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Le thème « Les pouvoirs de la parole » est le premier semestre de PREMIÈRE de la spécialité HLP ; sa période de référence officielle va de l'Antiquité à l'Âge classique (arrêté du 17 janvier 2019, BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019). Il s'agit d'analyser l'art de la parole (rhétorique, éloquence), l'autorité de la parole (parole de vérité, serment, parole donnée) et les séductions de la parole (sophistique, flatterie, manipulation). Approfondissement de première : ce thème n'est PAS le support direct de l'épreuve écrite de terminale (qui porte sur les deux objets d'étude de terminale), mais il constitue un socle culturel décisif, pleinement mobilisable au Grand oral et dans toute réflexion sur le langage et le discours.
5sectionsca. 27min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d'abord le triangle rhétorique (ethos / pathos / logos) et la distinction persuader / convaincre, et sachez les illustrer par un exemple précis (un discours, une fable, un dialogue).
niveau approfondi
Pour viser l'excellence, articulez les trois entrées du thème (art, autorité, séductions), confrontez Socrate et les sophistes (Gorgias de Platon), et nuancez : la même puissance de la parole — agir par les mots — fonde aussi bien l'éloquence vertueuse que la démagogie ; mobilisez ce socle au Grand oral.
Lesetiefe: Approfondi
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Le triangle rhétorique : ethos, pathos, logos
Les cinq parties de l'élaboration du discours (rhétorique antique)
Un avocat plaide : « Vous me connaissez, je n'ai jamais menti devant cette cour (1). Songez à cette mère qui attend, brisée, le retour d'un fils innocent (2). Or les trois témoins se contredisent sur l'heure du fait (3). » Identifiez l'ethos, le pathos et le logos, et évaluez l'effet recherché.
La phrase (1) « Vous me connaissez, je n'ai jamais menti » construit l'IMAGE de l'orateur : il se présente comme honnête et digne de confiance. C'est l'ethos — la persuasion par le caractère que l'orateur se donne, indépendamment de tout argument sur les faits.
La phrase (2), avec « cette mère brisée » et « un fils innocent », suscite la PITIÉ et l'indignation. C'est le pathos : on agit sur les émotions de l'auditoire (les jurés) pour les disposer favorablement, avant même de prouver quoi que ce soit.
La phrase (3), « les trois témoins se contredisent sur l'heure », est un ARGUMENT : elle attaque la cohérence des preuves adverses par un raisonnement vérifiable. C'est le logos — la persuasion par le contenu rationnel du discours.
L'avocat ne s'appuie pas sur un seul moyen : il établit d'abord sa crédibilité (ethos), émeut (pathos), puis fournit la raison de douter (logos). L'ordre est stratégique : la confiance et l'émotion préparent l'auditoire à accueillir l'argument. L'efficacité naît de la COMPOSITION des trois.
Résultat : Le plaidoyer mobilise les trois moyens de persuasion d'Aristote : ethos (l'orateur honnête), pathos (la pitié pour la mère et le fils), logos (la contradiction des témoins). Leur composition ordonnée — crédibilité, émotion, puis raison — vise à emporter la conviction des jurés : c'est l'art rhétorique en acte.
Erreurs fréquentes
Révision active
Choisissez un discours célèbre (réel ou littéraire — par exemple une harangue de théâtre). Repérez-y précisément l'ethos, le pathos et le logos, puis montrez comment l'orateur compose ces trois moyens pour emporter son auditoire. Rédigez un paragraphe d'analyse argumentée.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les pouvoirs de la parole ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme d'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe de première de la voie générale (arrêté du 17 janvier 2019 — BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Deux fondements de l'autorité de la parole
Devant le tribunal, le témoin dit : « Je jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. » En quoi cette parole diffère-t-elle d'une simple description ? Quel pouvoir la parole exerce-t-elle ici ?
« Il pleut » DÉCRIT un fait : on peut le dire vrai ou faux. « Je jure » ne décrit aucun fait extérieur : en prononçant ces mots dans les formes, le témoin ACCOMPLIT l'acte de jurer. Dire, ici, c'est faire — la parole est instituante.
Le serment lie le locuteur pour la suite : il s'engage à ce que sa parole future soit véridique, et se soumet par avance aux conséquences du parjure. La parole présente oblige la parole à venir : promettre, jurer, c'est se lier dans le temps.
Cette parole ne tire son pouvoir que de conditions institutionnelles : un cadre reconnu (le tribunal), une personne habilitée (le témoin assermenté), des formules consacrées. Hors de ce cadre, les mêmes mots ne « font » rien : l'autorité de la parole suppose une institution.
Le serment illustre l'autorité de la parole : non pas décrire le monde, mais l'engager. La parole crée une obligation (dire vrai), fonde la confiance du tribunal et expose au déshonneur du parjure. C'est un pouvoir d'institution, non de constat.
Résultat : « Je jure » n'est pas une description mais un acte : la parole institue un engagement, lie le témoin pour l'avenir et fonde la confiance de la cour, sous des conditions institutionnelles précises. Le serment manifeste exemplairement l'AUTORITÉ de la parole — son pouvoir d'obliger et d'instituer, non de simplement constater.
Erreurs fréquentes
Révision active
Comparez deux paroles : « La Terre tourne autour du Soleil » et « Je jure de dire la vérité ». Montrez en quoi leur autorité repose sur des fondements différents (vérité démontrable / acte d'engagement), puis interrogez : suffit-il qu'une autorité prononce une parole pour qu'elle soit vraie ? Rédigez un paragraphe argumenté.
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Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les pouvoirs de la parole ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)
Convaincre / persuader : raison contre affects
Dans la fable de La Fontaine, le Renard, voyant le Corbeau tenir un fromage, lui dit qu'il est le « Phénix des hôtes de ces bois » et le presse de chanter. Le Corbeau ouvre le bec, laisse tomber le fromage, que le Renard saisit. Le Renard cherche-t-il à convaincre ou à persuader ? Analysez les procédés et la leçon.
Le Renard ne veut pas faire reconnaître une vérité au Corbeau : il veut obtenir le fromage. Sa visée est une ACTION (faire chanter le Corbeau, donc lui faire lâcher sa proie), non la connaissance. C'est l'indice d'un discours de persuasion, non de conviction.
Le Renard loue le « plumage », la « voix » du Corbeau, le nomme « Phénix des hôtes de ces bois ». Ces éloges ne sont pas des arguments : ils flattent la vanité de l'oiseau, s'adressent à son amour-propre et à son désir de paraître. C'est du pathos détourné, une séduction.
Aucune preuve, aucun raisonnement vrai n'est offert : les compliments sont faux (le corbeau ne chante pas bien) et intéressés. Le discours imite la louange (genre épidictique) pour piéger : la forme oratoire est entièrement mise au service de la tromperie.
La morale — « Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute » — énonce le danger : la parole séduisante détourne l'auditoire de son intérêt et de la vérité. Le Corbeau, victime de sa vanité, est conduit « à l'écart » de son bon sens. La fable illustre la séduction de la parole et appelle à la vigilance critique.
Résultat : Le Renard PERSUADE et ne convainc pas : il flatte les affects (la vanité) du Corbeau par de faux éloges, sans aucun argument vrai, pour le faire agir contre son intérêt. La fable met en scène la séduction de la parole — son pouvoir de détourner — et, par sa morale, invite à se méfier du flatteur : c'est l'usage de la parole, non la parole elle-même, qui se juge.
Erreurs fréquentes
Révision active
Analysez la fable « Le Corbeau et le Renard » de La Fontaine comme une scène de séduction par la parole. Montrez que le renard cherche à persuader (et non à convaincre), identifiez les procédés de flatterie, puis dégagez la leçon sur le pouvoir et le danger de la parole. Rédigez un paragraphe argumenté.
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Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les pouvoirs de la parole ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme d'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe de première de la voie générale (arrêté du 17 janvier 2019 — BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Frise des repères : la parole de l'Antiquité à l'Âge classique
Reliez le Gorgias de Platon (Socrate contre les sophistes) et « Le Corbeau et le Renard » de La Fontaine. Quelle même question sur la parole ces deux œuvres, pourtant éloignées, éclairent-elles ?
Le Gorgias (Antiquité, IVe s. av. J.-C.) est un dialogue philosophique où Socrate critique la rhétorique des sophistes. « Le Corbeau et le Renard » (XVIIe s., 1668) est une fable. Les genres et les siècles diffèrent : c'est précisément l'intérêt de la mise en relation.
Les deux textes interrogent la même opposition : persuader (emporter l'adhésion par la séduction, sans souci du vrai) contre convaincre / chercher le vrai. Le sophiste et le Renard sont deux figures de la parole séduisante et trompeuse.
Chez Platon, la rhétorique sophistique flatte la foule et vise l'efficacité, non la vérité ; Socrate y oppose la dialectique. Chez La Fontaine, le Renard flatte la vanité du Corbeau pour le duper. Dans les deux cas, la parole détourne l'auditeur de son bien et du vrai : c'est la séduction de la parole.
Par-delà le dialogue savant et la fable plaisante, les deux œuvres dénoncent la même chose : le pouvoir d'une parole qui plaît sans dire le vrai. Elles invitent à la même vigilance — discerner ce qui convainc (la raison) de ce qui séduit (les affects).
Résultat : Le Gorgias et la fable, malgré une vingtaine de siècles et deux genres d'écart, éclairent une même question : la séduction de la parole, et l'opposition persuader / convaincre. Le sophiste et le Renard incarnent la parole qui plaît sans dire vrai ; Socrate et la morale de la fable appellent au discernement. La mise en relation montre la permanence du problème, de l'Antiquité au classicisme.
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Construisez une fiche-repères en deux colonnes (Antiquité / Âge classique — XVIIe). Pour chaque période, notez deux auteurs, une œuvre et l'enjeu de la parole qu'ils éclairent. Reliez ensuite les deux périodes par une même notion (par ex. persuader/convaincre) en une phrase argumentée. (Bonus Grand oral : ajoutez un prolongement XVIIIe — Diderot — en signalant qu'il sort de la période de référence du thème.)
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Construire l'essai : du sujet au plan dialectique
« Faut-il se méfier de la parole ? » Rédigez l'introduction d'un essai : amenez le sujet, dégagez le problème, formulez la problématique et annoncez un plan dialectique en trois temps.
On part d'un constat concret : la parole nous entoure (débats, publicités, discours) et nous savons par expérience qu'on peut être trompé par un beau discours. La méfiance semble donc de bon sens. Mais se méfier de TOUTE parole serait se couper de ce qui nous instruit et nous relie.
Le sujet oppose deux faces de la parole : un pouvoir TROMPEUR (séduction, flatterie, manipulation — qui justifie la méfiance) et un pouvoir BÉNÉFIQUE (dire le vrai, promettre, émanciper — qui l'interdit). Se méfier de la parole, n'est-ce pas risquer de se priver de ses bienfaits ?
Problématique : la méfiance à l'égard de la parole est-elle une exigence légitime de vigilance, ou un refus excessif d'un pouvoir dont nous ne pouvons pas nous passer ? Autrement dit : de quoi, dans la parole, faut-il se méfier — et faut-il s'en méfier en tant que telle, ou seulement dans certains de ses usages ?
On annonce un plan dialectique : (I) il faut se méfier de la parole, car elle peut séduire et tromper (persuasion, flatterie, sophistique) ; (II) mais on ne peut s'en passer, car elle dit le vrai, engage (serment) et émancipe (Lumières) ; (III) ce n'est donc pas la parole en soi, mais son USAGE qu'il faut juger — d'où une vigilance critique plutôt qu'une défiance générale.
Résultat : L'introduction transforme un intitulé en un problème argumentable : elle oppose le pouvoir trompeur et le pouvoir bénéfique de la parole, formule une problématique (faut-il se méfier de la parole elle-même, ou de ses usages ?) et annonce un plan dialectique en trois temps. C'est exactement la démarche attendue à l'écrit de terminale — d'où l'intérêt de s'y entraîner dès la première.
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Prenez le sujet d'essai : « Faut-il se méfier de la parole ? ». Rédigez seulement l'introduction : amenez le sujet, dégagez le problème (tension entre le pouvoir bénéfique et le pouvoir trompeur de la parole), formulez la problématique et annoncez un plan en trois temps. Mobilisez au moins une notion du thème (persuader/convaincre).
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Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HLP — première (objet d'étude « Les pouvoirs de la parole ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme d'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe de première de la voie générale (arrêté du 17 janvier 2019 — BO spécial n° 1 du 22 janvier 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l'Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale