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Cette fiche reprend et complète la dérivation : dérivées des fonctions usuelles, opérations (produit, quotient, composée, forme f(ax+b)), puis le lien entre le signe de la dérivée et les variations. On introduit ensuite la dérivée seconde, la convexité et la concavité, les points d'inflexion et la position d'une courbe par rapport à ses tangentes. Ces outils servent à dresser un tableau de variations rigoureux et à démontrer des inégalités classiques.
5sectionsca. 20min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtriser d'abord les dérivées usuelles, le produit et le quotient, puis le lien « signe de f′ ↔ variations » pour produire un tableau de variations correct.
niveau approfondi
Aller jusqu'à la dérivée seconde, la convexité et les points d'inflexion, et savoir s'en servir pour démontrer des inégalités (corde / tangente) comme dans les exercices à prise d'initiative.
Lesetiefe: Approfondi
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Le nombre dérivé comme limite des taux d'accroissement
Dérivée d'un produit
La dérivée d'un produit n'est jamais le produit des dérivées : on dérive l'un, on garde l'autre, puis on ajoute le terme symétrique.
Dérivée d'un quotient
Valable là où v ne s'annule pas. Le numérateur commence par u′v (le numérateur dérivé fois le dénominateur) ; le dénominateur est v².
Dérivées usuelles
Tableau de référence à connaître par cœur : il sert de brique de base à tous les calculs de dérivées.
Soit f définie sur ℝ par f(x) = (2x − 1) / (x² + 1). Calculer f′(x) et simplifier.
On pose u(x) = 2x − 1 et v(x) = x² + 1, dérivables sur ℝ. Alors u′(x) = 2 et v′(x) = 2x. Comme x² + 1 > 0, f est dérivable sur ℝ.
On reporte dans (u′v − uv′)/v² puis on développe le numérateur.
Le numérateur vaut 2x² + 2 − (4x² − 2x) = −2x² + 2x + 2.
Résultat : f′(x) = (−2x² + 2x + 2) / (x² + 1)². Le signe de f′ est celui du trinôme −2x² + 2x + 2 (le dénominateur est strictement positif), ce qui permettra d'étudier les variations.
Erreurs fréquentes
Révision active
Soit f(x) = (3x − 2) / (x² + 1). Calculer f′(x) en utilisant la formule du quotient et préciser l'ensemble de dérivabilité.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie générale et technologique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Schéma de la dérivation en chaîne
Dérivée d'une fonction composée
On dérive la fonction extérieure g, évaluée en u(x), puis on multiplie par la dérivée de la fonction intérieure u.
Dérivée de x ↦ f(ax + b)
Cas exigible : le coefficient a, dérivée de la partie affine intérieure, apparaît en facteur.
Deux composées fréquentes
À connaître : l'exponentielle composée garde la même forme au facteur a près ; le logarithme composé donne a sur (ax + b), sur l'intervalle où ax + b > 0.
Soit f définie sur ℝ par f(x) = (x + 2)·e^(−x). Calculer f′(x) et factoriser le résultat.
On a un produit u·v avec u(x) = x + 2 et v(x) = e^(−x). On dérivera v comme une composée e^(ax+b) avec a = −1.
On écrit f′ = u′v + uv′.
On met e^(−x) en facteur ; comme e^(−x) > 0, le signe de f′ est celui de (−x − 1).
Résultat : f′(x) = −(x + 1)·e^(−x). Comme e^(−x) > 0, f′(x) est du signe de −(x + 1) : f est croissante sur ]−∞ ; −1] puis décroissante sur [−1 ; +∞[, avec un maximum en x = −1.
Erreurs fréquentes
Révision active
Dériver chacune des fonctions suivantes : a) g(x) = e^(−0,5x + 1) ; b) h(x) = (x² − 4x)^3 ; c) k(x) = √(2x + 5) sur ]−5/2 ; +∞[.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale)
f(x) = x³ − 3x et sa tangente en 0
Équation de la tangente en a
Droite de coefficient directeur f′(a) passant par le point (a ; f(a)) de la courbe.
Signe de f′ et variations
Le sens de variation de f sur un intervalle se lit entièrement sur le signe de sa dérivée.
Soit f définie sur ℝ par f(x) = x³ − 3x. 1) Calculer f′(x) et étudier son signe. 2) Dresser le tableau de variations et donner les extremums. 3) Déterminer l'équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse 0.
f est un polynôme, dérivable sur ℝ. On dérive terme à terme.
Le trinôme 3(x − 1)(x + 1) s'annule en −1 et 1, est positif à l'extérieur des racines et négatif entre elles. Donc f′ > 0 sur ]−∞ ; −1[, f′ < 0 sur ]−1 ; 1[ et f′ > 0 sur ]1 ; +∞[.
f croît, décroît puis croît. En x = −1, f′ passe de + à − : maximum local f(−1) = −1 + 3 = 2. En x = 1, f′ passe de − à + : minimum local f(1) = 1 − 3 = −2.
On calcule f(0) = 0 et f′(0) = 3·0² − 3 = −3, puis on applique la formule de la tangente.
Résultat : f est croissante sur ]−∞ ; −1], décroissante sur [−1 ; 1], croissante sur [1 ; +∞[, avec un maximum local 2 en −1 et un minimum local −2 en 1. La tangente à la courbe au point d'abscisse 0 a pour équation y = −3x.
Erreurs fréquentes
Révision active
Soit f(x) = x³ − 3x sur ℝ. Calculer f′, dresser le tableau de variations, préciser les extremums, puis donner l'équation de la tangente à la courbe au point d'abscisse 0.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale)
Convexité : la courbe au-dessus de sa tangente
Convexité et signe de f″
Critère central : on calcule f″ et on lit la convexité directement sur son signe.
Lecture par la dérivée première
La convexité revient à dire que la pente de la courbe augmente le long de l'intervalle.
Une fonction concave : x ↦ ln x
Soit f deux fois dérivable sur un intervalle I, telle que f″ ≥ 0 sur I (f est convexe). Soit a un point de I et T la tangente à la courbe de f au point d'abscisse a. Démontrer que, pour tout x de I, la courbe de f est au-dessus de T, c'est-à-dire f(x) ≥ f′(a)(x − a) + f(a).
L'équation de T est y = f′(a)(x − a) + f(a). On étudie le signe de la fonction d définie sur I par d(x) = f(x) − [f′(a)(x − a) + f(a)], qui mesure l'écart vertical entre la courbe et sa tangente. Montrer que la courbe est au-dessus de T revient à montrer que d(x) ≥ 0 sur I.
La fonction d est dérivable sur I comme différence de fonctions dérivables. En dérivant par rapport à x (a est fixé), le terme f(a) disparaît et la dérivée de f′(a)(x − a) vaut f′(a).
Comme f″ ≥ 0 sur I, la dérivée f′ est croissante sur I. Donc : pour x ≥ a, f′(x) ≥ f′(a), d'où d′(x) ≥ 0 ; pour x ≤ a, f′(x) ≤ f′(a), d'où d′(x) ≤ 0. La fonction d est donc décroissante sur la partie de I à gauche de a et croissante à droite de a.
D'après ses variations, d admet un minimum sur I au point a. Or d(a) = f(a) − [f′(a)·0 + f(a)] = 0. Donc d(x) ≥ d(a) = 0 pour tout x de I : la courbe de f est au-dessus de sa tangente T.
Résultat : L'écart d(x) = f(x) − [f′(a)(x − a) + f(a)] a pour dérivée d′(x) = f′(x) − f′(a). La convexité (f″ ≥ 0) rend f′ croissante, donc d′ est négative avant a et positive après a : d atteint son minimum en a, où d(a) = 0. Ainsi d(x) ≥ 0 sur I, ce qui prouve que la courbe d'une fonction convexe est au-dessus de chacune de ses tangentes. (En remplaçant les inégalités par l'inégalité stricte, une fonction concave, pour laquelle f″ ≤ 0, est de même en dessous de ses tangentes.)
Soit f définie sur ℝ par f(x) = x³ − 3x. Déterminer les intervalles de convexité et de concavité de f.
On dérive deux fois le polynôme.
6x est négatif pour x < 0 et positif pour x > 0.
Là où f″ ≤ 0 la fonction est concave, là où f″ ≥ 0 elle est convexe.
Résultat : f est concave sur ]−∞ ; 0] et convexe sur [0 ; +∞[. Sur [0 ; +∞[ la courbe est donc au-dessus de chacune de ses tangentes ; sur ]−∞ ; 0] elle est en dessous. Le changement de convexité a lieu en x = 0.
Erreurs fréquentes
Révision active
Soit f(x) = x³ − 3x. Calculer f″(x), déterminer les intervalles de convexité et de concavité de f, puis préciser sur lequel la courbe est au-dessus de ses tangentes.
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Point d'inflexion de x ↦ x³
Caractérisation d'un point d'inflexion
La courbe change de convexité : la condition f″(a) = 0 est nécessaire mais doit s'accompagner d'un changement de signe de f″.
Inégalité de convexité
Conséquence directe de la convexité de l'exponentielle : la courbe est au-dessus de sa tangente en 0, d'équation y = 1 + x.
L'inégalité e^x ≥ 1 + x
On admet que la fonction exponentielle est convexe sur ℝ. 1) Déterminer l'équation de la tangente T à sa courbe au point d'abscisse 0. 2) En déduire que pour tout réel x, e^x ≥ 1 + x. 3) Retrouver le résultat en étudiant les variations de g(x) = e^x − 1 − x.
Pour f(x) = e^x, on a f(0) = 1 et f′(0) = e^0 = 1. La tangente en 0 a donc pour équation y = f′(0)(x − 0) + f(0).
Une fonction convexe a sa courbe située au-dessus de chacune de ses tangentes. Comme l'exponentielle est convexe, sa courbe est au-dessus de T.
Posons g(x) = e^x − 1 − x. Alors g′(x) = e^x − 1, négative pour x < 0 et positive pour x > 0 : g admet un minimum en 0, égal à g(0) = 0. Donc g(x) ≥ 0 partout.
Résultat : La tangente à la courbe de l'exponentielle en 0 est y = 1 + x ; la convexité place la courbe au-dessus de cette tangente, d'où e^x ≥ 1 + x pour tout réel x. L'étude de g(x) = e^x − 1 − x, de minimum nul en 0, confirme l'inégalité.
On part de la fonction exponentielle, dont on admet la convexité sur ℝ. L'objectif est d'encadrer la courbe par une droite simple.
On calcule la tangente au point d'abscisse 0 : la valeur f(0) = 1 et la pente f′(0) = 1 donnent l'équation y = 1 + x.
Comme une fonction convexe reste au-dessus de ses tangentes, la courbe de l'exponentielle est au-dessus de la droite y = 1 + x. On le visualise nettement sur le graphique.
e^x au-dessus de sa tangente
On conclut : pour tout réel x, e^x est supérieur ou égal à 1 + x, avec égalité seulement en x = 0. C'est une inégalité de convexité de référence.
Erreurs fréquentes
Révision active
On admet que la fonction exponentielle est convexe sur ℝ. En utilisant la tangente à sa courbe au point d'abscisse 0, démontrer que pour tout réel x, e^x ≥ 1 + x.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en mathématiques — voie générale et technologique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol