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Fiches/Histoire-Géographie/Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (1929-1945)
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Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (1929-1945)

Ce thème ouvre le programme d'HISTOIRE DE TERMINALE (BO 2019, adapté par le BO 2020) : sur la séquence 1929-1945, il montre comment la crise économique mondiale fragilise les démocraties, comment s'affirment des régimes TOTALITAIRES (l'URSS stalinienne, l'Allemagne nazie, avec l'Italie fasciste en arrière-plan) et comment la Seconde Guerre mondiale devient une GUERRE D'ANÉANTISSEMENT, marquée par le génocide des Juifs et des Tsiganes et par l'épreuve de la France occupée (Vichy, collaboration, Résistance, France libre). Repère de cadrage : l'histoire-géographie de l'enseignement commun n'a pas d'épreuve écrite terminale ponctuelle ; elle est évaluée en CONTRÔLE CONTINU (coefficient 6 en terminale) et nourrit fréquemment le Grand oral — les capacités ci-dessous sont donc bien celles attendues en terminale, mobilisées dans la composition et l'étude critique de document(s).

5 sections·~29 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 1 · Standard 2 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·0777 / 12
Profil d’examen
Procéder à l'analyse critique d'un document selon une approche historique : identifier nature, auteur, date, destinataire et intention d'une source de la période 1929-1945 (discours, affiche de propagande, photographie, témoignage, carte), en dégager le sens et la portée et en mesurer les limites — capacité travaillée en terminale dans l'étude critique de document(s).Contextualiser et mettre en perspective les régimes totalitaires et le conflit mondial : situer les événements dans la séquence 1929-1945, distinguer l'événement (le temps court) des transformations de fond (le temps long) et comparer des situations (les trois régimes, les phases de la guerre).Mettre l'événement en perspective et relier le passé au présent : articuler l'histoire de la Seconde Guerre mondiale (génocide, Vichy, Résistance) aux questions de MÉMOIRE et de devoir de mémoire qui traversent encore la société française et européenne — un approfondissement qui nourrit la réflexion critique et le Grand oral (le génocide est connu et jugé dès 1945 : procès de Nuremberg, puis reconnaissance de la responsabilité de l'État français en 1995).Construire une argumentation historique structurée (composition ou étude critique de document(s)) : organiser une réponse autour d'une problématique, l'appuyer sur des connaissances précises (notions, repères, exemples) et conduire un raisonnement clair — capacité de terminale évaluée en contrôle continu et mobilisable au Grand oral.
Opérateurs :analyser un document (discours, affiche de propagande, photographie, témoignage, carte)critiquer (mesurer la portée et les limites d'une source)contextualisercomparer (les régimes totalitaires, les phases de la guerre)expliquerargumenterrédiger une composition / une étude critique de document(s)

niveau de base

Verrouillez d'abord les repères et les notions. Repères : 1929 (krach de Wall Street, crise mondiale), 1933 (Hitler chancelier), années 1930 (Grandes Purges et Grande Terreur en URSS), 1939-1945 (Seconde Guerre mondiale), 1940-1944 (régime de Vichy, occupation, Résistance, France libre), 18 juin 1940 (appel du général de Gaulle), 1942 (conférence de Wannsee ; tournants militaires — Midway, Stalingrad, El-Alamein), 1944 (débarquements, libération de la France), 1945 (capitulations allemande puis japonaise, Hiroshima et Nagasaki, découverte des camps). Sachez DÉFINIR : totalitarisme, fascisme, nazisme, stalinisme, propagande, terreur d'État, guerre totale, guerre d'anéantissement, génocide, collaboration, Résistance.

niveau approfondi

Pour aller plus loin (esprit critique, Grand oral) : maniez la notion de TOTALITARISME comme un outil de comparaison, en distinguant ce qui rapproche les régimes (parti unique, chef charismatique, idéologie, propagande, terreur, encadrement total de la société) de ce qui les sépare (le nazisme racial et exterminateur ≠ le stalinisme de la « lutte des classes »). Montrez la spécificité de la Seconde Guerre mondiale comme GUERRE D'ANÉANTISSEMENT (idéologique, raciale, planifiée) qui culmine dans la Shoah, et discutez la singularité du génocide. Sur la France, articulez avec rigueur Vichy (collaboration d'État, révolution nationale, complicité dans la déportation des Juifs), la Résistance intérieure et la France libre. Enfin, reliez ce passé aux MÉMOIRES (procès, reconnaissance de la responsabilité de l'État français en 1995, devoir de mémoire).

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (1929-1945)
    • 01L'impact de la crise de 1929 et la fragilisation des démocraties○
    • 02La nature et la comparaison des régimes totalitaires (stalinisme, nazisme, fascisme)◐
    • 03La Seconde Guerre mondiale : une guerre d'anéantissement◐
    • 04Le génocide des Juifs et des Tsiganes et les crimes de masse●
    • 05La France dans la guerre : occupation, Vichy, collaboration, Résistance et France libre●
§ 01

L'impact de la crise de 1929 et la fragilisation des démocraties#

●○○BaseLPeduscol-programme-histoire-geographie

L'engrenage de 1929

De la crise économique à la crise des démocratiesGraphe, Krach de 1929 (Wall Street) → Crise économique (faillites, chômage), Crise économique (faillites, chômage) → Crise sociale (misère), Crise sociale (misère) → Crise politique, Crise politique → Réforme démocratique (New Deal), Crise politique → Basculement totalitaire (Allemagne)Krach de 1929(Wall Street)Crise économique(faillites,chômage)Crise sociale(misère)Crise politiqueRéformedémocratique(New Deal)Basculementtotalitaire(Allemagne)
Fig. 1La crise de 1929 enchaîne le financier, l'économique, le social puis le politique : selon la solidité des institutions, elle débouche sur la réforme démocratique (New Deal) ou sur le basculement totalitaire (Allemagne nazie).

Points clés

Le DÉCLENCHEMENT (1929) : le krach de la Bourse de New York (le « jeudi noir » du 24 octobre 1929, puis le « mardi noir » du 29 octobre) ouvre la plus grave crise économique du XXe siècle. Partie des États-Unis, elle se diffuse au monde entier par les circuits financiers et commerciaux : faillites bancaires, effondrement de la production et du commerce, chômage de masse.
Une crise GLOBALE et durable : la « Grande Dépression » des années 1930 frappe l'industrie, l'agriculture et l'emploi. Aux États-Unis, le président Roosevelt répond à partir de 1933 par le NEW DEAL — une intervention nouvelle de l'État dans l'économie (grands travaux, régulation, aide sociale) pour relancer l'activité, dans le cadre démocratique. La France connaît une crise plus tardive mais durable, marquée par l'instabilité politique.
La FRAGILISATION DES DÉMOCRATIES : la crise nourrit le chômage, la misère et la peur, qui alimentent la défiance envers les régimes parlementaires jugés impuissants. Montent alors les extrémismes (nationalismes, partis autoritaires, antiparlementarisme). La crise crée un terrain favorable aux solutions autoritaires et aux promesses des chefs « providentiels ».
L'ALLEMAGNE, un cas décisif : durement frappée par la crise (millions de chômeurs), la jeune République de Weimar, déjà affaiblie et contestée, s'effondre politiquement. Le parti nazi (NSDAP) de HITLER progresse électoralement en exploitant la détresse, l'humiliation du traité de Versailles et la peur du communisme ; Hitler est nommé chancelier le 30 janvier 1933 — la crise a ouvert la voie à la dictature.
Deux réponses opposées : face au même choc, les sociétés bifurquent. Là où la démocratie tient (États-Unis, France), elle se réforme dans la légalité ; là où elle est la plus fragile (Allemagne), la crise débouche sur un régime totalitaire. La crise de 1929 n'est donc pas qu'économique : elle est un accélérateur POLITIQUE.

Effondrement de la production industrielle pendant la Grande Dépression (indice base 100 en 1929, ordres de grandeur)

Production industrielle 1929-1934 (indice 100)Graphique en courbes: Production (1929 = 100) selon Année, Données: Production (1929 = 100) · 1929: 100; Production (1929 = 100) · 1930: 81; Production (1929 = 100) · 1931: 68; Production (1929 = 100) · 1932: 53; Production (1929 = 100) · 1933: 64; Production (1929 = 100) · 1934: 66020406080100192919301931193219331934Production (1929 = 100)Année
Exemple corrigé

Composition guidée : « En quoi la crise de 1929 fragilise-t-elle les démocraties ? »

Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée à la question : « En quoi la crise économique de 1929 fragilise-t-elle les démocraties des années 1930 ? »

  1. 01Dégager la problématique

    La crise n'est pas seulement économique : on demande comment un choc financier et social se transforme en crise POLITIQUE des démocraties. On annonce un plan qui suit cet enchaînement, puis distingue des trajectoires opposées.

  2. 02Partie 1 — Une crise économique et sociale mondiale

    Du krach de Wall Street (octobre 1929) à la Grande Dépression : faillites bancaires, effondrement de la production et du commerce, chômage de masse. La crise, partie des États-Unis, se mondialise et installe la misère et la peur dans les sociétés.

  3. 03Partie 2 — Une crise qui ébranle la confiance dans les démocraties

    Le chômage et la détresse nourrissent la défiance envers des régimes parlementaires jugés impuissants ; montent l'antiparlementarisme, les nationalismes et les partis autoritaires. La crise crée un terrain favorable aux solutions extrêmes et aux chefs « providentiels ».

  4. 04Partie 3 — Des réponses divergentes : réforme ou basculement

    Là où la démocratie est solide, elle se réforme dans la légalité (le New Deal de Roosevelt aux États-Unis, à partir de 1933). Là où elle est fragile, la crise débouche sur la dictature : en Allemagne, Hitler, chancelier le 30 janvier 1933, exploite crise, humiliation de Versailles et peur du communisme.

Résultat : La crise de 1929 fragilise les démocraties en enchaînant crise économique, crise sociale et crise politique : elle ruine la confiance dans le régime parlementaire et favorise les extrémismes. Selon la solidité des institutions, elle conduit soit à une réforme démocratique (New Deal), soit à un basculement totalitaire (Allemagne nazie) — ce qui annonce la décennie des dictatures.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir EXPLIQUER le mécanisme et la diffusion de la crise (krach financier → crise bancaire → crise économique → crise sociale → crise politique) et montrer en quoi elle fragilise les démocraties et favorise la montée des extrémismes.
  • Objectif Bac : COMPARER deux réponses à la crise — la réponse démocratique et réformiste (le New Deal aux États-Unis) et le basculement vers la dictature (l'Allemagne de 1933) — pour comprendre pourquoi un même choc produit des trajectoires politiques divergentes.

Erreurs fréquentes

  • Réduire la crise de 1929 à un simple épisode boursier : c'est une crise SYSTÉMIQUE et durable (la « Grande Dépression » des années 1930), dont les effets sociaux (chômage de masse) et politiques (montée des extrémismes) sont essentiels.
  • Croire que la crise « cause » mécaniquement le nazisme : elle est un FACTEUR aggravant décisif, mais l'arrivée d'Hitler au pouvoir tient aussi à la fragilité de Weimar, à l'héritage de 1918-1919 et à des choix politiques — la crise crée le terrain, elle ne suffit pas à tout expliquer.
  • Confondre le New Deal (réponse démocratique et réformiste, dans la légalité, aux États-Unis) avec une dérive autoritaire : c'est au contraire l'exemple d'une démocratie qui surmonte la crise sans renoncer à ses institutions.

Révision active

À partir d'une affiche ou d'un document de propagande électorale du parti nazi du début des années 1930, rédigez un paragraphe d'étude critique : identifiez la nature et l'intention du document, montrez comment il exploite la crise (chômage, misère, peur, humiliation de Versailles) pour conquérir les électeurs, puis expliquez en quoi ce document éclaire la fragilisation de la démocratie allemande sous l'effet de la crise.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 1 (L'impact de la crise de 1929) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

La nature et la comparaison des régimes totalitaires (stalinisme, nazisme, fascisme)#

●●○StandardLPeduscol-programme-histoire-geographie

Trois totalitarismes : idéologies distinctes, mécanismes communs

Mécanismes communs, idéologies différentesTableau de 4 colonnes et 4 lignes, Données: Critère · Stalinisme · Fascisme · Nazisme; Chef · Staline · Mussolini · Hitler; Parti unique · PCUS · PNF · NSDAP; Idéologie · Communisme · Nationalisme · Racisme, antisémitisme; Finalité · Société sans classes · Italie impériale · « Race » et espace vital, cellule mise en évidence : Racisme, antisémitismeCRITÈRESTALINISMEFASCISMENAZISMECHEFStalineMussoliniHitlerPARTI UNIQUEPCUSPNFNSDAPIDÉOLOGIECommunismeNationalismeRacisme, antisémitismeFINALITÉSociété sans classesItalie impériale« Race » et espace vital
Fig. 3Les trois régimes partagent les mécanismes du totalitarisme (haut du schéma) mais reposent sur des idéologies et des finalités distinctes (les trois colonnes) : la comparaison éclaire à la fois les ressemblances et les différences.

Points clés

La notion de TOTALITARISME : un régime totalitaire prétend contrôler la TOTALITÉ de la société et de l'individu (« tout dans l'État, rien hors de l'État »). Il repose sur un faisceau de traits communs : un PARTI UNIQUE, un CHEF charismatique au pouvoir absolu (culte de la personnalité), une IDÉOLOGIE officielle, une PROPAGANDE de masse, un encadrement total des populations (jeunesse, travail, loisirs) et la TERREUR d'État (police politique, camps, élimination des opposants).
L'URSS DE STALINE (le stalinisme) : à partir de la fin des années 1920, Staline impose une économie dirigée (collectivisation forcée des campagnes, « dékoulakisation », plans quinquennaux, industrialisation à marche forcée). La société est encadrée et surveillée ; la TERREUR culmine avec les Grandes Purges — procès de Moscou (à partir de 1936) puis la « Grande Terreur » (1937-1938) : exécutions massives, déportation au Goulag. L'idéologie est celle de la lutte des classes et de l'avènement du communisme.
L'ALLEMAGNE NAZIE (le nazisme) : Hitler instaure dès 1933 une dictature (parti unique, suppression des libertés). L'idéologie nazie est RACIALE et antisémite : elle proclame la supériorité de la « race aryenne », l'« espace vital » (Lebensraum), l'exclusion puis la persécution des Juifs (lois de Nuremberg, 1935), qui bascule dans la violence ouverte avec le pogrom de la Nuit de Cristal (9-10 novembre 1938). Embrigadement de la jeunesse, propagande (Goebbels), terreur (SS, Gestapo, camps de concentration) encadrent une société soumise au Führer.
L'ITALIE FASCISTE (le fascisme), matrice du mot : Mussolini, au pouvoir depuis 1922, forge le modèle du parti unique, du Duce et de l'État total dont le mot « totalitaire » est issu. Le régime fasciste sert souvent de point de comparaison initial, même si l'encadrement y est moins absolu que dans l'Allemagne nazie ou l'URSS stalinienne.
COMPARER sans confondre : les trois régimes partagent les mécanismes du totalitarisme, mais leurs PROJETS diffèrent radicalement. Le nazisme est un projet RACIAL et exterminateur ; le stalinisme se réclame de la lutte des CLASSES et du communisme ; le fascisme italien d'un nationalisme impérial. La comparaison est un outil d'analyse, pas une mise sur le même plan de leurs finalités.
Exemple corrigé

Étude critique de document : une affiche de propagande totalitaire

À partir d'une affiche de propagande d'un régime totalitaire (par exemple un portrait glorifié du chef — Staline ou Hitler — entouré de foules ou de symboles du régime), montrez en un paragraphe argumenté comment ce document met en œuvre les mécanismes du totalitarisme.

  1. 01Identifier la source (nature, commanditaire, intention)

    Nature : une affiche de propagande, diffusée massivement dans l'espace public. Commanditaire : l'État totalitaire et son parti unique. Date : années 1930. Intention : non pas informer, mais EMBRIGADER — magnifier le chef, souder la population autour du régime et de son idéologie.

  2. 02Analyser les procédés (le « comment »)

    Repérer le CULTE DE LA PERSONNALITÉ (le chef représenté en figure surhumaine, protectrice, omniprésente), les symboles du régime et de l'idéologie (drapeaux, emblèmes, masses ordonnées), une mise en scène de l'unité et de la force. L'affiche fait du chef l'incarnation du peuple tout entier.

  3. 03Relier aux mécanismes du totalitarisme (le « pourquoi »)

    Replacer le document dans le système : la propagande est l'un des piliers du totalitarisme, aux côtés du parti unique, de l'idéologie, de l'encadrement et de la terreur. L'affiche vise à façonner les esprits et à fabriquer l'adhésion (ou la soumission), complément « positif » de la répression.

  4. 04Mesurer les limites de la source

    Critiquer le document : il dit l'image que le régime veut donner de lui-même, non la réalité vécue. Il masque la contrainte, la terreur et les souffrances (purges, camps, persécutions). L'adhésion affichée ne prouve pas une adhésion réelle et unanime.

Résultat : L'affiche illustre exemplairement les mécanismes du totalitarisme : culte du chef, propagande de masse et embrigadement au service d'une idéologie. Mais, document de propagande, elle doit être lue de façon critique : elle exprime la volonté du régime de fabriquer l'adhésion, en occultant la terreur qui en est l'autre face.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir DÉFINIR le totalitarisme et lister ses traits constitutifs (parti unique, chef, idéologie, propagande, encadrement, terreur), en les ILLUSTRANT par des exemples précis tirés de l'URSS stalinienne et de l'Allemagne nazie.
  • Objectif Bac : CONSTRUIRE une comparaison rigoureuse des régimes — mettre en évidence les points communs (les mécanismes) ET les différences décisives (les idéologies et les finalités : racial/exterminateur pour le nazisme, lutte des classes pour le stalinisme), sans gommer la singularité de chacun.

Erreurs fréquentes

  • Confondre totalitarisme et simple dictature : toute dictature n'est pas totalitaire. Le totalitarisme se distingue par la volonté d'embrigader TOUTE la société et de façonner « l'homme nouveau », au moyen d'une idéologie, d'une propagande de masse et d'une terreur systématique.
  • Mettre nazisme et stalinisme « sur le même plan » sans nuance : ils partagent des MÉCANISMES totalitaires, mais leurs IDÉOLOGIES et leurs finalités diffèrent radicalement (extermination raciale ≠ lutte des classes). La comparaison doit dégager ressemblances et différences.
  • Oublier la place du fascisme italien : c'est lui qui donne naissance au mot « totalitaire » et qui sert de première matrice ; le négliger appauvrit la comparaison.

Révision active

À l'aide de vos connaissances, construisez un tableau ou un paragraphe comparatif des régimes totalitaires (URSS stalinienne / Allemagne nazie) : dégagez d'abord trois mécanismes communs (parti unique et chef, propagande et encadrement, terreur d'État), puis montrez la différence fondamentale de leurs idéologies et de leurs finalités. Concluez sur l'intérêt et les limites de la notion de « totalitarisme ».

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 2 (Les régimes totalitaires) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

La Seconde Guerre mondiale : une guerre d'anéantissement#

●●○StandardLPeduscol-programme-histoire-geographie

Les phases de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945)

Le tournant de 1942-1943Frise chronologique de 1938 à 1946, 1939: Invasion Pologne, 1940: Défaite française, 1941: URSS + Pearl Harbor, 1942: Midway, El-Alamein, 1943: Stalingrad, 1944: Débarquements, 1945: Capitulations, 1939–1942: Domination de l'Axe, 1942–1945: Reconquête alliée19381946annéeDomination del'AxeReconquête alliée1939Invasion Pologne1940Défaitefrançaise1941URSS + PearlHarbor1942Midway,El-Alamein1943Stalingrad1944Débarquements1945Capitulations
Fig. 4De l'invasion de la Pologne (1939) aux capitulations de 1945, la guerre bascule en 1942-1943 (Midway, El-Alamein, Stalingrad) : la domination de l'Axe laisse place à la reconquête alliée.

Points clés

Le déclenchement et l'extension (1939-1942) : l'invasion de la Pologne par l'Allemagne le 1er septembre 1939 ouvre la guerre en Europe. Après les victoires éclair de l'Axe (« guerre-éclair », Blitzkrieg), le conflit devient MONDIAL : entrée de l'URSS (juin 1941) et des États-Unis (décembre 1941, après Pearl Harbor). L'affrontement oppose désormais les puissances de l'Axe (Allemagne, Italie, Japon) aux Alliés.
Une GUERRE D'ANÉANTISSEMENT : à la différence de la guerre totale de 1914-1918, la Seconde Guerre mondiale vise l'ANÉANTISSEMENT de l'adversaire — non seulement militaire, mais idéologique et racial. Elle abolit la distinction entre civils et combattants : bombardements massifs de villes, exécutions de masse, traitement criminel des prisonniers (notamment sur le front de l'Est), exploitation et asservissement des populations occupées.
Le front de l'Est, paroxysme de la violence : l'invasion de l'URSS (opération Barbarossa, 1941) est conçue par les nazis comme une guerre raciale et idéologique d'extermination. Combats d'une violence inouïe, famines organisées, massacres de civils et de prisonniers : c'est le théâtre central de l'anéantissement, dont Stalingrad (1942-1943) marque le tournant.
Les TOURNANTS et la victoire alliée (1942-1945) : en 1942-1943, l'Axe est arrêté puis refoulé (Midway dans le Pacifique, El-Alamein en Afrique du Nord, Stalingrad à l'Est). Les Alliés passent à l'offensive : en juin 1944, l'Allemagne est prise en étau entre le débarquement de Normandie à l'Ouest (6 juin 1944), suivi du débarquement de Provence, et la vaste offensive soviétique à l'Est (opération Bagration). La supériorité matérielle et humaine des Alliés, sur les deux fronts, devient décisive.
Les phases finales et le bilan (1945) : capitulation de l'Allemagne (8 mai 1945) ; dans le Pacifique, les bombardements atomiques américains d'HIROSHIMA (6 août 1945) et de NAGASAKI (9 août 1945) précèdent la capitulation du Japon (2 septembre 1945). Avec des dizaines de millions de morts (en majorité des civils), des villes rasées et la découverte des camps, la Seconde Guerre mondiale est le conflit le plus meurtrier de l'histoire.

Du « total » à l'anéantissement

Un degré supplémentaire dans la violenceTableau de 3 colonnes et 4 lignes, Données: Guerre totale (1914-18) · Guerre d'anéantissement (1939-45); Mobilisation · Totale (sociétés) · Totale + idéologique; Cible · Surtout les combattants · Civils visés délibérément; Logique · Vaincre l'ennemi · Détruire / exterminer; Crimes · Violences de masse · Génocides, crimes systématiques, cellule mise en évidence : Détruire / exterminerGUERRE TOTALE (1914-18)GUERRED'ANÉANTISSEMENT(1939-45)MOBILISATIONTotale (sociétés)Totale + idéologiqueCIBLESurtout les combattantsCivils visés délibérémentLOGIQUEVaincre l'ennemiDétruire / exterminerCRIMESViolences de masseGénocides, crimessystématiques
Fig. 5La guerre d'anéantissement de 1939-1945 prolonge la guerre totale de 1914-1918 mais franchit un degré supplémentaire : elle vise la destruction idéologique et raciale de l'adversaire et multiplie les crimes de masse.
Exemple corrigé

Composition : « La Seconde Guerre mondiale, une guerre d'anéantissement »

En quoi la Seconde Guerre mondiale peut-elle être qualifiée de « guerre d'anéantissement » ? Construisez le plan détaillé d'une réponse argumentée.

  1. 01Dégager la problématique

    On demande de montrer que la Seconde Guerre mondiale franchit un degré de violence supérieur à la guerre totale de 1914-1918 : l'adversaire n'est plus seulement à vaincre, il est à ANÉANTIR. On annonce un plan en trois temps.

  2. 02Partie 1 — Une guerre totale et mondiale… portée à l'extrême

    Comme en 1914-1918, toutes les ressources sont mobilisées (économie de guerre, propagande, sciences) et le conflit est mondial (Europe, Pacifique, Afrique, Asie). Mais l'ampleur, la durée et la mécanisation de la mort atteignent un niveau sans précédent.

  3. 03Partie 2 — Une volonté d'anéantissement idéologique et racial

    La guerre vise la destruction de l'adversaire en tant que tel. Sur le front de l'Est (Barbarossa, 1941), les nazis mènent une guerre raciale d'extermination (massacres de civils et de prisonniers, famines organisées). Les civils deviennent des cibles : bombardements massifs de villes, exploitation et asservissement des populations occupées.

  4. 04Partie 3 — L'anéantissement poussé jusqu'au génocide

    Le degré ultime est le génocide des Juifs et des Tsiganes, planifié et industrialisé (Shoah). La guerre d'anéantissement culmine ainsi dans la volonté d'exterminer des populations entières au nom d'une idéologie raciale — ce qui en fait sa spécificité historique (à développer au chapitre suivant).

Résultat : La Seconde Guerre mondiale est bien une guerre d'anéantissement : elle prolonge la guerre totale, mais y ajoute la volonté de détruire idéologiquement et racialement l'adversaire, l'effacement de la distinction entre civils et militaires, des crimes de masse (front de l'Est, bombardements) et, à son degré ultime, le génocide. La destruction de l'autre y devient un but de guerre.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir DÉFINIR et ILLUSTRER la notion de « guerre d'anéantissement » et la DISTINGUER de la « guerre totale » de 1914-1918 (anéantissement idéologique et racial de l'adversaire, effacement de la distinction civils/militaires, crimes de masse, notamment sur le front de l'Est).
  • Objectif Bac : maîtriser et utiliser les grands REPÈRES du conflit (1939 déclenchement ; 1941 mondialisation ; 1942-1943 tournants ; 6 juin 1944 ; 8 mai 1945 ; août-septembre 1945, bombes atomiques et capitulation du Japon) pour situer et expliquer les phases de la guerre.

Erreurs fréquentes

  • Confondre « guerre totale » (1914-1918, mobilisation de toutes les ressources d'un pays) et « guerre d'anéantissement » (1939-1945, qui vise en plus la destruction idéologique et raciale de l'adversaire et abolit la frontière entre civils et militaires) : la seconde guerre franchit un nouveau degré de violence.
  • Réduire la guerre à l'Europe occidentale : le front de l'EST (Allemagne / URSS) est le théâtre central et le plus meurtrier, et le conflit est aussi mondial (Pacifique, Afrique, Asie).
  • Faire des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki le « début » de la guerre froide ou un simple fait technique : ils relèvent des phases finales de 1945 (face au Japon) et illustrent l'extrême violence atteinte par le conflit ; leur portée géopolitique appartient à la période suivante.

Révision active

Rédigez un paragraphe argumenté répondant à la question : « En quoi la Seconde Guerre mondiale est-elle une guerre d'anéantissement ? » Vous distinguerez cette notion de la guerre totale de 1914-1918, et vous l'illustrerez par des exemples précis (front de l'Est, bombardements de villes, traitement des populations occupées et des prisonniers).

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 3 (La Seconde Guerre mondiale) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

Le génocide des Juifs et des Tsiganes et les crimes de masse#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-histoire-geographie

La Shoah : un processus génocidaire

Du processus à la mémoireGraphe, Exclusion (lois de Nuremberg, 1935) → Concentration (ghettos, camps), Concentration (ghettos, camps) → Extermination (Einsatzgruppen, camps), Extermination (Einsatzgruppen, camps) → ≈ 6 millions de Juifs ; Tsiganes (Samudaripen), ≈ 6 millions de Juifs ; Tsiganes (Samudaripen) → Mémoire et transmissionExclusion (loisde Nuremberg,1935)Concentration(ghettos, camps)Extermination(Einsatzgruppen,camps)≈ 6 millions deJuifs ; Tsiganes(Samudaripen)Mémoire ettransmission
Fig. 6Le génocide procède par étapes — exclusion, concentration, extermination industrialisée (coordonnée à Wannsee en 1942) — puis devient, après 1945, un enjeu majeur de mémoire et de transmission.

Points clés

Une notion clé : le GÉNOCIDE désigne l'extermination PLANIFIÉE et SYSTÉMATIQUE d'un groupe humain en raison de son appartenance (nationale, ethnique, raciale ou religieuse). La Seconde Guerre mondiale en porte l'exemple le plus radical : le génocide des Juifs (la SHOAH) et celui des Tsiganes (Roms et Sintis), perpétrés par l'Allemagne nazie au cœur de la guerre d'anéantissement.
De la persécution à l'extermination : la politique nazie passe par étapes — exclusion et persécution légale des Juifs en Allemagne (lois de Nuremberg, 1935), puis, avec la guerre et l'occupation de l'Europe, ghettos et travail forcé. À partir de 1941, sur le front de l'Est, les Einsatzgruppen mènent des FUSILLADES de masse (la « Shoah par balles »). La décision d'exterminer tous les Juifs d'Europe est coordonnée à la conférence de WANNSEE (20 janvier 1942).
Une extermination INDUSTRIALISÉE : les nazis organisent la déportation des Juifs de toute l'Europe vers des CENTRES DE MISE À MORT (camps d'extermination, comme Auschwitz-Birkenau) où ils sont assassinés massivement, notamment par le gaz. À distinguer des camps de concentration (travail forcé et mort de masse, mais conçus d'abord comme lieux d'internement). Le génocide fait environ SIX MILLIONS de victimes juives ; les Tsiganes sont également visés comme groupe et exterminés.
Une singularité historique : la Shoah se distingue par son CARACTÈRE TOTAL (tuer tous les Juifs, partout en Europe, sans exception, simplement parce qu'ils sont juifs), sa PLANIFICATION bureaucratique et son INDUSTRIALISATION (sélection, transport ferroviaire, chambres à gaz). C'est l'aboutissement extrême de l'idéologie raciale nazie et de la guerre d'anéantissement.
CONNAISSANCE et MÉMOIRE : le crime est connu dès la fin de la guerre (libération des camps en 1945, témoignages des survivants, procès de Nuremberg, 1945-1946). Il devient un enjeu majeur de mémoire et de transmission (devoir de mémoire, lutte contre le négationnisme, lieux et journées de commémoration) — une question vive du présent.
Exemple corrigé

Démontrer : la Shoah est un génocide d'un type radical

En vous appuyant sur la définition du génocide, montrez pourquoi l'extermination des Juifs d'Europe par l'Allemagne nazie (la Shoah) constitue un génocide, et précisez ce qui en fait un crime d'une radicalité singulière.

  1. 01Poser la définition (le critère)

    Un génocide est l'extermination PLANIFIÉE et SYSTÉMATIQUE d'un groupe en raison de son appartenance. Le critère décisif est l'INTENTION de détruire le groupe en tant que tel — ici, les Juifs (et les Tsiganes), visés au nom de l'idéologie raciale nazie.

  2. 02Établir l'intention et la planification

    L'idéologie nazie désigne les Juifs comme un groupe à éliminer. De la persécution légale (lois de Nuremberg, 1935) on passe à l'extermination, coordonnée bureaucratiquement à la conférence de Wannsee (20 janvier 1942), qui organise la déportation des Juifs de toute l'Europe. Il s'agit d'un projet décidé d'en haut, pas de débordements isolés.

  3. 03Montrer le caractère systématique et industriel

    Les méthodes attestent un système : fusillades de masse à l'Est (Einsatzgruppen) dès 1941, puis déportation ferroviaire et mise à mort industrielle dans des centres d'extermination (chambres à gaz d'Auschwitz-Birkenau). Sélection, transport, assassinat : une machine bureaucratique au service de la mort.

  4. 04Mesurer l'ampleur et la singularité

    Le bilan — environ six millions de Juifs assassinés, et de nombreux Tsiganes — révèle une volonté d'anéantir des groupes entiers, partout en Europe, sans exception. La planification, l'industrialisation et le caractère « total » (tuer tous les Juifs, simplement parce qu'ils sont juifs) font de la Shoah un génocide d'une radicalité singulière.

Résultat : Parce qu'elle vise les Juifs en tant que groupe, qu'elle procède de façon planifiée (Wannsee, 1942), systématique et industrialisée (centres de mise à mort), et qu'elle fait environ six millions de morts, la Shoah est bien un génocide — auquel s'ajoute celui des Tsiganes. Son caractère total et bureaucratique en fait l'aboutissement extrême de l'idéologie raciale nazie et de la guerre d'anéantissement.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir DÉFINIR précisément le génocide et MONTRER en quoi l'extermination des Juifs et des Tsiganes en relève (caractère planifié, systématique, visant un groupe en tant que tel), en distinguant la Shoah des autres crimes de masse de la guerre.
  • Objectif Bac : analyser de façon CRITIQUE un document sur le génocide (témoignage de survivant, document administratif nazi, photographie, plan de camp) et l'ARTICULER avec l'enjeu de mémoire — distinguer l'événement (1941-1945) de sa connaissance, de sa qualification et de sa transmission ultérieures.

Erreurs fréquentes

  • Employer « génocide » comme un simple synonyme de « grand nombre de morts » : le génocide suppose une INTENTION et un PLAN d'extermination d'un groupe en raison de son identité — c'est ce qui le distingue des autres pertes, même massives, de la guerre.
  • Confondre camps de CONCENTRATION (internement, travail forcé, mort de masse) et centres d'EXTERMINATION (conçus pour tuer industriellement, par le gaz) : Auschwitz-Birkenau combine les deux fonctions, mais la distinction conceptuelle est essentielle et souvent attendue.
  • Oublier les Tsiganes : le programme nomme explicitement le génocide des Juifs ET des Tsiganes ; ne mentionner que la Shoah juive appauvrit la réponse (sans pour autant gommer la singularité et l'ampleur propres à la Shoah).

Révision active

À partir d'un témoignage de survivant d'un camp d'extermination (ou d'un extrait d'œuvre de témoignage de la déportation), rédigez une étude critique : ce que le document apprend du processus génocidaire (déportation, mise à mort, déshumanisation), puis les limites et la valeur de ce type de source (témoignage individuel, mémoire, indicible), en reliant enfin à l'enjeu actuel du devoir de mémoire.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 3 (La Seconde Guerre mondiale : génocide des Juifs et des Tsiganes) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 05

La France dans la guerre : occupation, Vichy, collaboration, Résistance et France libre#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-histoire-geographie

La France coupée en deux (1940)

La France de l'armistice de 1940Schéma avec 4 éléments, Zone occupée (Allemagne), Zone « libre » (Vichy), ligne de démarcation, Alsace-Moselle annexéeZone occupée(Allemagne)Zone « libre »(Vichy)ligne dedémarcationAlsace-Moselleannexée
Fig. 7L'armistice de juin 1940 coupe la France en deux par la ligne de démarcation : zone occupée au nord, zone « libre » de Vichy au sud — jusqu'à l'occupation totale de novembre 1942.

Points clés

La DÉFAITE et l'EFFONDREMENT (mai-juin 1940) : l'offensive allemande balaie l'armée française en quelques semaines ; c'est la « débâcle » et l'exode des populations. L'armistice (22 juin 1940) divise la France : une zone OCCUPÉE au nord et à l'ouest, une zone « libre » au sud, séparées par la LIGNE DE DÉMARCATION. La République laisse place à un régime nouveau, dirigé par le maréchal Pétain depuis Vichy.
Le RÉGIME DE VICHY : Pétain reçoit les pleins pouvoirs (10 juillet 1940) et installe l'« État français », autoritaire, qui rejette la République (« Travail, Famille, Patrie ») et mène la « Révolution nationale ». Vichy choisit la COLLABORATION d'État avec l'Allemagne (entrevue de Montoire, octobre 1940) et adopte de sa propre initiative une politique ANTISÉMITE (statuts des Juifs de 1940 et 1941), participant aux arrestations et à la déportation des Juifs de France.
La COLLABORATION et la répression : la collaboration prend des formes politiques, économiques (livraison de matériel, travail forcé en Allemagne — STO, 1943) et policières (la Milice, créée en 1943, traque résistants et Juifs). L'occupation s'alourdit à partir de novembre 1942 (la zone sud est à son tour occupée). La France connaît privations, répression et terreur.
La RÉSISTANCE : dès l'été 1940 naissent des refus. La Résistance INTÉRIEURE (réseaux, mouvements, presse clandestine, maquis, sabotages, renseignement) s'organise et s'unifie : Jean Moulin fédère les mouvements au sein du Conseil national de la Résistance (CNR, 1943), qui prépare l'après-guerre. La Résistance est plurielle (de toutes sensibilités) et paie un lourd tribut à la répression.
La FRANCE LIBRE et la LIBÉRATION : le 18 juin 1940, depuis Londres, le général de GAULLE lance un APPEL à poursuivre le combat et fonde la France libre. La France combattante, la Résistance intérieure et les Alliés convergent : débarquements de 1944, soulèvements, libération du territoire (libération de Paris, août 1944). La France figure parmi les vainqueurs, mais sort de la guerre profondément meurtrie et divisée — d'où des MÉMOIRES de Vichy, de la collaboration et de la Résistance longtemps disputées.

Deux France face à l'Occupation

Vichy contre la RésistanceTableau de 2 colonnes et 4 lignes, Données: Vichy et collaboration · Résistance et France libre; Régime de Pétain (1940) · France libre (de Gaulle, 18 juin 1940); « Révolution nationale » · Résistance intérieure (réseaux, maquis); Collaboration (Montoire, 1940) · Unifiées par le CNR (1943, J. Moulin); Rafles, STO, complicité · Libération (1944)VICHY ET COLLABORATIONRÉSISTANCE ET FRANCELIBRERégime de Pétain (1940)France libre (de Gaulle, 18juin 1940)« Révolution nationale »Résistance intérieure(réseaux, maquis)Collaboration (Montoire,1940)Unifiées par le CNR (1943,J. Moulin)Rafles, STO, complicitéLibération (1944)
Fig. 8Face au régime de Vichy et à la collaboration, la Résistance intérieure et la France libre du général de Gaulle convergent, unifiées par le CNR (1943), jusqu'à la Libération de 1944.
Exemple corrigé

Étude critique de document : l'appel du 18 juin 1940

À partir du texte de l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle (diffusé sur la BBC depuis Londres), montrez en quoi ce document fonde la France libre et s'oppose au choix de l'armistice et de Vichy.

  1. 01Identifier la source (nature, auteur, destinataire, intention)

    Nature : un appel radiodiffusé (allocution), prononcé sur la BBC. Auteur : le général de Gaulle, depuis Londres, au lendemain de la demande d'armistice. Destinataire : les Français (militaires et civils). Intention : appeler à refuser la défaite et à poursuivre le combat aux côtés des Alliés.

  2. 02Dégager les arguments du texte

    De Gaulle soutient que la défaite n'est pas définitive : le conflit est MONDIAL, et l'immense puissance industrielle qui pourra être mobilisée du côté allié (l'Empire britannique et, en perspective, les États-Unis) finira par l'emporter. Il en déduit la nécessité de continuer la lutte et de refuser l'armistice. (La formule « la France a perdu une bataille, mais elle n'a pas perdu la guerre » résume cet esprit : elle date en réalité de l'affiche d'août 1940, non du discours du 18 juin.)

  3. 03Mesurer la portée du document

    Replacer dans le contexte : l'appel est l'ACTE FONDATEUR de la France libre et de la Résistance gaulliste. Il oppose une légitimité du combat à la légalité revendiquée par Pétain. Sa portée IMMÉDIATE est faible (peu d'auditeurs en juin 1940), mais sa portée SYMBOLIQUE et mémorielle est immense.

  4. 04Critiquer et nuancer

    Le document exprime le point de vue d'un acteur engagé : il construit un récit mobilisateur. Il faut le confronter à la réalité de 1940 (audience restreinte, Résistance encore embryonnaire) et ne pas projeter rétrospectivement sur juin 1940 l'autorité que de Gaulle n'acquerra que plus tard.

Résultat : L'appel du 18 juin 1940 fonde la France libre : en affirmant que la guerre est mondiale et que la victoire alliée est possible, de Gaulle justifie le refus de l'armistice et oppose la légitimité du combat au choix de Vichy. Document d'acteur engagé, à la portée d'abord symbolique, il doit être analysé de façon critique et resitué dans le contexte de l'été 1940.

Schritt-für-Schritt Erklärung5 Schritte
  1. 1

    Juin 1940 : l'armée française s'effondre. L'armistice du 22 juin coupe la France en deux par la ligne de démarcation — une zone occupée au nord, une zone « libre » au sud.

  2. 2

    À Vichy, le maréchal Pétain reçoit les pleins pouvoirs et fonde l'« État français ». Il choisit la collaboration avec l'Allemagne et engage de lui-même une politique antisémite.

  3. 3

    Mais dès le 18 juin 1940, depuis Londres, le général de Gaulle appelle à poursuivre le combat : c'est l'acte fondateur de la France libre. Sa formule la plus célèbre figure sur l'affiche « À tous les Français » placardée à Londres en août 1940.

  4. 4

    En France, la Résistance intérieure s'organise : réseaux, maquis, presse clandestine. En 1943, Jean Moulin unifie les mouvements au sein du Conseil national de la Résistance.

  5. 5

    En 1944, la Résistance, la France libre et les Alliés convergent. Paris est libéré en août 1944. La France figure parmi les vainqueurs — mais les mémoires de Vichy et de la Résistance resteront longtemps disputées.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : maîtriser et utiliser les REPÈRES de la France dans la guerre (juin 1940 défaite et armistice ; 18 juin 1940 appel de De Gaulle ; régime de Vichy 1940-1944 ; novembre 1942 occupation totale ; 1943 CNR ; 1944 débarquements et libération) et savoir distinguer Vichy, collaboration, Résistance intérieure et France libre.
  • Objectif Bac : analyser de façon CRITIQUE un document sur la France occupée (affiche de la Révolution nationale, appel du 18 juin, tract de la Résistance, document sur la persécution des Juifs) et en montrer la portée, en reliant aux enjeux de MÉMOIRE (responsabilité de l'État français, héroïsation puis examen critique de la Résistance).

Erreurs fréquentes

  • Présenter Vichy comme un régime simplement « passif » ou « contraint » : Vichy choisit la collaboration d'État (Montoire) et prend de sa PROPRE initiative des mesures antisémites (statuts des Juifs), participant à la déportation — c'est une responsabilité propre, pas une simple soumission.
  • Confondre Résistance INTÉRIEURE (réseaux et mouvements clandestins en France) et FRANCE LIBRE (de Gaulle, depuis Londres) : ce sont deux composantes distinctes mais convergentes de la lutte ; le CNR (1943) les coordonne.
  • Croire que toute la France « résiste » ou que toute la France « collabore » : la réalité est faite d'une majorité d'attentisme, d'une minorité de résistants et d'une minorité de collaborateurs — éviter les généralisations héroïques ou accusatrices.

Révision active

À partir du texte de l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle, rédigez une étude critique : identifiez la nature, l'auteur, le destinataire et l'intention du document, dégagez les arguments qui justifient la poursuite du combat (dimension mondiale de la guerre, espoir de la victoire alliée, refus de l'armistice), puis expliquez en quoi cet appel fonde la France libre et s'oppose au choix de Vichy.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 3 (La Seconde Guerre mondiale), points de passage « Juin 1940 : continuer ou arrêter la guerre » et « De Gaulle et la France libre » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01L'impact de la crise de 1929 et la fragilisation des démocraties○
    • 02La nature et la comparaison des régimes totalitaires (stalinisme, nazisme, fascisme)◐
    • 03La Seconde Guerre mondiale : une guerre d'anéantissement◐
    • 04Le génocide des Juifs et des Tsiganes et les crimes de masse●
    • 05La France dans la guerre : occupation, Vichy, collaboration, Résistance et France libre●

0/5 Lues

Des fiches à l'entraînement

Fragilités des démocraties, totalitarismes et Seconde Guerre mondiale (1929-1945)

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

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Compétences
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Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programmes d'histoire-géographie — première et terminale, voie générale (BO 2019), Histoire de terminale, thème 1, chapitre 1 (L'impact de la crise de 1929)

Chapitre précédent

La Chine : des recompositions spatiales multiples

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