effet d'un chauffage de 20 à 40 °C, (c) l'effet de l'ajout d'un catalyseur (Fe3+ ou I-).
Doubler double le nombre de molécules de H2O2 par unité de volume. Les entités se rencontrent donc plus souvent : la FRÉQUENCE des chocs augmente. L'efficacité de chaque choc, qui dépend de l'énergie et de l'orientation, est inchangée. Plus de chocs efficaces par seconde → vitesse plus grande.
Chauffer augmente l'agitation thermique : les entités se déplacent plus vite, donc la FRÉQUENCE des chocs augmente légèrement, mais surtout une plus grande proportion de chocs possède une énergie supérieure à l'énergie d'activation : l'EFFICACITÉ augmente fortement. L'effet sur la vitesse est donc plus marqué que pour la concentration.
Le catalyseur ouvre un nouveau chemin réactionnel d'énergie d'activation plus faible. À température et concentration données, la fréquence des chocs est inchangée mais une plus grande proportion d'entre eux franchit la barrière abaissée : l'EFFICACITÉ augmente. La vitesse croît, sans modifier l'état initial ni l'état final (le catalyseur est régénéré).
Résultat : La concentration agit sur la FRÉQUENCE des chocs ; la température sur la fréquence et surtout l'EFFICACITÉ ; le catalyseur sur l'EFFICACITÉ via une énergie d'activation abaissée — dans les trois cas, davantage de chocs efficaces par seconde, donc une vitesse plus grande.
Erreurs fréquentes
Révision active
Pour la décomposition de l'eau oxygénée, expliquer microscopiquement, en distinguant fréquence et efficacité des chocs, pourquoi : (a) doubler la concentration initiale de H2O2 augmente la vitesse, (b) chauffer de 20 °C à 40 °C l'augmente davantage, (c) ajouter des ions Fe3+ l'augmente sans modifier l'état final.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité) — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol