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Le thème « Les métamorphoses du moi » est l'une des entrées de l'objet d'étude de terminale « La recherche de soi » (semestre 1), étudiée du romantisme (début du XIXe siècle) au XXe siècle. Le thème interroge l'identité personnelle — son unité et sa permanence à travers le temps —, les formes littéraires de l'écriture de soi (autobiographie, journal, autoportrait, confessions) et les transformations ou altérations du moi (crise, masque, double, perte d'identité). Ce thème est pleinement au programme de l'épreuve écrite de terminale (interprétation littéraire + essai philosophique) ; il fournit aussi une matière riche pour le Grand oral.
5sectionsca. 29min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 2 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d'abord le problème central de l'identité personnelle — qu'est-ce qui fait que je reste « moi » à travers le changement ? — et la typologie des genres de l'écriture de soi (autobiographie, journal, autoportrait, confessions), en sachant les illustrer par un exemple précis (Rousseau, Chateaubriand, Kafka).
niveau approfondi
Pour viser l'excellence, problématisez la tension décisive entre permanence et transformation : le moi est-il une substance qui demeure (illusion d'une identité fixe) ou un processus qui se fait, se défait et se raconte ? Confrontez l'approche philosophique (Locke, Hume, Bergson) et les formes littéraires (écriture de soi, figures du double et de la métamorphose), et mobilisez ce socle au Grand oral.
Lesetiefe: Approfondi
Schriftgröße: Standard
Permanence et changement : le problème de l'identité personnelle
Un personnage déclare : « J'ai oublié presque toute mon enfance ; suis-je encore vraiment celui que j'étais alors ? » En vous appuyant sur la distinction identité numérique / identité qualitative et sur la thèse de Locke, discutez cette interrogation.
Le personnage doute de sa propre permanence : l'oubli de l'enfance lui fait craindre de n'être plus « le même ». Il met le doigt sur le lien supposé entre mémoire et identité — si je ne me souviens pas, suis-je encore relié à celui que j'étais ?
Il faut distinguer deux sens de « le même ». Au sens numérique, le personnage est resté un seul et même être (aucune autre personne n'a vécu son enfance à sa place) ; au sens qualitatif, il a beaucoup changé (un adulte ne ressemble guère à l'enfant qu'il fut). L'oubli concerne le contenu, non l'unité de l'être.
Selon Locke, l'identité personnelle tient à la continuité de la conscience : je suis le même que celui dont je peux me souvenir avoir été. L'oubli total d'une période semble donc rompre le fil — c'est la difficulté du cas. Mais la conscience peut se relier indirectement : par les souvenirs intermédiaires, les récits d'autrui, les traces, le moi reste rattaché à son passé même non remémoré.
L'oubli n'abolit pas l'identité numérique (on reste le même être), mais il fragilise le sentiment de continuité qui, selon Locke, fonde l'identité personnelle vécue. D'où une réponse mesurée : on demeure la même personne, mais l'identité n'est pas un donné figé — elle se tisse et se retisse par la mémoire, qui peut se rompre, se reconstruire, se raconter.
Résultat : L'interrogation confond permanence de l'être (identité numérique, qui n'est pas abolie par l'oubli) et continuité de la conscience (qui, selon Locke, fonde l'identité personnelle vécue et que l'oubli fragilise). On reste donc la même personne, mais le moi n'est pas une substance figée : il est tissé par une mémoire faillible, ce qui ouvre déjà la question des métamorphoses du moi.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir de la formule « je suis le même que celui dont je me souviens avoir été », rédigez un paragraphe d'essai problématisé : la mémoire suffit-elle à fonder l'identité personnelle ? Discutez en confrontant la thèse de Locke (la continuité de la conscience) et la difficulté que soulèvent les oublis et les reconstructions de la mémoire.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Typologie des genres de l'écriture de soi
Rousseau ouvre Les Confessions par cette ambition : « Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature, et cet homme, ce sera moi. » Analysez cette promesse et discutez si une sincérité totale est possible dans l'écriture de soi.
Rousseau pose un projet inédit et absolu : se montrer « dans toute la vérité de la nature », c'est-à-dire sans masque, sans embellissement, tel qu'il est réellement. C'est l'expression la plus forte du pacte autobiographique : l'auteur s'engage à dire vrai sur lui-même, en s'identifiant pleinement au « je » qu'il met en scène.
La promesse est celle d'une transparence intégrale : tout dire, y compris ce qui est honteux ou défavorable (le mot « confessions » vient de l'aveu). Rousseau veut rompre avec les autobiographies flatteuses : la vérité prime sur l'image avantageuse de soi. C'est ce qui fait l'audace et la nouveauté de l'entreprise.
Mais une sincérité totale se heurte à des obstacles : la mémoire est lacunaire et reconstruit le passé ; l'amour-propre incline, souvent à l'insu de l'auteur, à se justifier ou à se rendre intéressant ; et le langage lui-même met en forme, sélectionne, dramatise. Dire vrai sur soi suppose de se connaître, ce qui n'est jamais entier.
La sincérité n'est donc pas tant une transparence atteinte qu'une VISÉE, un effort jamais achevé. Rousseau peut être sincère dans son intention sans livrer une vérité parfaite : son texte construit autant qu'il décrit le moi. La valeur des Confessions tient moins à une vérité garantie qu'à l'effort héroïque, et avoué, de se dire au plus près.
Résultat : La promesse de Rousseau exprime, au plus haut degré, le pacte autobiographique et son exigence de sincérité (tout dire, sans flatterie). Mais une sincérité totale est inaccessible : la mémoire, l'amour-propre et la mise en forme par le langage font de l'écriture de soi une reconstruction autant qu'un reflet. La sincérité est une visée — un effort jamais achevé — plus qu'une transparence atteinte : écrire le moi, c'est aussi le métamorphoser.
Erreurs fréquentes
Révision active
À partir de l'incipit des Confessions de Rousseau (« Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature… »), rédigez un paragraphe d'interprétation : quelle ambition l'auteur affiche-t-il, et cette promesse de sincérité totale est-elle tenable ? Appuyez-vous sur le pacte autobiographique et sur les limites de la mémoire.
Rappel actif
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Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Les figures de la métamorphose du moi
Dans L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (Stevenson, 1886), un même homme se dédouble en deux personnages opposés. Analysez cette figure du double : que révèle-t-elle de l'unité et de l'identité du moi ?
Jekyll, médecin respectable, se transforme par une potion en Hyde, être de cruauté et de violence. Il ne s'agit pas de deux personnes mais d'un seul homme qui devient un autre : le double est une figure de l'altération du moi, où l'unité de la personne se scinde en deux identités contradictoires hébergées dans un même être.
Le récit dramatise une tension : et si l'unité du moi n'était qu'une façade ? Hyde n'est pas un intrus venu du dehors, mais une part de Jekyll lui-même, refoulée par la respectabilité. Le double suggère que le moi n'est pas homogène mais traversé de parts étrangères à l'image qu'il donne — l'identité « une » serait une construction fragile.
Jekyll, sous le masque social de l'honorabilité, abrite Hyde : la figure du double rejoint celle du masque. Y a-t-il un « vrai » moi (Jekyll ? Hyde ?) ou les deux sont-ils également le moi ? Le récit refuse la réponse simple : Hyde est bien Jekyll, et c'est cela qui est terrifiant — le mal n'est pas l'autre, il est en soi.
On peut éclairer la fiction par Hume : si le moi n'est qu'un faisceau d'états divers reliés par habitude, alors l'unité d'une personne est toujours menacée de se défaire en tendances opposées. Le double de Stevenson donne corps à cette idée : l'identité « une » est moins un fait qu'un équilibre instable, qu'une métamorphose peut rompre.
Résultat : La figure du double, chez Stevenson, n'est pas un simple ressort fantastique : elle met à l'épreuve l'UNITÉ du moi. Hyde étant une part de Jekyll lui-même, le récit suggère que l'identité une est une construction fragile, recouvrant des tendances contradictoires (lien avec le masque, être / paraître). Éclairée par Hume (le moi comme faisceau menacé de se défaire), cette métamorphose montre que le moi n'est peut-être pas une substance simple et permanente, mais un équilibre instable.
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Révision active
Sujet d'essai d'entraînement : « Peut-on changer profondément tout en restant soi-même ? » Construisez un paragraphe problématisé en mobilisant au moins une figure littéraire de la métamorphose (par exemple Jekyll et Hyde de Stevenson, ou La Métamorphose de Kafka) et une thèse philosophique sur le moi (Hume ou Bergson).
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Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Substance ou processus : deux conceptions du moi
« Peut-on changer profondément tout en restant soi-même ? » Proposez un plan dialectique problématisé en trois temps, avec pour chaque partie une thèse et une référence.
Le sujet oppose changement et permanence : changer « profondément » semble menacer le « rester soi ». L'enjeu est de savoir si l'identité personnelle est compatible avec la transformation, ou si une métamorphose radicale détruit le moi. La tension est réelle : tout en moi change, et pourtant je continue à dire « je ».
Première partie : si le moi est une substance, un noyau fixe (intuition spontanée, héritage cartésien du cogito), alors une transformation profonde l'altère et le détruit. Les figures littéraires de la métamorphose (Jekyll devenant Hyde chez Stevenson, Gregor changé en insecte chez Kafka) semblent dire cette perte d'identité : on devient « un autre ».
Deuxième partie : mais Hume nie tout noyau permanent (le moi est un faisceau d'états), et Bergson montre que, pour un être conscient, « exister consiste à changer ». Le moi n'est pas une chose figée mais une durée qui crée sans cesse de la nouveauté. Dès lors, changer n'est pas perdre son identité : c'est l'accomplir, car l'identité se fait dans le temps.
Troisième partie : la solution n'est ni le moi-substance fixe ni le pur flux sans unité, mais l'identité NARRATIVE. Ce qui me fait rester « moi » à travers mes métamorphoses, ce n'est pas une substance cachée, mais l'histoire continuée que j'en fais — par la mémoire et le récit (l'écriture de soi : Rousseau, Chateaubriand). Je reste moi-même en ME RACONTANT, c'est-à-dire en reliant mes transformations en une seule histoire.
Résultat : Plan dialectique : (I) si le moi est une substance fixe, changer profondément le détruit — les métamorphoses (Stevenson, Kafka) figureraient une perte d'identité ; (II) mais Hume (le moi-faisceau) et Bergson (le moi-durée, « exister consiste à changer ») montrent que changer est la manière même d'être soi ; (III) d'où la synthèse de l'identité narrative : on reste soi à travers ses métamorphoses non par une substance cachée, mais par l'histoire continuée qu'on en fait (le récit, l'écriture de soi). La réponse refuse l'alternative et tient la tension du thème.
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Sujet d'essai d'entraînement : « Le moi est-il une chose qui demeure, ou une histoire qui se fait ? » Construisez un plan dialectique en trois temps (thèse : le moi-substance permanent ; antithèse : le moi-faisceau ou durée changeante, Hume et Bergson ; synthèse : l'identité narrative), en mobilisant au moins une référence littéraire de l'écriture de soi ou de la métamorphose.
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Frise des repères : le moi du romantisme au XXe siècle
Reliez les Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand (1849-1850) et La Métamorphose de Kafka (1915). Quelle même question sur l'identité du moi ces deux œuvres, pourtant très différentes, éclairent-elles ?
Les Mémoires d'outre-tombe (XIXe s., autobiographie) sont l'entreprise d'un homme qui, par le récit rétrospectif, tente de ressaisir et d'unifier toute sa vie — de fixer son moi pour la postérité. La Métamorphose (XXe s., fiction) raconte Gregor Samsa changé en insecte tout en gardant sa conscience d'homme. Genres et époques diffèrent : c'est l'intérêt de la confrontation.
Les deux œuvres interrogent ce qui fait l'unité et la permanence du moi. Chateaubriand cherche à RELIER en une histoire les états successifs d'une vie — geste de l'identité narrative. Kafka pose à l'inverse la question de la rupture : quand le corps et le regard d'autrui ne reconnaissent plus Gregor, que reste-t-il de son identité ? Permanence d'un côté, altération radicale de l'autre.
Chez Chateaubriand, le récit construit la continuité du moi malgré le temps (le moi se tisse par la mémoire et l'écriture) ; chez Kafka, la métamorphose met cette continuité à l'épreuve extrême : la conscience subsiste, mais l'apparence et la reconnaissance sociale s'effondrent. L'une montre le moi UNIFIÉ par le récit, l'autre le moi MENACÉ par la transformation et le rejet d'autrui.
La confrontation éclaire un même problème — qu'est-ce qui fait l'unité d'un moi qui se transforme ? — sous deux angles complémentaires : l'effort d'unification par l'écriture de soi (Chateaubriand) et l'épreuve de la métamorphose qui défait cette unité (Kafka). Relier littérature et philosophie du moi, c'est précisément le geste attendu en HLP.
Résultat : Les deux œuvres éclairent la même question — qu'est-ce qui fait l'unité d'un moi qui se transforme ? — de façon complémentaire : Chateaubriand tente de l'UNIFIER par le récit autobiographique (identité narrative), tandis que Kafka en figure la MENACE par une métamorphose radicale où la conscience subsiste mais où la reconnaissance s'effondre. La confrontation, en faisant dialoguer une autobiographie et une fiction de métamorphose, est le geste même de la spécialité HLP.
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Construisez une fiche-repères en deux colonnes (XIXe siècle / XXe siècle). Pour chaque période, notez deux auteurs ou œuvres et la figure du moi qu'ils éclairent (écriture de soi, double, métamorphose, etc.). Reliez ensuite les deux périodes par une même notion (par exemple permanence / transformation) en une phrase argumentée.
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Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « La recherche de soi » (entrée « Les métamorphoses du moi ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Épreuve de spécialité humanités, littérature et philosophie — définition de l'épreuve (note de service, BO) (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l'Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale