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Ce thème lit le monde vivant à travers l'évolution et la modélisation. On mesure et on modélise la biodiversité (échantillonnage, capture-marquage-recapture, intervalle de confiance, modèle de Hardy-Weinberg), on mobilise hasard, variation et sélection naturelle pour expliquer l'anatomie, la médecine et l'évolution humaine, puis on confronte des modèles démographiques (linéaire contre exponentiel, modèle de Malthus) aux données ; enfin, de la machine de Turing à l'intelligence artificielle, on apprend à raisonner sur les données, l'inférence bayésienne et leurs limites. L'intégralité de ce thème (sous-parties 3.1 à 3.5) est au programme de l'épreuve écrite de terminale.
5sectionsca. 26min de lecture4compétencesNiveauStandard 3 · Approfondissement 2Vérifié · 06/2026
niveau de base
Maîtrise d'abord les outils mobilisables tels quels : la quatrième proportionnelle de la capture-marquage-recapture, les fréquences , , de Hardy-Weinberg, la distinction variation absolue (modèle linéaire) / variation relative (modèle exponentiel) et le calcul d'un temps de doublement.
niveau approfondi
Pour aller plus loin, sache démontrer la stabilité de Hardy-Weinberg d'une génération à la suivante, justifier le choix d'un modèle par un test de validité du nuage de points et conduire un raisonnement bayésien complet (tableau de contingence puis probabilité d'être malade sachant le test positif).
Lesetiefe: Approfondi
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Principe de la capture-marquage-recapture (CMR)
Capture-marquage-recapture
M est le nombre d'individus marqués au départ, n la taille de la seconde capture et m le nombre de marqués retrouvés. La proportion de marqués est supposée identique dans l'échantillon et dans la population.
Intervalle de confiance à 95 % d'une fréquence
f est la fréquence observée et n la taille de l'échantillon. L'amplitude vaut 2/\sqrt{n} : elle diminue quand l'échantillon grandit.
Modèle de Hardy-Weinberg
Pour un gène à deux allèles de fréquences p et q, les génotypes homozygote dominant, hétérozygote et homozygote récessif ont pour fréquences p², 2pq et q², constantes sous les conditions du modèle.
Amplitude de l'intervalle de confiance en fonction de la taille de l'échantillon
Sur un étang, un biologiste capture, marque et relâche 120 grenouilles. Une semaine plus tard, il recapture 80 grenouilles, dont 15 portent une marque. Estimer l'effectif total de la population, puis encadrer la fréquence de marqués par un intervalle de confiance à 95 %.
La proportion d'individus marqués est supposée identique dans la seconde capture et dans la population entière.
On en déduit l'effectif total par quatrième proportionnelle, avec , et .
Le calcul donne . La population est estimée à environ 640 grenouilles.
La fréquence observée de marqués vaut sur , et .
Résultat : L'effectif est estimé à grenouilles. La fréquence de marqués est connue avec une forte incertitude (IC à 95 % d'environ ) : pour resserrer cet intervalle il faudrait recapturer un échantillon bien plus grand, puisque l'amplitude vaut .
Dans une population de 1000 individus, on observe pour un gène à deux allèles A et a les génotypes suivants : 160 individus [A//A], 480 individus [A//a] et 360 individus [a//a]. La population respecte-t-elle les proportions de Hardy-Weinberg ?
Chaque individu porte 2 allèles, soit allèles au total. La fréquence de A est , celle de a est .
On multiplie , et par l'effectif total 1000.
Les effectifs attendus (160 ; 480 ; 360) coïncident exactement avec les effectifs observés (160 ; 480 ; 360). Les proportions sont respectées.
Résultat : La population respecte les proportions de Hardy-Weinberg : aucune force évolutive n'est détectée pour ce gène. Un écart entre observé et attendu aurait au contraire signé l'action de la sélection, de la dérive, de la migration ou de la mutation.
Erreurs fréquentes
Révision active
Sur un étang, un biologiste capture, marque et relâche 120 grenouilles. Une semaine plus tard, il recapture 80 grenouilles, dont 15 portent une marque. (a) Estimer l'effectif total de la population. (b) En considérant les 80 grenouilles comme un échantillon où la fréquence de marqués vaut , donner un intervalle de confiance à 95 % de cette fréquence et expliquer comment réduire son amplitude.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d'enseignement scientifique — voie générale, classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Sélection naturelle d'un variant résistant sous pression antibiotique
Dans un service hospitalier, après plusieurs semaines de traitement antibiotique généralisé, la proportion de bactéries résistantes passe de 2 % à plus de 90 % de la population. Expliquer ce phénomène à l'aide des concepts de variation, de sélection naturelle et d'adaptation, et préciser pourquoi l'antibiotique n'a pas « créé » la résistance.
Avant tout traitement, la population bactérienne contient, par mutation aléatoire, une minorité de variants résistants (ici 2 %). Cette diversité génétique préexiste à l'usage de l'antibiotique.
L'antibiotique élimine les bactéries sensibles (98 %) mais laisse survivre les variants résistants. Le milieu (présence du médicament) trie donc les individus selon leur génotype.
Les rares survivants résistants se multiplient et transmettent l'allèle de résistance. À chaque génération, la fréquence de cet allèle augmente : la population devient majoritairement résistante (plus de 90 %).
L'antibiotique n'a pas « rendu » les bactéries résistantes : il n'a fait que sélectionner des résistants déjà présents. La variation est antérieure et aléatoire ; seule la sélection est orientée par le milieu.
Résultat : L'augmentation de la résistance est une évolution de la population par sélection naturelle : variation héréditaire préexistante, tri par le milieu, multiplication des survivants. C'est l'illustration directe de l'évolution comme grille de lecture, ici à portée médicale.
Erreurs fréquentes
Révision active
Dans un service hospitalier, après plusieurs semaines de traitement antibiotique généralisé, la proportion de bactéries résistantes passe de 2 % à plus de 90 % de la population. Expliquer ce phénomène en mobilisant les concepts de variation, de sélection naturelle et d'adaptation, et en précisant pourquoi on ne peut pas dire que l'antibiotique « a rendu » les bactéries résistantes.
Rappel actif
Rappelle-toi les points clés — puis révèle.
Sources : Programme d'enseignement scientifique — voie générale, classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Arbre phylogénétique simplifié des grands singes et de l'humain
Quatre primates sont comparés. Le caractère dérivé X (par exemple un état particulier de la mandibule) est présent uniquement chez l'humain et le chimpanzé. Le caractère dérivé Y est présent chez l'humain, le chimpanzé et le gorille, mais absent de l'orang-outan. Construire l'arbre phylogénétique et justifier la position de chaque nœud.
Le caractère Y est partagé par humain + chimpanzé + gorille : il définit un groupe qui exclut l'orang-outan. Le caractère X, plus restreint, est partagé par humain + chimpanzé seulement.
Le partage de X (humain, chimpanzé) est plus exclusif que le partage de Y (humain, chimpanzé, gorille). Donc humain et chimpanzé ont un ancêtre commun PLUS RÉCENT que celui qu'ils partagent avec le gorille.
Premier nœud (le plus ancien) : séparation de l'orang-outan du reste. Deuxième nœud : séparation du gorille. Troisième nœud (le plus récent, défini par X) : ancêtre commun de l'humain et du chimpanzé.
L'humain est plus apparenté au chimpanzé qu'au gorille, et plus apparenté au gorille qu'à l'orang-outan : l'arbre traduit l'emboîtement des caractères dérivés partagés.
Résultat : L'arbre place l'orang-outan en premier embranchement, puis le gorille, et regroupe enfin l'humain et le chimpanzé sur l'ancêtre commun le plus récent (défini par le caractère X). La proximité humain/chimpanzé est ainsi justifiée par le caractère dérivé partagé le plus exclusif.
Erreurs fréquentes
Révision active
On dispose d'une matrice où, parmi quatre primates, le chimpanzé et l'humain partagent un caractère dérivé absent du gorille et de l'orang-outan, tandis que ces trois espèces (humain, chimpanzé, gorille) partagent un autre caractère dérivé absent de l'orang-outan. Construire l'arbre phylogénétique correspondant et justifier la position de chaque nœud.
Rappel actif
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Sources : Programme d'enseignement scientifique — voie générale, classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Modèle linéaire (droite) contre modèle exponentiel (courbe) sur un même départ
Modèle linéaire (suite arithmétique)
La variation absolue d entre deux instants est constante : la croissance ajoute le même nombre d'individus à chaque pas de temps. La courbe est une droite.
Modèle exponentiel (suite géométrique)
C'est la variation relative (taux t) qui est constante : à chaque pas, l'effectif est multiplié par 1 + t. La courbe croît de plus en plus vite.
Temps de doublement
Durée au bout de laquelle l'effectif a doublé dans le modèle exponentiel. La règle de 70 (à droite) est une bonne approximation pour de petits taux.
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Une population vaut milliers d'individus. Au cours des cinq premières années, ses variations RELATIVES annuelles successives valent toutes 20 %. (a) Justifier le choix d'un modèle exponentiel. (b) Donner l'expression de et calculer . (c) Calculer le temps de doublement.
La variation RELATIVE annuelle est constante (20 % = 0,20) : c'est exactement la signature d'une suite géométrique, donc d'un modèle exponentiel. (Si c'était la variation absolue qui était constante, on choisirait un modèle linéaire.)
Avec et un taux , on a .
On élève 1,20 à la puissance 5 : , d'où .
On applique avec , soit et .
Résultat : Le modèle est exponentiel : , donc milliers d'individus, et la population double environ tous les ans. Un tel taux n'est toutefois pas soutenable à long terme (limite des ressources) : c'est la critique du modèle de Malthus.
Pour modéliser une population, on compare d'abord deux croissances. Le modèle linéaire ajoute le même nombre d'individus à chaque pas de temps : sa variation absolue est constante.
Le modèle exponentiel, lui, multiplie l'effectif par un même facteur à chaque pas : c'est sa variation relative, le taux, qui est constante.
Pour choisir entre les deux à partir de données, on regarde laquelle des deux variations est constante : l'absolue oriente vers le linéaire, la relative vers l'exponentiel.
Dans l'exponentiel, le temps de doublement ne dépend que du taux. Avec la règle de 70, un taux de 1 % par an double une population en environ 70 ans.
C'est le pari de Malthus : une croissance exponentielle de l'humanité. Réaliste à court terme, il surestime le long terme, car les ressources limitent la croissance. Les projections tablent sur environ dix milliards d'humains vers 2050.
Erreurs fréquentes
Révision active
Une population vaut milliers d'individus. Au cours des cinq premières années, ses variations RELATIVES annuelles successives valent toutes 20 %. (a) Justifier le choix d'un modèle exponentiel. (b) Donner l'expression de et calculer . (c) Calculer le temps de doublement de cette population.
Rappel actif
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Sources : Programme d'enseignement scientifique — voie générale, classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Architecture minimale d'un ordinateur et chaîne de numérisation
Valeur prédictive positive (inférence bayésienne)
VP = vrais positifs (malades testés positifs), FP = faux positifs (sains testés positifs). C'est la probabilité d'être réellement malade quand le test est positif, lue directement dans le tableau de contingence.
Codage du texte
En ASCII non compressé, chaque caractère (lettre, chiffre, espace) occupe un octet. La taille d'une page de texte = nombre de caractères, en octets.
Tableau de contingence d'un test de diagnostic (inférence bayésienne)
Une maladie touche 1 % d'une population de 10 000 personnes. Un test détecte 99 % des malades (sensibilité) et donne 95 % de résultats négatifs chez les sains (spécificité). Construire le tableau de contingence (VP, FP, VN, FN), puis calculer la probabilité qu'une personne testée positive soit réellement malade.
Prévalence 1 % sur 10 000 personnes : il y a malades et donc sains.
La sensibilité (99 %) s'applique aux 100 malades : et .
La spécificité (95 %) s'applique aux 9 900 sains : et .
Parmi tous les tests positifs (), la part de vrais malades donne la probabilité cherchée.
Résultat : Malgré un test très performant, une personne testée positive n'a qu'environ de probabilité d'être réellement malade. La raison : la maladie est rare, donc les faux positifs (495) sont bien plus nombreux que les vrais positifs (99). C'est l'apport de l'inférence bayésienne : la valeur prédictive d'un test dépend fortement de la prévalence, pas seulement de la sensibilité.
Une page contient environ 2 500 caractères (lettres, chiffres, espaces). En codage ASCII non compressé, quelle est sa taille en octets, puis en kilo-octets (1 ko = 1000 octets) ? Comparer à l'ordre de grandeur d'une image.
En ASCII non compressé, chaque caractère occupe exactement 1 octet (8 bits).
On multiplie le nombre de caractères par 1 octet : caractères donnent octets, soit ko.
Une page de texte pèse quelques ko ; une photo non compressée pèse typiquement plusieurs Mo (millions d'octets), soit un facteur de l'ordre du millier. L'ordre de grandeur croît du texte vers la vidéo.
Résultat : La page pèse environ ko en ASCII non compressé. Le texte est extrêmement léger comparé aux images, sons et vidéos : c'est pourquoi ces médias recourent à la compression, et c'est l'origine des écarts d'ordre de grandeur entre fichiers.
Erreurs fréquentes
Révision active
Une maladie touche 1 % d'une population de 10 000 personnes. Un test de dépistage détecte 99 % des malades (sensibilité) et donne 95 % de résultats négatifs chez les sains (spécificité). (a) Construire le tableau de contingence (VP, FP, VN, FN). (b) Une personne est testée positive : quelle est la probabilité qu'elle soit réellement malade ? Commenter.
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Sources : Programme d'enseignement scientifique — voie générale, classe terminale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) (Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale)
Références et sources
Éduscol — Ministère de l'Éducation nationale