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Cette fiche organise toute la géométrie analytique de l'espace : on étend les vecteurs du plan à l'espace (combinaisons linéaires, colinéarité, coplanarité), on repère points et vecteurs dans un repère (O ; i, j, k), puis on décrit droites et plans par des représentations paramétriques pour étudier leurs positions relatives. On introduit ensuite le produit scalaire dans l'espace, ses expressions géométrique et analytique et ses propriétés, qui caractérisent l'orthogonalité et donnent le vecteur normal à un plan. On termine par l'équation cartésienne d'un plan et la résolution de problèmes d'intersection, de distance et d'orthogonalité.
5sectionsca. 28min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtriser d'abord les coordonnées dans un repère de l'espace, la colinéarité et la coplanarité, puis savoir écrire la représentation paramétrique d'une droite et calculer un produit scalaire par ses coordonnées.
niveau approfondi
Aller jusqu'à l'équation cartésienne d'un plan à partir d'un vecteur normal, l'intersection droite/plan et plan/plan par paramètre, et le calcul de distances (point à un plan, point à une droite) dans les problèmes à prise d'initiative.
Lesetiefe: Approfondi
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Repérage d'un point dans le repère (O ; i, j, k)
Coordonnées d'un vecteur
Les coordonnées du vecteur reliant A à B s'obtiennent en soustrayant, composante par composante, les coordonnées de l'origine A à celles de l'extrémité B.
Caractérisation de la colinéarité
Deux vecteurs sont colinéaires si l'un est un multiple de l'autre : leurs coordonnées sont alors proportionnelles. Ils dirigent une même droite.
Coplanarité de trois vecteurs
Trois vecteurs sont coplanaires lorsque l'un est combinaison linéaire des deux autres (ces deux-là étant non colinéaires).
Base de l'espace
Trois vecteurs forment une base de l'espace exactement quand ils ne sont pas coplanaires : tout vecteur se décompose alors de manière unique sur cette base.
Décomposition d'un vecteur : combinaison linéaire
Dans un repère (O ; i, j, k), on considère A(1 ; 0 ; 2), B(2 ; 1 ; 1), C(0 ; 2 ; 3) et D(4 ; 1 ; 0). Les points A, B, C et D sont-ils coplanaires ?
On calcule AB, AC et AD en soustrayant les coordonnées de A.
On écrit le système obtenu coordonnée par coordonnée, en supposant AB et AC non colinéaires (ce qui est le cas car leurs composantes ne sont pas proportionnelles).
En soustrayant la première de la deuxième : 3b = −2, donc b = −2/3, puis a = 3 + b = 7/3.
On reporte dans −a + b : −7/3 − 2/3 = −9/3 = −3 ≠ −2. La troisième équation n'est pas vérifiée.
Résultat : Le système n'a pas de solution : AD n'est pas combinaison linéaire de AB et AC. Les vecteurs AB, AC, AD ne sont donc pas coplanaires, et les quatre points A, B, C, D ne sont pas coplanaires. Comme ils ne sont pas coplanaires, les trois vecteurs AB, AC, AD forment une base de l'espace.
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans un repère (O ; i, j, k), on donne A(1 ; 2 ; −1), B(3 ; 0 ; 1) et C(0 ; 3 ; 1). Calculer les coordonnées de AB et AC, vérifier qu'ils ne sont pas colinéaires, puis déterminer si les points A, B, C, D sont coplanaires lorsque D(2 ; 5 ; −3) en cherchant à écrire AD comme combinaison linéaire de AB et AC.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie générale et technologique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Une droite et un plan sécants en perspective
Représentation paramétrique d'une droite
Droite passant par A(x_A ; y_A ; z_A) de vecteur directeur u(α ; β ; γ) : chaque valeur du paramètre t donne un point de la droite.
Représentation paramétrique d'un plan
Plan passant par A et dirigé par deux vecteurs non colinéaires u(α ; β ; γ) et v(α' ; β' ; γ') : deux paramètres t et s décrivent toute la surface.
Positions relatives de deux droites de l'espace
On considère la droite d de représentation paramétrique x = 2 + t, y = 1 − t, z = t (t ∈ ℝ) et le plan P d'équation x + y + z = 6. Démontrer que d et P sont sécants et déterminer les coordonnées de leur point d'intersection I.
La droite d a pour vecteur directeur u(1 ; −1 ; 1) et le plan P a pour vecteur normal n(1 ; 1 ; 1). On calcule n·u : s'il est nul, d est parallèle à P ; sinon, ils sont sécants.
On remplace x, y et z par leurs expressions en fonction de t dans x + y + z = 6.
On développe et on regroupe : 2 + t + 1 − t + t = 3 + t. L'équation devient 3 + t = 6, d'où t = 3.
On reporte t = 3 dans la paramétrisation de d.
Résultat : Comme n·u = 1 ≠ 0, le vecteur directeur de d n'est pas orthogonal au normal de P : la droite n'est pas parallèle au plan, donc d et P sont sécants. En injectant la paramétrisation dans l'équation du plan, on obtient t = 3, d'où le point d'intersection I(5 ; −2 ; 3). La méthode est toujours la même : tester d'abord n·u (nullité = parallélisme), puis résoudre l'équation en t.
Erreurs fréquentes
Révision active
On donne la droite d : x = 1 + 2t, y = −t, z = 3 + t (t ∈ ℝ) et le plan P d'équation x + y + z = 6. Déterminer si d et P sont sécants ; si oui, calculer les coordonnées de leur point d'intersection.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Géométrie de l'espace — ressources pour la classe terminale (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Produit scalaire : projection orthogonale et angle θ
Les deux expressions du produit scalaire
Égalité fondamentale : l'expression analytique (par coordonnées, en repère orthonormé) et l'expression géométrique (normes et angle) donnent le même nombre.
Norme d'un vecteur
La norme est la racine carrée du produit scalaire du vecteur par lui-même ; en repère orthonormé, c'est la racine de la somme des carrés des coordonnées.
Angle entre deux vecteurs
On isole le cosinus dans la définition géométrique pour obtenir l'angle entre deux vecteurs non nuls à partir de leurs coordonnées.
Angle entre deux vecteurs de l'espace
Dans un repère orthonormé, on donne u(1 ; 2 ; −2) et v(2 ; 0 ; 1). 1) Calculer u·v. 2) Calculer ‖u‖ et ‖v‖. 3) En déduire la valeur de cos θ, où θ est l'angle entre u et v, puis l'arrondi de θ au degré.
On applique u·v = xx' + yy' + zz' avec les coordonnées données.
Chaque norme est la racine de la somme des carrés des coordonnées.
On reporte dans cos θ = (u·v) / (‖u‖·‖v‖).
Un cosinus nul correspond à un angle droit.
Résultat : On obtient u·v = 0, ‖u‖ = 3 et ‖v‖ = √5, d'où cos θ = 0 et θ = 90°. Les vecteurs u et v sont orthogonaux : c'est le pivot de la section suivante (u·v = 0 ⇔ u ⊥ v).
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans un repère orthonormé, on donne u(2 ; −1 ; 3) et v(1 ; 4 ; 0). Calculer u·v, ‖u‖, ‖v‖, puis l'arrondi au degré de l'angle θ entre u et v.
Rappel actif
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Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale)
Droite orthogonale à un plan : le vecteur normal
Caractérisation de l'orthogonalité
Deux vecteurs (non nuls) sont orthogonaux exactement quand leur produit scalaire est nul : c'est l'outil de toutes les démonstrations d'orthogonalité.
Vecteur normal à un plan
Un vecteur est normal au plan dirigé par u et v (non colinéaires) lorsqu'il est orthogonal à ces deux vecteurs directeurs.
Plan défini par un point et un vecteur normal
Le plan passant par A de vecteur normal n est l'ensemble des points M tels que AM soit orthogonal à n.
Un plan P est dirigé par les vecteurs u(2 ; −1 ; 1) et v(1 ; 0 ; 3). Déterminer un vecteur normal n(a ; b ; c) à P.
Le vecteur n doit être orthogonal à u et à v, ce qui donne deux équations.
La deuxième équation donne a = −3c.
On reporte dans la première équation : 2(−3c) − b + c = 0, soit −6c − b + c = 0, donc b = −5c.
On prend c = 1 (un vecteur normal est défini à un coefficient près, on choisit le plus simple).
Résultat : Un vecteur normal à P est n(−3 ; −5 ; 1). Vérification : n·u = −6 + 5 + 1 = 0 et n·v = −3 + 0 + 3 = 0 ; n est bien orthogonal aux deux directeurs, donc normal au plan.
Erreurs fréquentes
Révision active
Un plan P est dirigé par u(1 ; 1 ; 0) et v(0 ; 1 ; 1). Déterminer un vecteur normal n(a ; b ; c) à P en résolvant u·n = 0 et v·n = 0, puis vérifier que n est bien orthogonal à u et à v.
Rappel actif
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Projeté orthogonal d'un point sur un plan et distance
Équation cartésienne d'un plan
Plan de vecteur normal n(a ; b ; c) passant par A : on développe l'équation vectorielle AM·n = 0 pour obtenir la forme cartésienne, avec d = −(a·x_A + b·y_A + c·z_A).
Vecteur normal lu sur l'équation
Les coefficients de x, y et z dans l'équation cartésienne sont exactement les coordonnées d'un vecteur normal au plan.
Distance d'un point à un plan
Distance du point M(x_M ; y_M ; z_M) au plan ax + by + cz + d = 0 : valeur absolue de l'équation évaluée en M, divisée par la norme du vecteur normal.
Dans un repère orthonormé, on considère le point A(1 ; 2 ; −1) et le vecteur n(2 ; −1 ; 2). 1) Déterminer une équation cartésienne du plan P passant par A et de vecteur normal n. 2) Soit M(3 ; 1 ; 3). Déterminer les coordonnées du projeté orthogonal H de M sur P. 3) En déduire la distance de M à P.
Le plan a pour équation 2(x − 1) − 1(y − 2) + 2(z + 1) = 0 ; on développe.
Le projeté H est sur la droite passant par M et dirigée par le normal n. On la paramètre.
On reporte dans 2x − y + 2z + 2 = 0 : 2(3 + 2t) − (1 − t) + 2(3 + 2t) + 2 = 0.
On reporte t = −13/9 dans la paramétrisation.
On applique d(M, P) = |2·3 − 1 + 2·3 + 2| / √(4 + 1 + 4).
Résultat : Le plan P a pour équation 2x − y + 2z + 2 = 0. Le projeté orthogonal de M(3 ; 1 ; 3) est H(1/9 ; 22/9 ; 1/9), et la distance de M à P vaut 13/3. On vérifie la cohérence : MH = |t|·‖n‖ = (13/9)·3 = 13/3, identique à la formule directe.
Dans un repère orthonormé, on considère la droite d passant par A(0 ; 0 ; 0) et de vecteur directeur u(1 ; 2 ; 2), ainsi que le point M(3 ; 0 ; 0). Déterminer les coordonnées du projeté orthogonal H de M sur d, puis calculer la distance de M à d.
Tout point H de d s'écrit H = A + t·u, donc H(t ; 2t ; 2t). Le projeté orthogonal cherché correspond à une valeur particulière de t.
H est le projeté orthogonal de M sur d lorsque le vecteur MH est orthogonal au vecteur directeur u, c'est-à-dire MH·u = 0 (de façon équivalente HM·u = 0).
On développe MH·u : (t − 3)·1 + 2t·2 + 2t·2 = t − 3 + 4t + 4t = 9t − 3. On annule : 9t − 3 = 0, donc t = 1/3.
On reporte t = 1/3 dans H(t ; 2t ; 2t).
La distance de M à d est la longueur MH, avec MH(1/3 − 3 ; 2/3 ; 2/3) = (−8/3 ; 2/3 ; 2/3).
Résultat : Le projeté orthogonal de M(3 ; 0 ; 0) sur la droite d est H(1/3 ; 2/3 ; 2/3), et la distance de M à d vaut MH = 2√2 ≈ 2,83. La méthode est générale : on écrit H = A + t·u, on traduit MH·u = 0 (le projeté est le point de d le plus proche de M), on en tire t, puis on mesure la longueur MH.
On part d'un point A et d'un vecteur normal n : ce sont les deux ingrédients qui suffisent à déterminer un plan dans l'espace.
Un point M appartient au plan exactement quand le vecteur AM est orthogonal à n, c'est-à-dire quand leur produit scalaire est nul.
On développe ce produit scalaire en coordonnées : on obtient l'équation cartésienne du plan, où les coefficients de x, y, z sont les coordonnées du vecteur normal.
Enfin, pour mesurer l'écart d'un point M au plan, on évalue le premier membre de l'équation en M, en valeur absolue, divisé par la norme du vecteur normal : c'est la distance de M au plan.
Erreurs fréquentes
Révision active
Soit P le plan d'équation 2x − y + 2z − 3 = 0 et le point M(1 ; 4 ; 2). Déterminer les coordonnées du projeté orthogonal H de M sur P, puis calculer la distance de M à P par les deux méthodes (longueur MH et formule directe).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie générale et technologique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol