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Ce « Regards croisés » articule l'économie et la sociologie autour d'une question : « Quelles inégalités sont compatibles avec les différentes conceptions de la justice sociale ? » On apprend à mesurer les inégalités (courbe de Lorenz, coefficient de Gini, rapports interdéciles), à distinguer les formes d'égalité (droits, chances, situations) et les grandes conceptions de la justice (utilitarisme, libertarisme, égalitarisme libéral de Rawls, égalitarisme strict), puis à évaluer l'action des pouvoirs publics et ses débats (efficacité / légitimité). Thème au programme de terminale, pleinement évaluable à l'épreuve écrite.
5sectionsca. 21min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrise d'abord le vocabulaire (égalité des droits / des chances / des situations) et la lecture commentée d'une courbe de Lorenz et d'un rapport interdécile : ce sont les acquis incontournables, mobilisables en EC1 comme en mobilisation de connaissances.
niveau approfondi
Vise la mise en relation : sache rattacher chaque mesure à une conception de la justice (par exemple, Gini élevé → débat égalitariste vs libertarien) et discuter l'arbitrage efficacité / légitimité de la redistribution, attendu dans la dissertation et l'EC3.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Le cumul des inégalités
À l'aide d'un exemple, montrez que les inégalités peuvent présenter un caractère cumulatif. (Mobilisation de connaissances, type EC1)
Une inégalité est une différence hiérarchisée d'accès à des ressources socialement valorisées. Le caractère cumulatif signifie qu'un désavantage sur une dimension en entraîne d'autres.
Partons d'une inégalité économique : un ménage à faible revenu et faible patrimoine.
Ce faible revenu réduit l'accès à un logement sain et à des soins (inégalité de santé), pèse sur l'environnement d'étude des enfants (inégalité scolaire), donc à terme sur leur diplôme et leur revenu d'adulte.
Les inégalités ne s'additionnent pas seulement : elles se renforcent et se transmettent entre générations, ce qui peut fragiliser la cohésion sociale.
Résultat : L'exemple montre qu'une inégalité économique initiale se prolonge en inégalités sociales (santé, école) qui reproduisent l'inégalité économique à la génération suivante : c'est le caractère cumulatif des inégalités.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide de deux exemples concrets, montrez que les inégalités présentent un caractère à la fois multiforme et cumulatif.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES, classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Courbe de Lorenz et aire de concentration (Gini)
Coefficient de Gini
Le coefficient de Gini G est le double de l'aire de concentration \mathcal{A} (aire entre la diagonale d'égalité parfaite et la courbe de Lorenz). G = 0 : égalité parfaite ; G se rapproche de 1 quand la concentration augmente.
Rapport interdécile D9/D1
D_9 est le revenu au-dessus duquel se situent les 10 % les plus aisés ; D_1 le revenu en dessous duquel se situent les 10 % les plus modestes. Un rapport de 3{,}4 signifie que D_9 vaut 3{,}4 fois D_1.
La concentration du revenu par décile
Le document présente une courbe de Lorenz pour laquelle 50 % de la population la plus modeste détient 18 % du revenu total, et le coefficient de Gini vaut 0,42. Rédigez une phrase de lecture du point indiqué, puis interprétez la valeur du Gini.
On lit sur la courbe que les 50 % de la population aux revenus les plus faibles ne perçoivent que 18 % du revenu total. En situation d'égalité parfaite, ces 50 % en percevraient 50 % : l'écart de 32 points de pourcentage mesure l'inégalité.
Le coefficient de Gini est compris entre 0 et 1 : 0 = égalité parfaite (courbe confondue avec la diagonale), 1 = inégalité maximale (une personne détient tout).
Un Gini de 0,42 traduit une inégalité notable de la répartition du revenu : la courbe de Lorenz s'écarte sensiblement de la diagonale. Il faut le comparer (à un autre pays, à une autre date) pour le qualifier, mais on est nettement au-dessus de 0.
Le Gini résume la concentration en un seul nombre, mais ne dit rien de la forme précise des inégalités : on le complète par la part du top 1 % et par le rapport interdécile.
Résultat : Les 50 % les plus modestes ne détiennent que 18 % du revenu (contre 50 % attendus en égalité parfaite), et un Gini de 0,42 confirme une inégalité importante, à compléter par d'autres indicateurs.
On classe d'abord la population du plus pauvre au plus riche, en abscisse, et on porte en ordonnée la part cumulée du revenu qu'elle détient.
La diagonale figure l'égalité parfaite : à chaque part de population correspond une part égale du revenu.
La vraie courbe passe en dessous : les premiers déciles détiennent peu de revenu, l'écart à la diagonale grandit.
Le coefficient de Gini est le double de l'aire entre la diagonale et la courbe : plus cette aire est grande, plus le Gini est proche de 1 et plus la société est inégalitaire.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'une courbe de Lorenz fournie et d'un Gini de 0,30 puis 0,45, rédigez une phrase de lecture et comparez les deux situations en termes d'inégalité.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES, classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
L'arbitrage efficacité / équité
Vous montrerez que l'action des pouvoirs publics réduit les inégalités, puis vous discuterez les limites et les débats qu'elle suscite. (Raisonnement, type EC3)
Prélèvements progressifs et prestations resserrent l'écart entre les revenus disponibles ; les services collectifs (école, santé) réduisent encore les inégalités mesurées et soutiennent l'égalité des chances.
Certains économistes soulignent des désincitations possibles : prélèvements élevés et prestations mal calibrées pourraient décourager le travail ou l'effort (trappe à inactivité). Ces effets sont discutés et d'ampleur incertaine, à présenter comme un débat.
Le débat est aussi normatif : pour les libertariens, la redistribution imposée porte atteinte à la liberté et aux droits de propriété ; pour les égalitaristes stricts, elle reste insuffisante face aux inégalités de situation.
La « bonne » dose de redistribution résulte d'un arbitrage entre efficacité et équité, qui n'est pas un calcul objectif mais un choix politique dépendant de la conception de la justice retenue. D'où la permanence du débat.
Résultat : La redistribution réduit réellement les inégalités, mais ses effets sont ambivalents : son ampleur fait l'objet d'un arbitrage entre efficacité et légitimité, qui dépend de la conception de la justice sociale que l'on défend.
Erreurs fréquentes
Révision active
Vous montrerez que l'action des pouvoirs publics réduit les inégalités, puis vous discuterez les limites et débats qu'elle suscite (efficacité, légitimité).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES, classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol