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L’État et la justice sont deux notions du programme de terminale, abordées dans la perspective dominante de « la morale et la politique ». On y interroge ce qui fonde le pouvoir politique et l’obéissance qu’on lui doit (force et droit, théories du contrat social), puis ce qu’est une loi juste (légal/légitime, droit naturel/positif) et la justice elle-même comme vertu, institution et équité (Aristote, Rawls). Tout au long, le repère « légal / légitime » sert de fil conducteur.
5sectionsca. 24min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d’abord les distinctions de base — force/droit, légal/légitime, droit naturel/droit positif — et sachez résumer en une phrase chaque théorie du contrat (Hobbes, Locke, Rousseau).
niveau approfondi
Pour viser l’excellence, articulez les notions entre elles (légitimité, justice, liberté), confrontez précisément les auteurs (Hobbes/Rousseau, Aristote/Rawls) et tenez la tension entre l’obéissance due aux lois et la possibilité d’une désobéissance légitime.
Lesetiefe: Approfondi
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L’État entre la force et la justice : la question de la légitimité
Le plus fort a-t-il toujours raison ? Dégagez le problème, puis montrez ce qui sépare un rapport de force d’un rapport de droit.
« Avoir raison » semble ici signifier deux choses : avoir la puissance d’imposer sa volonté (la force) et avoir le droit d’être obéi (la légitimité). Le sujet joue sur cette équivoque : si « la raison du plus fort est toujours la meilleure », alors le droit n’est qu’un nom déguisé de la force.
On peut soutenir que, dans les faits, c’est toujours la force qui l’emporte et que les lois ne sont que la ruse des faibles pour brider les puissants. La politique se ramènerait alors à un rapport de forces sans norme.
Mais céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté : j’obéis tant que je ne peux faire autrement, non parce que je le « dois ». La force ne crée aucune obligation ; dès qu’elle cesse, l’obéissance cesse. Le droit suppose au contraire une raison d’obéir qui vaut même quand la contrainte se relâche.
Il faut donc distinguer le « fait » d’obéir et le « droit » de commander. La force peut produire la soumission, jamais l’obligation. Un pouvoir n’a « raison » au sens plein que s’il est légitime, c’est-à-dire reconnu comme conforme au droit et à la raison.
Résultat : Le plus fort n’a pas « raison » : la force explique qu’on obéisse, elle ne justifie pas qu’on le doive. Tout le problème de l’État est de transformer un rapport de force en rapport de droit — c’est l’objet des théories du contrat.
Erreurs fréquentes
Révision active
Le plus fort a-t-il toujours raison ? Distinguez la force et le droit, puis demandez-vous ce qui peut fonder l’obéissance à l’État au-delà de la contrainte.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Droit naturel / droit positif et légal / légitime
Est juste ce qui est conforme à la loi ? Dégagez le problème, éprouvez la thèse, puis proposez une articulation.
Spontanément, le juste semble se confondre avec le légal : être juste, c’est respecter la loi ; être injuste, c’est l’enfreindre. Mais alors aucune loi ne pourrait être dite injuste, ce qui heurte notre conscience. Le problème est donc de savoir si la justice se réduit à la légalité.
Il y a une force dans cette thèse : la loi est générale, publique, égale pour tous ; elle arrache la justice à l’arbitraire des opinions individuelles. Sans loi commune, chacun jugerait selon son intérêt. La conformité à la loi positive garantit l’ordre et l’égalité formelle devant la règle.
Mais l’histoire offre des lois parfaitement légales et pourtant iniques (lois esclavagistes, ségrégationnistes). Pour les juger injustes, il faut un critère supérieur à la loi : une idée du droit (droit naturel, droits fondamentaux). Le légal ne suffit donc pas au légitime.
La solution n’est pas de rejeter la loi positive au nom d’un droit naturel rêvé, ni d’absolutiser la loi en vigueur. Le droit positif rend la justice effective ; le droit naturel, en lui servant d’idéal, permet de la réformer. Une loi juste est une loi positive qui tend vers la légitimité.
Résultat : La conformité à la loi est nécessaire mais non suffisante : elle assure l’égalité formelle, non la justice véritable. Une loi est juste lorsque, étant légale, elle est aussi légitime — conforme à l’idée du droit que le droit naturel exprime.
Erreurs fréquentes
Révision active
Est juste ce qui est conforme à la loi ? Distinguez la légalité de la légitimité et le droit positif du droit naturel pour examiner ce qu’est une loi juste.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Les formes de la justice : vertu, institution, équité (Aristote)
Justice distributive (Aristote) — égalité proportionnelle (géométrique)
Les biens sont répartis en proportion du mérite : à mérite double, part double. L’égalité est ici un rapport, non une part identique.
Justice commutative (Aristote) — égalité arithmétique
Dans l’échange ou la réparation, on rétablit l’égalité des parts sans tenir compte des personnes : le tort fait à l’un doit être exactement compensé.
Le voile d’ignorance de Rawls et la dérivation des principes de justice
Être juste, est-ce traiter tout le monde de la même manière ? Dégagez le problème, puis montrez à l’aide d’Aristote et de Rawls qu’une inégalité peut être juste.
L’égalité paraît l’âme de la justice : être juste, ce serait ne faire aucune différence, traiter chacun de manière identique. Mais traiter de la même façon des situations différentes peut produire l’injustice (donner la même chose à qui a beaucoup et à qui n’a rien). Le problème est donc de savoir si la justice exige l’égalité stricte ou une égalité bien comprise.
Dans les échanges et les réparations, la justice exige bien une égalité stricte, sans considération des personnes : le contrat doit être équilibré, le tort exactement réparé. Ici, traiter pareillement est juste — c’est la justice commutative d’Aristote (égalité arithmétique).
Mais la répartition des biens et des charges suit une autre règle : la justice distributive donne à chacun selon son mérite, en proportion. Traiter identiquement le méritant et l’oisif serait injuste. L’égalité juste est alors un rapport (égalité géométrique), non une part identique.
Rawls reformule le problème : sous le voile d’ignorance, des contractants impartiaux acceptent des inégalités, mais à une condition stricte — qu’elles profitent aux plus défavorisés et s’accompagnent de l’égalité des chances. L’inégalité n’est juste que si elle améliore le sort des plus mal lotis. La justice n’est donc pas l’égalité stricte, mais une inégalité que tous pourraient accepter.
Résultat : Être juste n’est pas toujours traiter tout le monde de la même manière : c’est traiter de manière égale ce qui est égal, et de manière proportionnée ce qui diffère. Une inégalité peut être juste — quand elle répond au mérite (Aristote) ou quand elle profite aux plus défavorisés (Rawls). La vraie justice articule égalité et équité.
Partons d’une évidence trompeuse : être juste, ce serait traiter tout le monde exactement de la même façon. L’égalité semble le cœur même de la justice.
Mais Aristote distingue deux justices. Dans les échanges, la justice commutative exige une égalité stricte : un tort doit être exactement réparé, sans regarder qui l’a subi.
Mais répartir des biens ou des honneurs suit une autre règle. La justice distributive donne à chacun selon son mérite : à mérite double, part double. L’égalité devient une proportion.
Rawls va plus loin. Imaginons que nous choisissions les règles de la société sans savoir qui nous serons : riche ou pauvre, doué ou non. Ce voile d’ignorance nous rend impartiaux.
De là, deux principes : à tous les mêmes libertés de base ; et des inégalités admises seulement si elles profitent aux plus défavorisés. Une inégalité peut donc être juste.
Conclusion : être juste, ce n’est pas toujours traiter tout le monde pareil. C’est traiter également ce qui est égal, et proportionnellement ce qui diffère. La justice articule égalité et équité.
Erreurs fréquentes
Révision active
Être juste, est-ce traiter tout le monde de la même manière ? Mobilisez la justice distributive d’Aristote et le principe de différence de Rawls pour articuler justice et égalité.
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Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Obéir, désobéir : le conflit du légal et du légitime
Est-il toujours juste d’obéir aux lois ? Dégagez le problème, montrez la valeur de l’obéissance, puis examinez à quelles conditions on peut légitimement désobéir.
Obéir aux lois paraît un devoir : c’est la condition de l’ordre et de la liberté de tous. Mais certaines lois ont été manifestement injustes. Faut-il alors obéir « toujours », ou la justice peut-elle commander de désobéir ? Le problème oppose la légalité (obéir) et la légitimité (la justice).
Sans obéissance générale, l’État de droit s’effondre : chacun se ferait juge des lois et la force reprendrait le dessus. De plus, dans un régime où l’on a pu consentir aux lois, leur obéir, c’est obéir à la volonté générale, donc rester libre (Rousseau). L’obéissance n’est pas en soi une aliénation.
Mais l’obéissance n’est pas une fin en soi : elle vaut parce que la loi vise la justice. Quand une loi est manifestement injuste — qu’elle viole des droits fondamentaux — l’obéissance aveugle devient complicité. La conscience peut alors entrer en conflit avec la légalité.
Désobéir n’est pas toujours légitime : il y faut des conditions strictes. La désobéissance civile (Thoreau, mouvements des droits civiques) est publique, non violente, et accepte la sanction ; elle n’intervient qu’après l’échec des voies légales, et reconnaît globalement l’ordre juridique qu’elle veut réformer. Elle oppose un légitime supérieur à une légalité contestée — sans verser dans la pure révolte.
Résultat : Il n’est pas toujours juste d’obéir : l’obéissance vaut parce que la loi vise la justice. Quand une loi est manifestement injuste, une désobéissance peut être légitime — à condition d’être publique, pacifique, assumée et exceptionnelle. Obéir n’est un devoir que dans la mesure où l’on peut aussi, le cas échéant, désobéir au nom du droit.
Erreurs fréquentes
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Est-il toujours juste d’obéir à l’État ? Distinguez l’obéissance légitime de la soumission, puis examinez à quelles conditions une désobéissance peut être justifiée.
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Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de philosophie — classe terminale, voie générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — ministère de l’Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l’Éducation nationale