Loading
Loading
Cette fiche traite les aspects énergétiques de deux familles de phénomènes au programme de terminale : la thermodynamique des systèmes (modèle du gaz parfait, premier principe, transferts thermiques, refroidissement de Newton, bilan radiatif terrestre) et l'électricité (comportement capacitif et dynamique du circuit RC). Le fil conducteur est toujours le même : choisir un système, poser un bilan d'énergie rigoureux, distinguer la variation propre du système des transferts avec l'extérieur, puis modéliser l'évolution — souvent par une équation différentielle linéaire d'ordre 1 dont la solution est une exponentielle gouvernée par un temps caractéristique.
5sectionsca. 36min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtriser les formules clés (, , , ), convertir systématiquement les unités (kelvin, m³, farad) et savoir lire un temps caractéristique sur une courbe exponentielle suffit pour l'essentiel des points.
niveau approfondi
Viser la mise en équation complète : établir soi-même l'équation différentielle (Newton ou RC), la résoudre proprement avec conditions initiale et finale, et discuter les hypothèses (gaz parfait, système incompressible, source idéale, coefficient d'échange constant).
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Système thermodynamique : gaz, frontière et chocs sur la paroi
Équation d'état du gaz parfait
p en pascals (Pa), V en m³, n en moles, R = 8,314 J·mol⁻¹·K⁻¹ et T la température thermodynamique en kelvin (K).
Conversion Celsius vers kelvin
Toujours convertir avant d'appliquer l'équation d'état ; un écart de température (ΔT) a en revanche la même valeur en K et en °C.
Quantité de matière et masse volumique
M est la masse molaire (g·mol⁻¹ ou kg·mol⁻¹) ; ces relations relient la description macroscopique (m, ρ) à la quantité de matière n qui figure dans l'équation d'état.
Loi de Boyle-Mariotte (isotherme)
Cas particulier de l'équation d'état à température et quantité de matière fixées : dans le plan (V, p), une isotherme est une hyperbole.
Isothermes du gaz parfait : p = nRT/V (loi de Boyle-Mariotte)
Une bouteille rigide de volume V = 10 L contient n = 0,50 mol de diazote, assimilé à un gaz parfait, à la température θ = 25 °C. Déterminer la pression du gaz en pascals puis en bars, et préciser une limite du modèle.
On exprime le volume en m³ et la température en kelvin : V = 10 L = 1,0 × 10⁻² m³ et T = 25 + 273,15 = 298,15 K.
À partir de l'équation d'état p V = n R T, on isole la pression.
p = (0,50 × 8,314 × 298,15) / (1,0 × 10⁻²) ≈ 1,24 × 10⁵ Pa, soit environ 1,24 bar (1 bar = 10⁵ Pa).
Le modèle reste pertinent ici (pression modérée). Il deviendrait insuffisant à très forte pression ou très basse température, où le volume propre des molécules et leurs interactions ne sont plus négligeables.
Résultat : La pression vaut p ≈ 1,24 × 10⁵ Pa ≈ 1,24 bar ; le modèle du gaz parfait est ici justifié.
Le même gaz (T constante) est comprimé de V₁ = 10 L à V₂ = 4,0 L, sans variation de température. Déterminer la nouvelle pression p₂, en partant de p₁ ≈ 1,24 bar.
La température et la quantité de matière sont constantes : on est dans le cadre de la loi de Boyle-Mariotte, p V = constante.
Le produit p V garde la même valeur avant et après compression.
p₂ = p₁ × V₁/V₂ = 1,24 × (10 / 4,0) = 1,24 × 2,5 ≈ 3,1 bar.
Diviser le volume par 2,5 multiplie la pression par 2,5 : moins d'espace, donc des chocs plus fréquents sur les parois. On lit ce comportement sur une isotherme (hyperbole) : on se déplace vers la gauche, p monte.
Résultat : p₂ ≈ 3,1 bar : la pression varie en proportion inverse du volume, conformément à p V = cte à température constante.
Erreurs fréquentes
Révision active
Une bouteille rigide de volume L contient mol de diazote, assimilé à un gaz parfait, à la température °C. Calculer la pression du gaz, en pascals puis en bars. Indiquer dans quelles conditions le modèle du gaz parfait deviendrait insuffisant.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Bilan d'énergie d'un système : conventions de signe
Premier principe de la thermodynamique
ΔU est la variation d'énergie interne (J), W le travail reçu et Q le transfert thermique reçu ; W et Q sont positifs si le système reçoit de l'énergie.
Énergie interne d'un système incompressible
C = m·c est la capacité thermique (J·K⁻¹), c la capacité thermique massique (J·kg⁻¹·K⁻¹) et ΔT = T_final − T_initial la variation de température (en K ou en °C, identique).
Bilan calorimétrique (système isolé)
Dans une enceinte calorifugée, la chaleur cédée par le corps chaud est intégralement reçue par le corps froid : la somme des transferts thermiques est nulle.
Énergie d'un changement d'état
L est la chaleur latente massique de la transition (J·kg⁻¹) ; pendant le changement d'état la température reste constante alors que l'énergie interne varie.
Flux d'énergie : le travail et la chaleur alimentent ΔU
On chauffe m = 200 g d'eau liquide (c = 4185 J·kg⁻¹·K⁻¹) de 20 °C à 80 °C dans un récipient calorifugé, sans travail mécanique. Déterminer la variation d'énergie interne de l'eau et l'énergie thermique qu'elle a reçue.
Le système est l'eau, supposée incompressible. Il n'y a pas de travail mécanique (W = 0) ; seul un transfert thermique Q intervient. Le premier principe donne ΔU = Q.
L'énergie interne ne dépend que de la température : ΔU = m·c·ΔT, avec ΔT = 80 − 20 = 60 °C = 60 K et m = 0,200 kg.
ΔU = 0,200 × 4185 × 60 = 50 220 J ≈ 5,0 × 10⁴ J, soit environ 50 kJ.
Comme W = 0, le transfert thermique reçu vaut Q = ΔU ≈ +5,0 × 10⁴ J. Le signe positif confirme que l'eau a bien reçu de l'énergie de la source de chaleur.
Résultat : La variation d'énergie interne et l'énergie thermique reçue valent ΔU = Q ≈ 5,0 × 10⁴ J ≈ 50 kJ.
Erreurs fréquentes
Révision active
On chauffe m = 200 g d'eau liquide (c = 4185 J·kg⁻¹·K⁻¹) de 20 °C à 80 °C dans un récipient calorifugé, sans travail mécanique. Déterminer la variation d'énergie interne de l'eau et l'énergie thermique qu'elle a reçue.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Bilan radiatif Terre-atmosphère et effet de serre
Flux thermique et résistance thermique (expression fournie)
Φ est le flux thermique (W), ΔT l'écart de température entre les deux faces (K) et R_th la résistance thermique (K·W⁻¹). Analogie avec la loi d'Ohm I = U/R.
Résistance thermique d'une paroi plane
e épaisseur (m), S surface (m²), λ conductivité thermique (W·m⁻¹·K⁻¹). Une paroi épaisse, peu conductrice et de faible surface est très isolante (R_th grande).
Loi de Stefan-Boltzmann (fournie)
Puissance surfacique (W·m⁻²) rayonnée par un corps noir de température T (K), avec σ ≈ 5,67 × 10⁻⁸ W·m⁻²·K⁻⁴.
Bilan radiatif à l'équilibre (sans effet de serre)
À gauche, la puissance solaire surfacique moyenne absorbée (S/4 car répartie sur la sphère, diminuée de la fraction réfléchie a) ; à droite, la puissance rayonnée par la Terre.
Énergie transférée pendant une durée Δt
Le flux Φ (puissance, en W) intégré sur la durée Δt donne l'énergie thermique Q (en J).
Conduction à travers une paroi : Φ = ΔT/R_th
On modélise la Terre comme une sphère sans atmosphère, de température uniforme T, d'albédo a = 0,30, recevant la puissance solaire surfacique S = 1361 W·m⁻². En écrivant l'équilibre entre puissance absorbée et puissance rayonnée (loi de Stefan-Boltzmann, σ = 5,67 × 10⁻⁸ W·m⁻²·K⁻⁴, corps assimilé à un corps noir), estimer T et la comparer à la température réelle.
La Terre intercepte le flux solaire sur un disque de surface π R², mais le rayonne sur toute sa sphère de surface 4π R² : la puissance surfacique moyenne reçue est S/4. La fraction a est réfléchie (albédo), donc la fraction (1 − a) est absorbée.
À l'équilibre thermique, la puissance surfacique absorbée égale la puissance surfacique rayonnée donnée par Stefan-Boltzmann.
On isole T en prenant la racine quatrième.
T = [ (1 − 0,30) × 1361 / (4 × 5,67 × 10⁻⁸) ]^(1/4) ≈ 255 K, soit environ −18 °C.
La valeur calculée (≈ −18 °C) est très inférieure à la température moyenne réelle (≈ +15 °C). L'écart d'environ 33 °C est dû à l'effet de serre : l'atmosphère renvoie vers le sol une partie du rayonnement infrarouge, ce que le modèle « sans atmosphère » néglige.
Résultat : On obtient T ≈ 255 K ≈ −18 °C ; l'écart avec la température réelle (≈ 15 °C) mesure l'effet de serre naturel.
Une vitre de surface S = 2,0 m² et d'épaisseur e = 4,0 mm (conductivité λ = 1,0 W·m⁻¹·K⁻¹) sépare un intérieur à 20 °C d'un extérieur à 5 °C. Calculer la résistance thermique de la vitre, puis le flux thermique de pertes par conduction.
On applique R_th = e/(λS) = 4,0 × 10⁻³ / (1,0 × 2,0).
R_th = 4,0 × 10⁻³ / 2,0 = 2,0 × 10⁻³ K·W⁻¹. La résistance d'une simple vitre est très faible : elle isole mal.
L'écart de température est ΔT = 20 − 5 = 15 K. Le flux vaut Φ = ΔT/R_th = 15 / (2,0 × 10⁻³).
Φ = 7,5 × 10³ W = 7,5 kW. Ce flux énorme (pour une seule vitre fine) illustre pourquoi on emploie du double vitrage : ajouter une lame d'air en série augmente fortement R_th et réduit d'autant les pertes.
Résultat : R_th = 2,0 × 10⁻³ K·W⁻¹ et Φ = 7,5 kW : une vitre simple laisse fuir un flux considérable, d'où l'intérêt d'augmenter R_th (double vitrage).
Erreurs fréquentes
Révision active
On modélise la Terre comme une sphère sans atmosphère, de température uniforme T, d'albédo a = 0,30, recevant la puissance solaire surfacique S = 1361 W·m⁻². En écrivant l'équilibre entre puissance absorbée et puissance rayonnée (loi de Stefan-Boltzmann, σ = 5,67 × 10⁻⁸ W·m⁻²·K⁻⁴, corps assimilé à un corps noir), estimer la température d'équilibre T, et comparer à la température réelle (≈ 15 °C).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Refroidissement vers le thermostat : T(t) et lecture de τ
Équation différentielle du refroidissement
Équation linéaire d'ordre 1 à second membre constant, avec τ = C/(h·S) le temps caractéristique (s) et T_ext la température du thermostat (constante).
Temps caractéristique
C capacité thermique (J·K⁻¹), h coefficient d'échange surfacique (W·m⁻²·K⁻¹), S surface d'échange (m²) ; τ est en secondes.
Solution : évolution de la température
T₀ est la température initiale ; quand t devient grand devant τ, l'exponentielle tend vers 0 et T(t) tend vers T_ext.
Pente de la tangente à l'origine
Cette tangente coupe l'asymptote horizontale T = T_ext exactement à l'instant t = τ : c'est une méthode graphique de lecture de τ.
Influence du temps caractéristique τ
Une tasse de café, assimilée à un système incompressible, est initialement à T₀ = 80 °C dans une pièce à T_ext = 20 °C. Son refroidissement suit la loi de Newton avec un temps caractéristique τ = 600 s. Établir T(t), calculer la température au bout de t = τ, puis estimer la durée nécessaire pour atteindre pratiquement la température de la pièce.
La résolution de l'équation différentielle du refroidissement, avec T(0) = T₀, donne une exponentielle vers T_ext.
Avec T_ext = 20 °C et T₀ − T_ext = 60 °C : T(t) = 20 + 60·e^(−t/600), avec t en secondes.
À t = τ, l'exponentielle vaut e⁻¹ ≈ 0,368 : T(τ) = 20 + 60 × 0,368 ≈ 42 °C. L'écart initial (60 °C) a bien été réduit d'environ 63 %.
Le système atteint pratiquement la température de la pièce après environ 5τ = 5 × 600 = 3000 s, soit 50 minutes (l'écart résiduel y est inférieur à 1 % de l'écart initial).
Résultat : T(t) = 20 + 60·e^(−t/600) ; T(τ) ≈ 42 °C, et l'équilibre thermique est pratiquement atteint après ≈ 5τ = 3000 s (50 min).
Erreurs fréquentes
Révision active
Une tasse de café, assimilée à un système incompressible, est initialement à T₀ = 80 °C dans une pièce à T_ext = 20 °C. Son refroidissement suit la loi de Newton avec un temps caractéristique τ = 600 s. Établir l'expression de T(t), calculer la température au bout de t = τ, puis estimer la durée nécessaire pour atteindre pratiquement la température de la pièce.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Schéma du circuit RC série (charge)
Intensité et relation capacitive
i est le débit de charges (A) ; pour un condensateur (convention récepteur), q = C·u_C donc i = C·du_C/dt.
Énergie stockée dans un condensateur
Énergie (J) emmagasinée dans le champ électrique entre les armatures ; restituée lors de la décharge.
Équation différentielle du circuit RC en charge
Obtenue par la loi des mailles E = R·i + u_C et i = C·du_C/dt ; second membre E pour la charge, et 0 pour la décharge.
Solution en charge et constante de temps
Charge : u_C croît de 0 vers E. Décharge : u_C(t) = E·e^(−t/τ) décroît de E vers 0. τ = R·C est en secondes.
Courant de charge
Maximal à l'instant initial (E/R), il décroît vers 0 à mesure que u_C tend vers E : en régime permanent, plus aucun courant ne circule.
Charge et décharge du condensateur : u_C(t)
Courant de charge : i(t) = (E/R)·e⁻t/τ
Un condensateur de capacité C = 470 μF, initialement déchargé, est mis en charge à travers un résistor R = 1,0 kΩ par une source idéale de tension E = 5,0 V. Établir l'équation différentielle vérifiée par u_C(t), donner sa solution, calculer le temps caractéristique τ, la tension u_C à t = τ et estimer la durée au bout de laquelle la charge est quasi terminée.
Dans le circuit série, la loi des mailles s'écrit E = u_R + u_C avec u_R = R·i et, pour le condensateur, i = C·du_C/dt. En substituant : E = R·C·du_C/dt + u_C.
Le condensateur est initialement déchargé : u_C(0) = 0. La solution de l'équation est une exponentielle qui croît de 0 vers E.
Avec R = 1,0 × 10³ Ω et C = 470 μF = 470 × 10⁻⁶ F : τ = R·C = 1,0 × 10³ × 470 × 10⁻⁶ = 0,47 s.
À t = τ : u_C(τ) = E·(1 − e⁻¹) ≈ 5,0 × 0,632 ≈ 3,2 V (soit 63 % de E). La charge est pratiquement terminée après environ 5τ = 5 × 0,47 ≈ 2,4 s, où u_C ≈ E.
Résultat : L'équation R·C·du_C/dt + u_C = E a pour solution u_C(t) = 5,0·(1 − e^(−t/0,47)) ; τ = 0,47 s, u_C(τ) ≈ 3,2 V, et la charge est quasi terminée après ≈ 5τ ≈ 2,4 s.
Erreurs fréquentes
Révision active
Un condensateur de capacité C = 470 μF, initialement déchargé, est mis en charge à travers un résistor R = 1,0 kΩ par une source idéale de tension E = 5,0 V. Établir l'équation différentielle vérifiée par u_C(t), donner sa solution, calculer le temps caractéristique τ, la tension u_C à t = τ et estimer la durée au bout de laquelle la charge est quasi terminée.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de physique-chimie de terminale générale (spécialité), BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019 (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol