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Fiches/SVT — Sciences de la vie et de la Terre/Le fonctionnement du système immunitaire
Fiches · SVT — Sciences de la vie et de la TerreFR · Bac

Le fonctionnement du système immunitaire

Approfondissement « Corps humain et santé » — ATTENTION : ce thème relève principalement de la spécialité de PREMIÈRE et N'EST PAS au programme propre de l'épreuve ÉCRITE de terminale. Il est réinvesti en terminale comme appui des enjeux de santé (notamment l'immunité face au stress) et il est tout à fait mobilisable au Grand oral. La fiche distingue donc l'immunité INNÉE (réaction inflammatoire aiguë, rapide, non spécifique, sans mémoire) de l'immunité ADAPTATIVE (reconnaissance spécifique de l'antigène, lymphocytes B et T, sélection clonale, mémoire immunitaire), et relie cette mémoire à la vaccination et aux anticorps monoclonaux.

4 sections·~21 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·0999 / 9
Profil d’examen
Approfondissement — hors épreuve écrite de terminale (spécialité de première, réinvesti pour les enjeux de santé et mobilisable au Grand oral) : identifier les acteurs et les étapes de la réaction inflammatoire aiguë (immunité innée)Approfondissement — hors épreuve écrite de terminale : distinguer immunité innée et immunité adaptative et relier la notion d'antigène à la reconnaissance spécifique par les lymphocytes B (réponse humorale) et T (réponse cellulaire)Approfondissement — hors épreuve écrite de terminale : schématiser la sélection clonale, la coopération cellulaire (cellules présentatrices d'antigène, lymphocytes T auxiliaires LT4) et la formation des cellules mémoireApprofondissement — hors épreuve écrite de terminale : relier la mémoire immunitaire au principe de la vaccination (réponse secondaire) et à l'usage thérapeutique des anticorps monoclonaux
Opérateurs :identifierdistinguerschématiserexpliquerrelierinterpréterargumenterjustifier

niveau de base

Savoir distinguer immunité innée (réaction inflammatoire : rougeur, chaleur, gonflement, douleur ; phagocytose ; rapide et non spécifique) et immunité adaptative (spécifique d'un antigène, lymphocytes B/T, dotée d'une mémoire), et relier la mémoire immunitaire au principe de la vaccination.

niveau approfondi

Articuler les acteurs cellulaires et moléculaires d'une réponse adaptative complète (CPA → LT4 → amplification des LB et LT8, anticorps et LT cytotoxiques), exploiter des données expérimentales (électrophorèse, tests immunologiques, cinétiques d'anticorps) pour caractériser une réponse primaire ou secondaire, et discuter les applications (vaccination, sérothérapie, anticorps monoclonaux) en gardant à l'esprit que ce contenu est un appui de PREMIÈRE, non un attendu de l'écrit de terminale.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

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Sommaire · 4 sections▾
  1. Le fonctionnement du système immunitaire
    • 01L'immunité innée : la réaction inflammatoire aiguë○
    • 02L'immunité adaptative : reconnaissance de l'antigène, lymphocytes B et T◐
    • 03Sélection clonale, coopération cellulaire et mémoire immunitaire●
    • 04Mémoire immunitaire en action : vaccination et anticorps monoclonaux◐
§ 01

L'immunité innée : la réaction inflammatoire aiguë#

●○○BaseLPeduscol-programme-svt

Les étapes de la réaction inflammatoire aiguë

Les étapes de la réaction inflammatoire aiguëGraphe, Infection / lésion → Cellules sentinelles (reconnaissance), Cellules sentinelles (reconnaissance) → Médiateurs (histamine), Médiateurs (histamine) → Signes inflammatoires, Signes inflammatoires → Afflux de phagocytes → phagocytose, Afflux de phagocytes → phagocytose → Élimination puis réparationInfection /lésionCellulessentinelles(reconnaissance)Médiateurs(histamine)SignesinflammatoiresAfflux dephagocytes →phagocytoseÉlimination puisréparation
Fig. 1L'infection est reconnue par les cellules sentinelles, qui libèrent des médiateurs (histamine) ; il en résulte les quatre signes (rougeur, chaleur, gonflement, douleur), l'afflux de phagocytes et la réparation.

Points clés

L'immunité innée est la première ligne de défense de l'organisme : elle est RAPIDE (en quelques minutes à quelques heures), NON SPÉCIFIQUE (elle réagit de la même façon à des agresseurs très différents : bactéries, virus, lésion) et SANS MÉMOIRE (sa rapidité et son intensité ne changent pas avec les rencontres répétées). Elle est présente dès la naissance et partagée par de très nombreux animaux.
Sa manifestation type est la réaction inflammatoire aiguë, reconnaissable à quatre symptômes locaux : ROUGEUR, CHALEUR, GONFLEMENT (œdème) et DOULEUR. Ces symptômes traduisent les modifications locales des vaisseaux et l'afflux de cellules immunitaires au niveau de la zone infectée ou lésée.
Les cellules sentinelles présentes dans les tissus (notamment les MASTOCYTES et les phagocytes résidents comme les macrophages) détectent l'agression grâce à des récepteurs qui reconnaissent des motifs moléculaires communs à de nombreux micro-organismes. Elles libèrent alors des MÉDIATEURS CHIMIQUES de l'inflammation (par exemple l'histamine et des cytokines) qui déclenchent et coordonnent la réaction.
Ces médiateurs provoquent une VASODILATATION (les vaisseaux s'élargissent : rougeur et chaleur) et une augmentation de la perméabilité des capillaires (sortie de plasma vers les tissus : œdème, gonflement). Ils attirent les cellules immunitaires circulantes, en particulier les PHAGOCYTES (granulocytes, monocytes/macrophages), qui traversent la paroi des vaisseaux par DIAPÉDÈSE pour gagner le foyer infectieux.
Sur place, les phagocytes éliminent les éléments étrangers par PHAGOCYTOSE, en quatre temps : adhésion à l'agent, ingestion dans une vacuole (le phagosome), digestion par les enzymes des lysosomes, puis rejet des débris. La réaction inflammatoire prépare aussi l'immunité adaptative : les cellules dendritiques, après avoir phagocyté, deviennent des cellules présentatrices d'antigène (voir section suivante).
Exemple corrigé

Relier les symptômes de l'inflammation à leurs mécanismes

Une écharde provoque, autour de la plaie, une zone rouge, chaude, gonflée et douloureuse, puis l'apparition de pus. (a) Nommer cette réaction et son type d'immunité. (b) Associer chaque symptôme à son mécanisme. (c) Décrire les quatre étapes de la phagocytose et expliquer l'origine du pus. (d) Justifier les trois caractères de cette immunité.

  1. 01Nature de la réaction

    Il s'agit d'une réaction inflammatoire aiguë, manifestation de l'immunité INNÉE : la première ligne de défense, déclenchée immédiatement après l'agression.

  2. 02Symptômes et mécanismes

    Détection de l'agression par des cellules sentinelles (mastocytes) qui libèrent des médiateurs (histamine, cytokines). Ces médiateurs provoquent : la VASODILATATION → afflux de sang → rougeur et chaleur ; l'augmentation de la PERMÉABILITÉ des capillaires → sortie de plasma → gonflement (œdème) ; l'action sur les terminaisons nerveuses → douleur.

  3. 03Phagocytose (4 étapes)

    Les phagocytes, attirés sur le site, réalisent : (1) ADHÉSION à la bactérie ; (2) INGESTION dans une vacuole (phagosome) ; (3) DIGESTION par les enzymes des lysosomes ; (4) REJET des débris. Le pus est constitué de phagocytes et de débris cellulaires accumulés au foyer infectieux.

  4. 04Trois caractères

    Rapide (déclenchée en quelques minutes/heures) ; non spécifique (mêmes mécanismes quel que soit l'agresseur) ; sans mémoire (une nouvelle écharde déclenchera une réaction identique, ni plus rapide ni plus forte).

Résultat : C'est une réaction inflammatoire aiguë de l'immunité innée. Les médiateurs libérés par les cellules sentinelles provoquent vasodilatation (rougeur, chaleur), perméabilité accrue (gonflement) et douleur ; les phagocytes attirés détruisent l'agent par phagocytose (adhésion, ingestion, digestion, rejet — le pus en résulte). Cette défense est rapide, non spécifique et sans mémoire.

Objectif Bac

  • Objectif (appui de première, mobilisable au Grand oral) : relier chacun des quatre symptômes de l'inflammation (rougeur, chaleur, gonflement, douleur) au mécanisme correspondant (vasodilatation, augmentation de la perméabilité, action des médiateurs sur les terminaisons nerveuses).
  • Objectif : schématiser et nommer dans l'ordre les étapes de la réaction inflammatoire (détection par les cellules sentinelles → libération de médiateurs → vasodilatation et diapédèse → phagocytose), et caractériser l'immunité innée comme rapide, non spécifique et sans mémoire.

Erreurs fréquentes

  • Confondre « non spécifique » et « inefficace » : l'immunité innée est non spécifique mais redoutablement efficace et indispensable ; elle suffit souvent à elle seule à éliminer l'agresseur et déclenche, le cas échéant, l'immunité adaptative.
  • Croire que l'inflammation est seulement un dérèglement à combattre : la réaction inflammatoire aiguë est une réponse de défense NORMALE et utile ; ses symptômes sont la signature des mécanismes de défense (afflux de cellules et de molécules sur le site infecté).

Révision active

Après une écharde plantée dans un doigt, la zone devient rapidement rouge, chaude, gonflée et douloureuse, puis un peu de pus apparaît. (a) Nommer cette réaction et préciser à quel type d'immunité elle appartient. (b) Pour chacun des quatre symptômes, indiquer le mécanisme qui en est responsable. (c) Expliquer l'origine du pus en décrivant les étapes de la phagocytose. (d) Justifier que cette réaction soit qualifiée de rapide, non spécifique et sans mémoire.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT — thème « Corps humain et santé », Le fonctionnement du système immunitaire (spécialité de première, réinvesti en terminale) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 02

L'immunité adaptative : reconnaissance de l'antigène, lymphocytes B et T#

●●○StandardLPeduscol-programme-svt

Structure d'un anticorps (immunoglobuline)

Structure d'un anticorps (immunoglobuline)Schéma avec 9 éléments, site de fixation à l'antigène, site de fixation, chaînes lourdes, chaîne légèresite de fixationà l'antigènesite de fixationchaînes lourdeschaîne légère
Fig. 2L'anticorps a une forme en Y : deux chaînes lourdes et deux chaînes légères ; les extrémités des bras portent deux sites de fixation spécifiques de l'antigène.

Points clés

Lorsque l'immunité innée ne suffit pas, une immunité ADAPTATIVE se met en place : plus LENTE à se déclencher (quelques jours), elle est SPÉCIFIQUE d'un antigène donné et dotée d'une MÉMOIRE. Ses acteurs sont les lymphocytes, globules blancs produits dans la moelle osseuse et maturés soit dans la moelle (lymphocytes B), soit dans le thymus (lymphocytes T).
Un ANTIGÈNE est une molécule (souvent à la surface d'un agent étranger : protéine, fragment de paroi bactérienne, protéine virale) reconnue spécifiquement par le système immunitaire adaptatif. Chaque lymphocyte porte des récepteurs membranaires de UN SEUL type, capables de reconnaître un seul antigène (un seul déterminant antigénique) : la diversité des lymphocytes assure la reconnaissance d'une immense variété d'antigènes.
La réponse adaptative HUMORALE est assurée par les lymphocytes B (LB) : une fois activés et différenciés en plasmocytes, ils sécrètent des ANTICORPS. Un anticorps est une protéine en forme de Y possédant deux sites de fixation spécifiques de l'antigène. En se fixant sur l'antigène, les anticorps forment des complexes immuns qui neutralisent l'agent et favorisent sa phagocytose : ils agissent dans les liquides de l'organisme (sang, lymphe), d'où le terme « humoral ».
La réponse adaptative CELLULAIRE est assurée par les lymphocytes T cytotoxiques (LT8, ou LTc) : ils reconnaissent et détruisent par contact les cellules de l'organisme infectées (par exemple par un virus) ou anormales, en provoquant leur mort. Cette réponse est essentielle contre les agents qui se cachent à l'intérieur des cellules, hors de portée des anticorps.
RAPPEL DE PREMIÈRE (point de vigilance) : la simple présence d'un antigène ne suffit pas ; l'activation complète des lymphocytes requiert leur reconnaissance spécifique ET une coopération cellulaire (cellules présentatrices d'antigène et lymphocytes T auxiliaires), traitée dans la section suivante. On distingue donc deux voies complémentaires : humorale (LB → anticorps, contre les agents extracellulaires) et cellulaire (LT cytotoxiques, contre les cellules infectées).

Deux voies de l'immunité adaptative : humorale et cellulaire

Deux voies de l'immunité adaptativeGraphe, Antigène → Lymphocytes B, Lymphocytes B → Plasmocytes → anticorps, Antigène → Lymphocytes T CD8, Lymphocytes T CD8 → LT cytotoxiquesAntigèneLymphocytes BPlasmocytes →anticorpsLymphocytes TCD8LT cytotoxiquesvoie humoralevoiecellulaire
Fig. 3L'antigène déclenche deux voies : la voie humorale (lymphocytes B → plasmocytes → anticorps) et la voie cellulaire (lymphocytes T CD8 → LT cytotoxiques détruisant les cellules infectées).
Exemple corrigé

Choisir la voie adaptative adaptée : humorale ou cellulaire

Situation A : une bactérie se multiplie dans le plasma sanguin. Situation B : un virus s'est répliqué à l'intérieur de cellules de l'organisme. (a) Pour chaque situation, indiquer la voie adaptative la mieux adaptée et nommer les cellules effectrices. (b) Décrire comment un anticorps agit sur l'antigène. (c) Expliquer pourquoi les anticorps ne suffisent pas dans la situation B.

  1. 01Situation A — voie humorale

    La bactérie est extracellulaire, dans un liquide (sang) : la réponse HUMORALE est adaptée. Les lymphocytes B activés se différencient en plasmocytes qui sécrètent des anticorps spécifiques.

  2. 02Action des anticorps

    Chaque anticorps en Y possède deux sites de fixation spécifiques de l'antigène. Il se fixe sur les antigènes de la bactérie et forme des complexes immuns : l'agent est neutralisé (immobilisé, aggloméré) et marqué pour être plus facilement phagocyté.

  3. 03Situation B — voie cellulaire

    Le virus se cache à l'INTÉRIEUR des cellules, hors d'atteinte des anticorps qui circulent dans les liquides. La réponse CELLULAIRE est nécessaire : les lymphocytes T cytotoxiques (LT8) reconnaissent les cellules infectées et les détruisent par contact.

  4. 04Limite des anticorps en B

    Les anticorps n'agissent que sur des antigènes libres ou de surface, dans les liquides ; ils ne pénètrent pas dans les cellules. Ils ne peuvent donc pas atteindre un virus déjà intracellulaire — d'où le rôle indispensable des LT cytotoxiques.

Résultat : Situation A (bactérie extracellulaire) → voie humorale : plasmocytes et anticorps qui neutralisent l'antigène et forment des complexes immuns. Situation B (virus intracellulaire) → voie cellulaire : LT cytotoxiques détruisant les cellules infectées. Les anticorps, actifs seulement dans les liquides, ne peuvent atteindre un virus caché dans les cellules.

Objectif Bac

  • Objectif (appui de première, mobilisable au Grand oral) : distinguer l'immunité innée et l'immunité adaptative selon trois critères (rapidité, spécificité, mémoire) et associer chaque réponse adaptative à ses acteurs (LB et anticorps pour la voie humorale ; LT cytotoxiques pour la voie cellulaire).
  • Objectif : à partir de la structure d'un anticorps (molécule en Y, deux sites spécifiques), expliquer la formation des complexes immuns et la neutralisation de l'antigène ; justifier qu'une réponse cellulaire (LT cytotoxiques) soit nécessaire contre une cellule infectée par un virus.

Erreurs fréquentes

  • Dire que « les lymphocytes B produisent des anticorps » sans précision : ce sont les LB DIFFÉRENCIÉS en PLASMOCYTES (après activation) qui sécrètent les anticorps ; le LB non activé porte seulement des récepteurs membranaires.
  • Penser que les anticorps détruisent directement les cellules infectées : les anticorps agissent dans les liquides sur les antigènes LIBRES ou de surface (neutralisation, marquage pour la phagocytose) ; ce sont les LT CYTOTOXIQUES qui détruisent les cellules infectées de l'organisme.

Révision active

On dispose de deux situations. Situation A : une bactérie circule librement dans le sang. Situation B : un virus s'est multiplié à l'intérieur de cellules de l'organisme. (a) Indiquer, pour chaque situation, quelle voie de l'immunité adaptative (humorale ou cellulaire) est la mieux adaptée et nommer les cellules effectrices. (b) Schématiser un anticorps en Y, légender ses deux sites de fixation et représenter la formation d'un complexe immun avec un antigène. (c) Expliquer pourquoi les anticorps seuls ne peuvent pas éliminer le virus de la situation B.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT — thème « Corps humain et santé », Le fonctionnement du système immunitaire (spécialité de première, réinvesti en terminale) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 03

Sélection clonale, coopération cellulaire et mémoire immunitaire#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-svt

Sélection clonale, coopération et mémoire immunitaire

Sélection clonale, coopération et mémoireGraphe, Antigène → Sélection du lymphocyte spécifique, Coopération : LT CD4 (interleukines) → Amplification clonale, Sélection du lymphocyte spécifique → Amplification clonale, Amplification clonale → Cellules effectrices, Amplification clonale → Cellules mémoire (réponse rapide)AntigèneSélection dulymphocytespécifiqueCoopération : LTCD4(interleukines)AmplificationclonaleCelluleseffectricesCellules mémoire(réponse rapide)stimulation
Fig. 4L'antigène sélectionne le lymphocyte qui le reconnaît ; stimulé par la coopération des LT CD4, ce lymphocyte s'amplifie en un clone donnant des cellules effectrices et des cellules mémoire.

Points clés

L'organisme dispose en permanence d'un immense répertoire de lymphocytes, chacun porteur d'un récepteur capable de reconnaître UN antigène différent. Lors d'une infection, l'antigène ne crée pas de lymphocyte « sur mesure » : il SÉLECTIONNE, parmi les lymphocytes préexistants, les rares qui possèdent justement le bon récepteur. C'est la SÉLECTION CLONALE.
Les lymphocytes sélectionnés sont ensuite ACTIVÉS, puis ils se multiplient intensément (amplification clonale) : chaque lymphocyte sélectionné engendre un clone, c'est-à-dire une population de cellules toutes identiques et spécifiques du même antigène. Cette amplification explique le délai de quelques jours de la réponse adaptative (le temps de multiplier les bons lymphocytes).
Les lymphocytes amplifiés se DIFFÉRENCIENT en cellules effectrices : les LB en PLASMOCYTES sécréteurs d'anticorps, les LT8 en LT CYTOTOXIQUES. Cette mise en place exige une COOPÉRATION cellulaire : les cellules présentatrices d'antigène (CPA, par exemple les cellules dendritiques issues de l'immunité innée) présentent l'antigène, et les lymphocytes T auxiliaires (LT4, ou LT « helper ») activés sécrètent des messagers chimiques (interleukines) qui stimulent l'amplification et la différenciation des LB et des LT8. Les LT4 sont au cœur du déclenchement de la réponse adaptative.
Une partie des lymphocytes sélectionnés et amplifiés ne devient pas effectrice mais se différencie en CELLULES MÉMOIRE (LB et LT mémoire), qui persistent longtemps dans l'organisme après l'élimination de l'agent. C'est la base de la MÉMOIRE IMMUNITAIRE : l'organisme « garde la trace » des antigènes déjà rencontrés.
Conséquence d'une seconde rencontre avec le même antigène : la réponse SECONDAIRE est plus RAPIDE, plus INTENSE et plus DURABLE que la réponse primaire, car les cellules mémoire sont déjà nombreuses et prêtes à réagir. Cette différence primaire/secondaire est le fondement de la vaccination (section suivante). Point de santé (lien avec le SIDA) : le VIH infecte et détruit les LT4 ; en privant le système immunitaire de ces cellules pivots, il désorganise toute la réponse adaptative.
Exemple corrigé

Expliquer une réponse adaptative par la sélection clonale et la coopération

On injecte à une souris un antigène X jamais rencontré. (a) Pourquoi seuls quelques lymphocytes prolifèrent-ils ? (b) Quel est le rôle des CPA et des LT4 ? (c) Que deviennent les lymphocytes amplifiés ? (d) Pourquoi une seconde injection de X provoquera-t-elle une réponse plus rapide et plus forte ?

  1. 01Sélection clonale

    Le répertoire contient déjà des lymphocytes de toutes spécificités. L'antigène X ne reconnaît que les rares lymphocytes dont le récepteur lui est complémentaire : il les SÉLECTIONNE. Seuls ces lymphocytes sont activés et prolifèrent — les autres restent inactifs.

  2. 02Coopération (CPA + LT4)

    Les cellules présentatrices d'antigène (issues de l'immunité innée) présentent X et activent les LT4. Les LT4 activés sécrètent des interleukines, messagers qui stimulent l'amplification (multiplication) et la différenciation des lymphocytes B et T8 sélectionnés : c'est le déclencheur de la réponse.

  3. 03Devenir des lymphocytes amplifiés

    Chaque lymphocyte sélectionné engendre un CLONE identique. Une partie se différencie en cellules EFFECTRICES (plasmocytes sécréteurs d'anticorps ; LT cytotoxiques) qui éliminent X ; une autre partie devient des cellules MÉMOIRE, qui persistent longtemps.

  4. 04Réponse secondaire

    Lors d'une seconde injection de X, les cellules mémoire spécifiques, déjà nombreuses, sont immédiatement réactivées. La réponse secondaire est donc plus RAPIDE, plus INTENSE et plus DURABLE que la primaire : c'est la mémoire immunitaire.

Résultat : L'antigène sélectionne les lymphocytes préexistants au bon récepteur (sélection clonale) ; les CPA et les LT4 (via les interleukines) amplifient et différencient ces lymphocytes en cellules effectrices (plasmocytes, LT cytotoxiques) et en cellules mémoire. La persistance des cellules mémoire explique qu'une seconde rencontre déclenche une réponse secondaire plus rapide et plus intense.

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    Face à un antigène, l'organisme ne fabrique pas un lymphocyte sur mesure : il possède déjà un immense répertoire de lymphocytes, chacun reconnaissant un antigène différent. L'antigène se contente de SÉLECTIONNER les rares lymphocytes au bon récepteur. C'est la sélection clonale.

  2. 2

    Cette sélection ne suffit pas : il faut une coopération. Les cellules présentatrices d'antigène montrent l'antigène, et les lymphocytes T auxiliaires, les LT4, sécrètent des interleukines qui stimulent la multiplication et la différenciation des lymphocytes sélectionnés.

  3. 3

    Les lymphocytes amplifiés se différencient : la plupart deviennent des cellules effectrices — plasmocytes sécréteurs d'anticorps et lymphocytes T cytotoxiques — qui éliminent l'agresseur. Mais une partie devient des cellules mémoire, qui persistent longtemps dans l'organisme.

  4. 4

    Ces cellules mémoire sont la clé : lors d'une seconde rencontre avec le même antigène, elles déclenchent une réponse secondaire bien plus rapide et plus intense que la première. C'est précisément ce que la vaccination cherche à provoquer sans la maladie.

Objectif Bac

  • Objectif (appui de première, mobilisable au Grand oral) : schématiser la sélection clonale et l'amplification (un antigène sélectionne les lymphocytes au bon récepteur, qui se multiplient en clones puis se différencient en cellules effectrices et en cellules mémoire).
  • Objectif : expliquer la coopération cellulaire (rôle des CPA et des LT4 sécréteurs d'interleukines) et relier la persistance des cellules mémoire à une réponse secondaire plus rapide et plus intense.

Erreurs fréquentes

  • Croire que l'antigène « fabrique » ou « modifie » un lymphocyte pour le rendre spécifique : les lymphocytes spécifiques préexistent ; l'antigène ne fait que SÉLECTIONNER puis amplifier les bons (sélection clonale), il ne crée aucune spécificité nouvelle.
  • Oublier le rôle pivot des LT4 : sans la coopération des LT4 (et la présentation de l'antigène par les CPA), la réponse adaptative ne s'amplifie pas correctement — c'est précisément la destruction des LT4 par le VIH qui effondre l'immunité dans le SIDA.

Révision active

On injecte à une souris un antigène X. (a) Expliquer, à l'aide du concept de sélection clonale, pourquoi seuls certains lymphocytes prolifèrent. (b) Préciser le rôle des cellules présentatrices d'antigène et des LT4 dans l'amplification de la réponse. (c) Indiquer le devenir des lymphocytes amplifiés (cellules effectrices et cellules mémoire). (d) En déduire pourquoi une seconde injection du même antigène X déclenchera une réponse plus rapide et plus intense.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT — thème « Corps humain et santé », Le fonctionnement du système immunitaire (spécialité de première, réinvesti en terminale) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

§ 04

Mémoire immunitaire en action : vaccination et anticorps monoclonaux#

●●○StandardLPeduscol-programme-svt

Cinétique des anticorps : réponse primaire et réponse secondaire après un rappel

Réponse primaire vs réponse secondaire (vaccination + rappel)Courbe de réponse primaire, maximum en (14, 22), ordonnée à l’origine y = 0.032, sur l’intervalle x de 0 à 30, Courbe de réponse secondaire, maximum en (40, 90), sur l’intervalle x de 30 à 6010203040506020406080100pic primairepic secondaire1re injectionrappelréponse primaireréponsesecondaireanticorps (unités arbitraires)temps (jours)
Fig. 5Le pic primaire (1re injection) est faible et tardif ; le pic secondaire (après le rappel) est élevé, rapide et durable — c'est la mémoire immunitaire.

Points clés

La vaccination exploite la mémoire immunitaire : on introduit dans l'organisme un antigène rendu inoffensif (agent atténué ou inactivé, fragment antigénique, parfois molécule porteuse de l'information de l'antigène) qui déclenche une réponse PRIMAIRE sans provoquer la maladie. Cette réponse primaire engendre des cellules mémoire spécifiques.
Lors d'un contact ultérieur avec l'agent pathogène réel, ces cellules mémoire déclenchent une réponse SECONDAIRE plus rapide, plus intense et plus durable, capable d'éliminer l'agent avant l'apparition des symptômes. La vaccination confère ainsi une immunité ACTIVE (l'organisme produit lui-même ses lymphocytes mémoire et ses anticorps) et durable.
Le suivi d'une vaccination par la mesure de la quantité d'anticorps dans le sang met en évidence la différence primaire/secondaire : après la première injection, le taux d'anticorps monte lentement, faiblement, puis redescend ; après un rappel (deuxième injection), il monte beaucoup plus vite, beaucoup plus haut, et reste élevé plus longtemps. C'est l'effet des rappels. On exploite pour cela des données expérimentales variées : cinétiques de concentration d'anticorps, tests immunologiques (par exemple un test ELISA, qui détecte un antigène ou un anticorps grâce à des anticorps spécifiques), ou électrophorèse des protéines du sérum (les anticorps, ou immunoglobulines, migrent dans la fraction des gamma-globulines, dont l'intensité augmente lors d'une réponse adaptative).
Il faut distinguer la vaccination (immunité ACTIVE, lente à s'installer mais durable, car l'organisme fabrique sa propre mémoire) de la sérothérapie (injection directe d'anticorps tout prêts : immunité PASSIVE, immédiate mais transitoire, sans mémoire, car l'organisme n'a rien produit lui-même). On vaccine pour PRÉVENIR ; on a recours au sérum pour traiter en urgence.
Les anticorps MONOCLONAUX sont une application thérapeutique et diagnostique : ce sont des anticorps tous identiques, dirigés contre un seul antigène précis (issus d'un seul clone). On les utilise pour cibler spécifiquement une molécule (par exemple un marqueur de cellules cancéreuses, une molécule de l'inflammation) ou pour détecter un antigène (tests de diagnostic, comme les tests de grossesse ou certains tests rapides d'infection). Le système immunitaire est ainsi un enjeu majeur de santé.

Vaccination (immunité active) et sérothérapie (passive)

Vaccination (immunité active) et sérothérapie (passive)Tableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Vaccination · Sérothérapie; Apport · antigène · anticorps; Immunité · active, lente · passive, immédiate; Mémoire · oui (durable) · nonVACCINATIONSÉROTHÉRAPIEAPPORTantigèneanticorpsIMMUNITÉactive, lentepassive, immédiateMÉMOIREoui (durable)nonLe vaccin fait produire ses propres anticorps et installeune mémoire ; le sérum apporte des anticorps tout faits,efficaces aussitôt mais sans mémoire.
Fig. 6Le vaccin apporte un antigène : l'organisme fabrique ses propres anticorps et garde une mémoire (immunité active, durable). Le sérum apporte des anticorps tout faits : protection immédiate mais sans mémoire (immunité passive).
Exemple corrigé

Interpréter une courbe de réponse vaccinale (primaire / secondaire)

On mesure la concentration sanguine d'anticorps spécifiques après une première injection vaccinale (jour 0) puis un rappel (jour 30). Après la première injection, le taux monte lentement, atteint un faible pic vers le jour 14, puis redescend. Après le rappel, le taux monte beaucoup plus vite, atteint un pic bien plus élevé vers le jour 37, et reste élevé plus longtemps. (a) Nommer les deux réponses. (b) Comparer leurs caractéristiques. (c) Expliquer la différence par la mémoire immunitaire. (d) En quoi la sérothérapie diffère-t-elle de cette protection ?

  1. 01Identification des réponses

    La montée lente et faible après la première injection est la réponse PRIMAIRE (premier contact avec l'antigène). La montée rapide et forte après le rappel est la réponse SECONDAIRE (second contact avec le même antigène).

  2. 02Comparaison

    La réponse secondaire est plus RAPIDE (délai plus court), plus INTENSE (pic d'anticorps bien plus élevé) et plus DURABLE (taux élevé maintenu plus longtemps) que la réponse primaire.

  3. 03Rôle de la mémoire

    La première injection a engendré des cellules MÉMOIRE spécifiques, qui persistent. Lors du rappel, ces cellules, déjà nombreuses et prêtes, sont immédiatement réactivées : d'où une réponse secondaire bien plus efficace. C'est le but du rappel — renforcer et prolonger l'immunité.

  4. 04Vaccination vs sérothérapie

    Ici, l'organisme produit lui-même ses anticorps et sa mémoire : c'est une immunité ACTIVE et durable. La sérothérapie, au contraire, injecte directement des anticorps tout prêts : protection IMMÉDIATE mais PASSIVE, transitoire et sans mémoire (aucune cellule mémoire n'est formée).

Résultat : La courbe montre une réponse primaire (lente, faible, transitoire) puis une réponse secondaire (rapide, intense, durable) après le rappel : c'est l'effet des cellules mémoire formées lors du premier contact. La vaccination confère une immunité active durable (avec mémoire), à la différence de la sérothérapie qui apporte une immunité passive immédiate mais transitoire, sans mémoire.

Objectif Bac

  • Objectif (appui de première, mobilisable au Grand oral) : à partir d'une courbe de cinétique des anticorps, identifier la réponse primaire et la réponse secondaire, et relier la réponse secondaire (plus rapide et plus intense) à la mémoire immunitaire et au principe de la vaccination (rappels).
  • Objectif : distinguer immunité active (vaccination) et immunité passive (sérothérapie), et expliquer l'intérêt des anticorps monoclonaux (cibler ou détecter un seul antigène).
  • Objectif (exploitation de données) : exploiter des données expérimentales d'une réponse immunitaire — cinétique d'anticorps, test immunologique (ELISA), électrophorèse du sérum (fraction des gamma-globulines) — pour caractériser une réponse primaire ou secondaire et mesurer la production d'anticorps.

Erreurs fréquentes

  • Confondre vaccination et sérothérapie : la vaccination injecte un ANTIGÈNE inoffensif et déclenche une immunité ACTIVE durable (avec mémoire) ; la sérothérapie injecte directement des ANTICORPS et confère une immunité PASSIVE immédiate mais transitoire (sans mémoire).
  • Lire une courbe d'anticorps à l'envers : la réponse SECONDAIRE (après rappel) est plus rapide, plus haute et plus durable que la PRIMAIRE ; c'est le rappel qui « booste » le taux d'anticorps, pas la première injection.

Révision active

On suit, chez un individu, la concentration d'anticorps spécifiques d'un antigène après une première injection vaccinale (jour 0) puis un rappel (jour 30). (a) Décrire et comparer l'évolution du taux d'anticorps après chaque injection. (b) Nommer les deux types de réponse et expliquer la différence par la mémoire immunitaire. (c) Indiquer en quoi consiste l'intérêt du rappel. (d) Distinguer cette protection de celle obtenue par sérothérapie.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité SVT — thème « Corps humain et santé », Le fonctionnement du système immunitaire (spécialité de première, réinvesti en terminale) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)

Sommaire

Section -- / 04

    • 01L'immunité innée : la réaction inflammatoire aiguë○
    • 02L'immunité adaptative : reconnaissance de l'antigène, lymphocytes B et T◐
    • 03Sélection clonale, coopération cellulaire et mémoire immunitaire●
    • 04Mémoire immunitaire en action : vaccination et anticorps monoclonaux◐

0/4 Lues

Des fiches à l'entraînement

Le fonctionnement du système immunitaire

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

~21
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4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale

  • Programme de spécialité SVT — thème « Corps humain et santé », Le fonctionnement du système immunitaire (spécialité de première, réinvesti en terminale)

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Comportements et stress : une vision intégrée de l'organisme

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