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Fiches/LLCER Anglais — Langues, littératures et cultures étrangères et régionales/Migration et exil
Fiches · LLCER Anglais — Langues, littératures et cultures étrangères et régionalesFR · Bac

Migration et exil

Axe d'étude de la thématique « Voyages, territoires, frontières » du programme de terminale LLCER anglais (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), pleinement support de l'épreuve écrite de spécialité. On y étudie, en anglais et à un niveau C1, comment les cultures du monde anglophone disent la déterritorialisation : les facteurs de l'émigration, l'exil comme perte de repères et aliénation, le rapport au territoire et la reconstruction de l'identité, l'exclusion et l'inclusion, l'héritage transmis aux générations suivantes, le retour au pays et l'exil intérieur. La fiche entraîne à l'analyse problématisée de documents, à la synthèse écrite d'environ 500 mots et à la traduction/transposition.

5 sections·~25 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 3 · Approfondissement 1·Vérifié · 06/2026

T·0999 / 9
Profil d’examen
LLCER-ME-1 · Analyser en anglais comment un document (texte littéraire, texte de presse, image, film) du monde anglophone met en scène la migration et l'exil — déterritorialisation, perte de repères, reconstruction de l'identité — et le situer dans son contexte historique et culturelLLCER-ME-2 · Distinguer et caractériser les facettes de la migration (volontaire / forcée, collective / individuelle, géographique / sociale) et leurs effets : exclusion et inclusion, héritage et générations suivantes, retour au pays et exil intérieurLLCER-ME-3 · Mettre en relation des documents de natures et d'époques différentes autour de l'axe « Migration et exil » (synthèse problématisée) et mobiliser des références culturelles précises du monde anglophoneLLCER-ME-4 · Rédiger en anglais une synthèse structurée (env. 500 mots) et traduire/transposer fidèlement un passage anglais en français (niveau C1)
Opérateurs :analysermettre en relationproblématiserinterpréterjustifiersynthétisertraduire / transposer

niveau de base

Maîtrisez d'abord le vocabulaire de la migration (migrant, exile, refugee, displacement, uprooting, homeland, belonging) et savez nommer QUI part, POURQUOI (les facteurs, push/pull), et CE QUE l'exil fait vivre (perte de repères, nostalgie, aliénation), en situant le document dans son contexte anglophone.

niveau approfondi

Construisez une problématique qui confronte plusieurs documents et époques, nuancez (l'exil comme perte ET comme nouvelle liberté, l'inclusion ET l'exclusion, la première génération ET la suivante), et soignez une langue C1 dans la synthèse comme dans la traduction.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Migration et exil
    • 01Définir la migration et l'exil : facteurs du départ et déterritorialisation○
    • 02L'épreuve de l'exil : perte de repères, aliénation et reconstruction de l'identité◐
    • 03Inclusion et exclusion, héritage et générations, retour au pays et exil intérieur◐
    • 04Le corpus anglophone de la migration et de l'exil : œuvres et références à mobiliser◐
    • 05Méthode : synthèse de dossier (env. 500 mots), essai argumenté et traduction/transposition (C1)●
§ 01

Définir la migration et l'exil : facteurs du départ et déterritorialisation#

●○○BaseLPeduscol-programme-llcer-anglais

Facteurs du départ : push and pull

Facteurs du départ : push and pullTableau de 2 colonnes et 3 lignes, Données: Push (chasse) · Pull (attire); guerre · travail; persécution · sécurité, liberté; pauvreté, famine · terre promisePUSH (CHASSE)PULL (ATTIRE)guerretravailpersécutionsécurité, libertépauvreté, famineterre promise
Fig. 1Les « facteurs de l’émigration » s’analysent par le couple push / pull : les facteurs de RÉPULSION (push) chassent du pays d’origine (guerre, persécution, pauvreté, famine) ; les facteurs d’ATTRACTION (pull) appellent vers le pays d’accueil (travail, sécurité, liberté, la terre promise / American Dream).

Points clés

Le programme place la migration et l'exil au cœur de la culture du monde anglophone et précise que la déterritorialisation peut revêtir « une dimension géographique ou sociale, collective ou individuelle ». Premier réflexe d'analyse : situer le document sur ces axes — migration de masse ou trajectoire d'un seul individu, déplacement dans l'espace ou déclassement social, départ choisi ou contraint.
Distinguer les notions : la MIGRATION est le déplacement (souvent par espoir d'une vie meilleure) ; l'EXIL ajoute l'idée d'un éloignement subi, d'une impossibilité du retour (exil politique, fuite, bannissement) ; le RÉFUGIÉ (refugee) et le demandeur d'asile (asylum seeker) fuient un danger. La diaspora désigne une communauté dispersée qui garde un lien avec une terre d'origine. Ces nuances orientent toute la lecture d'un document.
Les « facteurs de l'émigration » figurent explicitement au programme : on les analyse souvent par le couple push / pull factors. Les facteurs de répulsion (push) chassent du pays d'origine — guerre, persécution, famine, pauvreté, catastrophe ; les facteurs d'attraction (pull) appellent vers le pays d'accueil — travail, sécurité, liberté, le mythe d'une terre promise (the promised land, the American Dream). Identifier ces forces aide à comprendre QUI part et POURQUOI.
Le monde anglophone s'est largement construit par les migrations : la traite négrière et la déportation forcée, l'immigration européenne vers les États-Unis via Ellis Island et la Statue de la Liberté (« Give me your tired, your poor… », sonnet d'Emma Lazarus), les migrations de l'Empire et du Commonwealth vers le Royaume-Uni (la génération « Windrush » des Antilles à partir de 1948), la Partition de l'Inde (1947), les migrations contemporaines et la « crise des réfugiés ». L'exil est aussi un acte fondateur de l'identité américaine (les Pèlerins, the Pilgrims).
Vocabulaire critique à maîtriser en anglais : migration, immigration, emigration, exile, refugee, asylum seeker, displacement, deterritorialisation, uprooting (déracinement), push and pull factors, the homeland, the host country, the promised land, the border, diaspora ; procédés d'analyse : point of view, first-person testimony, tone, register, connotation.

Cartographier un document : trois axes de la déterritorialisation

Cartographier la déterritorialisationTableau de 3 colonnes et 3 lignes, Données: Axe · Un pôle… · …ou l’autre; Espace · géographique · sociale; Ampleur · collective · individuelle; Choix · choisie (migration) · contrainte (exil)AXEUN PÔLE……OU L’AUTREESPACEgéographiquesocialeAMPLEURcollectiveindividuelleCHOIXchoisie (migration)contrainte (exil)
Fig. 2Situer un document de migration sur trois axes : GÉOGRAPHIQUE ou sociale ? COLLECTIVE ou individuelle ? CHOISIE (migration) ou contrainte (exil) ? Un même document combine souvent plusieurs pôles.
Exemple corrigé

Identifier le type de déplacement et les facteurs du départ

Emma Lazarus's sonnet « The New Colossus » (1883), engraved at the foot of the Statue of Liberty, has the statue cry: « Give me your tired, your poor, / Your huddled masses yearning to breathe free, / The wretched refuse of your teeming shore. » In English, analyse the type of displacement and the push and pull factors this text stages.

  1. 01Caractériser le déplacement

    Il s'agit d'une migration GÉOGRAPHIQUE et COLLECTIVE (« masses », « shore ») vers les États-Unis, présentée comme largement choisie mais née de la nécessité — un mouvement de masse de l'Ancien Monde vers le Nouveau, dont Ellis Island fut la porte.

  2. 02Repérer les facteurs push

    Les facteurs de répulsion sont nommés par la condition des migrants : « tired », « poor », « wretched refuse », « huddled masses » — pauvreté, fatigue, rejet. Le pays d'origine chasse une population misérable et opprimée.

  3. 03Repérer les facteurs pull

    Le facteur d'attraction est l'aspiration à la liberté (« yearning to breathe free ») : l'Amérique se présente en terre promise (the promised land) qui accueille (« Give me… »). La statue parle en figure maternelle et hospitalière.

  4. 04Nommer le point de vue et le ton

    Le poème adopte le POINT DE VUE du pays d'accueil idéalisé : ton solennel, impératif généreux, image de la mère des exilés (« Mother of Exiles »). L'analyse C1 doit nommer ce discours d'accueil — un mythe national autant qu'une réalité.

Résultat : Le sonnet met en scène une migration géographique et collective vers les États-Unis : les facteurs push (pauvreté, misère, oppression) y répondent au facteur pull majeur qu'est la liberté. Le texte adopte le point de vue du pays d'accueil idéalisé — l'Amérique comme « Mother of Exiles » et terre promise — un discours national qu'il faut nommer comme tel.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : pour un document, savoir nommer en anglais le TYPE de déplacement (géographique/social, collectif/individuel, choisi/contraint) et identifier les facteurs du départ (push / pull).
  • Objectif Bac : situer le document dans un contexte migratoire anglophone précis (Windrush, Ellis Island, Partition, crise des réfugiés…) plutôt que de rester dans le général.

Erreurs fréquentes

  • Confondre « migration » et « exil » : tout migrant n'est pas un exilé ; l'exil suppose une contrainte et souvent l'impossibilité du retour — la nuance est attendue au niveau C1.
  • Traiter le départ comme un fait neutre sans interroger ses CAUSES : ne pas dégager les facteurs push / pull, c'est manquer la lecture exigée par le programme (« facteurs de l'émigration »).

Révision active

In about 130 English words, take one migration document of your choice (e.g. an Ellis Island photograph, a Windrush testimony, a refugee press article) and identify the type of displacement (geographical/social, collective/individual, chosen/forced) and the push and pull factors at work.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité LLCER anglais — terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), thématique « Voyages, territoires, frontières », axe « Migration et exil » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

L'épreuve de l'exil : perte de repères, aliénation et reconstruction de l'identité#

●●○StandardLPeduscol-programme-llcer-anglais

De la perte de repères à la reconstruction de l'identité

De la perte de repères à l’identité hybrideGraphe, Départ → Perte de repères, Perte de repères → Aliénation / entre-deux, Aliénation / entre-deux → Identité hybrideDépartPerte de repèresAliénation /entre-deuxIdentité hybride
Fig. 3L’épreuve de l’exil : la déterritorialisation entraîne une perte de repères (confusion, outsider), une aliénation ou un entre-deux (in-betweenness), puis la reconstruction d’une identité HYBRIDE (hyphenated self, belonging). Tout le parcours est traversé d’émotions CONTRADICTOIRES — nostalgie et espoir (« imaginary homelands », Rushdie).

Points clés

Le programme souligne que la déterritorialisation « est souvent associée à des émotions contradictoires » : elle « confronte l'individu à la perte de repères, à la confusion voire à l'aliénation et l'oblige à repenser ses valeurs et son rapport au territoire pour reconstruire son identité ». L'exil est donc d'abord une expérience intérieure — pas seulement un déplacement.
La PERTE DE REPÈRES (loss of bearings) : l'exilé perd sa langue, ses codes, son réseau, son paysage familier. D'où la confusion (disorientation), le sentiment d'être un étranger (a stranger, an outsider), le décalage culturel (culture shock). L'ALIÉNATION (alienation) est le degré extrême : se sentir étranger à soi-même, ne plus se reconnaître, vivre un entre-deux (in-betweenness, the hyphenated self comme « Indian-American »).
Les ÉMOTIONS CONTRADICTOIRES sont au cœur de l'analyse : la nostalgie du pays perdu (nostalgia, homesickness) et l'espoir d'une vie nouvelle ; le deuil de ce qu'on quitte et l'excitation du recommencement ; la honte ou la fierté. Cette ambivalence se lit dans le ton, le lexique affectif, les contrastes. Une notion-clé est le « mal du pays » que l'anglais nomme parfois par le mot portugais SAUDADE ou par « homesickness ».
« Repenser ses valeurs et son rapport au territoire pour reconstruire son identité » : l'exilé doit réinventer un sentiment d'appartenance (belonging) là où le territoire ne va plus de soi. L'identité devient plurielle, hybride (hybridity, hyphenated identity) ou clivée. Le concept de « lieu » se déplace : le « chez-soi » (home) n'est plus une géographie mais une construction — d'où la figure de l'écrivain qui rebâtit un pays par la mémoire (Salman Rushdie parle d'« imaginary homelands »).
Vocabulaire critique à maîtriser en anglais : loss of bearings, disorientation, alienation, culture shock, the outsider / the stranger, rootlessness, nostalgia, homesickness, longing, in-betweenness, hybridity, the hyphenated self, belonging, sense of home, imaginary homeland ; procédés d'analyse : first-person narrative, internal monologue, contrast, lexical field of loss, imagery, tone.
Exemple corrigé

Analyser la perte de repères et l'identité hybride

In Jhumpa Lahiri's « The Namesake » (2003), Gogol — born in the USA to Bengali parents who emigrated from Calcutta — feels embarrassed by his unusual name and torn between his family's Indian heritage and American life. In English, analyse how this passage stages the loss of bearings and the rebuilding of a hybrid identity.

  1. 01Repérer la déterritorialisation au second degré

    Le déplacement géographique a eu lieu à la génération précédente (les parents) ; Gogol vit l'exil « hérité » — il n'a pas migré lui-même mais grandit entre deux mondes. Le territoire perdu n'est pas le sien, et c'est précisément ce qui crée son malaise.

  2. 02Nommer la perte de repères

    Le prénom « Gogol » cristallise la confusion : ni indien ni américain, il signale l'entre-deux (in-betweenness). Le personnage se sent étranger des deux côtés (an outsider), gêné par un héritage qu'il ne comprend pas encore — une forme douce d'aliénation.

  3. 03Lire les émotions contradictoires

    Le texte tient ensemble la honte et l'attachement, le désir d'assimilation (devenir « pleinement » américain) et la fidélité aux racines. C'est l'ambivalence typique de l'exil : on veut appartenir au présent sans trahir le passé.

  4. 04Reconstruire l'identité

    L'enjeu est de « repenser son rapport au territoire pour reconstruire son identité » : Gogol devra accepter une identité HYBRIDE (the hyphenated self), où l'héritage bengali et la vie américaine cessent de s'exclure. L'identité n'est pas donnée, elle se construit.

Résultat : Le passage illustre un exil « de seconde génération » : Gogol vit la perte de repères comme entre-deux (le prénom, le sentiment d'être étranger des deux côtés) et des émotions contradictoires (honte / attachement, assimilation / fidélité). L'enjeu, conforme au programme, est la reconstruction d'une identité hybride où héritage et présent se réconcilient.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : repérer et nommer en anglais les émotions CONTRADICTOIRES de l'exil (nostalgie / espoir, deuil / recommencement) et les procédés qui les expriment (champ lexical de la perte, contrastes, monologue intérieur).
  • Objectif Bac : montrer comment un document met en scène la perte de repères et la reconstruction de l'identité (hybridité, entre-deux, nouveau sentiment d'appartenance) — sur deux plans, géographique et intérieur.

Erreurs fréquentes

  • Réduire l'exil à un drame uniquement négatif : le programme insiste sur des émotions CONTRADICTOIRES — la nostalgie cohabite avec l'espoir ou une nouvelle liberté ; n'analyser qu'un seul versant, c'est appauvrir le texte.
  • Confondre dépaysement passager et aliénation : l'aliénation est la perte du rapport à soi-même (devenir étranger à soi), bien plus grave qu'un simple « culture shock » — la nuance est attendue.

Révision active

In about 150 English words, analyse a literary passage that voices the experience of exile: show how it stages the loss of bearings and contradictory emotions (nostalgia and hope), and how the character begins — or fails — to rebuild a sense of identity and belonging.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité LLCER anglais — terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), axe « Migration et exil » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

Inclusion et exclusion, héritage et générations, retour au pays et exil intérieur#

●●○StandardLPeduscol-programme-llcer-anglais

Les figures de l'exil après le départ

Les figures de l’exil après le départGraphe, Après le départ → Inclusion / exclusion, Après le départ → Héritage / générations, Après le départ → Retour / exil inversé, Après le départ → Exil intérieurInclusion /exclusionHéritage /générationsRetour / exilinverséExilintérieurAprès ledépart
Fig. 4L’exil continue APRÈS le départ, sous quatre figures : l’axe inclusion / exclusion (melting pot vs discrimination), l’héritage entre les générations (1re / 2e génération, generation gap), le retour au pays / exil inversé (« you can’t go home again »), et l’exil intérieur ou social (être exilé sans franchir de frontière).

Points clés

Le programme nomme explicitement « exclusion et inclusion » parmi les enjeux de l'axe. L'arrivée dans le pays d'accueil n'est jamais neutre : entre INCLUSION (intégration, citoyenneté, le « melting pot » ou la « salad bowl » américaine) et EXCLUSION (discrimination, racisme, ghetto, le statut de second-class citizen, l'hostilité). L'analyse repère COMMENT un document situe le migrant sur cet axe et avec quels procédés (point de vue, lexique, contraste).
« Héritage et générations suivantes » : la migration se transmet. La PREMIÈRE GÉNÉRATION (first generation) garde la langue, les coutumes, le mal du pays ; la DEUXIÈME (second generation, parfois « 1.5 generation ») naît ou grandit dans le pays d'accueil et vit l'entre-deux des cultures (clash of generations, the heritage one did not choose). L'héritage peut être un fardeau ou une richesse ; le « generation gap » est un ressort récurrent de la littérature de la migration.
« Exil inversé et retour au pays » (reverse exile, return migration) : le retour est rarement simple. Celui qui revient découvre souvent qu'il n'appartient plus tout à fait au pays quitté (« you can't go home again ») ; il est devenu étranger des deux côtés. Le pays d'origine a changé, lui aussi ; le mythe du retour (the myth of return) se heurte au réel. Pour les générations suivantes, le « retour » est un voyage vers un pays qu'elles n'ont jamais habité.
« Exil intérieur » (internal / inner exile) : on peut être exilé SANS quitter son pays. C'est l'exil social (le déclassé, le marginal, l'exclu chez soi) ou l'exil intime (se sentir étranger dans sa propre société, son propre milieu, son propre corps). Le programme rappelle ainsi que la déterritorialisation est aussi « sociale » : on peut vivre l'exil de l'intérieur, sans frontière franchie. À l'inverse, le départ peut ouvrir « de nouvelles formes de pouvoir et de liberté ».
Vocabulaire critique à maîtriser en anglais : inclusion, integration, assimilation, the melting pot, exclusion, discrimination, racism, second-class citizen, the ghetto ; first / second generation, the generation gap, heritage, roots, transmission ; return migration, reverse exile, the myth of return, « you can't go home again » ; internal / inner exile, social marginality, the insider-outsider ; new forms of power and freedom, emancipation.
Exemple corrigé

Analyser une figure de l'exil : le retour impossible

In V. S. Naipaul's writing, a narrator who left Trinidad for England returns, years later, only to find that he belongs neither to the island he left nor fully to the country he adopted — a stranger in both. In English, analyse this as a figure of « reverse exile » and the « myth of return ».

  1. 01Identifier la figure de l'exil

    Il s'agit d'un EXIL INVERSÉ (reverse exile) : le retour au pays d'origine, censé réparer le déracinement, révèle au contraire que le retour est impossible — « you can't go home again ».

  2. 02Analyser la double étrangeté

    Le narrateur n'appartient plus à l'île qu'il a quittée (elle a changé, et lui aussi) mais ne s'est jamais pleinement intégré en Angleterre : il est étranger DES DEUX CÔTÉS. C'est l'aboutissement de l'entre-deux.

  3. 03Nommer le mythe du retour

    Le « myth of return » est l'illusion réconfortante que l'on pourra un jour rentrer et retrouver ce qu'on a perdu. Le texte le démonte : le pays d'origine n'existe plus tel qu'on l'a quitté ; il est devenu une « imaginary homeland », un pays de mémoire.

  4. 04Relier aux notions du programme

    Cette figure illustre parfaitement « exil inversé et retour au pays » : la déterritorialisation ne se répare pas par un simple retour géographique, car l'identité a été durablement transformée. Le rapport au territoire doit, là encore, être repensé.

Résultat : Le texte met en scène un exil inversé : le retour au pays révèle une double étrangeté (étranger ici comme là-bas) et démonte le « myth of return ». Conformément au programme (« exil inversé et retour au pays »), il montre que la déterritorialisation ne se répare pas par un retour géographique — l'identité, transformée, ne retrouve aucun territoire d'origine intact.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : situer un document sur l'axe inclusion / exclusion et le justifier par des procédés (point de vue, champ lexical, contraste, ironie).
  • Objectif Bac : distinguer et illustrer les figures de l'exil — première vs deuxième génération, retour au pays / exil inversé, exil intérieur — au lieu de tout ramener au seul départ géographique.

Erreurs fréquentes

  • Croire que l'arrivée signifie toujours l'inclusion : beaucoup de documents montrent l'EXCLUSION dans le pays d'accueil (discrimination, ghetto) — il faut le repérer, pas le présupposer.
  • Oublier l'exil intérieur et l'exil social : réduire l'axe au seul franchissement d'une frontière, c'est ignorer que le programme inclut la déterritorialisation SOCIALE et l'exil « interne ».

Révision active

In about 150 English words, choose a document that explores what happens after migration — inclusion or exclusion in the host country, the gap between first and second generation, a return to the homeland, or an inner/internal exile — and analyse which figure of exile it stages and how.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité LLCER anglais — terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), axe « Migration et exil » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

Le corpus anglophone de la migration et de l'exil : œuvres et références à mobiliser#

●●○StandardLPeduscol-programme-llcer-anglais

Corpus anglophone classé par facette de l'axe

Corpus anglophone par facetteTableau de 2 colonnes et 4 lignes, Données: Facette · Références anglophones; Masse / exclusion · Steinbeck (Grapes, 1939), Lazarus (1883), Ellis Island; Postcoloniale · Selvon (1956), Windrush, Levy (2004), Rushdie; Héritage / générations · Lahiri (Namesake, 2003), Kureishi; Retour / exil intérieur · Naipaul, Adichie (Americanah, 2013), Hamid (2017)FACETTERÉFÉRENCES ANGLOPHONESMASSE / EXCLUSIONSteinbeck (Grapes, 1939),Lazarus (1883), Ellis IslandPOSTCOLONIALESelvon (1956), Windrush,Levy (2004), RushdieHÉRITAGE /GÉNÉRATIONSLahiri (Namesake, 2003),KureishiRETOUR /EXILINTÉRIEURNaipaul, Adichie(Americanah, 2013), Hamid(2017)
Fig. 5Un corpus anglophone classé par facette de l’axe — pour chaque œuvre, retenir l’auteur, la date et la notion illustrée. Relier chaque œuvre à UNE notion précise vaut bien mieux qu’une liste récitée.

Points clés

Une synthèse C1 vaut par ses RÉFÉRENCES PRÉCISES. Constituez-vous un corpus anglophone classé par facette de l'axe, en retenant pour chaque œuvre : l'auteur, la date approximative, le type de migration et la notion qu'elle illustre. Citer une œuvre précise (auteur + titre + idée) vaut bien mieux qu'une généralité.
Migration de masse et exclusion (États-Unis) : John Steinbeck, « The Grapes of Wrath » (1939) — la migration intérieure des Okies vers la Californie pendant la Grande Dépression, pauvreté et hostilité ; la migration européenne via Ellis Island ; Emma Lazarus, « The New Colossus » (1883) — le mythe de la terre promise. Pour la déportation forcée : la traite négrière et son héritage (la « Great Migration » des Afro-Américains du Sud vers le Nord, 1916–1970).
Migration postcoloniale et identité (Royaume-Uni) : la génération « Windrush » (Antilles → Royaume-Uni à partir de 1948) ; Sam Selvon, « The Lonely Londoners » (1956) — l'arrivée et l'exclusion des migrants caribéens à Londres ; Andrea Levy, « Small Island » (2004). Salman Rushdie théorise l'« imaginary homeland » et l'écriture de la migration. Hanif Kureishi explore l'identité britannique-asiatique.
Héritage, générations et exil intime : Jhumpa Lahiri, « The Namesake » (2003) et « Interpreter of Maladies » (1999) — la deuxième génération indo-américaine, l'entre-deux ; Chimamanda Ngozi Adichie, « Americanah » (2013) — migration nigériane, race et retour au pays ; Mohsin Hamid, « Exit West » (2017) — réfugiés et frontières contemporaines. Pour la frontière des États-Unis : la migration latino-américaine et la question du « border ».
Pour analyser : adapter les outils au support. Texte littéraire — narrative voice, point of view, lexical field, imagery, tone. Texte de presse (OBLIGATOIRE dans le dossier de LLCER anglais) — headline, angle, stance, connotation, rhetorical questions. Image / photographie (Ellis Island, Dorothea Lange et la Grande Dépression, photojournalisme des réfugiés) — framing, composition, foreground/background, gaze, caption.
Exemple corrigé

Mobiliser deux références pour confronter inclusion et exclusion

Using Emma Lazarus's « The New Colossus » (1883) and Sam Selvon's « The Lonely Londoners » (1956), explain in English how the same migratory hope can meet very different realities of inclusion and exclusion in the English-speaking world.

  1. 01Poser le point commun

    Les deux documents partent de la même promesse migratoire : une terre d'accueil offrant une vie meilleure (les États-Unis pour Lazarus, le Royaume-Uni « mère patrie » pour les migrants antillais de Selvon).

  2. 02Document 1 — le discours d'inclusion

    « The New Colossus » donne la voix au pays d'accueil idéalisé : l'Amérique comme « Mother of Exiles » qui ouvre les bras (« Give me your tired, your poor »). C'est le mythe de l'inclusion et de la terre promise.

  3. 03Document 2 — la réalité de l'exclusion

    « The Lonely Londoners » montre l'envers : les migrants caribéens, citoyens de l'Empire venus reconstruire la Grande-Bretagne d'après-guerre, se heurtent au racisme, à la solitude et au logement insalubre. La promesse d'inclusion se brise en exclusion (le mot « lonely » dit tout).

  4. 04Confronter pour problématiser

    La mise en relation fait surgir un écart : entre le DISCOURS d'accueil et l'EXPÉRIENCE vécue, entre le mythe et le réel. C'est exactement le type de tension qu'une synthèse C1 doit dégager — non pas résumer chaque texte, mais les confronter.

Résultat : Les deux textes partagent une même espérance migratoire mais en révèlent les deux faces : Lazarus chante le mythe de l'inclusion (l'Amérique « Mother of Exiles »), tandis que Selvon expose l'exclusion vécue par les migrants Windrush à Londres. La synthèse les confronte pour problématiser l'écart entre le discours d'accueil et la réalité de l'exclusion.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : disposer d'au moins une référence anglophone précise par facette de l'axe (mass migration, postcolonial migration, second generation, return, internal exile) pour étayer une synthèse ou un essai.
  • Objectif Bac : adapter les outils d'analyse à la NATURE du document (littéraire, presse, image) — l'épreuve de LLCER anglais comporte obligatoirement un texte de presse dans le dossier.

Erreurs fréquentes

  • Réciter une liste d'œuvres sans les RELIER à une notion : une référence ne « compte » que reliée à un point précis de l'axe (exclusion, héritage, retour, etc.).
  • Analyser un texte de presse comme un texte littéraire (ou l'inverse) : chaque nature de document a ses outils — confondre headline et narrative voice fait perdre des points.

Révision active

Build your own corpus card: for the axis « Migration et exil », list in English at least one precise reference per facet (mass migration and exclusion, postcolonial migration, second generation and heritage, return/reverse exile, internal exile), each with author, date and the notion it illustrates. Then, in about 120 words, explain how you would use two of them together in a synthesis.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité LLCER anglais — terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), axe « Migration et exil » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 05

Méthode : synthèse de dossier (env. 500 mots), essai argumenté et traduction/transposition (C1)#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-llcer-anglais

Architecture d'une synthèse de dossier (env. 500 mots)

Architecture d’une synthèse de dossierGraphe, Texte littéraire → Problématique, Doc · presse → Problématique, Photographie → Problématique, Problématique → Type de départ, Problématique → Épreuve de l’exil, Problématique → Inclusion / exclusion, Type de départ → Conclusion = réponse, Épreuve de l’exil → Conclusion = réponse, Inclusion / exclusion → Conclusion = réponseTextelittéraireDoc · pressePhotographieProblématiqueType dedépartÉpreuve del’exilInclusion /exclusionConclusion = réponse
Fig. 6Une synthèse n’est PAS un résumé document par document : les documents du dossier convergent vers une problématique, que trois axes de confrontation développent, avant une conclusion qui y répond.

Points clés

L'épreuve écrite de spécialité LLCER croise un dossier de deux à trois documents (textes littéraires et de presse — un document de presse est OBLIGATOIRE en LLCER anglais —, éventuellement un document iconographique). On attend une SYNTHÈSE en anglais (environ 500 mots) qui met en relation les documents autour d'une problématique, NON un résumé document par document. Le plan se construit par axes de comparaison, pas par énumération.
Méthode de la synthèse appliquée à « Migration et exil » : (1) dégager le fil commun et les tensions du dossier (par ex. l'espoir migratoire vs l'exclusion vécue, la perte vs la nouvelle liberté) ; (2) formuler une problématique ; (3) bâtir 2 ou 3 axes confrontant les documents ; (4) intégrer des références précises (auteur, œuvre, procédé, notion de l'axe) ; (5) une introduction qui pose l'enjeu et une conclusion qui répond à la problématique. Connecteurs logiques indispensables (however, whereas, moreover, in contrast, yet).
L'essai argumenté (ou question d'expression) demande une prise de position structurée et nuancée : thèse, arguments illustrés par des œuvres anglophones précises (Lazarus, Steinbeck, Selvon, Lahiri, Naipaul, Hamid…), contre-arguments, conclusion. La nuance (« to a certain extent », « admittedly… yet ») est valorisée — éviter le pour/contre mécanique. Pour cet axe, savoir tenir ensemble la perte de repères ET les nouvelles formes de liberté est un réflexe payant.
La traduction / transposition consiste à rendre en français un court passage anglais en restituant FIDÈLEMENT le sens et les nuances (registre, connotations, temps, lexique de l'exil et de l'appartenance). On respecte le français cible (idiomatique, ponctuation, guillemets « … ») sans calquer la syntaxe anglaise. Attention aux faux-amis et aux mots à charge culturelle : « homeland » (terre natale / patrie), « belonging » (appartenance), « alien » (étranger, au sens administratif comme intime).
Niveau de langue visé : C1. Cela suppose un lexique critique riche (to migrate, to flee, to settle, to belong, uprooting, displacement, the homeland, alienation, hybridity), une grammaire sûre (concordance des temps, articles, prépositions) et une organisation lisible. La qualité de langue est évaluée autant que le contenu.
Exemple corrigé

Construire la problématique et le plan d'une synthèse, puis traduire une phrase

A dossier gathers: (A) Emma Lazarus's « The New Colossus » (1883), (B) a press article on the contemporary refugee « crisis » at a Western border, (C) an excerpt from Jhumpa Lahiri's « The Namesake ». Draft an English problematic statement and a 2-axis plan for a 500-word synthesis, then translate into French: « He had crossed an ocean to find a homeland, only to discover that belonging was something he would have to build, not inherit. »

  1. 01Dégager le fil commun

    Les trois documents disent la migration vers une terre d'accueil et le décalage entre la promesse (l'espoir, la terre promise) et l'expérience réelle (l'exclusion, l'entre-deux des générations).

  2. 02Formuler la problématique (anglais)

    « To what extent does the English-speaking world's promise of welcome and belonging clash with the lived reality of exclusion and identity loss faced by migrants and their children ? »

  3. 03Bâtir le plan en 2 axes

    Axe 1 — The promise: migration as hope and the myth of the welcoming land (Lazarus's « Mother of Exiles », the dream that drives the journey, even in the press article's would-be host country). Axe 2 — The lived reality: exclusion at the border (the press document), and the slow, unfinished rebuilding of identity and belonging across generations (Lahiri's Gogol caught in-between).

  4. 04Traduire en respectant le sens et le registre

    « He had crossed an ocean to find a homeland, only to discover that belonging was something he would have to build, not inherit. » → « Il avait traversé un océan pour trouver une patrie, pour finalement découvrir que l'appartenance était une chose qu'il lui faudrait bâtir, et non recevoir en héritage. » On rend « homeland » par « patrie » (terre natale / d'appartenance), « belonging » par « appartenance », et l'on conserve l'opposition « build / inherit » → « bâtir / recevoir en héritage » (l'ellipse « hériter » est moins idiomatique, car on hérite DE quelque chose) — c'est elle qui porte tout le sens.

Résultat : Problématique et plan en deux axes (« la promesse d'accueil » puis « la réalité vécue de l'exclusion et de l'identité à reconstruire »), suivis d'une traduction fidèle : « Il avait traversé un océan pour trouver une patrie, pour finalement découvrir que l'appartenance était une chose qu'il lui faudrait bâtir, et non recevoir en héritage. »

Objectif Bac

  • Objectif Bac : produire une synthèse d'environ 500 mots qui CONFRONTE les documents par axes et intègre des références précises de l'axe « Migration et exil » — jamais un résumé juxtaposé.
  • Objectif Bac : pour la traduction, restituer sens ET nuances (registre, connotation, les mots à charge culturelle comme « homeland » ou « belonging ») dans un français idiomatique, sans calque ni omission.

Erreurs fréquentes

  • Résumer le dossier document par document au lieu de le synthétiser par axes : c'est l'erreur la plus pénalisante de l'épreuve.
  • En traduction, calquer la syntaxe anglaise (mot à mot) et perdre les nuances de registre, ou traduire mécaniquement un mot à charge culturelle (« homeland », « alien ») sans réfléchir au sens visé.

Révision active

Given a 3-document dossier on « Migration et exil » (one of which is a press article), draft in English the introduction (problematic statement) and a 2- or 3-axis plan for a 500-word synthesis; then translate into idiomatic French one assigned English sentence, preserving its register and the connotations of words such as « homeland » and « belonging ».

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité LLCER anglais — terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Définir la migration et l'exil : facteurs du départ et déterritorialisation○
    • 02L'épreuve de l'exil : perte de repères, aliénation et reconstruction de l'identité◐
    • 03Inclusion et exclusion, héritage et générations, retour au pays et exil intérieur◐
    • 04Le corpus anglophone de la migration et de l'exil : œuvres et références à mobiliser◐
    • 05Méthode : synthèse de dossier (env. 500 mots), essai argumenté et traduction/transposition (C1)●

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Des fiches à l'entraînement

Migration et exil

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

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Compétences
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Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité LLCER anglais — terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), thématique « Voyages, territoires, frontières », axe « Migration et exil »

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Ancrage et héritage

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