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Ce thème de science économique articule la mesure du chômage (indicateurs du BIT, taux de chômage et d'emploi, halo, sous-emploi), ses causes — conjoncturelles (insuffisance de la demande globale, analyse keynésienne) et structurelles (frictions d'appariement, asymétries d'information, salaire d'efficience, institutions du marché du travail) — puis les politiques de l'emploi. Deux grandes familles d'action sont attendues : les politiques de soutien de la demande globale et les politiques structurelles (allègement du coût du travail, formation, flexibilisation). L'ensemble est intégralement au programme de l'épreuve écrite de terminale.
5sectionsca. 28min de lecture3compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Verrouiller d'abord les définitions et la mesure (chômeur au sens du BIT, taux de chômage = chômeurs / population active, distinction chômage / halo / sous-emploi), puis la grande opposition conjoncturel (déficit de demande) / structurel (fonctionnement du marché du travail) et les deux familles de politiques (soutien de la demande globale ; politiques structurelles).
niveau approfondi
Approfondir les mécanismes : modèle offre / demande de travail avec salaire-plancher au-dessus de l'équilibre, théorie du salaire d'efficience (Shapiro-Stiglitz, Akerlof), modèle d'appariement et courbe de Beveridge (Diamond-Mortensen-Pissarides), NAIRU, ainsi que la nuance des politiques (effets, limites, effets pervers, flexicurité) pour nourrir une dissertation argumentée et nuancée.
Lesetiefe: Approfondi
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De la population totale aux chômeurs : emboîtement des catégories
Population active
Seuls les actifs (occupés ou au chômage) entrent dans la population active ; les inactifs (étudiants, retraités, etc.) en sont exclus.
Taux de chômage
Le dénominateur est la population ACTIVE (et non la population totale ni la population en âge de travailler) : c'est l'erreur la plus fréquente.
Taux d'emploi
Indicateur complémentaire : il rapporte les personnes en emploi à l'ensemble des 15–64 ans, indépendamment du fait d'être actif ou inactif.
Dans une économie fictive, on relève 27 millions d'actifs occupés et 3 millions de chômeurs au sens du BIT ; la population des 15–64 ans s'élève à 40 millions de personnes. 1) Déterminer la population active. 2) Calculer le taux de chômage. 3) Calculer le taux d'emploi des 15–64 ans. 4) Préciser où se situent, dans cette comptabilité, 1,5 million d'inactifs souhaitant travailler mais ne recherchant pas activement un emploi.
La population active additionne les actifs occupés et les chômeurs au sens du BIT.
On rapporte le nombre de chômeurs à la population active (et non à la population totale).
Le taux d'emploi rapporte les actifs OCCUPÉS à la population en âge de travailler (les 40 millions de 15–64 ans).
Ces personnes sont INACTIVES au sens du BIT (il leur manque la recherche active), mais proches de l'emploi : elles relèvent du HALO du chômage. Elles ne sont donc PAS comptées parmi les 3 millions de chômeurs, et n'affectent pas le taux de chômage de 10 %. Leur prise en compte montrerait une sous-utilisation de la main-d'œuvre plus élevée que ce que suggère le seul taux de chômage.
Résultat : Population active = 30 millions ; taux de chômage = 10 % ; taux d'emploi des 15–64 ans = 67,5 %. Les 1,5 million d'inactifs désirant travailler appartiennent au halo du chômage et ne figurent pas dans le taux de chômage, qui sous-estime donc la sous-utilisation réelle de la main-d'œuvre.
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans une économie fictive, on dénombre 27 millions d'actifs occupés, 3 millions de chômeurs au sens du BIT, et une population des 15–64 ans de 40 millions de personnes. 1) Calculer la population active. 2) Calculer le taux de chômage. 3) Calculer le taux d'emploi des 15–64 ans. 4) On apprend que 1,5 million de personnes inactives souhaitent travailler sans rechercher activement un emploi : à quelle catégorie statistique appartiennent-elles, et le taux de chômage les comptabilise-t-il ?
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), question « Comment lutter contre le chômage ? » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Le cercle vicieux du chômage conjoncturel
Composantes de la demande globale
Consommation des ménages (), investissement (), dépenses publiques () et solde extérieur (exportations moins importations ) : leur insuffisance déprime la production et l'emploi.
Multiplicateur keynésien (cas simple)
Avec la propension marginale à consommer, une dépense autonome supplémentaire accroît le PIB de fois son montant : plus est élevé, plus l'effet d'entraînement est fort.
Dans une économie en bas de cycle, l'État engage une dépense publique supplémentaire de 10 milliards d'euros. La propension marginale à consommer des ménages est (ils dépensent 60 % de tout revenu supplémentaire et en épargnent 40 %). 1) Calculer le multiplicateur keynésien. 2) En déduire la variation totale du PIB. 3) Expliquer en quoi cela peut réduire le chômage conjoncturel, puis citer une limite.
Le multiplicateur simple s'écrit , où est la propension marginale à consommer.
L'effet final sur le PIB est le produit de la dépense initiale par le multiplicateur : la dépense crée des revenus, partiellement reconsommés, qui créent à leur tour des revenus.
La hausse de la demande globale (ici +25 milliards de PIB pour 10 milliards dépensés) augmente la production des entreprises ; pour produire davantage, elles embauchent ou réduisent le chômage partiel. Le chômage conjoncturel, qui venait d'un déficit de demande, recule donc à mesure que la demande effective se redresse.
Plusieurs limites sont possibles : une partie de la relance peut « fuir » vers les importations (la demande supplémentaire profite à des producteurs étrangers, ce qui réduit le multiplicateur effectif et dégrade le solde extérieur) ; la relance creuse le déficit et la dette publics ; enfin, si le chômage est en réalité STRUCTUREL (et non conjoncturel), soutenir la demande échoue à le résorber et risque surtout d'alimenter l'inflation.
Résultat : Le multiplicateur vaut ; une dépense publique de 10 milliards accroît le PIB de 25 milliards d'euros, soutient la production et fait reculer le chômage conjoncturel. Limite principale : les fuites (notamment par les importations) et l'endettement réduisent l'efficacité de la relance, qui reste par ailleurs inadaptée à un chômage d'origine structurelle.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide du mécanisme du multiplicateur keynésien, expliquez pourquoi une politique de relance budgétaire peut faire reculer le chômage conjoncturel. Vous illustrerez votre raisonnement en calculant l'effet sur le PIB d'une hausse des dépenses publiques de 10 milliards d'euros, dans une économie où la propension marginale à consommer vaut 0,6, et vous préciserez une limite de ce raisonnement.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), question « Comment lutter contre le chômage ? » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Marché du travail : un salaire-plancher au-dessus de l'équilibre engendre du chômage
Demande et offre de travail (illustration)
La demande de travail (des entreprises) décroît avec le salaire réel ; l'offre de travail (des ménages) croît avec . L'équilibre concurrentiel se situe à leur intersection.
Salaire et emploi d'équilibre
À l'équilibre, offre et demande de travail s'égalisent : tous ceux qui veulent travailler à ce salaire trouvent un emploi (pas de chômage involontaire d'origine institutionnelle).
Salaire-plancher au-dessus de l'équilibre
Un salaire minimum (ou un salaire d'efficience) fixé au-dessus de l'équilibre fait que l'offre de travail (14) dépasse la demande (6) : il apparaît un chômage involontaire de 8 unités.
On modélise un marché du travail par une demande de travail et une offre de travail , où est le salaire réel. 1) Déterminer le salaire et l'emploi d'équilibre. 2) Les pouvoirs publics instaurent un salaire minimum . Déterminer l'offre et la demande de travail à ce salaire, puis le niveau de chômage. 3) Interpréter ce chômage et indiquer s'il est volontaire ou involontaire.
À l'équilibre, l'offre égale la demande de travail : on résout .
On remplace par 7 dans chaque fonction. Le salaire-plancher (7) est supérieur au salaire d'équilibre (5).
Au salaire imposé, 14 personnes souhaitent travailler mais les entreprises n'offrent que 6 emplois. Le chômage est l'écart entre offre et demande de travail.
Ce chômage est INVOLONTAIRE : 8 personnes sont prêtes à travailler au salaire en vigueur (7) mais ne trouvent pas d'emploi, faute de demande de travail suffisante à ce niveau de salaire. Il illustre comment une institution (salaire minimum) — ou un salaire d'efficience fixé volontairement au-dessus de l'équilibre — peut maintenir l'offre de travail au-dessus de la demande, et donc un chômage structurel.
Résultat : Équilibre : , (pas de chômage involontaire). Au salaire minimum , l'offre de travail (14) excède la demande (6) : il apparaît un chômage involontaire de 8 unités, illustration d'un chômage structurel d'origine institutionnelle (ou de salaire d'efficience).
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide d'un schéma du marché du travail, montrez comment un salaire fixé au-dessus du salaire d'équilibre peut engendrer un chômage involontaire. Vous expliquerez ensuite, à partir de la théorie du salaire d'efficience, pourquoi une entreprise peut CHOISIR délibérément de verser un tel salaire malgré l'existence de chômeurs prêts à travailler pour moins.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), question « Comment lutter contre le chômage ? » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Le cercle vertueux d'une relance de la demande
Un gouvernement, constatant une montée du chômage en période de récession, décide une relance budgétaire (hausse des dépenses publiques et baisse de l'impôt sur le revenu). 1) Expliquer par quel mécanisme cette politique peut faire reculer le chômage. 2) Préciser le rôle du multiplicateur. 3) Présenter deux limites possibles de cette relance.
En récession, le chômage est en grande partie conjoncturel : il provient d'une insuffisance de la demande globale. La politique adaptée est donc le soutien de cette demande.
La hausse des dépenses publiques et la baisse de l'impôt augmentent la demande adressée aux entreprises (directement par la commande publique, indirectement par le surcroît de revenu disponible des ménages). Pour répondre à cette demande, les entreprises produisent davantage et embauchent : le chômage conjoncturel recule.
Les revenus distribués lors de la relance sont en partie reconsommés, ce qui crée de nouveaux revenus, eux-mêmes partiellement reconsommés : l'effet final sur le PIB dépasse l'impulsion initiale. Plus la propension marginale à consommer est élevée, plus le multiplicateur est grand et plus l'effet sur l'emploi est fort.
Limite 1 — les FUITES : en économie ouverte, une partie de la demande supplémentaire se porte sur des produits importés, ce qui réduit le multiplicateur effectif et dégrade le solde extérieur. Limite 2 — l'ENDETTEMENT et le cadre : la relance creuse le déficit et la dette publics, contraints notamment par les règles européennes ; un effet d'éviction (hausse des taux pénalisant l'investissement privé) peut aussi atténuer l'effet attendu. Enfin, si le chômage était surtout structurel, la relance serait inefficace et inflationniste.
Résultat : La relance budgétaire soutient la demande globale, ce qui relance la production et l'emploi, avec un effet amplifié par le multiplicateur. Ses principales limites sont les fuites (importations), l'aggravation du déficit et de la dette publics (et un possible effet d'éviction), ainsi que son inefficacité si le chômage est en réalité structurel.
Erreurs fréquentes
Révision active
Vous montrerez que les politiques de soutien de la demande globale peuvent contribuer à réduire le chômage conjoncturel, puis vous en présenterez deux limites. Appuyez-vous sur le canal de transmission (demande → production → emploi) et sur la distinction entre chômage conjoncturel et chômage structurel.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), question « Comment lutter contre le chômage ? » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Typologie des politiques de l'emploi : conjoncturelles vs structurelles
Un pays connaît un taux de chômage élevé qui ne baisse pas, même lorsque la croissance repart : de nombreux emplois restent non pourvus alors que beaucoup de chômeurs sont peu qualifiés ou mal localisés. 1) De quel type de chômage s'agit-il principalement ? Justifier. 2) Une relance de la demande globale est-elle la réponse adaptée ? 3) Proposer deux politiques structurelles pertinentes et préciser pour chacune l'effet attendu et une limite.
Le chômage persiste malgré la reprise de la croissance, et des emplois restent vacants pendant que des chômeurs peu qualifiés ou mal localisés ne trouvent pas de poste : c'est la signature d'un chômage STRUCTUREL (inadéquations de qualification et géographiques, difficultés d'appariement), et non d'un simple déficit de demande conjoncturel.
Comme le chômage est structurel et non conjoncturel, soutenir la demande globale ne résorberait pas le problème : les emplois vacants ne manquent pas de demande, mais de candidats appariables. Une relance risquerait surtout d'alimenter l'inflation sans faire baisser durablement ce chômage.
Levier 1 — FORMATION et accompagnement : élever le capital humain des chômeurs peu qualifiés et les orienter vers les métiers en tension réduit les inadéquations et améliore l'appariement. Effet attendu : baisse du chômage structurel et des emplois vacants. Limite : effet différé (la formation prend du temps) et coût budgétaire ; tous les chômeurs ne sont pas reconvertibles vers les postes offerts.
Levier 2 — ALLÈGEMENT DU COÛT DU TRAVAIL pour les bas salaires : en réduisant les cotisations près du salaire minimum, on rend l'embauche des moins qualifiés plus rentable, ce qui peut accroître la demande de travail qui leur est adressée. Limite : coût budgétaire et effets d'aubaine. (Alternative : la FLEXICURITÉ, qui combine assouplissement du marché et sécurisation des transitions par l'indemnisation et la formation, pour fluidifier l'appariement sans accroître la précarité.)
Résultat : Le chômage décrit est structurel (inadéquations, frictions d'appariement) : une relance de la demande globale serait inadaptée. Les réponses pertinentes sont des politiques structurelles — formation / accompagnement et allègement du coût du travail des bas salaires (ou flexicurité) — dont les effets attendus (meilleur appariement, hausse de la demande de travail peu qualifié) doivent être pondérés par leurs limites (délais, coût budgétaire, effets d'aubaine, risque de précarité).
Erreurs fréquentes
Révision active
Après avoir distingué chômage conjoncturel et chômage structurel, montrez que la lutte contre le chômage structurel passe par des politiques agissant sur le marché du travail. Vous présenterez au moins deux leviers parmi l'allègement du coût du travail, la formation et la flexibilisation, en précisant pour chacun un effet attendu et une limite.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019), question « Comment lutter contre le chômage ? » (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol