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Le thème « Création, continuités et ruptures » est l'une des entrées de l'objet d'étude de terminale « L'Humanité en question » (semestre 2), étudiée dans le monde moderne et contemporain (XIXe-XXIe siècle). Le thème interroge la création artistique et littéraire — invention, originalité, imitation, inspiration —, le rapport entre tradition et modernité (héritage des formes et rupture esthétique, avant-gardes) et les dynamiques de continuité et de rupture qui font l'histoire de l'art (transmission, renouvellement et transgression des modèles). Ce thème est pleinement au programme de l'épreuve écrite de terminale (interprétation littéraire + essai philosophique) ; il fournit aussi une matière riche pour le Grand oral.
4sectionsca. 24min de lecture4compétencesNiveauBase 1 · Standard 1 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrisez d'abord les couples de notions du thème — créer / imiter, tradition / modernité, continuité / rupture — et sachez les illustrer par un exemple précis (Baudelaire et la « vie moderne », Rimbaud, un manifeste d'avant-garde), en distinguant clairement l'imitation comme servitude et l'imitation comme apprentissage fécond.
niveau approfondi
Pour viser l'excellence, problématisez le paradoxe central : toute rupture s'appuie sur une tradition qu'elle conteste, et toute tradition vivante se renouvelle — la création n'est ni pure répétition ni pur surgissement à partir de rien. Confrontez la réflexion philosophique sur le génie, le beau et l'invention (Kant, Hegel, Bergson) et les manifestes des avant-gardes, et mobilisez ce socle au Grand oral.
Lesetiefe: Approfondi
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Créer : entre inspiration reçue et travail accompli
Kant écrit que le génie est « la disposition innée par laquelle la nature donne les règles à l'art ». Analysez cette définition : en quoi réconcilie-t-elle l'exigence d'originalité et celle de fécondité de l'œuvre ?
Une règle, d'ordinaire, on l'apprend et on l'applique ; or Kant dit que le génie REÇOIT ses règles « de la nature », non d'un enseignement. Le génie ne suit donc pas de recette : il produit son œuvre sans pouvoir dire d'avance la règle qu'il suit. C'est ce qui fait l'originalité de l'artiste de génie — il n'imite personne.
Pour Kant, l'originalité est la première propriété du génie : son œuvre n'est pas une copie, elle est neuve. Mais l'originalité seule ne suffit pas — on peut être original et absurde. Le génie produit une originalité EXEMPLAIRE : son œuvre, sans suivre de règle apprise, vaut comme modèle.
C'est là que la définition se résout : parce que l'œuvre du génie est exemplaire, elle peut « donner ses règles à l'art ». D'autres artistes la prendront pour modèle et en dégageront des manières, des principes. Le génie n'applique pas une règle existante : il en INSTITUE une nouvelle, que la tradition pourra ensuite transmettre.
La définition réconcilie ainsi originalité et fécondité : le génie est original (il invente, ne copie pas) et fécond (son œuvre fait école et nourrit une tradition à venir). C'est un pivot du thème : la rupture créatrice du génie devient elle-même la source de nouvelles continuités. Créer, ce n'est pas se couper de l'histoire des formes, c'est lui ouvrir une voie inédite.
Résultat : La définition kantienne fait du génie celui qui invente la règle au lieu de l'appliquer : son œuvre est à la fois ORIGINALE (elle ne copie aucun modèle) et EXEMPLAIRE (elle vaut elle-même comme modèle, donc « donne les règles à l'art »). Elle réconcilie originalité et fécondité, et montre que la rupture créatrice n'abolit pas la tradition mais en ouvre de nouvelles — le génie est à la source des continuités à venir.
Erreurs fréquentes
Révision active
Sujet d'essai d'entraînement : « Peut-on créer à partir de rien ? » Rédigez un paragraphe problématisé qui confronte l'idée d'une originalité absolue (créer sans rien devoir à personne) et l'idée que toute création hérite d'un matériau et de modèles. Appuyez-vous sur la distinction originalité-nouveauté / originalité-authenticité et sur la notion kantienne de génie (qui invente la règle sans copier).
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « L'Humanité en question » (entrée « Création, continuités et ruptures ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — NOR MENE1921255A — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Les deux visages de l'imitation
« Imiter, est-ce renoncer à créer ? » Construisez la discussion de cette question en distinguant les valeurs opposées de l'imitation, et concluez de façon nuancée.
On peut d'abord accorder que oui : imiter semble s'opposer à créer. Copier un modèle, c'est refaire ce qui existe, donc ne rien apporter de neuf. L'imitation servile produit le pastiche, la redite, l'académisme : elle enferme l'artiste dans la répétition et étouffe son originalité. À ce niveau, imiter, c'est bien renoncer à inventer.
Mais « imiter » a un second sens, formateur. On n'apprend aucun art ex nihilo : l'écrivain commence par lire et pasticher, le peintre par copier les maîtres, le musicien par rejouer les œuvres du répertoire. Imiter, ici, c'est s'approprier une langue, une technique, une grammaire des formes — l'étape nécessaire avant l'invention personnelle.
L'imitation créatrice ne s'arrête pas à la copie : elle s'en sert pour la dépasser. En reprenant un genre, un modèle, un héritage, l'artiste les transforme, les détourne, y inscrit sa marque. La tradition fournit le matériau ; l'originalité naît de la manière neuve de le reprendre. L'invention se loge dans la transformation de l'imité, non dans son rejet.
Tout dépend donc du sens et de l'usage de l'imitation. L'imitation servile (copie qui s'en tient au modèle) renonce à créer ; l'imitation créatrice (apprentissage qui s'approprie pour dépasser) en est au contraire la condition. Loin de s'exclure, imitation et création s'articulent : on ne crée qu'à partir d'un héritage que l'on finit par renouveler.
Résultat : Imiter ne signifie pas nécessairement renoncer à créer. Au sens de la copie servile, oui : l'imitation stérile répète sans inventer. Mais au sens de l'apprentissage, l'imitation est la condition même de la création : on s'approprie des modèles et des techniques pour les transformer et les dépasser. La création n'abolit pas l'héritage, elle le renouvelle — la tradition est le sol à partir duquel l'invention devient possible.
Erreurs fréquentes
Révision active
Sujet d'essai d'entraînement : « Imiter, est-ce renoncer à créer ? » Rédigez un paragraphe problématisé qui distingue l'imitation comme servitude (copie stérile) et l'imitation comme apprentissage fécond (s'approprier des modèles pour les dépasser). Appuyez-vous sur la double imitation classique (de la nature, des Anciens) et sur l'idée que l'on n'invente qu'à partir d'un héritage.
Rappel actif
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Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « L'Humanité en question » (entrée « Création, continuités et ruptures ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — NOR MENE1921255A — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
La modernité baudelairienne : transitoire et éternel
Rimbaud lance : « Il faut être absolument moderne. » À partir de cette injonction, discutez : le culte de la nouveauté suffit-il à fonder la valeur d'une œuvre ?
« Il faut être absolument moderne » érige la rupture en impératif : l'artiste doit faire du neuf, rompre avec le passé, refuser l'académisme. C'est le credo qui anime les avant-gardes du XXe siècle, lesquelles proclament dans leurs manifestes la table rase et la révolution permanente des formes. La nouveauté devient ici la valeur suprême de l'art.
Cette exigence a une vraie portée : sans rupture, l'art se fige dans la redite et l'imitation servile. C'est par des ruptures que l'art se renouvelle — Baudelaire, Rimbaud, le surréalisme ont ouvert des voies inédites. Le neuf n'est pas un caprice : il est la réponse vivante de l'art à un présent qui change.
Mais la nouveauté ne suffit pas à faire la valeur. D'abord, on peut être nouveau et insignifiant : le neuf pour le neuf n'est pas un critère de qualité. Ensuite, la rupture suppose toujours une tradition à transgresser, qui lui donne sens (provoquer suppose un ordre à provoquer). Enfin, la rupture érigée en règle se mue en convention : l'avant-garde finit par produire son propre académisme du nouveau.
Le culte de la nouveauté est donc un moteur de la création, mais non son critère suffisant. Une œuvre vaut moins parce qu'elle est nouvelle que parce qu'elle dit quelque chose de neuf et de durable — Baudelaire le voyait déjà : la modernité tire l'éternel du transitoire. La rupture n'a de valeur qu'en refondant, pour l'avenir, une continuité.
Résultat : L'injonction de Rimbaud fait de la rupture un impératif et exprime le moteur des avant-gardes : sans nouveauté, l'art se fige. Mais la nouveauté ne suffit pas à fonder la valeur d'une œuvre : on peut être neuf et vain, la rupture suppose une tradition qui lui donne sens, et le culte du nouveau érigé en règle devient lui-même une convention. La modernité véritable, comme le voyait Baudelaire, ne rejette pas l'éternel : elle le tire du présent fugitif — la rupture vaut par la continuité qu'elle refonde.
Erreurs fréquentes
Révision active
Sujet d'essai d'entraînement : « La rupture est-elle la condition de la création ? » Rédigez un paragraphe problématisé qui mobilise la modernité baudelairienne (le transitoire et l'éternel), l'injonction de Rimbaud (« Il faut être absolument moderne ») et le rôle des manifestes d'avant-garde, puis interrogez les limites du culte du nouveau (la rupture érigée en règle devient une convention).
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Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « L'Humanité en question » (entrée « Création, continuités et ruptures ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — NOR MENE1921255A — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
La dynamique continuités / ruptures dans l'histoire des formes
« L'art progresse-t-il, ou se transforme-t-il ? » Proposez un plan dialectique problématisé en trois temps, avec pour chaque partie une thèse et une référence ou un exemple.
« Progresser » suppose une marche orientée vers le mieux ; « se transformer » suppose seulement un changement, sans hiérarchie. Demander si l'art progresse, c'est demander si l'art récent vaut MIEUX que l'ancien, ou s'il en diffère sans lui être supérieur. La question oppose une histoire-progrès et une histoire-métamorphose des formes.
On peut soutenir que l'art progresse : chaque rupture (romantisme contre classicisme, avant-gardes contre académisme) dépasse l'état antérieur, élargit les moyens, libère de nouvelles possibilités. L'injonction de Rimbaud (« Il faut être absolument moderne ») et les manifestes érigent le nouveau en valeur : l'art irait de l'avant, du moins vers le plus libre et le plus inédit.
Mais « progresser » est trompeur : nouveau ne veut pas dire supérieur (la querelle des Anciens et des Modernes le rappelait). Une œuvre récente n'est pas meilleure parce que récente. De plus, toute rupture s'appuie sur une continuité qu'elle conteste : elle ne dépasse pas l'ancien comme une science dépasse une théorie fausse, elle le transforme. L'art ne progresse pas, il se métamorphose.
On dépasse l'alternative en pensant l'histoire de l'art comme une dynamique de continuités et de ruptures. L'art ne progresse pas vers un terme, mais il ne se répète pas non plus : chaque rupture refonde une continuité (le surréalisme, hier scandaleux, est aujourd'hui classique). C'est une histoire OUVERTE, où créer, c'est prolonger l'héritage en le transformant.
Résultat : Plan dialectique : (I) l'art semble progresser par ses ruptures successives, qui élargissent ses moyens (Rimbaud, manifestes d'avant-garde) ; (II) mais « progrès » est inadéquat — nouveau ne veut pas dire meilleur (querelle des Anciens et des Modernes), et toute rupture transforme un héritage plutôt qu'elle ne le dépasse ; (III) l'art ne progresse ni ne se répète : il se transforme selon une dynamique ouverte de continuités et de ruptures, où chaque rupture refonde une tradition (le surréalisme devenu classique). Créer, c'est se situer dans cette histoire et la prolonger en la transformant.
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Sujet d'essai d'entraînement : « L'art progresse-t-il, ou se transforme-t-il ? » Construisez un plan dialectique en trois temps (thèse : l'art se renouvelle par des ruptures qui semblent le faire progresser ; antithèse : nouveau ne signifie pas meilleur, et toute rupture s'appuie sur une continuité ; synthèse : l'histoire de l'art est une dynamique ouverte de continuités et de ruptures, où chaque rupture refonde une tradition), en mobilisant au moins un exemple d'avant-garde devenue classique.
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Sources : Programme de spécialité HLP — terminale, objet d'étude « L'Humanité en question » (entrée « Création, continuités et ruptures ») (Éduscol — ministère de l'Éducation nationale) · Programme de l'enseignement de spécialité d'humanités, littérature et philosophie de la classe terminale de la voie générale (arrêté du 19 juillet 2019 — NOR MENE1921255A — BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — ministère de l'Éducation nationale
Bulletin officiel — ministère de l'Éducation nationale