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Ce thème franchit le pas du « une seule variable aléatoire » au « plusieurs variables qu'on additionne », pierre angulaire de la statistique. On y établit deux propriétés majeures : la linéarité de l'espérance, toujours vraie, et l'additivité de la variance, réservée au cas indépendant. Appliquées à un échantillon i.i.d., elles donnent l'espérance et la variance de la moyenne empirique , dont la variance s'effondre quand grandit. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev rend cette concentration quantitative et conduit à la loi des grands nombres — la moyenne empirique se rapproche de l'espérance — que l'on illustre et estime par simulation en Python.
5sectionsca. 23min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtriser d'abord les deux automatismes-clés — , — et, pour un échantillon i.i.d., les résultats et : ils suffisent à traiter la majorité des questions.
niveau approfondi
Approfondir les démonstrations exigibles (linéarité de l'espérance, additivité de la variance dans le cas indépendant via ) et savoir enchaîner inégalité de concentration → loi des grands nombres, en reliant la majoration au nombre de simulations Python.
Lesetiefe: Approfondi
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Linéarité de l'espérance : la somme des moyennes
Additivité de l'espérance
L'espérance d'une somme est la somme des espérances, quelles que soient les variables — c'est le résultat le plus puissant de cette section.
Espérance d'une transformation affine
Multiplier par multiplie l'espérance par ; ajouter la constante décale l'espérance de .
Linéarité pour une combinaison de n variables
L'espérance d'une combinaison linéaire est la combinaison linéaire des espérances : on « sort » les coefficients et on additionne.
Une roue de loterie donne un gain (en euros) d'espérance . À chaque tour on paie une mise de €, et on joue indépendamment trois tours, de gains de même loi que . On note le gain brut total et le bénéfice net (après les trois mises). Calculer puis .
Les trois gains ont la même espérance . Par linéarité (pas besoin de l'indépendance, mais elle est ici vérifiée), l'espérance de la somme est la somme des espérances.
Le bénéfice est une transformation affine de (ici , ). On applique .
En moyenne, après trois tours et trois mises, le joueur gagne € : le jeu lui est, en espérance, favorable de € sur trois parties.
Résultat : € pour le gain brut total et € pour le bénéfice net — obtenus par simple linéarité, sans déterminer la loi de .
Erreurs fréquentes
Révision active
Un jeu consiste à lancer deux dés équilibrés. On note et les résultats des deux dés, et le total. Sans déterminer la loi de , calculer , puis l'espérance du gain .
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Espérance vs variance : deux règles à ne pas confondre
Variance d'une transformation affine
Le facteur est élevé au carré ; la constante disparaît, car translater une variable ne modifie pas sa dispersion.
Additivité de la variance (cas indépendant)
L'égalité n'est garantie que sous l'hypothèse d'indépendance — c'est la différence essentielle avec la linéarité de l'espérance, toujours vraie.
Variance d'une somme de n variables indépendantes
Les variances s'additionnent terme à terme dès lors que les variables sont indépendantes.
Loi binomiale B(10 ; 0,5) : E = np = 5, V = np(1−p) = 2,5
Deux machines remplissent indépendamment des bouteilles. On note la masse (en g) versée par la première machine, d'espérance et de variance , et la masse versée par la seconde, avec et . Une bouteille reçoit le contenu des deux machines : sa masse totale est . a) Calculer et . b) Pour un contrôle, on étudie l'écart à la cible ; donner et . c) On change d'unité (g → cg) : la masse devient . Donner .
L'espérance est additive sans condition. La variance est additive CAR et sont indépendantes.
est une translation (, ). L'espérance se décale, mais la variance ne change PAS.
multiplie par : la variance est multipliée par .
Résultat : a) g, ; b) , (la translation ne disperse pas) ; c) (le facteur est élevé au carré).
Erreurs fréquentes
Révision active
On note le nombre de faces « pile » obtenues en lançant fois une pièce équilibrée. Justifier que suit une loi binomiale, donner et par additivité, puis calculer la variance de .
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Réduction de la variance σ²/n quand l'échantillon grandit
Moyenne empirique d'un échantillon
On somme les variables de l'échantillon puis on divise par : la moyenne observée, elle-même aléatoire.
Espérance de la moyenne empirique
La moyenne empirique a la même espérance que la variable individuelle : elle est centrée sur la vraie espérance (sans biais).
Variance et écart-type de la moyenne empirique
La dispersion de la moyenne empirique diminue avec : sa variance est divisée par , son écart-type par .
Décroissance de l'écart-type σ(Mₙ) = σ/√n (ici σ = 2)
Le temps d'attente (en minutes) à un guichet a pour espérance et pour variance . On observe clients, dont les temps forment un échantillon i.i.d. de loi de , et on note le temps d'attente moyen observé. a) Donner et en fonction de . b) Calculer pour . c) Combien de clients faut-il observer pour que l'écart-type de ne dépasse pas min ?
Par les formules de la moyenne empirique d'un échantillon i.i.d. : l'espérance vaut (indépendante de ), la variance vaut .
On prend la racine de la variance : .
On résout , soit , donc .
Résultat : a) , ; b) min ; c) il faut au moins clients pour que l'écart-type de la moyenne descende à min.
Erreurs fréquentes
Révision active
Une variable a pour espérance et écart-type . On prélève un échantillon i.i.d. de taille et on note la moyenne empirique. Déterminer et en fonction de , puis la plus petite taille telle que l'écart-type de soit inférieur à .
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Bienaymé-Tchebychev : l'écart à l'espérance est contrôlé
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
La probabilité d'un écart à l'espérance d'au moins est majorée par la variance divisée par — valable pour toute loi.
Forme complémentaire (garantie de proximité)
En passant à l'événement contraire, on minore la probabilité que reste à moins de de son espérance.
Inégalité de concentration pour la moyenne empirique
Appliquée à , l'inégalité montre que la probabilité d'un écart à tend vers lorsque augmente.
Borne de concentration σ²/(n ε²) en fonction de n (ici σ² = 4, ε = 0,5)
La durée de vie (en heures) d'un composant a pour espérance et variance . a) Majorer . b) On teste un échantillon i.i.d. de composants et on note la durée de vie moyenne. Majorer . c) Quelle taille garantit ?
On applique l'inégalité avec : la borne est .
Ici et . On applique l'inégalité de concentration .
On impose la borne et on isole .
Résultat : a) ; b) ; c) il faut composants pour garantir une probabilité d'écart d'au plus .
Erreurs fréquentes
Révision active
Une variable a pour espérance et variance . Majorer, à l'aide de l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev, la probabilité , puis minorer .
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Trajectoires de moyennes empiriques convergeant vers μ
Loi (faible) des grands nombres
La probabilité que la moyenne empirique s'écarte de l'espérance d'au moins tend vers : se concentre autour de .
Preuve par l'inégalité de concentration (théorème des gendarmes)
Coincée entre et une borne qui tend vers , la probabilité d'écart tend vers : c'est la démonstration de la loi des grands nombres.
Estimation par simulation (fréquence observée)
En simulant échantillons, la fréquence des écarts estime la probabilité cherchée — d'autant mieux que est grand.
Une trajectoire simulée : moyenne empirique du lancer d'un dé (μ=3,5)
Un dé équilibré donne un résultat d'espérance et de variance . On lance le dé fois (échantillon i.i.d.) et on note la moyenne des résultats. a) Justifier que se concentre autour de quand grandit. b) Majorer . c) Écrire un algorithme Python estimant cette probabilité par simulation de échantillons.
Les lancers sont indépendants et de même loi : forment un échantillon i.i.d. Par l'inégalité de concentration, pour tout , . La moyenne empirique converge donc (en probabilité) vers : c'est la loi des grands nombres.
On applique l'inégalité de concentration avec , , .
On simule échantillons de lancers, on calcule chaque moyenne, et on compte la proportion d'écarts . La fréquence obtenue (de l'ordre de à ) est BIEN inférieure à la borne — confirmant que Bienaymé-Tchebychev majore largement la vraie probabilité. import random N = 10000 n = 100 mu = 3.5 eps = 0.5 compteur = 0 for _ in range(N): somme = 0 for _ in range(n): somme = somme + random.randint(1, 6) moyenne = somme / n if abs(moyenne - mu) >= eps: compteur = compteur + 1 print(compteur / N)
Résultat : a) converge vers (loi des grands nombres) ; b) ; c) l'algorithme renvoie une fréquence observée de l'ordre de à , bien en dessous de la borne — la majoration de Bienaymé-Tchebychev est correcte mais grossière.
But : démontrer la loi des grands nombres, c'est-à-dire que la moyenne empirique d'un échantillon i.i.d. se concentre autour de l'espérance , puis l'illustrer par simulation.
Étape 1 — la moyenne empirique. Pour un échantillon i.i.d. d'espérance et de variance , on a établi et : la moyenne est centrée sur et sa variance s'effondre quand grandit.
Étape 2 — l'inégalité de concentration. En appliquant Bienaymé-Tchebychev à , pour tout écart , la probabilité d'un écart est majorée par .
Étape 3 — le passage à la limite. La borne tend vers quand . Coincée entre et cette borne, la probabilité d'écart tend vers : c'est la loi des grands nombres.
Étape 4 — l'illustration. En simulant la moyenne cumulée des lancers d'un dé, on voit la trajectoire se stabiliser autour de : instable au début, elle se resserre à mesure que augmente.
Moyenne empirique du dé convergeant vers 3,5
Bilan : la moyenne empirique d'un grand échantillon approche l'espérance — fondement de toute estimation statistique. En Python, on l'estime en comptant, sur simulations, la proportion d'échantillons dont la moyenne s'écarte trop de .
Erreurs fréquentes
Révision active
On lance fois une pièce équilibrée et on note la fréquence de « pile » (moyenne de variables de Bernoulli , donc , ). a) Majorer par l'inégalité de concentration. b) Écrire un algorithme Python estimant cette probabilité en simulant échantillons.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité mathématiques — classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)
Références et sources
Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol