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Le thème « Les représentations du monde » est le second semestre de PREMIÈRE de la spécialité HLP, étudié de la Renaissance aux Lumières (XVe-XVIIIe siècle). Il s'agit d'analyser comment la littérature et la philosophie figurent et interrogent le monde : la découverte du monde et la rencontre de l'autre, la pluralité des cultures (entre ethnocentrisme et relativisme) et le rapport de l'homme à la nature et au vivant. Approfondissement de première : ce thème n'est PAS le support direct de l'épreuve écrite de terminale (qui porte sur les deux objets d'étude de terminale), mais il constitue un socle culturel décisif, pleinement mobilisable au Grand oral et dans toute réflexion sur l'altérité, la culture et la nature.
5sectionsca. 27min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 3 · Approfondissement 1Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d'abord les deux couples de notions du thème — ethnocentrisme / relativisme et nature / culture — et sachez les illustrer par un texte précis (Montaigne, « Des cannibales » ; une utopie ; Descartes ou Rousseau sur l'animal).
niveau approfondi
Pour viser l'excellence, articulez les trois entrées du thème (découverte de l'autre, pluralité des cultures, rapport à la nature), confrontez les positions (anthropocentrisme de Descartes contre la continuité homme-animal de Montaigne ou Rousseau) et nuancez : critiquer l'ethnocentrisme ne conduit pas à un relativisme qui renoncerait à tout jugement ; mobilisez ce socle au Grand oral.
Lesetiefe: Approfondi
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Le choc de la découverte : la Renaissance face au Nouveau Monde
Montaigne écrit, à propos des peuples du Nouveau Monde : « Il n'y a rien de barbare et de sauvage en cette nation […], sinon que chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage. » Analysez le mouvement de la pensée et montrez comment le regard sur l'autre devient une critique de sa propre culture.
Le point de départ est le préjugé commun de l'Europe : ces peuples lointains sont des « barbares » et des « sauvages ». C'est le jugement ethnocentrique ordinaire, qui prend la culture européenne pour la mesure universelle de la civilisation.
Montaigne renverse ce jugement par une définition critique : « chacun appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage ». Le mot « barbare » ne dit donc rien de l'autre ; il dit seulement que l'autre n'est pas comme nous. Le critère du jugement (« notre usage ») est démasqué comme arbitraire et relatif.
En relativisant notre supériorité, Montaigne retourne le regard vers l'Europe. Ailleurs (et dans « Des coches »), il rappelle que la cruauté « civilisée » des guerres de religion vaut bien celle qu'on reproche aux « cannibales ». Le regard sur l'autre devient un miroir critique de notre propre barbarie.
Représenter l'autre n'est jamais neutre : c'est toujours le voir depuis un point de vue. Montaigne en tire une leçon de méthode — suspendre le jugement, comprendre l'autre selon ses raisons — qui fonde une critique de l'ethnocentrisme et annonce le relativisme culturel.
Résultat : Montaigne part du préjugé (« barbares ») pour le retourner : « barbarie » ne qualifie pas l'autre, mais notre habitude de prendre nos usages pour la norme. En relativisant la supériorité européenne, il fait du regard sur l'autre une critique de soi. Le texte illustre exactement l'enjeu du thème : représenter le monde, c'est interroger son propre point de vue, et la découverte de l'autre devient un décentrement critique.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'un extrait de « Des cannibales » de Montaigne (Essais, I, 31), montrez comment l'auteur renverse le jugement spontané sur les « barbares » et fait du regard sur l'autre une critique de la civilisation européenne. Repérez le procédé de retournement et rédigez un paragraphe d'analyse argumentée.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les représentations du monde ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme d'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe de première (arrêté du 17 janvier 2019 — BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Ethnocentrisme / relativisme : deux regards sur la pluralité des cultures
Nature / culture : l'universel et le variable
Un voyageur européen du XVIe siècle découvre que, dans une société, on mange avec les mains et l'on partage tout sans propriété privée. Analysez successivement un jugement ethnocentrique et un jugement relativiste sur cette coutume, puis dégagez la part de nature et de culture en jeu.
Le voyageur juge depuis ses propres usages : « ils n'ont ni couverts, ni propriété ; ce sont des sauvages, des arriérés ». Sa propre culture (la table européenne, la propriété) est prise pour la norme universelle ; ce qui en diffère est aussitôt déclaré inférieur. C'est l'ethnocentrisme : juger l'autre de l'extérieur.
Le regard relativiste suspend ce jugement et cherche la cohérence interne : peut-être ce partage sans propriété exprime-t-il une solidarité du groupe, une autre conception du bien commun. La coutume n'est plus « manque » mais autre organisation, qui a ses raisons. On comprend l'autre de l'intérieur, selon sa logique.
Ce qui relève de la NATURE (universel) : tous les hommes doivent se nourrir et organiser la vie commune. Ce qui relève de la CULTURE (variable) : la manière de manger (mains / couverts) et le rapport aux biens (partage / propriété). L'erreur ethnocentrique consiste à prendre nos manières particulières pour la nature humaine.
Le relativisme permet de comprendre sans mépriser : il décentre le regard. Mais comprendre n'est pas tout approuver — on peut comprendre la cohérence d'une coutume sans renoncer à tout jugement. La position juste est un relativisme critique : se décentrer, sans abdiquer toute exigence.
Résultat : Sur la même coutume, l'ethnocentrisme juge de l'extérieur (« sauvages ») en érigeant sa culture en norme, tandis que le relativisme cherche la cohérence interne et comprend l'autre selon ses raisons. La distinction nature / culture révèle l'erreur de fond — confondre nos usages particuliers avec la nature universelle — tout en rappelant qu'un relativisme critique décentre le regard sans renoncer à juger.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir d'un exemple de coutume étrangère (rituel, alimentation, organisation familiale), montrez comment un regard ethnocentrique la juge « bizarre » ou « inférieure », puis comment un regard relativiste cherche sa cohérence interne. Distinguez ensuite ce qui, dans cet exemple, relève de la nature et de la culture. Rédigez un paragraphe argumenté.
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Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les représentations du monde ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)
La place de l'homme dans le vivant : rupture ou continuité ?
Descartes soutient que les animaux sont des machines sans pensée ni langage, tandis que La Fontaine prête à ses animaux raison, ruse et passions (« Le Loup et l'Agneau », « Le Corbeau et le Renard »). Quelle représentation du rapport homme-animal chaque texte propose-t-il, et que révèle-t-elle sur la place de l'homme dans la nature ?
Pour Descartes, seul l'homme possède la pensée (le « je pense ») et le langage rationnel. Les bêtes, n'ayant ni l'un ni l'autre, agissent par pur mécanisme corporel : ce sont des automates naturels, des « machines ». Cette thèse trace une RUPTURE nette homme / animal et fonde un anthropocentrisme : l'homme à part, au-dessus du vivant.
Dans les Fables, les animaux délibèrent, rusent, éprouvent des passions : le Renard flatte, le Loup justifie sa violence par de faux arguments. La Fontaine leur prête une intériorité — non par naïveté, mais pour peindre les hommes. Sa représentation suggère une CONTINUITÉ : entre la bête et l'homme, les mêmes ressorts (raison, désir, vice).
L'opposition est nette : Descartes sépare radicalement (l'animal-machine n'a rien de proprement humain), La Fontaine rapproche (l'animal est un miroir de l'homme). L'une fait de l'homme le maître à part, l'autre l'inscrit dans une parenté du vivant. Ce sont deux réponses à la même question : où passe la frontière de l'humain ?
Derrière la question de l'animal se joue celle de la place de l'homme dans la nature. La rupture justifie une nature-objet à dominer (« maître et possesseur ») ; la continuité invite au contraire à la modestie et fonde, chez Rousseau, des devoirs envers les êtres sensibles. Les deux représentations engagent un rapport au monde différent.
Résultat : Descartes propose une représentation de RUPTURE (l'animal-machine, l'homme seul pensant, maître de la nature) ; La Fontaine, une représentation de CONTINUITÉ (l'animal pensant et passionné, miroir de l'homme). La confrontation révèle l'enjeu du thème : la place de l'homme dans le vivant — au-dessus de la nature comme objet, ou en son sein comme parent des autres vivants. Le débat, ouvert de la Renaissance aux Lumières, structure encore nos questions sur le vivant.
Erreurs fréquentes
Révision active
Confrontez la thèse cartésienne de l'animal-machine et une fable de La Fontaine où un animal pense, parle et raisonne. Quelle représentation du rapport homme-animal chaque texte propose-t-il (rupture / continuité) ? Que révèlent-ils sur la place de l'homme dans la nature ? Rédigez un paragraphe argumenté.
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Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les représentations du monde ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)
Frise des repères : représenter le monde, de la Renaissance aux Lumières
Reliez « Des cannibales » de Montaigne (XVIe siècle) et Micromégas de Voltaire (XVIIIe siècle, conte philosophique où des géants venus d'autres mondes observent les hommes). Quelle même démarche de pensée ces deux œuvres, pourtant éloignées, mettent-elles en œuvre ?
« Des cannibales » (Essais, 1580) est un essai de la Renaissance qui décrit les peuples du Nouveau Monde. Micromégas (1752) est un conte philosophique des Lumières, où des êtres venus de Sirius et de Saturne visitent la Terre et observent les humains. Genres et siècles diffèrent : c'est l'intérêt de la mise en perspective.
Les deux œuvres procèdent par DÉCENTREMENT : Montaigne regarde l'Europe à travers les yeux du « cannibale » ; Voltaire fait observer l'humanité par des géants extraterrestres. Dans les deux cas, un regard étranger sert à relativiser nos certitudes et notre prétendue supériorité.
Chez Montaigne, ce détour révèle que notre « civilisation » n'a pas le monopole de la raison ni de la vertu, et qu'elle est elle-même cruelle. Chez Voltaire, la disproportion entre les géants et les minuscules hommes ridiculise l'orgueil humain qui se croit le centre de l'univers. Les deux relativisent la place de l'homme et de sa culture.
Par-delà l'essai et le conte, les deux œuvres partagent une même fonction critique de la représentation du monde : faire voir le familier comme étrange grâce à un regard extérieur (le sauvage, l'extraterrestre), pour démasquer l'ethnocentrisme et l'anthropocentrisme. Le décentrement est l'instrument privilégié de la pensée critique du thème.
Résultat : « Des cannibales » et Micromégas, malgré près de deux siècles d'écart et deux genres distincts, mettent en œuvre la même démarche : le décentrement. Un regard étranger (le « cannibale », le géant de Sirius) sert à relativiser notre culture et la place de l'homme dans le monde, et à démasquer l'orgueil ethnocentrique et anthropocentrique. La mise en perspective montre la permanence, de la Renaissance aux Lumières, d'une représentation critique du monde.
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Construisez une fiche-repères en trois colonnes (XVIe / XVIIe / XVIIIe siècle). Pour chaque période, notez deux auteurs, une œuvre et la conception du monde qu'ils éclairent (altérité, nature, utopie). Reliez ensuite deux périodes par une même notion (par ex. le relativisme, ou la place de l'homme dans le vivant) en une phrase argumentée.
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Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les représentations du monde ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme d'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe de première (arrêté du 17 janvier 2019 — BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Construire l'essai : du sujet au plan dialectique
« La diversité des cultures interdit-elle de juger ? » Rédigez l'introduction d'un essai : amenez le sujet, dégagez le problème, formulez la problématique et annoncez un plan dialectique en trois temps.
On part d'un constat : la découverte du monde a révélé une immense diversité de mœurs et de valeurs, et nous avons appris à nous méfier de l'arrogance ethnocentrique qui condamne « ce qui n'est pas de son usage » (Montaigne). Comprendre l'autre semble exiger de suspendre nos jugements.
Le sujet oppose deux exigences : d'un côté, le respect de la diversité invite à comprendre chaque culture selon ses raisons (relativisme) et donc à ne pas la juger de l'extérieur ; de l'autre, refuser TOUT jugement reviendrait à ne plus pouvoir condamner aucune pratique, même intolérable. Comprendre la diversité, est-ce renoncer à juger ?
Problématique : reconnaître la pluralité des cultures, est-ce s'interdire tout jugement (relativisme radical), ou est-ce d'abord se décentrer pour comprendre, ce qui n'exclut pas un jugement éclairé ? Autrement dit : que faut-il relativiser — notre prétention à être la norme, ou toute exigence de valeur ?
On annonce un plan dialectique : (I) la diversité oblige à comprendre chaque culture de l'intérieur et à abandonner l'ethnocentrisme (Montaigne, le relativisme) ; (II) mais un relativisme radical se détruit lui-même, car il ne pourrait plus condamner l'intolérance ; (III) la position juste est un relativisme CRITIQUE : se décentrer pour comprendre, sans renoncer à juger au nom d'exigences réfléchies.
Résultat : L'introduction transforme un intitulé en un problème argumentable : elle oppose l'exigence de comprendre la diversité (relativisme) et la nécessité de pouvoir encore juger, formule une problématique (faut-il relativiser notre prétention à être la norme, ou tout jugement ?) et annonce un plan dialectique en trois temps. C'est exactement la démarche attendue à l'écrit de terminale — d'où l'intérêt de s'y entraîner dès la première.
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Prenez le sujet d'essai : « La rencontre de l'autre nous apprend-elle quelque chose sur nous-mêmes ? ». Rédigez seulement l'introduction : amenez le sujet, dégagez le problème (la rencontre de l'autre est-elle simple confrontation à une différence, ou retour critique sur soi ?), formulez la problématique et annoncez un plan en trois temps. Mobilisez au moins une notion du thème (altérité, ethnocentrisme).
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Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les représentations du monde ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme d'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe de première (arrêté du 17 janvier 2019 — BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l'Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale