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Fiches/NSI — Numérique et sciences informatiques/Histoire de l'informatique
Fiches · NSI — Numérique et sciences informatiquesFR · Bac

Histoire de l'informatique

Ce thème transversal retrace l'évolution des concepts, des machines et des usages de l'informatique : des machines à calculer aux ordinateurs programmables, des idées fondatrices (Turing, von Neumann) au transistor et au microprocesseur, puis à l'essor des langages, des systèmes d'exploitation, d'Internet et du Web. C'est un thème de culture informatique : plutôt que d'être l'objet d'un exercice écrit isolé, il s'invite en contexte (préambule, projet, Grand oral) et éclaire les autres parties du programme. L'enjeu est de SITUER, RELIER et METTRE EN PERSPECTIVE — pas de mémoriser une liste de dates.

5 sections·~20 min de lecture·4 compétences·Niveau Base 2 · Standard 3·Vérifié · 06/2026

T·0111 / 10
Profil d’examen
C1 · Capacité attendue (programme) — situer dans le temps les principaux événements de l'histoire de l'informatique et leurs protagonistes (du calcul mécanique au microprocesseur, des langages aux systèmes, d'Internet au Web).C2 · Capacité attendue (programme) — identifier l'évolution des rôles relatifs des logiciels et des matériels (du « câblé » au programme enregistré, puis à la prééminence du logiciel).C3 · Approfondissement — relier des objets techniques et des concepts informatiques à leurs auteurs et à leur contexte (machine de Turing, architecture de von Neumann, transistor, Internet, Web) ; non listé tel quel comme capacité attendue, mais directement au service des deux capacités ci-dessus.C4 · Approfondissement — mettre en perspective les évolutions techniques et leurs conséquences sociétales, économiques, éthiques et environnementales. Thème transversal et culturel : les repères se construisent au fil du programme, particulièrement mobilisables au Grand oral plutôt que dans un exercice écrit dédié.
Opérateurs :situeridentifierrelierdistinguerexpliquermettre en perspectivejustifier

niveau de base

Sache placer correctement les cinq grandes étapes (1936 Turing — années 1940 von Neumann — 1947 transistor — 1971 microprocesseur — 1969 ARPANET puis 1989-1991 Web) et associer chaque objet ou concept à son auteur ; c'est l'essentiel attendu.

niveau approfondi

Va plus loin en RELIANT ces repères aux autres thèmes de NSI (architecture de von Neumann ↔ langage machine et systèmes ; Internet ↔ réseaux et protocoles) et en argumentant les enjeux sociétaux/environnementaux : c'est exactement ce qui nourrit un excellent Grand oral.

Profondeur

Profondeur de lecture : Approfondi

Texte

Taille du texte : Standard

Sommaire · 5 sections▾
  1. Histoire de l'informatique
    • 01Des machines à calculer aux ordinateurs programmables○
    • 02Concepts fondateurs : Turing, von Neumann, du transistor au microprocesseur◐
    • 03Langages, systèmes d'exploitation et logiciel libre◐
    • 04Réseaux, Internet et Web : une infrastructure mondiale (et loi de Moore)◐
    • 05Enjeux sociétaux, éthiques et environnementaux du numérique○
§ 01

Des machines à calculer aux ordinateurs programmables#

●○○BaseLPeduscol-programme-nsi-terminale

Frise des grandes étapes : du calcul mécanique à l'ordinateur programmable

Du calcul mécanique à l'ordinateur programmableFrise chronologique de 1630 à 1955, 1642: Pascaline, 1837: Babbage, 1843: Lovelace, 1936: Turing, 1945: ENIAC16301955année1642Pascaline1837Babbage1843Lovelace1936Turing1945ENIAC
Fig. 1Cinq jalons, du calcul mécanique à l'électronique. Le repère 1837 (Babbage), mis en évidence, introduit la programmabilité — le saut conceptuel vers l'ordinateur.

Points clés

Le calcul a d'abord été MÉCANIQUE : la Pascaline de Blaise Pascal (conçue vers 1642, présentée publiquement en 1645) additionne et soustrait par engrenages, puis la machine de Leibniz (vers 1673) multiplie. Ce sont des CALCULATRICES, pas des ordinateurs : elles exécutent une opération câblée, sans programme modifiable.
Au XIXᵉ siècle, la machine analytique imaginée par Charles Babbage (à partir de 1837) introduit l'idée d'une machine PROGRAMMABLE pilotée par des cartes perforées, avec un « moulin » (calcul) et un « magasin » (mémoire). Jamais achevée, elle préfigure pourtant l'ordinateur. Ada Lovelace y associe en 1843 le premier algorithme destiné à une machine — souvent considéré comme le premier programme.
Distinction fondatrice à maîtriser : une machine à calculer exécute une opération FIXE ; un ordinateur exécute un PROGRAMME enregistré qu'on peut changer sans recâbler la machine. C'est le passage du « câblé » au « programmé ».
Le passage à l'ÉLECTRONIQUE (années 1940) change l'échelle : l'ENIAC (1945, à tubes à vide) calcule des milliers d'opérations par seconde mais se reprogramme par recâblage. L'enregistrement du programme EN MÉMOIRE (idée du « programme enregistré ») lèvera cette limite et définira l'ordinateur moderne.
Exemple corrigé

Distinguer calculatrice et ordinateur

On présente trois machines : (a) une Pascaline (1642), (b) la machine analytique de Babbage (1837) et (c) un ordinateur moderne. Pour chacune, indique si elle est PROGRAMMABLE et justifie. Quel est l'apport d'Ada Lovelace ?

  1. 011. La Pascaline (a)

    Conçue vers 1642 et présentée publiquement en 1645, elle réalise additions et soustractions par un train d'engrenages câblé. L'opération est FIXE : on ne peut pas lui faire exécuter une autre tâche en changeant des instructions. Ce n'est donc PAS une machine programmable, c'est une calculatrice mécanique.

  2. 022. La machine analytique (b)

    Babbage prévoit un « moulin » (unité de calcul) et un « magasin » (mémoire), pilotés par des cartes perforées qui encodent une suite d'instructions. On peut donc CHANGER la tâche en changeant les cartes : la machine est conçue comme PROGRAMMABLE. Elle n'a jamais été achevée, mais son importance est conceptuelle.

  3. 033. L'ordinateur moderne (c)

    Il exécute un PROGRAMME ENREGISTRÉ en mémoire, qu'on peut remplacer sans modifier le matériel. C'est la programmabilité par programme enregistré qui le définit, pas la vitesse de calcul.

  4. 044. Apport d'Ada Lovelace

    En 1843, en annotant la machine de Babbage, elle décrit une suite d'instructions pour calculer les nombres de Bernoulli : c'est souvent présenté comme le PREMIER ALGORITHME destiné à une machine, et elle anticipe l'idée d'une machine manipulant des symboles au-delà des nombres.

Résultat : (a) non programmable (opération câblée) ; (b) programmable par cartes perforées (ancêtre conceptuel) ; (c) programmable par programme enregistré. Le critère décisif est la programmabilité, et Lovelace en propose le premier usage concret avec un algorithme.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : savoir distinguer une machine à calculer (opération câblée) d'un ordinateur (programme enregistré, modifiable) et justifier en quoi la machine de Babbage est un ancêtre conceptuel de l'ordinateur.
  • Objectif Bac : associer correctement quelques figures et objets à leur apport (Pascal/Pascaline — calcul mécanique ; Babbage/machine analytique — programmabilité ; Lovelace — premier algorithme ; ENIAC — électronique).
  • Objectif Bac (capacité « rôles relatifs des logiciels et des matériels ») : repérer ici la première bascule — du tout-matériel (opération câblée) vers une logique d'INSTRUCTIONS séparées de la machine (cartes perforées chez Babbage), première étape de la montée en puissance du logiciel.

Erreurs fréquentes

  • Confondre « calculatrice » et « ordinateur » : additionner vite ne suffit pas, c'est la programmabilité (programme enregistré et modifiable) qui définit l'ordinateur.
  • Croire que la machine analytique de Babbage a réellement fonctionné : elle est restée à l'état de projet ; son importance est CONCEPTUELLE.

Révision active

Explique en quelques phrases pourquoi la Pascaline n'est pas un ordinateur, alors que la machine analytique de Babbage en est considérée comme l'ancêtre. Cite l'apport d'Ada Lovelace.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité NSI (numérique et sciences informatiques) de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Histoire de l'informatique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 02

Concepts fondateurs : Turing, von Neumann, du transistor au microprocesseur#

●●○StandardLPeduscol-programme-nsi-terminale

Architecture de von Neumann : unité centrale, mémoire commune et entrées/sorties

Architecture de von NeumannGraphe, Unité de commande → Bus, UAL (calculs) → Bus, Bus → Mémoire, Bus → Entrées / sortiesUnité decommandeUAL (calculs)BusMémoireEntrées /sorties
Fig. 2L'unité de commande et l'UAL forment le processeur ; tout transite par le bus. La mémoire, mise en évidence, est COMMUNE aux programmes et aux données : c'est le principe du programme enregistré.

Points clés

En 1936, Alan Turing définit un modèle abstrait de calcul (la « machine de Turing ») : un ruban, une tête de lecture/écriture et une table de transitions. Ce modèle donne une DÉFINITION FORMELLE de ce qui est calculable et fonde la théorie de la calculabilité ; il est antérieur à toute machine électronique.
Vers 1945, l'architecture dite « de von Neumann » organise l'ordinateur en quatre parties : unité de commande, unité arithmétique et logique (UAL), MÉMOIRE COMMUNE aux programmes ET aux données, et entrées/sorties (E/S). L'idée clé est le PROGRAMME ENREGISTRÉ : instructions et données partagent la même mémoire.
Le transistor (1947, laboratoires Bell) remplace les volumineux et fragiles tubes à vide : plus petit, plus fiable, moins énergivore. Le circuit intégré (fin des années 1950) regroupe ensuite de nombreux transistors sur une même puce.
Le microprocesseur intègre l'unité de traitement complète sur une seule puce. L'Intel 4004 (1971) est un repère emblématique : il rend possible la miniaturisation et, à terme, l'ordinateur personnel. Le cœur de von Neumann (UC + UAL + mémoire + E/S) reste l'architecture de la plupart des ordinateurs actuels.
Comment cette architecture EXÉCUTE-t-elle un programme ? Par un cycle répété indéfiniment, le cycle de traitement (ou cycle de von Neumann). L'unité de commande conserve dans un registre, le compteur ordinal (ou compteur de programme, PC), l'adresse de la prochaine instruction. Le cycle enchaîne trois temps : (1) CHARGER (fetch) — lire en mémoire l'instruction pointée par le compteur ordinal et la placer dans le registre d'instruction ; (2) DÉCODER — l'unité de commande interprète le code de l'instruction et prépare les opérandes ; (3) EXÉCUTER — l'UAL effectue le calcul (ou un transfert mémoire / une entrée-sortie a lieu). Le compteur ordinal est ensuite incrémenté (ou modifié par un saut), et le cycle recommence. C'est cette boucle « charger – décoder – exécuter » qui transforme une suite d'instructions inertes en mémoire en un calcul effectif : elle est la traduction opérationnelle du principe du programme enregistré.
La mémoire partagée a un revers, le « goulet d'étranglement de von Neumann » (von Neumann bottleneck) : comme les instructions ET les données transitent par le même bus entre l'unité centrale et la mémoire, ce bus borne le débit, et le processeur peut devoir attendre la mémoire. Les architectures modernes l'atténuent par des mémoires caches (petites mémoires rapides proches du processeur), des registres et le pipeline — sujets repris dans le thème « Architectures matérielles ».
Architecture de von Neumann=(UC+UAL)⏟unite centrale+Memoire commune+E/S\text{Architecture de von Neumann} = \underbrace{(\text{UC} + \text{UAL})}_{\text{unite centrale}} + \text{Memoire commune} + \text{E/S}Architecture de von Neumann=unite centrale(UC+UAL)​​+Memoire commune+E/S

Les quatre blocs de l'architecture de von Neumann

Mémo structurel (et non une formule numérique) : l'unité centrale réunit la commande et le calcul, la mémoire est COMMUNE aux programmes et aux données, et les entrées/sorties relient la machine au monde extérieur.

Le cycle de traitement : charger, décoder, exécuter

Cycle de traitement (von Neumann)Graphe, Charger l'instruction → Décoder, Décoder → Exécuter, Exécuter → Incrémenter le compteur ordinal, Incrémenter le compteur ordinal → Charger l'instructionChargerl'instructionDécoderExécuterIncrémenter lecompteur ordinal
Fig. 3Le processeur répète sans fin ce cycle : il charge l'instruction pointée par le compteur ordinal, la décode, l'exécute, puis avance le compteur. C'est la mise en œuvre du programme enregistré.
Exemple corrigé

ENIAC recâblé vs. architecture à programme enregistré

L'ENIAC (1945) se reprogrammait en modifiant des câblages et des interrupteurs, ce qui demandait des jours. Explique, à l'aide de l'architecture de von Neumann, pourquoi le principe du « programme enregistré » a constitué un progrès décisif.

  1. 011. Le problème de l'ENIAC

    Le programme de l'ENIAC était matérialisé par le CÂBLAGE de la machine. Changer de calcul imposait de recâbler physiquement et de régler des interrupteurs : long, coûteux et source d'erreurs.

  2. 022. L'idée du programme enregistré

    Dans l'architecture de von Neumann, le programme est une suite d'instructions ÉCRITES EN MÉMOIRE, au même endroit que les données. Pour changer de tâche, il suffit de charger un autre programme en mémoire — aucune intervention matérielle.

  3. 033. Conséquence

    L'ordinateur devient UNIVERSEL et reprogrammable en logiciel : on passe de la modification du matériel à la modification du logiciel, ce qui fait exploser la souplesse d'usage et ouvre la voie au logiciel comme activité à part entière.

Résultat : Le « programme enregistré » remplace le recâblage matériel par le chargement d'un programme en mémoire : c'est ce qui rend l'ordinateur réellement polyvalent et facilement reprogrammable.

Schritt-für-Schritt Erklärung4 Schritte
  1. 1

    Tout commence par une idée abstraite. En 1936, Turing imagine un ruban et une tête qui lit, écrit et se déplace selon une table de règles. Cette machine de papier définit ce qui est calculable.

  2. 2

    Une dizaine d'années plus tard, von Neumann formalise une architecture concrète : une unité centrale, une mémoire commune aux programmes et aux données, et des entrées-sorties.

  3. 3

    Reste à miniaturiser. En 1947 le transistor remplace le tube à vide : plus petit, plus fiable, moins gourmand en énergie.

  4. 4

    En 1971, l'Intel 4004 réunit l'unité de traitement sur une seule puce : c'est le microprocesseur, qui ouvre la voie à l'ordinateur personnel. Et au cœur, l'architecture est toujours celle de von Neumann.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : nommer les quatre composants de l'architecture de von Neumann et expliquer le principe du programme enregistré (mémoire commune programmes/données) — à relier au thème « Architectures matérielles ».
  • Objectif Bac : situer et attribuer correctement les repères clés (1936 Turing/calculabilité ; années 1940 von Neumann ; 1947 transistor ; 1971 microprocesseur Intel 4004) et expliquer pourquoi le transistor a été décisif.

Erreurs fréquentes

  • Croire que la machine de Turing est une machine réelle qu'on a construite : c'est un MODÈLE THÉORIQUE de calcul, pas un ordinateur physique.
  • Penser que von Neumann a « inventé l'ordinateur » seul : il a formalisé une architecture (programme enregistré) née d'un travail collectif (EDVAC) ; on parle d'architecture de von Neumann par commodité.

Révision active

Schématise l'architecture de von Neumann (UC, UAL, mémoire, E/S) et explique en quoi le principe du « programme enregistré » distingue cette architecture d'une machine recâblée comme l'ENIAC.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité NSI de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Architectures matérielles, systèmes d'exploitation et histoire de l'informatique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 03

Langages, systèmes d'exploitation et logiciel libre#

●●○StandardLPeduscol-programme-nsi-terminale

Du code lisible aux instructions de la machine : niveaux de langage

Des langages de haut niveau au langage machineGraphe, Haut niveau (Python, C) → Assembleur, Assembleur → Langage machine (binaire)Haut niveau(Python, C)AssembleurLangage machine(binaire)traductiontraduction
Fig. 4Chaque niveau est TRADUIT vers le suivant (compilation ou interprétation, puis assemblage) jusqu'au binaire exécuté par le processeur. On s'éloigne de la machine pour se rapprocher de l'humain.

Points clés

Les langages de programmation se sont éloignés du matériel pour se rapprocher de l'humain : du langage MACHINE (binaire) à l'assembleur, puis aux langages de HAUT NIVEAU (FORTRAN ~1957 pour le calcul scientifique, LISP ~1958, COBOL ~1959 pour la gestion, C ~1972, Python ~1991). Le compilateur/interpréteur traduit ce code lisible en instructions exécutables.
Grace Hopper est une figure clé : elle promeut l'idée d'un langage proche de l'anglais et contribue aux travaux menant à COBOL, ouvrant la programmation au-delà du seul code machine. On lui doit aussi la popularisation du terme « bug ».
Le système d'exploitation (OS) gère les ressources de la machine (processeur, mémoire, fichiers, périphériques) et offre une interface aux programmes et aux utilisateurs. Repères : Unix (1969-1970), puis MS-DOS (années 1980), les interfaces graphiques grand public (années 1980-1990), Linux (1991), et les OS mobiles (années 2000).
Le LOGICIEL LIBRE (Free Software Foundation et licence GPL de Richard Stallman, années 1980 ; noyau Linux de Linus Torvalds, 1991) repose sur des libertés d'usage, d'étude, de modification et de redistribution du code source. À distinguer du « gratuit » : un logiciel peut être libre sans être gratuit, et gratuit sans être libre.
Exemple corrigé

Libre n'est pas gratuit

Classe les quatre cas suivants en « libre » ou « non libre », et « gratuit » ou « payant » : (1) une distribution Linux téléchargeable sans frais et modifiable ; (2) un jeu propriétaire gratuit dont le code source est fermé ; (3) un logiciel libre vendu sur un support payant avec son code source ; (4) un logiciel propriétaire payant. Conclus sur la différence entre « libre » et « gratuit ».

  1. 011. Distribution Linux

    Code source accessible, modifiable et redistribuable : LIBRE. Téléchargée sans frais : GRATUITE. Donc libre ET gratuite.

  2. 022. Jeu propriétaire gratuit

    Aucun accès au code source, pas de droit de modification : NON LIBRE. Mais distribué sans frais : GRATUIT. Donc non libre mais gratuit — preuve que gratuit n'implique pas libre.

  3. 033. Logiciel libre vendu

    Le code source est fourni avec les libertés d'usage, d'étude, de modification et de redistribution : LIBRE. Vendu sur un support : PAYANT. Donc libre mais payant — preuve que libre n'implique pas gratuit.

  4. 044. Logiciel propriétaire payant

    Code fermé, pas de liberté : NON LIBRE, et PAYANT.

Résultat : « Libre » qualifie les LIBERTÉS sur le code source (usage, étude, modification, redistribution) ; « gratuit » qualifie le PRIX. Les cas 2 et 3 montrent que les deux notions sont indépendantes.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : situer l'évolution des langages (du langage machine aux langages de haut niveau) et des systèmes d'exploitation, et expliquer le rôle d'un OS — à relier au thème « Systèmes d'exploitation ».
  • Objectif Bac : définir le logiciel libre par ses libertés et le distinguer clairement de la gratuité ; citer un exemple (Linux, GPL) et une figure (Stallman, Torvalds, Hopper).
  • Objectif Bac (capacité « rôles relatifs des logiciels et des matériels ») : c'est ici que le LOGICIEL prend le dessus — langages de haut niveau, systèmes d'exploitation et logiciel libre rendent l'usage de plus en plus indépendant du matériel sous-jacent.

Erreurs fréquentes

  • Confondre « logiciel libre » et « logiciel gratuit » : la liberté porte sur l'accès au code source et les droits de modification/redistribution, pas sur le prix.
  • Croire qu'un langage de haut niveau est exécuté tel quel par le processeur : il doit d'abord être TRADUIT (compilé ou interprété) en instructions que la machine comprend.

Révision active

Un camarade affirme : « un logiciel libre, c'est juste un logiciel gratuit ». Réfute cette affirmation en définissant le logiciel libre par ses libertés, puis donne un exemple de logiciel libre et un exemple de logiciel gratuit mais non libre.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité NSI de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Langages et systèmes d'exploitation (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 04

Réseaux, Internet et Web : une infrastructure mondiale (et loi de Moore)#

●●○StandardLPeduscol-programme-nsi-terminale

Internet (le réseau) et le Web (un service parmi d'autres)

Internet (le réseau) et ses servicesGraphe, Internet (réseau, TCP/IP) → Web (HTTP, HTML), Internet (réseau, TCP/IP) → Courriel (SMTP), Internet (réseau, TCP/IP) → Transfert de fichiersInternet(réseau, TCP/IP)Web (HTTP, HTML)Courriel (SMTP)Transfert defichiers
Fig. 5Internet est le RÉSEAU ; le Web (mis en évidence) n'est qu'UN des services qui circulent dessus, au même titre que le courriel ou le transfert de fichiers.

Points clés

Internet et le Web ne sont PAS la même chose. Internet est le RÉSEAU mondial d'ordinateurs (l'infrastructure physique et ses protocoles, dont TCP/IP) ; le Web est UN SERVICE qui fonctionne sur Internet (pages liées par hypertexte, consultées via HTTP et un navigateur). On peut utiliser Internet sans le Web (courriel, transfert de fichiers).
Repères à connaître : ARPANET en 1969 (ancêtre d'Internet, commutation de paquets) ; généralisation de la suite TCP/IP au début des années 1980 ; invention du World Wide Web par Tim Berners-Lee au CERN entre 1989 et 1991 (URL, HTTP, HTML).
L'évolution des capacités s'illustre par la « loi de Moore » (Gordon Moore, 1965) : observation EMPIRIQUE selon laquelle le nombre de transistors d'une puce double à intervalle régulier (de l'ordre de deux ans). Ce n'est pas une loi physique mais une tendance, qui a guidé l'industrie et finit par ralentir face aux limites physiques.
Une croissance par DOUBLEMENT régulier est exponentielle : sur un axe vertical logarithmique, elle apparaît comme une DROITE. C'est pourquoi on représente la loi de Moore en échelle logarithmique — sinon les premières valeurs seraient invisibles face aux plus récentes.
N(t)=N0×2 t/2N(t) = N_0 \times 2^{\,t/2}N(t)=N0​×2t/2

Modèle empirique de la loi de Moore (doublement tous les deux ans)

Modélisation simplifiée : ttt est le nombre d'années écoulées et N0N_0N0​ le nombre de transistors initial. Un doublement tous les deux ans donne l'exposant t/2t/2t/2. En passant au logarithme, log⁡2N(t)=log⁡2N0+t2\log_2 N(t) = \log_2 N_0 + \dfrac{t}{2}log2​N(t)=log2​N0​+2t​ : c'est une fonction AFFINE de ttt, d'où la droite en échelle logarithmique.

Loi de Moore — transistors par puce (échelle logarithmique)

Loi de Moore (échelle logarithmique)Graphique en courbes: transistors (échelle log) selon année, échelle logarithmique1000200050001000020000500001000002000005000001000000200000050000001000000020000000500000001000000002000000005000000001000000000200000000050000000001000000000020000000000500000000001000000000001980199020002010transistors (échelle log)année
Fig. 6Jalons réels : Intel 4004 (environ 2 300 transistors, 1971), 8086 (29 000, 1978), 80386 (275 000, 1985), Pentium (3,1 millions, 1993), Pentium 4 (42 millions, 2000), jusqu'à plusieurs milliards vers 2017. Sur une échelle verticale logarithmique, ce doublement régulier (croissance exponentielle) apparaît comme une quasi-droite.
Exemple corrigé

La loi de Moore en échelle logarithmique

On modélise le nombre de transistors par N(t)=N0×2t/2N(t) = N_0 \times 2^{t/2}N(t)=N0​×2t/2, avec ttt en années et un doublement tous les deux ans. (a) Par combien NNN est-il multiplié en 10 ans ? (b) Montre que log⁡2N(t)\log_2 N(t)log2​N(t) est une fonction affine de ttt et explique pourquoi la courbe est une droite en échelle logarithmique.

  1. 01a) Facteur sur 10 ans

    On calcule le rapport N(t+10)/N(t)N(t+10)/N(t)N(t+10)/N(t). Comme N(t)=N0×2t/2N(t)=N_0\times 2^{t/2}N(t)=N0​×2t/2, ce rapport vaut 2(t+10)/2−t/2=25=322^{(t+10)/2 - t/2} = 2^{5} = 322(t+10)/2−t/2=25=32.

    N(t+10)N(t)=2t+102−t2=25=32\dfrac{N(t+10)}{N(t)} = 2^{\frac{t+10}{2}-\frac{t}{2}} = 2^{5} = 32N(t)N(t+10)​=22t+10​−2t​=25=32
  2. 02b) Passage au logarithme

    On applique log⁡2\log_2log2​ à N(t)=N0×2t/2N(t)=N_0\times 2^{t/2}N(t)=N0​×2t/2. Avec log⁡2(ab)=log⁡2a+log⁡2b\log_2(ab)=\log_2 a+\log_2 blog2​(ab)=log2​a+log2​b et log⁡2(2t/2)=t/2\log_2(2^{t/2})=t/2log2​(2t/2)=t/2, on obtient une expression affine en ttt.

    log⁡2N(t)=log⁡2N0+t2\log_2 N(t) = \log_2 N_0 + \dfrac{t}{2}log2​N(t)=log2​N0​+2t​
  3. 03c) Interprétation graphique

    log⁡2N(t)\log_2 N(t)log2​N(t) est de la forme at+bat+bat+b avec a=12a=\tfrac{1}{2}a=21​ : c'est une DROITE. Représenter NNN sur un axe vertical logarithmique revient à tracer log⁡2N\log_2 Nlog2​N : on obtient donc une droite, ce qui rend lisibles à la fois les petites et les très grandes valeurs.

Résultat : En 10 ans, le nombre de transistors est multiplié par 323232 (soit cinq doublements). Et puisque log⁡2N(t)=log⁡2N0+t/2\log_2 N(t) = \log_2 N_0 + t/2log2​N(t)=log2​N0​+t/2 est affine, la croissance exponentielle apparaît comme une droite en échelle logarithmique.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : distinguer rigoureusement Internet (le réseau) du Web (un service sur ce réseau) et citer les repères clés (1969 ARPANET ; 1989-1991 Web, Berners-Lee, CERN) — à relier au thème « Réseaux et protocoles ».
  • Objectif Bac : présenter la loi de Moore comme une OBSERVATION empirique (un doublement périodique du nombre de transistors), savoir qu'elle se représente en échelle logarithmique, et ne pas la confondre avec une loi physique.

Erreurs fréquentes

  • Dire « Internet = le Web » ou « aller sur Internet = aller sur le Web » : le Web n'est qu'un service parmi d'autres fonctionnant sur Internet.
  • Présenter la loi de Moore comme une loi physique exacte et éternelle : c'est une tendance empirique, qui ralentit aujourd'hui à cause des limites physiques de miniaturisation.

Révision active

Explique à un non-spécialiste la différence entre Internet et le Web, en donnant un usage d'Internet qui ne passe PAS par le Web. Puis explique pourquoi une croissance par doublement régulier apparaît comme une droite sur un graphique à échelle verticale logarithmique.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité NSI de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Réseaux et histoire de l'informatique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

§ 05

Enjeux sociétaux, éthiques et environnementaux du numérique#

●○○BaseLPeduscol-programme-nsi-terminale

Carte des enjeux : une évolution technique et ses conséquences

Une évolution technique et ses conséquencesArbre de probabilité, 6 chemins, Données: Société & usages → travail; Société & usages → accès au savoir; Éthique & données → vie privée; Éthique & données → biais, fiabilité; Environnement → énergie; Environnement → déchetsSociété & usagesÉthique & donnéesEnvironnementÉvolution techniquetravailaccès au savoirvie privéebiais, fiabilitéénergiedéchets
Fig. 7Mettre en perspective, c'est relier une évolution technique à ses conséquences sur trois plans : société, éthique, environnement. La branche éthique est mise en évidence.

Points clés

Toute évolution technique a des CONSÉQUENCES : l'informatique transforme le travail, la communication, l'accès au savoir et l'économie. Mettre en perspective, c'est relier un objet technique (microprocesseur, Internet, smartphone) à ses effets sur la société.
Enjeux ÉTHIQUES et de société : protection des données personnelles et vie privée, traçabilité et surveillance, fiabilité et biais des algorithmes, fracture numérique (inégalités d'accès), dépendance aux infrastructures et place du logiciel libre comme alternative ouverte.
Enjeux ENVIRONNEMENTAUX : fabrication des composants (extraction de métaux, énergie), consommation électrique des terminaux et surtout des centres de données et réseaux, et déchets électroniques. La sobriété numérique (allonger la durée de vie, optimiser les programmes) est une réponse.
Ces enjeux se prêtent particulièrement au GRAND ORAL et aux projets : il s'agit d'ARGUMENTER de façon nuancée (bénéfices et risques), en s'appuyant sur des repères historiques précis plutôt que sur des opinions générales.
Exemple corrigé

Construire un argumentaire nuancé de Grand oral

On te demande de discuter une évolution technique du thème en montrant ses bénéfices ET ses enjeux. Prends l'exemple de l'essor d'Internet et du Web (1969-1991) et structure un argumentaire en trois temps : société, éthique, environnement, chacun appuyé sur un repère.

  1. 011. Repère historique

    ARPANET (1969) puis la suite TCP/IP (années 1980) construisent le réseau ; le Web (Berners-Lee, CERN, 1989-1991) le rend accessible au grand public. Partir de faits datés ancre l'argumentaire.

  2. 022. Bénéfice sociétal

    Le Web démocratise l'accès à l'information et au savoir, facilite la collaboration mondiale (encyclopédies collaboratives, science ouverte) et de nouvelles formes de travail et d'échanges.

  3. 033. Enjeu éthique

    La même infrastructure permet la collecte massive de données personnelles, la traçabilité et la diffusion d'informations non vérifiées : se posent les questions de vie privée, de protection des données et de fiabilité.

  4. 044. Enjeu environnemental

    Faire fonctionner ce réseau mondial mobilise des centres de données énergivores et une fabrication de terminaux coûteuse en ressources, d'où l'enjeu de sobriété numérique.

  5. 055. Conclusion nuancée

    Internet et le Web sont un progrès majeur d'accès au savoir, mais leur usage doit être encadré (données personnelles) et leur empreinte matérielle maîtrisée : un jugement équilibré, pas un avis tranché.

Résultat : Un bon argumentaire RELIE un repère daté à des conséquences précises sur trois plans (société, éthique, environnement) et conclut de manière nuancée — exactement la compétence « mettre en perspective » attendue.

Objectif Bac

  • Objectif Bac : relier une évolution technique à au moins une conséquence sociétale, éthique OU environnementale, et l'argumenter de manière nuancée (avantages et limites).
  • Objectif Bac (Grand oral / projet surtout) : construire un raisonnement appuyé sur des repères historiques (qui ? quand ? quel apport ?) plutôt que sur des affirmations vagues.

Erreurs fréquentes

  • Rester dans le jugement non argumenté (« le numérique, c'est bien / c'est mal ») au lieu de relier précisément une technique à une conséquence identifiée.
  • Oublier la dimension environnementale (fabrication, centres de données, déchets) en ne retenant que les aspects « usage » : l'empreinte matérielle est essentielle.

Révision active

Choisis une évolution technique du thème (par exemple le smartphone connecté à Internet) et construis un mini-argumentaire de Grand oral : un bénéfice sociétal, un enjeu éthique (vie privée) et un enjeu environnemental, chacun appuyé sur un repère historique précis.

Rappel actif

Rappelle-toi les points clés — puis révèle.

Sources : Programme de spécialité NSI de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Enjeux du numérique et histoire de l'informatique (Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol)

Sommaire

Section -- / 05

    • 01Des machines à calculer aux ordinateurs programmables○
    • 02Concepts fondateurs : Turing, von Neumann, du transistor au microprocesseur◐
    • 03Langages, systèmes d'exploitation et logiciel libre◐
    • 04Réseaux, Internet et Web : une infrastructure mondiale (et loi de Moore)◐
    • 05Enjeux sociétaux, éthiques et environnementaux du numérique○

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Des fiches à l'entraînement

Histoire de l'informatique

Consolide ce thème avec des questions de la banque de questions.

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4
Compétences
S'entraîner

Références et sources

Sources

Ministère de l'Éducation nationale — Éduscol

  • Programme de spécialité NSI (numérique et sciences informatiques) de terminale générale (BO spécial n° 8 du 25 juillet 2019) — Histoire de l'informatique

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Structures de données linéaires

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