Loading
Loading
Une primitive d'une fonction continue inverse la dérivation : on remonte de f à une fonction F dont F′ = f. Deux primitives ne diffèrent que d'une constante, ce qui permet d'en isoler une seule à l'aide d'une condition initiale. On s'en sert pour résoudre les équations différentielles y′ = ay puis y′ = ay + b, qui modélisent la croissance, la décroissance et de nombreux phénomènes physiques (désintégration, charge d'un condensateur, refroidissement).
5sectionsca. 23min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtriser le tableau des primitives usuelles et la résolution directe de y′ = ay + b avec condition initiale couvre l'essentiel des questions de cours et des premières questions d'exercice.
niveau approfondi
S'entraîner à reconnaître les formes composées (u′u^n, u′/u, u′e^u) et à bâtir, puis exploiter, un modèle y′ = ay + b dans un problème à prise d'initiative (asymptote, demi-vie, régime permanent).
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Faisceau de primitives translatées verticalement
Définition d'une primitive
Une primitive inverse la dérivation : sa dérivée redonne f.
Ensemble des primitives
Deux primitives d'une même fonction sur un intervalle diffèrent d'une constante : à partir d'une primitive F, on les obtient toutes en ajoutant une constante k.
Primitive avec condition initiale
La condition F(x₀) = y₀ fixe la constante k et sélectionne une unique primitive.
Soit f la fonction définie sur ℝ par f(x) = 3x² − 4x + 1. Déterminer l'ensemble des primitives de f sur ℝ, puis l'unique primitive F vérifiant F(1) = 5.
f est une somme de fonctions puissances : 3x², −4x et 1. On primitive chaque terme à l'aide de la règle x^n ↦ x^(n+1)/(n+1).
On somme les primitives de chaque terme et on ajoute la constante d'intégration k.
On contrôle : F′(x) = 3x² − 4x + 1 = f(x). Le calcul est correct.
On écrit F(1) = 5 et on résout en k.
On reporte la valeur de k trouvée dans l'expression de F.
Résultat : L'ensemble des primitives est F(x) = x³ − 2x² + x + k (k ∈ ℝ) ; l'unique primitive vérifiant F(1) = 5 est F(x) = x³ − 2x² + x + 5.
Erreurs fréquentes
Révision active
On donne f(x) = 3x² − 4x + 1 sur ℝ. Déterminer l'ensemble des primitives de f, puis l'unique primitive F telle que F(1) = 5.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie GT (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Tableau des primitives usuelles et des formes composées
Primitives usuelles (puissances, inverse, exponentielle)
Trois primitives fondamentales : la règle puissance, le cas particulier de 1/x donnant le logarithme, et l'exponentielle qui est sa propre primitive.
Primitives des fonctions trigonométriques
On retrouve ces primitives en dérivant : (sin x)′ = cos x et (−cos x)′ = sin x.
Formes composées u′f(u)
Les trois formes composées au programme : la présence du facteur u′ (la dérivée de la fonction intérieure) signale qu'on peut primitiver « en chaîne ».
Déterminer une primitive sur ℝ de la fonction f définie par f(x) = 2x·(x² + 1)³, puis une primitive de g définie sur ℝ par g(x) = (2x)/(x² + 1).
On pose u(x) = x² + 1. Alors u′(x) = 2x. Pour f, on observe que f(x) = u′(x)·u(x)³ : c'est exactement la forme u′·u^n avec n = 3.
On applique u′u^n ↦ u^(n+1)/(n+1) avec n = 3.
Avec le même u, g(x) = u′(x)/u(x), et u(x) = x² + 1 > 0 sur ℝ ; on applique u′/u ↦ ln|u|.
On contrôle F′(x) = (4(x²+1)³·2x)/4 = 2x(x²+1)³ = f(x) et G′(x) = 2x/(x²+1) = g(x).
Résultat : Une primitive de f est F(x) = (x² + 1)⁴/4 ; une primitive de g est G(x) = ln(x² + 1).
Erreurs fréquentes
Révision active
Déterminer une primitive de chacune des fonctions : a) f(x) = 2x·(x² + 1)³ ; b) g(x) = (2x)/(x² + 1) ; c) h(x) = 3·e^(3x). Préciser à chaque fois la forme composée reconnue.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie GT (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Solutions de y′ = ay : croissance (a > 0) et décroissance (a < 0)
Solutions générales de y′ = ay
Toutes les solutions sont des exponentielles de la forme C·e^(ax) ; la constante C parcourt ℝ.
Constante fixée par la condition initiale
Une condition initiale f(x₀) = y₀ détermine une unique solution en imposant la valeur de C. Si x₀ = 0, alors C = y₀.
Vérification que f est solution
On dérive la forme proposée et on retrouve f′ = af : la fonction est bien solution.
Interaktive Grafik lädt…
Résoudre sur ℝ l'équation différentielle y′ = 2y, puis déterminer l'unique solution f telle que f(0) = 3. Donner le sens de variation de f.
L'équation est de la forme y′ = ay avec a = 2.
Les solutions sur ℝ sont les fonctions f(x) = C·e^(ax) = C·e^(2x), où C décrit ℝ.
On impose f(0) = 3 ; or f(0) = C·e^0 = C, donc C = 3.
La solution cherchée est f(x) = 3·e^(2x). Comme a = 2 > 0 et 3 > 0, f est strictement croissante sur ℝ et tend vers +∞ en +∞ : c'est une croissance exponentielle.
Résultat : Les solutions sont f(x) = C·e^(2x) (C ∈ ℝ) ; celle vérifiant f(0) = 3 est f(x) = 3·e^(2x), strictement croissante sur ℝ.
Erreurs fréquentes
Révision active
Résoudre sur ℝ l'équation différentielle y′ = 2y, puis déterminer la solution f vérifiant f(0) = 3. Préciser le sens de variation de cette solution.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie GT (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Solution de y′ = −2y + 6 tendant vers l'équilibre −b/a = 3
Solution particulière constante
Une constante c vérifie l'équation si et seulement si 0 = ac + b, c'est-à-dire c = −b/a.
Solution générale de y′ = ay + b
On somme la solution générale de y′ = ay (le terme C·e^(ax)) et la solution particulière constante (−b/a).
Valeur d'équilibre quand a < 0
Lorsque a < 0, le terme C·e^(ax) s'efface en +∞ : la solution tend vers la valeur d'équilibre −b/a, qui est une asymptote horizontale.
Solution générale de y′ = ay + f (g donnée)
Avec un second membre f quelconque, dès qu'une solution particulière g est connue, on obtient toutes les solutions en lui ajoutant la solution générale C·e^(ax) de l'équation homogène y′ = ay.
Résoudre sur ℝ l'équation différentielle y′ = −2y + 6. Déterminer ensuite l'unique solution f vérifiant f(0) = 1, puis donner la limite de f en +∞.
L'équation est de la forme y′ = ay + b avec a = −2 et b = 6.
On cherche une constante c : sa dérivée est nulle, donc 0 = ac + b, soit c = −b/a = −6/(−2) = 3.
On ajoute la solution générale de y′ = ay à la solution particulière.
On impose f(0) = 1 : f(0) = C·e^0 + 3 = C + 3 = 1, donc C = −2.
La solution est f(x) = −2·e^(−2x) + 3. Comme a = −2 < 0, e^(−2x) → 0 en +∞, donc f(x) → 3 : la valeur d'équilibre −b/a est atteinte asymptotiquement.
Résultat : Solutions : f(x) = C·e^(−2x) + 3 (C ∈ ℝ) ; celle vérifiant f(0) = 1 est f(x) = −2·e^(−2x) + 3, qui tend vers 3 en +∞.
On considère l'équation différentielle (E) : y′ = y + x sur ℝ. On admet que la fonction g définie par g(x) = −x − 1 est une solution particulière de (E). 1) Vérifier que g est bien solution de (E). 2) En déduire l'ensemble des solutions de (E). 3) Déterminer la solution f vérifiant f(0) = 0.
On dérive g(x) = −x − 1 : g′(x) = −1. Par ailleurs g(x) + x = (−x − 1) + x = −1. On a bien g′(x) = g(x) + x, donc g est solution de (E).
Ici (E) s'écrit y′ = ay + f avec a = 1 et f(x) = x (second membre non constant). L'équation homogène associée est y′ = y, dont la solution générale est C·e^x.
On ajoute à la solution particulière g la solution générale de l'équation homogène : les solutions de (E) sont les fonctions x ↦ g(x) + C·e^x.
On impose f(0) = 0 : f(0) = −0 − 1 + C·e^0 = C − 1 = 0, donc C = 1.
La solution cherchée est f(x) = e^x − x − 1. Contrôle : f′(x) = e^x − 1 et f(x) + x = e^x − x − 1 + x = e^x − 1, donc f′ = f + x.
Résultat : Les solutions de (E) sont f(x) = −x − 1 + C·e^x (C ∈ ℝ) ; celle vérifiant f(0) = 0 est f(x) = e^x − x − 1.
Erreurs fréquentes
Révision active
Résoudre sur ℝ l'équation y′ = −2y + 6, déterminer la solution f vérifiant f(0) = 1, puis donner sa limite en +∞.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie GT (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Charge d'un condensateur : schéma et courbe de tension
Modèle de croissance / décroissance exponentielle
Quand la vitesse d'évolution est proportionnelle à la quantité présente, la solution est une exponentielle ; y(0) est la valeur initiale.
Demi-vie d'une décroissance exponentielle
La demi-vie est le temps au bout duquel la quantité est divisée par 2 ; elle se déduit de e^(a·t₁ᐟ₂) = 1/2.
Régime permanent (charge, refroidissement)
Avec un apport ou une perte constante et a < 0, le système tend vers l'état d'équilibre −b/a (tension finale, température ambiante).
La masse N(t) (en mg) d'un échantillon radioactif décroît selon N′(t) = −0,1·N(t), où t est le temps en jours, avec N(0) = 200 mg. 1) Déterminer N(t). 2) Calculer la masse au bout de 10 jours. 3) Déterminer la demi-vie t₁ᐟ₂ de cet échantillon.
Le taux de variation est proportionnel à la masse présente : c'est une équation y′ = ay avec a = −0,1 (a < 0 : décroissance).
Les solutions sont N(t) = C·e^(−0,1t) ; la condition N(0) = 200 donne C = 200.
On évalue la masse à t = 10 jours.
La demi-vie t₁ᐟ₂ vérifie N(t₁ᐟ₂) = N(0)/2 = 100, soit e^(−0,1·t₁ᐟ₂) = 1/2 ; on passe au logarithme.
Résultat : N(t) = 200·e^(−0,1t) ; N(10) ≈ 73,6 mg ; demi-vie t₁ᐟ₂ = ln 2 / 0,1 ≈ 6,93 jours.
Partons d'une situation concrète : un liquide à 90 °C dans une pièce à 20 °C. La loi de refroidissement de Newton dit que la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart entre la température du liquide et celle de la pièce. On écrit donc T′(t) = −0,2·(T(t) − 20).
On développe pour reconnaître la forme du cours : T′ = ay + b. En distribuant le −0,2, on obtient a = −0,2 et b = 4. C'est bien une équation différentielle linéaire à coefficients constants.
On cherche d'abord la solution constante d'équilibre : −b/a vaut 20. C'est rassurant, c'est exactement la température de la pièce. La solution générale est donc C·e^(−0,2t) + 20.
La condition initiale T(0) = 90 fixe la constante : C + 20 = 90, donc C = 70. La solution complète est T(t) = 70·e^(−0,2t) + 20.
On visualise enfin la courbe : elle part de 90 °C et décroît en se rapprochant de l'asymptote horizontale y = 20. La valeur d'équilibre −b/a est le régime permanent, atteint lorsque le terme exponentiel s'est effacé.
Refroidissement T(t) = 70·e^(−0,2t) + 20
Erreurs fréquentes
Révision active
Un condensateur se charge selon u′(t) = −5u(t) + 50, où u(t) est la tension (en V) à l'instant t (en s) et u(0) = 0. Déterminer u(t), la tension limite, et le sens de variation de u.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie GT (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol