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Le devoir et la liberté sont deux notions du programme de terminale, examinées sous la perspective dominante de la morale et de la politique. La fiche articule l’obligation morale (devoir, bonne volonté, impératif catégorique) et le problème de la liberté (libre arbitre, déterminisme, responsabilité), pour montrer comment Kant fonde le devoir sur l’autonomie de la volonté : loin de s’opposer, devoir et liberté peuvent se co-impliquer.
5sectionsca. 23min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d’abord les distinctions de base (devoir / contrainte, devoir / intérêt, libre arbitre / déterminisme) et une thèse claire par auteur (Kant, Spinoza, Descartes, Sartre), chacune appuyée sur un exemple précis.
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, sachez articuler les notions entre elles : montrer en quoi l’autonomie kantienne réconcilie devoir et liberté, et discuter la compatibilité entre déterminisme et responsabilité (Spinoza contre Sartre) sans confondre liberté psychologique, liberté morale et liberté politique.
Lesetiefe: Approfondi
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Le devoir et les motifs voisins de l’action
N’y a-t-il de devoir que contraignant ? Dégagez le problème, puis montrez que l’obligation morale se distingue de la contrainte.
On éprouve souvent le devoir comme une pression : il faudrait y être contraint pour s’y plier. Mais si le devoir n’était que contrainte, l’acte moral n’aurait aucune valeur, car il serait subi. Le problème : le devoir oblige-t-il comme une force, ou autrement ?
La contrainte est extérieure et physique (ou psychologique) : elle supprime l’alternative. Sous la menace, je n’ai pas le choix. Or « devoir » suppose que je puisse aussi ne pas le faire : on ne dit pas d’une pierre qui tombe qu’elle « doit » tomber au sens moral.
L’obligation morale est intérieure : elle oblige ma volonté sans la forcer (repère obligation / contrainte). Je reste libre de désobéir : c’est pourquoi il y a du mérite à obéir et de la faute à transgresser. Le devoir s’adresse à une volonté libre.
Le devoir n’est donc pas une contrainte mais une obligation : il ne supprime pas ma liberté, il la suppose. Loin de s’opposer, devoir et liberté se conditionnent — ce que la suite (Kant) pensera comme autonomie.
Résultat : Le devoir n’a de sens que pour un être libre : l’obligation morale oblige sans contraindre. Réduire le devoir à la contrainte, c’est en supprimer la dimension morale même.
Erreurs fréquentes
Révision active
N’y a-t-il de devoir que contraignant ? Distinguez l’obligation morale de la contrainte extérieure et de l’intérêt, puis demandez-vous si un devoir librement reconnu reste un devoir.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions, dont « le devoir » et « la liberté ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Le test de l’impératif catégorique et l’autonomie de la volonté
Suis-je en droit de faire une promesse que je n’ai pas l’intention de tenir, si cela m’est utile ? Traitez la question avec l’impératif catégorique.
La maxime de mon action serait : « quand j’ai besoin d’argent, je promets de rembourser tout en sachant que je ne le ferai jamais ». C’est la règle subjective qui guide mon acte.
J’applique le test : puis-je vouloir que cette maxime devienne une loi universelle, valable pour tous ? J’imagine un monde où chacun promet sans intention de tenir.
Dans un tel monde, plus personne ne croirait aux promesses : l’institution même de la promesse s’effondrerait. Or ma maxime suppose que les autres y croient encore (sinon je n’obtiendrais rien). La maxime universalisée se détruit elle-même : elle est contradictoire.
Puisque je ne peux pas vouloir cette maxime comme loi universelle sans contradiction, l’acte est moralement interdit. Le devoir de tenir ses promesses ne dépend ni de mon intérêt, ni des conséquences : il est catégorique.
Résultat : La fausse promesse est immorale : sa maxime ne passe pas le test d’universalisation. La raison, en se prescrivant cette loi, agit de façon autonome — et c’est en lui obéissant que la volonté est libre.
Pour Kant, une seule chose est bonne sans condition : la bonne volonté. Ni les talents, ni la réussite, ni même le bonheur ne valent moralement par eux-mêmes — seule compte l’intention d’agir par devoir.
Le devoir s’exprime par un impératif catégorique : il ne dit pas « si tu veux être bien vu, sois honnête », il dit « sois honnête », sans condition. Sa formule : agis seulement d’après une maxime dont tu peux vouloir qu’elle devienne une loi universelle.
Je teste alors ma maxime : et si tous agissaient ainsi ? Si la règle universalisée se contredit — comme la fausse promesse, qui détruit la confiance qu’elle suppose — l’acte est interdit.
La leçon décisive : en suivant cette loi, la volonté n’obéit qu’à elle-même. C’est l’autonomie. Loin de m’asservir, le devoir m’affranchit des penchants : je suis libre non pas malgré la loi, mais par elle.
Erreurs fréquentes
Révision active
Suis-je vraiment libre lorsque j’obéis au devoir ? Appuyez-vous sur la distinction kantienne autonomie / hétéronomie pour soutenir que l’obéissance à la loi morale peut être l’exercice même de la liberté.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions, dont « le devoir » et « la liberté ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Trois positions sur le libre arbitre et le déterminisme
Le libre arbitre est-il une illusion ? Confrontez Descartes et Spinoza, puis dégagez une position nuancée.
Nous éprouvons un sentiment vif de liberté : il me semble que je pouvais agir autrement. Mais ce sentiment prouve-t-il un pouvoir réel, ou n’est-il qu’une apparence ? Le problème oppose l’expérience intérieure du choix et l’exigence d’une explication par les causes.
Descartes y voit la plus grande des perfections : la volonté est infinie, et son indépendance se sent immédiatement (je peux suspendre mon jugement). Le doute lui-même atteste un pouvoir libre de l’esprit. La liberté n’est pas l’indifférence, mais l’adhésion claire au vrai et au bien.
Spinoza renverse : le sentiment de liberté vient de ce que nous avons conscience de nos désirs, mais ignorons leurs causes. Telle la pierre lancée qui, consciente, se croirait libre. Le libre arbitre serait l’illusion d’une conscience incomplète.
On peut refuser le dilemme : même si nos actes ont des causes, comprendre ces causes transforme notre rapport à elles. La liberté ne serait pas l’absence de détermination, mais la nécessité comprise (Spinoza) ou l’autonomie de la raison (Kant).
Résultat : Le libre arbitre, entendu comme pouvoir indéterminé de choisir, est sans doute en partie illusoire ; mais la liberté, comprise comme connaissance de la nécessité ou autonomie, demeure une conquête réelle. La question n’est pas « suis-je déterminé ? » mais « comment puis-je devenir libre ? ».
Erreurs fréquentes
Révision active
Le libre arbitre est-il une illusion ? Confrontez l’affirmation cartésienne du libre arbitre et sa critique spinoziste (la pierre, l’ignorance des causes), puis examinez si liberté et déterminisme s’excluent.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions, dont « le devoir » et « la liberté ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
De l’existence à la responsabilité (Sartre)
Sommes-nous responsables de ce que nous sommes ? Appuyez-vous sur Sartre, puis examinez l’objection déterministe.
On invoque souvent son caractère ou son passé pour s’excuser (« je suis né ainsi »). Mais si je ne suis pas responsable de ce que je suis, toute morale s’effondre. Le problème : mon être est-il un destin subi ou le produit de mes choix ?
Pour Sartre, l’existence précède l’essence : je ne suis rien d’autre que ce que je me fais. Il n’y a pas de nature humaine donnée qui m’excuserait. Condamné à être libre, je suis l’auteur sans excuse de mes actes : donc pleinement responsable de ce que je deviens.
Se dire déterminé par son tempérament, c’est de la mauvaise foi : se traiter comme une chose pour fuir sa liberté. « Je suis comme ça » est un alibi : même mes émotions, je les assume et les laisse être ce qu’elles sont.
On objectera (Spinoza, sciences humaines) que nos choix ont des causes que nous ignorons. Mais reconnaître des conditionnements ne supprime pas toute responsabilité : il reste une marge où je peux comprendre, assumer et orienter ce que je fais de ce qui m’a fait.
Résultat : Sans aller jusqu’à la liberté absolue, on peut soutenir que l’homme est responsable au moins de l’usage qu’il fait de sa situation. La mauvaise foi consiste à confondre des conditions avec un destin : être libre, c’est répondre de soi.
Erreurs fréquentes
Révision active
Sommes-nous responsables de ce que nous sommes ? Mobilisez la thèse sartrienne (l’existence précède l’essence, la mauvaise foi) et confrontez-la à l’objection déterministe pour mesurer l’étendue de notre responsabilité.
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions, dont « le devoir » et « la liberté ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Devoir et liberté : de l’opposition apparente à la co-implication
Suis-je libre parce que je dois ? Conduisez un raisonnement dialectique complet.
Spontanément, le devoir contrarie mes désirs : il m’oblige à faire ce dont je n’ai pas envie. Si être libre, c’est faire ce qu’on veut, alors le devoir est une limite à ma liberté. Le devoir ressemble à une contrainte intériorisée.
Mais « faire ce qu’on veut » est-ce être libre ? Celui qui cède à tous ses penchants est l’esclave de désirs qu’il n’a pas choisis (servitude des passions). La liberté ne peut donc se réduire à l’absence de règle.
Le devoir ne s’adresse qu’à une volonté libre : il la suppose. Et par l’autonomie, obéir au devoir, c’est obéir à la loi que la raison se prescrit. Je ne suis pas libre malgré le devoir, mais par lui. Rousseau prolonge en politique : « l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ».
On accordera que cette autonomie peut être conditionnée (Spinoza) et qu’aucune loi n’est donnée d’avance (Sartre). Mais cela n’abolit pas le lien : dans tous les cas, la liberté n’est pas l’indépendance à l’égard de toute règle, mais l’obéissance à une règle qu’on reconnaît pour sienne.
Résultat : Oui, en un sens fort : je suis libre non pas malgré le devoir, mais parce que, en obéissant à la loi que je me donne, j’échappe à la servitude des penchants. La liberté véritable est une autonomie, non une absence de loi — sous réserve des limites que lui opposent le déterminisme et la situation.
Erreurs fréquentes
Révision active
Suis-je libre parce que je dois ? Montrez d’abord en quoi devoir et liberté semblent s’opposer, puis comment l’autonomie de la volonté les réconcilie, avant d’en marquer les limites.
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Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (notions, dont « le devoir » et « la liberté ») (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale) · Programme de l’enseignement de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l’Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l’Éducation nationale