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Fiches · Enseignement scientifiqueFR · Bac

Science, climat et société

Ce thème de terminale relie l’histoire de l’atmosphère terrestre, le cycle du carbone, le fonctionnement du système climatique et les enjeux sociétaux du réchauffement global. On y apprend à lire des données paléoclimatiques et atmosphériques, à analyser le cycle biogéochimique du carbone, à expliquer l’effet de serre additionnel et ses rétroactions, et à exploiter les modèles numériques pour distinguer corrélation et causalité. Tout le contenu présenté ici relève du programme de terminale et de l’épreuve écrite (sous-parties 1.1, 1.2 et 1.3).

6 sections·~28 min de lecture·5 compétences·Niveau Standard 4 · Approfondissement 2·Vérifié · 06/2026

T·0666 / 8
Profil d’examen
Analyser des données sur l’évolution de la composition de l’atmosphère au cours des temps géologiques (oxygénation, sources et puits de O₂) et mettre en relation la production de dioxygène avec des indices géologiques et l’évolution de la biodiversité.Analyser un schéma du cycle biogéochimique du carbone pour comparer les stocks des différents réservoirs (atmosphère, océan, biosphère, sols, roches, combustibles fossiles) et identifier les flux principaux, naturels et anthropiques, en lien avec le caractère non renouvelable des combustibles fossiles.Lire un diagramme d’état (P, T) de l’eau pour déterminer son état physique ; mettre en relation les spectres d’absorption de l’ozone et de l’ADN dans l’ultraviolet pour expliquer le rôle protecteur de la couche d’ozone.Distinguer climat et météorologie, identifier des indices de variations climatiques passées (pollens, glaciers) ; déterminer la capacité d’un gaz à influencer l’effet de serre à partir de son spectre d’absorption infrarouge et de son abondance.Identifier les relations de causalité (actions et rétroactions) du système climatique, estimer la dilatation thermique de l’océan, et exploiter un modèle de simulation climatique pour justifier des liens de cause à effet en distinguant corrélation et causalité.
Opérateurs :analyserdéterminermettre en relationdistinguerestimerexploiterjustifierinterpréter

niveau de base

Maîtrise d’abord les faits-repères datés (oxygénation ≈ 2,4 Ga, réchauffement ≈ +1 °C depuis l’ère préindustrielle, GES majeurs CO₂/CH₄/N₂O/H₂O) et sache lire un diagramme d’état, un spectre d’absorption et une courbe d’anomalie de température.

niveau approfondi

Approfondis les raisonnements de causalité : couple un spectre d’absorption infrarouge à une abondance pour hiérarchiser des GES, chiffre une rétroaction (vapeur d’eau, albédo) ou une dilatation thermique, et argumente la distinction corrélation/causalité à partir des résultats d’un modèle (attribution à l’activité humaine).

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 6 sections▾
  1. Science, climat et société
    • 011.1 L’atmosphère terrestre et la vie : composition, hydrosphère, oxygénation et ozone◐
    • 021.1 (suite) Oxygénation de l’atmosphère et évolution de la biodiversité◐
    • 031.1 (suite) Le cycle biogéochimique du carbone et les combustibles fossiles◐
    • 041.2 La complexité du système climatique : climat, météo, gaz à effet de serre et forçage radiatif◐
    • 051.2 (suite) Rétroactions du système climatique et rôle amortisseur de l’océan●
    • 061.3 Le climat du futur : modèles numériques, attribution et enjeux pour la société●
§ 01

1.1 L’atmosphère terrestre et la vie : composition, hydrosphère, oxygénation et ozone#

●●○StandardLPeduscol-programme-enseignement-scientifique

Diagramme d’état (P, T) de l’eau : lire l’état physique

Diagramme d’état (P, T) de l’eauSchéma avec 13 éléments, T, P, fusion, vaporisation, sublimation, P = 1 atm, solide, liquide, vapeur, point triple, point critiqueTPfusionvaporisationsublimationP = 1 atmsolideliquidevapeurpoint triplepoint critique
Fig. 1Le plan (température, pression) est partagé en trois domaines (solide, liquide, vapeur) par les courbes de changement d’état issues du point triple. En suivant la ligne P = 1 atm (en pointillés), on lit : glace (T < 0 °C), eau liquide (0–100 °C), vapeur (T > 100 °C). La courbe de fusion de l’eau est légèrement inclinée vers la gauche (cas particulier : la glace fond sous pression). Le point triple est l’unique équilibre des trois phases ; au-delà du point critique, liquide et vapeur ne se distinguent plus.

Points clés

Atmosphère primitive ≈ N₂ + CO₂ + H₂O (vapeur), sans dioxygène. Le refroidissement de la Terre a permis la liquéfaction de la vapeur d’eau (passage vapeur → liquide) : c’est la formation de l’hydrosphère (océans). L’atmosphère actuelle est ≈ 78 % de N₂, 21 % de O₂ et des traces (H₂O, CO₂ ≈ 0{,}04 %, CH₄, N₂O).
L’état physique de l’eau (solide / liquide / vapeur) se lit sur son diagramme d’état (P, T) : un point situé dans un domaine donne l’état stable ; les courbes séparant les domaines sont les courbes de changement d’état (fusion, vaporisation, sublimation). Le point triple (équilibre des trois phases) et le point critique en sont les bornes remarquables.
Le dioxygène atmosphérique est d’origine biologique : il provient de la photosynthèse oxygénique des cyanobactéries. Premières traces de vie photosynthétique ≈ 3,5 Ga ; la Grande Oxygénation se produit ≈ 2,4 Ga (oxydation des roches, fers rubanés). Sources de O₂ : photosynthèse ; puits de O₂ : respiration, oxydation des roches et combustions.
Le dioxygène a permis la formation de l’ozone stratosphérique (O₃) : le rayonnement ultraviolet dissocie d’abord O₂ (photodissociation, UV de longueur d’onde inférieure à ≈ 242 nm), puis O + O₂ → O₃. La couche d’ozone absorbe une grande partie des UV.
Rôle protecteur : le spectre d’absorption de l’ozone dans l’UV recouvre largement le spectre d’absorption de l’ADN (maximum vers 260 nm). L’ozone filtre donc les UV qui seraient absorbés par l’ADN — UV mutagènes — ce qui a rendu possible la conquête des milieux émergés par le vivant.
O2→  UV (λ<242 nm)  O+OO+O2⟶O3\text{O}_2 \xrightarrow{\;UV\,(\lambda<242\ \text{nm})\;} \text{O} + \text{O} \qquad \text{O} + \text{O}_2 \longrightarrow \text{O}_3O2​UV(λ<242 nm)​O+OO+O2​⟶O3​

Formation de l’ozone stratosphérique

Le rayonnement ultraviolet de courte longueur d’onde dissocie le dioxygène en atomes d’oxygène, qui se recombinent avec O₂ pour former l’ozone. Ce cycle absorbe une partie de l’énergie UV.

E=h cλE = \dfrac{h\,c}{\lambda}E=λhc​

Énergie d’un photon

L’énergie d’un photon est inversement proportionnelle à sa longueur d’onde : les UV (λ courte) sont plus énergétiques que le visible, donc capables de dissocier O₂ et d’endommager l’ADN.

Filtrage des UV : recouvrement des spectres d’absorption de l’ozone et de l’ADN

Recouvrement des spectres d'absorption UV de O3 et de l'ADNCourbe de absorption O3, maximum en (255, 1), sur l’intervalle x de 230 à 320, Courbe de absorption ADN, maximum en (260, 1), sur l’intervalle x de 230 à 3202402602803003200.20.40.60.81max ADN ~260 nmmax O3 ~255 nmabsorption O3absorption ADNabsorption (u.a.)longueur d'onde (nm)
Fig. 2L’ozone absorbe fortement les UV dans la bande même où l’ADN absorbe (maximum vers 260 nm) : il joue le rôle d’écran protecteur contre les UV mutagènes.
Exemple corrigé

Lire le diagramme d’état et justifier le rôle protecteur de l’ozone

À l’aide du diagramme d’état (P, T) de l’eau, déterminer l’état physique de l’eau à la pression de 1{,}0 × 10⁵ Pa pour les températures −10 °C, +25 °C et +150 °C. Justifier ensuite, à partir des spectres d’absorption fournis, pourquoi la couche d’ozone protège l’ADN des rayonnements ultraviolets.

  1. 01Se placer à la bonne pression

    On trace la droite horizontale P = 1{,}0 × 10⁵ Pa (≈ 1 atm) sur le diagramme, puis on lit le domaine traversé en augmentant la température.

  2. 02Lire chaque état

    À −10 °C le point est dans le domaine SOLIDE (glace) ; à +25 °C il est dans le domaine LIQUIDE ; à +150 °C il est dans le domaine VAPEUR. Les frontières franchies à 0 °C et 100 °C sont les changements d’état (fusion puis vaporisation).

  3. 03Comparer les spectres UV

    Le spectre d’absorption de l’ozone et celui de l’ADN se recouvrent fortement dans l’UV, autour de 250–290 nm, l’ADN absorbant au maximum vers 260 nm.

  4. 04Conclure sur la protection

    Les UV de cette bande sont très énergétiques et provoquent des lésions de l’ADN (mutations). Comme l’ozone absorbe ces mêmes UV avant qu’ils n’atteignent la surface, il agit comme un filtre protecteur du vivant.

Résultat : À 1 atm : glace à −10 °C, eau liquide à +25 °C, vapeur à +150 °C. L’ozone absorbe les UV dans la bande où l’ADN absorbe (≈ 260 nm) : il protège donc le matériel génétique des UV mutagènes.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : analyser un document (graphique de teneur en O₂, tableau d’indices géologiques) pour décrire l’évolution de la composition de l’atmosphère et la relier à l’apparition puis à la diversification de la vie.
  • Objectif Bac : lire un diagramme d’état (P, T) de l’eau pour conclure sur l’état physique dans des conditions données ; superposer les spectres d’absorption de O₃ et de l’ADN pour justifier le rôle d’écran protecteur de la couche d’ozone.

Erreurs fréquentes

  • Croire que le dioxygène était présent dès l’origine de la Terre : l’atmosphère primitive en était dépourvue ; O₂ est apparu progressivement grâce à la photosynthèse.
  • Confondre l’ozone stratosphérique (bénéfique, filtre les UV) et l’ozone de basse altitude (polluant). Confondre aussi « absorber les UV » et « réfléchir les UV » : l’ozone et l’ADN absorbent le rayonnement.

Révision active

On donne le diagramme d’état (P, T) de l’eau. Pour une pression de 1{,}0 × 10⁵ Pa, déterminer l’état physique de l’eau à −10 °C, à +25 °C et à +150 °C. Justifier ensuite, à l’aide des spectres d’absorption fournis, pourquoi la couche d’ozone protège l’ADN des UV.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique — classe terminale, voie générale (Éduscol) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

1.1 (suite) Oxygénation de l’atmosphère et évolution de la biodiversité#

●●○StandardLPeduscol-programme-enseignement-scientifique

Cycle simplifié du dioxygène : sources et puits

Cycle du dioxygène : sources et puitsGraphe, Photosynthèse (source +) → O₂ de l'air (réservoir), Enfouissement de matière organique → O₂ de l'air (réservoir), O₂ de l'air (réservoir) → Respiration, combustion (puits −)Photosynthèse(source +)Enfouissement dematièreorganiqueO₂ de l'air(réservoir)Respiration,combustion(puits −)+excédent net−
Fig. 3La photosynthèse alimente le réservoir de O₂ ; respiration, oxydation des roches et combustions le vident. À l’équilibre ces flux se compensent ; c’est l’enfouissement de matière organique (mis en évidence) — carbone soustrait à la respiration — qui a permis l’excédent net de dioxygène au cours des temps géologiques.

Points clés

La teneur en O₂ de l’atmosphère a augmenté par étapes : quasi nulle avant ≈ 2,4 Ga, première grande montée à la Grande Oxygénation (≈ 2,4 Ga), puis seconde montée vers ≈ 0,6–0,5 Ga, atteignant la valeur actuelle (≈ 21 %). La courbe n’est ni linéaire ni régulière.
Indices géologiques de cette oxygénation : les fers rubanés (bandes d’oxydes de fer, ≈ 2,4 Ga) marquent l’oxydation de l’océan ; l’apparition des « lits rouges » (red beds) continentaux marque l’oxydation de l’atmosphère. Ces indices sont datés et corrélés à la montée de O₂.
Bilan de O₂ : la photosynthèse est la source (libère O₂), la respiration, l’oxydation des roches et les combustions sont les puits (consomment O₂). À l’échelle des temps géologiques, l’accumulation de matière organique enfouie (non respirée) a permis le surplus de O₂.
Conséquences pour le vivant : l’oxygénation rend possible la respiration aérobie (beaucoup plus rentable énergétiquement), la formation de la couche d’ozone (sortie des eaux) et accompagne de grandes étapes de diversification de la biodiversité (eucaryotes, faune d’Édiacara, explosion cambrienne).
Méthode : pour relier production de O₂ et biodiversité, on superpose une courbe de teneur en O₂ et un axe temporel d’événements biologiques, puis on argumente une corrélation temporelle — sans confondre corrélation et causalité.
6 CO2+6 H2O→  lumieˋre  C6H12O6+6 O26\,\text{CO}_2 + 6\,\text{H}_2\text{O} \xrightarrow{\;\text{lumière}\;} \text{C}_6\text{H}_{12}\text{O}_6 + 6\,\text{O}_26CO2​+6H2​Olumieˋre​C6​H12​O6​+6O2​

Photosynthèse : la source de O₂

La photosynthèse oxygénique des cyanobactéries puis des végétaux libère le dioxygène à l’origine de l’atmosphère actuelle.

Évolution de la teneur en O₂ atmosphérique au cours des temps géologiques

Teneur en O₂ atmosphérique au cours du tempsGraphique en courbes: O₂ (% de la valeur actuelle) selon temps (Ga avant le présent), Données: O₂ (% de la valeur actuelle) · −3,5: 0; O₂ (% de la valeur actuelle) · −2,4: 2; O₂ (% de la valeur actuelle) · −2,2: 12; O₂ (% de la valeur actuelle) · −1,0: 12; O₂ (% de la valeur actuelle) · −0,6: 35; O₂ (% de la valeur actuelle) · −0,4: 80; O₂ (% de la valeur actuelle) · −0,2: 100; O₂ (% de la valeur actuelle) · 0: 100020406080100−3,5−2,4−2,2−1,0−0,6−0,4−0,20O₂ (% de la valeur actuelle)temps (Ga avant le présent)
Fig. 4Teneur en dioxygène (en % de la valeur actuelle) au cours des 3,5 derniers milliards d'années. Quasi nulle à l'origine, elle franchit un premier palier lors de la Grande Oxygénation (≈ 2,4–2,2 Ga, point mis en évidence ; témoins : fers rubanés), reste modérée, puis monte fortement au Néoprotérozoïque (≈ 0,6 Ga), accompagnant la diversification du vivant jusqu'au niveau actuel.
Exemple corrigé

Décrire l’oxygénation et la relier à la biodiversité

On dispose de la courbe de teneur en O₂ atmosphérique (en % de la valeur actuelle) sur les 3,5 derniers milliards d’années et d’un axe d’événements : fers rubanés (≈ 2,4 Ga), faune d’Édiacara (≈ 0,6 Ga), explosion cambrienne (≈ 0,54 Ga). Décrire les étapes de l’oxygénation, citer les indices géologiques et discuter le lien avec la diversification du vivant.

  1. 01Décrire la courbe

    La teneur en O₂ reste quasi nulle jusqu’à ≈ 2,4 Ga, puis monte une première fois (Grande Oxygénation) et se stabilise autour de 10–12 %, avant une seconde montée vers ≈ 0,6 Ga jusqu’à la valeur actuelle. L’évolution se fait par paliers.

  2. 02Relier aux indices géologiques

    Les fers rubanés (≈ 2,4 Ga) attestent l’oxydation des océans et coïncident avec la première montée ; les premiers « lits rouges » continentaux marquent l’oxydation ultérieure de l’atmosphère.

  3. 03Mettre en relation avec la biodiversité

    La seconde montée du O₂ (≈ 0,6 Ga) précède la faune d’Édiacara puis l’explosion cambrienne : la respiration aérobie, plus rentable, et la formation de l’ozone rendent possibles des organismes complexes et la sortie des eaux.

  4. 04Distinguer corrélation et causalité

    La concordance temporelle (O₂ ↑ puis diversité ↑) est une corrélation ; le lien causal s’appuie sur des mécanismes (énergie de la respiration aérobie, protection par l’ozone), pas sur la seule simultanéité.

Résultat : Oxygénation en deux grandes étapes (≈ 2,4 Ga puis ≈ 0,6 Ga) attestée par les fers rubanés et les lits rouges ; elle accompagne et, par des mécanismes identifiés, favorise la diversification du vivant — une corrélation étayée par une causalité.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : à partir d’un graphique de teneur en O₂ et d’indices géologiques datés, décrire les étapes de l’oxygénation et les corréler à des événements de la biodiversité.
  • Objectif Bac : identifier source(s) et puits de dioxygène dans un schéma de cycle et justifier l’accumulation de O₂ par l’enfouissement de matière organique.

Erreurs fréquentes

  • Présenter la montée du O₂ comme continue et linéaire : elle s’est faite par paliers, sur des centaines de millions à des milliards d’années.
  • Conclure d’une simple corrélation temporelle (O₂ ↑ et biodiversité ↑) à un lien de cause à effet certain : il faut un mécanisme (respiration aérobie, ozone) pour étayer la causalité.

Révision active

On fournit une courbe de la teneur en O₂ atmosphérique (en % de la valeur actuelle) au cours du dernier 3,5 milliards d’années et un axe d’événements biologiques. Décrire les grandes étapes de l’oxygénation, citer deux indices géologiques datés, et discuter le lien entre oxygénation et diversification du vivant en distinguant corrélation et causalité.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique — classe terminale, voie générale (Éduscol) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

1.1 (suite) Le cycle biogéochimique du carbone et les combustibles fossiles#

●●○StandardLPeduscol-programme-enseignement-scientifique

Cycle du carbone : réservoirs, flux naturels et flux anthropique

Cycle du carbone : flux naturels équilibrés + flux anthropiqueGraphe, Atmosphère (CO₂) → Biosphère + sols, Atmosphère (CO₂) → Océan, Roches + fossiles → Atmosphère (CO₂)Atmosphère(CO₂)Biosphère +solsOcéanRoches +fossilesphotosynthèse/ respirationdissolution /dégazagecombustion(anthropique)
Fig. 5L'atmosphère échange du CO₂ avec la biosphère (photosynthèse ⇄ respiration) et avec l'océan (dissolution ⇄ dégazage) ; ces échanges naturels, représentés par des liens non orientés, sont à peu près équilibrés. La combustion des combustibles fossiles (flèche orientée, mise en évidence) ajoute un flux anthropique à sens unique des roches vers l'atmosphère, qui fait croître le stock de CO₂.

Points clés

Le carbone est réparti entre de grands réservoirs reliés par des flux : l’atmosphère (sous forme de CO₂), l’océan (CO₂ dissous, ions hydrogénocarbonate, êtres vivants), la biosphère continentale (végétaux, animaux), les sols, et la lithosphère (roches carbonatées comme le calcaire, matière organique fossile). De très loin, l’essentiel du carbone est stocké dans les roches.
Le cycle du carbone est l’ensemble des échanges (flux, en gigatonnes de carbone par an) entre ces réservoirs : photosynthèse et respiration, dissolution et dégazage du CO₂ océanique, sédimentation et altération des roches. Quand les flux entrants et sortants d’un réservoir se compensent, son stock reste constant : le cycle est à l’équilibre.
Les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) proviennent du carbone d’êtres vivants enfoui il y a des dizaines à des centaines de millions d’années. Comme ce stock se reconstitue infiniment plus lentement qu’on ne l’exploite, ces ressources sont dites non renouvelables à l’échelle humaine.
Leur combustion (combustible + O₂ → CO₂ + H₂O) transfère vers l’atmosphère, en quelques décennies, du carbone resté piégé pendant des millions d’années. Ce flux anthropique déséquilibre le cycle : le stock de CO₂ atmosphérique augmente, ce qui renforce l’effet de serre.
L’océan et la biosphère absorbent une part de ce CO₂ supplémentaire (puits de carbone), mais une fraction notable reste dans l’atmosphère : c’est elle qui est responsable de la hausse mesurée de la concentration en CO₂ (cf. courbe de Keeling, 1.3).
CxHy+(x+y4)O2⟶x CO2+y2 H2O\text{C}_x\text{H}_y + \left(x+\dfrac{y}{4}\right)\text{O}_2 \longrightarrow x\,\text{CO}_2 + \dfrac{y}{2}\,\text{H}_2\text{O}Cx​Hy​+(x+4y​)O2​⟶xCO2​+2y​H2​O

Combustion d’un hydrocarbure fossile

La combustion complète d’un combustible fossile consomme du dioxygène et libère du dioxyde de carbone (et de l’eau) : le carbone fossile, longtemps piégé, rejoint l’atmosphère sous forme de CO₂.

Ordres de grandeur des stocks de carbone par réservoir

Réservoirs de carbone (ordres de grandeur)Tableau de 3 colonnes et 5 lignes, Données: Réservoir · Stock (Gt C) · Ordre; Atmosphère · ≈ 870 · 10²–10³; Biosphère · ≈ 600 · 10²–10³; Sols · ≈ 1 500 · 10³; Océan · ≈ 38 000 · 10⁴; Roches/fossiles · 10⁷–10⁸ · 10⁷–10⁸, cellule mise en évidence : 10⁷–10⁸RÉSERVOIRSTOCK (GT C)ORDREAtmosphère≈ 87010²–10³Biosphère≈ 60010²–10³Sols≈ 1 50010³Océan≈ 38 00010⁴Roches/fossiles10⁷–10⁸10⁷–10⁸Stocks de carbone par réservoir (Gt C)
Fig. 6Les stocks de carbone s'étalent sur cinq ordres de grandeur : les roches et combustibles fossiles (mis en évidence) dominent (10⁷–10⁸ Gt C), loin devant l'océan (≈ 38 000 Gt C). L'atmosphère (≈ 870 Gt C) est l'un des plus PETITS réservoirs : sa teneur est donc très sensible à un flux anthropique de ≈ 10 Gt C·an⁻¹, qui représente plus de 1 % du stock atmosphérique ajouté chaque année.
Exemple corrigé

Comparer les réservoirs et expliquer la hausse du CO₂

On donne les ordres de grandeur des stocks de carbone : atmosphère ≈ 870 Gt C, biosphère continentale ≈ 600 Gt C, sols ≈ 1{,}5 × 10³ Gt C, océan ≈ 3{,}8 × 10⁴ Gt C, roches et combustibles fossiles ≈ 10⁷–10⁸ Gt C. Les émissions liées aux combustibles fossiles représentent un flux d’environ 10 Gt C·an⁻¹. Comparer les stocks, situer ce flux et expliquer pourquoi il fait monter le CO₂ atmosphérique.

  1. 01Comparer les stocks

    Les roches (carbonates + matière organique fossile) constituent de très loin le plus grand réservoir (≈ 10⁷–10⁸ Gt C), puis l’océan (≈ 3{,}8 × 10⁴ Gt C). L’atmosphère (≈ 870 Gt C) est l’un des plus petits réservoirs : sa teneur est donc sensible à de faibles flux.

  2. 02Situer le flux anthropique

    Un flux d’émission de ≈ 10 Gt C·an⁻¹ rapporté au stock atmosphérique de ≈ 870 Gt C représente plus de 1 % du stock ajouté chaque année — sans compensation, le stock croîtrait vite.

  3. 03Faire le bilan du réservoir atmosphérique

    L’océan et la biosphère absorbent une partie de ce CO₂ supplémentaire, mais pas la totalité : il reste un flux net entrant dans l’atmosphère. Le cycle, autrefois équilibré, ne l’est plus.

  4. 04Conclure

    La combustion des fossiles transfère, en quelques décennies, du carbone resté piégé des millions d’années. Comme l’atmosphère est un petit réservoir et que les puits n’absorbent qu’une partie du surplus, sa teneur en CO₂ augmente — d’où le forçage radiatif additionnel.

Résultat : Les roches puis l’océan dominent les stocks ; l’atmosphère est un petit réservoir sensible. Le flux anthropique (≈ 10 Gt C·an⁻¹), incomplètement compensé par les puits océanique et biosphérique, fait croître le CO₂ atmosphérique : le cycle est déséquilibré et l’effet de serre additionnel s’installe.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : analyser un schéma du cycle biogéochimique du carbone pour comparer les stocks des réservoirs et identifier les flux, en distinguant les flux naturels des flux d’origine humaine (anthropiques).
  • Objectif Bac : relier la combustion des combustibles fossiles à l’augmentation du CO₂ atmosphérique et justifier le caractère non renouvelable de ces ressources.

Erreurs fréquentes

  • Croire que l’atmosphère est le principal réservoir de carbone : c’est au contraire l’un des plus petits ; l’essentiel est dans les roches et l’océan profond.
  • Penser qu’un flux et un stock sont la même chose : un stock se mesure en gigatonnes de carbone (Gt C), un flux en gigatonnes de carbone par an (Gt C·an⁻¹). Confondre aussi « le CO₂ humain est minuscule » : même un flux anthropique faible face aux flux naturels suffit à déséquilibrer un cycle jusque-là à l’équilibre.

Révision active

On fournit un schéma du cycle du carbone donnant les stocks des réservoirs (atmosphère, océan, sols, biosphère, roches/fossiles) et les flux entre eux, dont les émissions liées aux combustibles fossiles. Comparer les ordres de grandeur des stocks, identifier les flux anthropiques, et expliquer pourquoi la combustion des fossiles augmente la teneur en CO₂ de l’atmosphère.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique — classe terminale, voie générale (Éduscol) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

1.2 La complexité du système climatique : climat, météo, gaz à effet de serre et forçage radiatif#

●●○StandardLPeduscol-programme-enseignement-scientifique

Forçage radiatif du CO₂ en fonction de sa concentration

Forcage radiatif du CO2 en fonction de la concentrationCourbe de forcage du CO2, racines en x = 278, croissante, sur l’intervalle x de 278 à 840300400500600700800123456x2 : ~3,7 W/m2forcage du CO2forcage radiatif (W/m2)concentration en CO2 (ppm)
Fig. 7Le forçage radiatif croît comme ln(C/C₀) : il s’annule à la valeur préindustrielle (278 ppm) et vaut ≈ 3{,}7 W·m⁻² pour un doublement (≈ 556 ppm). La croissance logarithmique traduit l’effet décroissant de chaque molécule supplémentaire.

Points clés

Météorologie ≠ climatologie : la météorologie décrit l’état de l’atmosphère à court terme (jours), le climat est l’état moyen et la variabilité sur des durées longues (au moins ≈ 30 ans). Indicateurs du climat : température moyenne globale, niveau des océans, étendue des glaces.
Indices de variations climatiques passées (paléoclimats) : analyse des pollens (espèces végétales révélant la température), moraines et stries glaciaires (extension des glaciers), bulles d’air des carottes de glace (teneur en CO₂), rapports isotopiques de l’oxygène. Ils montrent une variabilité naturelle du climat.
Effet de serre : le sol, chauffé par le Soleil, réémet un rayonnement infrarouge ; les gaz à effet de serre (CO₂, CH₄, N₂O, vapeur d’eau) absorbent une partie de cet infrarouge et le réémettent en partie vers le sol, ce qui élève la température de surface. Sans cet effet naturel, la Terre serait gelée.
La capacité d’un gaz à renforcer l’effet de serre dépend de deux facteurs : (1) son spectre d’absorption dans l’infrarouge (le gaz n’est efficace que s’il absorbe dans la gamme émise par la Terre) et (2) son abondance. Un gaz très absorbant mais très rare peut peser moins qu’un gaz moins absorbant mais abondant.
Forçage radiatif = différence entre l’énergie radiative reçue et l’énergie émise par le système Terre. Un forçage positif (ajout de GES) traduit un excédent d’énergie qui réchauffe. Le réchauffement global mesuré est ≈ +1 °C depuis l’ère préindustrielle, et l’essentiel de l’énergie excédentaire est stocké par les océans.
ΔF  =  5,35 ln⁡ ⁣(CC0)(W⋅m−2)\Delta F \;=\; 5{,}35\,\ln\!\left(\dfrac{C}{C_0}\right)\quad(\text{W}\cdot\text{m}^{-2})ΔF=5,35ln(C0​C​)(W⋅m−2)

Forçage radiatif du CO₂ (expression simplifiée)

Le forçage radiatif additionnel dû au CO₂ croît comme le logarithme du rapport de la concentration C à la concentration préindustrielle C₀ ≈ 278 ppm : un doublement de CO₂ ajoute ≈ 3{,}7 W·m⁻². L’effet par molécule diminue donc quand la concentration augmente.

Effet de serre : fenêtre infrarouge et absorption par les GES

Fenêtre atmosphérique et bandes d'absorption des GESGraphe, Sol : IR émis → Fenêtre atmosphérique (8–13 µm), Fenêtre atmosphérique (8–13 µm) → Espace, Sol : IR émis → Bandes d'absorption des GES, Bandes d'absorption des GES → Réémis vers le solSol : IR émisFenêtreatmosphérique(8–13 µm)Bandesd'absorption desGESEspaceRéémis vers lesols'échappeabsorbéréémission
Fig. 8L'infrarouge réémis par le sol suit deux voies : une partie s'échappe vers l'espace par la « fenêtre atmosphérique » (≈ 8–13 µm, peu absorbée) ; une partie tombe dans les bandes d'absorption des gaz à effet de serre (mises en évidence), qui la réémettent en partie vers le sol — d'où le réchauffement. Augmenter les GES, c'est rétrécir la fenêtre.
Exemple corrigé

Croiser spectre infrarouge et abondance pour comparer deux GES

Les spectres d’absorption infrarouge montrent que le méthane (CH₄) absorbe plus efficacement, par molécule, dans la fenêtre infrarouge terrestre que le dioxyde de carbone (CO₂). Pourtant le CO₂ contribue davantage au réchauffement actuel. En croisant spectres et abondances (CO₂ ≈ 420 ppm, CH₄ ≈ 1{,}9 ppm), expliquer ce paradoxe apparent.

  1. 01Condition spectrale

    Un gaz n’agit comme gaz à effet de serre que s’il absorbe dans la gamme de longueurs d’onde du rayonnement infrarouge émis par la Terre. CO₂ et CH₄ remplissent tous deux cette condition (ils possèdent des bandes d’absorption dans l’IR terrestre).

  2. 02Pouvoir absorbant par molécule

    À l’échelle de la molécule, le méthane est un gaz à effet de serre plus puissant que le CO₂ : il absorbe davantage par molécule dans la fenêtre infrarouge.

  3. 03Prendre en compte l’abondance

    La contribution totale dépend du produit pouvoir absorbant × abondance. Le CO₂ est ≈ 420/1{,}9 ≈ 2,2 × 10² fois plus abondant que le CH₄.

  4. 04Conclure

    Malgré un pouvoir absorbant par molécule plus faible, le CO₂ est tellement plus abondant que sa contribution totale au forçage actuel dépasse celle du méthane. La capacité d’un gaz à influencer l’effet de serre se juge en croisant spectre ET abondance.

Résultat : Les deux gaz absorbent dans l’IR terrestre ; le CH₄ est plus absorbant par molécule, mais le CO₂, ≈ 220 fois plus abondant, contribue davantage au réchauffement actuel. Conclusion : effet de serre = pouvoir absorbant × abondance.

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    Premier réflexe : ne pas confondre la météo, qui décrit le temps qu’il fait sur quelques jours, et le climat, qui est la moyenne et la variabilité de l’atmosphère sur au moins une trentaine d’années.

  2. 2

    Le sol, chauffé par le Soleil, réémet de l’infrarouge. Les gaz à effet de serre absorbent une partie de cet infrarouge et le renvoient vers le sol : la surface se réchauffe. C’est l’effet de serre.

  3. 3

    Un gaz n’est efficace que s’il absorbe dans l’infrarouge terrestre. Sa contribution réelle dépend aussi de son abondance : c’est le produit des deux qui compte.

  4. 4

    Enfin, le forçage radiatif du CO₂ croît comme le logarithme de sa concentration : un doublement ajoute environ 3,7 watts par mètre carré au bilan d’énergie de la Terre.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : distinguer sur un document ce qui relève du climat et ce qui relève de la météorologie ; identifier des indices de variations climatiques passées (pollens, glaciers).
  • Objectif Bac : à partir d’un spectre d’absorption infrarouge et d’une abondance, déterminer/justifier la capacité d’un gaz à influencer l’effet de serre, et interpréter le signe d’un forçage radiatif.

Erreurs fréquentes

  • Confondre climat et météo : « il a fait froid cette semaine » est météorologique et ne contredit pas un réchauffement climatique (moyenne sur des décennies).
  • Croire que l’effet de serre est néfaste en soi : l’effet de serre naturel est indispensable à la vie ; c’est l’effet de serre additionnel (lié aux émissions humaines) qui pose problème. Oublier aussi le rôle de l’abondance : ne juger un GES que sur son pouvoir absorbant.

Révision active

On fournit les spectres d’absorption infrarouge du CO₂ et du CH₄ ainsi que leurs abondances dans l’atmosphère (CO₂ ≈ 420 ppm, CH₄ ≈ 1,9 ppm). Expliquer pourquoi un gaz n’influence l’effet de serre que s’il absorbe dans l’infrarouge terrestre, puis discuter, en croisant spectre et abondance, la contribution relative de ces deux gaz.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique — classe terminale, voie générale (Éduscol) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 05

1.2 (suite) Rétroactions du système climatique et rôle amortisseur de l’océan#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-enseignement-scientifique

Rétroactions positives du système climatique (carte des causalités)

Rétroactions positives et rôle amortisseur de l'océanGraphe, Réchauffement → Vapeur d'eau ↑ (GES), Vapeur d'eau ↑ (GES) → Réchauffement, Réchauffement → Fonte glaces → albédo ↓, Fonte glaces → albédo ↓ → Réchauffement, Réchauffement → Permafrost → CH₄, Permafrost → CH₄ → Réchauffement, Réchauffement → Océan : chaleur + CO₂RéchauffementVapeur d'eau↑ (GES)Fonte glaces→ albédo ↓Permafrost →CH₄Océan :chaleur + CO₂amortit
Fig. 9Trois boucles de rétroaction POSITIVE amplifient un réchauffement initial : davantage de vapeur d'eau (un GES), la fonte des glaces qui abaisse l'albédo (donc plus d'absorption), et le dégel du permafrost qui libère CH₄ et CO₂. Chaque effet renforce le réchauffement qui l'a causé (flèches dans les deux sens). L'océan (mis en évidence) amortit en stockant chaleur et CO₂ — mais il s'acidifie et rend le changement durable.

Points clés

Une rétroaction (boucle de rétroaction) relie un effet à sa propre cause. Rétroaction positive : l’effet amplifie la cause (emballement). Rétroaction négative : l’effet atténue la cause (stabilisation). Identifier les relations de causalité, c’est repérer ces boucles dans le système climatique.
Rétroaction positive de la vapeur d’eau : un réchauffement augmente l’évaporation, donc la teneur en vapeur d’eau (un puissant gaz à effet de serre), ce qui renforce le réchauffement. La boucle amplifie le forçage initial du CO₂.
Rétroaction positive de l’albédo : le réchauffement fait fondre glaces et neige, qui sont très réfléchissantes (albédo élevé) ; la surface plus sombre découverte (océan, sol) absorbe davantage de rayonnement solaire, ce qui réchauffe encore. Le dégel du permafrost libère en outre du CH₄ et du CO₂ (autre rétroaction positive).
Rôle amortisseur de l’océan : l’océan, par sa grande capacité thermique, stocke l’essentiel de l’énergie excédentaire et absorbe une partie du CO₂. Il ralentit le réchauffement de l’air à court terme, mais ce stockage rend le changement irréversible à l’échelle des siècles et entraîne l’acidification (dissolution du CO₂).
Dilatation thermique de l’océan : en se réchauffant, l’eau se dilate (sa masse volumique diminue), donc son volume augmente. C’est, avec la fonte des glaces continentales, une cause majeure de l’élévation du niveau marin. La variation relative de volume s’écrit ΔV/V = β·ΔT (β : coefficient de dilatation).
ΔVV=β ΔT\dfrac{\Delta V}{V} = \beta\,\Delta TVΔV​=βΔT

Dilatation thermique (variation relative de volume)

À pression constante, la variation relative de volume d’un liquide est proportionnelle à la variation de température ; β est le coefficient de dilatation volumique (en K⁻¹).

Δh=H β ΔT\Delta h = H\,\beta\,\Delta TΔh=HβΔT

Élévation du niveau marin par dilatation

Pour une colonne d’eau de section constante et de hauteur H, l’augmentation de hauteur Δh due à la dilatation est H·β·ΔT (la section se simplifie : ΔV/V = Δh/H).

Exemple corrigé

Estimer l’élévation du niveau marin par dilatation thermique

On modélise la couche superficielle de l’océan par une colonne d’eau de hauteur H = 1{,}0 × 10³ m, de coefficient de dilatation thermique β = 2{,}0 × 10⁻⁴ K⁻¹. Estimer l’élévation Δh du niveau marin due à la seule dilatation thermique pour un réchauffement ΔT = 1{,}0 °C de cette couche.

  1. 01Écrire la dilatation

    La variation relative de volume vaut ΔV/V = β·ΔT. Pour une colonne de section constante, la hauteur varie dans la même proportion : Δh/H = ΔV/V.

  2. 02Application numérique de la variation relative

    ΔV/V = (2{,}0 × 10⁻⁴) × 1{,}0 = 2{,}0 × 10⁻⁴, soit 0{,}02 % de variation de volume.

  3. 03En déduire l’élévation

    Δh = H·β·ΔT = (1{,}0 × 10³) × (2{,}0 × 10⁻⁴) × 1{,}0 = 0{,}20 m.

  4. 04Interpréter

    Pour ce seul modèle de couche de 1 000 m réchauffée de 1 °C, la dilatation thermique élève le niveau de ≈ 20 cm. C’est une contribution majeure, à laquelle s’ajoute la fonte des glaces continentales ; cela illustre pourquoi le GIEC envisage une montée pouvant atteindre ≈ 1 m en 2100.

Résultat : Δh = H·β·ΔT ≈ 0{,}20 m, soit ≈ 20 cm d’élévation du niveau marin par dilatation thermique seule pour ce modèle (couche de 1 000 m, +1 °C).

Objectif Bac

  • Objectif Bac : à partir d’un schéma ou d’un texte, identifier les relations de causalité (actions et rétroactions) qui agissent sur la dynamique du climat et préciser si une rétroaction est positive (amplificatrice) ou négative (stabilisatrice).
  • Objectif Bac : estimer la variation de volume de l’océan (ou la contribution à l’élévation du niveau marin) associée à une variation de température, à partir du coefficient de dilatation et de la hauteur de la colonne d’eau.

Erreurs fréquentes

  • Appeler « positive » une rétroaction bénéfique : en climatologie, « positive » signifie amplificatrice (et donc aggravante ici), « négative » signifie stabilisatrice — c’est une question de sens, pas de jugement de valeur.
  • Croire que l’océan « protège » durablement le climat : il amortit à court terme mais rend le réchauffement irréversible sur des siècles et s’acidifie. Oublier la dilatation thermique en n’attribuant la montée des eaux qu’à la fonte des glaces.

Révision active

On modélise la couche superficielle de l’océan par une colonne d’eau de hauteur H = 1{,}0 × 10³ m, de coefficient de dilatation thermique β = 2{,}0 × 10⁻⁴ K⁻¹. Estimer l’élévation du niveau marin due à la seule dilatation thermique pour un réchauffement de cette couche de ΔT = 1{,}0 °C. Identifier ensuite, sur un schéma, deux rétroactions positives du système climatique.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique — classe terminale, voie générale (Éduscol) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

§ 06

1.3 Le climat du futur : modèles numériques, attribution et enjeux pour la société#

●●●ApprofondissementLPeduscol-programme-enseignement-scientifique

Concentration en CO₂ atmosphérique depuis 1958 (tendance lissée)

Concentration en CO2 depuis 1958 (tendance lissee)Courbe de CO2 (tendance), croissante, sur l’intervalle x de 1958 à 20231960197019801990200020102020300320340360380400420~315 ppm (1958)~418 ppm (2023)CO2 (tendance)CO2 (ppm)annee
Fig. 10Tendance lissée modélisant la hausse accélérée du CO₂ : ≈ 315 ppm en 1958, ≈ 418 ppm vers 2023. La courbe réelle (courbe de Keeling) porte en plus une oscillation saisonnière, ici non représentée.

Points clés

Un modèle climatique numérique repose sur la mise en équation des lois physiques (rayonnement, mécanique des fluides, thermodynamique) et leur résolution par des méthodes numériques (découpage du globe en mailles, calcul pas à pas dans le temps). Il fournit des projections, pas des prévisions météo datées.
Validation d’un modèle : on le confronte à des observations indépendantes — climat actuel et, surtout, climats passés (paléoclimats). Un modèle qui reproduit les variations passées et l’évolution récente est jugé fiable pour explorer le futur.
Attribution : en comparant des simulations avec et sans émissions humaines (facteurs naturels seuls vs naturels + anthropiques), les modèles montrent que seul l’ajout des activités humaines reproduit le réchauffement observé. C’est l’argument central pour attribuer le réchauffement actuel à l’activité humaine.
Corrélation ≠ causalité : une simple coïncidence de courbes (par exemple CO₂ et température) n’établit pas un lien de cause à effet. La causalité s’appuie sur un mécanisme physique (forçage radiatif) et sur des expériences numériques d’attribution, pas sur la seule corrélation.
Projections pour le XXIᵉ siècle (selon les scénarios d’émission) : réchauffement de ≈ +1{,}5 à +5 °C en 2100, élévation du niveau des océans pouvant atteindre ≈ 1 m, modification des régimes de pluie et des extrêmes, acidification des océans. Les leviers de réponse sont l’atténuation (réduire les émissions) et l’adaptation.
Tobs≈Tnaturel+TanthropiqueT_{\text{obs}} \approx T_{\text{naturel}} + T_{\text{anthropique}}Tobs​≈Tnaturel​+Tanthropique​

Principe d’attribution

Seules les simulations incluant le terme anthropique (émissions humaines) reproduisent la température observée : la différence entre les deux scénarios mesure la part humaine du réchauffement.

Attribution : modèle avec et sans activité humaine vs observations

Attribution : modèles vs observations (schématique)Graphique en courbes: anomalie de température (°C) selon année, Données: observations · 1900: -0.1; observations · 1920: -0.1; observations · 1940: 0.1; observations · 1960: 0; observations · 1980: 0.3; observations · 2000: 0.6; observations · 2020: 1; activité humaine · 1900: -0.1; activité humaine · 1920: -0.05; activité humaine · 1940: 0.05; activité humaine · 1960: 0.05; activité humaine · 1980: 0.35; activité humaine · 2000: 0.65; activité humaine · 2020: 1; naturels seuls · 1900: -0.05; naturels seuls · 1920: 0; naturels seuls · 1940: 0.05; naturels seuls · 1960: 0; naturels seuls · 1980: 0; naturels seuls · 2000: -0.05; naturels seuls · 2020: 000.20.40.60.811900192019401960198020002020anomalie de température (°C)annéeobservationsactivité humainenaturels seuls
Fig. 11Anomalie de température (allure schématique) : seule la simulation incluant l'activité humaine (mise en évidence) suit les observations, qui montent d'environ 1 °C au XXᵉ siècle ; la simulation « facteurs naturels seuls » (en pointillés) reste quasi plate. Cette comparaison entre modèles et observations est le raisonnement d'ATTRIBUTION : le réchauffement récent est imputable à l'activité humaine.
Exemple corrigé

Attribuer le réchauffement à l’activité humaine et distinguer corrélation et causalité

On fournit une courbe lissée de la concentration en CO₂ depuis 1958 et deux sorties de modèle pour la température moyenne globale : (A) facteurs naturels seuls (volcanisme, activité solaire), (B) facteurs naturels + activités humaines. La courbe d’observations est aussi tracée. Décrire l’évolution du CO₂, montrer comment ces simulations permettent d’attribuer le réchauffement à l’activité humaine, et expliquer pourquoi la corrélation CO₂–température ne suffirait pas à elle seule.

  1. 01Décrire l’évolution du CO₂

    La concentration en CO₂ passe de ≈ 315 ppm en 1958 à ≈ 418 ppm vers 2023, avec une croissance qui s’accélère : la pente augmente au fil du temps.

  2. 02Comparer les deux simulations

    La simulation (A), avec les seuls facteurs naturels, reste presque plate et ne reproduit pas le réchauffement observé. La simulation (B), incluant les activités humaines, suit la courbe d’observations.

  3. 03Attribuer le réchauffement

    Comme seule la prise en compte des émissions humaines permet de reproduire les observations, on attribue le réchauffement récent à l’activité humaine. L’écart entre (B) et (A) mesure la part anthropique.

  4. 04Corrélation vs causalité

    La seule montée conjointe du CO₂ et de la température est une corrélation. Le lien causal est établi par un mécanisme physique (forçage radiatif du CO₂) ET par l’expérience d’attribution (le modèle ne « marche » qu’avec le terme humain) : c’est cette double démonstration qui transforme la corrélation en causalité.

Résultat : Le CO₂ croît de ≈ 315 à ≈ 418 ppm (1958→2023) en s’accélérant ; seules les simulations incluant les activités humaines reproduisent le réchauffement observé : on l’attribue donc aux émissions humaines. La corrélation seule ne suffit pas — il faut un mécanisme (forçage radiatif) et un test d’attribution.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : exploiter les résultats d’un logiciel de simulation ou d’un modèle (courbes avec/sans activité humaine) pour justifier un lien de cause à effet et attribuer le réchauffement aux émissions humaines.
  • Objectif Bac : distinguer corrélation et causalité sur un document, et lire un faisceau de scénarios pour décrire les projections du XXIᵉ siècle (température, niveau marin, acidification).

Erreurs fréquentes

  • Présenter une projection de modèle comme une prévision certaine et unique : il existe un faisceau de scénarios dépendant des émissions futures ; le modèle donne des trajectoires conditionnelles, pas une date exacte.
  • Conclure d’une corrélation (deux courbes qui montent ensemble) à une causalité, sans mécanisme ni test d’attribution. Confondre aussi atténuation (réduire les émissions) et adaptation (se préparer aux effets).

Révision active

On dispose d’une courbe lissée de la concentration en CO₂ depuis 1958 et de deux sorties de modèle pour la température : l’une intégrant les seuls facteurs naturels, l’autre intégrant aussi les activités humaines. Décrire l’évolution du CO₂, expliquer comment la comparaison des deux simulations permet d’attribuer le réchauffement à l’activité humaine, et préciser pourquoi la corrélation seule ne suffirait pas.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme d’enseignement scientifique — classe terminale, voie générale (Éduscol) (Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 06

    • 011.1 L’atmosphère terrestre et la vie : composition, hydrosphère, oxygénation et ozone◐
    • 021.1 (suite) Oxygénation de l’atmosphère et évolution de la biodiversité◐
    • 031.1 (suite) Le cycle biogéochimique du carbone et les combustibles fossiles◐
    • 041.2 La complexité du système climatique : climat, météo, gaz à effet de serre et forçage radiatif◐
    • 051.2 (suite) Rétroactions du système climatique et rôle amortisseur de l’océan●
    • 061.3 Le climat du futur : modèles numériques, attribution et enjeux pour la société●

0/6 Lues

Des fiches à l'entraînement

Science, climat et société

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

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Compétences
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Références et sources

Sources

Ministère de l’Éducation nationale — Éduscol

  • Programme d’enseignement scientifique — classe terminale, voie générale (Éduscol)

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