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Deuxième thème de l'année en spécialité HGGSP de terminale, « Faire la guerre, faire la paix » interroge les formes contemporaines des conflits (interétatiques, infra-étatiques, asymétriques, transnationaux) et les modèles de résolution et de construction de la paix. La fiche suit l'architecture officielle du programme : une introduction sur les formes de conflits et les tentatives de paix dans le monde actuel, un Axe 1 sur la dimension politique de la guerre (du modèle clausewitzien aux conflits irréguliers et transnationaux), un Axe 2 sur le défi de la construction de la paix (de la paix de Westphalie à l'ONU), et un objet de travail conclusif sur le Moyen-Orient, terrain de conflits régionaux et de tentatives de paix. Pleinement au programme de terminale, ce thème est évaluable à l'épreuve écrite (dissertation et étude critique de document(s)).
5sectionsca. 30min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d'abord le vocabulaire-clé (guerre, paix, conflit, violence, sécurité collective, guerre asymétrique, terrorisme) et une dizaine de repères datés sûrs (1648, 1832, 1919, 1945, 1948-1967-1973, 1991-2003, 2011, 2014) : c'est le socle exigible pour la dissertation comme pour l'étude de document.
niveau approfondi
Pour viser l'excellence, sachez confronter les modèles théoriques (Clausewitz, guerre asymétrique) à la réalité des conflits actuels et tenir ensemble les deux faces du thème — faire la guerre / faire la paix — en mesurant les limites de la construction de la paix, l'objet conclusif sur le Moyen-Orient servant d'étude de cas transversale qui réinvestit tout le thème.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Typologie des formes de conflits
« Comment ont évolué les formes de la guerre depuis 1945 ? » Construisez une réponse organisée appuyée sur des notions précises.
Depuis 1945, les grandes guerres entre armées régulières d'États souverains se sont raréfiées, sous l'effet de la dissuasion nucléaire, de l'interdépendance économique et de l'ordre fondé sur la Charte de l'ONU. La guerre de haute intensité entre puissances devient l'exception.
La forme dominante devient le conflit interne : guerres civiles, sécessions, affrontements entre un État et des groupes armés. Ces conflits frappent surtout les populations civiles et sont souvent longs, enchevêtrés et difficiles à résoudre.
Face à des armées puissantes, des combattants irréguliers (guérilla, insurgés) adoptent des tactiques non conventionnelles : embuscades, attentats, fusion avec la population. La supériorité matérielle ne garantit plus la victoire — c'est la guerre asymétrique.
Des acteurs non étatiques (réseaux djihadistes) opèrent par-delà les frontières, sans territoire stable. Le terrorisme international diffuse la conflictualité à l'échelle mondiale et brouille la distinction classique entre guerre et paix.
Résultat : Depuis 1945, la guerre a changé de visage : recul des conflits interétatiques classiques au profit de conflits infra-étatiques, asymétriques et transnationaux. La typologie des conflits doit donc tenir ensemble plusieurs critères (acteurs, logique militaire, échelle), car les formes de la violence se sont diversifiées et brouillées.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir de vos connaissances, rédigez le paragraphe d'introduction qui distingue et caractérise les grandes formes de conflits dans le monde actuel : opposez conflits interétatiques et infra-étatiques, puis conflits symétriques et asymétriques, intégrez la dimension transnationale du terrorisme, et annoncez la tension centrale du thème entre « faire la guerre » et « faire la paix ».
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HGGSP — classe terminale, voie générale (thème 2 : « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Clausewitz : la guerre, continuation de la politique
Du conflit régulier au terrorisme transnational
« Le modèle clausewitzien permet-il encore de penser les conflits contemporains ? » Construisez une réponse nuancée.
Dans « De la guerre » (1832), Clausewitz (1780-1832), théoricien de la guerre de Sept Ans et des guerres napoléoniennes, définit la guerre comme « la continuation de la politique par d'autres moyens » : un instrument au service d'un but politique, dont la montée aux extrêmes est bridée par la décision politique. La guerre est rationnelle et subordonnée au pouvoir.
Ce modèle décrit parfaitement les guerres interétatiques entre armées régulières, déclarées, conduites pour des buts définis et closes par un traité : la dimension politique y est manifeste, et le contrôle du pouvoir civil sur les militaires en est l'application.
Les « guerres irrégulières » (d'Al-Qaïda à Daech) et le terrorisme transnational échappent en partie au schéma : l'acteur n'est plus l'État (groupes armés, réseaux), il n'y a plus de front ni de fin nette, et la violence vise délibérément les civils (attentats du 11 septembre 2001). Le cadre se trouve débordé.
Pourtant, ces conflits restent politiques au sens de Clausewitz : Daech proclame un « califat » (2014), poursuit un projet politico-religieux et instrumentalise la violence à des fins de pouvoir. La leçon de fond — la guerre sert un but politique — demeure valable.
Résultat : Le modèle clausewitzien garde une grande valeur : il rappelle que toute guerre, même irrégulière ou terroriste, poursuit des buts politiques. Mais il doit être adapté, car les conflits contemporains déplacent l'acteur (au-delà de l'État), effacent le front et brouillent la fin du conflit. Confronter Clausewitz aux conflits actuels, c'est tenir cette permanence et ce déplacement.
Erreurs fréquentes
Révision active
Composez le plan détaillé d'une partie de dissertation répondant à : « En quoi la guerre garde-t-elle une dimension politique, des conflits interétatiques classiques aux menaces transnationales ? » Distinguez le modèle clausewitzien de la guerre régulière (guerre de Sept Ans, guerres napoléoniennes), la guerre asymétrique et irrégulière, puis le terrorisme transnational (d'Al-Qaïda à Daech), en nommant à chaque fois acteurs, buts politiques et repères précis.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 2, axe 1 : « La dimension politique de la guerre : des conflits interétatiques aux enjeux transnationaux ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Construire la paix (1648 → aujourd’hui)
L’ONU et la sécurité collective : modalités et limites
« Comment la communauté internationale tente-t-elle de construire la paix, et avec quelles limites ? » Construisez une réponse nuancée.
Les traités de Westphalie fondent un ordre interétatique : des États souverains, égaux en droit, sans autorité supérieure. La paix repose sur l'équilibre des puissances et le respect mutuel de la souveraineté. C'est la matrice des relations internationales modernes.
Après la Première Guerre mondiale, la SDN inaugure l'idée d'une organisation mondiale garante de la paix par le dialogue et la sanction de l'agresseur. Mais l'absence des États-Unis, la règle de l'unanimité et l'impuissance des années 1930 la condamnent à l'échec.
Tirant les leçons de cet échec, l'ONU interdit le recours à la force, confie la paix au Conseil de sécurité et déploie des opérations de maintien de la paix (casques bleus). Le jalon des mandats de Kofi Annan (1997-2006) illustre cette sécurité collective en action : essor des opérations de paix et « responsabilité de protéger », mais aussi limites tirées des échecs du Rwanda (1994) et de Srebrenica (1995). La sécurité collective devient une réalité institutionnelle mondiale, mais imparfaite.
Le droit de veto des cinq membres permanents peut paralyser le Conseil ; les casques bleus ont des moyens et des mandats limités ; et il n'existe pas de gendarme mondial. La paix reste tributaire de la volonté des grandes puissances.
Résultat : La construction de la paix a évolué d'un ordre westphalien fondé sur la souveraineté et l'équilibre (1648) vers une sécurité collective institutionnelle (SDN 1919, puis ONU 1945). Mais aucun modèle n'abolit les rapports de force : faute de force contraignante universelle, faire la paix demeure un défi permanent et inachevé.
Erreurs fréquentes
Révision active
Rédigez un paragraphe argumenté montrant comment la communauté internationale tente de construire la paix, tout en soulignant les limites de cette construction : appuyez-vous sur l'ordre westphalien (1648), l'échec de la SDN (1919), la création de l'ONU (1945), les actions de l'ONU sous les mandats de Kofi Annan (1997-2006), le rôle du Conseil de sécurité et des opérations de maintien de la paix, sans oublier le blocage que représente le droit de veto.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 2, axe 2 : « Le défi de la construction de la paix ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Le Moyen-Orient : un foyer de conflits (1948-2014)
Le Moyen-Orient : trois échelles d’acteurs
Vous disposez d'une carte représentant les principaux foyers de conflits au Moyen-Orient et les acteurs qui y interviennent. Montrez en quoi ce document illustre l'enchevêtrement des formes de conflits et des échelles d'acteurs, puis dégagez ses limites.
La carte localise une région stratégique — au carrefour de trois continents, riche en hydrocarbures, mosaïque de peuples et de religions — et figure ses foyers de conflits depuis 1948 : conflit israélo-palestinien, guerres du Golfe, guerre civile syrienne.
Le document montre que toutes les formes de conflits coexistent : interétatique (guerres israélo-arabes), infra-étatique (guerre civile syrienne depuis 2011), asymétrique et transnational (Daech et le califat de 2014). Le Moyen-Orient est un condensé du thème.
La carte fait apparaître trois niveaux : acteurs locaux (régimes, oppositions, groupes armés), puissances régionales (Iran, Turquie, Arabie saoudite, Israël) et puissances mondiales (États-Unis, Russie). Leur imbrication explique la durée des conflits.
Une carte simplifie : elle fige des situations mouvantes, ne dit pas toujours l'intensité ni les causes profondes, et reflète un point de vue. Elle montre les tentatives de paix (médiations, ONU) sans rendre compte de leur fragilité — à compléter par les connaissances.
Résultat : La carte des conflits au Moyen-Orient illustre un foyer où se croisent toutes les formes de conflits (interétatique, infra-étatique, asymétrique, transnational) et trois échelles d'acteurs (locale, régionale, mondiale). Lue de façon critique, elle révèle pourquoi la paix y est si difficile à construire : l'enchevêtrement des acteurs et des enjeux y déjoue les tentatives de résolution.
L'objet de travail conclusif du thème met le Moyen-Orient au centre : depuis 1948, cette région concentre toutes les formes de conflits et toutes les tentatives de paix. C'est l'étude de cas idéale, car elle réunit tout ce que nous avons vu dans les deux axes.
Le fil conducteur, c'est le conflit israélo-arabe puis israélo-palestinien : la création d'Israël en 1948, la guerre des Six Jours en 1967, la guerre du Kippour en 1973. Un conflit qui mêle dimension interétatique et question palestinienne.
Les guerres du Golfe montrent deux visages de la guerre. En 1991, une coalition mandatée par l'ONU libère le Koweït : un cas rare de sécurité collective. En 2003, l'intervention américaine en Irak, sans mandat de l'ONU, ouvre un long chaos.
Depuis 2011, la guerre civile syrienne internationalise le chaos : régime, oppositions, Kurdes, puissances étrangères. C'est là que Daech proclame son califat en 2014, combinant projet territorial, guerre asymétrique et terrorisme. La paix y reste un défi.
Erreurs fréquentes
Révision active
Préparez le plan détaillé d'une dissertation sur le sujet : « Le Moyen-Orient depuis 1948 : un foyer de conflits, un laboratoire des tentatives de paix. » Organisez votre démonstration en articulant les formes de conflits (interétatique, infra-étatique, asymétrique, transnational) et les tentatives de paix (médiations, ONU, diplomaties), en distinguant à chaque fois les acteurs locaux, régionaux et mondiaux, avec des repères datés et localisés précis.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (thème 2, OTC : « Le Moyen-Orient : conflits régionaux et tentatives de paix impliquant des acteurs internationaux (étatiques et non étatiques) ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité HGGSP de terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Structurer une dissertation : guerre et paix
« Faire la guerre, faire la paix : un même monde, deux mouvements indissociables ? » Dégagez une problématique et proposez un plan détaillé.
« Faire la guerre » = déclencher et conduire des conflits, sous leurs formes diverses (interétatique, infra-étatique, asymétrique, transnational). « Faire la paix » = mettre fin à la violence et construire un ordre durable. « Indissociables ? » invite à montrer le lien entre les deux, sans les confondre.
On peut poser : la diversification des formes de guerre rend-elle la construction de la paix plus difficile, et les deux mouvements sont-ils pensables séparément ? La réponse ne sera ni « tout guerre » ni « tout paix », mais une articulation des deux.
I. Des formes de conflits multiples et en mutation (interétatique, infra-étatique, asymétrique, terrorisme transnational ; le modèle clausewitzien revisité). II. Des tentatives et des modèles pour construire la paix (Westphalie, sécurité collective, SDN puis ONU, maintien de la paix). III. Une coexistence sous tension et les limites de la paix (le Moyen-Orient comme étude de cas).
Placer des dates et lieux sûrs dans chaque partie : 1832 (Clausewitz), 2014 (Daech) en I ; 1648, 1919, 1945 en II ; 1948-1967-1973, 1991-2003, 2011 (Moyen-Orient) en III. Nommer les acteurs : États, ONU, groupes armés non étatiques, puissances régionales et mondiales.
Résultat : Le sujet appelle un plan dialectique qui articule guerre et paix plutôt que de les opposer : I. les formes de conflits, II. les modèles et tentatives de paix, III. leur coexistence et les limites de la paix (étude de cas du Moyen-Orient). La problématique guide la démonstration et la conclusion y répond en montrant que faire la guerre et faire la paix sont deux faces d'un même monde, indissociables mais jamais réconciliées.
Erreurs fréquentes
Révision active
Entraînez-vous à problématiser : pour le sujet « Faire la guerre, faire la paix : un même monde, deux mouvements indissociables ? », rédigez une introduction complète (accroche, définition des termes, problématique, annonce de plan), puis proposez un plan détaillé en trois parties articulant les formes de conflits (Axe 1), la construction de la paix (Axe 2) et leurs limites (Moyen-Orient), en plaçant au moins trois repères datés précis.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HGGSP — terminale, voie générale (épreuve : dissertation et étude critique de document(s)) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Épreuve de spécialité HGGSP — définition et modalités (Éduscol) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l'Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale