Loading
Loading
L'environnement est un bien commun mondial dont la dégradation relève d'externalités négatives et du « passager clandestin » écologique. Ce chapitre de Regards croisés analyse les acteurs qui construisent la question environnementale comme problème public, l'articulation des échelles (locale à mondiale) et la diversité des instruments de l'action publique — réglementation, taxation, subventions, marchés de quotas d'émission — dont il faut savoir comparer les effets, les avantages et les limites, et qu'il est possible de combiner.
5sectionsca. 20min de lecture3compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrise d'abord les trois acteurs-clés (pouvoirs publics, entreprises, société civile), la notion d'externalité négative et le rôle de chacun des quatre instruments ; sache citer un exemple concret par instrument.
niveau approfondi
Approfondis la comparaison chiffrée des instruments (taxe pigouvienne vs marché de quotas via l'égalisation des coûts marginaux de dépollution), la gouvernance des communs (Hardin/Ostrom) et les obstacles à la coordination internationale (passager clandestin, hétérogénéité des intérêts).
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Les acteurs de l'action environnementale et leurs relations
Un dossier documentaire présente : (1) un rapport du GIEC chiffrant le réchauffement, (2) une marche pour le climat organisée par des associations, (3) le lobbying d'une fédération industrielle contre une norme d'émissions, (4) une loi européenne fixant la fin des moteurs thermiques en 2035. Identifiez les acteurs et qualifiez leurs relations.
GIEC = experts (production d'expertise scientifique) ; associations = société civile organisée ; fédération industrielle = entreprises (intérêts économiques) ; UE = pouvoirs publics (échelle européenne).
L'expertise (1) objective le problème, la mobilisation citoyenne (2) le rend visible et pressant : ensemble ils inscrivent le climat à l'agenda politique, ce qui débouche sur une décision publique (4).
Coopération : experts et société civile convergent pour alerter et obtenir une régulation. Conflit : la fédération industrielle (3) s'oppose à la norme, défendant des intérêts économiques contre l'objectif écologique.
Résultat : La mise à l'agenda climatique résulte de la coopération entre experts et société civile, qui pousse les pouvoirs publics à légiférer, malgré le conflit avec les acteurs économiques dont les intérêts sont menacés.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide de l'exemple de la lutte contre le changement climatique, montrez que la construction de l'environnement comme problème public mobilise une pluralité d'acteurs dont les relations mêlent coopération et conflit.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en SES — voie générale et technologique (Éduscol)
Externalité négative : coût privé, coût social et optimum
Coût social et externalité
Le coût social total supporté par la collectivité est le coût privé du producteur augmenté du coût externe imposé aux tiers (la pollution). En présence d'externalité négative, le coût externe est positif, donc le coût social dépasse le coût privé.
À la marge
Le raisonnement économique se fait à la marge : l'optimum social est atteint quand le bénéfice marginal (disposition à payer) égale le coût marginal SOCIAL, et non le seul coût marginal privé.
La typologie des biens : rivalité et excluabilité
Sur un marché, la demande s'écrit P = 100 − Q et le coût marginal privé Cm = 20 + Q. Chaque unité produite génère une pollution dont le coût externe pour la collectivité est de 10. Déterminez la quantité d'équilibre de marché, la quantité optimale du point de vue social, et concluez sur l'effet de l'externalité.
Le marché égalise demande et coût marginal privé.
On ajoute le coût externe de 10 au coût privé.
On égalise demande et coût marginal SOCIAL.
La quantité de marché (40) dépasse la quantité optimale (35) : le marché surproduit de 5 unités car il ignore le coût externe. L'externalité négative justifie une intervention pour réduire la production de 40 vers 35.
Résultat : Le marché produit Q = 40 alors que l'optimum social est Q = 35 : l'externalité négative entraîne une surproduction de 5 unités, qu'une politique d'internalisation doit corriger.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide d'un graphique, montrez qu'en présence d'une externalité négative le marché conduit à une surproduction, et expliquez comment l'internalisation (principe pollueur-payeur) ramène la production à l'optimum social.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en SES — voie générale et technologique (Éduscol)
Fonctionnement d'un marché de quotas d'émission (cap and trade)
Taux de la taxe pigouvienne optimale
La taxe pigouvienne optimale est fixée au niveau du coût externe marginal (au point d'optimum social). Le pollueur, ajoutant cette taxe à son coût privé, fait face au coût social et réduit sa production jusqu'à l'optimum.
On reprend le marché précédent : demande P = 100 − Q, coût marginal privé Cm = 20 + Q, coût externe de 10 par unité. L'État veut ramener la production à l'optimum social par une taxe. Quel taux de taxe doit-il fixer ? Vérifiez qu'il atteint l'objectif.
La taxe pigouvienne optimale égale le coût externe marginal, afin que le coût privé du producteur rejoigne le coût social.
Le producteur intègre la taxe à son coût.
On égalise demande et coût privé taxé.
La production passe de 40 à 35, exactement l'optimum social trouvé à la section précédente : la taxe a internalisé l'externalité.
Résultat : Une taxe de 10 par unité (égale au coût externe) ramène la production de 40 à 35 unités : elle internalise l'externalité et rétablit l'optimum social.
Erreurs fréquentes
Révision active
Présentez les quatre grands instruments de l'action publique environnementale (réglementation, taxe, subvention, marché de quotas) en précisant pour chacun sa logique d'action et un exemple concret.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Système d'échange de quotas d'émission de l'UE (SEQE-UE) (Commission européenne — Action pour le climat)
Coût total de dépollution : marché de quotas vs réglementation uniforme
Deux entreprises doivent réduire ensemble leurs émissions de 30 tonnes. Le coût marginal de dépollution de A est Cm_A = 4a (a = tonnes dépolluées par A), celui de B est Cm_B = 2b. Comparez le coût total de dépollution entre (i) une réglementation imposant à chacune de réduire 15 tonnes et (ii) un marché de quotas. Concluez.
Le coût total de dépollution est l'aire sous chaque coût marginal de 0 à 15.
Le coût total est minimal quand les coûts marginaux de dépollution sont égalisés : sinon, transférer une tonne de l'entreprise au coût marginal élevé vers celle au coût plus faible réduit le coût total.
On résout le système.
Le prix du permis s'établit au coût marginal commun ; B (moins coûteux) dépollue plus et A achète des permis.
Résultat : Le marché de quotas atteint la même réduction de 30 tonnes pour un coût total de 600 contre 675 pour la réglementation uniforme, soit une économie de 75 : l'échange de permis fait dépolluer davantage l'entreprise la moins coûteuse (B), ce qui démontre l'efficience de l'instrument.
Erreurs fréquentes
Révision active
À l'aide d'un exemple chiffré, montrez qu'un marché de quotas d'émission permet d'atteindre un objectif de dépollution à un coût total inférieur à celui d'une réglementation imposant le même effort à toutes les entreprises.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en SES — voie générale et technologique (Éduscol)
L'emboîtement des échelles et le passager clandestin climatique
À partir de la notion de bien commun, expliquez pourquoi les États peinent à coopérer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et pourquoi l'Accord de Paris illustre les limites de cette coordination.
Un climat stable est un bien commun mondial : non-exclusif (aucun pays ne peut être privé du bénéfice d'une atmosphère préservée) et rival (les émissions des uns dégradent le climat de tous).
Chaque État profite des réductions consenties par les autres sans en payer le coût ; il est donc individuellement rationnel de ne pas s'engager ou de moins s'engager — la « tragédie des communs » à l'échelle planétaire.
Pays développés (gros émetteurs historiques) et pays en développement (droit au développement) ont des intérêts divergents, d'où le principe de responsabilités communes mais différenciées et la difficulté à s'accorder sur l'effort de chacun.
Il fixe un objectif commun (« bien en dessous de 2 °C ») mais repose sur des contributions nationales volontaires sans sanction contraignante : il dépend de la bonne volonté des États, ce qui en limite l'efficacité.
Résultat : Le climat étant un bien commun mondial, le passager clandestin et l'hétérogénéité des intérêts entravent la coopération ; l'Accord de Paris, fondé sur des engagements volontaires non contraignants, illustre à la fois la nécessité et les limites de la coordination internationale.
Erreurs fréquentes
Révision active
Montrez que l'action publique pour l'environnement articule plusieurs échelles et que la coordination internationale sur le climat se heurte au problème du passager clandestin et à l'hétérogénéité des intérêts.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité SES — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale) · Programmes et ressources en SES — voie générale et technologique (Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale
Commission européenne — Action pour le climat